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Hemingway est né et a grandi àOak Park, une ville située en banlieue ouest deChicago dans l'Illinois. Il travaille pendant quelques mois en tant que journaliste reporter au Kansas City Star, avant de devenir ambulancier sur lefront italien pendant laPremière Guerre mondiale. Cette période servira de fondement à son romanL'Adieu aux armes. Grièvement blessé, il passe plus de trois mois à l'hôpital et s'engage à sa sortie dans l'armée italienne.
En 1922, Hemingway épouseHadley Richardson, la première de ses quatre épouses. Le couple s'installe àParis, où Hemingway travaille comme correspondant étranger. Au cours de cette période, il fréquente la librairieShakespeare and Company et rencontre des écrivains tels queGertrude Stein,Ezra Pound etJames Joyce. Fin d'avril 1925, deux semaines après la publication deGatsby le Magnifique, il rencontreF. Scott Fitzgerald pour la première fois auDingo Bar, un des rares établissements de l'époque à rester ouvert toute la nuit et lieu de passage obligatoire de nombreux écrivains et acteurs de l’époque. Ce lieu a été mentionné par Ernest Hemingway dans son livreParis est une fête.
Il se lie également avec des artistesmodernistes de la communauté expatriée connus sous le nom deGénération perdue, dont certains exercent sur lui une influence significative. En 1926, il écrit son premier roman,Le soleil se lève aussi[3].
Après avoir divorcé de Hadley Richardson en 1927, Hemingway épousePauline Pfeiffer. Il se rend en Espagne pour couvrir laguerre civile espagnole, sujet principal de son romanPour qui sonne le glas. À son retour, il divorce, mais cohabite avec son ex-femme jusqu'en 1939.
Martha Gellhorn devient sa troisième épouse en 1940. De plus en plus mécontent des longues absences de Gellhorn pour ses reportages, Hemingway lui écrit, lorsqu'elle quitte leur propriété de Finca Vigía près de La Havane en 1943 pour couvrir lefront italien : « Es-tu reporter de guerre ou es-tu ma femme dans mon lit ?» Hemingway essaie de l'empêcher de se rendre sur lefront de Normandie juste avant le Débarquement. Reporter de guerre, elle est finalement la seule femme à poser le piedsur les plages normandes, le, avec les troupes américaines. De retour à Londres, elle lui annonce qu'elle le quitte. Après leur divorce en 1945 parce qu'elle refuse d'être« une note de bas de page dans la vie de quelqu'un d'autre »[4],[5], Hemingway refuse de lui renvoyer ses affaires et ses manuscrits, qu'elle a laissés dans la maison[6]. Dans son livreThe Hemingway Women, Bernice Kert écrit :« Hemingway n'a jamais pu entretenir une relation durable et pleinement satisfaisante avec l'une ou l'autre de ses quatre femmes. La domesticité conjugale a pu lui sembler l'aboutissement désirable de l'amour romantique, mais tôt ou tard, il s'est ennuyé et s'est impatienté, il est devenu critique et tyrannique »[7].
Hemingway épouse en 1945Mary Welsh. En 1948, Hemingway et son épouse décident de se rendre sur laCôte d'Azur mais doivent faire une escale à Gênes en raison d'une panne de leur bateau. Ils en profitent pour se rendre àVenise qu'ils ne connaissent pas et descendent à l'hôtel Gritti, où ils fréquentent leHarry's Bar. Invité à une chasse au canard, Hemingway fait la connaissance de la comtesse Adriana Ivancich dont il tombe amoureux, et qui le rejoindra d'ailleurs àCuba. Ils se reverront en Italie en 1954. Alors qu'il est fatigué, malade et dépressif, cette aventure lui redonne l'inspiration perdue, et il écritAu-delà du fleuve et sous les arbres, comme un reflet de leur idylle, en y mêlant ses propres souvenirs de la Première Guerre mondiale, bien qu'il ait démenti toute ressemblance avec la réalité dans l'avertissement de la préface. Alors qu'il pense avoir écrit une œuvre remarquable, la critique américaine est féroce.
Peu de temps après la publication du romanLe Vieil Homme et la Mer, en 1952, qui lui vaut leprix Pulitzer en 1953, Hemingway participe à un safari en Afrique, où il manque d'être tué dans un accident d'avion qui le laisse perclus de douleurs et en mauvaise santé pour le reste de sa vie. Il obtient leprix Nobel de littérature en 1954.
