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Lefort de Romainville » est un ensemble militaire de3 hectares construit au milieu duXIXe siècle, élément de lafortifications destinées à protéger Paris. Construit sur ce qui était alors la commune de Romainville, à l'est de la capitale, il se trouve sur le territoire de la commune desLilas lors de la création de cette dernière en 1867. Durant l'Occupation allemande, le fort a été un camp d'internement par lequel transitèrent 7 000 personnes, majoritairement des femmes. Aujourd'hui sans usage militaire, il est rattaché au quartier de l’Avenir. Il abrite une tour hertzienne TDF ditetour de Romainville.

Le fort de Romainville est un ouvrage militaire de typeVauban, construit pour la protection deParis sur la demande d’Adolphe Thiers, et qui s’étendait, à l’origine, sur une superficie de20 hectares. Jusqu'en 1867, il se trouvait sur le territoire de la commune de Romainville, d'où son nom. Cette année làest créée la commune des Lilas, en prenant une partie du territoire des communes deBagnolet, dePantin et deRomainville dont la zone occupée par le fort qui conserve néanmoins son nom.
Pendant laguerre franco-allemande de 1870, les habitants desLilas et des communes aux alentours y trouvent refuge.Le le fort est commandé par lecapitaine de vaisseau (marine) Zédé, le commandant d’artillerie est lecapitaine de frégate (marine) Salmon, et le commandant du Génie est lelieutenant-colonel de l'armée de terre Hamel. L’état-major est composé de 14 officiers.
Cette appellation de fort de Romainville (alors qu'il est situé sur la commune des Lilas) remonte à l’époque de sa construction, de1844 et1848. Or, la commune des Lilas n’a été détachée deRomainville, dePantin et deBagnolet que le.
L'infanterie du fort était composé du2e bataillon de marine (780 hommes et 16 officiers), de la1re et de la2e compagnie du3e bataillon de fusiliers marins (210 hommes et 4 officiers), du3e bataillon d'infanterie de marine (777 hommes et 20 fficiers), et de la1re compagnie du11e bataillon de marine (équipage du navire Louis XIV) 89 hommes.
L'artillerie était composée du détachement de la27e batterie de marine (15 hommes et 2 officiers).
Le GENIE d'un détachement de la2e compagnie du3e régiment (72 hommes et 2 officiers).
L'armement[1] était 10 canons de 16 (cm) de marine et 3 280 obus ; 4 canons de 24 et 336 obus ; 9 canons de 13P et 3 354 obus ; 5 canons de 12 S et 4 056 obus ; 6 canons de 4C et 3 200 obus ; 9 canons lisses de 16 et 9 700 obus ; 12 canons obusiers de 12 et 3 730 obus ; 4 obusiers de 16 et 2 000 obus ; 3 obusiers de 2 et 1 869 obus ; 7 mortiers de 15 et 4 100 obus ; 2 mortiers de 22 et 1 400 obus et 2 mortiers de 27 et 700 obus.
Total 73 bouches à feu[2].
Les cartouches de 11 mm modèle 1866 (pour les fusilsChassepot modèle 1866) étaient au nombre de 650 300[3].
Le front de laPremière Guerre mondiale ne l’atteint pas.Le 6 avril 1918, durant lapremière Guerre mondiale, un obus lancé par laGrosse Bertha explose dans les fossés du fort[4].
Après laPremière Guerre mondiale, le fort est le siège du401e régiment d'artillerie de défense anti-aérienne, qui le quittera après l'armistice du 22 juin 1940 sans avoir combattu. Quelques heures plus tard, laWehrmacht prend possession du fort et en font un lieu d’internement.
| Camp d'internement du Fort de Romainville | |||
| Gestion | |||
|---|---|---|---|
| Date de création | Octobre1940 | ||
| Date de fermeture | 19 août1944 | ||
| Victimes | |||
| Nombre de détenus | 7000 | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | Île-de-France | ||
| Localité | Les Lilas (Seine-Saint-Denis) | ||
| Coordonnées | 48° 53′ 06″ nord, 2° 25′ 22″ est | ||
Géolocalisation sur la carte :Seine-Saint-Denis Géolocalisation sur la carte :France | |||
| modifier | |||
En octobre 1940, leMilitärbefehlshaber in Frankreich (MBF) décide de faire du fort de Romainville un camp de détention administratif et nomme le commandant Bickenbach à la tête du camp secondé par leSS-Untersturmführer Trappe qui resteront en place durant toute la guerre. Desmiradors de surveillance sont installés, des grillages déroulés tout au long duchemin de ronde et les premiers détenus sont officiellement enregistrés à partir du.
Puis sa fonction évolue : il devient uncamp d’internement et les opposants à l’occupationnazie y sont indifféremment enfermés. Le camp peut également recevoir des femmes. Par la suite, c’est un centre où sont retenus des otages, les prisonniers étant gardés au fort de Romainville en vue d’être fusillés en représailles d’actions de la résistance, la plupart auMont-Valérien.
