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| Enfants | Irène Vildé-Lot(d) Marianne Mahn-Lot Éveline Lot-Falck |
| A travaillé pour | Université de Paris(en)(- École pratique des hautes études(- |
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Ferdinand Lot, né le auPlessis-Piquet et mort le àFontenay-aux-Roses, est unhistorienmédiéviste français. Il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1924.
Il est né à Plessis-Piquet (maintenantLe Plessis-Robinson). Il venait d'avoir six ans lorsque son père mourut le. Après ce décès, sa mère se réinstalla àParis où il passa toute sa scolarité. Il fut élève aucollège Saint-Barbe-des-Champs puis à partir d'octobre 1879 aulycée Louis-le-Grand. Il obtint le baccalauréat, mention philosophie, en août 1885.
Il est l'arrière-petit-fils du généralMichel Ordener, inhumé auPanthéon de Paris.
Il fut reçu troisième au concours de l'École des chartes en octobre 1886. À l'École des chartes, il rencontra le professeur qui allait avoir une influence décisive sur lui,Arthur Giry. Le27 janvier1890, Lot soutint sa thèse d'École des chartes consacrée auxDerniers Carolingiens (Louis V,Lothaire etCharles de Lorraine). Cette thèse fut jugée la meilleure de sa promotion et fut publiée dans laBibliothèque de l'École pratique des hautes études en1891 et reçut le secondprix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en1892.
Le 26 avril 1904, Lot soutiendra, devant la Faculté des lettres de Nancy, une thèse consacrée àHugues Capet, assortie d'une thèse complémentaire intituléeFidèles ouvassaux, consacrée aux relations entre le roi et les grands à la fin duXe siècle.
Il fut nomméarchiviste-paléographe par un arrêté ministériel du. Il fut affecté à la bibliothèque de l'université de Paris où, après un stage de trois ans sans traitement, il fut nommé sous-bibliothécaire le. Il passa dix ans à la bibliothèque de laSorbonne. Parallèlement à ses activités de bibliothécaire, il s'initia auxlangues celtiques en suivant les cours auCollège de France et à l'École pratique des hautes études, ce qui fit dire à son supérieur, Chantepie, au moment de sa titularisation, « Je ne suis pas éloigné de croire qu'il penchera toujours plutôt du côté du travail personnel que de la pratique ». Les années passées à laBibliothèque de la Sorbonne permirent à Lot de se lier avec des historiens réputés de son temps commeCharles Seignobos etCharles-Victor Langlois. En 1899, la mort de Giry bouleverse le plan de carrière de Ferdinand Lot. En effet, sur son lit de mort, Giry avait désigné Lot comme son disciple le plus capable de prendre sa succession à l'École pratique des hautes études. Conformément à ce vœu, Lot fut appelé à remplacer son ancien maître et devintmaître de conférences à l'École pratique des hautes études, le.
En, il succéda àArthur Giry à l'École pratique des hautes études. En, il fut nommé maître de conférences à laFaculté des Lettres de Paris[1]. En1920, il fut nommé professeur titulaire dans une chaire d'histoire du Moyen Âge de cette même faculté. En 1924, il était élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Enfin, à la suite de sa mise en retraite, il termina son enseignement à la Sorbonne en mars 1937.
Déçu par ses premières années d'enseignement, il publia en 1912 dans laGrande revue un article très critique intitulé « Où va la Faculté de Lettres de Paris ? ». Il y soulignait que les étudiants étaient peu nombreux et se dispensaient d'assister au cours. Il rendait responsable de cette situation la place exclusive que tenait dans l'enseignement la préparation de lalicence et du concours de l'agrégation. En outre, il soulignait l'absence regrettable deséminaire, véritable centre de travail collectif. La réforme de 1920 qui créa unelicence d'histoire avec quatre certificats (trois pour l'histoire découpée en ses trois tranches traditionnelles et un pour la géographie) permit de renouveler le public des Facultés de Lettres et répondit en partie aux attentes de Lot. En revanche, ne pouvant créer un séminaire à la Sorbonne, Lot invitait ses étudiants à ses conférences à l'École pratique des hautes études, dont certaines prenaient la forme d'une sorte de séminaire.
Il commença par poursuivre les projets initiés par Giry, à savoir la publication des annales d'une part, desdiplômes d'autre part, dessouverains carolingiens qui avaient régné sur la France de840 à987. Toutefois, la publication des diplômes deCharles le Chauve fut confiée par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à un autre élève de Giry,Maurice Prou. Pour ce qui est desAnnales, Giry, partant de la mort deLouis le Pieux en 840 avait fait une série de conférences portant jusqu'à l'année865 mais n'avait laissé aucune note pour une éventuelle publication. Donc, il fallait reprendre le travail à zéro. Dans ses conférences à l'École pratique des hautes études, Lot commença par poursuivre ce qui avait été fait par Giry et étudia, pour trois ans, lesAnnales de 865 à877. Mais, à partir de 1904 et 1905, il revint à l'étude desAnnales pour la période entre 840 et 865. Pour mener à bien la rédaction desAnnales, il avait recruté une équipe de collaborateurs, anciens chartistes pour la plupart. Lui-même publia dès 1902, un fragment desAnnales correspondant à l'année866. Mais, dès 1906, il devait constater que la plupart de ses collaborateurs ne lui avaient pas remis leurs travaux. Le projet était mal-en-point. Heureusement, à partir de 1906, il put bénéficier de la collaboration deLouis Halphen, un jeune chartiste qui venait de passer deux ans à l'École française de Rome. Grâce à ce soutien, le premier volume desAnnales consacré à la période 840–851 paraissait au début de l'année 1909. La publication d'un second volume consacré à la période 851–860 était annoncée pour la fin de l'année. Il ne vit jamais le jour comme le troisième volume (860–877).
Renonçant après 1909 à la publication desAnnales deCharles le Chauve, Lot s'intéressa à d'autres sujets que l'érudition carolingienne. Il s'intéressa notamment à la conquête de la Grande-Bretagne celtique par lesAnglo-Saxons et à l'histoire de l'établissement desBretons enArmorique.
Tout en poursuivant ses études sur l'époque carolingienne et notamment lescapitulaires deCharles le Chauve, Ferdinand Lot aborda de nouveaux thèmes d'étude. Il s'intéresse aux romans de la Table Ronde publiant en 1918 uneÉtude sur le Lancelot en prose très remarquée qui reçoit le premierprix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il s'intéresse à la démographie d'abord pour l'époque carolingienne à partir de l'étude dupolyptyque d'Irminon, puis pour le Moyen Âge plus tardif, en étudiant l'état desfeux de1328. Il fait même une incursion dans le domaine des finances en étudiant avec Robert Fawtier le premier budget de la monarchie française, le compte de 1202 et 1203. Pendant ce temps, il publie en 1927 une grande synthèse historique destinée à un large public cultivéLa fin du monde antique et le début du Moyen Âge.
Élu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1924, Lot se vit confier la direction pour la France du projet duNouveau Du Cange. Ce projet, lancé en 1920 par l'union internationale des Académies siégeant à Bruxelles, consistait à établir un nouveau dictionnaire du latin médiéval pour remplacer leGlossarium mediae et infimae latinitatis deCharles du Fresne, sieur du Cange. En France, le projet avait pris un certain retard puisqu"il avait été confié àHenri Goelzer, professeur de latin à la Sorbonne, dont les étudiants étaient intéressés surtout par le latin classique. C'est grâce à Lot que le projet duNouveau Du Cange, pour ce qui concerne la France, put être mené à bien.
Après sa retraite de l'université en 1937, il se consacra à écrire des ouvrages destinés au grand public cultivé,Les invasions germaniques en 1935,Les invasions barbares en 1937,La France des origines à la guerre de Cent ans en 1941,La Gaule en 1947 etLa Naissance de la France en 1948. En même temps, il abordait de nouveaux domaines d'études, l'histoire militaire et l'histoire urbaine.
Il avait une très haute conception de l'histoire dans laquelle il voyait la mémoire de l'humanité, faculté qui différencie l'espèce humaine et lui confère sa dignité suprême. Pour lui, le propre de l'histoire est le changement ; des « éléments perturbateurs » peuvent ainsi provoquer de brusques changements de l'orientation de l'histoire, comme la conversion deConstantin. De fait il condamnait lematérialisme historique ainsi que l'emploi du terme « évolution » en histoire.
Il portait un jugement très sévère sur l'histoire romantique et notamment surAugustin Thierry. Il lui oppose une histoire critique conforme aux principes dégagés parCharles Seignobos etCharles-Victor Langlois.
Pour Lot, l'histoire est tout à fait imprévisible, et un régime politique peut mourir victime des principes-mêmes qui l'ont inspiré. L'exemple caractéristique fut le monde carolingien :Charlemagne développa lavassalité pour renforcer son pouvoir. Cependant, sous ses successeurs, le développement de la vassalité contribua à l'affaiblissement du roi. Lot n'hésite pas d'ailleurs à écrire : « C'est une loi de nature que tout régime creuse sa propre tombe. »
Si l'histoire est changement, l'historien doit toutefois tenir compte de fondements permanents. Lot, passionné d'ethnologie dans sa jeunesse, a accordé une place importante au problème de la psychologie des peuples.
Il était l'époux deMiropia, ou Myrrha, Borodine (1882-1957), spécialiste de la quête duGraal. Elle demeura à l'étage de l'ancienne maison du chirurgienAntoine Petit auno 53rue Boucicaut àFontenay-aux-Roses[2]. Elle est morte à côté, dans la maison de repos de Mademoiselle Blanc auno 1 rue Jean-Jaurès[3].Les deux époux reposent aucimetière de Fontenay-aux-Roses.
Il est le père de trois filles :Marianne, Irène etÉveline, respectivement linguiste, historienne et ethnologue. Marianne a été l'épouse deJean-Berthold Mahn, Irène fut celle deBoris Vildé, et Éveline s'est mariée avecRoger Falck, avec qui elle a eu un fils,Yvain Falck.[4]