Hemingway a habité àKey West, enFloride et àLa Havane pendant les années 1930 et 1940. En 1959, il quitte Cuba pourKetchum, dans l'Idaho, où il se suicide au cours de l'été 1961.
Il étaitcatholique[8], converti à l'âge de dix-neuf ans[9], bien que se considérant comme un contre-exemple et refusant par là de voir son œuvre associée au romanesque catholique, ainsi qu'il en témoigne dans une lettre de décembre 1927 au père Vincent Donavan :« Je n’ai jamais voulu qu’on me considère comme un auteur catholique car je sais l’importance de l’exemple qu’on donne – et je n’ai jamais donné le bon exemple »[10],[9].
Ernest Miller Hemingway est né àOak Park près deChicago, le. Il est le fils de Clarence Hemingway, médecin, et de Grace Hall, une musicienne dont le père était un grossiste encoutellerie très aisé. Il est le deuxième enfant d’une fratrie qui en comptera six : Marceline née en 1898, lui-même (Ernest), Ursula née en1902, Madeleine en1904, Carol de1911 et enfinLeicester Clarence natif de1915. Ses deux parents avaient reçu une bonne éducation et étaient appréciés et respectés dans la communauté conservatrice de Oak Park. Lorsque Clarence et Grace se marièrent en 1896, ils déménagèrent avec le père de Grace, Ernest Hall, raison pour laquelle ils ont appelé leur premier fils Ernest. Hemingway disait ne pas aimer son prénom, qu'il associait au héros naïf, voire fou, de la pièce d'Oscar WildeL'Importance d'être Constant. La maison de sept chambres de la famille dans un quartier respectable contenait un studio de musique pour Grace et un cabinet dentaire pour Clarence.
Hemingway en 1900.
La mère de Hemingway donnait souvent des concerts dans les villages environnants. Hemingway adulte affirmait haïr sa mère, bien que le biographe Michael Reynolds souligne qu'Hemingway reflétait son énergie et son enthousiasme. Son insistance à lui apprendre à jouer du violoncelle est devenue une « source de conflits », mais il a admis plus tard que les leçons de musique lui ont été utiles pour son travail d'écriture, comme pour élaborer la « structurecontrapuntique » dePour qui sonne le glas. La famille possédait une résidence d'été appelée Windemere sur les rives dulac Walloon, près de Détroit dans leMichigan, une région habitée par les indiensOjibwés. C'est là qu'Hemingway apprit avec son père à chasser, à pêcher et à camper dans les bois. En1909, son père lui offre son premier fusil de chasse, pour son dixième anniversaire. Ses premières expériences dans la nature lui inculquèrent une passion pour l'aventure en plein air et la vie dans des régions éloignées ou isolées.
À partir de 1913, Ernest étudie à la High School d’Oak Park. Il y découvreShakespeare,Dickens,Stevenson, et participe activement à la vie sportive et culturelle de son école. En 1916, ses premières histoires et ses poèmes paraissent dansTabula etTrapeze, des revues littéraires de l’école.
Après avoir obtenu son diplôme en1917, Hemingway renonce à suivre des études supérieures pour devenir journaliste auKansas City Star, sous l’influence bienveillante de son oncle paternel, Alfred Tyler Hemingway.
Lors de l’entrée en guerre desÉtats-Unis le, l'incorporation de Hemingway est refusée une première fois à cause d’un œil défaillant. En, il parvient cependant à incorporer laCroix-Rouge italienne et, après avoir traversé l’Atlantique sur leChicago, il débarque àBordeaux, gagneParis, puisMilan, où il arrive le. Après plusieurs semaines passées à l’arrière, il rejoint le front. Le, de nuit, près deFossalta di Piave, alors qu'il apporte du chocolat et des cigarettes aux soldats, un tir de mortier blesse Hemingway aux jambes, tue un de ses camarades et en blesse grièvement deux autres. Alors qu’il tente de ramener un camarade vers l’arrière, il est de nouveau blessé par un tir de mitrailleuse, mais parvient à un poste de secours, avant de s’évanouir. Pendant sa convalescence de trois mois dans un hôpital de Milan, il s’éprend d’une infirmière américaine,Agnès von Kurowsky, de huit ans son aînée, qui lui inspirera le personnage de Catherine Barkley dansL'Adieu aux armes.
