Pour les articles homonymes, voirMandel.
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| Sépulture | Cimetière du Père-Lachaise(depuis le) |
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Ernest Mandel, né le àFrancfort-sur-le-Main et mort le àBruxelles, est un économiste belge, l'un des dirigeantstrotskistes les plus importants de la seconde moitié duXXe siècle, ainsi qu'un des théoriciensmarxistes les plus importants de cette période.
« Les idées qui flottent dans l'air, qui sont écrites sur papier, imprimées ou portées par la parole, ce n'est pas cela que ces messieurs craignent. Ce qu'ils craignent, c'est l'organisation, l'action organisée, les tentatives organisées de réaliser ces idées. »
Né d'Ernest et Rosa Mandel, des parentsjuifs polonais[1] ayant émigré enAllemagne et installés àFrancfort, il est élevé dans un foyersocialiste de gauche — son père fut un ami du bolcheviqueKarl Radek. Avec la montée du nazisme, Ernest Mandel s'installe enBelgique. Il rejoint en 1939 la petite section belge de laQuatrième Internationale et devient un ami d'Abraham Léon, qu'il a rencontré au sein du mouvementHachomer Hatzaïr, et dont les positions sur lejudaïsme et lesionisme vont beaucoup l'influencer.
À l’âge de 19 ans, Mandel devient membre du Comité Central de l’organisation belge clandestine, et trois ans plus tard, en 1944, il participe à la Conférence européenne clandestine de la Quatrième Internationale. Peu de temps après, il est arrêté pour la troisième fois. Il passe le reste de la guerre dans un camp de travailnazi.
Après la guerre, Mandel devient un participant clé dans la nouvelle direction internationale quePablo et d’autres sont en train de reconstituer. Très rapidement, il devient un écrivain, un organisateur et un théoricien. En 1946, âgé de 23 ans, Mandel est élu au Secrétariat International. C’est pendant cette période qu’il fait des contributions significatives sur deux questions majeures auxquelles la jeune direction internationale doit faire face : la guerre israélo-arabe enPalestine et la nature de classe des pays de l’Europe de l’Est.
Parallèlement à son activité politique, il devient un des conseillers les plus écoutés du dirigeant du syndicatFGTB,André Renard et joue un rôle déterminant dans la confection du programme de réforme de structures adopté par la FGTB[2]..
Lors de la scission internationale de 1953, il est l'un des proches collaborateurs dePablo. En Belgique, en 1956, il met sur pied l'hebdomadaireLa Gauche, avec des membres de l'aile gauche du PSB, leparti socialiste belge de l'époque. Il s'allie avecJacques Yerna, dirigeant de laFGTB wallonne.
Dans lesannées 1960, il publie des ouvrages de théorie économique marxiste et d'autres, de vulgarisation, sur le même thème. Au début desannées 1970, il définit un "troisième âge du capitalisme". Après un âge de la concurrence, est venu un âge monopolistique et impérialiste : l'impérialisme est le« stade suprême du capitalisme », selon Lénine. Cet âge se prolonge dans l'après Seconde Guerre mondiale, mais l'accumulation du capital ne provoque plus principalement de l'exportation de capital fixe des pays impérialistes vers la périphérie, mais plutôt de l'échange inégal réalisé entre le centre impérialiste et les pays vendant des produits primaires. Il reprend, en la modifiant d'un point de vue marxiste, les théories des cycles deKondratiev : pour lui, l'histoire du capitalisme industriel n'est que la succession d'ondes de stagnation ou d'accumulation accélérée du capital qui s'expliquent par des fluctuations du taux de profit. La phase longue d'expansion déclenchée après 1945, ne peut aboutir qu'à un retournement et à une période de crise du capitalisme, marquée par des récessions et des crises[3],[4].
En 1963, Mandel est l'un des principaux artisans de la constitution duSecrétariat Unifié de la Quatrième Internationale, dont laLCR française est la plus importante section. Après la rupture avec Pablo en 1964, Mandel en devient le dirigeant incontesté.
La même année, il est exclu duParti socialiste belge, avec beaucoup d'autres « radicaux ». Ernest Mandel participe alors à la création duParti wallon des travailleurs et à l'Union de la gauche socialiste. Puis à laLigue révolutionnaire des travailleurs (LRT), en 1971, qui se présente alors comme la section belge officielle de « la Quatre ».
Il crée en 1982, avecLivio Maitan et le soutien de laQuatrième Internationale (SU), l'Institut International pour la Recherche et la Formation. Ernest Mandel, resté l'éminence grise duParti ouvrier socialiste (issu en 1984 de la LRT)[5] meurt d'unecrise cardiaque en 1995 à Bruxelles.
En 2014, la Formation Lesoil publie le livre de MandelLes ondes longues du développement capitaliste.
Bibliographie : Jan Willem Stutje,Ernest Mandel, un révolutionnaire dans le siècle. Editions Syllepse Paris, 2022, 456 pages