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Fernando Henrique Cardoso

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Pour les articles homonymes, voirFHC etCardoso.

Fernando Henrique Cardoso
Illustration.
Portrait officiel de Fernando Henrique Cardoso (1999).
Fonctions
Président de la république fédérative du Brésil

(8 ans)
Élection3 octobre 1994
Réélection4 octobre 1998
Vice-présidentMarco Maciel
GouvernementCardoso I etII
PrédécesseurItamar Franco
SuccesseurLuiz Inácio Lula da Silva
Ministredes Finances

(10 mois et 11 jours)
PrésidentItamar Franco
PrédécesseurEliseu Resende
SuccesseurRubens Ricupero
Ministre des Relations extérieures

(7 mois et 15 jours)
PrésidentItamar Franco
PrédécesseurCelso Lafer
SuccesseurLuiz Felipe Lampreia
Sénateur de Brésil

(9 ans, 6 mois et 20 jours)
CirconscriptionSão Paulo
Biographie
Date de naissance(94 ans)
Lieu de naissanceRio de Janeiro,État de Rio de Janeiro (Brésil)
NationalitéBrésilienne
Parti politiquePSDB
ConjointRuth Cardoso
Diplômé deUniversité de São Paulo
ProfessionSociologue
Professeur
Politologue
Écrivain
ReligionAthée[N 1] ou religieux[N 2]

Signature de

Image illustrative de l’article Fernando Henrique Cardoso
Présidents de la république fédérative du Brésil
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Fernando Henrique Cardoso — parfois désigné par ses initiales, « FHC » —, né le àRio de Janeiro, est unhomme d'Étatbrésilien,président de la république fédérative du Brésil de 1995 à 2003.

Opposé aucoup d'État de 1964, il s'exile avant de rentrer au Brésil en 1968. Membre duParti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), il devientsénateur fédéral en 1983 et participe à la fondation duParti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) en 1988.

Sous la présidence d'Itamar Franco, il estministre des Relations extérieures (1992-1993) puisministredes Finances (1993-1994). Dans le cadre de cette dernière fonction, il conduit un plan qui permet de stabiliser l'économie brésilienne, ce qui le rend très populaire au sein de l'opinion publique.

Il est élu président de la République au premier tour de scrutin en 1994 et 1998, devançant à chaque fois largement son plus proche adversaire,Luiz Inácio Lula da Silva. Pendant son premier mandat, il poursuit ses réformes libérales et réussit à maintenir l'inflation à un faible niveau. Son second mandat est marqué par des crises économiques, provoquant une baisse de sa popularité. Alors qu'il est le premier président brésilien à avoir effectué deux mandats complets, Lula da Silva lui succède.

Fernando Henrique Cardoso est aussi unsociologuepolyglotte ayant publié de nombreux ouvrages et enseigné dans des universités au Brésil, enFrance, auRoyaume-Uni et auxÉtats-Unis. Dans les années 1980, il préside notamment l'Association internationale de sociologie.

Situation personnelle

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Famille

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Fernando Henrique Cardoso enfant avec son père lors des années 1930.

Né à Rio de Janeiro, il a vécu principalement àSão Paulo. Il est veuf et père de trois enfants.

Carrière académique

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Après des études de sociologie, il est professeur descience politique et de sociologie à l'université de São Paulo. En 1969, il publie l'ouvrageDépendance et développement en Amérique latine avec le sociologue chilienEnzo Faletto ; cet ouvrage a un impact considérable[réf. nécessaire]. Il est président de l'Association internationale de sociologie de 1982 à 1986.

Il est membre de l'Institute for Advanced Study, membre honoraire étranger de l'Académie américaine des arts et des sciences. Il est aussi directeur des études associé de l'École des hautes études en sciences sociales et professeur invité auCollège de France, à l'université Paris VIII puis à l'université Paris X. Il a aussi enseigné dans de nombreuses universités américaines, notamment l'université Stanford et l'université de Californie à Berkeley.