Au mois de, Ernest Hemingway, journaliste auprès des troupes grecques, témoigne de la violence de l’affrontement àInönü enAnatolie, au cours de laguerre gréco-turque.
Ernest Hemingway a beaucoup de mal à se réadapter à la vie civile. Il épouse Hadley Richardson le 3 septembre 1921 et s'installe avec elle àParis. C'est à partir de cette période qu'il passe beaucoup de temps à écrire. Principalement inspiré parGertrude Stein etEzra Pound, il est réputé pour ses récits très concentrés, au style dépouillé et laconique, témoignant de son expérience de la vie et de la mort.
Hemingway à Paris en 1924.
Ernest Hemingway était correspondant pour le Toronto Star. Il voyageait régulièrement entre Paris, Toronto et Chicago. Il aida la vente américaine duroman Ulysse deJames Joyce en passant aux frontières librement un volume à la fois durant une période de12 mois (de 1923 à 1924)[12].
Après un recueil de nouvelles peu populaire (De nos jours), il sort en 1926 son premier roman,Le soleil se lève aussi[13]. Ce best-seller lui permet de s'imposer rapidement sur la scène littéraire. Le titre fait référence à l'Ecclésiaste (chap. I, 3-7) et le thème principal du livre est déjà la génération perdue. Des jeunes désaxés évoluent dans un monde perdu et absurde, incapables de meubler le vide de leur vie.
Dans son deuxième roman,L'Adieu aux armes, Hemingway écrit sur la Première Guerre mondiale. Sorti en 1929, soit onze ans après la fin de la guerre, le récit est cinglant et ironique. Ce n'est pas un hasard s'il est publié aussi tardivement : dans son esthétique implicite, une émotion n'est évoquée qu'une fois l'émoi passé. Un ambulancier américain, parti en Suisse avec une jeune infirmière anglaise, se rend compte qu'il est pris au piège dans un destin auquel il croyait avoir échappé. Si le titre est emprunté à un poème patriotique anglais, l'ouvrage n'est en rien élogieux. Au contraire, il met en avant l'absence de sens de cette guerre. Le sentiment amoureux n'est pas épargné lui non plus, ce qui rend l'œuvre très pessimiste.
Cependant, malgré le désenchantement véhiculé par ses premiers romans, Hemingway réussit progressivement à oublier l'horreur de la guerre et l'absurdité de la vie. Il s'adonne notamment à deux divertissements : lescourses de chevaux et lachasse.
Hemingway se remarie avecPauline Pfeiffer, journaliste àVogue. Il s'installe àKey West enFloride au cours de l'année 1928. Il visite souvent l'île deCuba où il acquerra par la suite en 1940 dans les environs dela Havane une villa,Finca La Vigía, qu'il ne quittera définitivement qu'en 1960[14].
Complètement détaché du contexte social et géopolitique, il passe le plus clair de ses journées à pêcher l'espadon dans son yacht et à s'informer sur l'actualité sportive et littéraire. Puis il se rend compte qu'on ne peut vivre éternellement en retrait des autres, ce qui lui inspire un nouveau roman, paru en 1937 :En avoir ou pas. Harry Morgan, faute d'argent pour nourrir les siens, se lance dans toutes sortes d'aventures auxquelles il finit par succomber. Fidèle représentant de l'individualisme américain, il ne se rend compte que trop tard « [qu']un homme seul est foutu d'avance ».
Cette œuvre marque une rupture dans l'existence solitaire de Hemingway. Lefranquisme aux portes de l'Espagne ne le laisse pas indifférent. Conscient qu'il ne peut vivre indéfiniment à part, il choisit de s'engager dans laguerre civile espagnole dès 1937.
