Un joueur attaquant (en maillot rouge) a passé la défense adverse (en blanc) et s'apprête à tirer. Legardien de but va tenter d'empêcher le ballon d'entrer dans lebut.
Lefootball (/futbol/), ou dans le langage courantfoot parapocope, ou encoresoccer (/sɔkœʁ/) enfrançais d'Amérique du Nord, et plus rarementballe au pied[2], est unsport collectif qui se joue avec unballonsphérique entre deuxéquipes de onze joueurs ou joueuses. Ces équipes s'opposent, dans le sens de la longueur, sur un terrain rectangulaire équipé de deuxbuts installés au milieu de chacun des petits côtés du rectangle. L'objectif de chaque camp est de mettre le ballon dans le but adverse un nombre supérieur de fois à celui de l'autre équipe, sans que les joueurs utilisent leurs bras ou leurs mains, à l'exception desgardiens de buts : le pied est en conséquence la partie du corps principalement utilisée pour provoquer le déplacement du ballon sur le terrain.
Nommé à l'origine « football association » et codifié auRoyaume-Uni à la fin duXIXe siècle, le football s'est doté en1904 d'une fédération internationale, laFIFA. Pratiqué en2006 par environ 264 millions de joueurs à travers le monde, le football est le sport le plus populaire dans la majorité des pays : ceci est dû au fait qu’il est probablement le sport collectif qui exige le moins de moyens matériels pour une pratique ludique ou d’entraînement, le cas échéant avec un nombre réduit de joueurs. Certains continents, comme l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Europe, sont même presque entièrement dominés par cette pratique sportive[3].
Le calendrier des compétitions est gouverné par deux types d'épreuves : celles concernant lesclubs et celles des équipes nationales. LaCoupe du monde est l'épreuve internationale la plus prestigieuse. Elle a lieu tous les quatre ans depuis1930 (sauf en1942 et1946). Pour les clubs, championnats nationaux et autres coupes sont au programme des compétitions[3].
En compétition de clubs, laLigue des champions de l'UEFA, disputée en Europe mais qui possède des équivalents sur les autres continents, est le trophée le plus convoité de ce sport, malgré la mise en place récente d'uneCoupe du monde des clubs, encore à la recherche de prestige[3].
Football dans un livre de colportage anglais duXVIIIe siècle.Indiens jouant au ballon avec le pied, Extrait du livre ancienFrance pittoresque,XIXe siècle.
Les jeux de balle au pied existent dès l'Antiquité. Ce sont des jeux et non des sports. LesGrecs connaissent ainsi plusieurs jeux de balle se pratiquant avec les pieds :aporrhaxis etphéninde àAthènes etepiskyros, notamment àSparte[4] où le jeu semblait particulièrement violent[5]. La situation est identique chez lesRomains où l'on pratique lapila paganica, lapila trigonalis, lafollis et l'harpastum[6]. LesChinois accomplissent également des exercices avec un ballon qu'ils utilisent pour jongler et effectuer des passes ; cette activité pratiquée sans buts et en dehors de toute compétition sert à l'entretien physique des militaires (蹴鞠,cuju). Les premiers textes concernant lecuju datent de la fin duIIIe siècle av. J.-C. et sont considérés comme les textes les plus anciens liés au sport chinois[7]. À la fin duXVe siècle, lecalcio florentin apparaît enItalie. Il s'agit d'un lointain cousin du football, qui disparaît totalement en1739[8].
Le football trouve ses racines réelles dans lasoule (ou choule)médiévale. Ce jeu sportif est pratiqué dans les écoles et universités mais aussi par le peuple[9] des deux côtés de laManche. La première mention écrite de la soule enFrance remonte à1147[10] et son équivalentanglais date de1174[11]. Dès leXVIe siècle, le ballon de cuir gonflé est courant en France[11]. Longtemps interdite pour des raisons militaires en Angleterre[12] ou de productivité économique en France[13], la soule, malgré sa brutalité, reste populaire jusqu'au début duXIXe siècle dans lesîles Britanniques et dans un grand quart nord-ouest de laFrance. Le jeu est également pratiqué par les colons d'Amérique du Nord et il est notamment interdit par les autorités de la ville deBoston en1657[14]. Nomméefootball enanglais, la soule est rebaptiséefolk football (« football du peuple ») par les historiens anglophones du sport afin de la distinguer du football moderne[15]. Cette activité est en effet principalement pratiquée par le petit peuple comme le signale un ancien élève d'Eton dans sesReminiscences of Eton (1831) :« I cannot consider the game of football as being gentlemanly; after all, the Yorkshire common people play it »[16] (« Je ne peux pas considérer le football comme un sport degentlemen ; après tout, le petit peuple duYorkshire y joue »).
LeHighway Act britannique de1835 interdisant la pratique dufolk football sur les routes[16] le contraint à se replier sur des espaces clos. Des variantes de la soule se pratiquent déjà, de longue date, sur des terrains clos[17]. C'est là, sur les terrains des écoles d'Eton,Harrow,Charterhouse,Rugby,Shrewsbury,Westminster etWinchester, notamment, que germe le football moderne. Les premiers codes de jeu écrits datent du milieu duXIXe siècle (1848 àCambridge[18]). Chaque équipe possède ses propres règles, rendant les matches problématiques. LaFédération anglaise de football (Football Association) est créée en1863. Son premier objectif est d'unifier le règlement.
Les Britanniques codifient et organisent le football en s'inspirant des exemples ducricket et dubaseball, ces deuxsports collectifs étant déjà structurés avant l'émergence du football. Des ligues professionnelles aux championnats et autres coupes, le football n'innove pas. Le premierclub non scolaire est fondé en1857 : leSheffield Football Club. Le Sheffield FC dispute le premier match inter-club face auHallam FC (fondé en1860) le26 décembre1860 à seize contre seize[19]. Ces deux clubs pionniers se retrouvent en décembre1862 pour le premier match de charité[19]. LaYoudan Cup est la première compétition. Elle se tient en1867 àSheffield et Hallam FC remporte le trophée le5 mars[20]. La première épreuve à caractère national est laFA Challenge Cup 1872. Leprofessionnalisme est autorisé en1885 et le premier championnat se dispute en1888-1889. La Fédération anglaise tient un rôle prépondérant dans cette évolution, imposant notamment un règlement unique en créant laFA Cup, puis les clubs prennent l'ascendant[21]. La création duchampionnat (League) n'est pas le fait de la Fédération mais une initiative des clubs cherchant à présenter un calendrier stable et cohérent. L'existence d'un réseau ferroviaire rend possible cette évolution engagée parWilliam McGregor, président d'Aston Villa[22]. Ce premier championnat est professionnel, et aucun club du Sud du pays n'y participe.
L'Angleterre est alors coupée en deux : le Nord acceptant pleinement le professionnalisme et le Sud le rejetant. Cette différence a des explications sociales. Le Sud de l'Angleterre est dominé par l'esprit classique des clubs sportifs réservés à une élite sociale. Dans le Nord dominé par l'industrie, le football professionnel est dirigé par des grands patrons n'hésitant pas à rémunérer leurs joueurs pour renforcer leur équipe, de la même façon qu'ils recrutent de meilleurs ingénieurs pour renforcer leurs entreprises[23]. Pendant cinq saisons, le championnat se limite aux seuls clubs du Nord. Le club londonien d'Arsenal devient professionnel en1891[24]. La ligue deLondres exclut alors de ses compétitions lesGunners d'Arsenal[25] qui rejoignent laLeague en1893. LaSouthern League est créée en réaction (1894)[26]. Cette compétition s'ouvre progressivement au professionnalisme mais ne peut pas éviter les départs de nombreux clubs vers laLeague. Les meilleurs clubs encore enSouthern League sont incorporés à laLeague en1920[27].
Concernant le jeu, le passage dudribbling game (dribbles individuels) aupassing game (jeu de passes) est une évolution importante. À l'origine, le football est très individualiste : les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C'est ledribbling. Mais commeMichel Platini aime à le rappeler, « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C'est sur ce principe simple qu'est construit lepassing game. Cette innovation apparaît à la fin desannées 1860 et s'impose dans lesannées 1880. Dès la fin des années 1860, des matches entre Londres etSheffield auraient introduit lepassing au Nord[28]. C'est la version deCharles Alcock, qui situe en1883 la première vraie démonstration depassing à Londres par leBlackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge enÉcosse[29].
Sur le modèle de laFootball Association anglaise, des fédérations nationales sont fondées enÉcosse (1873)[30], aupays de Galles (1876)[31] et enIrlande (1880)[32]. Des rencontres opposant les sélections des meilleurs joueurs de ces fédérations ont lieu dès le30 novembre1872 (Écosse-Angleterre), soit quelques mois avant la fondation officielle de la Fédération écossaise[33]. Des matches annuels mettent aux prises ces différentes sélections, et à partir de1884, ces matches amicaux se transforment en une première compétition internationale : leBritish Home Championship. En pratiquant lepassing plutôt que ledribbling, les Écossais dominent les premières éditions[34].
Contrairement aux sports « nobles » comme lecricket, letennis, lehockey sur gazon et lerugby, le football n'est pas très développé au sein des clubs sportifs installés dans l'Empire britannique. Ainsi, cette discipline est aujourd'hui encore peu prisée enInde, auPakistan, enAmérique du Nord ou enAustralie, notamment. EnAfrique du Sud, les colons britanniques y importent le football dès1869[35] puis une coupe duNatal est organisée dès1884[36], mais le football, sport roi dans lestownships[37], reste très mal perçu par les tenants blancs de l'apartheid qui lui préfèrent le rugby, le tennis et le cricket. Le football fut, il est vrai, en pointe pour dénoncer l'apartheid et dès le, une équipe mêlant joueurs noirs et blancs représente l'Afrique du Sud lors d'un match international non officiel face à laRhodésie[38].
Les Britanniques jouent pourtant un rôle important dans la diffusion du football, notamment grâce aux ouvriers dépêchés aux quatre coins du monde pour mener à bien des chantiers. Le football est par exemple introduit enAmérique du Sud par les ouvriers travaillant sur les chantiers des lignes ferroviaires. Ils montent des équipes et mettent en place des compétitions d'abord réservées aux seuls joueurs britanniques, et qui s'ouvrent progressivement aux joueurs puis aux clubs locaux. Le cas sud-américain est complexe. Il existe également des clubs britanniques qui pratiquent cette discipline et des étudiants originaires d'Angleterre jouent un rôle important dans l'introduction du football entreMontevideo etBuenos Aires[39]. Ainsi, le football s'installe durablement dans des nations comme l'Uruguay ou l'Argentine dès lesannées 1870-80. EnAmérique du Nord, des compétitions sont créées dans lesannées 1880 (1884 auxÉtats-Unis sur la côte Est)[40].
LaBelgique, où les universités anglaises jouent un rôle moteur[41], lesPays-Bas (premier club fondé en1879[41]), laSuisse (introduction du football dès lesannées 1860 et premier club en 1879[42]) et leDanemark (premier club en1876[43]) figurent parmi les premiers pays de l'Europe continentale touchés par le football.
L'expansion du football est également due à des voyageurs de diverses nationalités ayant effectué des séjours auRoyaume-Uni où ils furent initiés au jeu. En France, l'introduction du football se fait ainsi principalement par l'action des professeurs d'anglais qui ramènent de leurs voyages linguistiques outre-Manche règles et ballons dans les cours d'écoles[44]. LesBritanniques sont également déterminants dans l'introduction du football en France. L'action des clubs britanniques parisiens desWhite-Rovers et duStandard AC fait plier l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) le, qui, dans la droite ligne des clubs britanniques guindés, redoutait une expansion du football et de ses vices, comme le professionnalisme, les transferts et lesparis et se refusait à reconnaître cette discipline[45]. EnAllemagne, le football est d'abord clairement perçu comme un corps étranger à la nation et est dédaigneusement surnommé le « sport des Anglais » par les nationalistes[46]. Toutefois, le football prend racine dans les villes (premier club fondé en1887 : SC Germania Hambourg) où ouvriers et cols blancs se rassemblent autour d'une passion commune[46]. Le football se diffuse ainsi progressivement enEurope du Nord entre lesannées 1870 et le début desannées 1890, avant de gagner l'Europe du Sud (Sud de la France inclus) entre les années 1890 et le début duXXe siècle.
LaFédération internationale de football association (FIFA) est fondée àParis en1904 malgré le refus britannique de participer à une entreprise lancée par les dirigeants français de l'USFSA[47]. Le but premier de l'Union est de réduire au silence les autres fédérations sportives françaises pratiquant le football, et elle impose dans les textes fondateurs de la FIFA qu'une seule fédération par nation soit reconnue par l'organisme international. Le piège se retourne contre l'USFSA en1908. L'Union claque la porte de la FIFA, laissant à son principal concurrent, leComité français interfédéral (ancêtre direct de l'actuelleFédération française de football), son siège à la FIFA[48] ; l'USFSA se retrouve isolée mais son opposition au professionnalisme demeure la règle jusqu'à la fin desannées 1920. LeracingmanFrantz Reichel prophétise ainsi en1922 que« le football professionnel anglais périra s'il reste cantonné sur le sol britannique »[49].
À la fin desannées 1920 et au début desannées 1930, plusieurs nations européennes et sud-américaines autorisent le professionnalisme afin de mettre un terme aux scandales de l'amateurisme marron qui touchent ces pays depuis lesannées 1910. Le gardien de but international françaisPierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d'or » du club anglais deTottenham Hotspur en1913 ; il admettra dans ses mémoires que les joueurs duRed Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d'amateur[50]. L'Autriche (1924), laTchécoslovaquie et laHongrie (avant1930), l'Espagne (1929), l'Argentine (1931), laFrance (1932) et leBrésil (1933) sont les premières nations (hors duRoyaume-Uni) à autoriser le professionnalisme dans le football[2]. EnItalie, laCarta di Viareggio, mise en place par le régime fasciste en1926, assure la transition entre le statut amateur et professionnel, définitivement adopté en1946[51].
