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Ferdinand Alquié, né le àCarcassonne et mort le àMontpellier, est unphilosophefrançais[1].
Ferdinand Alquié est né dans une famillecatholique etroyaliste de viticulteurs. Son père est professeur au lycée deCarcassonne. Il étudie lui-même dans ce lycée et dans cette ville, où il fait la connaissance deRené Nelli etJoë Bousquet lesquels l'influenceront dans son intérêt pour lalittérature et pour lesurréalisme[2],[3],[4].
Dans son journal de 1927[5], il raconte sa petite enfance, en particulier ses premières expériences desexualité dès l'âge de cinq ans (lamasturbation, l'homosexualité, le fantasmeanal, les rapports multiples avec les femmes, lesprostituées) et ses difficultés à concilier sa « nature d'homme » et son désir avec la foi et l'éducation catholiques. Il éprouve cette contradiction en particulier lors de sapremière communion. Il ne se confesse qu'à l'âge de quinze ans et considère alors comme péché l'amour des femmes, la musique et la pitié. Puis, il entre en philosophie et se livre ausatanisme[6]. Il fait l'expérience de l'écriture automatique appréhendée comme forme de libération et acceptation de la nature.
En 1924, Alquié part étudier àParis. Il est interne aulycée Louis-le-Grand. Il reprend à nouveau la voie mystique et se rapproche du cercle catholique autour deMarc Sangnier en cessant toute relation sexuelle avant d'entreprendre sa « conversion à rebours » pour devenir finalement « naturaliste » en acceptant son désir.
Il décrit son existence comme partagée entre l'amour du réel et la haine du réel. L'amour du réel est la base de sa vocation philosophique (« principe de réalité »). Dès l'âge de dix ans, Alquié est convaincu par lecogito deRené Descartes. Le rêve, la poésie et lesurréalisme sont, au contraire, des réponses à l'insatisfaction du réel (« principe de l'imaginaire »).
En 1927-1928, il poursuit ses études à lafaculté des lettres de Paris. Il est en même temps surveillant à l'École Bossuet àParis. Il fait partie du groupe, composé deFrançois-Paul Alibert,Joë Bousquet, Claude-Louis Estève etRené Nelli, qui crée, en 1928, la revueChantiers puis collaborera à la revueLes Cahiers du Sud.
Il commence sa vie d'enseignant àSaintes en 1929. Reçu premier à l'agrégation de philosophie en1931[7], il enseigne aulycée Rollin, actuellycée Jacques-Decour, où il a comme élève le futur poèteRouben Mélik.
En mai 1933 paraît, dans la revueLeSurréalisme au service de la Révolution, une lettre dans laquelle Alquié dénonce « le vent de crétinisation systématique qui souffle d'URSS ». Cette publication entraîne l'exclusion d'André Breton etPaul Éluard duParti communiste français[8]
En 1940, il est nommé en classe préparatoire aulycée Condorcet, à Paris, à la place deHenri Dreyfus-Le Foyer, suspendu en même temps que cinq autres enseignants, en application du nouveau « Statut des Juifs ». En octobre 1941, cet emploi est attribué àJean-Paul Sartre et lui-même est nommé aulycée Louis-le-Grand, à Paris, avant d'être nommé à l'université de Montpellier, et finalement à laSorbonne où il compte parmi ses élèvesGilles Deleuze.
En 1945, il épouse Denise Bouland (1914-1994) avec qui il vit pendant 40 ans dans une harmonie exemplaire.
En 1955, il publiePhilosophie du surréalisme, à propos d'un mouvement pour lequel il se passionne depuis sa jeunesse. Ferdinand Alquié a publié des ouvrages surRené Descartes,Emmanuel Kant etBaruch Spinoza. Il est cité comme consultant au générique du film deRoberto Rossellini « Cartesius » (1973), sur la vie de Descartes.
L’Académie française lui décerne leprix Dumas-Millier en 1967 et leprix d’Académie en 1982 pour l'ensemble de son œuvre.
Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1975.Jean Guitton lui succède en 1987[9].
Il meurt le 28 février 1985 à Montpellier[10].
On l'a souvent opposé à tort àMartial Gueroult, notamment au cours d'une polémique au sujet de Descartes : Alquié voit en Descartes avant tout le geste philosophique, Gueroult « l'ordre des raisons ».
Alquié considère lesurréalisme comme une forme dephilosophie. C'est un acte de libération et en même temps une forme de connaissance de soi. Le libertinage est moins comme une forme d'hédonisme que comme une forme d'authenticité et demorale. Le surréalisme est une forme d'art, parce qu'il est un rapport à lavie, comme une "délivrance par rapport au réel tel qu'il est sous nos yeux" : "si l'art n'est pas la vie, il est à rejeter". Le surréalisme est un moyen de se rapporter à la nature sur le mode de la jouissance[11].
La philosophie du surréalisme consiste en une théorie de l’amour, de la vie, de l’imagination, des rapports de l’homme et du monde. Le surréalisme est une forme de "libération totale" et en même temps une "poursuite de la vérité". Il n'est pas incompatible avec lamétaphysique dans la mesure où il est aussi "le messager de quelque transcendance"[12].
En 1966, Alquié dirige une décade àCerisy-la-Salle où se trouve abordée la question de l'histoire du surréalisme (Entretiens sur le surréalisme). Il ne se définit pas lui-même comme surréaliste, mais comme quelqu'un qui écrit sur le surréalisme. Il n'appartient d'ailleurs pas au groupe surréaliste et ne veut parler que du dehors. (Certains participants critiquent, d'ailleurs, le cadre universitaire de la discussion et la soumission à la "culturelle officielle".) Alquié remercie à cette occasionAndré Breton, qui vient de mourir, pour lui avoir appris, lorsqu'il avait vingt ans, "le sens merveilleux du mot « liberté »"[13].