Il prendra part comme journaliste à laguerre d'Espagne, aux côtés desRépublicains. Installé à l’hôtelFlorida (Madrid) comme beaucoup de ses confrèrescorrespondants de guerre, il écrit un recueilParadis perdu, suivi de La Cinquième Colonne et commence une ébauche dePour qui sonne le glas, roman qui le rendra encore plus célèbre, publié en 1940 après la victoire des Franquistes en Espagne. Ce roman est autant un récit d'aventures qu'un reportage de guerre, où se mêlent épopées exaltantes, tragédies antiques et méditations sur le destin de l'Homme. C'est pendant cette période qu'il s'éprend deMartha Gellhorn, une romancière qui sera sa troisième épouse, et qu'il rencontreMalraux. Les carnages dont il est témoin le convainquent de la vacuité et du mensonge du langage abstrait. En 1937, la disparition suspecte de l'écrivainJosé Robles Pazos, attribuée aux services secrets soviétiques, cristallise la rupture définitive entre deux grands amis écrivains américains que sontJohn Dos Passos et Hemingway. En effet, son analyse de la guerre d'Espagne, sa compromission locale avec la propagande stalinienne et l'absence d'aide de Hemingway face à la disparition de son ami, insupportent Dos Passos.
À partir des années 1940,J. Edgar Hoover place Ernest Hemingway sous la surveillance duFBI. Sa ligne téléphonique est placée sur écoute pendant plusieurs années[15].
« Ce qu'il faut, c'est écrire une seule phrase vraie. Écris la phrase la plus vraie que tu connaisses. » Dans la nouvelleSur l'écriture, son personnage fétiche, Nick Adams, déclare vouloir« écrire commeCézanne peint ».
Hemingway revint en Europe à la fin de laSeconde Guerre mondiale, de juin à. Au moment du débarquement de Normandie, les responsables militaires qui le considéraient comme « une cargaison précieuse » le laissèrent sur une péniche de débarquement, contrairement aux affirmations de Hemingway qui prétendit être allé à terre. Vers la fin du mois de juillet, il fut attaché au22e régiment d'infanterie commandé par le colonel Charles Buck Lanaham, qui se dirigeait vers Paris et il prit la tête d'un petit groupe de combattants àRambouillet, dans la lointaine banlieue de Paris. Sur les exploits de Hemingway, l'écrivain de la Seconde Guerre mondiale, l'historien Paul Fussell remarque :« Hemingway créa une gêne considérable en jouant les capitaines d'infanterie pour un groupe de résistants qu'il avait rassemblé, car un correspondant de guerre n'est pas censé diriger des troupes, même s'il le fait bien ».
Hemingway à Cuba en 1946.
Cela était contraire auxConventions de Genève, et Hemingway se vit accusé de façon formelle, mais il s'en tira en affirmant qu'il s'était simplement contenté de donner des conseils. Il réussit à avoir une entrevue avec legénéralPhilippe de Hauteclocque, dit Leclerc, au moment où celui-ci, pressé par le généralde Gaulle, se demandait s'il investiraitParis malgré l'interdiction qui lui en était faite par sa hiérarchie américaine. Hemingway se présenta en tenue mi-militaire, mi-civile et demanda unblindé de reconnaissance, deux ou troisjeeps et une demi-douzaine d'hommes pour libérer le bar duRitz. Hemingway garda une mauvaise image de ce général qui l'éjecta en le traitant de clown[16]. Le, il fut présent à la libération de Paris, bien que les affirmations selon lesquelles il était entré le premier dans la ville, ou qu'il avait libéré leRitz, soient considérées comme faisant partie de la légende. À Paris, il assista à une réunion organisée parSylvia Beach et fit la paix avecGertrude Stein. Hemingway fut présent lors de violents combats dans laforêt de Hürtgen vers la fin de 1944. Le, malade et fébrile, Hemingway se fit conduire au Luxembourg pour couvrir ce qu'on appellera plus tard labataille des Ardennes. Cependant, dès son arrivée, Lanaham le conduisit voir les médecins, qui l'hospitalisèrent pour une pneumonie, et à sa sortie de l'hôpital, une semaine plus tard, les combats principaux étaient terminés.
L'auteur évoque les grands combats politiques du siècle (comme laguerre d'Espagne), le dépassement de soi ou le goût de l'aventure, de manière journalistique, voire « télégraphique », comme l'a expliqué le traducteur français de ses deux premiers romans, Maurice Edgar Coindreau. Pour Hemingway, l'esthétique implique avant tout une éthique et non une métaphysique (comme l'écrivaitSartre surFaulkner). Son œuvre est couronnée par leprix Nobel de littérature le[18]« pour le style puissant et nouveau par lequel il maîtrise l'art de la narration moderne, comme vient de le prouverLe Vieil Homme et la Mer ». Il fera lire àStockholm, devant le jury de l'Académie suédoise, le discours le plus bref de l'histoire de cette institution — l'écrivain ne s'étant pas déplacé, l'ambassadeur américain en Suède, John C. Cabot, le représente[19].
