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Forêt

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Pour les articles homonymes, voirForêt (homonymie).

Carte mondiale despaysages forestiers intacts (en vert) et deszones forestières dégradées (en jaune). Selon l'évaluations des ressources forestières mondiales en 2010[a] de laFAO, les forêts couvrent 31 % de la superficie des terres émergées[b] (soit 10 % de la surface du globe), les prairies et pâturages s'étendent sur 26 %, lesterres arables sur 12 %, le reste allant aux terres incultes etartificialisées[1],[2].
Selon la FAO qui souligne la place des forêts dans l'ensemble desbiomes mondiaux, 93 % de la superficie des forêts du monde est formée de forêts naturelles (forêts primaires etforêts secondaires qui se sontrégénérées naturellement). Les forêts primaires occupent 36 % de la superficie forestière totale. Les autresforêts naturellement régénérées en représentent 57 %, tandis que lesforêts plantées en représentent 7 %[3].
  • Inlandsis et déserts polaires
  • Toundra
  • Taïga ouforêt boréale
  • Forêts feuillues caducifoliées tempérées
  • Prairies
  • Forêts sempervirentes subtropicales
  • Forêts sempervirentes méditerranéennes
  • Forêts de mousson
  • Déserts arides
  • Déserts et broussailles xérophytes
  • Steppe aride
  • Déserts semi-arides
  • Savanes
  • Savanes et forêts claires
  • Forêts tropicales caducifoliées
  • Forêts sempervirentes tropicales
  • Toundra alpine
  • Forêts de montagne
Forêt tropicale d'Amérique du Sud
Vue d'une forêt tempérée mixte
Vue intérieure d'une forêt tempérée mixte enFrance.
Bush australien.
Forêt inondée enPologne.
Forêt tempérée derésineux
îles San Juan, État deWashington.

Uneforêt ou unmassif forestier est unécosystème, relativement étendu, constitué principalement d'unpeuplement d'arbres,arbustes etarbrisseaux (fruticée), ainsi que de l'ensemble des autres espèces qui lui sont associées et quivivent en interaction au sein de ce milieu. On distingue quatre grands types de forêts surTerre : laforêt boréale (outaïga), laforêt tempérée, laforêt méditerranéenne et laforêt tropicale. Entre cette dernière et le milieu maritime se développe également un écosystème forestier intermédiaire aux caractéristiques spécifiques : lamangrove. Les espècesanimales,végétales ainsi que leschampignons qui vivent au sein des forêts sont qualifiées d'espècesforestières. Les forêts abritent une grande richesse écologique, concentrant 80 % de labiodiversité terrestre mondiale recensée.

Cette richesse est largement utilisée par l'homme, la forêt actuelle peut ainsi être naturelle ou exploitée par l'homme ensylviculture. Elles sont un milieu de vie et une source de revenus pour l'être humain : au début duXXIe siècle, plus de cinq cent millions de personnes[4], dont plusieurs peuples autochtones, vivent en forêt ou à ses abords et subsistent directement grâce à ses ressources. Plus largement, les forêts peuvent être classées en fonction de leur degré d'anthropisation : on distingue ainsi lesforêts primaires, lesforêts secondaires et lesforêts ditesurbaines, avec les gradients intermédiaires[5].

L'action de l'Homme dans plusieurs régions de la planète conduit à une destruction ou unesurexploitation des forêts. Cela engendre une importantedéforestation qui concerne surtout actuellement lesforêts tropicales et lataïga. La moitié des forêts de la planète a été détruite au cours duXXe siècle[6]. Il n'y a pas de gouvernance mondiale des forêts, ni de convention internationale, mais l'ONU a mis en place unForum des Nations unies sur les forêts (FNUF).

Un boisement de plus faible étendue est ditbois,boqueteau oubosquet selon son importance.

Étymologie

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Un dérivé deforesta

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Forêt de lauriers (laurisylve) sur l'île dela Palma.
En boisements plus ouverts, la strate herbacée, plus éclairée, s'exprime plus densément.

L'origine du motforêt est complexe. Il remplace à partir duXIIe siècle, sous la formeforest « vaste étendue de terrain peuplée d'arbres »[7], l'ancien françaisselve, du latinsilva, « forêt ». L'anglaisforest est un emprunt au français[8],[9], l'allemandForst, forêt exploitée (vieux haut allemandforst, attesté vers 800)[10] est sans doute également apparenté.

Le mécanisme de cette substitution semble passer par les roismérovingiens puiscarolingiens, sous lesquels le terme bas latinforesta désigne un territoire à part, dont la jouissance est réservée au roi, lesforêts royales. Ces territoires pouvaient aussi bien être des bois, des landes, voire des étendues d'eau (rivières, étangs, lacs et même mer), mais étaient généralement non cultivés et réservés à la chasse ou à la pêche.

AinsiJacques-Joseph Baudrillart écrit-il en 1825, dans sonDictionnaire général des Eaux et Forêt[11] à l'article « Forêt » : « Nos premiers rois avaient des domaines particuliers, appelés villa regia, ouforeste dominicum, qu'ils faisaient administrer par des officiers désignés sous le nom de juges, auxquels ils recommandaient particulièrement la conservation de leursforestae, mot générique qui comprenait alors les étangs royaux pour le poisson, en même temps que le bois pour le pâturage. »

On trouve dans lescapitulaires deCharlemagne (747-814) l'expressionsilva forestis pour désigner des étendues boisées relevant du domaine royal. Les termesforesta, ousilva forestis ont alors valeur juridique, désignant un « territoire soustrait à l'usage général »[7] zone dans laquelle il est défendu de défricher et où la chasse ou la pêche sont gardées. Progressivement, le terme s'est spécialisé pour ne plus désigner que les étendues boisées relevant du roi ou d'un seigneur, tandis que d'après Baudrillart[11] apparaissait l'expressionles eaux et forêts, oules eaux-forêts, dans un sens proche du sens initial deforestae.

SousCharles le Chauve, on parle de laforesta des pêches de la Seine.

Forêt tropicale

Trois hypothèses sur l'origine du motforesta

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L'origine deforesta est controversée. Trois hypothèses ont été proposées.

La première hypothèse est celle, longtemps évoquée, d'une origine germanique, un motvieux bas francique *forhist (non attesté), avec perte du [h] à l'époque mérovingienne*forist, qui serait un dérivé du vieux bas francique*forha « sapin » (allemandFöhre « pin sylvestre », anglaisfir « sapin »), le suffixe-ist ayant une valeur collective, d'où le sens de « sapinière, forêt de sapins ». Cette explication est aujourd'hui abandonnée, l'origine de foresta semblant plutôt romane, mais avec deux hypothèses concurrentes.

Selon la deuxième hypothèse, fondée sur le sens juridique donné àforesta par les texted mérovingiens et carolingiens, il viendrait dulatin classiqueforum (forum, puis tribunal)[12]. Bien que cette hypothèse ait la faveur des ouvrages étymologiques français, aucune forme intermédiaire permettant de l'étayer n'est cependant fournie.

La troisième hypothèse fait dériverforesta deforis, « dehors »[13] (forum dérivant lui-même deforis) et plus précisément deforestis, « ce qui est en dehors, ce qui est hors de l’enclos » au sens de « ce qui est en dehors de là où l’homme vit, où réside le pouvoir »[14].

Le grammairienLactantius Placidus connaît un adjectifforasticus (« extérieur »)[13] dérivé deforis ; cet adjectif a des dérivés en italien (forastico), en sicilien (furestico) ou en occitan (foresgue), qui signifient tous « rude », « rétif »[15].Le motforestier dans le sens de « du dehors », « étranger » est toujours d'usage courant en occitan[réf. souhaitée]. L'italienforestiere a aussi le sens d'« étranger, homme du dehors ». L'ancien françaisforestier avait également le sens d'étranger,et l'italien actuelforesta conserve le sens de « vaste zone inculte, où la végétation, et en particulier les arbres, croissent spontanément »[pas clair].

Ainsi, le motforesta aurait pu désigner à l'époque gallo-romaine les espaces restés sauvages, à l'extérieur de ceux mis en valeur par les communautés villageoises (ces derniers incluant aussi des bois, mais aménagés et exploités), les rois et seigneurs francs se réservant par la suite l'usage de ces territoires. On aurait eu un croisement de sens entreforesta « espace sauvage, hors du domaine cultivé », etsauvage, de l'ancien françaissalvage, du latinsilvaticus, « forestier ».

Le motbois

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Le motbois, qui apparaît en 704 sous une forme latiniséeboscus et en français vers 1100 sous sa forme actuelle, est issu du vieux bas francique*bŏsk- « buisson » (anglaisbush). Contrairement au mot « forêt », il n'a pas de connotation juridique. Les formes modernesbosc, trouvées essentiellement dans l'onomastique, sont d'origine normande ou occitane.

« Forêt » et « bois » ont remplacé tous les termes antérieurs, ainsi que le mot latinlignum (« bois » au sens de matériau (cf. italienlegno, espagnolleña), mais on utilise encore l'adjectif « ligneux ».

Mots latins et d'ancien français relatifs à la forêt

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Les Romains disaientsilva pour « forêt », maisVirgile etCicéron la nomment aussinemus (« bois »),mot qui proviendrait denēmō, contraction dene homo[réf. nécessaire], « nul homme, personne »[16]).Ce mot figure dans les chartes capétiennes pour désigner des petites zones boisées.[réf. nécessaire]

Salluste utilise le termesaltuosus, adjectif formé sursaltus, pour désigner un espace boisé.À Rome, lessaltuarii et lessilvarum custodes (gardiens des forêts) administraient les forêts.[réf. nécessaire] Durant le haut Moyen Âge, le motsaltus désigne fréquemment les zones de bois et landes, surtoutsemble-t-il[réf. nécessaire] quand elles appartiennent au fisc royal.

Le motnemus ne s'est pas perpétué en gallo-roman etsaltus (ancien françaissault) n'a pas survécu en français moderne.

Le motgauloisbrogilos (debroga « champ »), devenantbroglius désigne auIXe siècle un bois humide, clos ou entouré d'une haie. Il a donnébreuildu dictionnaire de l'Académie française[pas clair] et destoponymes tels queBreuil Ce lien renvoie vers une page d'homonymie oule Breuil Ce lien renvoie vers une page d'homonymie par exemple.

Un autre terme existait en ancien français,gaut (ougault,guault, dialectes septentrionauxwaut), pouvant désigner le bois, la forêt ou le bocage. Il est issu du vieux bas francique*wald « forêt » (vieil anglaisweald, allemandWald « forêt »).

Unemicrosylve désigne une forêt de haute altitude (montagne) ou latitude, composée de minuscules arbres (sous-arbrisseaux)[17].[pas clair]

Définitions

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Le monde antique romain oppose ce qui est du « sauvage » (silvaticus) – relatif aux bois – et ce qui est de lacivilisation : la cité, la culture, etc[18].

Débat sur la définition

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La définition du terme de forêt pour sa classification est variable car elle se réfère à des seuils dont la nature et l'importance varient selon les pays : couvert forestier minimum, surface minimale du peuplement, etc. À l'échelle internationale, laFAO définit les forêts comme des terres occupant une superficie de plus de0,5 hectare (5 000 m2) avec des arbres atteignant une hauteur supérieure à 5 mètres et un couvert forestier de plus de 10 %. Cette définition exclut les terres dont la vocation prédominante est agricole ou urbaine[19]. Par ailleurs l'observation de l'évolution de séries chronologiques continues nécessitent une stabilité des nomenclatures. Comme le montre une étude de la CEE commandée en 1989 la plupart des pays n'ont pas adopté, ni conservé au fil des ans, la même méthode[20].

