Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Extinction massive

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Uneextinction massive ougrande extinction, appelée aussicrise biologique oucrise écologique, est un évènement relativement bref à l’échelle des temps géologiques (quelques millions d’années au maximum) au cours duquel au moins 50 % desgenres et 10 % desfamilles d'espèces animales et végétales présentes sur laTerre et dans les océansdisparaissent[1], de manière non sélective. Ces trois critères (durée relativement brève, répartition géographique mondiale et importante chute de labiodiversité) sont cependant sujets à débat car les enregistrements paléontologiques sont incomplets, essentiellement marins, soumis à desbiais d'échantillonnage et à une estimation de la durée de l'extinction parfois imprécise[2].

Ces crises majeures ont souvent été l'occasion de transitions entre des formes de vie dominantes. Hormis les quelques périodes d'extinction massive décrites plus loin, le taux de disparition « normal » desfamilles d'animaux marins par million d'années montre un déclin progressif à l'échelle des temps géologiques, passant de 5 familles par million d'années auCambrien, au début de l'éonPhanérozoïque et de l'èrePaléozoïque il y a environ 540 millions d'années, à deux familles par million d'années durant l'èreCénozoïque (Tertiaire)[3], de 66 millions d'années à nos jours (en excluant lasérie actuelle de l'Holocène).

Dans les mers, les cinq extinctions massives d'organismes multicellulaires ont essentiellement concerné lesanimaux[4], une seule a perturbé significativement l'évolution des plantes[5],[6].

Une étude de 2022 suggère qu'un premier épisode d'extinction massive a précédé l'explosion cambrienne, mettant un terme à lafaune de l'Ediacara, ce qui porterait à 6 le nombre des grandes vagues d'extinction passées[7].

Pendant l'Archéen (4,0–2,5 Ga) il a dû y avoir une vingtaine au moins d'impacts cosmiques plus violents que celui de l'extinction K-Pg, mais sans les mêmes effets catastrophiques à une époque où la vie était marine,unicellulaire et sansphotosynthèse, voire avec des conséquences favorables à la vie. L'un de ces événements (3,36 Ga) est bien caractérisé[8],[9].

Origine du concept

[modifier |modifier le code]

Les phases d'extinctions et celles de renouvellement des faunes et des flores au cours des temps géologiques ont été suggérées à partir duXVIIIe siècle par deux grands noms du domaine :Georges-Louis Leclerc de Buffon etGeorges Cuvier. Cuvier défendait la théorie du catastrophisme, tandis que d'autres, commeCharles Lyell étaientuniformitaristes, c'est-à-dire qu'ils pensaient que les choses se faisaient lentement, sans à-coups.

Par la suite, le catastrophisme fut négligé, puis relancé auXXe siècle : des phases d'extinctions et crises biologiques par catastrophisme furent ainsi envisagées parNewell en1963. Les travaux deWalter Alvarez, qui travailla sur la limite entrecrétacé et letertiaire au début des années 1980, firent apparaître la théorie de l'impact météoritique.

Afin de hiérarchiser les crises biologiques ou bioévènements, il est défini, selon le taux d'extinction, les crises de masse (disparition au minimum defamilles taxonomiques), les crises intermédiaires (disparition d'espèces, degenres et de quelquesfamilles) et les crises mineures (disparition d'espèces et degenres qui coïncide souvent avec les limites d'étages ou de sous-étages géologiques)[10]. Cette classification masque le continuum qui existe entre ces trois types de crises : les nombreuses petites crises (qui exterminent de 0 à 5 % des espèces) ont été à l'origine de 40 % des disparitions de toutes les espèces (notion d'extinction de fond, « background extinction »), les crises plus importantes (« poussées d'extinction » qui exterminent plus de 5 % des espèces) sont intervenues dans plus de 60 % des disparitions, avec les crises majeures mais rares qui n'ont engendré que 4 % des extinctions[11]. C'est ainsi qu'au cours duPhanérozoïque (période qui voit l'apparition du registre fossile), les paléontologues ont identifié une soixantaine de crises[12].

