Le nom Euphrate dérive dugrec ancienΕὐφρᾱ́της, issu duvieux perse 𐎢𐎳𐎼𐎠𐎬𐎢 (romanisé en hUfrātuš), venant lui-même de l'élamite 𒌑𒅁𒊏𒌅𒅖 (romanisé en Úipratuiš). Le nom élamite est dérivé ducunéiforme 𒌓𒄒𒉣 lu commeBuranun ensumérien etPurattu enakkadien. De nombreux signes cunéiformes ont une prononciation sumérienne et une prononciation akkadienne, tirées d’un mot sumérien et d’un mot akkadien qui signifient la même chose. L’akkadienPurattu a été perpétué dans leslangues sémitiques (arabe الفراتal-Furāt ;syriaque ̇ܦܪܬPǝrāṯ ;hébreu פְּרָתPǝrāṯ) et dans d’autres langues proches de l’époque (hourritePuranti ; soubaréenUruttu)
פְּרָת,Pĕrāṯ. Dans la Bible, l'hébreu פְּרָת est le nom du quatrième fleuve bordant leJardin d'Eden[2]. L'Euphrate est par ailleurs cité comme limite de la Terre promise àAbraham puis àMoïse[3].
Les deux branches mères de l'Euphrate naissent sur lehaut-plateau anatolien : celle de l'ouest, ou Karasu, naît près d'Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l'est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d'un contrefort occidental de l'Ararat. Il traverse ensuite la zone depiémont, zone aride partagée entre laSyrie et l'Irak. Arrivé aux environs de Ramadi enIrak, il entre dans la plaine fertile deMésopotamie, passant parFallujah à proximité deBagdad, et puis à environ 1 km à l'ouest des ruines deBabylone. Il rejoint leTigre dans le sud-est du pays àQurna à environ 100 km au nord-ouest deBassorah pour former leChatt-el-Arab et se jeter dans legolfe Persique.
Le débit de l'Euphrate a été observé pendant 43 ans (entre 1924 et 1972) àHit, localité irakienne située à quelque 150 kilomètres à l'ouest-nord-ouest deBagdad[4]. C'est à Hit que le débit du fleuve est maximal ; en effet plus loin en aval, de nombreux ouvrages d'irrigation prélèveront des quantités importantes d'eau du fleuve, faisant ainsi baisser progressivement son débit. En outre, plus aucun affluent quelque peu notable ne contribuera à l'alimenter.
Il n'y a pas d'affluent naturel en Irak, mais lecanal Thartar-Euphrate permet de déverser les excédents des crues duTigre dans l'Euphrate en passant par lelac-réservoir du Thartar. Plus au sud, le Tigre et l'Euphrate se rejoignent àQurna et forment leChatt-el-Arab dans lequel ils sont rejoints par leKaroun.
LaTurquie a disposé de nombreux barrages sur l'Euphrate et ses affluents dont le principal achevé aujourd'hui est lebarrage Atatürk. (Voir « Projet d'Anatolie du Sud-Est », le projet turc d'aménagement du Sud-est anatolien).
leTroisième fleuve : achevé en1992, il a été construit pour assécher les marais du Sud, ce qui permettait de maîtriser la régionchiite et d'irriguer de nouvelles terres. Après laguerre en Irak de 2003, les Chiites ont partiellement détruit les digues et ont reconstitué les marais à 40 %[6] ;
Dans l'Apocalypse 16:12, l'Euphrate est mentionné :« Et le sixième ange versa sa fiole sur le grand fleuve Euphrate ; et son eau sécha, pour que le chemin des rois de l’Est soit préparé »[7].
Dans la tradition prophétique islamique, l'Euphrate s’asséchera et laissera apparaître une montagne d'or pour laquelle les hommes s’entre-tueront. L'apparition de ce trésor fait partie des confusions et des troubles de la fin des temps. Lehadîth est celui-ci :« Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « L’Heure ne se lèvera pas avant que l’Euphrate ne laisse apparaître une montagne d’or pour laquelle les gens s’entre-tueront. De chaque centaine, quatre-vingt-dix-neuf seront tués et chaque homme parmi eux dira : « J’espère être celui qui sera épargné ! » ». Dans une autre version,« L’Euphrate est sur le point de dévoiler un trésor en or. Que celui qui s'y trouve n’en prenne rien ! »[8].