Pour le géographe, la complexité de l'espace forestier, empêche de l'enfermer dans une approche numérique univoque ; elle concerne le dedans, et le dehors de la forêt, son caractère ancien ou non[21], voire ses marges[22].

Forêt d'épicéas scolytés - Vosges 2020

Des définitions plus spécifiques sont données par d'autres organisations : leProgramme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) utilise 40 % de couverture comme le seuil pour les« forêts fermées » et 10 à 40 % de couverture pour les« forêts ouvertes », tandis que le projetTropical Ecosystem Environment Observations by Satellite (TREES)[23], fondé en1991 par laCommission européenne, classifie les surfaces avec plus de 70 % de couverture de canopée comme étant des« forêts denses » et celles avec 40-70 % de couverture comme des« forêts fragmentées ». L'Inventaire forestier national définit la forêt comme « un territoire occupant une superficie d'au moins 50ares avec des arbres capables d'atteindre une hauteur supérieure à cinq mètres à maturité in situ, un couvert arboré de plus de 10 % et une largeur [dehouppier] d’au moins 20 mètres[c]. Les sites momentanémentdéboisés ou enrégénération sont classés comme forêt même si leur couvert est inférieur à 10 % au moment de l’inventaire »[24].

Les chiffres de surface forestière varient donc selon les sources. Ainsi, tout l'Est de laTaïga russe, formé de formations basses de conifères nains, sera, selon les sources, comptabilisé ou non en forêt, ce qui fera varier la surface forestière de plus ou moins 20 %.

Du point de vuebotanique, une forêt est uneformation végétale, caractérisée par l'importance de la strate arborée, mais qui comporte aussi desarbustes, des plantes basses, des grimpantes et desépiphytes. Plusieurs arbres forestiers vivent ensymbiose avec des champignons et d'autres micro-organismes, et beaucoup dépendent d'animaux pour le transport de leurpollen, de leurs graines ou de leurs propagules.

Du point de vue de l'écologie, la forêt est unécosystème complexe et riche, offrant de nombreuxhabitats à de nombreuses espèces et populations animales, végétales, fongiques et microbiennes entretenant entre elles, pour la plupart, des relations d'interdépendance.

Malgré une apparente évidence, définir la forêt reste donc délicat : où arrêter les limites de hauteur de végétation (une plantation de jeunes pousses est-elle une forêt ?), de superficie minimale (à partir de quelle superficie passe-t-on d'un jardin boisé à un bois puis à une forêt ?), de degré de proximité ou de « sociabilité » des arbres (un terrain portant des arbres distants de plusieurs dizaines de mètres est-il encore une forêt ?) ou de qualité (un boisement monospécifique d'eucalyptus ou depeupliers, depins ou desapins d'une même classe d'âge, plantés en alignements stricts est-il une forêt ou une simpleculture sylvicole ?).

Évolution

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Article détaillé :histoire évolutive des végétaux.
Évolution des principales structures, fonctions et desplans d'organisation chez lesplantes. Lesplantes terrestres possèdent descaractères communs[25] :mitoses qui favorisent le développement dethalles plus importants puis deparenchymes qui assurent l'homéohydrie et une meilleurethermorégulation[d] ;flavonoïdes qui les protègent contre laphoto-oxydation ;cuticule cireuse etspores entourées d’une paroi imprégnée desporopollénine qui préviennent de ladéshydratation par latranspiration[e],[26] ; émergence évolutive de la phasediploïde dominante, lesporophyte, et réduction progressive dugamétophyte qui s'accompagne d'une protection de plus en plus grande de la phasehaploïde, processus qui a contribué à laconquête du milieu terrestre[27] ; l'apparition de lalignine assurant le port dressé et armant lesvaisseaux conducteurs, coïncide[f] avec celle desplantes vasculaires[28].
Évolutions comparées de la surface forestière et de la population en France. Alors que les tribus et communautés dechasseurs-cueilleurs avaient peu d'impact sur la couverture forestière, la transition vers l'agriculture et lasédentarisation auNéolithique montre le début de l'influence de l'homme sur la forêt.

La plus ancienne forêt fossile qui soit aujourd’hui connue a longtemps été présentée commecelle de Gilboa[29]. Figée par une inondation, cette forêt est mise au jour en 1870 dans l'État de New-York. Son arbre le plus ancien, du genreArchaeopteris, date de 370 millions d'années, et montre auxpaléobotanistes que les premières forêts sont assez vite apparues dans l'histoire évolutive des végétaux, 100 millions d'années après l'adaptation des plantes marines à la vie terrestres. La reconstitution de la forêt de Gilboa montre déjà un écosystème complexe avec plusieurs étages de végétation[30].

Pendant les 50 millions d'années qui suivent leur apparition sur Terre, certainesplantes vasculairesterrestres s'affranchissent du milieu aquatique et de lapoussée d'Archimède en adoptant un port érigé qui sépare les zones végétatives éclairées des zones d'ancrage et d’absorption dans le sol, ce qui implique ladifférenciation enorganes et entissu végétalspécialisé. Elles s'équipent ainsi d'uncormus (racines etfeuilles) et sediversifient considérablement. La différenciation chez lesmousses ne va pas jusqu'à la mise en place de tissus de soutien lignifiés, alors que ce processus est observé chez lesfougères qui mettent en place destissus conducteurs (phloème etxylème avec éléments lignifiés typiques, lestrachéides)[31]. Grâce à lalignine, polymère solide, inerte, poreux et difficilement putrescible, cesplantes ligneuses se mettent à supplanter tous les autres concurrents du règne végétal. Alors que les premièresplantes terrestres demeurent à la surface du sol, la compétition pour la lumière (source d'énergie nécessaire à laphotosynthèse) s'exprime chez tous les groupes de végétaux (fougères arborescentes,prêles,lycopodes,plantes à graines). Cette course à la lumière favorise le développement de plantes ligneuses de plus en plus hautes[g],[32],[h],[33], grâce à la rigidité de leurtronc (tige dont le cœur est constitué debois, tissu ligneux dont la résistance et l'emploi économique constituent des avantages adaptatifs), et plus particulièrement chez les arbres des forêts dont l'architecture végétale permet de déployer une grande surface feuillue[34].

L'histoire des forêts auQuaternaire est encore mal connue en raison des avancées et reculs des peuplements, imposées par les troisdernières glaciations. Lors des maximums glaciaires, les espèces desforêts tempérées trouvent refuge dans des zones abritées, là où les conditions écologiques locales (températures plus clémentes, hivers moins rigoureux en raison de barrières montagneuses, régions restées humides grâce à la fonte estivale de la calotte et des grands glaciers) permettent leur survie, et sont remplacées dans leur aire d'origine par des espèces végétales desteppes et detoundras. Celles desforêts tropicales subissent une sécheresse importante et trouvent refuge dans des zones d'altitude ou des plaines marécageuses. Ces zones refuges se caractérisent par unediversité génétique plus ou moins importante : dans les milieux favorables, similarité deshaplotypes rencontrés intra-refuge mais enrichissement du réservoir génétique par fortedivergence génétique inter-refuges liée à l’isolement géographique ; effet degoulot d'étranglement génétique dans les milieux moins favorables, les espèces ligneuses étant marquées par une faible élasticité génétique, d'autant plus si elles se sont spécialisées dans desniches étroites. Lareconquête postglaciaire, plus ou moins importante selon le potentiel d'adaptation des espèces ligneuses, correspond à la recolonisation des essences forestières à partir de ces zones, entraînant une redistribution de la végétation en quelques milliers d'années. La vitesse de recolonisation (généralement quelques centaines de mètres par an) varie selon les périodes et régions en fonction du climat, des barrières géographiques (montagnes, mers, déserts) mais aussi de lavégétation concurrente. Cette reconquête entraîne un appauvrissement génétique au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la zone refuge, appauvrissement pouvant être contrebalancé par l’apparition de nouvelles mutations dans les zones recolonisées (signal d’expansion)[35].

De nombreux épisodes dedéforestation ont marqué l'histoire de la Terre, notamment l'effondrement de la forêt tropicale du Carbonifère, ou larévolution néolithique qui voit les hommes se servir des zones de faible couverture forestière (landes, pelouses, bois clairs,garrigues etmaquis) pour étendre lesclairières et lesprairies, pratiquant pendant plusieurs millénaires, de multiplesdéfrichements parbrûlis, de mises enculture ou enpacage[36]. Si la surface totale des forêts tropicales mondiales n'est guère modifiée jusqu'au début duXXe siècle[37], celle des forêts tempérées a été considérablement réduite par les grands défrichements qui s'accélèrent à partir duMoyen Âge, notamment enEurope où la forêtcaducifoliée a diminué en surface de manière continue jusqu'auXIXe siècle, et ses différentes caractéristiques — composition en essences,structure,sol — en ont été également grandement modifiées[38]. Dans les régions tempérées chaudes du pourtour méditerranéen où se diffusent la culture des céréales et l'élevage, en provenance du Moyen-Orient, les forêts massivement converties en terre agricole ou dégradées par l'utilisation pastorale, sont réduites en quelques millénaires à la formation de garrigues et de maquis[39].

Lesgrandes découvertes qui s'étendent du début duXVe siècle jusqu'au début duXVIIe siècle, puis l'âge de la voile (généralement daté entre1571 et1862) qui voit l'essor ducommerce maritimeinternational et de laguerre navale, mettent le bois au cœur du développement économique de plusieurspuissances maritimes. Ces puissances mettent en place despolitiques sylvicoles visant à améliorer la gestion et l'aménagement des forêts pour juguler les pénuries de bois[40]. Au cours duXIXe siècle, larévolution industrielle libère les espaces sylvestres de la pression humaine avec le début de l'exode rural et le remplacement ducharbon de bois par lecharbon de terre et l'hydro-électricité pour la fourniture d'énergie, permettant à la forêt de s'étendre à nouveau dans toute l'Europe[41]. Le mouvement en faveur de laprotection des forêts (en) prend de l'ampleur dans les dernières décennies duXIXe siècle. Lagestion durable des forêts est progressivement reconnue à partir desannées 1990 dans un contexte desurexploitation des ressources naturelles des forêts d'Amazonie, de l'Afrique équatoriale et de la zoneMalaisie/Indonésie enAsie[42].

Caractéristiques

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Structure

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De salisière (ourlet forestier) à laforêt intérieure, et selon le contexte géo-morpho-écopaysager, un massif boisé est caractérisé par une grande diversité enhabitats, enniches écologiques, et surtout par une structuration en hauteur (atteignant plusieurs dizaines de mètres, de la sphère racinaire à la canopée) plus complexe que dans les autres écosystèmes terrestres.

