FN Herstal (Fabrique nationale Herstal), connue sous le nom deFabrique nationale ou simplementFN est unefabrique d'armesbelge établie depuis ses origines en 1889 àHerstal, près deLiège enBelgique. L'entreprise fut égalementconstructeur automobile entre 1900 et 1935 etconstructeur de motos de 1901 à 1965. Elle possède des filiales aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Finlande[4].
FN Herstal représente le pôle Défense et Sécurité deFN Browning Group, qui commercialise également les marques Browning et Winchester et dont l'actionnaire unique est laRégion wallonne.
Le, les maisons Ancion, Dumoulin frères, Dresse-Laloux & Cie, J. Janssen, Nagant frères, Pirlot-Frésart et A. Simonis constituèrent la société « Les Fabricants d'Armes Réunis ».
H. Pieper les rejoint en janvier 1887.
En 1887, les Fabricants d'Armes Réunis envisagent l'installation d'une fabrique d'armes de guerre dans le but de répondre à une commande de l'armée belge portant sur la livraison de 150 000 fusils à répétition de typeMauser M.1889.
La dénomination Fabrique Nationale d'Armes de Guerre fut arrêtée de.
L'acte énumère les parties prenantes : Albert Simonis (fabricant d'armes), Jules Ancion (fabricant d'armes), Allard Bosmans (représentant des fabricants d'armesDresse, Laloux &Cie), Léon Collinet (Administrateur délégué de la Manufacture liégeoise d'Armes à feu), Auguste Dumoulin (fabricant d'armes), Joseph Franssen (fabricant d'armes),Henri Pieper (fabricant d'armes), Gustave Pirlot (fabricant d'armes), Nicolas Vivario et Alban Poulet (banquier, administrateur délégué du Crédit général liégeois)[5],[6].
Deux autres armuriers, EmileNagant et Auguste Francotte prendront également des actions dans la société[5],[6].
Composition : Jules Ancion, Allard Borremans, Léon Collinet, Auguste Dumoulin, Joseph Janssen,Henri Pieper, Gustave Pirlot, Alban Poulet, Albert Simonis, Ernest Francote et LéonNagant.
La présidence fut confiée à Allard Borremans, la vice-présidence à Joseph Janssen etHenri Pieper fut choisi comme administrateur délégué.
1897 : Début de la collaboration entreJohn Moses Browning et la FN Herstal. Cette annéeJohn Moses Browning offre à la FN la licence de fabrication de son pistolet automatique de calibre 7,65 mm.
En février 1902,John Moses Browning arrive à Herstal avec le prototype d'un fusil de chasse automatique à 5 coups.
Le,John Moses Browning autorise la FN à utiliser son nom comme marque de fabrique et de commerce.
En 1897, la FN achète à des fins d'étude un quadricycle français.
En janvier 1899, la FN engage J. De Cosmo, un mécanicien italien, et en 1900, la FN se lance dans la fabrication de véhicules à moteur : voitures (de 1900 à 1937), motos (de 1902 à 1964), camions (de 1930 à 1966), trolleybus de (1932 à 1955) ainsi que différents véhicules militaires.
Après la prise de Liège par les Allemands en août 1914, la FN cessa ses activités. Les Allemands réquisitionnèrent la FN et y installèrent notamment un hôpital militaire et un atelier de réparation de véhicules de l'armée allemande.
Elle reprit le travail normal dès novembre 1918 et se dégagea du groupe allemand Ludwin Loewe & Cie en 1919.
Durant la guerre,Alexandre Galopin (directeur de la FN de 1919 à 1923) et Gustave Joassart (directeur de la FN de 1923 à 1950) gagnent la France et fondent avec des industriels français laManufacture d'Armes de Paris.
En 1921, la FN crée une école de formation professionnelle destinée à pourvoir ses ateliers en ouvriers qualifiés et spécialisés.
Le, lors de son61e voyage en Belgique,John Moses Browning meurt à Herstal d'une attaque cardiaque. Un jour de deuil est décrété à la FN. Le personnel défile devant sa dépouille dans la salle du conseil. Son corps est rapatrié aux États-Unis où il est inhumé avec les honneurs militaires.
De 1928 à 1929, la FN construit sur le terrain du Pré-Madame une nouvelle usine destinée à la fabrication automobile.
Pour des raisons de sécurité la fabrique de munitions de Herstal est transférée à Bruges en 1930 puis, en 1938, à Zutendaal (son emplacement définitif) où elle installe un polygone de tir.
En 1935, l'endettement de la FN faillit ruiner la totalité de l'entreprise. La menace grandissante posée par le régime Nazi permit à la FN de relancer sa production militaire et de retrouver la prospérité.
La FN obtient la licence de fabrication des canons antiaériensBofors 40mm en 1936 et desBofors 57mm en 1953.
Sous l'occupation allemande (Deuxième Guerre mondiale), la FN est utilisée comme usine d'armements sous le nom de DWM (Deutsche Waffen und Munitionsfabriken). Les travailleurs fabriquent des armes sous la contrainte. Plusieurs actes de sabotage et de résistance de la part du personnel furent durement réprimés.
Après la guerre et la reprise des activités précédentes, commence la fabrication de machines à traire (conception Declaye), en partie copiées sur la machine américaine Surge, et, plus tard, celle de congélateurs domestiques.
En1975, FN Herstal employait 10 286 personnes à Herstal.
La FN Herstal est associée entre 1972 et 1987 (participation croisée) avecBeretta. Dans les années 1970, elle entre également au capital de laManufacture d'armes de Bayonne avant la disparition de cette dernière dans les années 1980.
