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| Fédération républicaine | |
| Présentation | |
|---|---|
| Président | Eugène Motte Joseph Thierry Charles Prévet Charles Benoist Victor Milliard Auguste Isaac Louis Marin |
| Fondation | [1] |
| Fusion de | Républicains progressistes Association nationale républicaine Union libérale républicaine Action libérale populaire() |
| Disparition | [2] |
| Scission dans | Parti républicain de la liberté(1945) |
| Siège | Paris, |
| Positionnement | Centre droit puisdroite[3] |
| Idéologie | Républicanisme Libéralisme Libéral-conservatisme Conservatisme Patriotisme À partir de 1919: Droite chrétienne Catholicisme social National-conservatisme Anticommunisme |
| Affiliation nationale | Bloc national(1919-1924) |
| Couleurs | Bleu |
| modifier | |
LaFédération républicaine (1903-1948) est un grandparti de ladroiterépublicainelibérale etconservatrice sous laIIIe République. L'autre grand parti de la droite libérale, pluslaïque etcentriste, était l'Alliance démocratique.
La Fédération républicaine s'est créée en novembre 1903 pour regrouper l'aile droite des républicains « modérés », aussi appelés « progressistes », qui refusaient le ministère deBloc des gauches dePierre Waldeck-Rousseau et l'alliance avec leparti radical-socialiste. Ces républicains conservateurs, issus de l'Association nationale républicaine, de l'Union libérale républicaine, de l'Alliance des républicains progressistes et des groupes parlementaires progressistes[4], sont les héritiers idéologiques deJules Méline,Alexandre Ribot,Jean Casimir-Perier ouCharles Dupuy. C'est un parti de la bourgeoisie républicaine, notamment liée aux milieux d'affaires, très opposé aux réformes sociales et partisan d'une certaine décentralisation (on peut voir en elle un descendant des républicainsgirondins de laRévolution française).
Ce parti est favorable dès sa création audroit de vote des femmes[5].
Tout comme l'Alliance démocratique, la Fédération républicaine est un parti de notables et d'élus, reposant sur des comités électoraux locaux et comprenant à son sommet un ou plusieurs groupes parlementaires (lire plus bas). Elle n'aura jamais beaucoup de militants (30 000 en 1926, 18 000 en 1939).
Lors desélections législatives de 1919, la Fédération républicaine participe aux listes duBloc national. Elle intègre l'Alliance libérale populaire, qui regroupait les catholiques jadisralliés à la république. Anciens progressistes et anciens ralliés vont se retrouver à la Chambre des députés au sein du groupe de l'Entente républicaine démocratique (« groupe Arago »)[6].
Dans l'entre-deux-guerres, la Fédération républicaine adopte une position de plus en plus à droite, quittant son image de républicains modérés pour adopter, sous l'influence desligues et des nationalistes ainsi que par une modification de ses élites dirigeantes, celle de républicains de plus en plus « nationaux ».
En mars 1925, le président du partiAuguste Isaac, lance au congrès du parti une redéfinition de sa doctrine et de sa structure. Il démissionne cependant et c'estLouis Marin qui le remplace. Celui-ci cherche à transformer le parti pour qu'il soit fédérateur en réconciliant modérés et catholiques. Il cherche à concurrencer l'Action française et leParti démocrate populaire en renouvelant le programme religieux. L'objectif est de faire évoluer les lois de 1901 et 1905 pour mettre à égalité tous les types d'associations, professionnelles, sportives, culturelles ou cultuelles, ainsi que d'augmenter le financement de l'enseignement libre selon le nombre d'élèves inscrits. Enfin, le retour des congrégations dans l'enseignement est aussi une priorité pour le parti. La ligne nationale est conservée, notamment via l'influence de Louis Marin permettant d'attirer des nationalistes de laLigue des patriotes. De nombreux transfuges sont accueillis commeCamille Blaisot (de la Ligue des patriotes),Édouard Soulier (duPRDS),Joseph Denais (de l'ALP,Pierre Taittinger ouHenri Becquart (des milieux plébiscitaires).
Si l'intégration des catholiques ralliés à la République de l'Action libérale populaire renforce la doctrine ducatholicisme social au sein de la Fédération républicaine, elle signifie aussi un changement radical de l'équilibre au sein du parti.
Sous l'impulsion de Marin, la Fédération républicaine tend à se conformer au modèle du parti que les gauches ont mis en place au début du vingtième siècle. Le parti devient plus hiérarchisé (création de section de jeunesse, sections départementales etc.), les militants ayant davantage de poids face aux élus. Louis Marin favorise la création de nouvelles fédérations départementales en fait passer le nombre en 52 mais seule une trentaine sont actives.François de Wendel est le principal soutien financier du parti. Cependant, la droitisation de la Fédération ne permet pas d'alliance solide avec l'Alliance démocratique. Début 1926, le groupe parlementaire suscite des remous et en mars, la ligne de Louis Marin sur leTraité de Locarno n'est pas suivi par plus d'un quart des députés. En mai, Louis Marin est officiellement contesté dans le parti pour sa vision doctrinaire et de discipline parlementaire. Il tient cependant bien le parti sans tenir les élus[7].
Auxlégislatives de 1928, la Fédération républicaine fait un de ses meilleurs scores électoraux, obtenant plus d'une centaine de députés, regroupés à laChambre sous le nom d'Union républicaine et démocratique. Toutefois, une trentaine de députés, dont de nombreux anciens de la Fédération, quittent celle-ci pour créer l'Action démocratique et sociale (ADS), un groupe de centre-droit plus ou moins satellite de l'Alliance démocratique.
La Fédération est nettement affaiblie après leslégislatives de 1932 qui voient la victoire du secondCartel des gauches, passant d'une centaine de députés à un peu plus de 40, 18 députés ayant fait scission pour rejoindre le groupe parlementaireRépublicain et social deGeorges Pernot.
Si quelques membres de la Fédération républicaine, dontLouis Marin en personne, participent aux gouvernements Doumergue, Flandin et Laval de 1934-1935[8], la majorité de la Fédération s'oppose à ce ralliement décidé par les dirigeants du parti et qui s'inscrit dans la doctrine de la « conjonction des centres » que défend l'AD. Après l'expérience duBloc national et duCartel des gauches en 1924, de nombreuses voix prônent l'unité des droites, position majoritaire à partir desémeutes du 6 février 1934. Dès lors, le parti se rapproche des ligues d'extrême-droite malgré l'attachement et la fidélité de la Fédération républicaine au parlementarisme.
En définitive, l'aile droite du parti l'emporte dans lesannées 1930 sur son aile gauche composé de notables proches de l'idéologie modérantiste qu'incarne l'Alliance démocratique, expliquant le départ dès les années 1920 de nombreuses figures de la Fédération d'avant la Première Guerre mondiale, telsLaurent Bonnevay.
La Fédération républicaine a alors une soixantaine de députés, soit environ 10 % de la Chambre, si on y inclut les apparentés au groupe. On y trouve essentiellement des conservateurs pragmatiques de droite, relativement modérés.
Cependant, elle devient également un lien de rencontre entre droite parlementaire et droites nationalistes et antirépublicaines par les liens de nombre de ses dirigeants avec l'Action française, lesligues nationalistes, ce qu'incarnent des hommes tels quePhilippe Henriot (président de l'UPR de la Gironde, parti catholique affilié à la Fédération) ouXavier Vallat, mais aussiLouis Marin, servant d'intermédiaires entre les cadres de la Fédération et la « nébuleuse fascistoïde » (selon l'expression de l'historienPhilippe Burrin).
Un de ses vice-présidents,Xavier Vallat, se fait alors connaître pour ses positionsantisémites lors de sa fameuse attaque à la Chambre visantLéon Blum, lors de son intronisation en tant que président du Conseil et du « choix de notre République bonne fille de mettre un juif à la tête du gouvernement ». Il est alors soutenu par deux autres parlementaires inscrits dans un autre parti, celui des Indépendants d'union républicaine et nationale, à savoirJoseph Massé etLouis Biétrix, ce dernier étant également proche duRassemblement antijuif deDarquier de Pellepoix, etc.)[9]. Ce courant relativement en vogue à cette époque à la suite des affairesStaviski, de l'instabilité politique et du marasme économique d'alors,resta très marginal et de peu d'importance au sein de la Fédération[réf. nécessaire].