Cette diversité évolue dans le temps et l'espace, au gré de perturbations (naturelles ou anthropiques) selon unpattern et des structures récurrentes, correspondant à un cycle théorique dit « cycle sylvogénétique » (illustré ci-dessous) :

Les 6 étapes (résumées) ducycle sylvogénétique.
Après un certain temps survient uneperturbation qui fait reprendre le « cycle » à son début (ou à un stade intermédiaire si la perturbation est peu importante).
Dans le bas de l'image est représentée l'accroissement debiomasse (sur pied et dans le sol, animale, végétale et fongique..) de biodiversité et d'épaisseur de sol (qui a une importance en ce qui concerne lespuits de carbone). Au fur et à mesure de cette succession, les communautés végétales (et les communautés microbiennes, fongiques et animales qui leur sont associées) évoluent en se remplaçant les unes les autres.
  • verticalement, la forêt possède grossièrement quatre « étages » de végétation qui sont les strates muscinales (mousses), herbacées, arbustives et arborescentes, auxquels il faudrait ajouter les étages souterrains des systèmes racinaires, symbiosés aux mycéliums fongiques ;
  • horizontalement, elle comporte de nombreux micro-milieux ou microstations (écosystèmes boisés distincts, au sein d'un même massif forestier) dépendant defacteur abiotiques différents.
  • En suivant la flèche du temps, la structure forestière tend à évoluer vers un stade fermé ditclimacique, mais qui finit toujours localement par s'ouvrir à la lumière, à la suite d'une perturbation (chablis,feu,inondation,glissement de terrain, etc.), permettant le retour au stade pionnier et aux stades suivants ;
  • Lebois mort constitue lui-même un habitat essentiel, irremplaçable pour de nombreuses espèces qui contribuent au recyclage de lanécromasse ligneuse, et à lafertilité des forêts ;
  • Les ressources alimentaires sont également abondantes, variant selon l'étage de la forêt : détritus, racines, mousses, lichens, champignons, feuilles, sève élaborée, bois vivant ou mort, fleurs, fruits et graines, nécromasse végétale, animale, fongique…

Forêt primaire et forêt secondaire

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Il est courant de distinguer laforêt primaire (forêt naturelle) de laforêt secondaire ouforêt plantée (forêt entièrement ou fortement façonnée par l'homme). La première est considérée comme n'ayant pas fait l'objet d'intervention humaine y ayant laissé des séquelles importantes ou observables, elle correspond à lavégétation naturelle potentielle ; la dernière étant modifiée à la suite du travail des forestiers ousylviculteurs. Moins de 10 % de la planète est encore couverte deforêts primaires. Ces forêts sont en forte régression, en raison des coupes faites pour l'élevage ou les cultures destinées à nourrir les animaux d'élevages et/ou pour gagner des terres agricoles ou pour l'exploitation commerciale du bois[43].

Superficie

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Article connexe :Déforestation.
Classement des dix plus grands pays par superficie forestière en 2005.
Carte mondiale avec les régions au taux de boisement supérieur à 30 %.

Dans le monde, la forêt - au sens le plus large - couvrait en 2005 environ 30 % des terres émergées.

Selon les définitions retenues, la superficie estimée de la forêt mondiale varie de 2,5 à 6 milliards d'hectares sur la base des chiffres envoyés par les États au début duXXIe siècle[44], l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture estimant la forêt mondiale à presque 4 milliards d'hectares, soit0,62 ha/habitant. Mais la forêt est mieux préservée sur la ceinture tropicale humide et au nord de la zone tempérée dans l'hémisphère nord. Ailleurs, dans 64 pays abritant un total de 2,0 milliards d'habitants, on compte en2005 moins de0,1 hectare de forêt par personne, chiffre qui diminue inéluctablement alors que le taux de population augmente et que la forêt régresse.

Sept pays ou territoires ne possèdent plus aucune forêt et dans 57 autres pays, elles ne couvrent plus que moins de 10 % des terres.

EnEurope occidentale, avant l'intégration des pays d'Europe du Nord, le pays le plus boisé était leLuxembourg, avec 34 % de taux de boisement. C'est l'anciendépartement des Forêts du temps de l'Empire napoléonien. EnLettonie elle couvre 52 % du territoire national[45]. La forêt européenne tend à se reconstituer, mais parfois de façon très artificielle. Elle couvrait au début duXXIe siècle près de 40 % de la superficie européenne, générant près de 3,5 millions d'emplois directs ou indirects selon lafilière bois. unInstitut forestier européen (EFI, basé en Finlande) impliquant près de 120 organismes dans 37 pays européens, vise à durablement renforcer la filière bois, les politiques forestières et la recherche. L'Union européenne a engagé un Plan d'Action pour l'Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux (FLEGT ;Forest Law Enforcement, Governance and Trade), et une Conférence ministérielle[46] sur la Protection des Forêts en Europe (MCPFE) est prévue àOslo en2011.

Grands types de forêts

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Hors zone tropicale, les forêts humides inondées sont devenues rares (ici à la confluence de la « Tubby Creek » et de la « Wolf River » (Holly Springs National Forest, près d'Ashland,Mississippi, États-Unis).

Les forêts naturelles sont comme toutes les formations végétales conditionnées par un certain nombre de facteurs : lalatitude, l'altitude, la nature dusol, leclimat[47], les habitats forestiers[48] et « espèces typiques » qu'elles abritent, l'action des animaux, etc. La latitude influence fortement labiodiversité dans les forêts. Celle-ci augmente d'autant plus que l'on s'éloigne despôles et que l'on se rapproche de l'équateur.

Selon les latitudes, on distingue quatre grands types de forêt eux-mêmes subdivisés en plusieurs sous-types :

Naturalités des forêts

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Dans beaucoup de pays où l'humanité est présente depuis des siècles, voire des millénaires, la forêt a perdu sanaturalité (environnement).

Les faciès actuels des forêts du Nord-ouest de l'Europe, par exemple, résultent en grande partie de l'influence de l'homme sur le plan :

  • de la composition : Colbert avait en France besoin de chênes pour la marine. Dans plusieurs pays, pour bénéficier de subventions et/ou déductions fiscales, il faut planter des essences imposées (Ainsi leFonds forestier national français a, par exemple, imposé les résineux sur de vastes surfaces après-guerre, en France) ;
  • de la superficie : en trois siècles (XVIIIe-XXe), la superficie des forêts françaises a presque doublé (Cf.Forêt de guerre,enrésinement des Landes, enfrichement sur zones d'exode rural, plantations encouragés par le Fonds forestier national…). Mais dans le même temps, dans la moitié ouest du pays, les haies dubocage et les arbres dispersés ou d'alignement reculaient très fortement ;
  • de la structure : la forêt française a dû, très longtemps, répondre aux besoins des communautés humaines qui les entouraient : depuis l'Empire romain, les forêts ont souvent été transformées en taillis qui alimentaient les forges, fonderies, boulanges et autres industries en charbon de bois ; le bois d'œuvre provenant souvent d'arbres émondés dans le bocage et les alignements de bords de routes.
    En France, ce n'est qu'auXIXe siècle, en1827, que l'institution d'uncode forestier (faisant suite à une longue série d'ordonnances), ainsi que la création d'un corps d'État forestier (l'Administration des Eaux et Forêts) et l'utilisation de plus en plus massive de la houille, en remplacement du charbon de bois, vont permettre aux forêts françaises d'évoluer vers lafutaie ; auXXe siècle, les terres libérées par la déprise agricole vont être plantées d'arbres, ou colonisées par desaccrues spontanées, offrant respectivement des limites très géométriques à la forêt ou au contraire un faciès plus naturel et exubérant ;
  • des espèces : une part significative de la forêt française est encore composée d'espèces qui avaient été favorisées en réponse aux besoins des communautés humaines locales (leschênes pour leurs glandées) ou même d'impératifs économiques nationaux, par exemple (des légions d'épicéas et de douglas ont été plantés par le Fonds forestier national, au sortir de laSeconde Guerre mondiale, dans le contexte d'une balance commerciale déficitaire vis-à-vis des bois d'œuvre et d'industrie résineux).

Classement paysager

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Classement patrimonial et écologique

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La forêt joue souvent un rôle majeur de protection des habitations, des cultures et des zones d'alimentation de nappes, contre les avalanches, l'érosion, les glissements de terrain, les coulées de boue. Les forêts de protection méritent une gestion adaptée, sans coupes rases par exemple.
Sur les fortes pentes la forêt protège les sols de l'érosion. Noter les taches homogènes et monospécifiques de sylviculture, qui encouragent les coupes rases, sur le fond de la forêt feuillue plus hétérogène.

Grâce aux approchesphytosociologiques etécologiques, auxforêts modèles canadiennes, des outils d'évaluation qualitative se constituent depuis la fin duXXe siècle. Ils varient selon le contexte géographique ou social (ville, campagne, milieux plus naturels…). Ils permettent de mieux prendre en compte la taille, la qualité et l'intégrité des habitats forestiers dans les plans de gestion, lesécolabels forestiers, et parfois dans les lois (directive Habitats en Europe par exemple).

Les critères retenus sont par exemple :

Régimes juridiques

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Ils ont beaucoup varié selon les époques et les pays, et varient dans un même pays à la même époque (La forêt peut être communautaire, royale, publique, privée, régionale, communale, etc.).

Il existe de nombreux classements des forêts correspondant à des statuts juridiques différents, avec par exemple pour laforêt française : laForêt domaniale, laForêt communale, laForêt privée, laForêt de protection ou encore laRéserve biologique domaniale (RBD ; intégrale ou non).

EnAllemagne, ce sont :

  • Markwald ;
  • Landesherrlichkeit ;
  • Säkularisierung ;
  • Privatwald :
    • Hauberg ;
    • Waldinteressentenschaft.
  • Kommunalwald ;
  • Kirchenwald ;
  • Landeswald ;
  • Bundeswald ;

AuxÉtats-Unis, on différencie le « Timberland » (2/3 de la surface totale enforestée) ouvert à l'exploitation, et le 1/3 restant de la forêt qui en est préservée, jouant le rôle de « tiers sauvage » (Wilderness), dont la vocation depuits de carbone pourrait prendre de l'importance[54].

AuCanada, le classement desforêts se fait grâce à la nature de l'écosystème forestier déterminé par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune qui protègent différents milieux forestiers. Ces territoires sont protégés en vertu de laloi sur les forêts[55]. Il y a 3 types d'écosystèmes forestiers exceptionnels : Lesforêts anciennes (77 sites, 191 km2)[56], lesforêts rares (30 sites, 26 km2)[57] et lesforêts refuges (16 sites, 13 km2)[58].

Fonctions de la forêt

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La forêt remplit trois fonctions essentielles :écologique,économique etsociale.

Le fait de conduire ces trois fonctions simultanément se nomme la « multifonctionnalité » qui est une des caractéristiques majeures voulue par la politique forestière française[59]. Cependant, cette position officielle ne fait pas consensus au sein des professionnels et propriétaires privés de la forêt, certains voulant une spécialisation des territoires, c'est-à-dire une « monofonctionnalité » orientée par exemple sur certaines zones vers la production optimisée de bois (fonction économique exclusive) et sur d'autres zones vers unelibre évolution naturelle de la forêt sans exploitation de bois (fonction écologique exclusive)[60].

Fonction écologique

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Laripisylve d'une forêt équilibrée et non fragmentée protège l'eau, l'air et le sol. Les castors peuvent contribuer à entretenir des linéaires de berges plus ensoleillés.
La forêt abrite une grande part de la biodiversité des continents, participe au contrôle naturel du climat et des micro-climats.