La même année que l'attribution de son prix Nobel, Ernest Hemingway et sa quatrième épouse, Mary Welsh, survivent à deux accidents d'avion. Lors d'une excursion aérienne en Ouganda, leur appareil s'écrase dans la jungle près deschutes de Murchison. L'avion de secours dans lequel ils montent le lendemain prend feu au décollage et se pose en catastrophe[20],[21].
Cette même année 1954, le toréroLuis Miguel Dominguin, ami de l'écrivain, lui présente à Madrid sa compagne d'alors, l'actrice américaineAva Gardner, alors au sommet de sa notoriété. Hemingway et elle ne se sont jamais rencontrés bien qu'ils se connaissent de réputation, car elle a tourné dans deux adaptations de son œuvre :Les Tueurs (en 1946) etLes neiges du Kilimandjaro (en 1952) ainsi que dans d'autres films proches de son univers (Mogambo en Afrique,La Comtesse aux pieds nus en Espagne). Ils développent une amitié et une complicité qui durera jusquà sa mort. Au delà de la beauté de l'actrice, Hemingway apprécie sa sensibilité, son anticonformisme et son caractère bien trempé, ainsi que leurs goûts communs pour la nuit, la fête, l'alcool, le jazz, les férias et les taureaux.Ava Gardner de son côté trouve en lui une figure paternelle de substitution et le surnomme "Papa Hemingway". Lorsque le studio20th Century Fox décide de filmer une adaptation duSoleil se lève aussi, Hemingway intervient auprès de la production afin qu'elle soit choisie pour incarner le personnage de Lady Brett Ashley, car il estime qu'elle correspond parfaitement à ce personnage de femme libre se comportant à égalité avec les hommes. Toujours sensible à l'univers de l'écrivain, elle retrouvera le thème de la guerre civile espagnole déjà abordé par elle dansLes neiges du Kilimandjaro etLa Comtesse aux pieds nus au début des années soixante avecL'Ange pourpre[22].
Quand il revient aux États-Unis en, après des voyages à Cuba et en Espagne, il ne se porte pas très bien, ni physiquement ni mentalement. Il souffre d'hypertension et se sent sombrer dans lacécité à cause dudiabète tout en souffrant d'unecirrhose. Il est touché par untrouble bipolaire, qu'il subit tout au long de sa vie et présente un comportementparanoïaque, peut-être lié également à un début d'alzheimer[23],[24] ou plus probablement à une encéphalopathie énolique laquelle entraîne également une atrophie corticale. En décembre, le médecin George Saviers l'envoie se faire soigner dans la prestigieuseclinique Mayo duMinnesota, où il est traité parsismothérapie et par des sédatifs. Il en ressort en, mais trois mois plus tard, il doit retourner se faire hospitaliser, d'abord au Sun Valley Hospital, puis de nouveau à la clinique Mayo, où il reçoit de nouveaux électrochocs. Il revient chez lui le, et deux jours après, le lundi, il se suicide d'un double coup de son fusil préféré[25]. Il est rapporté qu'une fois, Ernest Hemingway avait blâmé son père Clarence après le suicide de celui-ci, considérant cela comme un acte de lâcheté[réf. nécessaire].
Ernest et Mary Hemingway ensafari auKenya vers 1954.
Le dossier médical d'Ernest Hemingway, rendu accessible en1991, montra qu'il présentait unehémochromatose (diagnostiquée en 1961). Il s'agit d'une surcharge en fer, l'hémosidérose, dont le mécanisme n'était pas compris jusque dans les années 1970-1980, époque où il a été établi que cet excès de fer répondait d'une part à des causes génétiques (rares) - avec un caractère familial retrouvé dans l'enquête génétique, et d'autre part aux conséquences de diverses maladies. Parmi les autres causes de surcharge en fer, l'atteinte hépatique à type de fibrose (cirrhose diagnostiquée chez Hemingway en 1960) est très répandue soit en lien avec une hépatite virale chronique (B, C notamment) soit avec la consommation soutenue de boissons alcoolisées. Les troubles mentaux[26] décrits auparavant dans l'hémochromatose sont, dans le cas de l'intoxication alcoolique, à rattacher à une carence en vitamine B1 (Syndrome de Wernicke-Korsakoff).