Il deviendra un des principaux lieux de transit avecCompiègne vers lescamps de concentration nazis pour les déportés par mesure de répression, commeDrancy sera le principal camp de transit des déportés par mesures de persécution, car il est très proche desgares de Pantin etde Bercy. À partir de février1944, ce sont presque exclusivement des femmes qui y sont enfermées, le camp de Compiègne accueillant les hommes. Les historiens estiment à 7 000 les résistants internés au Fort de Romainville avant leur déportation vers lescamps, dont plus de la moitié étaient des femmes. Les détenues de toute la France sont transférées au fort durant une quinzaine de jours avant d'être déportées, principalement versRavensbrück.
Pendant l'Occupation, les évasions y ont été très peu nombreuses, mais on peut tout de même citer celle duColonel Fabien, qui réussit à s’évader du fort en mai1943.
En août 1944, 500 femmes sont encore emprisonnées. Le 15 août, un dernier convoi, « des 57000 », quitte la gare de Pantin. Le 19 août la garnison allemande remet à laCroix-Rouge une cinquantaine de détenues. Le 20 août, avant de partir les soldats allemands fusillent 21 résistants, fait prisonniers durant lalibération de Paris qui leur avaient été amenés et brûlent leurs corps.
Des cérémonies mémorielles se déroulent chaque année au fort, seul moment où le lieu peut être visité. Les personnes se recueillent devant lescasemates, où étaient détenus les prisonniers.
Sous l'Occupation, 3 900 femmes et 3 100 hommes y furent internés avant d’êtredéportés, 209 y furent fusillés.
En résidence auxLilas en 2020, l’artiste congolaisFreddy Tsimba conçoit une œuvre autour de l’histoire du fort de Romainville. Elle représente un homme et une femme nourrissant l’espoir de se retrouver. S'inspirant de l'histoire des femmes du camp, dont l'une était tombée enceinte, il exalte le triomphe de l’amour qui dépasse les grilles en représentant un homme présentant l'enfant à sa mère de l´autre côté du grillage[5].
Les seules traces des personnes déportées sont des graffitis griffonnés sur le mur intérieur de lacasemate 17[6]. Ils sont restaurés en 2023[7].
Le plus connu des convois partis de Romainville est leconvoi des 31000, car le seul à être composé uniquement de femmes, la plupart résistantes[8]. Le, 222 prisonnières quittent, en camion, le fort de Romainville pour lecamp de Royallieu àCompiègne où elles sont enfermées dans un bâtiment en vue de leur départ.
Là, se trouvent huit autres femmes : six d’entre elles ont été extraites de laprison de Fresnes et les deux autres du dépôt.
Le lendemain matin, ces 230 femmes sont emmenées en camion à lagare de Compiègne d'où elles montent dans les quatre derniers wagons d’un train rempli, depuis la veille au soir, par près de 1 500 hommes.
Charlotte Delbo, dans son livreLe convoi du 24 janvier[9], écrira l’histoire de ce convoi. Une plaque à l’entrée du fort de Romainville rappelle que leur convoi fut constitué sur ces lieux.
Arrivées dans la soirée du, elles ne descendent des wagons que le lendemain matin, et entrent dans le camp deBirkenau en chantantLa Marseillaise.
Elles sont immatriculées dans la série des « 31000 ». Sur ces 230 femmes, 49 seulement reviennent de déportation en1945.
Plus de la moitié de ces femmes (119) sontcommunistes ou proches duPCF. La plupart d'entre elles sont arrêtées pour des faits de résistance ou liés à la Résistance. 45 d’entre elles sont des veuves de fusillés. Dans ce convoi se trouvent notamment :
Les déportations s’achèvent le. Le19 août, la garnison allemande quitte le fort et le, les cadavres de onze prisonniers sont découverts derrière le bâtiment central, où ils ont été fusillés.

Conçue par l’architecteClaude Vasconi, unetourTDF fut construite dans une partie déclassée de l'enceinte du fort en 1984. Elle mesure 141 mètres et dessert l’ensemble du territoire français en assurant la transmission de programmes de radio et de télévision. Elle occupe une place privilégiée dans le domaine des télécommunications et est largement visible de laPlaine de France et des banlieues est et nord deParis.
Le fort est également, de 2000 à 2016, une annexe non visitable, dumusée national de la Marine, abritant les réserves du musée. Cette fonction du site cesse en 2016, lorsque les collections déménagent versDugny[10].
Dans le cadre du concoursInventons la métropole, un projet est retenu en 2017 pour transformer les3 hectares du site en conservant six des casemates (dont la 17) qui deviendrait un lieu mémoriel, alors que d'autres espaces recevraient logements, un gymnase, une résidence étudiante[6].
L'ouverture du musée est prévue pour 2028[11].
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