Au niveau continental, des confédérations gèrent le football. La première confédération créée est celle d'Amérique du Sud, laCONMEBOL, fondée le. Placées sous l'autorité hiérarchique de laFIFA, les confédérations veillent toutefois à préserver leur indépendance. Elles disposent de certaines libertés, par exemple, pour organiser les qualifications pour laCoupe du monde dans le cadre des règles définies par la FIFA et sont autonomes pour gérer le calendrier de leurs compétitions continentales, malgré des tentatives d'harmonisation sans grande portée de laFIFA. Les cas africains et sud-américains sont significatifs. LaCoupe d'Afrique des nations (CAN), par exemple, se dispute tous les deux ans en pleine saison européenne posant des problèmes pour les clubs employant des joueurs africains. LaFIFA n'ayant pas autorité sur le calendrier spécifique continental, seule la Confédération africaine maîtrise cette question.
Selon un comptage publié par la FIFA le[1], le football est pratiqué dans le monde par 270 millions de personnes dont 264,5 millions de joueurs (239,5 millions d'hommes et 26 millions de femmes). On compte environ 301 000 clubs pour 1 700 000 équipes et 840 000 arbitres. 113 000 joueurs évoluent sous statut professionnel. Ce dernier chiffre est à manier avec précaution car il existe des différences considérables entre les nations à propos de la définition d'un joueur professionnel. L'Allemagne est ainsi absente du classement des vingt premières nations à ce niveau tandis que d'autres nations, moins strictes dans la définition du statut professionnel, avancent des données artificiellement élevées.
Au niveau des nations, laChine est en tête avec 26,166 millions de joueurs pratiquants. Derrière la Chine, on trouve lesÉtats-Unis (24,473 millions), l'Inde (20,588), l'Allemagne (16,309), leBrésil (13,198), leMexique (8,480), l'Indonésie (7,094), leNigeria (6,654), leBangladesh (6,280), laRussie (5,803), l'Italie (4,980), leJapon (4,805), l'Afrique du Sud (4,540), laFrance (4,190) et l'Angleterre (4,164). Ces chiffres prennent en compte les licenciés et les pratiquants non licenciés. Concernant les joueurs licenciés, le tableau ci-dessous présente les données des douze fédérations nationales comptant le plus de joueurs licenciés. Après la participation en finale de laCoupe du monde 2006 de l'équipe de France, le nombre des joueurs licenciés a dépassé le cap des 2 millions en France (2 020 634)[52].
Joueurs licenciés (en milliers, masculins et féminines au)
Rencontre de football féminin en France en février 1923.
Les femmes jouent au football depuis la fin duXIXe siècle en Angleterre et enÉcosse[53]. La France met en place le premier championnat national juste après laPremière Guerre mondiale[54]. Les recettes sont telles que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l'amateurisme marron[55]. Le tir de barrage contre la pratique du football par les femmes s'intensifie[56] et le décès d'une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en1926 renforce les tenants de l'interdiction.Henri Desgrange(L'Auto) est plus radical encore dès1925 :« Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! »[57]. Les instances masculines refusent déjà d'admettre depuis le début desannées 1920 des licenciées féminines et elles doivent s'organiser en fédération indépendante des deux côtés de la Manche. Lechampionnat de France de football féminin, où brilla notamment leFémina Sport, s'arrête en1933[58]. Pourtant favorable ausport féminin, lerégime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique dans l'Hexagone en1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes »[59].
Au niveau international, une premièreCoupe d'Europe est organisée en1969[62]. Elle met aux prises l'Angleterre, leDanemark, laFrance et l'Italie. Le football féminin n'étant pas reconnu officiellement par laFIFA et l'UEFA, cette compétition est « non officielle ».
L'association anglaise de football, laFootball Association, fondée àLondres en1863, prend à son compte le terme générique de « football » et, en codifiant les règles du jeu, lui adjoint la mention « association »(association football) afin de le distinguer des autres formes de football jouées à l'époque. Cependant certains des clubs adhérents à la FA continuent de suivre des règles très différentes ;Blackheath RC, notamment, qui milite pour l'usage des mains et l'autorisation du placage. L'unification des règles menée par la FA, qui marque la période allant de 1863 à1870 placeBlackheath dans une position isolée. Le club londonien quitte alors la FA et part créer en1871 laFootball Rugby Union, une fédération de football selon les règles dites de Rugby. Ainsi, dès 1871, deux formes principales de football, d'une part l'association football et d'autre part leRugby football (football de Rugby) sont codifiées et disposent d’instances dirigeantes. Ces deux sports essaiment dans le monde entier et donnent naissance à des variantesaméricaine,australienne,gaélique oucanadienne.
Très tôt, une variante argotique d'appellation de « association football » apparaît chez les anglophones par abréviation : d'abord« assoc. football » puis « assoc. » et enfin le diminutif « soc » complété par le suffixe « -er » qui donnera le terme « soccer ». Cette dernière appellation s'est largement popularisée au fil du temps en Amérique du Nord au point d'éclipser totalement toute mention de « football ». Les changements de noms de la fédération américaine (États-Unis) de football au cours du vingtième siècle témoignent de cette évolution : en1913, date de sa fondation, à1945, elle a pour nomUnited States Football Association, puis jusqu'en1974 elle porte le nom deUnited States Soccer Football Association. Elle adopte alors le nom deUnited States Soccer Federation.Soccer[66] est officiellement en usage dans trois pays :États-Unis,Canada etSamoa, les trois seules fédérations nationales anglophones qui reprennent le terme desoccer (en excluantfootball) dans leur nom. Ce terme argotique pour les autres anglophones est toutefois parfois employé, notamment dans la presse. Il est ainsi d'emploi très courant enAfrique du Sud et plus rare auRoyaume-Uni.
Chez les francophones, le dictionnaire quadrilingue de laFIFA[67] donne « football » comme seule dénomination officielle du jeu actuellement en français[68], bien que les francophones canadiens aient adopté le terme « soccer » en raison de son usage courant et généralisé au Canada.
Ces questions de dénominations ne touchent pas que les pays donnant naissance à des « football » locaux. Ainsi, enFrance, la peur panique des paris, du professionnalisme et de la montée en puissance des pouvoirs des clubs provoquent unboycott de la discipline par l'USFSA. Pour cette fédération, le seul football reconnu est celui de la variante durugby car les instances anglaises de cette discipline étaient parvenues à interdire l’adoption du professionnalisme. Aussi, le termefootball employé seul fait plutôt référence en France à celui de Rugby (football rugby) jusqu'au début duXXe siècle[69]. À partir de1894 et la reconnaissance tardive de la discipline par l'USFSA, l'appellation « football association » (traduction française de « association football ») ou plus simplement « association » s'impose naturellement. On joue ainsi à l'« assoce » en France à laBelle Époque et on retrouve dans certains journaux de province le terme « association » jusque dans lesannées 1920. C'est également en France, à Paris, en 1904 qu'est fondée (avec comme première langue officielle le français) laFédération Internationale de Football Association (en anglais :International Federation of Association Football). La Fédération Française de Football Association n'est quant à elle fondée qu'en1919 à la suite de l'éclatement de la structure omnisports de l'USFSA. Dans le milieu du football association, le terme de football est de plus en plus utilisé seul pour nommer le jeu, et la mention « association » perd alors progressivement de son usage : le magazine spécialiséFootball, créé en1929, puis la FFFA qui devientFFF à laLibération illustrent cette évolution. De son côté le rugby, éclaté en deux sports différents, àXV ou àXIII, a perdu l'usage du terme « football » tandis que les autres variantes sont perçues comme exotiques enEurope et dans les pays francophones,Canada excepté. Elles sont donc nommées selon leur origine :football américain,football australien,football gaélique etfootball canadien.
Le français, comme c'est le cas en général dans le domaine sportif[70], a ainsi conservé le terme d'origine (au moins en partie à l'époque, car la mentionassociation a bien été traduite, ce qui explique l'inversion en passant de l'anglais « association football » au français « football association »). Ce n'est pas le cas dans la plupart des autres langues où ont été forgés des termes à consonances locales, duFussball allemand, auFútbol espagnol (ou également très rarementBalompié) en passant par leVoetbal néerlandais ou leFutebol portugais. EnItalie, on adopte en1909 le terme decalcio en référence à l'ancien jeu ducalcio florentin[71].
Le premier code de jeu date de1848 : lesCambridge Rules[18]. D'autres universités suivent l'exemple deCambridge et édictent leurs propres règlements.Harrow met ainsi en place un code autorisant l'usage des mains qui donnera naissance aurugby et à ses déclinaisons, comme lefootball américain et lefootball canadien. Le football se base exclusivement sur les règles de Cambridge, qui s'imposent comme les plus simples. Cette notion de simplicité est fondatrice du football lui-même, comme l'indique clairement le sous-titre des règles de J. C. Thring qui affinent le règlement de Cambridge en1862 :The Simplest Game[72] (« Le jeu le plus simple »).
Quand laFootball Association (FA) est fondée àLondres le, E.C. Morley est chargé de faire une synthèse des différentes règles en usage[73].Blackheath RC qui suivait les règles d'Harrow, était alors membre de la FA et le débat devient houleux quand un premier code de 14 règles s'inspirant desCambridge Rules est présenté le24 novembre 1863[73]. Après plusieurs jours de débats et de modifications, un règlement de 13 règles est adopté le1er décembre par 13 voix contre 4[74]. Le9 janvier1864, le premier match disputé sous ses nouvelles lois du jeu est joué[73]. Elles sont assez floues, notamment dans les domaines du nombre de joueurs et des dimensions du terrain ou des buts car un accord n'a pas pu être trouvé sur ces points. Les équipes comptent alors de treize à quinze joueurs puis passent à onze progressivement, malgré les résistances de nombre d'équipes à la fin desannées 1860. En1867, quand laSurrey FA propose un match à onze contre onze auCambridge University FC, ce dernier répond par courrier :« nous jouons au minimum à quinze par équipe et nous ne pouvons pas jouer avec moins de treize joueurs par équipe[75] ». La loi 11 précise que l'usage des mains est interdit. De fait, il s'agit dans les grandes lignes de la reprise desCambridge Rules et des règles de J.C. Thring, saluées par tous comme les plus simples[76].
Le1er décembre 1863, leSheffield FC demande son affiliation à la FA[76]. Les clubs deSheffield suivent alors un code de jeu particulier mais proche desCambridge Rules et qui se joue à onze contre onze[19]. Pendant plus d'une décennie, les deux codes coexistent et s'influencent tandis que certains clubs édictent des règlements internes stipulant que seul leur règlement interne est applicable. Cette situation très hétérogène n'empêche pas la FA de peaufiner son règlement. Le poste du gardien de but est ainsi créé en1870[75]. De même, entre 1867 et 1870, les règles de Sheffield connaissent quelques modifications comme l'abandon en1868 durouge[77] (forme de points semblable aufootball australien, avec deux poteaux supplémentaires situés à 4yards des buts). Les clubs de la région deNottingham, qui avaient également un règlement inspiré desCambridge Rules, adoptent les règles de la FA en 1867[78].
LaFA Cup est fondée en1871 sur le principe « une coupe, deux codes »[79]. L'espoir de la FA est de pousser les clubs de Sheffield à adopter ses règles. C'est presque l'inverse qui se produit. En fait, les deux codes fusionnent en1877[80]. Depuis lors, les règles sont unifiées puis confiées à la garde de l'International Board, créé le6 décembre1882.
Le seul joueur autorisé à utiliser ses mains et ses bras lorsque le ballon est en jeu est legardien de but, pourvu que ce dernier se trouve dans sasurface de réparation. Dans cette même surface, une faute habituellement sanctionnée par uncoup franc direct, l'est par un coup de pied de réparation (pénalty). Ce dernier s'exécute sur un point situé à 11 mètres de la ligne de but. Outre les fautes de mains, les autres fautes concernent essentiellement les comportements antisportifs et les contacts entre les joueurs. Letacle est autorisé, mais réglementé : un tacle par derrière est ainsi souvent sanctionné d'uncarton rouge synonyme d'expulsion. En cas de faute moins grave, uncarton jaune peut être donné par l'arbitre au joueur fautif. Si ce joueur écope d'un second carton jaune au cours d'une même partie, il est expulsé[83].
La règle duhors-jeu force les attaquants à ne pas se contenter d'attendre des ballons derrière la défense adverse. Pour qu'un joueur soit en jeu, il faut qu'il soit devant le dernier défenseur adverse, dans le sens du jeu de ce défenseur. L'arbitre assistant signale avec un drapeau le hors-jeu qui se juge au départ de la balle, c'est-à-dire au moment où le passeur frappe le ballon, et non pas à l'arrivée du ballon dans les pieds de l'attaquant.
Le match dure90 minutes en deux périodes de45 minutes séparées par une interruption (ou mi-temps) de15 minutes. Lors de certains matches de coupe devant désigner un vainqueur ou un qualifié (on peut se qualifier en matches aller-retour sans nécessairement remporter le match retour), une prolongation de deux fois quinze minutes est disputée. Au terme de cette période, en cas d'égalité, lestirs au but départagent les deux formations[84].
Le football compte dix-sept « lois du jeu » régies par l'International Board. Le règlement est le même pour les professionnels et les amateurs, en senior ou chez les jeunes. La FIFA veille à l'application uniforme des mêmes lois du jeu partout dans le monde.
Très conservateur, l'International Board modifie rarement le règlement contrairement à nombre d'autres disciplines sportives. Depuis la création duBoard, la plus importante réforme fut celle de1925 qui porte de trois à deux le nombre de joueurs adverses devant se situer entre la ligne de but et celui qui reçoit une passe pour ne pas être hors-jeu[85]. Cette réforme a d'importantes implications en matière de tactique. Signalons également les réformes liées au gardien de but avec l'interdiction de prendre le ballon à la main sur une passe d'un partenaire[86] (1992)[87] et de la limitation à l'usage des mains dans la seule surface de réparation (1912)[88]. D'autres évolutions importantes ont lieu en1891 : elles concernent l'arbitre.
Sur le terrain, l'application du règlement est confiée à un corps arbitral qui se met en place définitivement en1891[89]. Un temps évoqué, le double arbitrage était en usage au début du jeu et un troisième arbitre, situé en tribune, prenait la décision en cas de conflit entre les deux arbitres principaux. Ce système s’avère inefficace et en 1891, lereferee, jadis placé en tribune, est désormais positionné sur le terrain, tandis que la doublette d’arbitres (umpires) est mise sur les bords de touche (linesmen). L'arbitre central est rapidement doté de larges pouvoirs afin de diriger pleinement la partie. Avant ces réformes, lespenalties n'existent pas et l'arbitre n'a pas le contrôle du temps de jeu. Depuis1874, lesumpires peuvent siffler des coups francs et expulser des joueurs. Avant cette date, les expulsions sont discutées avec lescapitaines[90]. Les cartons jaunes et rouges sont introduits en1970 à la suite d'un incident au cours du match deCoupe du mondeAngleterre-Argentine en1966. Expulsé, le capitaine argentinAntonio Rattín refuse de quitter le terrain prétextant ne pas comprendre l'arbitre allemand Rudolf Kreitlein ; l'affaire dure sept minutes[91]. Pour éviter ce genre de problèmes, leBoard met en place le système universel decartons de pénalitéjaunes etrouges.
Le corps arbitral est aujourd'hui constitué d'unarbitre principal qui se déplace sur le terrain, ainsi que deux arbitres assistants évoluant le long de chaque ligne de touche et munis de drapeaux. Dans le milieu professionnel, un quatrième arbitre est présent pour assurer un remplacement en cas de blessure de l'un des trois autres ; il sert également à signaler les changements de joueurs et à veiller au maintien de l'ordre dans les zones techniques (bancs des joueurs) et au bord du terrain. Au plus haut niveau, les arbitres subissent des tests physiques réguliers (test de Cooper, notamment).
Comme dans d'autres disciplines, l'arbitrage doit faire face à des problèmes de corruption. Les derniers cas en date enAllemagne[93], enBelgique[94], enItalie[95] et auPortugal[96] ont notamment mis en lumière le rôle de certains clubs dans ces affaires mais aussi l'intervention de parieurs. Dans d'autres cas, des joueurs peuvent être également impliqués. Les sanctions (rétrogradation, titre annulé, points retirés et poursuites judiciaires des personnes impliquées) et les précautions (en Allemagne, l'arbitre est désormais désigné 48 heures avant la rencontre) n'empêchent pas la poursuite de ces pratiques. Aussi, de nombreuses voix appellent de leurs vœux la mise en place d'un véritable statut professionnel pour les arbitres.
Le statut des arbitres, professionnel ou pas, est un sujet récurrent des dernières années. La plupart des arbitres sont amateurs. LaFIFA et son présidentSepp Blatter militent pour l'arbitrage professionnel. Pour les matchs de haut niveau, les arbitres sont sous contrat avec leur fédération en Argentine, au Brésil, au Mexique et en France, liés à laPremier League en Angleterre, et sous une sorte de rapport contractuel en Italie[97].
La féminisation du corps arbitral débute avant la reconnaissance dufootball féminin. EnFrance, on attend ainsi1970 pour admettre des licenciées féminines à laFFF mais la première femme certifiée arbitre l'est dès le10 novembre1967 (Martine Giron, 21 ans)[98]. Depuis lesannées 1990, des femmes (Nelly Viénot, notamment, à partir du23 avril1996[99]) accèdent au statut d'arbitre assistant en première division. En2003, un premier match masculin de l'UEFA est arbitré par une femme,Nicole Petignat[100].
Réglementés par laLoi 4, les équipements des joueurs comprennent un maillot, un short, une paire de chaussettes, des protège-tibias et deschaussures. Le port des gants et des lunettes est autorisé. Lesgardiens arborent parfois des casquettes quand ils font face au soleil. Ils doivent de plus porter un maillot de couleur différente. La possibilité de porter une jupe-short est évoquée pour les équipes féminines depuis 2008[101], mais le règlement officiel n'en fait pour l'instant aucune mention[102].
Les équipes disposent de plusieurs jeux de maillots. Habituellement, une équipe évolue avec ses couleurs à domicile et doit s'adapter aux couleurs de l'adversaire en déplacement. L'échange des maillots en fin de partie est une tradition pour les matches importants.
Les chaussures sont à l'origine des chaussures montantes courantes auxquelles on fixait des crampons. Il faut attendre lesannées 1950, et les premières chaussures de football commercialisées parAdidas, pour voir l'apparition de chaussures modernes. Depuis lesannées 1990, les meilleures chaussures sont généralement en peau dekangourou avec semelle enplastique et crampons enaluminium.
Les terrains decricket restant déserts pendant l'hiver, ils sont utilisés au début de l'histoire du jeu. Ceux qui peuvent disposer d'installations de cricket comprenant également des vestiaires et des tribunes sont toutefois minoritaires. Il faut le plus souvent se contenter de jouer sur un terrain plus ou moins bien tracé et se changer au café du coin. Certains matches drainent toutefois très vite une affluence certaine, et les premières tentatives d'entrées payantes se font enAngleterre dès lesannées 1860. Sur le continent européen, les vélodromes jouent le rôle des terrains de cricket au Royaume-Uni.
Passée l'étape du simple pavillon destiné à accueillir les membres du bureau et leurs invités puis l'installation de praticables couverts ou pas autour du terrain pour les autres spectateurs, les premiers stades sont principalement en bois, mais les dimensions des tribunes, toujours plus imposantes, nécessitent bien vite le recours à une armature métallique. Parmi les principaux architectes initiant cette évolution, citons l'emblématiqueArchibald Leitch qui opère de1904 à1939.
Après laSeconde Guerre mondiale, les stades connaissent de nombreuses révolutions, du toitcantilever (sans poteaux de soutien au milieu des tribunes) à la construction de systèmes d'éclairage pour les matches en nocturne. Les premières expériences de matches joués à la lumière des projecteurs datent de1878, mais ce type de rencontres, interdit en Angleterre de1930 à1950, reste marginal jusqu'après la Seconde Guerre mondiale[104]. L'éclairage est seulement de quelques centaines delux, mais la télévision exige au moins 800 lux pour filmer correctement les rencontres. Cette demande pressante de la télévision et les progrès réalisés au niveau des systèmes d'éclairage permettent désormais aux meilleurs stades de disposer d'au moins 1 500 lux.
Le terrain de jeu connaît également des changements avec la mise en place de systèmes de chauffage pour éviter le gel du terrain ou même l'adoption de surfaces de jeu plus ou moins artificielles. La pelouse naturelle reste toujours la plus courante. Quelques clubs anglais installent des revêtements totalement artificiels commeQPR,Luton,Preston etOldham dans lesannées 1980, mais laFA freine ces expériences sans toutefois parvenir à les interdire[105]. Même remarque au niveau de laFIFA qui ne recommande pas cette surface mais qui ne l'interdit pas. En revanche, ce type de revêtement reste longtemps proscrit par la FIFA en phase finale de Coupe du monde. Lors de laCoupe du monde 1994 disputée auxÉtats-Unis, les stades ont dû tous être dotés de pelouse naturelle,Pontiac Silverdome àDétroit (Michigan) etGiants Stadium (New Jersey) au premier chef. À la suite des modifications des tests de certification de la FIFA (2001)[106], il est désormais possible d'utiliser un terrain artificiel en phase finale de Coupe du monde. Toutefois, jamais le cas ne s'est produit. Pourtant équipé depuis2002 d'une pelouse artificielle certifiée par la FIFA, leStade Loujniki de Moscou est équipé d'une pelouse naturelle pour accueillir la finale de laLigue des champions de l'UEFA 2007-2008[107].
Le confort et la sécurité des spectateurs restent longtemps une notion anecdotique pour les architectes et les dirigeants, qui cherchent seulement à rentabiliser au maximum leurs enceintes. Malgré la multiplication desdrames et accidents, les autorités prennent tardivement conscience de ce problème. L'UEFA réagit après ledrame du Heysel (1985), mais le football anglais, pourtant concerné au premier chef par les morts du Heysel, ne modifie sa politique qu'après ledrame de Sheffield (1989) avec la mise en application du « Rapport Taylor », bannissant notamment les places debout en Angleterre[108]. L'Allemagne, qui s'était refusée à diffuser en direct les événements du Heysel, lance une réflexion de fond sur ces problèmes à cette période. Elle donne ses fruits à l'occasion de laCoupe du monde 2006, avec des enceintes intégrant pleinement les besoins de confort et de sécurité. À noter le maintien d'une tribune avec des places debout auSignal Iduna Park deDortmund : la fameuseSüdtribüne qui, avec ses 25 000 places debout, est la plus importante tribune d'Europe. Ce maintien fut négocié par lessupporters. Le fameux « Kop » d'Anfield (Liverpool) n'eut pas cette chance. Conçue en1906 pour accueillir 30 000 spectateurs, la capacité de cette tribune est réduite une première fois en1970 à 25 000 places à la suite d'un incident lors d'un match européen entreLiverpool FC et l'Ajax Amsterdam en décembre1966 : les secours avaient été incapables de se déplacer en tribune[109]. La dernière partie avec des spectateurs debout se joue le1er mai1994 devant 16 480 kopites. Depuis lors, le Kop compte 12 277 places assises.
Le nouveau Wembley Stadium.
Les pays latins restent étrangement à l'écart de ces débats. Même ledrame de Furiani (1992) ne provoque pas en France de prise de conscience, et aujourd'hui encore, nombre d'enceintes utilisées par les professionnels ne répondent pas aux critères minimum de sécurité[réf. souhaitée]. Les troubles de la saison 2006-2007 enItalie ont ainsi mis en lumière le grave déficit dans ce domaine des stades italiens[110]. De très lourds investissements sont nécessaires pour mettre ces stades à niveau et certaines nations n'ont pas jugé utile d'engager ces travaux. La France avait pourtant l'occasion de le faire en1998 en organisant laCoupe du monde, mais elle a préféré concentrer ses efforts sur le seulStade de France plutôt que de profiter de cette opportunité pour s'équiper[réf. souhaitée]. LaLigue a bien tenté de mettre en place dans lesannées 1990 des critères minimum en matière de stades pour évoluer en professionnel, mais elle est déboutée le20 novembre2003 par leConseil d'État, sollicité par leministère des Sports, hostile aux critères : il est impossible à la Ligue française de ne pas admettre un club en professionnel en raisons d'installations non conformes[111].
L'Emirates Stadium, stade du club d'Arsenal.
Ainsi, l'Angleterre et l'Allemagne proposent aujourd'hui aux spectateurs de prendre place dans des stades modernes, et lesmoyennes de spectateurs y atteignent des sommets historiques. En France et en Italie, les enceintes ont au moins une génération de retard, et les affluences stagnent en France et plongent en Italie (deux fois moins de spectateurs dans les stades qu'au milieu desannées 1980).
Les jeunes joueurs découvrent généralement le football dans la cour de récréation, dans la rue (le sport dufootball de rue est un dérivé du football) ou sur des terrains de fortune sur lesquels les buts sont simplement signalés par des cartables ou des blousons. L'étape de la découverte passée, l'intégration à une école de football dans un club de jeunes est nécessaire pour acquérir quelques fondamentaux. Dès cette période, les joueurs les plus prometteurs, techniquement ou physiquement, sont détectés et rejoignent descentres de formation (France), desAcademies (Royaume-Uni) ou des clubs dits « formateurs » qui ont la charge de préparer les joueurs au métier de footballeur. Une minorité de joueurs atteint ce but et devient effectivement footballeur professionnel. La majorité n'est pas retenue pour passer pro et ces joueurs doivent se contenter d'évoluer au mieux en semi-professionnel[réf. souhaitée].
« La technique, ce n’est pas savoir faire 1 000jongles, c’est savoir passer la balle à la bonne vitesse au bon endroit, au bon moment. »
Deux méthodes pédagogiques principales sont proposées aux jeunes joueurs. Dans la première, analytique, utilisée depuis des décennies, l'éducateur découpe l'activité en gestes techniques. Il démontre chaque geste et le fait répéter. Dans la deuxième, appelée globale ou intégrée, l'éducateur met en place des situations qui posent des problèmes aux joueurs. Il appartient aux joueurs de trouver des solutions et de mettre en place des stratégies pour y parvenir. Dans cette méthode, les jeunes joueurs sont actifs de leur apprentissage. L'éducateur guide les joueurs et ne leur donne pas les réponses immédiatement mais procède par questionnement pour leur permettre de trouver la solution par eux-mêmes.[réf. souhaitée]
Pratiquer le football implique une activité physique intense et prolongée. En 90 minutes, selon son poste, un joueur parcourt entre 6 et 11 km et perd en moyenne 2 kg. Les blessures, généralement aux chevilles et aux genoux[113], touchent tous les types de footballeurs, professionnels ou amateurs, jeunes ou vieux. La mort subite, en match ou à l'entraînement, est également un phénomène touchant tous les niveaux. Les cas sont rares mais posent la question des limites physiques des joueurs avec en toile de fond l'éternel débat sur le calendrier, trop chargé. Un sportif ne peut pas être à 100 % sur l'ensemble d'une saison, et la gestion du calendrier fait partie du jeu.