Les nombreux suicides constatés dans la famille Hemingway (son père, son frère, sa sœur et sa petite-filleMargaux Hemingway) pourraient être en relation - par le biais d'unfardeau génétique - avec le trouble bipolaire diagnostiqué en 1960 chez Hemingway et dont le caractère génétique transmissible est avéré.
Ernest Hemingway est un des amateurs les plus connus dechats polydactyles.
Dans le jardin de sa maison deKey West enFloride, il hébergeait un peu moins d'une centaine de chats dont environ la moitié étaient polydactyles. Cette passion pour ces chats particuliers lui est venue après avoir reçu un chat à six doigts de la part du capitaine d'un bateau. En anglais, le motHemingway cat ouHemingway est devenu familier pour désigner les chats polydactyles.
Depuis la mort d'Ernest Hemingway en1961, cette maison est devenue un musée et le jardin un abri pour les descendants de ses chats. Il en reste encore une soixantaine (cinquante-sept au), dont une trentaine de polydactyles.
2017 :Mrs. Hemingway, roman de Naomi Wood qui retrace la vie amoureuse de l'écrivain à travers le récit de vies de ses quatre épouses et nombreuses maîtresses.
2011 :Luce Michel,Ernest Hemingway à 20 ans, un homme blessé, Éditions au diable Vauvert
↑The Norton Antology of American Writers, par Nina Bergen, New York, 1994, à savoir la génération qui fut jetée – voire pratiquement sacrifiée – dans laPremière Guerre mondiale et dont les survivants sont revenus totalement désabusés. Partis en « mission » quasi héroïque, ils n'avaient croisé, en Europe, que les horreurs de la grande boucherie : des victimes misérables et des chefs de bataillons pitoyables. Ce choc porta un coup fatal à leurs idéaux de gloire, d'honneur ou de patrie.
↑Geneviève Hily-Mane, Guy Degen,Dans un autre pays : voyage avec Ernest Hemingway, Presses universitaires de Reims, 1999.
↑Reynolds, Michael. (2000).Ernest Hemingway: A Brief Biography A Historical Guide to Ernest Hemingway, Linda (ed). Oxford: Oxford UP.(ISBN0-19-512151-1), p. 16
↑ Burwell, Rose Marie,Hemingway: the Postwar Years and the Posthumous Novels, 1996,p. 189.
↑Articles duKansas City Star et choix d'articles et de dépêches de quarante années, recueillis, commentés et préfacés par Matthew J. Bruccoli, University of Pittsburgh Press, 1970.
Hemingway et son univers, trad. franç., éditions du Chêne, 1990.
Milan Kundera, « À la recherche du présent perdu »,L’Infini, n° 37,), p. 22-34.
Marie-Pierre Liny, « Le Récit de la mort chez Hemingway »,Études de poétique, éd. Josiane Paccaud-Huguet et Michèle Rivoire, Lyon: Presses Universitaires de Lyon, 2001, p. 65-77.
Jaùes R. Mellow,Hemingway, trad. franç., éditions du Rocher, 1995.
Jean-Pierre Naugrette, « The Sun Also Rises : Hemingway et la problématique de la citation picturale »,Lectures aventureuses, La Garenne-Colombes, L’Espace Européen, 1990, p. 197-222.
Francesco Pozzi,Vie dans l’après-midi : essai psychanalytique sur Hemingway,Gradiva : Revue Européenne d’Anthropologie Littéraire, vol. 2, n° 1, 1997, p. 41-60.
Marie-Odile Salati,« La Blessure dansA Farewell to Arms de Hemingway », dans Anne Garrait-Bourrier, Patricia Godi-Tkatchouk (dir.),Écriture(s) de la guerre aux États-Unis des années 1850 aux années 1970, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal,,p. 97-110.
Philippe Sollers, articles biographiques dansLa Guerre du goût, Gallimard, 1994.