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Lafibule (du latinfibula signifiant agrafe, crampon, attache) est une agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement. Elle est généralement considérée comme l'ancêtre de l'épingle de sûreté. Les premières fibules apparaissent à l'âge dubronze final.
Utilisées par lesÉtrusques dès leurpériode orientalisante (VIIe siècle av. J.-C.), les fibules étaient surtout destinées à attacher desvêtements, certaines ayant pu jouer un simple rôle de broche décorative. C'est une amélioration par rapport au nœud ou à la simple aiguille moins fiable et qui se perdait plus facilement. Alors que la « tête » de la fibule était souvent décorée, « l'arc » ou « le corps », lui, comportait souvent des décorations plus élaborées et dans certaines cultures ces types de décorations pouvaient avoir des références symboliques ; elles ont pu être associées à un rang, une profession ou différencier les femmes mariées des femmes célibataires, des hommes, des guerriers ou des chefs.
Par exemple, la fibule étrusque deChiusi datée vers-630 et conservée au Louvre, porte une « inscription parlante » en granulation :« Je suis la fibule de Arath Velavesna, Mamurke Tursikina m'a donnée ». Ce sont les marques de propriété et celle du nom du donateur[1]. Certaines fibules romaines ont pu représenter un grade dans l'armée. Les fibules pouvaient aussi jouer le rôle d'amulettes pour conjurer le mauvais sort et certaines étaient déposées dans dessanctuaires, ou sur lesautels comme offrandes.
Paire de fibules de la reine Arnegonde (515-573), femme de Clotaire Ier (511-561), roi des Francs. Or et grenats, Gaule mérovingienne, vers 570. Découvert dans une tombe de Saint-Denis en 1959.
En Europe centrale, au début de l'époque dela Tène les fibules sont très souvent enbronze, fabriquées avec un procédé dit « àcire perdue », ou avec une technique dite de « chaudronnerie et martelage » d'une barre de métal, bronze ou fer alternant avec des phases de recuit pour augmenter l'élasticité de la partie mobile, le ressort.Une autre technique, pour des métaux plus souples, consistait à enrouler un fil de métal autour d'un clou en fer. Utilisée durant l'Antiquité par les Gaulois et les Romains, cette technique permettait entre autres de former la boucle et le ressort de la fibule.
Fibule à charnière typeépingle de nourrice, âge du fer, trouvée àBohuslän (Suède)L'enroulement d'un fil de métal (ensuitetrempé) lui confère les caractéristiques d'un ressort, qui conserve une forme décorative (double spirale) commune depuis la Préhistoire
Les premières fibules connues, de la fin de l'âge du bronze, ont généralement une forme d'arc et comportent une aiguille latérale évoquant les épingles de nourrice contemporaines.
Elles pouvaient avoir un corps rond, ovale, carré, plat ou torsadé.
Certaines portaient des perforations ou de petites décorations au niveau de l'arc. Des fibules de ce type ont été introduites dès leXIVe siècle av. J.-C. par lesMycéniens dans lePéloponnèse et se répandent dans toute laGrèce,Chypre et laSicile.
Le corps d'une fibule peut être en forme d'arc ou plat suivant sa forme basique. Un arc est généralement long et étroit et souvent très recourbé. Une fibule plate sera plus large et de forme plus solide. Le corps des fibules était souvent décoré et son extrémité composée d'un ressort ou d'une charnière. Suivant son origine culturelle la tête de la fibule pouvait être courbée vers le bas, le haut ou sur le côté.
L’aiguille (ou ardillon) utilisée pour attacher les vêtements peut être composée d'une pièce différente attachée au corps de la fibule, ou peut faire partie de cette même fibule.
L’aiguille peut être attachée à unressort ou à une petitecharnière. Leressort peut être spiralé, unilatéral ou bilatéral.
Le ressort unilatéral : il s'enroule dans un sens seulement et apparait tout d'abord vers leXIVe siècle av. J.-C.
AuIer siècle quelques fibules avaient leurs ressorts couverts par une extension du corps en métal, ces dernières sont connues commefibules à ressort caché ou couvert.
Serpentine : laculture de Villanova en Italie a introduit entre leVIIIe siècle av. J.-C. et leVIIe siècle av. J.-C. une série de variations de fibule enarc. Dans cette variation, l'arc commence à sa tête par une forme semi-circulaire mais se plie en angle droit. Cet arc était souvent décoré de nœuds ou de piquants gravés, et pouvait également être courbé envagues ou envrilles, cette variante est connue sous le nom defibule serpentine.
Sangsue : typique de la culture villanovienne d'Italie. L'arc présente un renflement qui fait ressembler la fibule à une sangsue.