« Partout où les arbres ont disparu, l’homme a été puni de son imprévoyance »

— François-René de Chateaubriand, Œuvres complètes[61]

  • Réservoir debiodiversité et d'habitats, ainsi que de ressources génétiques et phytopharmaceutiques, elles sont pour cette raison étudiées et parfois classées en réserves biologiques, naturelles, parcs nationaux,Espace boisé classé dans lePLU (Plan local d'urbanisme), etc.).
  • Fonctions écopaysagères : « noyaux » ou « nœuds » duréseau écologique, et parfoiscorridor biologique pour laforêt galerie, les forêts linéaires, lesmangroves, et les haies vives qui peuvent s'y rattacher.
  • Protection contre certainsrisques naturels[62] (avalanches,inondations, sécheresse,désertification et éléments derésilience écologique…).
  • Qualité de l'air : outre que la forêt produit une partie significative de l'oxygène de l'air sur les continents, elle a une capacité extraordinaire à fixer les poussières (comme certains polluants non dégradables), grâce notamment aux mousses, aux lichens, à la rosée et aux sols.
  • Protection des sols (lutte contre l'érosion) : la forêt est un lieu de restauration du sol si elle n'est pas surexploitée.
    cf.forêt des Landes en France ou la ceinture verte du sud algérien[63].
  • Fonction macro etmicro climatique, grâce à l'évapotranspiration et à la protection de la canopée qui atténuent considérablement les chocs thermiques, et la déshydratation due au vent.
  • Puits de carbone, par fixation du gaz carbonique dans le bois et le sol, au moins pour les forêts tempérées[64] non soumises auxincendies et pour les forêts tropicales en phase de croissance.
    cf. les plantations faites enAmazonie qualifiées de « puits de carbone ».
  • Fonctionaménitaire.
  • Les lisières forestières naturelles, éminemment complexes, ont desfonctions écotoniales importantes, notamment pour les forêts rivulaires et les mangroves.

Oxygène et climat

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Une métaphore qualifie souvent la forêt de « poumon de la planète ». En dépit des fonctions nombreuses et essentielles voire « vitales » qu'elle remplit, la forêt ne peut être directement comparée à unpoumon. Le poumon ne produit pas d'oxygène et c'est leplancton qui produit l'essentiel de l'oxygène planétaire disponible dans l'air et solubilisé dans l'eau[65]. Néanmoins, les forêts peuvent jouer le rôle depuits de carbone — et donc de producteur d'oxygène — pendant leurs phases de croissance. Lorsqu’elles atteignent l'équilibre, c'est-à-dire que leur biomasse est stabilisée, le bilan de photosynthèse-respiration pour ces écosystèmesclimaciques est alors nul du point de vue de l'oxygène[66]. Néanmoins, la forêt a des fonctions essentiellesmicro et macro-climatique et pour la qualité de l'atmosphère, sur le plan de l'équilibre thermo-hygrométrique et de la pureté de l'air notamment. D'un certain point de vue, un peu à la manière du poumon, mais à une autre échelle, elle est une sorte d'écotone complexe et fonctionnel entre l'atmosphère et le sol, lié au cycle du carbone notamment, mais aussi à tous lescycles biogéochimiques importants.

Puits de carbone

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Le bilan en carbone d'unécosystème est difficile à estimer.

  • Il varie selon les zonesbiogéographiques, les époques, l'histoire du site, le stade de croissance de la forêt, lesrisques d'incendie, desécheresse et d'inondation, et de nombreux autres facteurs tels que l'action d'insectes défoliateurs ou d'autres parasites des arbres. Le devenir du bois est aussi à considérer : bois de chauffage, papier-cellulose, bois d'œuvre, ou bois mort auront des impacts très différents quant aux émissions dedioxyde de carbone.
  • Certaines forêts peuvent - au moins provisoirement - avoir un bilan nul (forêt tropicale mature) ou négatif (en zone d'incendies récurrents, ou en début de phase de croissance), tout en contribuant indirectement à enrichir les cours d'eau en nutriments (phosphore, potassium, calcium, fer, etc. et par les phénomènes d'acidification, humification, décolmatation et minéralisation et structuration des sols) en offrant ainsi une source constante denutriments pour le plancton marin en aval, plancton qui produit 80 % de l'oxygène que nous respirons et qui constitue un important puits de carbone.
  • En théorie, laphotosynthèse consomme dudioxyde de carbone et produit dudioxygène et de lamatière organique. De l'oxygène est consommé lors de larespiration des plantes elles-mêmes, des animaux de la forêt et de labiomasse cachée du sol forestier, ainsi que par les incendies naturels et moindrement par l'oxydation naturelle des éléments chimiques rendus disponibles par le processus de formation des sols.
    En phase de croissance, après une dizaine d'années de bilan négatif s'il s'agit d'une régénération à partir d'un sol nu, la biomasse augmente régulièrement, principalement sous forme decellulose et delignine. Elle stocke aussi du carbone sous forme denécromasse et debiomasse animale, microbienne et fongique.
  • En zone tropicale, la forêt pousse souvent sur des sols pauvres et acides ; l'humus ne s'y forme pas, et la nécromasse est rapidement recyclée ou minéralisée. La forêt tropicale en croissance stocke du carbone, mais finit (après plusieurs siècles, voire plus de 1000 ans) par arriver à un équilibre entreproduction primaire et décomposition du bois mort. À ce stade, elle semble produire autant d'oxygène que ce qu'elle consomme. De plus, les émissions de méthane liées à la fermentation de bois immergés ou issus de l'activité destermites complexifient encore les calculs des émissions degaz à effet de serre.

Un « point de basculement » dans le système climatique va être atteint beaucoup plus tôt que prévu. De puits de carbone, les forêts tropicales vont devenir des sources de carbone dès le milieu des années 2030[67].

  • En zone tempérée ou froide, il en va autrement avec respectivement les sols forestiers (incluant lestourbières associées à certaines forêts) et lespergélisols qui, en zone circumpolaire, qui peuvent stocker des quantités considérables de carbone (sous forme d'hydrate de méthane).
    Enfin, le devenir et la durée de vie du méthane émis par les écosystèmes forestiers ne sont pas encore bien compris. Il pourrait avoir été surestimé ou sous-estimé.

Effets biophysiques

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Un tiers de la contribution des forêts au climat vient de leurs effets biophysiques, comme leur rôle dans la formation des nuages, l’humidification de l’air ou la production de composés organiques volatils. Une étude parue en 2022[68] détaille les trois principaux effets biophysiques : l'albédo, l'évapotranspiration des arbres et la « rugosité » de la canopée, qui produit des microturbulences quand elle est soumise au vent, ce qui dissipe la chaleur et contribue à refroidir le milieu. À ces trois effets principaux s’ajoutent ceux liés aux composés organiques volatils que les arbres émettent en condition de stress. Combinés, ces effets biophysiques refroidissent la température de la planète d’environ 0,5 °C[69].

Enjeux de biodiversité

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Article connexe :Biodiversité forestière.

Fonction économique

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Économie forestière

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Marquage au marteau de grumes de résineux fraichement coupés (État de New-York en1894)
La forêt est source de richesse, parfois surexploitée.

Le bois compte pour une part importante duPIB d'une dizaine de pays tropicaux ou nordiques. L’emploi forestier (hors industrie de transformation et emplois informels) payait encore près de 10 millions de personnes en 2005[74], 400000 dans la filière bois 2010 en France[75] mais ;

  1. l'emploi forestier décline régulièrement relativement au tonnage extrait des forêts qui lui n'a cessé d'augmenter, et ce depuis l'invention de latronçonneuse. Il diminue en moyenne de 1 % par an dans le monde (-10 % de 1990 à 2000), surtout en Asie et en Europe, alors qu’il augmentait légèrement ailleurs. La FAO impute ce déclin à l'augmentation de productivité du secteur, et -pour l'Europe de l'Est - à la restructuration des économies planifiées[76]. Cependant, l’industrie forestière représente l’unique source de revenus de plusieurs communautés rurales du Canada. Le taux d’emploi lié à ce secteur augmente d’année en année. En effet, le taux d’emploi direct de l’industrie forestière de 2012 a augmenté de «0,9 % par rapport au taux enregistré en 2011, pour atteindre 235 900 emplois.» Le secteur de l’industrie forestière fournissant le plus grand nombre d’emplois au Canada, soit dans celui de la fabrication des produits du bois, a lui aussi connu une hausse de 3,2 % de son taux d’emplois de 2011. Il y a toutefois, le secteur de pâte et papier qui a connu une diminution de 9,2 % de son taux d’emploi entre 2011 et 2012. « Ce recul s’explique par les énormes défis auxquels s’est heurté ce secteur, notamment le déclin structurel du papier journal et du papier d’impression et d’écriture en raison de l’essor des médias électroniques et du ralentissement cyclique des marchés mondiaux de pâtes de bois »[77]. De plus, l’industrie forestière a amené la création d’environ 363 700 emplois indirects au Canada en 2012. Donc, si ses tendances se maintiennent l’industrie forestière créerait plusieurs nouveaux emplois au Canada ce qui profitera tant à son économie qu’a sa population.
  2. Le prix moyen du bois brut diminue : L'augmentation moyenne des prix payés (grumes ou bois sur pied) était de 11 à 15 % dans les années 2000-2005 (source FAO, FRA 2005), mais est toujours resté inférieur à l’inflation ; il y a donc baisse du prix moyen (notamment pour le bois tropical) au niveau mondial, ce qui n'exclut pas en aval et pour le consommateur de fortes hausses dubois-énergie là où il devient rare ou après les « chocs pétroliers » et des bois écocertifiés ou écosociocertifiés pour lesquels l'offre reste très supérieure à la demande, pour leFSC notamment.
  3. Le secteur informel reste très mal connu.Via la vente de gibier notamment, il est important.
  4. Une partie importante des prélèvements et bénéfices est illégale, menaçant des essences et des espèces théoriquement protégées et/ou menacées. Les populations autochtones pâtissent de lacorruption et des pressions des exploitants. 10 à 15 milliards d’euros par an seraient ainsi blanchis dans le monde, dont près 3 milliards € dans l'UE, provenant de six régions où la production de bois est un enjeu important. Vingt États membres de l’UE sont en 2006 encore suspectés d’importer du bois illégal (Finlande,Suède etRoyaume-Uni en tête)[78]. Le « réseauTRAFFIC[79] » duWWF et de l'UICN sur leCommerce International des Espèces Sauvages estime que le commerce légal et illégal d'espèces atteindrait 15 milliards d’euros de chiffre d'affaires annuel (juste derrière le trafic d'armes et de la drogue). Une étude[j] du gouvernement britannique a estimé que l'interdiction du bois illégal en Europe est possible et crédible, avec les outils existants et des contrôles efficaces, au profit des filières légales et durables aujourd'hui confrontées à une concurrence déloyale. Des dizaines d'ONG dont Greenpeace et WWF, depuis une vingtaine d'années, dénoncent le bois illégal et promeuvent des écocertifications crédibles et transparentes, telles que décrites par le groupe d'ONGFERN, dans une évaluation[80] publiée en 2001.
  5. De nouvelles fonctions émergent : sociales, agrosylvicoles, touristiques, pédagogiques, scientifiques et de protection environnementale (en 2005, 11 % des forêts du monde sont déclarées par les États « affectées à la conservation de la diversité biologique » ; ce taux est en augmentation, mais ne correspond pas toujours à une réalité de terrain[81]). La fonction depuits de carbone semble devoir prendre de l'importance. L'importance économique de ces nouvelles fonctions est mal évaluée, mais pourrait localement rapporter plus que l'exploitation du bois.

Secteur : la filière bois

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Article détaillé :Filière bois.

Produits forestiers

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Production de bois
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Produits forestiers non ligneux (PFNL)
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Article détaillé :Produits forestiers autres que le bois.

Selon la FAO les PFNL sont« des produits d'origine biologique, autres que le bois, dérivés des forêts, d'autres terres boisées et d'arbres hors forêts ».

Les PFNL peuvent être récoltés dans la nature ou produits dans des plantations forestières ou des périmètres d'agroforesterie, ou par des arbres hors forêt.

