Esztergom est situé sur les bords duDanube, à la rencontre duMassif de Visegrád et duPilis. La ville s'est rapidement développée sur les deux rives duDanube, lequel constitue depuis letraité de Trianon une frontière naturelle entre la Hongrie et la Slovaquie. L'ancien faubourg d'Esztergom,Štúrovo (en hongrois :Párkány) se situe désormais côté slovaque.
Il existe plusieurs hypothèses sur l'étymologie d'Esztergom, dont la première occurrence remonte à1079. Une première piste renvoie au mot « Isztergam » comme association de deux toponymes :Iszter (qui désigne leDanube) etGam (qui désigne la rivièreGaram). D'autres rattachent legom (gomb,gömb,gumó : « courbe ») au site d'Esztergom, sur leCoude du Danube. Une deuxième piste renvoie au mot « Iszterograd », qui renverrait également à la confluence avec la rivière Garam (üsztürü signifiant ici « rameau », « confluent »). Une troisième hypothèse tire les origines du toponyme de deux mots turco-bulgares :estrogin kupe (« armure en cuir ») etstrgun (« tanneur »), ce qui s'expliquerait par la présence d'une corporation de tanneurs durant le Moyen-Âge. Il existe enfin une hypothèse slave :sztregomj (« ce sur quoi l'on fait attention »).
Esztergom a connu plusieurs dénominations durant l'Histoire :Isztergám ouEsztergám enhongrois ;Gran enallemand, dont la référence à la rivière Garam est explicite ;Estergon en turc ;Strigonium en latin (et dont sont issues les versions française,roumaine, italienne, espagnole anciennes ; respectivement :Strigonie,Strigoniu,Strigonia,Estrigonia) ;Strihom dans leslangues slaves (Ostrihom en slovaque,Ostřihom en tchèque par exemple).
Il existe un toponyme vernaculaire :Egom et de nombreux surnoms : la « ville de saint Étienne » (Szent István városa), la « Sion hongroise » (a magyar Sion) ou la « Rome hongroise » (a magyar Róma), en raison de sa place dans l'histoire du catholicisme en Hongrie.
La partie supérieure du blason est inspirée du sceau de la ville (1299), tandis que la partie inférieure reprend les motifs du drapeau d'Esztergom, lui-même inspiré par les armes de la dynastieÁrpád (avec néanmoins neuf lignes au lieu de huit). Le blason actuel a été dessiné en1721 par Simon Grabmayer et gravé en1771 sur le fronton de l'Hôtel de ville. Officiel
Le site d'Esztergom est occupé dès l'époque préhistorique. Durant la période romaine, l'on trouve des mentions d'une localité,Salvio Mansio, à cet endroit. Les Romains y construisent unemotte castrale du nom deSolva, partie intégrante dulimes dePannonie. Peu après l'occupation magyare du bassin des Carpates (années 890-900), legrand-princeGéza choisit Esztergom comme centre de son pouvoir. C'est dans cette ville que serait né son fils, Vajk, lequel y est baptisé sous le nom d'Étienne puis couronné roi de Hongrie en 1001. Sous le règne d'ÉtienneIer, Esztergom devient le centre religieux du royaume : c'est sur la Colline du château (Várhegy) qu'est construite lapremière église cathédrale de Hongrie, qu'Étienne dédie à son instructeursaint Adalbert.
Esztergom est la capitale de la Hongrie duXe au XIIIe siècle. Durant leXIIe siècle, Esztergom devient un important centre politique que visitent notamment l'empereur germaniqueConrad II et le roi des FrancsLouis VII. Dans les années 1100, le statut de siège archiépiscopal d'Esztergom freine son développement urbain. En 1198, le roiÉmeric place Esztergom sous la tutelle de l'archevêque. Dans les années 1200, la croissance d'Esztergom reprend sous l'impulsion deBéla IV qui dote la ville de nombreuses institutions.
La basse-ville est complètement ravagée en1242 par l'assaut desTatars sur leRoyaume de Hongrie, mais ces derniers ne parviennent pas à prendre la place forte. En1301,Charles-Robert y est couronné roi de Hongrie de manière irrégulière. C'est à Esztergom que se constituent également auXIIIe siècle la plus grandecommunauté arménienne de Hongrie. Installés dès leXIe siècle dans un quartier séparé, les Juifs bénéficient d'une protection de l’archevêque et du roi en1294 mais sont expulsés de la ville en1526.
Esztergom durant la période ottomane.