Tène : les fibules du typeTène viennent de l'Europe centrale et sont très souvent enbronze, fabriquées par le procédé de lacire perdue ; elles sont composées de représentations d'animaux fantastiques et de visages humains à l'aspect de masques souvent placés sur la partie inférieure de la fibule.
Alésia : cette fibule est nommée « Alésia » car plusieurs exemplaires de ce type ont été découverts sur le site éponyme dans les niveaux du siège de l'an -52. Elle se caractérise par un arc plat de forme triangulaire ou ogivale, par un pied redressé et souvent percé d'un ornement transversal et par une charnière repliée vers l'intérieur. Sa présence sur le site d'Alésia au moment de la conquête de César permet de dater cet artefact des années 60 - 40 avant notre ère soit la période LTD2b. Si ces fibules marquent la fin de la période gauloise, elles présentent une innovation technique par rapport aux fibules protohistoriques : la fermeture à charnière. Cette caractéristique pourrait prouver l'origine romaine de ces fibules, apportées sur le territoire gaulois par les armées de César. Ces "fibules de soldat" se trouvent d'ailleurs sur des sites où la présence de militaires est attestée ou fortement probable (site duParc de La Grange à Genève, site de Sermuz et site du col des Étroits). À partir des années 40-20 avant notre ère, on peut cependant les trouver dans des contextes non militaires. Elles peuvent être à l'origine du type Aucissa[2].
Fibules en forme d'animal : les fibules romaines peuvent être décorées de manière remarquable, par exemple enémail coloré, et elles ont parfois des formes spéciales, par exemple des animaux. La fibule en forme d'animal avait en arrière une aiguille à charnière pour l'attacher aux vêtements.
Cruciforme : cette fibule appeléeZwiebelknopffibeln en allemand (fibule à tête d'oignon) se caractérise par un arc massif, un pied large et rectiligne et un système de charnière avec porte-ardillon en gaine. Le décor se compose de protubérances en forme d'oignon, parfois facetté aux extrémités des bras transversaux et de la tête. Elles ont une datation assez tardive. Les six types identifiés se succèdent chronologiquement des années 260 aux environs de 400 de notre ère. Ces fibules appartenaient à la panoplie des militaires où elles servaient à attacher leur manteau, lepaludamentum. On les retrouve donc quasi exclusivement en contexte militaire. Cela est également confirmé par l'iconographie : on en trouve une attachant le manteau militaire sur le diptyque deStilicon du trésor deMonza ou encore sur le manteau dusignifer Lepontius sur sa stèle conservée au musée de Strasbourg. Cette fonction militaire explique que l'on retrouve ces fibules dans l'ensemble de l'Empire jusqu'au Moyen-Orient et en Afrique.
Krâftig Profilierte : entre la fin duIer siècle jusqu'à la fin duIIe siècle apparaissent des fibules du type "Kraftige Profilierte". Elles sont constituées d'un large ressort bilatéral, d'une large tête souvent plate sertie par un ou plusieurs anneaux se prolongeant par une partie plus fine se finissant par une protubérance. Il existe trois types de fibules profilierte : la première, originaire dePannonie porte un double anneau sur son arc, la seconde provenant desBalkans n'est constituée que d'un simple anneau, et enfin, la dernière, originaire de lamer Noire, est constituée de deux anneaux mais ne porte pas de protubérance en son bout.
Fibule en forme de disque
Oméga : ces fibules « pennanulaires » (en anneau interrompu) se rattachent le plus souvent au groupe desbroches celtiques, caractéristiques des Îles Britanniques (IIIe – XIe siècle).
Arbalète : ce terme désigne un système de fermeture de fibule caractérisé par un nombre égal d'enroulements de fil de chaque côté de l'arc. On le retrouve sur des fibules datant duVe siècle avant notre ère mais également sur des fibules romaines, jusqu'auIVe siècle de notre ère.
Aquiliforme (en forme d'aigle) : les fibules à motif aquiliforme sont à classer dans la famille des fibules à motif zoomorphe qui représente en général soit un animal seul, soit deux animaux affrontés. Le motif de l'aigle se retrouve sur des fibules d'époque gallo-romaine, où l'animal symbolise l'armée romaine. Il est représenté le plus souvent avec la tête de profil et le corps de face avec les ailes déployées. On retrouve ce motif jusqu'auxVe et VIe siècles de notre ère sur des fibules cloisonnées, chef-d’œuvre de l’orfèvrerie wisigothique et mérovingienne.
↑I. Fauduet,Notes sur la technique des fibules gallo-romaines « à queue de paon », Revue archéologique du Centre de la France, tome 18, fascicule 3-4, 1979, p. 149-152.Lire en ligne