Les PFNL comprennent des produits utilisés commenourriture etadditif alimentaire (noix comestibles, champignons, fruits, herbes, épices et condiments, plantes aromatiques, viande de gibier), des fibres (utilisées dans la construction, les meubles, l'habillement ou les ustensiles), des résines, gommes et produits végétaux et animaux utilisés dans des buts médicinaux,cosmétiques ou culturels[82].

Voici quelques exemples de PFNL :

Fonctions sociales, symboliques et culturelles

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Loisirs

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Chemin forestier au printemps
Articles détaillés :Chemin etRoute forestière.

Les forêts sont des lieux privilégiés deloisirs, dedétente, detourisme, de découverte de la faune et de la flore et des paysages[83]. Chaque année, les forêts françaises reçoivent des centaines de millions de visites. La forêt rend de nombreux services à la société, de nature écologique et sociale. Elle est, par exemple à la fois un lieu sûr d'aménités et de détente, et un lieu de protection des espèces. Ces fonctions nécessitent un entretien des chemins par les forestiers (ouverture, sécurisation, nettoyage…). Bien que considérée comme un bien commun pour une partie de ses fonctions, en France toute forêt a un propriétaire (privé ou public). Quand on se promène en forêt, on se promène sur une propriété. Le promeneur doit en tenir compte et respecter ces lieux. L'accueil du public est la règle en forêt publique et souvent en forêt privée.

Patrimoine et bien commun

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La forêt des mythes, des légendes et de l'apprentissage.

Il y a 8 000 ans environ qu'avec l'aide du feu, nos ancêtres ont commencé à déforester l’hémisphère nord (en commençant par la Chine) pourtant la forêt est restée présente dans de nombreux contes, mythes et légendes[84], dans presque toutes les civilisations.

La valeur spirituelle et culturelle de la forêt réelle ou mythique n’est pas contestée. Le nom deBrocéliande en évoque encore les druides et la magie. Nemeton était le mot celte qui signifiait à la foissanctuaire, etforêt. Bien après qu'on eut oublié la forêt deDodone des Grecs, on continue de comparer les piliers des cathédrales gothiques aux troncs d'une forêt dont les branches seraient les arcs qui soutiennent la voûte. Au siècle dernier, de nombreux bûcherons allemands murmuraient une petite prière d'excuse à l'arbre qu'ils allaient couper. EnInde, lessannyâsa se retirent et se recueillent en forêt, comme le faisaient certainsermites européens. EnChine, les sommets boisés abritaient presque toujours un temple. AuJapon, la forêt que reflètent ou symbolisent en miniature certains jardins est sacrée, comme l'indique leTorii qui marque parfois son entrée, comme celle d'un temple. L'arbre de vie est omniprésent dans les mythes fondateurs des pays forestiers, mais aussi des pays déforestés, avec un arbre de la connaissance à connotation ambiguë dans labible.

Illustration d'unLiéchi, créature mythologique slave habitant les bois

La forêt est souvent symboliquement interprétée comme reliant ciel et terre, par les branches, les troncs et ses racines.

La forêt est aussi le domaine de l'Homme sauvage, présent dans de nombreux mythes d'Europe de l'Ouest ou d'Asie ; l'Homme sauvage qui est comme l'arbre présent dans l'héraldique européenne[85].

La forêt fait également peur ; lieu de Nature où l'on se perd, lieu où l'on perd les enfants, où l’on rencontre le loup, où des dieux, les esprits et les animaux sauvages vivent, où la nuit se fait plus noire, dernier refuge des loups et des ours pourchassés. C'est le lieu où les hors-la-loi, bons (Robin des Bois) ou méchants, se cachaient, bien que les forêts soient parfois exclusivement réservées aux chasses royales.

En Europe, à partir dusiècle des Lumières et du modèle royal français, on s'est employé à les humaniser, à les nommer et à les fragmenter pour mieux les maîtriser en les quadrillant d'allées et de layons, puis on les a plantées et « rationnellement » gérées.

C'est localement un lieu de mémoire avec les forêts royales, laforêt de guerre.

C'est enfin et surtout le lieu de vie des peuples de la forêt, amérindiens, africains, et d'Asie du Sud-Est notamment, là où ils ont survécu. Lieu séculaire de l'initiation, refuge des esprits, lieu de vie et d'aventure pour de nombreux peuples… lieuaménitaire de détente et de découverte de la nature pour d'autres, la forêt est reconnue pour toutes ces fonctions par certaines lois nationales et par l'écosociolabelFSC.

La plupart des populations et des élus se disent très attachés à l'idée de protection d'arbres remarquables, de la forêt et/ou de forêt qui protège, pour des raisons bien plus larges que pour les services qu'elle rend comme espace de détente et de loisirs ou comme lieu de cueillette familiale de fleurs, de fruits et champignons.

Partout dans le monde, des fragments de biodiversité ont été protégés dans des « bois sacrés » qui ont échappé aux coupes et on repère ou classe des arbres parce que vénérables et remarquables ou pour leur intérêt paysager ou écologique ou deprotection. Il devient délicat de gérer les forêts uniquement pour la coupe du bois. Pour les artistes et les touristes, comme pour les scientifiques et les industriels, elles recèlent des trésors qu'il convient de léguer auxgénérations futures et sont un gage d'adaptation et derésilience face au réchauffement climatique.

Un quart de la France vit à l'ombre des arbres. Certains sont millénaires et ont connu laGaule chevelue, les cultes anciens. Citadins et ruraux souhaitent la conservation d'un nombre significatif de vieux arbres. La première réserve de la forêt de Fontainebleau (552 ha de « réserve artistique ») a été demandée par des artistes, et non par des forestiers[réf. nécessaire].

Pour certains collectifs et associations (telles queProsilva, leRéseau pour les Alternatives Forestières – RAF, le collectifSOS Forêts France…) la forêt est désormais à réexaminer en tant que « bien commun », c’est-à-dire qu’il conviendrait de dépasser le seuldroit de propriété pour aller vers ledroit d’usage apporté par lesservices écosystémiques fournis par la forêt à tout un chacun. Chaque parcelle, chaque forêt représente un enjeu important pour les sociétés humaines, car jouant un rôle primordial dans laqualité de l’eau et de l'air, dans lestockage de CO2… Il devient alors essentiel de redonner à la forêt son statut de bien commun, volontairement effacé par le politique au service deslobbies financiers. Pour ces associations environnementales, la tendance actuelle, qui ne conçoit la forêt qu’en termes de peuplements d’arbres constitutifs d’une ressource à extraire, allant jusqu’à oublier les autres composantes de l’écosystème forestier, est à arrêter impérativement. La forêt est, selon cette analyse, un bien commun à défendre[86].

Habitat de l'Homme, lieu nourricier et cynégétique

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La forêt européenne est aussi depuis longtemps aménagée et gérée pour la chasse qui y a attiré les rois et les manants. AuXXe siècle en Europe de l'Ouest, l'agrainage en a parfois fait un lieu d'élevage extensif decerfs,chevreuils etsangliers (campagnols et autres rongeurs profitant des restes), en menaçant les équilibres sylvocynégétiques (Les Très Riches Heures du duc de Berry)

Plus de 500 millions d’humains vivent en forêt ou à ses abords et en dépendent directement. Même quand elle n'est plus habitée, elle reste un lieu traditionnel de cueillette et de chasse (aux grands animaux surtout, qui ont disparu ou régressé dans les plaines cultivées et habitées). Pour environ 150 millions d'autochtones appartenant à des centaines de tribus et peuples autochtones, la biodiversité de la forêt est encore la source vitale d'eau, de matériaux, de plantes, fruits, animaux et champignons comestibles ou utiles (médicaments, ornements…). La « viande de brousse » reste localement la première source de protéine dans de nombreux pays tropicaux, bien qu'elle soit menacée par l'augmentation de la pression de chasse, des armes de plus en plus performantes, et des moyens de transports tels que lequad.

Dans les pays riches et tempérés, la chasse reste également importante, les revenus cynégétiques approchent ou dépassent souvent 50 % du revenu forestier global dans des pays tels que la France.

Lachasse est un revenu complémentaire considérable du forestier qui atteint, par exemple, souvent 50 % des revenus des grandes forêts publiques de France où en 2006, les baux de chasse ont rapporté 41,1 millions d'€ à l'ONF (soit 2,4 millions de plus que l'année précédente), alors que lebois a rapporté 199,6 millions d'€ (soit 15 % de plus qu'en 2005)[87].

Mais le « grand gibier » quand il est trop abondant, notamment à la suite d'un agrainage important et à la disparition de ses prédateurs naturels, peut provoquer des dégâts assez importants pour freiner ou bloquer la régénération forestière.

Une vraie gestion cynégétique demanderait aussi de prendre en compte les problèmes sanitaires (peste porcine,CWD, maladies véhiculées par lestiques, apparition duSIDA ou de virus hémorragiques, typeEbola, etc.), notamment en l'absence deprédateurs.

Plus localement, des problèmes nouveaux sont posés avec la contamination du gibier (sanglier notamment) par des toxiques issus deséquelles de guerre ou retombés avec les pluies qui ont lessivé le nuage deTchernobyl.Les forêts tropicales produisent l'essentiel de la viande de brousse, avec des pressions de chasses qui ont raréfié ou fait disparaître le gibier sur de vastes zones.

La question de la pollution par le plomb de chasse, liée à latoxicité des munitions (grenaille et balles) s'y pose moins que dans leszones humides, mais elle semble pouvoir avoir été sous-estimée.

Environnement et santé

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Très tôt, certains arbres ont été réputés assainir l'air (sapin,épicéa,pin sylvestre,eucalyptus plantés autour des hôpitaux et des lieux de cure), ou au contraire, plus rarement le corrompre (ne pas dormir sous unnoyer). La marche en forêt était recommandée, et des parcours-santé y sont encore fréquemment installés, de même que dans les parcs urbains boisés.

Les forêts jouent un rôle majeur en matière d'épuration physique et physicochimique, et probablement biologique de l'air et de l'eau. Les produits de la forêt et toutes les parties des arbres ont été utilisés pour produire des médicaments et de nombreuses médecines traditionnelles. Unesylvothérapie et des cures sylvatiques ont été développées dans certains pays auXIXe et début duXXe siècle pour faire profiter certains malades (tuberculeux notamment) de l'air forestier enrichi en oxygène (trois fois plus d'oxygène produit par la forêt tempérée qu'en prairie[88]), en Ozone (notamment en bord de mer et dans les forêts de résineux) et enphytoncides (molécules réputées bactéricides et fongicides, dontterpènes) et de la pureté de l'air.On[Qui ?] arécemment[C'est-à-dire ?] montré que l'activité biochimique est beaucoup plus développée dans la canopée que dans la strate herbacée.

AprèsLouis Pasteur, diverses mesures citées par G. Plaisance ont comparé différents airs et montré que l'air forestier contenait moins de microbes que l'air urbain (50 microbes par m³ d'air, contre 1 000 dans le parc Montsouris de paris, 88 000 sur les Champs-Élysées, 575 000 sur les grands boulevards et 4 000 000 dans les grands magasins à Paris selon Georges Plaissance[89]).

Forêt cinéraire

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Les forêts cinéraires, ou lieu du dernier repos en forêt (voirCimetière naturel), existent depuis très longtemps enAllemagne[90]. En France, enHaute-Garonne, la première forêt cinéraire est ouverte[91].

Ennemis de la forêt

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Ennemis « naturels »

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Le forestier craint surtout le feu et des insectes ravageurs tels la chenilleprocessionnaire du pin,celle du chêne, certainsxylophages, desbactéries ou deschampignons (ex :graphiose de l'orme,maladie de l'encre duchâtaignier). Lesattaques qui prennent l'apparence d'épidémies et de pullulations suivent généralement un affaiblissement des arbres dû à des évènements de typesécheresse,tempête,pollution,drainage,fragmentation, etc. Les arbres stressés par une sécheresse sont ensuite beaucoup plus vulnérables au froid (jusqu'à une dizaine d'années après)[92].

