L'environnement au Sénégal est l'espace naturel préservé duSénégal.
Il fait l'objet de préoccupations croissantes. La forte croissance démographique du pays a diminué par quatre sa biocapacité en cinquante ans, de 1961 à 2011. L'empreinte agricole est légèrement supérieure à sa capacité. Lespollutions (air, eau, sites) sont importantes et préoccupantes pour la santé des populations, notamment àDakar, « la deuxième ville la plus polluée » du monde, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé en 2022[1]. La gestion des déchets est encore embryonnaire, les rejets ou incinération à feu ouvert (à basse température, avec émissions de polluants toxiques) encore trop importants.
Le gouvernement ainsi que le niveau local s'organisent afin de mettre en place une politique environnementale. Des engagements internationaux sont pris. Le concours des associations et fondations est important (électrification et développement desénergies renouvelables ; collecte dedéchets, tri et valorisation ; nettoyage de sites pollués par les déchets solides ;reboisement de forêts etmangroves).

La façade maritime s’étend sur 700 km. Le Sénégal est de plus une zone de transition entre le désert au nord et la forêt humide au sud. Il présente donc des écosystèmes variés, qu'on peut répartir en quatre grands types :
Le Sénégal compte environ 2 000 espèces d'insectes, 1 000 espèces demollusques etpoissons, et plusieursmammifères habitant lasavane[2].
Le pays est un des 5 derniers où lelion d'Afrique est présent. En 2014, on ne comptabilisait plus que 406 individus dans la région de l’Afrique de l’Ouest, dont moins de 10 au Sénégal[3].
La flore comprend 2 500 espèces environ. Trente-et-une espèces sont identifiées commeendémiques, majoritairement desherbacées. Labiodiversité forestière est mieux conservée que la biodiversité agricole[2].
En dehors des espèces endémiques comme lebaobab africain, de très nombreuses espèces ont été importées au Sénégal. C'est le cas par exemple dufromager, duflamboyant (Madagascar), dubougainvillier (Brésil), lebaobab chacal (Afrique de l'Est), lemanguier, letamarinier, leneem et leMoringa (Inde) l'eucalyptus (Australie), l'anacardier (Amérique du Sud)[4], etc.
Le Sénégal est également producteur de nombreuxfruits tropicaux.
Le Sénégal compte six parcs nationaux, neuf réserves, trois sites aupatrimoine mondial de l'humanité, et93 forêts classées[2].
L'exploitation forestière illégale debois précieux est un réel problème au Sénégal, notamment enCasamance. Entre 2005 et 2010, sur19,6 millions d’hectares de superficie,40 000 hectares de forêts ont disparu, soit la superficie de150 terrains de football par jour[5]. Ce trafic alimente principalement le marché chinois via laGambie mais le gouvernement sénégalais ne met pas les moyens nécessaires pour mettre fin à ce désastre écologique[6].
Le Sénégal connait un cycle de sécheresses erratiques depuis quelques décennies[2].
En2002, le Sénégal était le110e pays le plusémetteur en dioxyde de carbone, avec environ4,18 millions de tonnes de CO2 (gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique).
La prise en compte de la qualité de l’air dans les secteurs des transports et de l’industrie est faible. Certaines zones de la région de Dakar sont confrontées à des niveaux dePollution atmosphérique au-delà des limites définies par la norme NS-05-62. Les polluants concernés sont particulièrement, leSO2, lesBTX, l'ozone et lesparticules (PM10 et PM2.5)[7]. Par ailleurs, les déchets sont parfois brûlés tels quels, sans tri préalable, ni système de filtration des fumées. Cela peut alors engendrer une pollution de l’air par des émissions de substances toxiques. La capitale sénégalaise concentre ainsi de nombreux facteurs de dégradation de la qualité de l’air, qui en font « la deuxième ville la plus polluée » du monde, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé en 2022[1].
La pollution de l'eau est problématique ; elle engendre des risques sanitaires accrus (propagation de maladies comme lecholéra, l'amibiase, lagiardiase, etc.). Elle a des causes multiples, de l'assainissement insuffisant voire inexistant dans certaines zones, aux rejets de déchets (qu'ils soient solides, ménagers, ou liquides, industriels et parfois toxiques) perturbant la pêche. Par ailleurs, lespesticides sont utilisés de manière intensives ; dont certains pesticides toxiques[8].
En 2008, uneintoxication au plomb a tué 18 enfants en bas âge dans le quartier de Ngagne Diaw à Dakar. Elle était liée à une grosse production, illégale, de recyclage depiles, à forte teneur enplomb[9].
Le littoral connait uneérosion. À titre d'exemple, depuis 1937, le littoral recule à un taux moyen de 1,30 m par an à la hauteur deRufisque, à l'entrée de Dakar. Ce phénomène s'explique seulement en partie par l'élévation du niveau marin dû au réchauffement climatique. La faible épaisseur des sédiments de plage y contribue également.
La déforestation et les sécheresses erratiques favorise ladésertification de certains milieux[2]. Un ambitieux projet continental de « grande muraille » verte a pour objectif de restaurer les écosystèmes sahéliens menacés par la désertification. Cettetrame verte est composée de boisements et de jardins polyvalents sur 15 km de large et 7 600 km de long. En 2016,40 000 hectares environ ont été reboisés sur les817 500 hectares du tracé sénégalais[10].
Un mauvais drainage a entrainé unesalinisation de certaines terres[2].