Une allure plus nationaliste de la Fédération républicaine apparaît dans la constitution en 1937 d'unFront de la liberté d'inspirationmussolinienne avec leParti populaire français deJacques Doriot et les petitsParti républicain national et social etParti agraire et paysan français (Fleurant Agricola). Si le Front de la liberté fut théorisé par les instances du parti et parLouis Marin comme un moyen de lutter contre l'influence duParti social français, cette union correspond de fait à l'idéologie de la classe dirigeante en province (telVictor Perret dans le Rhône) et des militants prônant prioritairement l'union des droites, y compris nationalistes, contre la gauche et, dans une moindre mesure, contre les petites formations néo-centristesAlliance démocratique etParti démocrate populaire.
Lors duvote des pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940, 35 députés votent « oui », un seul s'abstient et deux sont sur leMassilia. Au cours durégime de Vichy, sur les 94 parlementaires de la Fédération, seuls 7 furent véritablement collaborateurs. Cependant, parmi les cadres et les adhérents la compromission était beaucoup plus grande, notamment dans laLégion française des combattants[2] en raison du vieux fond patriotique et de l'imprégnation conservatrice des années 1930 (catholicisme traditionnel, priorité à l'anticommunisme, nationalisme conservateur) qui en prépare plus d'un à accepter la première période de laRévolution nationale de Vichy, commeXavier Vallat, voire la collaboration, commePhilippe Henriot ouMarcel Boucher.
La Fédération républicaine était l'un des six partis politiques membres duConseil national de la Résistance, représentée parJacques Debû-Bridel.
Bridel et Louis Marin tentent en vain de ressusciter la Fédération à la Libération. Il n'y a pas de scission officielle mais il existe deux lignes importantes qui divisent et déstabilisent le parti. L'une est officielle, et provient de Marin avec le soutien du secrétaire général et de la fédération de la Seine. La seconde ligne était celle deJoseph Denais, réactionnaire, refusant l'union nationale avec les communistes et modérant les épurations[10]. Le 17 octobre 1944, une réunion générale de la Fédération se réunit avec l'élection d'un nouveau bureau. Il est composé de 17 membres dont 12 vice-présidents et seulement deux nouveaux membres, Pierre Vernes etPierre Lebon. Cependant, il n'y est présent que 19 personnes. Le Comité exécutif ne se réunit jamais et une réunion des Jeunesses de la Fédération n'attire que 12 personnes sur 190 convoquées. Le bulletin du parti reparait début 1945, les sièges sociaux à Paris sont réoccupés et les différentes fédérations départementales sont appelées à se refonder. Cependant, après lesmunicipales de 1945, les résultats sont mauvais avec seulement 16 % des mairies sous le giron de la Fédération, contre 26 % en 1935[2]. Dans l'année 1945, un certain nombre de fédération départementales étaient désaffectées, d'autres étaient dans une guerre intestine. De plus, les moyens financiers vinrent à manquer en raison du refus de dons par les responsables patronaux.
À l'été 1945, face aux complexités à venir pour les élections d'octobre, le « Comité d'entente républicaine pour la liberté et le progrès social » fut créé pour regrouper la Fédération républicaine dissidente pro-Denais, l'Union patriotique républicaine deCharles Vallin, le Parti de la rénovation républicaine d'André Mutter, des mouvements « Français libres » et leParti radical indépendant. Cette alliance fut cependant très inégale selon les départements.