Fernando Henrique Cardoso est nommé pour cinq ans, en 2003, professeur auWatson Institute for International Studies de l'université Brown. Il est un membre fondateur du Center on Public Dipomacy's Advisory Board de l'université de Californie du Sud. En, il donne la quatrièmeKissinger Lecture annuelle de laBibliothèque du Congrès sur la politique étrangère et les relations internationales sur le sujetDépendance et développement en Amérique latine.

En 2005, Cardoso est classé par le magazine britanniqueProspect dans la liste des cent un plus grands intellectuels vivants.

Fernando Henrique Cardoso compte parmi les membres fondateurs duCollegium international éthique, politique et scientifique. Il est en outre membre du comité d'honneur de laFondation Chirac[1], lancée en 2008 pour agir en faveur de la paix dans le monde.

Parcours politique

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Débuts

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Membre duMouvement démocratique du Brésil (MDB), parti de l'opposition officielle sous la junte militaire, il se présente comme suppléant deFranco Montoro à l'élection sénatoriale de 1978 dans l'État de São Paulo. Lorsque ce dernier devientgouverneur de São Paulo en 1983, Fernando Henrique Cardoso lui succède commesénateur fédéral. Il est réélu en 1986, sous l'étiquette duParti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), successeur du MDB.

En 1988, avec un groupe de parlementaires, il quitte le PMDB pour former leParti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Il préside le groupe du PSDB au Sénat jusqu'en octobre 1992.

Fonctions ministérielles

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D'octobre 1992 à mai 1993, il est ministre des Affaires extérieures sous la présidence d'Itamar Franco (PMDB). De mai 1993 à mars 1994, il est ministre des Finances et initie leplan réal afin de juguler l'inflation, qui culminait à 6000 % en 1993.

Auréolé par le succès du plan réal, Cardoso décide de se présenter à l'élection présidentielle de 1994.

Président de la République

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Élection et investiture

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Prestation de serment de Fernando Henrique Cardoso.

Fernando Henrique Cardoso remporte l'élection présidentielle de 1994 dès le premier tour de scrutin, avec 54,3 % des suffrages. Pendant la campagne, il est notamment soutenu par le patronat et bénéficie d’appuis politiques, économiques et médiatiques considérables[2]. Le candidat arrivé en deuxième position,Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des travailleurs), obtient 27,0 % des voix, ce qui permet à Fernando Henrique Cardoso de l’emporter avec la plus forte avance jamais obtenue par un candidat victorieux dans l’histoire du Brésil[3].

Le, Fernando Henrique Cardoso est investi président de la République fédérative du Brésil[4]. La situation du pays, engagé dans une politique de forte libéralisation de l'économie, est alors compliquée : hyperinflation, fortes inégalités sociales, importantes violences urbaines[4]. Dans son gouvernement, il intègre un membre du Parti des travailleurs de son adversaire Lula da Silva[4]. La coalition gouvernementale comprend son parti — le PSDB, initialement de centre gauche mais qui évolua vers le conservatisme sous son mandat présidentiel — et des partis de la droite traditionnelle. Il dispose immédiatement d’une majorité absolue au Congrès.

Politique intérieure

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Situation économique
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Fernando Henrique Cardoso en 1998.

Bien que se réclamant de lasocial-démocratie, le gouvernement de Cardoso prend des mesures économiqueslibérales, comme la privatisation de plusieurs dizaines d'entreprises publiques[5], et maintient la politique économique d'ouverture du pays au capital étranger établie par ses prédécesseurs à partir des années 1990. Il mène une politique d’austérité budgétaire, en particulier lors de son second mandat. Ses opposants dénoncent des coupes budgétaires massives dans les domaines de la santé et de l'éducation, ainsi que sa politique de « flexibilisation » de la main-d’œuvre, qui laisse nombre de salariés sans contrats formels. Ainsi, le taux d'emplois formels chute de 53,7 % en 1991 à 45 % en 2000[2].