Épisodes d'extinction massive

[modifier |modifier le code]

Depuis que la vie est apparue sur Terre, ces extinctions « normales » ont été ponctuées parcinq épisodes d'extinction massive (définis en 1982 parJack Sepkoski etDavid M. Raup[13]), une sixième, l'extinction de l'Holocène, pourrait être amorcée :

  1. Il y a environ 445 Ma, à la limite entre l'Ordovicien et leSilurien,une extinction massive se produit, probablement à la suite d'une grandeglaciation qui aurait entraîné des désordres climatiques et écologiques rendant difficile l'adaptation des espèces et écosystèmes au recul de la mer sur des centaines de kilomètres, puis à son retour en fin de phase glaciaire. Elle aboutit à la disparition de 27 % desfamilles et de 57 % desgenres d'animaux marins[14],[15], et une estimation de 85 % au niveau desespèces[16].
  2. Il y a environ entre 380 et 360 millions d'années, l'extinction du Dévonien, qui regroupe plusieurs phases d'extinction, élimine 19 % desfamilles et de 35 à 50 % desgenres d'animaux marins[14] et une estimation de 75 % au niveau des espèces[17]. Des variations répétées et significatives du niveau de la mer et du climat, ainsi que l'apparition d'un couvert végétal important sur les continents, pourraient être à l'origine de phénomènes d'anoxie des océans et de crises biologiques majeures. Les causes de ces changements sont encore débattues.
  3. Il y a entre 252 et 245 Ma, l'extinction du Permien-Trias est la plus massive. Près de 81 % de la vie marine disparaît[18] ainsi que 70 % des espèces terrestres (plantes, animaux). Cette extinction a été précédée de deux événements de moindre ampleur, l'extinction d'Olson (−273 Ma) etcelle du Capitanien (−260 Ma)[19].
  4. Il y a 200 Ma, l'extinction du Trias-Jurassique marque la disparition de 75 % des espèces marines, et de 35 % des familles d’animaux, dont la plupart desdiapsides et les derniers des grandsamphibiens.
  5. Il y a 66 Ma, l'extinction Crétacé-Paléogène entraîne la disparition de 50 % des espèces,dinosaures non-aviens compris.
  6. Depuis 13 000 ans, l'extinction de l'Holocène est provoquée par lacolonisation de la planète et la modification importante desécosystèmes (fragmentation écologique,transformation des habitats - dont impactstechnologiques -extirpation d'espèces...) par les populations humaines. Elle est dénommée la « sixième extinction » par des scientifiques commePaul R. Ehrlich, terme repris par la presse[20],[21], bien que pour le moment le dégât en nombre d'espèces reste nettement inférieur aux cinq autres. Toutefois, la criticité de la situation réside dans la baisse très importante des populations de nombreuses espèces[22]. Les espèces les plus touchées sont les espèces spécialistes, inféodées aux habitats en voie de destruction ou dégradés, peu fécondes, souvent de grande taille[23],[24],[25]. Au-delà de la largeur de la niche écologique (espèces généralistes vs spécialistes) et de la disparition des habitats, tout dépend donc de la taille minimale que doit avoir une population pour échapper au risque de dégénérescence par excessiveconsanguinité, et de la fécondité des femelles.

Plusieurs épisodes d'extinction sont décrits auCambrien, mais ils sont mal connus et ne rentrent pas dans le groupe desbig five, les cinq grandes extinctions de l'histoire de la Terre[26].

La « crise duCapitanien » (étage duPermien) qui a décimé lesbrachiopodes, en particulier auSpitzberg, il y a environ 262 Ma (millions d'années), a été envisagée par David P.G. Bond etal. en 2015 comme une possible extinction massive liée à de puissantes éruptions volcaniques dans le sud de laChine[27],[28]. Cependant sa proximité chronologique avec la plus grande des extinctions connues à ce jour, l'extinction du Permien-Trias, ne permet pas à ces auteurs de trancher clairement entre une crise régionale ou mondiale[28].

Par ailleurs on connaît aussi quelques extinctions moins massives, comme celle du milieu duTrias il y a 225 Ma, qui élimina une forte proportion desreptiles mammaliens alors dominants, et laissa le champ libre auxdinosaures.

Liste des extinctions massives ou importantes

[modifier |modifier le code]

Liste des extinctions massives ou importantes[29] :