Du à, elle appartient au groupe françaisGIAT Industries, avant d'être reprise par laRégion wallonne[8],[1]. L'acquisition de 92% du capital du groupe Herstal s'avéra désastreuse pourGIAT Industries. Le rachat de ce groupe, alors enliquidation judiciaire, permit de compléter la palette des produits deGIAT Industries. Cela lui permit d'introduire dans son catalogue beaucoup d'armes individuelles, principalement civiles. Mais la situation financière du groupe a connu une nouvelle et forte dégradation à partir de 1994, notamment en raison de ses rigidités structurelles, du vieillissement de sa gamme et de l'effondrement des marchés civils et militaires des armes de petit calibre. Le droit de veto accordé à la Région wallonne, qui ne possédait pourtant que 2% du capital, a considérablement freiné des évolutions devenues indispensables. Après de difficiles négociations, le groupe Herstal fut finalement cédé à la Région wallonne en octobre 1997. Pour GIAT Industries, l'ensemble des pertes liées à cette opération est évalué en 2002 à 300 millions d'euros[9].
Le 14 juin 2024, le groupe change officiellement de nom pour devenir FN Browning Group.
Le 15 novembre 2024, FN Browning annonce le rachat du fabricant de munitions français Sofisport[10].
PistoletFN Five-seveNPistolet-mitrailleurFN P90 (en haut) et le fusil d'assautFN F2000 (en bas)Mitrailleuse légèreFN MinimiMitrailleuse lourdeFN MAGMitrailleuse lourde FN M2 (.50)
Mauser 1889, première arme fabriquée par la FN HERSTAL
Browning M1900, premierpistolet semi-automatique européen à avoir été largement diffusé.
FNUzi, fabrication (1958-1971) sous licence du célèbre pistolet-mitrailleur israélien. Arme utilisée par les polices judiciaires belge et française. Modèle règlementaire dans l'armée néerlandaise (FN modèle 1961).
FNP-9, connu aussi sous le nom de Browning Pro-9 en Amérique du Nord, un pistolet semi-automatique en calibre9 mm Parabellum, lancé après l'échec duFN Forty-Nine.
FN4 0GL un lance-grenades en calibre 40 x 46 mm en versions FN 40GL-S (Stand alone), FN 40GL-L (pour montage sous FN SCAR-L) et FN 40GL-H (pour montage sous FN SCAR-H)
La FN a aussi fabriqué un véhicule utilitaire à trois roues dénommé « Tri-car » (Circa 1935-1940), untriporteur motorisé caréné muni d'un caisson de transport formant un ensemble très semblable à unecamionnette.
Dans lesannées 1960, la FN a produit un tricycle motorisé et pliable à destination des troupes aéroportées, l'AS 24, utilisé presque exclusivement par les troupes parachutistes belges.
La FN Herstal a fabriqué desmoteurs à réaction sous licence dès 1949, et en a aussi assuré la maintenance. La division moteurs (FN Moteurs) devient indépendant de la FN en 1987 et rejoint le groupeSnecma en 1989[12]. Elle prend le nom deTechspace Aero en 1992, puisSafran Aero Boosters en 2016.
Avec les motosSaroléa etGillet, la production de la FN faisait partie de ce que l'on appelait les « Demoiselles de Herstal ».
Le a marqué le dixième anniversaire de l'adoption du décret wallon relatif à l'importation, à l'exportation, au transit et au transfert d'armes civiles et de produits liés à la défense[14]. Le même jour, trois associations, la Coordination nationale de l'action pour la paix et la démocratie (CNAPD), laLigue des droits humains (LDH) etVredesactie, avec le soutien d'Amnesty International, ont annoncé qu'elles intenteraient des actions judiciaires contre la FN Herstal, qui a exporté des armes vers le royaume d'Arabie saoudite sur la base de licences annulées par laRégion wallonne. Selon elles, ces armes sont utilisées dans les crimes de guerre commis auYémen par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. En outre,Amnesty International a lancé une pétition adressée àElio Di Rupo, ministre-président wallon et lui a demandé « d'appliquer enfin le décret qui est entré en vigueur en juin 2012 ».
LeConseil d'État avait ordonné la suspension de quatre licences d'exportation d'armes en août 2020, qui avaient été accordées à la FN Herstal par la Région wallonne pour la Garde nationale saoudienne. Cependant, en février 2021, les associations ont commencé de nouvelles procédures après que le gouvernement wallon a accordé de nouvelles licences d'exportation d'armes à la FN Herstal au profit de l'Arabie saoudite[15],[16].
Début 2023, Jean-Thomas Mayaka, ex-employé du service achat licencié pour faute grave, est accusé d'avoir détourné depuis 2014 plus de dix millions d'euros via des fausses factures[17],[18]. Pierre Meyer, alors président du comité d’audit et de rémunération, avait donné sa démission en 2017 à la suite des multiples refus de Philippe Classens, l'ancien directeur, de mettre en place un audit interne permanent[17].
Utilisation des armes de la FN par des groupes irréguliers
En juin 2023, une enquête duWashington Post révèle que des armes FN, fournies à l’Ukraine par les autorités belges, sont utilisées par des milices anti-Poutine sur le territoire russe, Les services de renseignement américains confirment cette information. Il s’agirait de fusils d’assaut SCAR utilisés par des membres de la légion Liberté de la Russie et duCorps des volontaires russes. « La règle est stricte : les armes sont fournies uniquement pour la défense du territoire ukrainien. », explique le Premier ministreAlexander De Croo. Des clarifications vont être demandées à l’Ukraine. « Ces livraisons sont destinées aux forces armées ukrainiennes pour protéger leur territoire et leur population contre l’invasion russe. C’est expressément indiqué dans les documents accompagnant chaque livraison. […] Ces armes ne sont donc pas autorisées pour des groupes isolés qui ont un agenda interne russe[19].