Face à cette alliance et la désaffection des cotisants, lors desélections constituantes françaises de 1945, la Fédération républicaine ne parvient à faire élire qu'une dizaine de candidats de liste d'« Entente républicaine » et ceux-ci siègent, pour la plupart, au sein des groupes Unité républicaine ou Républicains indépendants. Face à l'échec total, l'hiver 1945 fut marqué par des négociations pour tenter de regrouper les différents mouvements en mettant de côté la Fédération pour donner l'impression du renouvellement. En décembre, leParti républicain de la liberté (PRL) est formé autour des parlementaires du groupe d'Unité républicaine et comportant les pro-Denais de la Fédération[10]. Jean Guiter laisse la place de secrétaire général àHenri Becquart qui est invité dans le comité d'initiative à la création du PRL avec Fabien Sollar sans parvenir à un compromis, en raison d'une opposition à la logique de discipline de parti, jusqu'en décembre avec une proposition de fusion.
Le 25 janvier 1946, le bureau de la Fédération Républicaine rejette, par 8 voix contre, 4 pour et 2 abstentions, son intégration au sein du Parti républicain de la liberté. Ceux qui s'y opposent sont en réalité tous proche de Marin. À la suite de cet évènement tous les parlementaires de la FR, à l'exception de Louis Marin etJoseph Bastide, rejoignent le PRL. Guitier songe aux possibles fusions ou alliances avec d'autres partis, rejetant le PRL car trop ancré sur le libéralisme, oubliant le social et le national, écartant aussi leRGR, trop laïque, mais voulait plutôt se rapprocher duMRP. Les élections dejuin 1946 marquent la fin politique de la Fédération avec deux élus, Louis Marin etBernard de la Groudière. Le dernier sténographe est congédié et Becquart assure le secrétariat à titre bénévole. Au printemps 1947, une tentative de relance par une section de jeunesse et féminine est effectuée sans succès. En avril, Becquart et Guitier adhèrent auRPF malgré leur réticence face au régime présidentiel proposé. Le 4 février 1948, par décision du bureau et de Becquart, le parti entre en sommeil définitif. Dépassé structurellement, en raison de l'indépendance des notables et de la forme « parti association », il n'a pas résisté à l'intense recomposition de la droite d'après-guerre[2].
Ultérieurement, leCentre national des indépendants et paysans est la principale structure qui poursuit l'esprit de la Fédération républicaine, après l'échec de plusieurs structures parmi lesquelles leParti républicain de la liberté. L'époque de laIVe République voit aussi la naissance d'un parti d'inspiration chrétienne-démocrate, leMouvement républicain populaire, auquel se rallient beaucoup d'électeurs catholiques.
| Année | % | Mandats | Gouvernement |
|---|---|---|---|
| 1906 | 21,16 | 78 / 585 | Opposition |
| 1910 | 22,26 | 131 / 590 | Opposition (saufRibot IV) |
| 1914 | 18,84 | 88 / 601 | Opposition Union sacrée(26 août 1914-1919) |
| 1919 | 22,33 | 183 / 613 | Millerand I,II,Leygues,Briand VII,Poincaré II,III,François-Marsal |
| 1924 | 35,35 | 115 / 581 | Opposition(1924-1926) Poincaré IV |
| 1928 | 21,99 | 100 / 604 | Poincaré V,Briand XI,Tardieu I Opposition(février-mars 1930) Tardieu II Opposition(décembre 1930-janvier 1931) Laval I,II,III,Tardieu III |
| 1932 | 13,74 | 83 / 607 | Opposition(1932-1934) Doumergue II,Flandin I,Laval IV Opposition(janvier 1936) |
| 1936 | 16,92 | 100 / 610 | Opposition(1936-1939) Non opposition, sans participation(1939-1940) Union nationale (21 mars-10 juillet 1940) |
| 1945 | ? | 12 / 586 | De Gaulle II Opposition |
| juin 1946 | ? | 2 / 586 | |
| novembre 1946 | ? | 1 / 627 |
Les députés de la Fédération républicaine :
Les sénateurs de la Fédération républicaine se retrouvaient dans le groupe de laGauche républicaine (le plus à droite de la Chambre haute en dépit de son nom) jusqu'en 1936 lorsque ce dernier est rebaptiséAction nationale républicaine et sociale (ANRS).
Les futurs collaborateursPhilippe Henriot etXavier Vallat sont passés à l'aile droite de la Fédération républicaine (comme à des nombreux autres partis de droite nationaliste).