Il semble que dans les milieuxextrêmes (polaires, subsahariens), les pullulations fassent partie de cycles naturels et régulateurs, dans des forêts dont le nombre d'essences est réduit, et plus exposées aux chocs climatiques.

La biodiversité forestière peut aussi être menacée par des essences introduites qui peuvent devenirinvasive ou poser des problèmes depollution génétique et/ou d'allélopathie.

Dans l'hémisphère nord, des mammifères rongeurs (ex :mulots,campagnol des champs), leslapins et des espèces-gibier (cerfs,daims,chevreuils,wapitis, etc.) sont localement considérés comme "nuisibles" par les forestiers parce qu'ils broutent les jeunes pousses et rongent les écorces. Enforêt méditerranéenne, les moutons et surtout leschèvres sont des ennemis redoutables des arbres.

Ainsi, ladiversité génétique est au centre des préoccupations actuelles sur l’avenir des forêts menacées par ces ennemis. On prévoit notamment, pour les espèces qui les composent, despressions de sélection d’une ampleur et d’une rapidité inédites, en liaison avec les changements climatiques[93].

Chiffres : Selon les chiffres fournis par les états à la FAO ; en 2000-2005, en moyenne, 104 millions d'hectares de forêts ont été annuellement ravagés par des incendies, des insectes et maladies, des sécheresses, tempêtes, grands froids ou inondations. Ce chiffre est sous-estimé car certains pays (africains notamment) n’ont pas réuni ou fourni de statistiques, alors que l’imagerie satellitaire montre d’importants dégâts par le feu en Afrique.

D'un point de vue historique, l'Homme a eu une relation ambiguë à la forêt et notamment à la forêt primaire, parfois protecteur ou n'y développant pas d'impact visible durant des millénaires (en forêt équatoriale, hormis sur certaines îles), et souvent destructeur en zone tempérée européenne, asiatique et au Moyen-Orient ou en Australie, depuis plusieurs milliers d'années.

Accidents climatiques

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Effets du vent et de la neige, chablis dans une hêtraie (ici enAriège).

Les périodes desécheresse, comme1976, ou deforte canicule (2003) peuvent provoquer le dessèchement des feuilles qui tombent alors prématurément. On peut constater aussi des brûlures de l'écorce exposée au soleil (hêtres).

Les effets peuvent se faire sentir des années après. La sécheresse aggrave le plus souvent les effets d'autres agents, tels les incendies ou les insectes ravageurs. Ainsi, en 1976, les incendies accentués par la sécheresse brûlèrent plus de 800 km2 en France.

En période hivernale, le gel n'est généralement pas à redouter, sauf les cas extrêmes, comme en 1956 en France ou en 1985, lorsque 30 000pins maritimes landais gelèrent. Les gelées tardives, sont, elles, nuisibles pour les jeunes plants. Laneige peut être dangereuse dans certaines conditions, lorsqu'elle forme des manchons autour des branches, qui finissent par casser sous le poids accumulé.

Les tempêtes, commecelle de décembre 1999 en Europe de l'Ouest, provoquent le déracinement et l'abattage des arbres, qui forment les « chablis » ou leur cassure par le milieu du tronc, laissant en place les « chandeliers » et au sol les « volis ». En France, la tempête de 1999 a ainsi abattu 146 millions de m³ de bois.

Action de l’homme

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Même dans certains pays riches, une gestion peu respectueuse de la biodiversité est critiquée, notamment pour l'absence de préservation de réseaux de forêts anciennes protégées (ici enTasmanie, dans une région vulnérable audérèglement climatique[94]).

La déforestation

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Article détaillé :Déforestation.
Le recul des forêts anciennes et la régression du bois mort ont des causes humaines qui n'ont pas attendu l'invention de la tronçonneuse pour s'exercer. Ces bûcherons œuvraient dans laLower Columbia auCanada, enOregon, en1905, mais les forêtschinoises avaient déjà fortement régressé il y a plus de 5000 ans.

Ladéforestation résulte d'une surexploitation de la ressource forestière et/ou d'une destruction des forêts (défrichements) par l'homme telles aboutissant à un changement de l'occupation du sol (forêt remplacée par des milieux agricoles ou des pâturages, l'urbanisation, les voies de transport, voire un désert…).

Les grandsdéfrichements sont très anciens enEurope méditerranéenne et occidentale, auMoyen-Orient et enChine, où ils datent duNéolithique et duMoyen Âge (la seconde phase de grands défrichements en Europe de l'Ouest se déroule au milieu du Moyen Âge). Ils se poursuivent à moindre échelle pour faire place à certains équipements, autoroutes, à l'urbanisation, aux réservoirs hydro-électriques, aux aménagements pour les sports d'hiver, etc. De nos jours, en Europe comme en Chine, et dans une moindre mesure en Amérique du Nord, on assiste globalement à une phase dereboisement. Ce reboisement a commencé auXIXe siècle en Europe sur les terres peu productives, et se poursuit de nos jours avec ladéprise agricole dans les zones peu propices à l'agriculture mécanisée, en particulier dans les régions montagneuses.

À l'heure actuelle, ce sont surtout les forêts tropicales qui souffrent de la déforestation, soit pour des raisons de développement économique, comme enAsie du Sud-Est et enAmazonie, soit parsurexploitation desressources enbois tropicaux, comme enAfrique. La déforestation entraîne la destruction deshabitats naturels de nombreusesespèces endémiques et contribue pour une grande part à l'extinction des espèces sur la planète, en particulier dans les régions tropicales où la biodiversité est beaucoup plus riche que dans les régions tempérées.

En 2006, bien qu’il n’y ait toujours pas de convention internationale sur la Forêt (le principal échec de Rio, avec abandon de la convention au profit d'une simple déclaration[95]), plus de 100 pays avaient institué un programme forestier national, incluant généralement un volet protection (bien que les programmes portent encore essentiellement sur le développement de l’exploitation du bois) et parfois un volet sur l'état deconservation[96] (ou restauration) des sols, de l’eau, de ladiversité biologique et d’autres richesses et services environnementaux.

Lasylviculture durable vise à récolter le bois de forêts sans entraîner la déforestation. Ces programmes quand ils existent sont parfois peu respectés dans les pays très pauvres ou ceux subissant des troubles civils.

Il resterait en 2006 environ 4 milliards d’hectares plus ou moins boisés sur la planète, soit environ 30 % des superficies émergées. De 1990 à 2005, 3 % de la forêt a disparu, (- 0,2 % par an) selon la FAO.

De 2000 à 2005, 57 pays ont signalé un accroissement de leur taux de boisement (mais s’agit souvent de plantations industrielles (eucalyptus, peupliers, résineux, palmiers à huile) de peu d’intérêt pour la biodiversité). 83 pays ont reconnu que leur forêt reculait. La perte nette serait de 7,3 millions d’ha/an (soit 20 000 hectares/jour).

Les 10 pays les plus riches en forêts représentent à eux seuls 80 % des forêts primaires de la terre, dont l’Indonésie, leMexique, laPapouasie-Nouvelle-Guinée et leBrésil. Ce sont aussi ceux qui ont subi la déforestation la plus intense et rapide de 2000 à 2005, en dépit de plantations de forêts secondaires commerciales.

L'Asie de l'Est qui avait perdu la plupart de ses forêts a enregistré le principal accroissement à la suite des centaines de millions d’arbres plantés en Chine (mais ce sont de jeunes boisements et non des forêts au sens écologique du terme) et ces accroissements ne compensent pas les taux élevés de déforestation d’autres zones. Globalement la déforestation s’est encore accélérée en Asie du Sud-Est de 2000 à 2005 et plus encore en Afrique et en Amérique latine/Caraïbes ; l’Afrique représente encore 16 % de la superficie boisée totale, mais elle a perdu plus de 9 % de ses forêts de 1990 à 2005, pendant que la Chine, l'Europe et l'Amérique du Nord pouvaient accroître leurs superficies forestières dans le même temps.New Scientist a publié une étude sur les 50 pays les plus boisés : 22 présentaient en 2006 une nette reforestation. La situation auBrésil et enIndonésie est préoccupante, tandis que la Chine crée la surprise : depuis 2002, on y a replanté une surface équivalente à celle de la Californie.

La déforestation est aussi une cause d'apparition et de diffusion demaladies émergentes.

La pollution

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Article détaillé :Pollution.
Article connexe :pluie acide.

Les polluants liés à l'activité humaine sont nombreux :anhydride sulfureux qui provoque les fameuses « pluies acides » auxquelles fut attribué ledépérissement des forêts constaté enEurope dans les années1970-80, mais qui devait beaucoup aussi à lasécheresse et auxpesticides véhiculés par l'air et/ou solubilisés par les pluies, lesoxydes d'azote, l'acide fluorhydrique, émis localement par certaines industries notamment dans certaines vallées alpines, les particules émises par la combustion du charbon et des carburants pétroliers, l'ozone… avec aussi en montagne et dans les zones froides lesel de déneigement. Par ailleurs, lesmousses et leslichens piègent très efficacement les particules de l'air, dont ils se nourrissent. Par ce biais, ils fixent aussi les métaux lourds de plus en plus présents dans l'air, ainsi que d'autrespolluants (au point d'en mourir parfois, ce qui en fait, selon la sensibilité de espèces de bonsbio-indicateurs). Les champignons qui font la richesse du sol forestier se montrent également capable de bioconcentrer de nombreux polluants (métaux lourds dontplomb,cadmium etmercure, mais aussiradionucléides, qui peuvent ensuite être concentrés par lachaîne alimentaire).

La forêt a de tous temps également été un lieu privilégié pour lachasse ; les munitions au plomb (grenaille et balles) y ont été dispersées par de milliers de tonnes chaque année, souvent tirées aux mêmes endroits ; près des points d'eau, des berges de fleuves, sur les lieux d'agrainage, sur les layons ou cloisonnements ou à partir de postes de tir aménagés. Les sols forestiers sont souvent naturellement légèrement acides à très acides en zones tropicale ou boréales, ce qui facilite la dispersion et biodisponibilité de ce plomb enrichi d'arsenic et d'antimoine, ainsi que du mercure qui a longtemps été utilisé par les amorces.

Dans certains pays, des boues de station d'épuration sont régulièrement dispersées en forêts, parfois sous forme de pulvérisation, ce qui peut contribuer à la dispersion de certains contaminants.

Avec les premières expérimentations d'arbres OGM (peupliers essentiellement, testés par exemple enFrance et auCanada en milieu non-confinés), certains craignent une pollution génétique en cas de transmission du gène, ou un impact sur la faune et le sol forestiervia latoxine BT émise par ces arbres.

Les séquelles de guerre

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De tous temps, les forêts ont été stratégiques du point de vuemilitaire. Elles ont servi de réserve de bois demarine etcharpente, mais surtout d'abri ou de cible à toutes les armées, maquis etrésistances, des millions deréfugiés s'y protégeant encore aujourd'hui dans les pays en conflits. Parfois on les a pillées ou détruites dans le cadre de la stratégie de la « terre brûlée ». Au Viêt Nam et Laos, le défoliant, lenapalm et les munitions à sous-munitions ont laissé des traces encore persistantes (dioxines, métaux lourds, sols dégradés, mines actives, etc.). Lebois mitraillé des forêts françaises a perdu de sa valeur technique et financière, mais il peut aussi avoir été pollué par le plomb ou d'autres métaux lourds.