Le,Jean Vitéz est promu archevêque d'Esztergom, primat de Hongrie. Sous son impulsion, la ville devient un important foyer culturel, qui attire des savants et artistes de toute l'Europe. Le développement de la Renaissance à Esztergom est interrompu par l'occupation ottomane de la ville en1543. Les Ottomans en font la capitale duSandjak d'Estergon et y construisent un minaret, undjami et des bains turcs. Esztergom est reprise le par les troupes deMiklós Pálffy, mais est réoccupée par les Ottomans en 1605. Sa libération définitive n'intervient qu'en1683 lors de labataille de Párkány, dont le roi polonaisJean III Sobieski sort victorieux.
Le , après le siège de six semaines par lesKuruc, la ville est occupée parFrançois Rákóczi et ses troupes. Après le déguerpissement desKuruc, Esztergom tombe sous domination autrichienne et retrouve en1708 son statut deville libre royale. Le clergé catholique ayant fui en raison du joug ottoman, ne retrouve ses places qu'en1820. C'est à cette époque qu'est d'ailleurs lancée la construction de l'imposante basilique actuelle, en1822. Son inauguration en1856 est honorée par la présence de l'empereurFrançois-Joseph et du compositeur austro-hongroisFranz Liszt. Ce dernier donne un concert pour l'occasion et joue pour la première fois saMesse d'Esztergom.
Durant larévolution hongroise de 1848, la ville est visitée parLajos Kossuth etIstván Széchenyi. Le, l'armée révolutionnaire hongroise triomphe à Esztergom des troupes impériales autrichiennes. En1876, Esztergom perd ses prérogatives deville de droit municipal et est rétrogradée au rang deville pourvue d'un conseil dirigé car sa population n'atteignait pas les 15 000 habitants nécessaires. Le pouvoir lui maintient néanmoins son rang honorifique de ville royale et de siège du comitat d'Esztergom. Esztergom est raccordé au système ferroviaire hongrois en1891 avec l'ouverture de laligne d'Esztergom à Almásfüzítő. En1895 sont inaugurés laligne d'Óbuda à Esztergom ainsi que lepont Marie-Valérie sur le Danube. C'est cette même année qu'Esztergom est officiellement unie à Víziváros (ville-basse correspondant au quartier épiscopal), Szenttamás et Szentgyörgymező.
AuXXe siècle : une petite ville frontalière en relatif déclin
Le président slovaqueMikuláš Dzurinda, le premier ministre hongroisViktor Orbán et le commissaire européenGünter Verheugen lors de l'inauguration du pont Marie-Valérie en 2001.
À la suite dutraité de Trianon (1920) qui fait du Danube la limite entre la Hongrie et laTchécoslovaquie naissante, Esztergom devient une ville frontalière et perd l'essentiel de son arrière-pays. Le pont Marie-Valérie, détruit par les troupes tchèques en 1919, n'est reconstruit qu'en1927. Dans la nouvelle organisation territoriale de la Hongrie, Esztergom devient le siège du comitat deKomárom és Esztergom. Au cours de laSeconde Guerre mondiale, le pont Marie-Valérie est détruit par les troupes allemandes. La population locale souffre du conflit et sa petite communauté juive est déportée à Auschwitz en1944. Le, les Soviétiques prennent la ville aux Allemands, laquelle est de nouveau occupée le par la coalition germano-hongroise.
Esztergom reste officiellement le siège du comitat deKomárom-Esztergom jusqu'en1952, deux années après l'adoption de laréforme de l'organisation comitale. Les institutions comitales déménagent péniblement àTatabánya, le cadastre, les archives, la prison et le tribunal restant à Esztergom jusqu'à la fin des années 1980. Le pont Marie-Valérie n'est reconstruit qu'en2001.
Il existe dix écoles élémentaires (általános iskola) actuellement en fonctionnement à Esztergom, huit établissements d'enseignement secondaire ainsi qu'un certain nombre d'organismes d'enseignement supérieur. Parmi ces derniers : la chaire János Vitéz de l'Université catholique Péter Pázmány ainsi que son département des technologies de l'information, des antennes de l'école supérieure Dénes Gábor et de l'université Saint-Étienne, l'école supérieure de théologie et l'institut épiscopal de formation des prêtres.
La cathédrale Saint-Adalbert, siège de laprimatie de Hongrie.
Esztergom est la capitale ecclésiastique de la Hongrie, l'archevêque de la ville portant le titre de prince-primat de Hongrie. La prise de la ville par lesTurcs en1543 interrompit les activités ecclésiastiques avec la fuite de l'archevêque. L'Église ne se rétablit à Esztergom qu'au début duXIXe siècle avec notamment l'édification de lacathédrale Saint-Adalbert, vaste édifice néo-classique dont ledôme central s'élève à une hauteur de près de 100 mètres. Le compositeur hongroisFranz Liszt composa uneMissa solemnis qui fut jouée lors de son inauguration.