Ledopage est présent de longue date dans le football[114]. De très forts soupçons planent ainsi sur l'équipe d'Allemagne de1954 qui remporte laCoupe du monde. L'enquête lave finalement laMannschaft qui n'aurait procédé qu'à des piqûres de glucose[115]. La position des instances qui affichent en façade leur volonté de lutter contre ce fléau est assez ambiguë. LaFIFA refuse ainsi longtemps de confier à l'Agence mondiale antidopage la gestion de cette question. Un accord est trouvé en juin2006 quand leComité international olympique demanda à toutes les fédérations internationales de parapher le code mondial antidopage. La FIFA conserve toutefois son autorité en matière de suspension[116].
Desannées 1880 à1925, la pièce essentielle d'une équipe est son avant-centre qui constitue la pointe d'une formation où figurent cinq attaquants, trois milieux et deux défenseurs. Les attaquants doivent être puissants car le hors-jeu est signifié si moins de trois joueurs se trouvent entre la ligne de but adverse et celui qui reçoit une passe. Le passage de trois à deux joueurs pour un hors-jeu change en profondeur le jeu. On passe de 4 700 buts marqués par saison dans les deux divisions deLeague anglaise à 6 373 dès l'entrée en application de cette modification[119]. L'entraîneurHerbert Chapman met au point une tactique innovante, dite en « WM », c'est-à-dire trois défenseurs, deux milieux, deux inters (milieux offensifs) et trois attaquants[119]. Les quatre joueurs du milieu de terrain constituent le carré magique[120], marquant la montée en puissance du poste de milieu offensif (ou inter) dont le rôle est d'alimenter l'avant-centre en ballons.
Le WM règne en maître absolu jusqu'en1953 et la fameuse défaite desAnglais à domicile face auxHongrois, qui évoluent déjà en 4-2-4. Avant le triomphe des 4-2-4, 4-3-3 et autres 4-4-2, les Suisses, les Français et les Italiens mettent au point des tactiques basées sur la défense : le « verrou suisse » (ou « verrou Rappan » du nom de l'entraîneur-joueur autrichienKarl Rappan qui met en place ce système auServette de Genève en1932[121]), le « béton » (initié parRobert Accard au début desannées 1930 auStade français[122] et pratiqué notamment parCharleville en1936[123]) et le « Catenaccio ». Ces tactiques sont notamment affinées après laSeconde Guerre mondiale parHelenio Herrera et déclinées dans de nombreux pays, donnant par exemple naissance au « Riegel » enAllemagne. L'innovation principale de ce dispositif tactique est la création du poste delibéro nommé verrouilleur ou bétonneur à l'origine. Il se place derrière la ligne de défense, généralement de trois puis quatre joueurs, et a pour tâche de colmater les brèches.
Dispositif tactique en « 4-4-2 ».
En1958, l'équipe du Brésil remporte sa première Coupe du monde en s'appuyant sur un effectif hors norme et un dispositif tactique en 4-2-4. C'est une forme de compromis entre les stratégies offensives et défensives. Nouvelle évolution tactique des Brésiliens en1962, avec un dispositif en 4-3-3, où l'ailier gauche,Mario Zagallo, est reconverti en milieu de terrain[119]. Ces tactiques plutôt offensives se retrouvent toutefois à la peine face à des formations très rigoureuses, telles que l'Inter Milan enEurope ou lePeñarol enAmérique du Sud. L'Allemagne échoue aussi de peu enCoupes du monde 1966 et1970 en pratiquant un béton très strict.
La disposition tactique n'est rien sans animation du jeu. La vitesse tient ici un rôle prépondérant. Sur le principe dupassing,Bill Shankly àLiverpool FC etJosé Arribas auFC Nantes (jeu à la nantaise) développent une animation de jeu très rapide dès le début desannées 1960, entraînant d'inévitables erreurs. Ces dernières doivent être compensées par un collectif soudé, ne rechignant pas à effectuer des tâches défensives ou offensives, selon les besoins de l'équipe. C'est le « football total » prôné parRinus Michels à l'Ajax Amsterdam au début desannées 1970[réf. souhaitée].
Par convention, on attribue un style physique au football du Nord de l'Europe et un style plus technique aux Latins. C'est un cliché, mais cette opposition presque philosophique entre le réalisme et le spectacle marque durablement les débats stratégiques. Ainsi, le jeu duStade de Reims développé dès la fin desannées 1940 et qui enchante les foules françaises et européennes jusqu'à la fin desannées 1950, est taxé de « latin » car il est axé sur la technique et le jeu de passes.Gabriel Hanot détestait le « petit jeu » des Rémois lui préférant un jeu plus physique, « à la Britannique ». La presse spécialisée française se déchire dans ces débats jusqu'au début desannées 1970.L'Équipe etFrance Football étaient partisans de l'efficacité ;Miroir du football défendait le football spectacle[réf. souhaitée].
Le football moderne est plutôt réaliste en s'appuyant avant tout sur une solide assise défensive. On assiste à la mise en place de dispositifs en 5-3-2, 4-5-1 et 5-4-1 avec des joueurs de couloirs remplaçant les ailiers d'autrefois.
Les premiers joueurs sont principalement des étudiants.Gentlemen et ouvriers constituent la deuxième vague. On retrouve cette même évolution en dehors des îles britanniques dans de nombreux pays. Les joueurs gardent le contrôle du jeu à ses débuts, puis les dirigeants prennent l'ascendant au niveau professionnel commeamateur. Commence alors la longue période de l'« esclavage »[136] avec des joueurs liés à vie à leur club et transférables selon le bon vouloir des dirigeants qui s'arrangent pour tirer les salaires vers le bas. Pour l'exemple, après quinze ans de carrière, l'international françaisThadée Cisowski ne touche que 400 francs par mois en1961[137], soit environ 30 % de plus que leSMIC. Des syndicats de joueurs se forment pourtant dès le début duXXe siècle auRoyaume-Uni, mais ces derniers ne parviennent pas à peser réellement sur ces problèmes[138]. La situation change dans lesannées 1960 avec la constitution de syndicats modernes, comme l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) enFrance. Ces derniers militent pour une hausse des salaires, la mise en place du contrat à temps ne liant plus à vie le joueur et le club et une amélioration des conditions de retraite. Les clubs et autres organismes dirigeants ne prennent pas au sérieux ces revendications, puis doivent céder. Le contrat à temps est ainsi adopté enFrance en1969[139]. Le combat est mené conjointement enAngleterre depuis1961. Le syndicat des joueurs anglais obtient quelques avantages financiers mais les clubs refusent d'accorder la formule du contrat à temps.Billy Bremner publie un texte fameux au début du printemps1974 resté sous le nom de « L'esclave blanc » :« Il n'y a pas de raison de faire de discrimination entre les hommes et les footballeurs »[140]. Le gouvernement anglais intervient dans la foulée (avril1974) en dépêchant des observateurs àParis auprès de laFFF, de laLigue et de l'UNFP pour évaluer le système du contrat à temps[141]. Il faut toutefois attendre1978 pour voir l'Angleterre adopter le contrat à temps[142]. Ce type de contrat se généralise ensuite. Les nations de l'Europe de l’Est conservent ainsi les droits sur leurs joueurs à vie jusqu'à la chute du système communiste. Des lois interdisaient même tout transfert de joueurs à l'étranger ou limitaient cette possibilité, comme enYougoslavie pendant lesannées 1980, aux joueurs de plus de 27 ans.
Depuis lesannées 1970, les « esclaves » se sont progressivement transformés en « mercenaires »[143]. Conseillés par desagents, ils jouent désormais avec les lois de l'offre et la demande pour tirer les salaires vers le haut. Au milieu desannées 1980, les salaires des footballeurs restent encore en retrait par rapport à d'autres disciplines comme laFormule 1, lebasket-ball américain, laboxe, legolf et letennis notamment.Diego Maradona ne reçoit que l'équivalent de 7,5 millions de francs français par saison àNaples tandis que le boxeurLarry Holmes perçoit plus de 45 millions sur la seule année1984[144]. Au classement des sportifs les mieux rémunérés en 2006[145],[146],Sports Illustrated placeRonaldinho en tête du classement des footballeurs avec 32,7 millions de dollars de revenus, au même niveau que le joueur de tennisRoger Federer (31,3 millions), mais loin derrière legolfeurTiger Woods (111,9 millions).
Le rôle des agents de joueurs
La profession d'agent de joueur est réglementée enFrance depuis1992 par la loi et au niveau mondial par laFIFA depuis1995 après de nombreux abus constatés[147]. Le mouvement s'amplifie avec l'adoption de l'arrêt Bosman du15 décembre1995 qui abolit les frontières dans laCommunauté européenne. Avant cet arrêt, le nombre des joueurs étrangers évoluant en club est fixé par les ligues et les fédérations, entre zéro et trois, selon les pays et les époques. Au début de 2008, on comptait dans les principaux championnats de football : 351 joueurs étrangers enPremier League (62,7 % des effectifs professionnels), 263 enBundesliga (53,2 %), 182 enRussie (46 %), 231 enSerie A (41,5 %), 213 enLigue 1 (39 %) et 191 enLiga (37,1 %)[148].
Lestransferts ont toujours existé dans le football et leur prix augmente rapidement. Le Britannique Alf Common est le premier joueur transféré pour 1 000 £ (1905)[149]. Le record actuel est détenu par le transfert deNeymar duFC Barcelone vers leParis Saint-Germain en2017 pour 222 millions d'euros[150]. La période des transferts est harmonisée depuis1997 à deux périodes dans l'année : l'intersaison (deux mois enEurope du1er juillet au31 août) et à mi-saison (du1er janvier au31 janvier). Le règlement de 1997 prévoit également de rémunérer les clubs formateurs, jusque-là totalement oubliés[151].
L'entraîneur
L'entraîneur apparaît vers la fin duXIXe siècle enGrande-Bretagne. Il remplace alors lecapitaine dans nombre de ses fonctions, de la sélection des joueurs à la direction des séances d'entraînement. De nombreux joueurs deviennent entraîneur ; toutefois, le statut d'entraîneur est encadré dans certains pays par des obligations de diplômes. Ces diplômes et formations spécifiques apparaissent en France dès lesannées 1920, mais ils ne deviennent incontournables qu'au début desannées 1970 sous la pression deGeorges Boulogne[152], notamment. L'entraîneur peut de plus cumuler des fonctions sportives et administratives. On l'appelle alorsmanager. C'est le statut normal de la majorité des entraîneurs officiant enAngleterre tandis que dans les pays latins, les dirigeants gardent la main sur les aspects administratifs. Certains dirigeants n'hésitent d'ailleurs pas à intervenir dans les choix techniques, du recrutement à la composition d'équipe en passant par les options tactiques.
Le remplaçant
Leremplacement de joueurs reste longtemps absent des règlements. Cette absence n'empêche toutefois pas quelques cas isolés comme ce changement de joueur opéré le20 janvier1917 enchampionnat d'Écosse[153] ou lors de matchs internationaux amicaux. Le premier changement pour un match qualificatif à laCoupe du monde s'opère le11 juin1933 à l'occasion de la rencontreSuède-Estonie[154]. Il faut attendre la saisonsaison 1965-1966 pour voir leChampionnat d'Angleterre autoriser un remplacement sur blessure[153]. L'Écosse adopte la règle une saison plus tard[153]. En1967, la loi du jeu autorise le remplacement d'un joueur à la convenance de l'entraîneur[153]. La règle entre en application en 1967-1968 dans les compétitions nationales. La première phase finale de laCoupe du monde concernée est celle de1970. Deux remplacements de joueurs sont autorisés dès cette édition 1970. En phase finale, l'URSS procède au premier remplacement le à l'occasion du match d'ouverture face auMexique :Viktor Serebryanikov remplaceAnatoli Puzach[155]. Le second remplacement est progressivement autorisé dans les compétitions nationales (1976 en France[156]). Un troisième remplacement de joueur est autorisé en1995[157]. À l'origine, un seul remplaçant polyvalent était disponible pour effectuer l'unique remplacement. On passe logiquement à deux joueurs sur le banc dans lesannées 1970 puis à un maximum de sept (1996[157]) dans les compétitions internationales et certaines compétitions nationales. Le nombre des remplacements est libre en match amical après accord entre les deux équipes, puis est limité à six maximum en2005 pour les matches amicaux internationaux entre sélections nationales[158].
La publicité constitue également un poste important des recettes, notamment depuis la fin desannées 1960. La publicité sur les maillots est autorisée enFrance en octobre1969 après une tentative avortée en1968 : la Ligue voulait imposer à tous les clubs le même partenaire. LeNîmes Olympique et l'Olympique de Marseille sont les premiers clubs professionnels français à arborer une publicité sur leurs maillots[162]. L'UEFA autorise les publicités sur les maillots en coupes d'Europe des clubs à partir de1982, sauf pour les finales où l'interdit est levé en1995. LaFIFA interdit en revanche les publicités sur les maillots des équipes nationales.