La fin de sa présidence souffre de la crise économique mondiale ayant débuté par lacrise asiatique etaffectant plusieurs pays d’Amérique du Sud. En raison du risque de provoquer une dégradation de la position des banques internationales, en particulier américaines, leFonds monétaire international (FMI) accepte d’accorder au pays deux emprunts, de 10 et 30 milliards de dollars[2] et les États-Unis baissent les taux d’intérêt. Cependant, les difficultés sont aggravées par une crise spéculative contre le real et par des blocages politiques et institutionnels, qui ne permettent pas au plan d’austérité de Cardoso d’être adopté dans les temps[6].

En effet, Fernando Henrique Cardoso a été élu avec le soutien d'une alliance hétéroclite comprenant son parti, lePSDB (de centre-gauche), ainsi que deux partis de centre-droit, leParti du front libéral (PFL) et leParti travailliste brésilien (PTB). Le plus grand parti du Brésil, le parti centristePMDB, rejoignit la coalition après l'élection présidentielle, de même que leParti progressiste (PPB) (droite) en 1996. La cohésion de cette large coalition est assez faible, les parlementaires ne votant pas toujours en accord avec le gouvernement. Ainsi, bien que la coalition possédait une large majorité dans les deux chambres, le président a des difficultés à obtenir suffisamment de soutien pour ses projets prioritaires. Des réformes majeures, comme la réforme fiscale et la réforme de la Sécurité sociale, ne peuvent être que partiellement réalisées, et ce après de très longs débats.

Le gouvernement se coupe peu à peu des classes moyennes : la hausse du chômage, du secteur informel et la détérioration des services publics entrainent la « prolétarisation  » d'une partie de celles-ci. Les classes populaires présentes dans la périphérie des grandes villes sont également victimes de la dégradation de l'économie, mais aussi des escadrons de la mort et de la discrimination[2].

Évolution de la popularité de Fernando Henrique Cardoso durant sa présidence (1995-2003).

L'économiste américainJeffrey Sachs estime en 2004 qu'« une grande partie du mérite du redressement du Brésil revient non àLula mais à son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso », qui a selon lui apporté « quatre contributions majeures »[7] :

Les mesures que parvient à faire adopter Fernando Henrique Cardoso sont différemment jugées. Plusieurs économistes mettent à son crédit la fin de l'inflation : après une décennie d’hyper-inflation qui culmine à 5 000 % en 1994, la hausse des prix est ramenée à 25 % dès 1995, ce qui profite aux plus modestes[5]. D'autres soulignent l’augmentation du chômage (de 10,5 % en 1994 à 13 % en 2002)[8], de la dette (62 % du PIB en 2002, bien que celle-ci soit majoritairement détenue par des résidents)[6] et le fait que la monnaie nationale — victime d’attaques spéculatives — ne représente plus en 2002 que 25 % de la valeur qu'elle détenait face au dollars en 1994[9]. Le sociologueEmir Sader juge Cardoso responsable d'un « désastre social qui fait du Brésil l’un des pays les plus inégalitaires du monde »[2].

OpérationCondor
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En 2000, il ordonne la déclassification d'une partie des documents militaires concernant l’opérationCondor. Cette décision est considérée comme étant un premier pas de réconciliation entre l’armée et la population[10].

Relations internationales

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Fernando Henrique Cardoso etVladimir Poutine en 2002.

Grâce à son passage au ministère des Affaires extérieures et son aura mondiale de sociologue, Fernando Henrique Cardoso est respecté sur le plan mondial. Il noue notamment des amitiés avecBill Clinton etErnesto Zedillo.

Réélection en 1998

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Après avoir fait amender la Constitution afin de permettre au président de briguer un second mandat, Fernando Henrique Cardoso est réélu le. Il l’emporte une nouvelle fois au premier tour, avec 53,1 %, contre 31,7 % pour son concurrent le plus proche, Luiz Inácio Lula da Silva.

Départ de la présidence

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Fernando Henrique Cardoso transmettant le pouvoir àLuiz Inácio Lula da Silva, le1er janvier 2003.

En 2003, Luiz Inácio Lula da Silva succède à Fernando Henrique Cardoso, après avoir battu au second tour, avec 61,3 % des voix, le candidat du parti présidentiel,José Serra.

Après la présidence

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En mars 2016, il se prononce en faveur de ladestitution de la présidenteDilma Rousseff[11]. Face àJair Bolsonaro, il soutient la candidature de son ancien adversaireLula à l'élection présidentielle de 2022[12].

Allégation de corruption

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Il est soupçonné d'avoir reçu des sommes considérables du secteur privé en échange de privatisations d'entreprises publiques au cours de sa présidence[13].

Décorations

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Décorations brésiliennes

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Décorations étrangères

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Notes et références

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Notes

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  1. « C'est surtout lorsqu'il est interrogé par le journaliste Boris Casoy [durant la campagne pour la préfecture de São Paulo en 1985] lors d'un débat télévisé qu'il va commettre une de ses plus grosses gaffes. Quand Boris Casoy lui demande en effet s'il croit en Dieu, il paraît désarmé ne sachant plus quoi dire. Il hésite et surtout répond :- Mais nous étions convenu que vous ne me poseriez pas cette question ! »Fernando Henrique Cardoso: Le Brésil du possible, Brigitte Hersant Leoni, pp. 176-177
  2. Folha de S. Paulo, 2006 :FHC, que chegou a ser chamado de ateu, disse gosta de ir à missa. "Às vezes até ouço pela TV. Tenho um rosário na minha cabeceira. Acho que a religião está fazendo falta. FHC, à qui il arrive qu'on l'appelle athée, dit apprécier aller à la messe. « Parfois j'écoute à la télé. J'ai un rosaire sur mon chevet. Je trouve que la religion manque. »

Références

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  1. Comité d'honneur de la Fondation Chirac
  2. abcd ete« Huit années qui ont laminé le Brésil »,Le Monde diplomatique,‎(lire en ligne, consulté le)
  3. Dieter Nohlen,Elections in the Americas: A data handbook, Volume II, 2005,p. 233(ISBN 978-0-19-928358-3)
  4. ab etc« Brésil : deux sociétés, un projet »,Le Monde diplomatique,‎(lire en ligne, consulté le).
  5. a etbRobert Storm, « Le Brésil emporté par la crise »,regards.fr,‎(lire en ligne, consulté le)
  6. a etbQuenan, Carlos, « Brésil : la crise financière dans les rets du calcul politique »,Critique internationale,Persée,vol. 5,no 1,‎,p. 38–45(DOI 10.3406/criti.1999.1492,lire en ligne, consulté le).
  7. Jeffrey Sachs, « La déferlante brésilienne », inLes Échos, 9 février 2004, page 15.
  8. https://www.theglobaleconomy.com/Brazil/Unemployment_rate/
  9. Alain Sand-Zantman, Jérôme Trotignon, « Brésil : L'héritage de Fernando Henrique Cardoso »,OFCE,‎
  10. Nathalie Gravel,Géographie de l'Amérique latine : Une culture de l'incertitude,, 374 p.(ISBN 978-2-7605-2410-1,lire en ligne),p. 225.
  11. « Brésil : l'ex-président Cardoso pour la destitution de Dilma Rousseff »(consulté le)
  12. https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/lula-beneficie-de-nombreux-soutiens-entre-les-deux-tours-1867395
  13. (es) Redacción EsquerdaDiário, « El expresidente brasileño Fernando Henrique Cardoso fue denunciado por corrupción »,La Izquierda Diario,‎(lire en ligne)

Liens externes

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