PériodeExtinctionDateCauses possibles
QuaternaireExtinction de l'Holocène10 000 ans — aujourd'huiDestruction etfragmentation des habitats, dont changement d'usage des terres (ex : déforestation pour l'agriculture), modification des grands flux et compartiments biogéochimiques (ex : émissions de CO2 et autresgaz à effet de serre (GES), déversements massifs de nitrates dans les sols et eaux) avecpollution des milieux et modification des écosystèmes (ex :agriculture intensive,changement climatique lié à l'intensification des émissions de GES),surexploitation des ressources naturelles (surchasse,surpêche), toutes causes liées aux progrès des technologies et à l'intensification des activités humaines durant l'Anthropocène.
NéogèneExtinction marine du Pliocène–Pléistocène2 MaSupernova[30] ?
Extinction du milieu du Miocène14,5 Ma
PaléogèneExtinction de l'Éocène-Oligocène36-33.9 MaCratère Popigaï[31],baie de Chesapeake,cratère de Toms Canyon et peut-êtrecratère de Mistastin
CrétacéExtinction Crétacé-Paléogène66 MaCratère de Chicxulub ;trapps du Deccan
Extinction du Cénomanien-Turonien94 MaBasaltes de la « Caribbean Large Igneous Province »[32].
Extinction de l'Aptien117 MaPlateau de Kerguelen[33]
JurassiqueExtinction de la fin du Jurassique (Tithonien)145 MaPlateau Chatsky ?
Extinction du Toarcien183 MaKaroo-Ferrar Provinces[34]
TriasExtinction du Trias-Jurassique201 MaProvince magmatique centre atlantique[35] ; Cratère
Extinction du Carnien230 MaÉruptions de basaltes deWrangellia[36]
PermienExtinction Permien-Trias252 MaTrapps de Sibérie[37] ;Cratère de la Terre de Wilkes[38]
Extinction duCapitanien262 MaDisparition de nombreuses formes debrachiopodes. Extinction considérée par David P.G. Bond etal. en 2015 comme importante, liée auxtrapps d'Emeishan[27],[28].
Extinction d'Olson270 MaBachu Large Igneous Province ?
CarbonifèreEffondrement de la forêt tropicale du Carbonifère305 MaPassage d'un climat humide à un climat sec. Lien avec lesprovinces ignées de Skagerrak (en) ?
Lacune de Romer360-345 MaLes lacunes représentent des périodes pour lesquelles les paléontologues n'ont pas encore trouvé de fossiles pertinents.
DévonienExtinction du Dévonien375-360 MaTrapps de Viuly-Iakoutsk[39]
SilurienExtinction de la fin du Silurien416 Ma
Lau event420 MaChangements du niveau des mers et de leur composition chimique[40] ?
Mulde event424 MaBaisse du niveau des mers[41] ?
Ireviken event428 MaAsphyxie des océans ;Paramètres de Milanković[42] ?
OrdovicienExtinction de l'Ordovicien-Silurien450-440 MaRefroidissement global et baisse du niveau des mers ;Sursaut gamma[43] ?
Séquestration du carbone par dépôt profond d'algues mortes[44],[45] ?
CambrienExtinction du Cambrien-Ordovicien485 MaGrand refroidissement global et des variations du niveau marin
Extinction du Dresbachien502 Ma
Extinction de la fin du Botomien517 MaProvince ignée deKalkarindji[46]
PrécambrienExtinction de la fin de l'Édiacarien541 MaAnoxie des océans
Grande Oxydation2400 MaMontée du taux d’oxygène dans l'atmosphère due au développement de laphotosynthèse

Théories et débats

[modifier |modifier le code]
Intensité des extinctions marines au cours duPhanérozoïque

Le graphique bleu indique le pourcentage apparent (pas en nombre absolu) degenres d'animaux marins ayant disparu au cours d'un intervalle de temps. Il ne représente pas toutes les espèces marines, mais seulement les espèces marinesfossiles. Les 5 plus grandes extinctions sont liées, voir lesextinctions massives pour plus de détails.

Source et information sur le graphique

Trois grands types de causes ont été proposées pour expliquer les extinctions massives : 1) biologique (appauvrissement génétique, pression deprédation), 2) terrestre (volcanisme,variations eustatiques,changements climatiques) et 3) extraterrestre (impact demétéorite, augmentation desrayons cosmiques,hypothèse Némésis,Hypothèse Shiva). Ces causes peuvent se conjuguer, et de nouvelles théories sont régulièrement proposées, suscitant de nombreux débats.

La théorie volcanique invoque des périodes devolcanisme intense le long des failles continentales qui incluent des éruptions assez puissantes pour envoyer plusieurs milliards de tonnes de roches en orbite basse et acidifier l'atmosphère et les mers. Cette théorie expliquerait la périodicité des extinctions massives ainsi que la coïncidence apparente de tels évènements avec un volcanisme intense et des traces d'impacts demétéorites.

Les différentesglaciations ayant eu lieu au cours duphanérozoïque, ont provoqué aussi des extinctions plus ou moins importantes suivant la durée et l’intensité du refroidissement. En effet, au niveau continental, la baisse des températures entraine l’apparition de glaciers étendus,inlandsis, faisant disparaître les écosystèmes présents et empêchant le développement de la flore et donc la présence d’une faune diversifiée. De plus, la vie marine est aussi fortement affectée par les modifications du niveau marin lors des glaciations. La formation desbanquises etinlandsis en séquestrant de grande quantité d’eau, entraîne une baisse importante du niveau marin et modifie les courants océaniques, entraînant des perturbations sévères des écosystèmes marins. De même, à la fin de la période glaciaire, la remontée des températures entraîne la fonte des glaces et donc une remontée du niveau marin, perturbant à nouveau ces écosystèmes. L’extinction massive de l’ordovicien-silurien serait en partie due à une période glaciaire intense. D’autres glaciations ayant eu lieu aucarbonifère ou auquaternaire ont aussi entraîné des extinctions d’espèces plus ou moins importantes.