Les montants financiers sont importants et les déficits de certains clubs peuvent également atteindre des montants records. La santé financière des clubs constitue un double enjeu : assurer leur pérennité et éviter le dopage financier, c'est-à-dire acheter une équipe à crédit. La France a mis en place au milieu desannées 1990 laDNCG qui a pour mission de contrôler les comptes financiers des clubs professionnels avec le pouvoir de les reléguer, d'interdire un club de promotion ou de limiter leur masse salariale. Longtemps en déficit chronique, les clubs deLigue 1 présentent des comptes bénéficiaires depuis2006 : plus de 42 millions d'euros de bénéfice net en2006-2007 sur les 20 clubs de L1[164]. Souvent évoquée, une DNCG européenne reste à créer afin d'éviter certaines dérives[165]. L'introduction des clubs en bourse est une évolution récente ne touchant que quelques rares clubs. À la fin de la saison2006-2007, 11 clubs anglais, 5 Danois, 4 Turcs, 4 Italiens, 3 Portugais, 2 Français, 1 Écossais, 1 Néerlandais, 1 Suédois et 1 Allemand étaient cotés en bourse[166].
Les clubs ou collectivités propriétaires des stades ne pouvant pas faire face à certains travaux louent le nom du stade à un sponsor. Cette forme de publicité existe déjà en France avant laPremière Guerre mondiale avec leStade du Matin, futur stade olympique deColombes, qui porte le nom du journal quotidien parisienLe Matin de1907 à1919[167]. En1996, cette pratique est réintroduite par les Américains, et elle touche l'Europe à partir de1997 avec le nouveau stade desBolton Wanderers baptiséReebok Stadium. LaFIFA admet mal cette innovation, et à l'occasion de laCoupe du monde 2006 enAllemagne, les noms des stades ne comprenaient officiellement aucun nom de sponsor alors que leur construction fut en partie financée par cette voie[168]. En France, le premier contrat denaming est signé en 2008 auMans pour son stade, nomméMMArena, qui a été inauguré le samedi 29 janvier 2010 par une victoire 3-0 du Mans face à l'AC Ajaccio.
L'organisation de rencontres entraîne également toutes sortes de retombées économiques ne concernant pas directement le club ni même le monde du football.Auxerre, petite ville moyenne française, doit en grande partie sa notoriété, en France comme à l'étranger, à son équipe de football[169]. L'AJ Auxerre est un véritable ambassadeur de la ville, qui profite de plus de retombées directes en matière d'hôtellerie et d'activités accrues pour les cafés-restaurants. De même, l'organisation d'une Coupe du monde ou d'un Euro, permet à une nation (ou un binôme comme c'est le cas enSuisse-Autriche pour l'Euro 2008) de procéder à une efficace campagne de promotion et de s'équiper en stades mais aussi en moyens de transports ou en hôtels. Les conséquences sur la hausse duPNB restent discutées, mais l'Organisation mondiale du tourisme met en avant la Coupe du monde pour expliquer la hausse importante dutourisme international enAllemagne en2006 (+9,6 %)[170].
Les paris et les dérives
Le 3 février 2013,Europol après avoir réalisé une enquête sur des rencontres faussées en liens avec des paris truqués, révèle qu'elle vient de démanteler un réseau criminel qui aurait truqué des centaines de matches[171].
Avant l'émergence des premières compétitions officielles, les clubs disputaient uniquement des matches amicaux tout au long de l'année, au point qu'en1871, certains clubs anglais furent dans l'impossibilité de s'inscrire à la première édition de laFA Cup car leurs calendriers étaient déjà complets[172]. Aujourd'hui ce type de rencontres encore très prisé jusqu'auxannées 1960 est devenu anecdotique. Les matchs amicaux ont dû s'effacer devant la multiplication des épreuves.
En quête de stabilité, les clubs anglais mettent en place un premier championnat en1888-1889. Les deux éléments de base du calendrier sont alors en place : le championnat et la coupe.
La plupart des pays comptent en effet deux types de compétitions : le championnat national, qui constitue la compétition nationale majeure, et la ou les coupes nationales dont le nombre varie suivant les pays. EnAngleterre,Espagne etFrance, notamment, la Coupe nationale a vu le jour avant le championnat. Aussi, laFA Cup, laCopa del Rey ou laCoupe Charles Simon, possèdent une aura particulière. En revanche, laCoppa Italia qui est créée après l'émergence du championnat deSérie A n'est pas une compétition très prisée par lestifosi et les clubs italiens. En Amérique du Sud, l'idée de coupes nationales est très peu répandue. Il existe également des coupes dites de la Ligue, rassemblant dans certains pays les seuls clubs professionnels. C'est l'Écosse qui introduit cette innovation en1947 (Scotland League Cup).
Le championnat reste le juge de paix car il permet d'évaluer la valeur d'un club sur une saison complète. Certains clubs irréguliers qui peuvent exceller en coupe remportent difficilement des titres de champion, et inversement. Des clubs réguliers peuvent peiner face aux joutes particulières qu'impliquent des matches de coupe, au terme desquels un des deux protagonistes est définitivement écarté de la compétition.
Le champion est généralement désigné à la fin de la saison en additionnant les points remportés tout au long de la saison. Historiquement, c'est le barème équitable de la victoire à deux points (un point chacun pour un match nul, zéro une défaite) qui est appliqué. Mais à la fin desannées 1970, l'AnglaisJimmy Hill imagine un barème non équitable où la victoire rapporterait trois points, dévalorisant de fait le point du match nul. La victoire à trois points est ainsi vue par son inventeur comme une incitation à la prise de risque et un jeu plus offensif. Elle est appliquée dans le championnat d'Angleterre en 1981. La FIFA décide de la tester ultérieurement, lors de la Coupe du monde 1994. En 1995, la FIFA recommande de l'appliquer et le système de la victoire à trois points se généralise rapidement à tous les championnats. Certains championnats ne s'achèvent pas au terme de la saison dite régulière. Le champion est alors désigné après desplay-offs impliquant les clubs les mieux classés. Ce système typique des sports américains est rare en football, mais il est par exemple en usage auxÉtats-Unis. En2008-2009, le championnat de Belgique adopte le système des play-offs avec une élite passant de 18 à 16 clubs[173].
Autre différence majeure avec le système classique américain, la possibilité de monter et de descendre de division. Quand laDivision 2 anglaise est créée en1892, les clubs de l'élite refusent tout d'abord de renoncer au privilège d'évoluer en Division 1.Small Heath, champion de D2 en1892-1893, n'est ainsi pas promu en D1. Le système dit de promotion/relégation automatique est mis en place en1899[174] après une période de transition avec matchs de barrage entre les premiers de D2 et les derniers de D1. LaLeague reste toutefois longtemps hostile à toutes promotions automatiques avec les ligues dites « Non-League » (en dehors de laLeague). Un vote des clubs professionnels détermine alors le sort du dernier de la dernière division de laLeague et décide de le remplacer ou pas par le champion du championnat semi-professionnel[175]. En1986, laLeague accepte la création d'un système de promotion/relégation automatique avec laConférence (niveau D5). La France effectue cette évolution dès1970 avec la mise en place d'un système pyramidal des championnats après avoir utilisé le système de ligue professionnelle fermée de1932 à1970. Quelques clubs amateurs deviennent professionnels au cours de cette période, mais ces promotions n'avaient rien à voir avec les résultats enregistrés sur le terrain. À la recherche de grandes villes pour héberger des clubs professionnels, la Ligue essuya même des refus de certains clubs et municipalités,Dijon au premier chef[176]. Dans quelques rares pays comme lesÉtats-Unis, il n'existe pas de système de promotion/relégation (automatique ou pas) entre les différents niveaux.
Contrairement au modèle anglais, les championnats sont généralement créés sur des bases régionales avec des play-offs opposant les différents champions régionaux en fin de saison afin de désigner un champion national. Ce système reste notamment en usage enFrance de1894 à 1919[177], auxPays-Bas de1897 à1956[178], enItalie de1898 à1929[179], et enAllemagne jusqu'en1963[180], date de création de laBundesliga.
Dans nombre de pays d'Amérique latine, les championnats se tiennent selon la formule d'ouverture et de clôture sacrant deux champions chaque année. AuBrésil, en revanche, les compétitions se tiennent sans ce doublon. Le championnat national est relativement récent (1971) et leschampionnats d'État qui se disputent durant les premiers mois de l'année gardent une aura importante. Contrairement aux pays sud-américains, le Brésil dispose d'une coupe nationale, laCopa do Brasil, créée en1989.
Compétitions internationales
Les premières compétitions internationales inter-clubs sont des tournois se tenant généralement pendant les fêtes de Pâques ou de fin d'année. Citons ici l'un des plus anciens, leChallenge international du Nord qui oppose chaque année des clubs français et belges principalement entre1898 et1914. Les tournois de ce type sont très nombreux. Certains d'entre eux restent dans les mémoires en raison du plateau d'équipes présentes. C'est notamment le cas de laCoupe des Nations 1930 jouée àGenève (Suisse) et leTournoi international de l'Exposition Universelle de Paris 1937 qui rassemblent les principaux clubs du Vieux Continent.
Le lien entre ces tournois et les compétitions continentales actuelles est assuré en Europe par la mise en place d'épreuves internationales régionales. Les clubs de l'Europe centrale s'affrontent ainsi chaque année depuis1927 dans laCoupe Mitropa tandis que laCoupe Latine (1949-1957) implique les champions d'Italie, d'Espagne, du Portugal et de France.
Le développement du transport aérien et l'installation de systèmes d'éclairage pour les matches en nocturne, joués en semaine, rendent possible la création des compétitions continentales modernes. LaCoupe des Clubs Champions Européens (actuelleLigue des champions de l'UEFA) est initiée àParis par le quotidien sportifL'Équipe[181]. La première édition a lieu en1955-56. Initialement réservée, comme son nom l'indique, aux seuls champions nationaux, la « C1 » connaît une mutation progressive durant lesannées 1990 pour s'ouvrir à la fin du siècle à certains vice-champions puis progressivement aux troisièmes et quatrièmes des meilleures nations. LesCoefficients UEFA qui prennent en compte les résultats cumulés sur les cinq dernières saisons servent à établir une hiérarchie attribuant aux nations un certain nombre de clubs participants. Outre la Ligue des champions, laCoupe d'Europe des vainqueurs de coupe (ex C2), laLigue Europa (ex-Coupe UEFA) (C3), laLigue Conférence (C4) et laSupercoupe de l'UEFA sont les autres épreuves organisées par l'UEFA.
LeBritish Home Championship (1883-1984) est la première compétition opposant des équipes nationales. Le projet d'uneCoupe du monde figure dans les projets de laFIFA depuis sa création en1904. Elle voit finalement le jour en1930, sous la pression de la montée en puissance dutournoi olympique de football. Avec la professionnalisation du football en dehors des îles britanniques dès lesannées 1920-1930, les équipes nationales présentes aux Jeux sont des sélections olympiques comptant uniquement des joueurs amateurs et ne sont plus théoriquement des équipes A. Les nations dubloc de l'Est, dont tous les joueurs sont officiellement amateurs, continuent cependant d'aligner leur meilleure équipe nationale et dominent par conséquent les tournois olympiques après laSeconde Guerre mondiale, jusqu'en 1980 à Moscou. Conscient du problème d'équité posé par le statutamateur particulier dans les pays communistes, leComité international olympique (CIO) accepte enfin la participation des professionnels aux Jeux olympiques à partir de1984, mais sous certaines conditions (pas de sélection A). Pour les Jeux de 1992, le CIO et laFIFA se mettent d'accord pour que les équipes en présence soient les espoirs (moins de 21 ans au début de la phase éliminatoire, plus d'un an avant les JO ; le CIO nomme ces formations de « moins de 23 ans ») renforcés par trois joueurs de plus de 23 ans, à partir de 1996[182]. Certaines nations n'utilisent pas cette dernière option et se contentent d'envoyer aux Jeux leur équipe espoirs.
LaCoupe du monde, qui se tient tous les quatre ans, est la compétition phare du calendrier. Elle est créée parJules Rimet, alors président de laFIFA. 32 sélections nationales ont pris part à la phase finale de lala dernière édition en 2022 auQatar, elles seront 48 en 2026 en Amérique du Nord. Pour obtenir leur ticket en phase finale, les équipes passent par des phases qualificatives du ressort des confédérations qui se déroulent durant les deux saisons précédentes. Huit pays ont déjà remporté au moins une fois la Coupe du monde : leBrésil (5 fois), l'Italie (4), l'Allemagne (4), l'Argentine (3), l'Uruguay (2), laFrance (2), l'Angleterre (1) et l'Espagne (1).
Créée en1992, laCoupe des Confédérations a lieu tous les quatre ans entre2005 et 2017, date de la dernière édition. Elle oppose habituellement les champions continentaux de chaque confédération ainsi que le champion du monde du monde en titre.
Ce schéma est valable pour les seniors masculins, mais il existe le même type de compétitions pour les féminines et les différentes catégories d'âge (coupe du monde de football des moins de 20 ans, notamment).
À la suite du renouveau du football féminin qui débute à la fin desannées 1960, cette discipline peut organiser des compétitions calquées sur le modèle masculin avec des championnats nationaux, des épreuves internationales de clubs et d'équipes nationales. EnEurope, ce mouvement est encadré par les fédérations nationales tandis qu'auxÉtats-Unis, c'est le sport scolaire et universitaire qui rend possible cette évolution. L'adoption le23 juin1972 duTitle IX permettant de financer le sport féminin scolaire et universitaire américain est déterminant[183] ; le football féminin en profite pleinement même si la pratique à haut niveau se limite seulement à quelques universités,North Carolina Tar Heels au premier chef. Disposant d'une base de joueuses considérable de plusieurs millions de pratiquantes (plus que toutes les nations de l'UEFA réunies), il est logique de voir émerger une équipe nationale américaine de premier plan qui remporte deuxCoupes du monde en1991 et1999 et deux médailles d'or et une d'argent lors des troistournois olympiques (1996-2004). Contrairement à sa version masculine, le tournoi olympique féminin met en présence les meilleures formations, sans conditions d'âge et s'impose dès sa première édition en 1996 comme l'un des rendez-vous majeurs du calendrier.