L'élevage est développé, avec un cheptel important devolailles,ovins-caprins etbovins, mais aussiéquins-asins,porcins,camelins[2]. Près de 60 % de la population résidaient enmilieu rural, dans lesannées 2000, mais 88 % vivaient d'agriculture ou d'élevage[11].
La région des Niayes, au nord-ouest du Sénégal, est la principale zone de productionmaraîchère du pays. L’agriculture y est intensive et gourmande en intrants minéraux (pesticides et engrais) ; une partie des produits sont exportés vers l'Europe :mangues,haricots verts... La part des engrais minéraux importés utilisés dans le pays est estimée entre 15 et 20 %. Outre l’urée, des engrais spéciaux – pour les cultures d’oignons, de tomates cerises, d’haricots… –, sont importés d’Europe, de Turquie ou du Maroc. Avec laGuerre en Ukraine, le pays connait une pénurie d'engrais en 2022 et prend conscience de sa dépendance. Par ailleurs, même si la moyenne de 25 kg d’intrants minéraux utilisés par hectare de terre arable au Sénégal est loin de celle mondiale de 146,4 kg, les sols et l’environnement ont été dégradés par cette utilisation, couplée à la monoculture, l’absence de jachère ainsi qu’au changement climatique (salinisation des terres, pluviométrie en baisse…). Selon une estimation nationale de 2013, les deux tiers des terres arables du pays sont ainsi considérées comme pauvres ou pauvres à moyennes, c’est-à-dire que leur fertilité est réduite[12].
Lasurpêche n'est pas tant le fait de la pollution locale, mais plutôt d'usines chinoises, coréennes, russes, qui produisent de lafarine de poisson destinée à l'aquaculture et à l'élevage asiatique et européen[13].
Ladéforestation est liée aux fluctuations climatiques et à la croissance démographique[2]. Il existe un important trafic derôniers entre le Sénégal et les pays limitrophes, comme laGambie et laGuinée-Bissau[14].
La forêt debaobabs de Bandia a été fortement affectée par l'implantation de la cimenterie les ciments du Sahel et par l'exploitation d'une vingtaine de mines de calcaire à ciel ouvert. Selon Mame Cheikh Ngom, professeur de géographie à l’université de Dakar, il ne reste plus de la forêt que 2 000 hectares, soit un cinquième de sa superficie originelle. La poussière de calcaire, omniprésente, a aussi des conséquences pour la santé des populations locales[15].
Les énergies traditionnelles (bois,charbon de bois, déchets végétaux et animaux) représentent 49 % de la consommation finale d’énergie dans le pays. Dans leszones rurales, 80 % de la population a ainsi recours aubois énergie pour la cuisson et aupétrole lampant ou aux lampes àpiles pour l’éclairage.
Dans le cadre de la politique nationale d’électrification, certains villages s'équipent enénergies renouvelables, avec l'aide de la Fondation Énergies pour le Monde[11]. En 2016,Senergy 2 (de), la plus grandecentrale solaire d’Afrique de l’Ouest est inaugurée àBokhol[16].
La gestion des déchets domestiques est problématique au Sénégal, encore plus dans les régions rurales. L’État agit seulement pour Dakar. Ailleurs, des initiatives locales se mettent doucement en place dans lesannées 2010 : ramassage adapté (abonnement abordable, collecte parcharrette tirée par un âne là où des camions ne pourraient pas circuler...),tri, mise endécharge ouvalorisation[18].
À proximité de Dakar est présent la décharge à ciel ouverte de Mbeubeuss, décharge ouverte en 1968 et devait être temporaire[19].
En 2015, l'organisationGlobal Footprint Network (GFN) indique que le Sénégal a une réserve enbiocapacité qui s'équilibre avec l'empreinte écologique, à environ 1 gha (hectare global par habitant). Néanmoins, si la pêche préserve la réserve en poisson, et si la consommation de bois préserve la capacité forestière, l'empreinte agricole est légèrement supérieure à sa capacité[20]. De plus, la biocapacité a été divisée par trois en cinquante ans, de 1961 à 2011[21]. Cela s'explique par l'explosion démographique de ce pays.
Le Sénégal a mis en place un cadre juridique de protection de la nature (code forestier, décrets...) et prolongé la protection de certaines zones héritée du colonialisme. Il a également ratifié plusieurs conventions comme laconvention de Ramsar sur leszones humides, laconvention de Washington sur les espèces menacées d'extinctions, la convention sur la désertification et la convention sur la biodiversité[2].
Du à 2012, le ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature estDjibo Leyti Ka[réf. souhaitée]. Il existe une agence sénégalaise pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie (AEME).
Sous l’impulsion d'un réseau de producteurs, consommateurs, ONG et élus locaux, la Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal (Dytaes), un Plan Sénégal émergent vert a été adopté par l’Etat en 2019, avec comme mesure phare la subvention d’engrais organiques et bio (compost et fumier)[12].
Chaque année, des opérations de nettoyage des fonds marins (opérations filets perdus), des plages et des quais de pêche sont organisées par une association écologiste qui mobilise les associations de quartiers, les communautés de pêcheurs et les écoles[22]. L’Oceanium de Dakar mène également, depuis 2006, desreboisements de grande ampleur avec les populations. À ce jour, plus de150 millions depalétuviers ont été plantés dans500 villages desdeltas duSine Saloum et du fleuveCasamance. Ce bilan constitue le plus grand reboisement demangrove au monde[23].
Le Sénégal souhaite s'engager dans une démarche detourisme durable ; un atelier national sur le Tourisme et l’Environnement s’est tenu du1er au[24].
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