Une autre théorie implique une variation de lachimiocline à la suite d'un réchauffement global de la planète, lui-même induit par le dégagement important dedioxyde de carbone lors d'une phase de volcanisme intense. La chimiocline atteignant la surface de l'océan, de grandes quantités desulfure d'hydrogène toxique sont libérées dans l'atmosphère. Les nuages de ce gaz peuvent tuer plantes et animaux directement (ou indirectement en détruisant lacouche d'ozone). Ce processus pourrait expliquer les extinctions de la fin duPermien et de la fin duTrias. Les biomarqueurs trouvés dans lessédiments de ces époques attestent que desbactéries consommatrices de sulfure d'hydrogène ont alors proliféré dans tous les océans.

Des modifications de l'albédo, de la chimie de l'air et de l'eau (acidification) auraient pu avoir des impacts majeurs et combinés sur la couche d'ozone, le taux d'ultraviolets et derayonnement solaire et stellaire, la capacité depuits de carbone, de régulation et derésilience écologique des écosystèmes. La fonte brutale deshydrates de méthane pourrait également à certaines époques avoir provoqué des emballements du réchauffement climatique et des perturbations des grands courants marins dans des laps de temps trop courts pour permettre les réponsesadaptatives des espèces etécosystèmes.

Depuis le milieu des années 80 des physiciens suggèrent une cause primaire cosmique (en raison de traces de bombardement cycliques de la Terre)[47].

En2008, des scientifiques de l'université de Cardiff estiment que laVoie lactée pourrait être responsable des six grandes extinctions passées. Selon cette théorie, tous les 35 à 40 millions d'années, lesystème solaire traverse le plan galactique, caractérisé par une forte densité en gaz et en poussière. Quand il le traverse, les forces gravitationnelles des nuages de gaz et de poussière environnants délogeraient les comètes de leur trajectoire. certaines plongeraient alors dans le système solaire, entrant parfois en collision avec la Terre. (le risque de collision augmenterait ainsi d'un facteur dix). Cette hypothèse concorde d'après ses auteurs avec l'observation des cratères sur Terre qui suggère un plus grand nombre de collisions tous les 36 millions d’années environ[48].

En2014, une autre hypothèse est avancée par deuxphysiciens théoriques : un« disque mince » constitué d'une forme dematière noire pourrait périodiquement (tous les 35 millions d'années) traverser la Galaxie et induire des pluies météoritiques catastrophiques[47]. Le Soleil tout en suivant le mouvement tourbillonnant du bras de la Galaxie qui l'abrite, c'est-à-dire tout en tournant autour du centre galactique se déplacerait aussisinusoïdalement vers le haut et vers le bas, en traversant donc périodiquement le plan qui coupe la Galaxie en sa partie supérieure et sa partie inférieure[47]. Cette couche centrale contiendrait une quantité plus dense de matière noire, capable d'induire une poussée gravitationnelle et de perturber les comètes dunuage de Oort[47]. Il existe un consensus sur l'idée que la matière noire n'interagit que très peu avec la matière, mais les auteurs suggèrent qu'une petite fraction de la matière noire pourrait se comporter très différemment[47]. En 2014, les auteurs ont publié une« théorie de la matière noire dissipative » pour essayer d'expliquer les signaux évoquant une matière noire au centre de la Galaxie, repérés par letélescope Fermi[49]. Leur modèle est celui d'un« disque sombre » épais d'environ 35années-lumière (10parsecs), avec une densité équivalente à environ 1masse solaire par année-lumière carrée, soit 10 masses solaires par parsec carré, c'est-à-dire assez dense pour déclencher des pluies périodiques de comètes. Si ce« disque noir » existe, il pourrait être testé via des observations astronomiques (par exemple grâce aux données attendues de lamission Gaia de l'Agence spatiale européenne qui doit cartographier le champ gravitationnel de la Galaxie)[47]. En attendant, cette explication reste spéculative.