Match international de football féminin (Brésil-États-Unis, finale desJeux Panaméricains 2007).
Au niveau des clubs, des intérêts privésaméricains organisent le premier championnatprofessionnel féminin en2001 : laWomen's United Soccer Association (WUSA). Huit franchises rassemblant les meilleures joueuses du monde, et pas seulement américaines, s'affrontent pendant trois saisons. À la fin de l'édition2003, la Ligue cesse ses activités en raison d'importants déficits financiers. Depuis lors, les meilleures compétitions de clubs se disputent enAllemagne, enSuède ou enAngleterre, où les joueuses évoluent comme semi-professionnelles. En France, le statut dejoueur fédéral (semi-professionnel), pourtant possible pour des joueurs masculins évoluant jusqu'en Division d'Honneur (D6), n'est pas autorisé pour les joueuses, mêmes internationales. L'Olympique lyonnais a toutefois mis sur pieds une équipe féminine fanion semi-professionnelle depuis l'incorporation de lasection féminine du FC Lyon au sein de l'OL en2004[184]. De même, les médias français ne donnent que peu d'espace au football féminin[185], tandis que les clubs de l'Hexagone traînent des pieds pour mettre en place des équipes féminines. EnAllemagne, la situation est toute différente. LaFédération allemande annonce ainsi en avril2008 avoir dépassé le cap du million de licenciées féminines[186] ; en France, on ne compte que 60 521 licenciées féminines au[187]. Sur les 301 000 clubs recensés dans le monde par laFIFA, 26 000 comptent au moins une équipe féminine[1].
Lefutsal ou football en salle est unsport collectif dérivé du football avec des règles adaptées[188]. Cette discipline est créée en1930 enUruguay et passe progressivement sous le giron de laFIFA à partir de la fin desannées 1980.
Les nations sud-américaines dominent longtemps cette discipline, puis l'Europe met en place des structures spécifiques permettant l'émergence d'une élite qui s'impose au plus haut niveau. Ainsi, trois pays européens figurent parmi les quatre demi-finalistes de l'édition de laCoupe du monde FIFA en2008, puis à nouveau deux quatre ans plus tard.
Le football de plage oubeach soccer est un sport qui s'apparente au football et qui se pratique sur dusable de plage. Il met aux prises deux équipes de cinq joueurs, pouvant être remplacés à tout moment, en trois tiers-temps de douze minutes sur un terrain de 28 × 37 mètres. La première Coupe du monde a lieu en1995. Cette épreuve et cette discipline dépendent de laFIFA depuis2005.
Sur le modèle dufutsal, les Sud-américains, Brésiliens au premier chef, restent longtemps dominateurs enbeach soccer. Avec neuf titres sur les dix éditions disputées avant le passage sous l'égide de la FIFA, ils sont présents sur le podium de la compétition lors des sept éditions disputées depuis cette date, avec notamment quatre titres successifs. Guidée parÉric Cantona, laFrance, remporte toutefois la premièreCoupe du monde FIFA en 2005, la Russie remportant les éditions de 2011 et 2013.
LeJorkyball et letennis-ballon sont d'autres variantes ayant un rapport plus ou moins lointain avec le football.
Le footballcoopératif est une variante qui se joue avec six à vingt joueurs regroupés en deux équipes. Lorsqu'un joueur marque un but, il change d'équipe avec un joueur adverse.
Le jeu de sixte est une variante du football, jouée avec six joueurs par équipe, sur la moitié d’un terrain de football, avec un temps de jeu réduit à 10 minutes.
Le football, « langage universel »[189] pour certains auteurs, crée une culture spécifique avec ses codes, sonvocabulaire, ses rites initiatiques[118] et toute sa cohorte de productions artistiques. Du cinéma à la chanson en passant par tous les arts, le football est en effet une source d'inspiration universelle depuis plus d'un siècle. L'humaniste françaisAlbert Camus, ancien gardien de but[190], rend d'ailleurs un vibrant hommage au football en déclarant :« Tout ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c'est au football que je le dois »[191]. Camus aurait été le gardien de but idéal dans l'équipe de France des philosophes si cette dernière avait été conviée auMatch de football pour philosophes desMonty Python (1972).Raymond Aron aurait pu compléter cette formation, lui qui écrit deux mois avant le début de laCoupe du monde 1982 :
« Ne boudons pas cette grande fête, non d'amitié, mais de compétition entre les nations par l'intermédiaire d'artistes fragiles. Une compétition soumise à des règles, contrôlées par des arbitres, n'est-ce pas, en dernière analyse, l'image de la seule réconciliation entre les peuples compatible avec la nature des collectivités et peut-être de l'homme lui-même ? »
Dans le domaine de la peinture,Les footballeurs, abstraitsNicolas de Staël, sont une série de 25 toiles et de plusieurs esquisses peintes par l'artiste au cours d'un matchFrance-Suède en1952 auParc des Princes[201].
En littérature,Nick Hornby publieFever Pitch en1992 qui fait évoluer la perception du phénomène supporter par les Britanniques. Citons également des auteurs commePierre Bourgeade (Le Football, c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens chezGallimard en1981) ou le plus légerRené Fallet (Le Triporteur chezDenoël en1951) sans oublier les pionniersHenry de Montherlant (1895-1972),Jean Giraudoux (1882-1944) etAlbert Camus (1913-1960) qui introduisent le football dans la littérature. EnAllemagne, on monte des pièces dethéâtre axées sur le football : la pièce burlesqueUn footballeur et un indien d'Amérique (Fussballspieler und Indianer, écrite en1924 et montée en1926), satire pointant déjà la place des médias dans le sport,Sous le maillot rouge et blanc (Stimmung Rot-Weiss,1971) etLa Guerre des États (Länderkampf, 1971), dénonçant les passions nationalistes engendrées par le football. La radio allemande diffuse des pièces conçues pour ce média telLe Match (Das Fussballspiel,1967-1969),La Balle (1974 ; brèves de comptoirs desupporters) ouDer syntetische Seler (1973).
D'autres produits sont liés directement au football telles lesvignettes Panini que les enfants collectionnent, ou les programmes de match, qui jouent un rôle important dans les relations entre clubs etsupporters auRoyaume-Uni, notamment. De même, les paris sur les matches de football tiennent une place de choix dans le domaine des paris sportifs. LeTotocalcio italien (créé le[203]) et laQuiniela espagnole (saison1946-1947[204]) sont de véritables institutions, sans même parler des Britanniques qui pratiquent les paris depuis l'origine du jeu et de manière plus encadrée depuis1923[205]. La France est la dernière nation en Europe à autoriser les paris sur des matches de football (17 avril1985[206]). Une taxe, plus ou moins lourde selon les pays, est généralement prélevée sur ces paris pour financer le mouvement sportif.
L'étude historique du football constitue un élément important de laculture foot. Tout supporter digne de ce nom est incollable sur l'histoire de « son » club. Longtemps abandonnée aux seuls journalistes qui se laissent souvent aller à l'emphase, l'histoire du football passe depuis les années 1980 dans le champ deshistoriens et dessociologues, notamment desmarxistes etnéomarxistes qui y voient un nouvel « opium du peuple »[207], tandis que les élites politiques, médiatiques et intellectuelles qui ont longtemps méprisé ce sport, y voient des vertus de formation, d'ascension pour lesclasses populaires (et pour les enfants d'immigrés, de l'intégration sociale par le sport), voire des vertus civilisatrices à l'œuvre dans les sociétés démocratiques (les valeurs qu'il véhicule — la rigueur physique et morale, tout comme l'esprit de corps, brisent les barrières hiérarchiques — sont censées limiter la violence et les conflits)[208].
Les Anglo-Saxons sont à la pointe de ce domaine d'études tandis que les nations latines préfèrent encore laisser la plume aux journalistes. À la fin desannées 1980, l'historien françaisAlfred Wahl appelle de ses vœux une évolution[209], mais les travaux d'historiens ne pèsent rien face à la communication souvent légendaire des clubs relayée par les médias.
« LeSupporter. Ne riez pas, vous en connaissez tous au moins un. Le supporter, le vrai, le vulgairesupporter qui crie, qui gueule le long de la touche est une inconsciente victime de la folie du football. Mais c'est en même temps un être bizarre autant que dangereux, d'abord parce qu'il ne supporte rien... contre son club et que le club aura beau faire, jamais il parviendra à se débarrasser de cette pieuvre qu'on nommesupporter. Pourquoi s'est-il voué à l'Union Sportive de X, plutôt qu'au Sporting Club de la même ville, il ne saurait le dire lui-même.(...)
Pendant la partie, il passe à la fois par toutes les angoisses et par les manifestations de joie les plus débordantes. Il est atterré pendant dix minutes et radieux pendant quinze autres. Lesgoals marqués contreson équipe sont toujoursoff-side. L'arbitre est un cochon et leslinesmen sont des vendus. Et c'est fourbu, démoli, le visage décomposé qu'il se rend après le match au siège deson club, où il s'affale, plus fatigué que les joueurs eux-mêmes. Là, l'œil terne et brumeux, un ami lui fait bien le récit de ses récentes escapades, mais il ne daigne même pas sourire au passage le plus gai du récit. Mais voilà qu'incidemment l'ami a prononcé le nom deson club. Son œil s'allume, sa main s'énerve, sa bouche, jusqu'alors dédaigneusement close, s'ouvre. Il va parler. Il parle. Et alors, il est magnifique lesupporter. Il décrit ses joies, les beautés deson club. Les mots abondent, les métaphores se précipitent, c'est un fleuve d'éloquence qui vous culbute, vous immerge et vous entraîne dans un torrent tumultueux.
N'essayez pas de résister, abandonnez-vous au contraire, car vous êtessa victime. Il vous tient et ne vous lâchera que quand vous aurez reconnu queson club est le premier, le plus fort et le plus grand de tous les clubs de France. »
Le football entraîne un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : le phénomène dessupporters. Lesfans d'un même club peuvent s'organiser en mouvements appelés groupes ou associations desupporters. Certains groupes versent dans lehooliganisme.
Lessupporters ont pourtant un rôle déterminant dans le financement des clubs, l'animation des stades et permettent aux joueurs de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain. Le surnom de « douzième homme » n'est pas usurpé. Ils représentent également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, enAngleterre et enFrance, des déménagements de clubs, à l'américaine, sont tentés par certains dirigeants à la recherche de meilleurs « marchés ». La pression dessupporters est telle que ces déménagements purement mercantiles sont désormais interdits en France après la fusion controversée duToulouse FC première version avec leRed Star en1967 et exceptionnels en Angleterre : cas isolé duWimbledon FC qui déménage àMilton Keynes en2003 devenant leMilton Keynes Dons Football Club. En réponse à ce déménagement, lesfans deWimbledon ont créé leur propre club :AFCWimbledon[212].
Lesrivalités dans le football touchent principalement lessupporters. Lesderbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous importants pour lesfans qui rivalisent alors dans les domaines du chant ou de l'animation des tribunes (et parfois de la violence) pour prendre un ascendant sur lessupporters rivaux. Les rivalités les plus spectaculaires sont en Europe celles opposantCeltic etRangers àGlasgow, tandis qu'enAmérique du Sud leSuper-ClasicoBoca-River Plate atteint des sommets dans le genre.
Lessupporters se regroupent rapidement au sein defan-clubs. Dès la fin duXIXe siècle, de tels groupes existent déjà auRoyaume-Uni. Ils sont généralement sous l'autorité directe du club. Ce sont des clubs desupporters dits « officiels ». L'un des principaux buts de ces associations est de collecter de l'argent pour leur club. Depuis la création du mouvement desTorcida auBrésil dans lesannées 1940, certains groupes desupporters deviennent indépendants du club et prétendent même mériter des subventions de sa part. C'est la base du mouvement dit « ultra ». La culture ultra est très développée enAmérique latine et commence à toucher l'ex-Yougoslavie enEurope à partir de1950[213]. Ce mouvement se propage via l'Italie à partir desannées 1960. La vague ultra atteint la France au milieu desannées 1980. Si la majorité de ces groupes affiche un pacifisme réel, la violence n'est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez leshooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes clubs. Après le drame du Heysel, le terme dehooligan devient synonyme de barbare. Un mouvement plus radical d'inspiration britannico-allemando-néerlandaise, leshools, prend pourtant le relais. Ces derniers utilisent souvent la violence à des fins purement privées, sans liens réels avec le club. Certains auteurs désignent du terme dehooligan tous lessupporters violents, alors qu'il existe plus qu'une nuance entre unsupporter lambda devenant subitement violent et une prise de tribune adverse.
Ultras bordelais.
