Il naît le après une sœur et deux frères décédés en bas âge[4], et est délaissé en faveur de son frère aîné, brillant élève admiré par la famille (prénommé Achille comme son père, à qui il succédera d'ailleurs comme chirurgien chef de l'Hôtel-Dieu de Rouen). Gustave Flaubert passe une enfance sans joie, marquée par l'environnement sombre de l'appartement de fonction de son père à l'hôpital deRouen[5], mais adoucie par sa complicité avec sa sœur cadette, Caroline, née trois ans après lui[6].
Adolescent auxexaltations romantiques, il est déjà attiré par l'écriture au cours d'une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis aulycée de Rouen, à partir de l'année 1832. Il y rencontreErnest Chevalier, avec qui il fonde, en 1834,Art et Progrès, un journal manuscrit où il fait paraître son premier texte public[7]. Il est renvoyé en, pour indiscipline, et passe seul le baccalauréat, en 1840. Après sa réussite à l'examen, ses parents lui financent un voyage dans lesPyrénées et enCorse[8], que Flaubert relate dans un ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom deVoyage dans les Pyrénées et en Corse ou dans certaines éditions deMémoires d'un fou.
Le premier événement notable dans sa jeunesse est sa rencontre àTrouville-sur-Mer, durant l', d'Élisa Schlésinger qu'il aime d'une passion durable et sans retour. Il transpose d'ailleurs cette passion muette, avec la charge émotionnelle qu'elle a développée chez lui, dans son romanL'Éducation sentimentale, en particulier dans la page célèbre de « l'apparition » de madame Arnoux au regard du jeune Frédéric et dans leur dernière rencontre poignante.
Formation
Dispensé de service militaire grâce autirage au sort qui lui est favorable, Flaubert entreprend sans conviction, en 1841, des études de droit àParis, ses parents souhaitant qu'il devienne avocat. Il y mène une vie debohèmeagitée[évasif], consacrée à l'écriture[9]. Il y rencontre des personnalités dans le monde desarts, comme lesculpteurJames Pradier, et celui de la littérature, comme l'écrivainMaxime Du Camp, qui devient son grand ami, et lepoète et auteur dramatiqueVictor Hugo. Il abandonne le droit, qu'il abhorre, en après une première grave crise d'épilepsie[10]. Il revient à Rouen, avant de s'installer en àCroisset, au bord de laSeine, à quelques kilomètres en aval de Rouen, dans une maison que lui achète son père. Il y rédige quelques nouvelles et une première version deL'Éducation sentimentale. Au début de l'année 1846 meurent, à peu de semaines d'intervalle, son père puis sa jeune sœur (deux mois après son accouchement – Gustave prendra la charge de sa nièce, Caroline). Son père laisse en héritage une fortune évaluée à 500 000 francs : il peut désormais vivre de ses rentes et se consacrer entièrement à l'écriture[9]:15. C'est également au printemps de cette année que commence sa liaison houleuse et intermittente sur une dizaine d'années avec la poétesseLouise Colet[11]. Jusqu'à leur rupture — sa dernière lettre à Louise Colet est datée du —, il entretient avec elle une correspondance considérable dans laquelle il développe son point de vue sur le travail de l'écrivain, les subtilités de la langue française et ses vues sur les rapports entre hommes et femmes. Gustave Flaubert, au physique de plus en plus massif, est cependant un jeune homme sportif : il pratique lanatation, l'escrime, l'équitation, lachasse…
Il se rend à Paris avec son amiLouis-Hyacinthe Bouilhet pour assister à laRévolution de 1848[9]:17. Il lui porte un regard très critique que l'on retrouve dansL'Éducation sentimentale. Poursuivant ses tentatives littéraires, il reprend entre et la première version commencée en 1847 deLa Tentation de saint Antoine inspirée par un tableau qu'il a vu àGênes en 1843 au cours du voyage de noces de sa sœur qu'il a accompagnée avec sa famille. Puis, Gustave Flaubert organise, avec Maxime Du Camp, un long voyage enOrient qui se réalise entre 1849 et 1852. Dans soncarnet de voyage, il fait le pari de tout dire, depuis la descente éblouissante duNil, sa rencontre à deux reprises avec une danseuse égyptienne,Kuchuk Hanem, jusqu'à safréquentation des bordels[12]. Ses observations, ses expériences et ses impressions, de ce voyage, qui le conduit enÉgypte et àJérusalem en passant, au retour, parConstantinople et l'Italie, nourrissent certains de ses écrits ultérieurs, par exempleHérodias[9]:18.