Cycles

[modifier |modifier le code]

Cycles des extinctions massives

Le graphique ci-dessus montre les différents cycles de l'histoire naturelle, les extinctions de masse et les principauxastroblèmes[50]. Les extinctions massives ont toujours été suivies d'explosions radiatives. Selon les lois de lasélection naturelle dans lathéorie de l'évolution, lesespèces qui disparaissent libèrent desniches écologiques pour d'autres espèces qui alors sont susceptibles d'évoluer. Cette évolution est appeléespéciation. Ces cycles, si rapides qu'ils soient, sont de l'ordre de plusieurs millions d'années. Dans le cas d'une extinction massive actuelle, l'espèce humaine ne pourra pas constater d'explosions radiatives du fait de ces durées.

Alternatives

[modifier |modifier le code]

L'intensité des extinctions de masse successives a dessiné le monde biologique actuel tel que nous le connaissons. Si cette intensité avait été différente, l'évolution aurait pu prendre d'autres chemins : ainsi, l'extinction à la fin du Dévonien a touché 70 % des espèces vivantes et plus particulièrement les espèces marines, mais a relativement épargné les arthropodes alors déjà très diversifiés et les premiers vertébrés tétrapodes. Selon le professeur depaléobiologie George R. McGhee, si cette extinction avait été plus sévère, l'histoire de la vie sur Terre aurait été complètement bouleversée. La longue marche destétrapodomorphes qui ont évolué à partir des poissonssarcoptérygiens aurait été enrayée et la conquête des terres aurait été assurée essentiellement par les trois principaux groupes d'arthropodes actuels (leshexapodes — insectes et collemboles —, lesmyriapodes — mille-pattes — et lesarachnides — araignées, acariens et scorpions)[51]. Une extinction encore plus massive aurait conduit à une planètemicrobienne. Du reste, labiodiversité microbienne représente encore aujourd'hui 80 % de labiomasse totale de la planète[52]. Selon le professeur demicrobiologie Jean-Louis Fauchère, les humains ne sont« que des avatars du monde bactérien »[53].

Il n'est d'ailleurs pas surprenant que laterrestrialisation des trois principaux groupes, les végétaux, les arthropodes et les vertébrés se soit accompagnée de l'utilisation des activités desmicro-organismes qui sont déjà la forme dominante du monde vivant en termes d'abondance et de biodiversité depuis l'apparition de la vie sur Terre. Les espèces de ces trois groupes sont descommunautés symbiotiques par leur origine et ont adopté la même stratégie commune de se servir demutualistes microbiens (bactéries, protistes et microchampignons), à la fois internes et externes afin de développer des associations mutualistes pour lesplantes terrestres (notion dephytobiome et demicrobiote des plantes, avec notamment lesmycorhizes), de désintoxiquer partiellement la matière végétale et d'en augmenter considérablement la valeur calorifique et nutritive disponible pour les animaux (notion demicrobiote intestinal) ou de les protéger (microbiote buccal, cutané, vaginal…)[54],[55].

Impacts cosmiques de l'Archéen

[modifier |modifier le code]