AuXXe siècle, notamment en France dans lazone rouge, de vastes forêts dites « de guerre » ont été artificiellement plantées sur des sites agricoles rendus incultivables par lesséquelles de guerre et localement en Allemagne ou en France sur des sites gravement pollués par des accidents liés à la production d'usines d'armement ou d'usine produisant en amont les toxiques chimiques ou les métaux utilisés dans lesmunitions (plomb, cadmium, zinc, cuivre, mercure, etc.). Des forêts comme celle deVerdun contiennent encore des quantités considérables demunitions non explosées, dont certaineschimiques (chargées de « gaz de combat »).

Feux de forêt

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Article détaillé :Feu de forêt.
Un feu de forêt dans leWyoming.

Ils sont le plus souvent allumés par l'homme, volontairement (pyromanes, bergers…) ou involontairement (négligence). Lefire-stick farming, souvent employé par les aborigènes australien, a profondément[97] modifié lafaune et flore d'Australie. Cette pratique consistait à brûler de vastes terres pour faciliter la chasse a entraîné la disparition de samégafaune… Malgré des moyens de surveillance et de lutte de plus en plus performant, leur nombre et leur gravité ne cesse de croître en zone tropicale (Indonésie,Brésil..) mais aussi en Europe et enAmérique du Nord ouAustralie.

Prenant des proportions catastrophiques dans certaines régions (notamment autour de laMéditerranée), ils conduisent à la mise en place de moyens de lutte très importants, dont l'efficacité est variable. Toutes les essences forestières sont combustibles, mais certaines riches en produits volatils favorisent la combustion et l'extension de l'incendie, d'autres résistent mieux (grâce à des phénomènes de protection comme la création de liège), ou se régénèrent plus vite.

Il est difficile de tirer un bilan de l'action de l'homme sur les forêts : il ne se résume pas à des actions néfastes, car si les États n'ont pas enrayé la déforestation ni pu s'accorder pour rédiger et signer une convention internationale pour la protection des forêts à Rio en 1992 ou à Johannesburg en 2003, de nombreux programmes locaux d'études et de restauration de forêts existent dans le monde, dont lesforêts modèles canadiennes.

EnEurope de l'Ouest, la forme et la superficie des forêts européennes contemporaines résultent essentiellement de l'action de l'homme, et il est couramment admis chez les forestiers qu'elles sont gérées de manière durable. Contrairement à une idée répandue, la surface de la forêt française, après avoir fortement diminué jusqu'à la fin duMoyen Âge a réaugmenté, y compris depuis les années 1900 (d'environ + 30 %), mais souvent grâce à des plantations commerciales de résineux et peupliers, moins riches au niveau de labiodiversité et avec un recul des zones humides. Le gain en superficie n'a pas freiné ou compensé le recul des oiseaux, insectes,lichens et fleurs typiquement forestières, ni le recul massif dubocage et des arbres épars depuis les années 1950. Les arbres tendent par ailleurs à être exploités de plus en plus jeunes et les plantations sont génétiquement peu variées. Hormis localement, à la suite des tempêtes, le grosbois mort reste trop rare pour permettre la survie de nombreuses espèces d'invertébréssaproxylophages.

Action de l'Homme

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Gestion administrative, protection et conservation

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Une forêt néerlandaise, en automne.

Selon les époques, les lois et les lieux, la gestion estcommunautaire, nationale, régionale, communale ou privée. Elle relève parfois comme en France d'un ministère qui est chargé de l'Agriculture ou comme en Belgique des Régions.

Une très petite part des forêts non primaires ne sont pas gérées pour la production de bois (ex : réserves naturelles, réserve biologique intégrale, Parcs nationaux, forêts de protection, forêts urbaines, ou font l'objet d'une gestion restauratoire à fin de protection de la ressource en eau ou des sols). L'écologue japonaisAkira Miyawaki a été pionnier en matière deForêt de protection restaurée à partir d'essences locales.

Leshabitats forestiers comptent parmi les habitats les mieux représentés dans lesparcs nationaux, régionaux et les 25 000 sitesNatura 2000 (couvrant fin 2009 environ 17 % du territoire européen et constituant le premier réseau d'aires protégées au monde), mais la commission européenne reconnait que Natura 2000 préserve à ce jour surtout des espècesremarquables et pas assez de réseaux decorridors biologiques boisés ni la biodiversité diteordinaire, dont dépend l'essentiel des services « gratuitement » rendus par les écosystèmes. De 40 % à 70 % des espèces d'oiseaux et de 50 % à 85 % des habitats dans lesquels se déploient la faune et la flore européennes se trouvent ainsi dans « une situation de conservation critique »[98]. Diverses espèces forestières, invertébrés dubois mort notamment sont en péril, et font localement l'objet deplans de restauration ou deréintroduction (dont dans le cadre duGrenelle de l'environnement en France).

Les forêts primaires continuent à reculer, et à Rio, comme à Johannesburg ou à Nagoya, les élus et États présents n'ont pas réussi à valider le projet d'uneConvention mondiale pour la forêt, qui n'est restée qu'une déclaration d'intention, dont la valeur morale et la portée juridique sont bien plus faibles que celles desconventions sur la biodiversité ou sur leclimat (deux thèmes d'ailleurs liés à la Forêt qui héberge un grand nombre d'espèces et de gènes et qui est un puits de carbone majeur).

À l'initiative de l'ONU,2011 a été l'année mondiale de la forêt.

L'Europe qui dispose en 2010 d'environ 176 millions d'hectares dans (42 % du territoire de l'UE, sans compter l'Outre-mer) a publié en 2010 un « livre vert sur la protection des forêts »[99], qui présente lessystèmes d'information existants sur les forêts et les instruments disponibles pour leur protection des forêts (dont face au dérèglement climatique, et pose des questions pour des solutions stratégiques futures. Sur cette base, l'Union européenne, devrait revoir sa stratégie pour une gestion forestière plus intégrée, mais en laissant subsidiairement les états libres de leurs actions. LeConseil de l'Europe a en 2010 lancé un débat et une consultation[k] sur l’impact prévisible du changement climatique sur les forêts européennes et le rôle que l’UE devrait tenir pour les protéger

En France, de nombreuses ONG s'inquiètent d'une volonté administrative et privée d’accroître la pression d'exploitation et la mécanisation des récoltes, ainsi que la fragmentation forestière par les routes et pistes[réf. nécessaire].

Suivi de l'état et de la surface des forêts

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Le suivi satellital et aérien desforêts tropicales montre d'importantes régressions dans de nombreux pays (surtout enAmazonie et enIndonésie). Dans les pays riches, les surfaces augmentent souvent légèrement, mais la santé des forêts s'est localement dégradée. Les forêts sont dans ces pays le plus souvent suivies par un réseau deplacettes permanentes où lesinventaires forestiers sont régulièrement effectués tous les dix ou vingt ans. EnFrance, il existe une direction de la santé des forêts.

En Europe, il faut attendre1986 pour que naisse un premier programme coopératif[100] de suivi des forêts.

Après le constat dans lesannées 1980 d'une tendance régulière à la dégradation de la santé des forêts en Europe (mortalité, maladies émergentes, défoliation précoce, décoloration…)[101], un projetLife + ditFutMon a été mis en place - avec 38 partenaires (dont l'IFN pour la France), dans 23 États membres, pour mettre à jour l'information sur la forêt européenne (ducercle polaire arctique enLaponie au sud de laSicile). Le programme est coordonné par l'Institute for World Forestry deHambourg et disposait de 16 millions d'euros de cofinancement européen. Il visait aussi à repenser et harmoniser le système de surveillance forestière en Europe[102].

Il s'est fondé sur les résultats du suivi fin de 300 placettes et de 5 500 parcelles à grande échelle. Après plus de deux ans et demi d'analyse des effets du climat, des retombées d'azote (eutrophisation), en ayant étudié le cycle ducarbone, la croissance des forêts et les marchés de la bioénergie, ainsi que les opérations de conservation de labiodiversité… les chercheurs ont constaté que si lespluies acides dues aux émissions d'acide sulfurique ont diminué grâce à une convention[103] sur la pollution transfrontière qui a permis une diminution de 70 % dessulfates dans l'air et les pluies), les arbres forestiers doivent dans une partie importante des forêts d'Europe maintenant répondre à une fréquence accrue decanicules etsécheresse (observée de2000 à2010 enEurope centrale[102]). Les observations montrent que durant 10 ans (2000-2010), la vitalité des arbres s'est dégradée sur un tiers des parcelles, et est restée stable sur les deux autres tiers des parcelles[102]. Parmi les causes fréquentes, un approvisionnement des sols forestiers asymétrique (excès d'azote par rapport aux autres nutriments fondamentaux) est très répandu, avec des taux d'azote critiques dépassée sur environ 50 % des placettes de suivi. Le lessivage desnitrates vers l'eau du sol, ses impacts sur la flore et la diversitélichénique sont maintenant bien documentés[102].

Une tendance régulière à l'augmentation des taux d'ozone troposphérique, et au déclin de la biodiversité préoccupe les experts. Les sécheresses plus fréquentes affectent les espèces plus vulnérables et l'écosystème dans son ensemble[101]. Lescanicules comme celle de2003 peuvent entraîner des déclins de croissance, des taux élevés de mortalité avec des effets (maladies, mortalités, parasitoses) retardés de plusieurs années. Les modifications ducycle de l'eau sont donc considérés comme la plus sérieuse menace pour les forêts du monde entier[101].« Nous pouvons déjà faire des prédictions assez précises comment le climat va développer en utilisant la modélisation du climat. Cependant, il est largement admis qu'une grandebiodiversité dans les forêts sont le meilleur moyen de garantir que les forêts seront capables de s'adapter aux changements actuels et futurs »[101].

Le système de surveillance européen va intégrer dès2011 une surveillance de l'état des houppiers sur environ 4 300 parcelles en liaison avec les inventaires forestiers nationaux. Une surveillance intensive concernera 250 parcelles et d'ailleurs état de la couronne et de la croissance des forêts avec suivi couplémétéorologique, de la qualité de l'air, des dépositions, de l'état des sols, de la strate herbacée, et la chimie foliaire. Des paramètres supplémentaires sont évaluésvia des actions de démonstration (D1 - D3). Un projet de suivi « Les forêts dans l'Union européenne - Fourniture d'informations pertinentes pour les politiques forestières » (ForEU[104]) est prévu.

On espère que la forêt européenne, si sa santé se stabilise ou s'améliore, contribuera à atténuer le changement climatique et à l'adaptation au changement climatique. Elle absorbe en2011 environ 10 % des émissions européennes de CO2 et l'augmentation des dépôts d'azote a dopé la croissance des arbres et le piégeage, au moins provisoire ducarbone. Cette atténuation du changement climatique pourrait cependant diminuer, à un terme que les modèles de croissance forestière en Europe doivent encore préciser[102]. En 2013, l'Ademe encourage la recherche sur l'atténuation du changement climatique par l'agriculture et la forêt[105].

En 2021, deux études publiées dans la revueNature montre qu'une grande partie des forêts amazoniennes sont devenues émissives en CO2 du fait des incendies, du déboisement et du changement climatique qu'elles subissent[106]. Les forêts françaises pourraient aussi le devenir dans un avenir proche[107].

