Située dans le delta duPô sur le bras nomméPô de Volano, la cité actuelle remonte auXIVe siècle, alors qu'elle était gouvernée par la familled'Este. Son centre historique figure aupatrimoine mondial de l’UNESCO depuis1995. Sa population est d'environ 130 800 habitants en 2022.
Les origines de Ferrare sont incertaines. Uncastrum byzantin, qui semble former le noyau originel de la ville, y est mentionné auVIe siècle[2]. Son nom paraît pour la première fois dans un document d'Aistulf, roi des Lombards, datant de 754, comme faisant partie de l’exarchat deRavenne. En 757, après l'intervention dePépin le Bref contre leroyaume des Lombards, leducatus Ferrariae est offert au pape qui le cède en 986 au marquis deToscaneTedaldo di Canossa, comte deModène et deCanossa, neveu de l'empereurOthon Ier, qui y fait construire un château à son nom[2]. Devenue indépendante et dirigée par la famille des Adelardi, elle fut assiégée et prise en 1101 par lacomtesse Mathilde.
Nicolas III (1393-1441), qui a fait de Ferrare une importante cité de plus de 30 000 habitants grâce à des alliances matrimoniales judicieuses, une diplomatie habile, une administration efficace et des dépenses fastueuses, hébergea en 1438 leconcile œcuménique du papeEugène IV. La cité connait alors son heure de gloire. Il est le véritable fondateur de la cité qui pendant son long règne a doublé en superficie et en nombre d'habitants. C'est alors l'une des principales puissances d'Italie du Nord, passage obligé entre laLombardie et lesÉtats du pape[2]. Son filsBorso d'Este reçut les fiefs deModène etReggio de l'empereurFrédéric III du Saint-Empire, devenant duc en 1452, pour être ensuite faitduc de Ferrare en 1470 par le papePaul II. Toutes les fonctions politiques, religieuses et économiques se concentrent au cœur de la cité, sur laPiazza où se situe le palais des Este. La statue d'Alberto d'Este, première œuvre humaniste, est érigée en 1393 sur la façade de la cathédrale, reflétant l'ancienneté et la solidité de l'emprise seigneuriale de la famille sur la ville[2].
En 1430, l'humanisteGuarino de Vérone est nommé précepteur des enfants de la maison d'Este. Ses enseignements, qui attirent de nombreux jeunes hommes à Ferrare, deviennent publics en 1436 par la volonté du prince. Traducteur de Pline, Strabon, Cicéron et Plutarque, il offre à ses élèves une éducation humaniste, très différente de la scolastique médiévale.
Ferrare est le cœur de la seigneurie. Peuplée d'environ 35 000 habitants, elle accueille un sujet du duché sur six. La cour y est nombreuse, ainsi que les marchands et les artisans attirés par son marché. Nicolas III est figuré à cheval et en armure au centre de laPiaza pour commémorer ses victoires sur les seigneurs féodaux ducontado, tandis que Borso trône devant lePalazzo della Ragione, un sceptre à la main, représenté en prince rendant la justice[2].
Par la Dévolution de 1598, la ville et son territoire, abandonnés par lesEste passent sous le contrôle politique et administratif direct du Saint-Siège jusqu'à son intégration dans leroyaume de Sardaigne en 1859.
À l'ordre souverain de Malte, cet « État sans territoire », le papeLéonXII accorde en 1826 un couvent et une église à Ferrare. En 1834, l'Ordre réduit à un état-major s'installe définitivement àRome.
Le monument le plus important est lechâteau d'Este, appelé aussi « château Saint-Michel », un édifice en briques à plan carré doté de quatre tours défensives, situé en plein centre-ville. Il fut construit à partir de 1385 et partiellement restauré à partir de 1554. Près du château, on peut voir l’arcispedale Sainte-Anne, où fut relégué Torquato Tasso dit « Le Tasse » en 1579-1586.
Face à la cathédrale se trouve lePalazzo della Ragione (« palais de la Raison »), construit en briques dans le style gothique en 1315-1326.
Tout près se trouve le siège actuel de l’Université, tandis que son ancien siège, lePalazzo Paradiso (1391), abrite aujourd'hui laBiblioteca Civica Ariostea dans laquelle se trouve la collection la plus complète des éditions de l'Orlando Furioso et quelques lettres duTasse ainsi que la Bible qui appartint au frère dominicainJérôme Savonarole[4]. La maison deL'Arioste fut construite par l'écrivain à partir de 1526 ; il y mourut en 1532.
UneVierge à l'Enfant datée de 1400-1405, peinte parGentile da Fabriano est conservée dans la pinacothèque nationale. La ville est également fière de son importante collection municipale d'œuvres de peintres locauxGiovanni Boldini (Ferrare, 1842-Paris, 1931) etFilippo De Pisis (Ferrare, 1896-Milan, 1956) et organise des expositions d'art internationales de très haut niveau dans lePalazzo dei Diamanti, chef-d'œuvre architectural duXVe siècle dû àBiagio Rossetti.
Autres manifestations :1000 Milles automobiles (en mai),Ferrara Buskers' Festival (dernière semaine d'août),Premio Letterario Estense (fin septembre).
La ville est aujourd'hui un important centre universitaire, un pôle hospitalier et une des cités d'art mineures les plus visitées en Italie.Sonenceinte fortifiée de la Renaissance, de plus de neuf kilomètres de long, peut être entièrement parcourue à pied ou à bicyclette.
Girolamo Savonarola (Jérôme Savonarole) (Ferrare 21 septembre 1452 - Florence 23 mai 1498), prédicateur dominicain dénonçant les mœurs corrompues de son époque. Emprisonné et envoyé au bûcher à l'âge de 45 ans.
Luigi Bigi Pittorio (1452 ou 1454 - vers ou avant 1525), poète et humaniste.
Ludovico Mazzolino (Ferrare, 1480 - Ferrare, 1528), peintre de l'école de Ferrare, actif à Ferrare et à Bologne.
↑abcdef etgSophie Cassagnes-Brouquet, Bernard Doumerc,Les Condottières, Capitaines, princes et mécènes en Italie,XIIIe – XVIe siècle, Paris, Ellipses,, 551 p.(ISBN978-2-7298-6345-6), Este de Ferrare et Gonzaga de Mantoue (page 179)
↑Caroline Lemaître, « Actualités Italie »,Connaissance des Arts,no 615,, p.36
Julie Chaizemartin,Ferrare, joyau de la Renaissance italienne, préface deGuillaume Durand, photographies de Marie Lopez-Vivanco, Éditions Berg International, 2012