Laceinture de roches vertes deBarberton (Afrique du Sud), une succession de rochesvolcaniques etsédimentaires datant de 3,6 à 3,2 milliards d'années (Ga), conserve les traces de huit impacts d'astéroïdes d'un diamètre estimé à plus de 10 km. Le plus violent, daté d'environ 3,26 Ga, est attribué àun astéroïde de 37 à 58 km de diamètre et de masse égale à50 à200 fois celle de l'astéroïde de Chicxulub. À cette époque les organismes vivants devaient être tous desbactéries et desarchées marines dont lemétabolisme reposait, non sur laphotosynthèse (qui aurait pâti d'un obscurcissement de plusieurs années) mais sur lavoie de Wood-Ljungdahl. L'existence d'évaporites incluant des dépôts carbonés atteste de la destruction de nombreux organismes mais avec une effet global très réduit, alors qu'en revanche la vie a pu être favorisée par l'apport important dephosphore et defer. Au moins16 impacts majeurs ont été identifiés à l'Archéen, et l'on estime qu'un astéroïde de diamètre supérieur à 10 km devait percuter la Terre au moins tous les15 millions d'années, en moyenne. Ces impacts ont probablement été bénéfiques au développement de la vie[8],[9].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. (en) Anthony D. Barnosky et col, « Has the Earth’s sixth mass extinction already arrived ? »,Nature,no 471,‎,p. 51(DOI 10.1038/nature09678)
  2. (en) William Glen,The Mass-extinction Debates. How Science Works in a Crisis, Stanford University Press,, 370 p.
  3. (en) Raup D. M. et Sepkowski, Jr., J. J. (1982),Mass extinctions in the marine fossil record, Science 215 (1982), 1501-1503
  4. (en) Nicholas J.Butterfield, « MACROEVOLUTION AND MACROECOLOGY THROUGH DEEP TIME »,Palaeontology,vol. 50,no 1,‎,p. 41–55(ISSN 0031-0239 et1475-4983,DOI 10.1111/j.1475-4983.2006.00613.x,lire en ligne, consulté le)
  5. En 2007, une réévaluation de ces épisodes amènerait à penser que la flore marine a également souffert ; voir(en)
  6. (en) Borja Cascales‐Miñana, Thomas Servais, Christopher J. Cleal, Philippe Gerrienne et John Anderson, « Plants—the great survivors! »,Geology Today, Wiley-Blackwell,vol. 34,no 6,‎1er novembre 2018,p. 224-229(DOI 10.1111/gto.12250).
  7. (en) Scott D. Evans, Chenyi Tu, Adriana Rizzo, Mary L. Droser, « Environmental drivers of the first major animal extinction across the Ediacaran White Sea-Nama transition »,Proceedings of the National Academy of Sciences,Washington etÉtats-Unis,NAS,vol. 119,no 46,‎(ISSN 0027-8424 et1091-6490,OCLC 43473694 et 1607201,PMID 36343248,DOI 10.1073/PNAS.2207475119).Voir et modifier les données sur Wikidata.
  8. a etbHervé Le Guyader, « L'astéroïde géant qui favorisa la vie »,Pour la science,no 568,‎,p. 84-87.
  9. a etb(en) Nadja Drabon, Andrew H. Knoll, Donald R. Lowe, Stefano M. Bernasconi, Alec R. Brenner et David A. Mucciarone, « Effect of a giant meteorite impact on Paleoarchean surface environments and life »,PNAS,vol. 121,no 44,‎, articleno e2408721121(DOI 10.1073/pnas.240872112Accès libre).
  10. Laurent Emmanuel, Marc de Rafelis Saint Sauveur, Ariane Pasco,Géologie, Dunod,,p. 174
  11. (en) David M. Raup, « A Kill Curve For Phanerozoic Marine Species »,Paleobiology,vol. 17,no 1,‎,p. 44(lire en ligne)
  12. Francis Lethiers,Evolution de la biosphère et évènements géologiques, Taylor & Francis,,p. 298
  13. (en) David M. Raup & J. John, Jr. Sepkoski, « Mass extinctions in the marine fossil record »,Science,vol. 215,no 4539,‎,p. 1501–1503(DOI 10.1126/science.215.4539.1501)
  14. a etbSepkoski, J.J., Jr., 1981, A factor analytical description of the Phanerozoic marine fossil record:Paleobiology, v. 7,p. 36–53
  15. Sepkoski, J. J., Jr., 1984, A kinetic model of Phanerozoic taxonomic diversity, III. Post-Paleozoic families and mass extinctions,Paleobiology 10, 246-267
  16. Peter M Sheehan (2010) - The late Ordovician mass extinction.Annu. Rev. Earth Planet. Sci. 2001.29:331-364.http://usuarios.geofisica.unam.mx/cecilia/CT-ST/Sheehan2001OrdovicianExtintion.pdf
  17. Peter M Sheehan (2010) - The late Ordovician mass extinction.Annu. Rev. Earth Planet. Sci. 2001.29:331-364.http://www.annualreviews.org/doi/abs/10.1146/annurev.earth.29.1.331?journalCode=earth