Gestion et exploitation des forêts

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Coupe de bois dans une exploitation forestière.
Dans les pays riches, la mécanisation permet aujourd'hui à une seule personne de remplacer plusieurs dizaines de bûcherons et débardeurs d'autrefois. Le travail manuel, facilité par la tronçonneuse, est encore essentiel en zone tropicale. Le métier de bûcheron reste l'un des plus dangereux.
La mécanisation a encouragé des coupes plus précoces (sylviculture dite« dynamique »), car les engins ne peuvent pas couper de gros arbres, et une augmentation du nombre de routes (pour l'accès aux engins) qui se traduit par unefragmentation des forêts accrue.
le débardage par câble téléphérique (câble-mât) présente une solution d'exploitation sur les sols fragiles et forêts de pentes. Il rend cependant plus facile l'exploitation d'ancienneszones-refuges pour labiodiversité, autrefois non exploitées car trop isolées.

Selon le traitement utilisé, et selon les essences, le temps de « révolution », c'est-à-dire le délai écoulé entre le semis et la coupe, est variable mais généralement long, de 60 à 100 ans pour les résineux (le sapin grandis peut être coupé à partir de 40 ans), de 150 ans et plus pour les feuillus (80-100 ans pour lechêne rouge d'Amérique). La sylviculture est une affaire de plusieurs générations ; seule la populiculture (peupliers) avec une durée de révolution d'environ 20 ans se rapproche de l'agriculture.

Historique

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L'homme n'a eu d'impact sur la forêt que depuis qu'il s'est sédentarisé, au Néolithique ; tant qu'il fut unchasseur-cueilleur, il en a utilisé les ressources végétales ou animales sans la modifier profondément. Il n'en fut pas de même quand il a utilisé le bois pour son habitat pour lequel les prélèvements de troncs furent abondants, sélectifs et répétés. Les connaissances forestières des dix derniers millénaires sont très rares car le végétal ne conserve pas longtemps et les fouilles n'en n'offrent pratiquement jamais : seuls les pollens permettent de tracer les grandes lignes de l'environnement. Les gisements immergés en mer, lac ou rivière les ont gardés en bon état et là encore faut-il employer des méthodes particulières pour en recueillir les restes. Ce fut le cas lors de l'exploitation du site néolithique deCharavines, Isère[108] où cet aspect du passé fut très étudié par la dendrologie, la botanique, la palynologie et la dendrochronologie des troncs et des sédiments. On a pu y suivre les conséquences significatives des coupes sur l'évolution des peuplements, indépendamment des évolutions climatiques, ainsi que la spécificité de l'utilisation des différentes essences pour les diverses parties de l'habitat, pour les ustensiles et les outils en bois. L'importance majeure de la forêt sur la vie des hommes a pu permettre de dire que leNéolithique fut l’âge du Bois[1].

Aux temps historiques, la forêt était exploitée pour le bois, lecharbon de bois, la cueillette, le pâturage et la chasse. Le bois était généralementdébardé à l'aide de chevaux, de bœufs, buffles ou d'éléphants en Asie. En Europe centrale, sur les pentes, il était parfois descendu coupé sur des traîneaux (schlitte). Le plus souvent, ce sont les torrents et cours d'eau qui transportaient les troncs jusqu'aux fleuves en radeaux ou par simpleflottage. Autrefois, les troncs étaient coupés par lesbûcherons, puis débités par desscieurs de long, avant d'être portés à dos d'homme ou par des chevaux jusqu'aux chemins. Aux époques récentes, ce sont des scieries actionnées par la force de l'eau qui ont permis la coupe de planches dans la forêt ou à proximité, avant que les camions ne transportent les arbres jusqu'à des scieries plus éloignées à partir de la seconde moitié duXXe siècle. De manière générale, le nombre de bûcherons et de scieurs n'a cessé de se réduire en raison de la mécanisation.

Lasylviculture moderne vise à maintenir ou augmenter le potentiel de production d'une forêt, tout en conservant unéquilibre sylvo-cynégétique quand le gibier est une ressource économique majeure et que les animaux sont nombreux (en France, il est fréquent que 50 % au moins du revenu d'un propriétaire forestier vienne des produits de la chasse au grand gibier).

Régénération

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La régénération forestière, c'est-à-dire la reproduction des arbres, se fait selon deux approches :

  • parrejets (ou drageons) ; cette méthode exploite la capacité de nombreusesessences de feuillus à rejeter à partir d'une souche. Elle est surtout utilisée pour lestaillis.
  • parsemences ; cette méthode nécessite, au moins pour certainesessences un niveau d'éclairement suffisant du sol, ce qui justifie des coupes d'éclaircies pour les uns et de larges coupes pour d'autres.

On parle derégénération naturelle quand le forestier sélectionne et conserve des arbres « semenciers » lors des coupes, afin que les graines présentes dans le sol et tombées des semenciers puissent germer et régénérer la forêt. C'est une solution efficace et peu coûteuse lorsque les essences présentes sont bien adaptées au contexte biogéographique et que les herbivores ne sont pas trop nombreux. Pour certaines essences (Chêne par ex), dont les fructifications ne sont pas régulières, les délais de régénération peuvent être allongés. Il y arégénération naturelle et continue avec les approches de typeProsilva, promouvant la gestion pied à pied ou en bouquets, sanscoupe rase.

La régénération artificielle correspond à la situation où des plants proviennent de semis élevés enpépinière, ou de drageonnages extérieurs à la parcelle, à partir de graines ou arbres sélectionnés (provenance certifiée), au risque de perte de résilience et de biodiversité, voire d'introduction de pathogènes non présents dans la forêt. C'est un mode de régénération adapté à la mécanisation de la gestion forestière, qui a été fortement développé auXXe siècle dans les pays du nord, mais aussi en Australie et dans certaines forêts tropicales. Les bénéfices à long terme de cette méthode sont discutés, notamment pour d'éventuelles conséquences sanitaires, paysagères et environnementales sur la forêt.

Les animaux contribuent également à la régénération forestière. Les gorilles en sont un exemple. En passant la majorité de leur temps dans les trouées forestières, ils y déposent de nombreuses graines ingérées quelques heures auparavant. L'abondance de lumière dans ces trouées stimule la germination des graines et le développement de jeunes plantes[109].

Exploitation

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Les méthodes d'exploitation traditionnelles en forêts tempérées sont les suivantes :

  • Taillis simple : on coupe lesrejets régulièrement (l'ensemble des rejets issus d'une souche s'appelle une cépée), ce qui produit des arbres de petites dimensions, utilisables comme bois de feu (ou piquets pour lechâtaignier et lerobinier, utilisé principalement aujourd'hui pour le chauffage, mais qui alimentait autrefois des industries comme la verrerie, la porcelaine et la sidérurgie).
  • Taillis sous futaie : c'est une forêt exploitée principalement en taillis, mais pour fournir aussi du bois d'œuvre, on laisse venir des arbres de franc-pied, c'est-à-dire issus de semis, d'âges divers.
  • Futaie régulière : dans ce type de forêt, tous les arbres sont issus de semis et ont le même âge, ce qui donne à l'âge adulte des futaies « cathédrales ». Ce type de traitement est relativement moderne, et date en France de l'époque deColbert qui voulut développer la production de bois pour la charpente de marine et notamment les mâts. Un exemple célèbre est la futaie de chênes deTronçais dans l'Allier.
  • Futaie jardinée : c'est une futaie dans laquelle on trouve des arbres à tous les stades de développement. On l'exploite en prélevant régulièrement une partie des arbres considérés comme mûrs, mais en conservant en permanence la protection du couvert forestier. C'est la méthode traditionnelle, qui a été le mieux conservée en montagne parce qu'elle protège les sols, le micro-climat forestier et limite au mieux l'érosion et les glissements de terrain. C'est aussi le principe sylvicole deProsilva qui lui adjoint une dimensionbiodiversité (la futaie est hétérogène et mélangée, en essences et en classes d'âge, en conservant des arbres morts et sénescents, considérés nécessaires à l'équilibre écologique forestier).

Galerie

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Voir aussi

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Bibliographie

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Généralités

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  • Arnould P., Corvol A., Hotyat M.,La Forêt. Perception et représentation, Paris, l’Harmattan, 1997, 401 p.
  • Defontaines P.,L’Homme et la forêt, Paris, Gallimard, 1969, 186 p.
  • Plaisance G.,Dictionnaire des forêts, Paris, La Maison rustique, 1968, 314 p.
  • Giry P.,Paysages lointains, Paris, Lulu, 2010, 110 p.
  • M. Cabarrus[l],Les animaux des forêts, mammifères - oiseaux : zoologie pratique au point du vue de la chasse et de la silviculture, Paris, Ed Rothschild,, 280 p.(lire en ligne)
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Histoire

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Géographie

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Monographies locales

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Science

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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Notes

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  1. Cette évaluation reste cependant difficile en raison de la grande variabilité de la définition des forêts, de leurs formes, de leurs degrés d’anthropisation, et des données fournies par chaque pays.
  2. Hors continent antarctique.
  3. Le seuil de largeur de 20 m permet de distinguer leshaies arborées et lesripisylves.
  4. Le milieu terrestre étant beaucoup moins tamponné thermiquement que la mer (écarts de température rapides et de grande amplitude), il impose des contraintes hydriques et thermiques supplémentaires.
  5. LesTrachéophytes sont des plantes homéohydres grâce à la présence deracines et devaisseaux conducteurs. LesBryophytes ne possèdent pas ces caractères et adoptent une autrestratégie de résistance austress hydrique, lapoïkilohydrie : comme leslichens, leur teneur en eau varie suivant les variations d'hygrométrie de l'environnement extérieur, de 10 à 90 % de leur poids frais, car ces végétaux sont incapables de contrôler la perte en eau de leurs cellules et se déshydratent facilement par toute leur surface. Elles restent pour beaucoupinféodées aux milieux humides, mais de nombreuses espèces sont aussipionnières des milieux secs grâce à une stratégie d'évitement, l'anhydrobiose
  6. Les recherches actuelles suggèrent la possibilité d'une voie de pré-lignine apparaissant dans lesplantes non vasculaires de typemousses pendant les premiers stades de la transition de l'eau vers la terre.
  7. Sans cette lignine, la croissance des plantes ne dépasserait pas quelques centimètres en hauteur.
  8. Selon le principe de l'allocation des ressources, l'arbre investit une grande partie de son énergie audéveloppement en hauteur. Il réduit celle allouée à lareproduction, ce qui a la conséquence suivante : alors qu'un seul chêne pourrait potentiellement produire en moyenne 100 millions de glands par an, il n'en produit que de 5 à 10 000 /an, qu'à partir de 30 et que les bonnes années.
  9. C'est le cas par exemple en France pour leNord-Pas-de-Calais (entre 7,5 % et 9 % de forêts) etÎle-de-France, où hors forêts, il ne reste qu'environ 4 % du territoire régional classé enmilieux naturels.
  10. L'étude deChatham House (ex-Royal Institute for International Affairs/Institut royal des affaires internationales) montrait fin janvier 2006 que les lois de quatre pays de l’UE suffiraient - si elles étaient appliquées - à maîtriser l'importation de bois illégaux. Une législation européenne contre le blanchiment d’argent et la vente de bois sans licence est aussi proposée.
  11. Consultation en ligne jusqu'au 31 juillet 2010
  12. Sous-inspecteur des forêts de la Couronne, attaché à la vénerie de l'Empereur.

Références

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    Avec un DVD contenant les résultats archéologiques et scientifiques par 60 spécialistes
  108. « Régénérer les forêts africaines grâce aux gorilles », surUniversité de Liège
v ·m
Zones chaudes
Zones tempérées
Zones froides
Azonaux
v ·m
Union européenne
Reste de l'Europe
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