Exclue des compétitions européennes à la suite dudrame du Heysel, l'Angleterre est la première nation à édicter des règles strictes pour lutter contre la violence. Malgré cette volonté et l'arsenal juridique qui l'accompagne, le problème perdure en Angleterre en marge des rencontres et dans les divisions inférieures. Après avoir testé la bunkérisation des stades avec la mise en place de grillages et autres herses pour canaliser la foule, les autorités préfèrent aujourd'hui traiter le problème en amont en interdisant de stade lessupporters violents permettant l'abandon d'une attitude défensive et très agressive, encore de rigueur dans de nombreuses nations, qui donnent à certains stades l'apparence de zones de guerre. On considère souvent que la France, qui reste relativement peu touchée par ces phénomènes violents, ne traite pas efficacement le problème[réf. nécessaire]. Clubs, police, justice et autorités politiques se renvoient la balle[réf. nécessaire]. En Italie, où le mouvement ultra violent est très actif, les autorités sont souvent perçues comme mal armées pour faire face au phénomène[214]. Idem en Espagne, notamment[réf. nécessaire]. EnAmérique du Sud, où est né le mouvement ultra, on assiste depuis plusieurs décennies à une radicalisation dessupporters[réf. nécessaire]. La répression est aussi féroce qu'inefficace avec des groupes deBarra Bravas ultra violents[215].
Le plus souvent pacifiques et festives, les invasions de terrains à la fin de certains matches donnant notamment un titre sont également très spectaculaires. Pour des raisons de sécurité, ce type de manifestation devient rare. D'autres invasions de terrains, bien moins festives, se produisent exceptionnellement à l'occasion de certaines rencontres, en plein match. Ce fut notamment le cas lors du matchFrance-Algérie du6 octobre2001 auStade de France. Le match fut définitivement arrêté à un quart d'heure de la fin[219].
Après avoir compté parmi les plus violentssupporters, lesfans écossais sont devenus plus pacifiques depuis lesannées 1970[220]. Des études ont montré une importante différence d'âge entre lesfans violents et ceux qui sont festifs : 23 ans en moyenne pour lesfans anglais lors de l'Euro 1988 contre 31 ans aux Danois[221]. 15 % dessupporters danois étaient des femmes contre seulement 2 % chez les Anglais[221]. Certains clubs disposent également de publics d'une fidélité à toute épreuve malgré des résultats médiocres depuis plusieurs générations. On citera pour l'exempleNewcastle UFC enAngleterre.
Le rôle des médias
Presse écrite
Magazines anciens et récents traitant uniquement de football.
La presse écrite joue un rôle majeur dans la médiatisation du jeu, mais également dans l'organisation de compétitions, notamment en France.Hachette est ainsi le « soutien indispensable »[223] de la fédération française lors des dix premières éditions de laCoupe de France. Le quotidienLe Petit Parisien prend le relais pour les dernières éditions de la Coupe avant laSeconde Guerre mondiale[224] et devient également le partenaire des premières éditions duchampionnat de France professionnel. LaCoupe des clubs champions européens est créée par le quotidien françaisL'Équipe en1955. Dans un premier temps, la jeuneUEFA (fondée en1954) ne s'oppose pas à cette organisation privée, mais laFIFA, redoutant la privatisation des organisations, pousse l'UEFA à prendre à son compte une épreuve dont le tirage au sort du premier tour avait déjà eu lieu[225].
Les clubs possèdent des médias écrits de longue date, programme de match au premier chef.The Celtic View[226], hebdomadaire traitant uniquement de l'actualité du club écossais duCeltic FC est édité depuis1965. Nombre d'autres clubs se dotent ensuite d'hebdomadaires ou de mensuels ou sont traités par des titres de presse plus ou moins indépendants des clubs. L'AS Roma està ce jour[Quand ?] le seul club traité par un quotidien spécialisé :Il Romanista[227], dont le numéro un sort le10 septembre2004. Ce titre est diffusé à 10 000 exemplaires.
La radio couvre le football dès lesannées 1920[228]. EnItalie, la première retransmission d'un match à la radio a lieu le6 octobre1924[229]. EnBelgique, Adrien Milecamp assure en1927 le commentaire du premier match radiodiffusé dans le royaume (Belgique-Angleterre du11 mai)[230].Georges Briquet, le « roi des radio-reporters »[231] qui commence sa carrière en1931, est la grande voix française des sports et du football jusqu'auxannées 1950. C'est lui qui crée le concept des dimanches après-midi « sport et musique » juste après laSeconde Guerre mondiale[232]. L'arrivée de la télévision modifie la donne, mais ne condamne pas la radio qui s'adapte et met en place des multiplex[233] et des émissions de débats à propos de l'actualité du jeu.
Les relations entre le football et la télévision restent longtemps conflictuelles.Matt Busby, entraîneur deManchester United, réclame ainsi en1957 pour ses joueurs les mêmes égards qu'ont les vedettes de cinéma :« Les footballeurs doivent être payés sur leur valeur. Pas de rétribution, pas de télévision »[235]. Cette position est adoptée en Angleterre et en France, et malgré quelques tentatives de diffusions et de crises retentissantes, les stades de football restent généralement inaccessibles aux caméras de télévision. Ceci concerne exclusivement les clubs, qui remportent finalement ce bras de fer avec la télévision durant lesannées 1980 (1983 enAngleterre et1984 enFrance) quand les diffuseurs acceptent d'abandonner la politique du dédommagement et acceptent de payer le « spectacle football » à son juste prix. Les équipes nationales ne sont pas concernées par ce débat car les matches sont généralement retransmis depuis le début desannées 1950. LaCoupe du monde 1954 est la première édition couverte par la télévision[236].
Payant désormais fort cher les droits de retransmission des rencontres, certains diffuseurs deviennent exigeants en matière de calendrier notamment pour l'étalement des journées de championnat pour permettre la diffusion de plusieurs rencontres. Mais le football devient également un enjeu majeur en matière de concurrence. Les chaînes qui possèdent ces droits s'imposent comme des leaders :Sky au Royaume-Uni,TF1 etCanal+ en France.
Diffusion d'un match de football en direct et en HD dans une salle de cinéma en Angleterre.
Les prix des droits sont élevés, mais les taux d'audience atteignent des records. Ainsi, sur les onze meilleures audiences de la télévision française depuis1989 (création deMédiamat), on compte dix matches de football et un derugby à XV[237]. De même, au niveau international, laCoupe du monde 2006 est diffusée par 376 chaînes de télévision à travers le monde pour une audience cumulée de 26,29 milliards de téléspectateurs pour 52 matches, soit une audience moyenne par match de 506 millions de téléspectateurs[238].
Spectateurs de football rassemblés devant un bar àBruxelles.
L'arrivée de la télévision n'a pas que des conséquences financières. La diffusion de rencontres engendre des problèmes au niveau du jeu lui-même et de sa perception par les médias et le public, en pointant notamment les erreurs d'arbitrage[239]. Ce phénomène n'est pas nouveau. Dès lesannées 1950, déjà, certains matches déclenchent des vagues de protestations importantes. Le, la chaîne unique française diffuse le match retour de laCoupe des clubs champions européens :Real Madrid -OGC Nice, dont l'arbitrage douteux à l'avantage des Espagnols choque de très nombreux téléspectateurs[240]. Au lieu de jouer un rôle de médiateur, les médias français jettent de l'huile sur le feu, hier comme aujourd'hui, plaçant les arbitres dans des situations compliquées. Et du « Monsieur Foote, vous êtes un salaud ! Quel scandale cet arbitrage, c’est invraisemblable ! Jamais vu un individu pareil, il devrait être en prison et pas sur un terrain de football » lancé parThierry Roland lors du matchBulgarie-France de1976 à l'encontre de l'arbitre[241], aux campagnes de dénigrement systématique marquant les premières années duXXIe siècle, la télévision française s'est particulièrement illustrée par son manque defair-play, qui englobe également le respect des décisions de l'arbitre.
Quelques clubs possèdent leurs propres chaînes de télévision.Middlesbrough FC est le premier club anglais à se doter d'un tel outil. Boro TV opère de2001[242] à2005[243]. Parmi les autres chaînes de télévision de clubs, citonsOM TV,OL TV,InterChannel,MilanChannel, RomaChannel,Manchester United TV,Real Madrid TV etBarça TV notamment. D'autres clubs se contentent de diffuser matches, résumés et reportages via leurs sites Internet.
SelonAlfred Wahl :« Au niveau le plus modeste, celui du village, l'association sportive constitue un champ d'affrontement entre notables car elle peut devenir un marchepied pour l'accession au pouvoir[244] ». Le match de football opposant leDynamo de Peppone àLa Gaillarde de Don Camillo dans le filmLe Petit Monde de Don Camillo (1951) illustre sur le ton de l'humour cette situation. L'existence de plusieurs clubs rivaux dans la même ville appartient en général au passé, notamment dans les villes moyennes. Certaines grandes cités sont parvenues à conserver plusieurs clubs de même niveau, sauf enFrance, où les autorités ont veillé, dès lesannées 1930, à appliquer la règle : « un club, une ville ».
La présence d'un seul club dans une ville pose d'autres problèmes, comme la municipalisation du club, avec toutes les dérives possibles à ce niveau. Les communes possèdent généralement les installations sportives et ont longtemps eu droit de vie ou de mort sur les clubs en accordant ou en refusant des subventions. La montée en puissance des droits versés par la télévision permet aux clubs professionnels de s'émanciper un peu, mais le problème reste entier au niveau amateur.
Certains clubs sont emblématiques de revendications. LeFC Barcelone ou l'Athletic Bilbao sont ainsi des symboles forts du régionalisme catalan[245] et basque. Aujourd'hui encore, il faut être né au Pays basque « historique » ou avoir été formé au club pour pouvoir jouer à l'Athletic Bilbao[réf. souhaitée].
D'après le journaliste Mickaël Correia : « Apparus à partir de 1968 dans une Italie en pleine agitation sociale, les ultras sont alors de jeunes manifestants issus des cortèges d’extrême gauche qui importent dans les tribunes des pratiques propres aux organisations politiques radicales : indépendance à l’égard des institutions, culture de l’anonymat, solidarité entre membres et autofinancement. Les premiers ultras italiens allèrent jusqu’à s’inspirer des dénominations des organisations armées d’extrême gauche de l’époque, telles les Brigades rouge et noir de l’AC Milan ou les Tupamaros (en référence aumouvement uruguayen du même nom) à l’AS Roma »[248].
Au cours des évènements duprintemps arabe, les ultras se sont parfois mobilisés pour défendre les manifestants face aux forces de l'ordre. Ainsi, les ultras de l’Espérance sportive de Tunis et du Club africain, autre grand club tunisien, se retrouvent dès janvier 2011 en première ligne des manifestations. En février et en novembre 2011, les ultras de l’Al-Ahly et du Zamalek, les deux principaux clubs du Caire, défendent physiquement laplace Tahrir contre les milices du pouvoir lors de larévolution égyptienne[248].
Enjeux internationaux
Football et nationalisme
Le football a souvent servi de vecteur aux sentiments nationalistes. Beaucoup de régimes totalitaires ou autoritaires l’ont utilisé en tant que moyen de propagande.Benito Mussolini a ainsi promu l'équipe d'Italie au rang de « soldats de la cause nationale »[246]. Les fascistes italiens sont pourtant clairement hostiles au football, trop anglais et pas assez viril, à leur arrivée au pouvoir. Ils tentent ainsi de lui substituer le jeu local de laVolata ; sans succès[249]. Les dirigeants soviétiques, à l'image de Mussolini, ne sont pas franchement férus de football, mais exploitent le filon à partir desannées 1950 après avoir mis la main via l'armée, lapolice et leKGB sur les principaux clubs de la capitale dès lesannées 1920-1930[250].
Enex-Yougoslavie, les clubs de football deviennent également des symboles identitaires forts. La structuration des groupes ultras dès lesannées 1950 favorise cette évolution[251] et la mutation en groupes para-militaires actifs (comme les Tigres d'Arkan, notamment, ultras de l'Étoile rouge de Belgrade à la base) pendant la guerre civile desannées 1990[252].
Football et diplomatie
Le football a parfois provoqué des tensions entre états ayant de mauvaises relationsdiplomatiques.
En1969, un match de football marque ainsi le coup d'envoi d'une guerre connue sous le nom de Guerre du football ouguerre de Cent Heures. En match de barrage pour accéder à la phase finale de laCoupe du monde 1970, leSalvador s'impose 3-2 face auHonduras. Dans la foulée de cette victoire, leSalvador envahit leHonduras afin de régler un ancien conflit frontalier. Cette courte guerre fait plus de 2 000 morts et ne règle pas le problème entre les voisins[253].
Des incidents frontaliers ont également lieu après la finale de laCoupe du monde 1930 entre l'Uruguay et l'Argentine, tandis que 320 morts sont recensés lors d'émeutes après un matchPérou-Argentine le[254].
De même, le football est utilisé comme arme de propagande par leFLN durant laGuerre d'Algérie. Entre avril1958 et mars1962, l'équipe de football du FLN est un puissant ambassadeur de la cause algérienne, malgré l'interdiction par laFIFA d'affronter cette formation[255].
Le football peut également servir de médiateur diplomatique comme ce fut notamment le cas en1998 lors de laCoupe du monde en France à l'occasion du match du groupe F opposant l'équipe des États-Unis à celle d'Iran[256] — match remporté 2-1 par l'Iran — ou en2002 quand laCoupe du monde se tient conjointement enCorée du Sud et auJapon. Ne voulant pas trancher entre ces deux nations historiquement rivales, laFIFA a en effet décidé, contre toute logique sportive, de leur confier l'organisation de cette Coupe du monde afin de favoriser leur réconciliation[257].
En 2008-2009, l'Arménie et laTurquie ont accompagné leurs matches de sélection pour laCoupe du monde 2010 d'un rapprochement diplomatique. Cette « diplomatie du football » aboutit quatre jours avant le match retour en octobre 2009 à la signature d'un accord historique entre les deux pays[258].
Droits de l'homme
En encourageant le dialogue entre les peuples, on peut considérer que le sport, et le football en particulier, favorise le changement des mentalités et la progression desdroits de l'homme. On attribue au football une influence favorable à la parité homme-femme, à la lutte contre le racisme et l'intolérance, ou encore à la liberté d'expression.
Sous lerégime communiste, le stade de football reste l'un des rares espaces où peut s'exprimer la contestation contre le régime. En effet, se déclarer supporter de tel ou tel club a alors une signification politique majeure tandis que les chants dessupporters contre les clubs dirigés par leparti communiste et ses divers organes politico-militaro-industriels étaient autant de cris d'opposition au régime. Certains joueurs refusent même de jouer pour ces clubs.Eduard Streltsov, le « Pelé russe », refuse de quitter le populaireTorpedo Moscou pour leCSKA Moscou ou leDynamo. Il effectue alors sept années de détention dans lesgoulags. À sa sortie, il remporte le titre de champion d'URSS1965 avec le Torpedo en forme de pied de nez au régime[261].
Le football au patrimoine mondial de l'UNESCO
La candidature du Football au patrimoine mondial de l'UNESCO est une initiative lancée publiquement le 7 décembre 2018 par l'OrganisationFootball World Heritage of UNESCO[262], Vanessa Modely, présidente déléguée du Cercle de la France à l'UNESCO[263] et ambassadrice déléguée auprès des États membres de l'UNESCO et le MagazineForbes[264].
L'objectif de la parution de ce classement est de lancer un appel mondial aux instances influentes du monde du Football, afin de porter l'inscription du Football aupatrimoine culturel immatériel adopté par l'UNESCO en 2003. Cette candidature multi nationale a pour vocation d’être la plus universelle de toute l'histoire desNations unies en unissant 185 états avec le soutien de personnalités politiques, économiques, culturelles et sportives.
Critique du football
Opposition historique
À l'époque de lasoule, nombre de clercs menacent ceux qui pratiquent cette discipline d'excommunication[267]. Comme déjà indiqué, la bonne société anglaise n'a jamais vraiment admis cette discipline trop populaire. Le football est aussi attaqué au niveau de ses principes de jeu et est longtemps surnommé « sport de paralytiques » enFrance par ses opposants[69]. Nombre de pays refusent de reconnaître cette discipline à ses débuts, lui préférant lerugby et lecyclisme (France) ou lagymnastique (Allemagne). Dès1905, pourtant, le football compte en France plus de clubs et de licenciés que le rugby, défendu par les élites. L'USFSA multiplie ainsi les vexations[réf. nécessaire] contre le football, et programme en1911 le match international de footballFrance-Angleterre en lever de rideau d'un match duchampionnat de France de rugby[222]. Dans l'Almanach des sports de1901,Frantz Reichel, figure emblématique de l'USFSA, écrit : « Le Français dégénéré va plus volontiers à l'Association ; dans vingt ans, seul le Rugby triomphera. »[268] après avoir noté que « la race anglaise est au commencement de sa dégénérescence (...) ; je ne veux pour l'instant pour seule preuve de cette dégénérescence que le goût qui entraîne athlètes et spectateurs au football association. »[269]. Reichel note que l'Association « triomphe »[270] désormais sur le Rugby, mais il ne lui consacre que peu d'espace dans sa notice intitulée « Football », de fait, presque entièrement consacrée au Rugby[271].
La critique de la professionnalisation du football fait son apparition dès1885 et l'adoption du professionnalisme enAngleterre. Les réticences sont importantes notamment enFrance, aujourd'hui encore, et enAllemagne jusqu'auxannées 1960. Pour mémoire, lecyclisme, professionnel depuis lesannées 1880, n'a jamais subi ce type d'attaques en France. LaFFF, elle-même, n'est pas très à l'aise avec cette situation, et refuse de reconnaître l'existence du semi-professionnalisme. Elle préfère ainsi qualifier ses championnats nationaux semi-professionnels (duNational auCFA2) d'« amateurs ».
En 1945, après la tournée de matches duDynamo Moscou au Royaume-Uni, qui ont quelquefois dégénéré verbalement et physiquement, l'écrivain britanniqueGeorge Orwell, opposant aunationalisme, écrit unessai intitulé « L'esprit sportif »[272] pour le journal londonien « Tribune(en) ». Il y est consterné par ce sport. « Le sport sérieux n'a rien à voir avec lefair-play », dénonce-t-il, « il est lié à la haine, la jalousie, la vantardise, au mépris de toutes les règles et à un plaisir sadique d'être témoin de violence : en d' autres termes, il est la guerre moins les tirs »[273].
La théorie critique du sport (et notamment du football), plutôt issue des milieuxlibertaires et développée dans les années 1970 par le sociologue Brohm, est aujourd'hui remise en cause par des universitaires et historiens comme Catherine Louveau, Christian Pociello ouGeorges Vigarello qui reproche le caractère fasciste qu'attribue Brohm à ce sport : analysant le football comme un « sous-système capitaliste » qui reproduit lalutte des classes, Brohm omet que les joueurs issus des milieux populaires et pratiquant ce jeu, le font non dans une perspective politique mais parce qu'ils y prennent avant tout du plaisir[278].
L'homophobie est présente dans la culture footbalistique[279] avec des démonstrations ouvertement homophobes présentes jusqu'auXXIe siècle[280]. Bien que la situation évolue dans certains pays (par exemple enAllemagne) la situation n'est pas encore résolue[281].
Le football est critiqué en raison des faits de corruption mis à jour à différentes échelles: locale[287], nationale[288], voire internationale[289] (voir notamment l'affaire de corruption à la FIFA de 2015).
Sur le plan sociétal, il y a une distinction entre lesfans de football et les hooligans violents qui utilisent le football pour exercer leur violence. Ils se regroupent souvent en grands groupes de jeunes. Bien qu'ils soient des supporters fervents d'un club, ils se désolidarisent souvent de leurs propres fans. Pendant les matchs de football, ils affrontent les hooligans agressifs du club rival, ce qui entraîne souvent des violences organisées. La présence policière est donc nécessaire pour assurer la sécurité des matchs en raison des visiteurs prêts à la violence.
Si l'on se réfère aux statistiques sur laprévalence de l'homosexualité dans la population masculine, il devrait y avoir plusieurs joueurs homosexuels dans les ligues fédérales[290],[291],[292]. Le magazine de footballRund a écrit en 2006 que, statistiquement parlant, « au moins trois équipes homosexuelles » devraient jouer dans les ligues fédérales[293]. Alors que plusieurs joueuses de la Bundesliga féminine vivent ouvertement leur homosexualité, aucun cas correspondant n'est connu chez les joueurs masculins. Plusieurs travaux scientifiques et reportages journalistiques ont largement décrit ce phénomène depuis environ l'an 2000 et ont souligné la situation particulière de l'homophobie dans le football professionnel, notamment par rapport à d'autres sports de haut niveau principalement « masculins. »
Le racisme dans le football est un problème persistant, auquel leParlement européen a répondu le 14 mars 2006 avec sa "Déclaration pour la lutte contre le racisme dans le football"[294]. L'UEFA mène également une campagne de tolérance zéro contre le racisme[295].
Le football amateur est confronté à la violence, aux fautes brutales, aux bagarres, aux attaques contre les arbitres et aux interruptions de matchs. Une étude de l'université Leibniz de Hanovre a conclu que les joueurs impliqués dans des infractions graves sont souvent d'origine étrangère plutôt qu'allemande. Alors que les joueurs allemands sont généralement victimes d'autres joueurs, les joueurs issus de l'immigration dirigent souvent leur violence contre les arbitres. Des conclusions similaires ont été tirées d'une étude de l'université de Tübingen sur les décisions de la justice sportive, montrant que les joueurs d'origine immigrée représentent un tiers de tous les joueurs, mais sont impliqués dans la moitié des cas particulièrement graves pour les saisons 2009/10 et 2010/11. Un autre problème concerne les clubs "d'orientation", qui sont souvent créés délibérément par d'autres groupes comme des organisations préparatoires. Les terrains de football sont le théâtre de conflits sociaux, ethniques et mondiaux[296].
↑Les interdits anglais mentionnent toujours que seule la pratique du tir à l'arc est recommandée. Lesarcs longs anglais(long bow) étaient alors le principal point fort de l'armée anglaise mais pour manier ce type d'arc, il faut pratiquer quotidiennement. L'armée anglaise adopte le mousquet et abandonne l'arc en 1595. Les loisirs des Anglais peuvent alors se diversifier.
↑OlivierChovaux,50 ans de football dans le Pas-de-Calais, Arras, Artois Presses Université,, 388 p.(ISBN978-2-910663-59-9),p. 35-36. Chovaux précise d'ailleurs pages 32-33 que sur la côte, « où les influences et présences britanniques ne sont pourtant plus à démontrer », la pratique du football se fait plus tardivement qu'à l'intérieur des terres, notamment en raison du choix de disciplines comme le tennis, la voile ou le golf par ces Britanniques installés en France.
↑Lesstatuts de la FIFA utilisent exclusivement le terme de football pour nommer le jeu. L'article 2 débute ainsi : « La FIFA a pour but d’améliorer constamment le football et de le diffuser dans le monde ». La seule référence au terme defootball association figure dans un lexique précédant les statuts qui n'a aucune valeur officielle. Le CIO n'utilise également que le termefootball pour nommer ce sport en français. Idem pour toutes les fédérations nationales francophones, sauf le Canada.
↑ThomasBinder et MonikaBrasse,Dictionnaire du football, Zurich, FIFA,, 459 p.(ISBN978-3-9521571-0-7),p. 44 : « Français : football ; Anglais :football, soccer, Espagnol :Fútbol, Allemand :Fussball. » L'entrée « football association » donne : « Anglais :football association ; Français : association de football ; Espagnol :asociación de fútbol ; Allemand :Fussballbund ».
↑Du basket-ball au handball, en passant par le volley-ball, le judo, le ski, le water-polo ou le rugby, le français conserve en général les termes d'origine des disciplines sportives. Ce n'est pas le cas dans nombre d'autres langues qui préfèrent adopter des termes à consonances locales.
↑(en) « 'Surprise' key to football appeal » [« La "surprise", un élément-clef de l'attrait du football »], surBBC News,(consulté le). L'étude duLos AlamosNational Laboratory place le football devant le baseball en matière de surprises sur le dernier siècle, mais les places s'inversent sur les dix dernières années. Les autres sports étudiés, le hockey sur glace, le basketball et le football américain ferment la marche.
↑Raymond Kopa utilise ce terme en 1963 pour dénoncer la médiocre condition des footballeurs professionnels : « Les footballeurs sont des esclaves. Le footballeur professionnel est le seul homme à pouvoir être vendu et acheté sans qu'on lui demande son avis », dansFrance Dimanche, et utilise le terme de « contrat esclavagiste » dans le magazineLeMiroir du football. Cité dansAlfredWahl et PierreLanfranchi,Les footballeurs professionnels : des années trente à nos jours, Paris,Hachette,, 290 p.(ISBN978-2-01-235098-4),p. 179.
↑« L'office de tourisme d'Auxerre précise dans sa présentation »[PDF](consulté le) : « Auxerre est une ville assez peu connue. Les touristes associent Auxerre à quatre éléments : la Bourgogne, le football, l’autoroute, et aux affaires de mœurs qui continuent de donner une très mauvaise image au département de cette préfecture. »
↑(en) « France 1892-1919 », surRSSSF.com(consulté le). Matches amicaux uniquement en 1892 et 1893. La première édition du championnat se tient en 1894.
↑(en) « Netherlands Final League Tables 1897-1954 », surRSSSF.com(consulté le). Lors de la saison 1954-55, le championnat se poursuit selon la même formule mais quelques clubs fondent une compétition concurrente qui est à la base du championnat à poule unique mis en place en 1956.
↑(en) « Italy - Championship History 1898-1923 », surRSSSF.com(consulté le). Deux poules (Nord et Sud) sont créées en 1923-24 avant la mise en place du championnat à poule unique en 1929-30
↑Pierre-HenriAllain, « La violence au stade, terrain d'enjeux »,Libération,(lire en ligne, consulté le). Pierre-Henri Allain cite Dominique Bodin qui « s'étonne que, malgré des situations comparables, il y ait seulement 300 personnes interdites de stade en France la quasi-totalité pour simple usage de fumigènes, quand on en compte 3 000 en Grande-Bretagne. »
↑ChristopheDeroubaix, « France-Algérie. Déception au lendemain de l’interruption d’un match qui s’annonçait comme un grand moment de fraternité. Questions sur une fête gâchée »,L'Humanité,(lire en ligne, consulté le).
↑À noter l'absence totale du traitement du football dans l'étudeCécileMéadel,Histoire de la radio des années trente : du sans-filiste à l'auditeur, Paris, Anthropos/INA,, 452 p.(ISBN978-2-7178-2626-5). Sur les cinq pages consacrées au sport, une seule demi-phrase concerne le football : « Le cyclisme était, avec le football, un des domaines vedettes du reportage radiophonique »,p. 275.
↑Gerd Dembowski :De Schwaben et de Schalkers nus. L'homophobie dans le milieu du football; dans : Ders., Jürgen Scheidle (éd.) :Tatort Stadion. Le racisme, l'antisémitisme et le sexisme dans le football; Cologne 2002; p. 140–146.
Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence de base, tous utilisés pour la rédaction de cet article comme l'indique la présence du symbole. Se référer aux articles thématiques traitant des différents aspects du jeu pour avoir des bibliographies plus complètes.
Généralités
RaymondPittet,Le Football et les Hommes, les imprimeries Réunies,
La version du 7 juin 2008 de cet article a été reconnue comme « article de qualité », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.