  18. Steven M.Stanley, « Estimates of the magnitudes of major marine mass extinctions in earth history »,Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America,vol. 113,no 42,‎, E6325–E6334(ISSN 0027-8424,PMID 27698119,PMCID 5081622,DOI 10.1073/pnas.1613094113,lire en ligne, consulté le)
  19. (en) Sarda Sahney et Michael J Benton, « Recovery from the most profound mass extinction of all time »,Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences,vol. 275,no 1636,‎,p. 759-765(DOI 10.1098/rspb.2007.1370,lire en ligne).
  20. (fr)« La sixième extinction des espèces peut encore être évitée », surLemonde.fr,
  21. La sixième extinction de masse s'accélère,La Rechercheno 531 janvier 2018,p. 79.
  22. Teyssèdre A., 2004.Vers une sixième grande crise d’extinctions ? In Biodiversité et Changements Globaux, Barbault et al. eds.(ISBN 978-2-914935-27-2) Chapitre 2, pp. 24-49.
  23. (en) JoanneClavel, RomainJulliard et VincentDevictor, « Worldwide decline of specialist species: toward a global functional homogenization? »,Frontiers in Ecology and the Environment,vol. 9,no 4,‎,p. 222–228(ISSN 1540-9295 et1540-9309,DOI 10.1890/080216,lire en ligne, consulté le)
  24. (en) AnneTeyssèdre et AlexandreRobert, « Biodiversity trends are as bad as expected »,Biodiversity and Conservation,vol. 24,no 3,‎,p. 705–706(ISSN 0960-3115 et1572-9710,DOI 10.1007/s10531-014-0839-7,lire en ligne, consulté le)
  25. (en) R.Dirzo, H. S.Young, M.Galetti et G.Ceballos, « Defaunation in the Anthropocene »,Science,vol. 345,no 6195,‎,p. 401–406(ISSN 0036-8075 et1095-9203,DOI 10.1126/science.1251817,lire en ligne, consulté le)
  26. Servais T. etal. (2010) - Understanding the « Great Ordovician Biodiversification Event » (GOBE). Influences of paleogeography, paleoclimate and paleoecology.GSA Today, v. 19, no. 4/5, doi: 10.1130/GSATG37A.1http://www.geosociety.org/gsatoday/archive/19/4/pdf/i1052-5173-19-4-4.pdf&rct=j&frm=1&q=&esrc=s&sa=U&ei=eu67VNzdEY_baI2_gdAE&ved=0CBoQFjAB&usg=AFQjCNGOJqUjOVYCL_P72pvXfIGCkjLHrA
  27. a etb« Des scientifiques confirment que la Terre a déjà connu six extinctions massives », surSlate.fr,(consulté le).
  28. ab etc(en) David P. G. Bond, Paul B. Wignall, Michael M. Joachimski, Yadong Sun, Ivan Savov, Stephen E. Grasby, Benoît Beauchamp, et Dierk P. G. Blomeier, (2015),An abrupt extinction in the Middle Permian (Capitanian) of the Boreal Realm (Spitsbergen) and its link to anoxia and acidification, doi: 10.1130/B31216.1; 8 figures; 1 table; Data Repository item 2015139,[1]
  29. Partial list fromImage:Extinction Intensity.png
  30. (en) NarcisoBenitezet al., « Evidence for Nearby Supernova Explosions »,Phys. Rev. Lett.,vol. 88,no 8,‎,p. 081101(DOI 10.1103/PhysRevLett.88.081101,Bibcode 2002PhRvL..88h1101B)
  31. (en) « Russia's Popigai Meteor Crash Linked to Mass Extinction »,
  32. (en) David Bond and Paul Wignall, « Large igneous provinces and mass extinctions: An update »,p. 17
  33. P. J.Wallace, F. A.Frey, D.Weis et M. F.Coffin, « Origin and Evolution of the Kerguelen Plateau, Broken Ridge and Kerguelen Archipelago: Editorial »,Journal of Petrology,vol. 43,no 7,‎,p. 1105–1108(DOI 10.1093/petrology/43.7.1105)
  34. (en) József Pálfy and Paul Smith, « Synchrony between Early Jurassic extinction, oceanic anoxic event, and the Karoo-Ferrar flood basalt volcanism »
  35. (en) Terrence J.Blackburn, Paul E.Olsen, Samuel A.Bowring, Noah M.McLean, Dennis VKent, JohnPuffer, GregMcHone, TroyRasbury et MohammedEt-Touhami7, « Zircon U-Pb Geochronology Links the End-Triassic Extinction with the Central Atlantic Magmatic Province »,Science,vol. 340,no 6135,‎,p. 941–945(PMID 23519213,DOI 10.1126/science.1234204,Bibcode 2013Sci...340..941B)
  36. (en) Dal Corso, J., Mietto, P., Newton, R.J., Pancost, R.D., Preto, N., Roghi, G. et Wignall, P.B., « Discovery of a major negative δ13C spike in the Carnian (Late Triassic) linked to the eruption of Wrangellia flood basalts »,Geology,vol. 40,no 1,‎,p. 79–82(DOI 10.1130/g32473.1)
  37. (en) Campbell, I, Czamanske, G., Fedorenko, V., Hill, R. et Stepanov, V., « Synchronism of the Siberian Traps and the Permian-Triassic Boundary »,Science,vol. 258,no 5089,‎,p. 1760–1763(DOI 10.1126/science.258.5089.1760)