Premiers romans
Portrait de Gustave Flaubert parEugène Giraud, vers 1856.
Le, Flaubert, encouragé par ses amisLouis Bouilhet etMaxime Du Camp commence la rédaction deMadame Bovary, en s'inspirant d'un fait diversnormand (cf.Delphine Delamare). Il achève ce roman réaliste etpsychologique en mai 1856 après56 mois de travail. Il fréquente épisodiquement les salons parisiens les plus influents duSecond Empire, comme celui deMadame de Loynes dont il est très amoureux ; il y rencontre entre autresGeorge Sand avec laquelle il entretient une riche correspondance disponible aujourd'hui. À la fin de l'année 1856,Madame Bovary paraît dansLa Revue de Paris, puis, après la rencontre de Flaubert avec l'éditeurMichel Lévy[13], leroman sort en librairie en et est l’objet d’un procès retentissant[14] pour atteinte auxbonnes mœurs : Flaubert est acquitté grâce à ses liens avec la société duSecond Empire et avec l'impératrice, ainsi qu'à l'habileté de son avocat, tandis queCharles Baudelaire, poursuivi par le même tribunal[15], pour les mêmes raisons, après publication de son recueilLes Fleurs du mal au cours de la même année 1857, est condamné[16]. À partir de la parution deMadame Bovary, Flaubert poursuit une correspondance avecMarie-Sophie Leroyer de Chantepie, femme de lettres vivant à Angers, et dévouée aux pauvres. Flaubert se partage, dès 1855, entre Croisset et Paris où il fréquente les milieux littéraires et côtoie lesfrères Goncourt,Sainte-Beuve,Baudelaire,Théophile Gautier, puis, à partir de 1863,Ivan Tourgueniev et la princesseMathilde Bonaparte.
Deux ans plus tard, le, Flaubert entreprend la version définitive deL'Éducation sentimentale,roman de formation marqué par l'échec et l'ironie, avec des éléments autobiographiques comme sa première passion amoureuse ou son témoignage sur les débordements des révolutionnaires de 1848. Le roman est publié en : mal accueilli par la critique et les lecteurs, il ne s'en vend que quelques centaines d'exemplaires.
Flaubert continue sa vie mondaine : il rencontre l'empereur, reçoit laLégion d'honneur en 1866 et resserre ses liens avecGeorge Sand qui le reçoit àNohant. En, il est très affecté par la mort de son amiLouis-Hyacinthe Bouilhet. Rien ne permet d'affirmer qu'il ait été l'amant de la mère deGuy de Maupassant, sœur de son ami d'enfance,Alfred Le Poittevin, encore que Jacques-Louis Douchin le prétende dans son livreLa Vie érotique de Flaubert, publié en 1984 parJean-Jacques Pauvert. Quoi qu'il en soit, Flaubert est très proche du jeune Maupassant qui le considére comme un père spirituel. Leur correspondance témoigne de cette proximité.
Durant l'-1871, lesPrussiens occupant une partie de la France dont laNormandie et Croisset, Flaubert se réfugie avec sa mère chez sa nièce, Caroline, à Rouen ; sa mère meurt le. Opposant à laCommune de Paris, il s'élève contre les lois sociales votées par celle-ci en déplorant que« le gouvernement se mêle maintenant du droit naturel »[17]. À cette époque, il connaît des difficultés financières liées à la faillite de son neveu par alliance : il vend ses fermes et quitte par économie son appartement parisien alors que sa santé devient délicate. Il achève et publie toutefois le la troisième version deLa Tentation de saint Antoine, juste après l'échec de sa pièce de théâtreLe Candidat en. Sa production littéraire continue avec lesTrois contes, volume qui comporte trois nouvelles :Un cœur simple, centré sur la figure de Félicité inspirée par Julie, nourrice puis domestique qui servit la famille Flaubert, puis Gustave seul jusqu'à la mort de ce dernier,La Légende de saint Julien l'Hospitalier, contehagiographique des temps médiévaux écrit en cinq mois en 1875, etHérodias autour de la figure desaint Jean Baptiste, écrit dans l'-1876. La publication du volume le est bien accueillie par la critique.
Masque mortuaire de Gustave Flaubert, 1880. Anonyme, Paris,musée Carnavalet.La tombe de Gustave Flaubert et de sa famille au cimetière monumental de Rouen.
De 1877 à 1880, il poursuit la rédaction deBouvard et Pécuchet, entamée en 1872-1874 : l'œuvre satirique pour laquelle il a réuni une documentation immense reste inachevée. Elle est publiée en l'état dans l'année 1881, un an après sa mort.
Dernières années
Ses dernières années sont assombries par la disparition de ses amis, les difficultés financières et des problèmes de santé.
François Coppée, poète contemporain de Flaubert, lors d'une rencontre dans un salon mondain tenu par laprincesse Mathilde, le décrit, en 1869, comme un « géant à teint apoplectique et à moustaches de guerrier mongol, très paré, ayant du linge magnifique et même un soupçon de jabot, qui, après avoir salué la princesse, avait replacé sur l'oreille un chapeau luisant à larges ailes et marchait en faisant craquer dans l'herbe d'étincelantes bottines vernies »[20].
Flaubert commence le roman en 1851 et y travaille pendant cinq ans, jusqu’en 1856. À partir d’octobre, le texte est publié dans laRevue de Paris sous la forme de feuilleton jusqu’au suivant. En, le gérant de la revue,Léon Laurent-Pichat, l’imprimeur et Gustave Flaubert sont jugés pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Défendu par l’avocatJules Senard, malgré le réquisitoire du procureurErnest Pinard, Gustave Flaubert est blâmé pour« le réalisme vulgaire et souvent choquant de la peinture des caractères »[27], mais est finalement acquitté grâce, notamment, à ses soutiens dans les milieux artistiques et politiques, la notoriété de sa famille et la plaidoirie de son avocat[28]. Il est à noter que Flaubert reçut un soutien de poids en la personne de Victor Hugo qui lui écrivit :« Vous êtes un de ces hauts sommets que tous les coups frappent, mais qu’aucun n’abat »[29]. Le roman connaîtra un important succès en librairie.
Le récit peut se résumer ainsi : après avoir suivi ses études dans un lycée de province,Charles Bovary s'établit commeofficier de santé et se marie à une veuve que ses parents ont crue riche. À la mort de celle-ci, Charles épouse une jeune femme, Emma Rouault, élevée dans un couvent, vivant à la ferme avec son père (un riche fermier, patient du jeune médecin). Emma se laisse séduire par Charles et se marie avec lui. Fascinée par ses lectures romantiques d'adolescence, elle rêve d’une nouvelle vie, méprisant son mari, délaissant son rôle maternel, elle fait la rencontre d'amants sans envergure. Les dettes qu'elle contracte vont ruiner sa famille et vont causer sa mort. Quant à Charles, il mourra de chagrin et laissera sa petite fille Berthe orpheline.
L’incipit est un des plus célèbres de la littérature française :
« C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. »
Le roman débute par le paragraphe intitulé « Le Festin ». Les mercenaires fêtent à Carthage la fin de la guerre dans les jardins d’Hamilcar, leur général. Échauffés par son absence et par le souvenir des injustices qu’ils ont subies de la part de Carthage, ils ravagent sa propriété ; Salammbô, sa fille, descend alors du palais pour les calmer. Mathô et Narr’havas, tous deux chefs dans le camp des mercenaires, en tombent amoureux. Spendius, un esclave libéré lors du saccage, se met au service de Mathô et lui conseille de prendre Carthage afin d’obtenir Salammbô.
Le projet de ce roman remonte à 1872[31], puisque l'auteur affirme son intention comique dans un courrier àGeorge Sand. Dès cette époque, il songe à écrire une vaste raillerie sur la vanité de ses contemporains. Entre l'idée et la rédaction interrompue par sa mort, il a le temps de collecter une impressionnante documentation : on avance le chiffre de mille cinq cents livres[32]. Lors de l'écriture, Flaubert avait songé au sous-titre « Encyclopédie de la bêtise humaine » et c'est effectivement en raison du catalogue qu’il nous en propose que le roman est célèbre. Le comique vient de la frénésie des deux compères, à tout savoir, tout expérimenter, et surtout de leur incapacité à comprendre correctement. Le roman est inachevé et ne constitue que la première partie du plan. L'accueil fut réservé, mais certains[Qui ?] le considèrent comme un chef-d'œuvre[32].
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent par hasard sur un banc et font connaissance. Ils découvrent que non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais en plus qu'ils ont les mêmes centres d'intérêt. S'ils le pouvaient, ils aimeraient vivre à la campagne. Un héritage fort opportun va leur permettre de changer de vie. Ils reprennent une ferme dans leCalvados, non loin deCaen et se lancent dans l'agriculture. Leur inaptitude ne va engendrer que des désastres. Ils vont s'intéresser à la médecine, la chimie, la géologie, la politique, avec les mêmes difficultés. Lassés par tant d'échecs, ils retournent à leur métier de copiste.
Critiquant les idées reçues, Flaubert montre que, contrairement à ce que penseHegel, l'Histoire n'a pas de fin, elle est un éternel recommencement[réf. souhaitée]. Les deux compères, qui étaient copistes au début du roman, retournent à leur premier état.
Souvenirs, notes et pensées intimes (1838-1841), 1965.
Album, annoté par Jean Bruneau et Jean A. Ducourneau, 1972.
Bibliomanie et autres textes 1836-1839, 1982.
La queue de la poire de la boule de Monseigneur, "pochade rouennaise", rédigée en collaboration avec Louis Bouilhet, éd. posthume par Artine Artinian, Paris, Nizet, 1958.
Correspondance, présentée, établie et annotée par Jean Bruneau, 6 vol. : tome I (1830-1851), 1973 ; t. II (1851-1858), 1980 ; t. III (1859-1868), 1991 ; t. IV (1869-1875), 1998 ; t. V (1875-1880), 2007 ; index, 2007 (éd. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade).Édition en ligne-Université de Rouen.
Recueils
Correspondance, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », t. I à IV, édition établie par Jean Bruneau, 1973-1998 ; t. V édition établie par Jean Bruneau et Yvan Leclerc, 2007.
Œuvres complètes, 8 vol., 1884 (éd. Albert Quantin).
Œuvres de jeunesse,Œuvres complètes I, établie et annotée par Claudine Gothot-Mersch et Guy Sagnes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2001.
Œuvres complètes IV et V, sous la direction de Gisèle Séginger avec la collaboration de Philippe Dufour et Roxane Martin, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2021.
Les manuscrits et dossiers de préparation des œuvres majeures de Flaubert ont fait l'objet d'un don par sa nièce Caroline Flanklin Groult[34] en 1914 et 1931. Ceux-ci ont été répartis et dispersés entre les trois institutions suivantes : laBibliothèque historique de la ville de Paris, la Bibliothèque municipale de Rouen et laBibliothèque nationale de France. Aucun dossier de préparation n'est complet au sein d'une seule de ces institutions[35].
LaBibliothèque historique de la ville de Paris possède depuis 1914 deux manuscrits deL'Éducation sentimentale (le dit définitif et la copie préparée pour l'impression), ainsi que30 carnets autographes de notes de voyages, plans et schémas et de lectures, écrites de la main de l'écrivain.
La Bibliothèque municipale de Rouen possèdeBouvard et Pécuchet, les brouillons et le dernier manuscrit remis à l'éditeur pourMadame Bovary .
L'ensemble a été numérisé, regroupé et est disponible sur Gallica[36] avec par ailleurs des sites d'études académiques complets spécifiques aux œuvres, manuscrits ou dossiers[37],[38],[39].
Peinture
Thomas Couture réalisa un portrait de lui de format ovale, qu'il lui dédicaça et qui passa en vente publique à Paris le[40].
En 1986, le programme de télévisionSesame Street a rendu hommage à Gustave Flaubert. En effet, il a créé une écrivaine d'ourseFlo Bear (jeu de mots : Ourse Flo en français). Elle a apparu de la saison 18 à la saison 24 (sauf saison 19), en 16 épisodes[réf. nécessaire]
Gustave Flaubert est représenté sur un timbre français de 8 F dePaul-Pierre Lemagny (graveurCharles-Paul Dufresne), mis en circulation le 20 octobre 1952 et retiré de la vente le 21 mars 1953[42],[43]
Odonymie
En 2023, 310 rues, avenues (etc.) portent le nom de l’écrivain[44].
Centenaire de la naissance de Gustave Flaubert : cérémonies du ; discours de M. Edmond Haraucourt,Paul Bourget et Albert MockelLire en ligne
Hôtel littéraire
L'hôtel littéraire Gustave Flaubert (hôtel 4 étoiles) a été inauguré à Rouen le[46]. Il se situe 33 rue du Vieux-Palais, tout près de la place du Vieux-Marché.
Notes et références
↑L'acte de naissance est daté du, mais il précise que l'enfant est né la veille (« lequel m'a déclaré, que le jour d'hier, à quatre heures du matin, est né, en son domicile précité et de son mariage contracté, en cette ville, le dix février, mil huit cent douze, un enfant du sexe masculin, qu'il m'a présenté et auquel il a donné le prénom de Gustave »).L'acte de décès confirme le 12 décembre.
↑Didier Philippot,Gustave Flaubert, Presses Paris Sorbonne,(lire en ligne),p. 559.
↑Jean Cambier, « Gustave Flaubert et son double ou la dialectique des hémisphères dans la création artistique »,Histoire des sciences médicales,vol. XXX,no 1,,p. 104.
↑Gustave Flaubert. Voyage en Égypte, Édition intégrale du manuscrit original établie et présentée parPierre-Marc de Biasi, Grasset, 1991, 462 p.(ISBN978-2-24644-011-6).
« À ce tournant de son œuvre (Madame Bovary), une figure de romancier paraît s'être imposée à Flaubert : celle deBalzac. Sans trop forcer les choses, on pourrait dire qu'il s'est choisi là un père. […] CommeBalzac, il va composer des récits réalistes, documentés, à fonction représentative. La peinture de la province dansMadame Bovary, de la société parisienne dansL'Éducation sentimentale […] le thème du grand prédécesseur se reconnaît là. »
— C. Gothot-Mersch,Dictionnaire des littératures de langue française, Bordas,p. 810
« Même ceux qui ont honni et vilipendé la littérature populaire n'ont pas laissé d'être influencés par elle, puisqu'ils voulaient avant tout réagir contre elle. Il n'est pas d'art en apparence plus éloigné de la formule feuilletonesque que celui de Flaubert : mais justement pour cette raison, il ne serait pas inexact de dire que l'idéal de Flaubert est un antifeuilleton, et par conséquent que cet idéal a été déterminé par le feuilleton. Le roman-feuilleton nous disait Angelo de Sorr, contemporain de Flaubert, est un roman de vitesse ; le roman de Flaubert et de ses imitateurs sera souvent un roman de lenteur.Les Trois Mousquetaires sont un roman où il arrive toujours quelque chose ;l'Éducation sentimentale un roman où il n'arrive jamais rien. »
— « Le Roman policier », inLe Detective Novel et l'influence de la pensée scientifique, édition revue et annotée, Paris,Les Belles Lettres, coll. « Encrage/travaux », 2011, pp. [553-557] ; 557
« Car je commence mes grandes lectures pourBouvard et Pécuchet. Je t'avouerai que le plan, que j'ai relu hier soir après mon dîner, m'a semblé superbe, mais c'est une entreprise écrasante et épouvantable. »
— Lettre à sa nièce Caroline, 22 août 1872
.
↑a etbPierre-Marc de Biasi, introduction au texte de Flaubert, éditions Le Livre de poche classique.
↑Sophie Statius,« L’opinion de Flaubert sur la révolution de 1848. 1848 dans la Correspondance », dans Edward Castleton et Hervé Touboul,Regards sur 1848, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté,(ISBN978-2-84867-539-8,DOI10.4000/books.pufc.22599),p. 203-215
↑StéphanieDord-Crouslé, « De Caroline à Victorine : Flaubert pédagogue. L'éducation des filles par la lecture - pratique, théorie et fiction »,Cahiers Fablijes,no 1,(ISSN2999-9154,DOI10.35562/fablijes.156,lire en ligne, consulté le)
↑Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque municipale de Rouen, Bibliothèque historique de la ville de Paris, « Les manuscrits de Gustave Flaubert », surBibliothèque nationale de France.
Michel Brix,L'Attila du roman. Flaubert et les origines de la modernité littéraire, Paris : éditions H. Champion, 2010 (Collection Essais)(ISBN978-2-7453-2021-6).
Victor Brombert,Flaubert par lui-même, Collections Microcosme « Écrivains de toujours », Seuil, Paris, 1971 (remplace le volume de 1951).
Michel Butor,Improvisations sur Flaubert, La Différence, 1984.
Colloque deCerisy,La Production du sens chez Flaubert, Union générale d'éditions, Paris, 1975.