  38. (en) von Frese, R, Potts, L., Wells, S., Leftwich, T. et Kim, H., « GRACE gravity evidence for an impact basin in Wilkes Land, Antarctica »,Geochemistry, Geophysics, Geosystems,vol. 10,no 2,‎(DOI 10.1029/2008GC002149,lire en ligne)
  39. (en) Ricci et al,J, « New 40Ar/39Ar and K–Ar ages of the Viluy traps (Eastern Siberia): Further evidence for a relationship with the Frasnian–Famennian mass extinction »,Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology,‎
  40. (en) Lennert Jeppsson,« Silurian oceanic events: summary of general characteristics », dans Ed Landing et Markes E. Johnson,Silurian Cycles: Linkages of Dynamic Stratigraphy with Atmospheric, Oceanic and Tectonic Changes. James Hall Centennial Volume,New York State Museum Bulletin 491,(ISBN 978-1-55557-206-8),p. 239-257
  41. Jeppsson, L. ; Calner, M. (2007). « The Silurian Mulde Event and a scenario for secundo—secundo events ». Earth and Environmental Science Transactions of the Royal Society of Edinburgh 93 (02): 135–154.
  42. (en) Jeppsson, L,Paleontological Events : Stratigraphic, Ecological, and Evolutionary Implications, New York, Columbia University Press,, 451–492 p., « The anatomy of the Mid-Early Silurian Ireviken Event and a scenario for P-S events »
  43. (en) A. L. Melottet al., « Did a gamma-ray burst initiate the late Ordovician mass extinction? »,International Journal of Astrobiology,vol. 3,‎,p. 55-61(DOI 10.1017/S1473550404001910,Bibcode 2004IJAsB...3...55M,arXiv astro-ph/0309415)
  44. (en) « Tiny Algae May Have Prompted a Mass Extinction », surEos(consulté le).
  45. (en) Jiaheng Shen, Ann Pearson, Gregory A. Henkes, Yi Ge Zhang, Kefan Chenet al., « Improved efficiency of the biological pump as a trigger for the Late Ordovician glaciation »,Nature Geoscience,vol. 11,‎,p. 510-514(DOI 10.1038/s41561-018-0141-5).
  46. https://academic.oup.com/petrology/article/59/4/635/4975734
  47. abcde etfGibney, E (2014)Did dark matter kill the dinosaurs? The Solar System's periodic passage through a 'dark disk' on the galactic plane could trigger comet bombardments that would cause mass extinctions ; Nature News ; publié le 7 mars 2014 par la revue Nature ; doi:10.1038/nature.2014.14839
  48. (en)J. T. Wickramasinghe &W. N. Napier,Impact cratering and the Oort Cloud,Monthly Notices of the Royal Astronomical Society,387, 153-157 (2008), arXiv:0803.2492 (astro-ph)Voir en ligne.
  49. (en) TansuDaylan,Douglas P.Finkbeiner, DanHooper et TimLinden, « The characterization of the gamma-ray signal from the central Milky Way: A case for annihilating dark matter »,Physics of the Dark Universe,vol. 12,‎1er juin 2016,p. 1–23(ISSN 2212-6864,DOI 10.1016/j.dark.2015.12.005,lire en ligne, consulté le)
  50. Stephen Giner, Ion Cepleanu,Miroirs de la Terre, Les Presses du Midi 2010,(ISBN 978-2-8127-0188-7), pp. 51.
  51. (en) George R. McGhee,When the invasion of land failed. The legacy of the devonian extinctions,Columbia University Press,,p. 61-67.
  52. (en) William B. Whitman, David C. Coleman & William J. Wiebe, « Prokaryotes: The unseen majority »,PNAS,vol. 95,no 12,‎,p. 6578-6583(DOI 10.1073/pnas.95.12.6578,lire en ligne).
  53. Jean-Louis Fauchère,Les Bactéries et l’Homme : Une cohabitation tumultueuse, Editions Edilivre,,p. 137.
  54. (en) P. Engel, NA. Moran, « The gut microbiota of insects - diversity in structure and function »,FEMS Microbiol Rev.,vol. 37,no 5,‎,p. 699-735(DOI 10.1111/1574-6976.12025).
  55. (en) R.E. Ley, M. Hamady, C. Lozupone, P.J.Turnbaugh, R.R. Ramey, J.S. Bircher et al., « Evolution of mammals and their gut microbes »,Science,vol. 320,no 5883,‎,p. 1647–1651(DOI 10.1126/science.1155725).

Annexes

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Bibliographie

[modifier |modifier le code]
  • Franz Broswimmer,Une brève histoire de l'extinction en masse des espèces, Agone (2010)(ISBN 978-2748901115)
  • Lewin Leakey,La sixième extinction, Évolution et catastrophes, Flammarion (1997)(ISBN 2-08-081426-5)

Liens externes

[modifier |modifier le code]
v ·m
Vocabulairepaléontologique concernant le temps
Périodes
Datation
Évolution
Extinction
Autres palettes liées :Espace géographique -Espace temps -Biologie -Géologie -Outils
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Extinction_massive&oldid=233248917 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp