Pierre-Marcel Wiltzer propose une maison à Sabine Zlatin, pour créer une colonie d’enfants[5]. Il sait qu’il s’agit d’enfants juifs provenant deLodève (Hérault), qu’il faut soustraire au danger.
La maison du hameau de Lélinaz, à l’entrée d’Izieu, se situe en retrait de la route de Belley, à l’abri. Izieu est un petit village perché au-dessus d’un bras du Rhône à la frontière de trois départements français : l’Ain, l’Isère et laSavoie.
« Ici, vous serez tranquilles », dit Pierre-Marcel Wiltzer à Sabine Zlatin[6].
Elle accepte et entame avec son mari,Miron Zlatin, les démarches pour amener les enfants et recruter les éducateurs pour en prendre soin.
Pierre-Marcel Wiltzer intitule officiellement la maison d'Izieu, « Colonie d'enfants réfugiés de l'Hérault ». Il présenteMarie-Antoinette Cojean, secrétaire en chef de la sous-préfecture, qui va jouer, elle aussi, un rôle important dans l'installation et la vie quotidienne de la maison d'Izieu. Pierre-Marcel Wiltzer se déplace en personne àBourg-en-Bresse pour obtenir des cartes d'alimentation et parvient à en obtenir quarante. Pour Noël 1943, il vient rendre visite aux enfants les bras chargés de cadeaux.
Jusqu'en 1942, Izieu était située enZone libre, à proximité de laSuisse ; puis, de à, elle était englobée dans lazone d'occupation italienne. Le,l’Italie capitule et l’armée allemande occupe aussitôt les départements de l’ancienne zone italienne. Les persécutions antisémites s’y intensifient.
Dans les premiers mois de 1944, Sabine Zlatin prend conscience de la nécessité de disperser les enfants de la colonie.
Jusqu'en, selon le registre tenu par Miron Zlatin,105 enfants ont séjourné à Izieu. La durée du séjour va de quelques semaines à quelques mois[7].
Le, le médecin de Sabine Zlatin et de la colonie, le docteurAlbert Bendrihen[8] ouBendrihem[9] est arrêté, à16 h, par les Allemands, à son domicile, situé à3 kilomètres d'Izieu, au hameau voisin de Glandieu. Sabine Zlatin lui avait rendu visite le même jour, ainsi que deux autres patients, d'après son carnet de visites. Le docteur Albert Bendrihen, âgé de37 ans, est un juif converti au catholicisme. Il a obtenu une dérogation pour conserver le droit d'exercer[10],[11]. Né le, àOran (Algérie), il est de nationalité française. Il est déporté[12] par le convoino 67, du, ducamp de Drancy versAuschwitz. Sa dernière adresse estBrégnier-Cordon[13],[14] (Ain)[15]. Avant d'être amené à Drancy, il est passé parLyon[16],[17].
L'arrestation du docteur Bendrihen et la rafle de Chambéry sont deux événements qui amènent les Zlatin à vouloir disperser les enfants[10].
Le, le Service social d’aide aux émigrants de Lyon, rédige un rapport après une visite de la colonie organisée à la demande de Sabine Zlatin qui « cherche à céder cette maison » et disperser les enfants.
Le, Pierre-Marcel Wiltzer est muté à la sous-préfecture deChâtellerault (Vienne). La colonie perd un allié dans l’administration.
Il est remplacé par Jules Serieyx, ancien rédacteur d'un journal séparatiste breton, qui ne jouit pas d'une bonne réputation auprès de la Résistance locale[10].
Sabine Zlatin est à Izieu en. Elle repart fin mars-début avril pour Montpellier[19], où elle tente de trouver un refuge plus sûr pour les enfants et disperser la colonie. Elle était venue demander de l'aide à l'abbé Charles Prévost[20]. C’est à Montpellier qu’elle apprend la nouvelle de la rafle, par un télégramme que lui adresseMarie-Antoinette Cojean :« Famille malade - maladie contagieuse. »[21]. Marie-Antoinette Cojean avait aidé la colonie à résoudre de nombreux problèmes administratifs[22].
LesEnfants d'Izieu auraient été dénoncés par un Français deMetz[1]. Cependant, le procès de Klaus Barbie se termine sans que l'on connaisse, en définitive, le responsable[2].
Fritz Loebman, qui travaille, depuis[23] à la ferme de Lucien Bourdon àBrens, est de retour à laMaison d'Izieu, une semaine avant[24] la rafle du[21].
Lucien Bourdon est né enLorraine en 1906, donc officiellement né en Allemagne. Il fréquente l'école allemande. Mais il ne veut pas s'engager dans laWehrmacht. Avec son épouse, il décide de quitter la Lorraine et de s'installer dans une ferme à Izieu. Durant l'occupation, il est de notoriété publique en bons termes avec les Allemands qui avaient une garnison dans la ville voisine deBelley. Un jour, Lucien Bourdon demande àMiron Zlatin, le mari deSabine Zlatin, la directrice de la Maison d'Izieu, s'il y a un grand garçon pour l'aider à sa ferme. Les Zlatin désignentFritz Loebmann, grand pour son âge de15 ans, et qui possède une fausse carte d'identité, au nom de François Loban. Il est probable que Fritz Loebmann a laissé trainer une lettre dans la maison des Bourdon. Lucien Bourdon se rend compte que Fritz Loebmann et les autresEnfants d'Izieu sontJuifs. L'information passe àKlaus Barbie. Il ordonne la rafle. Lucien Bourdon renvoie Fritz Loebmann chez les Zlatin, au motif qu'en définitive, il n'a pas besoin de lui, n'étant pas en pleine saison. Une semaine plus tard, le, les Allemands arrivent à la Maison d'Izieu.
Lucien Bourdon accompagne laGestapo et assiste aux arrestations[23]. Sa présence est attestée parJulien Favet, ouvrier agricole à Izieu, lors duprocès Barbie[25].
Le lendemain, le[24], ou, selon les sources, le[23] ou encore la semaine suivante[26], en tous cas certainement peu après, Lucien Bourdon et son épouse retournent, avec l'aide des Allemands, en Lorraine[24].
Dans les derniers mois de la guerre, Lucien Bourdon devient garde dans le camp d'internés politiques àSarrebruck[23], enSarre (Allemagne). Le, il est incorporé dans les rangs de laWehrmacht, avant d'être arrêté par l'armée américaine, quinze jours plus tard. En, il est rapatrié en France[23],[27].
Lucien Bourdon est soupçonné d'avoir dénoncé les enfants d'lzieu. Il est à nouveau arrêté le près de Metz et transféré àLyon où il est inculpé de trahison. L'un des chefs d'inculpation est d'avoir entretenu des intelligences avec une puissance étrangère, l'Allemagne, ou avec ses agents, en vue de favoriser les entreprises de cette puissance contre la France. Faute de preuves suffisantes, l'accusation de dénonciation n'est pas retenue mais, le 13 juin 1947, la Cour de justice de Lyon le juge « coupable d'indignité nationale » et le condamne à la « dégradation nationale à vie »[23]. Il est néanmoins immédiatement remis en liberté[21].
En 1987, lors duprocès Barbie, Lucien Bourdon est toujours en vie. Malgré une demande à comparaître, il est absent au procès[2],[28].
Document de la Gestapo annonçant l'arrestation des enfants d'Izieu[29].
Le correspond aux vacances dePâques 1944 et le premier jour des vacances scolaires[5].
Ce, les troupes de laGestapo, sous le commandement deKlaus Barbie, investissent la colonie et arrêtent les44 enfants résidents de différentes nationalités (Algérie, Allemagne, Autriche, Belgique, France et Pologne) et7 adultes présents les encadrant.
Les enfants et les adultes sont embarqués dans des camions vers laprison Montluc[30] à Lyon. Ils y restent le et le. Au procès Barbie, la seule survivante, Léa Feldblum témoigne que les enfants étaient assis sur le sol et les adultes avaient leurs mains liées haut sur les murs. Les adultes et les adolescents sont interrogés, mais pas les enfants. Le, ils sont emmenés à lagare de Perrache partram et transférés dans des trains en direction de Drancy. Léa Feldblum voyage dans un compartiment avec les plus petits et elle aperçoit, dans le corridor, les adolescents Théo Reiss et Arnold Hirsch passant menottés[31].
Ils sont ensuite expédiés aucamp de Drancy, où ils arrivent le. Au camp, ils se voient attribuer les numéros 19185 à 19235.Léa Feldblum possède de faux papiers d'identité mais elle dévoile son vrai nom pour accompagner les enfants[31].
Deux adolescents (Arnold Hirsch,17 ans et Theodor Reis,16 ans) etMiron Zlatin sont déportés par leconvoino 73 à destination deTallinn où ils disparaissent.
Le, Sabine Zlatin se trouve àMontpellier, pour trouver un nouveau refuge pour lesEnfants d'Izieu. Elle était venue demander de l'aide à l'abbé Charles Prévost[20],[34]. Elle était à Montpellier depuis la fin-début[19]. Elle est prévenue par un télégramme codé de Marie-Antoinette Cojean, la secrétaire de la sous-préfecture deBelley :« famille malade, maladie contagieuse ». Elle comprend. Elle se rend àVichy, rencontreJoseph Darnand, Secrétaire général au Maintien de l’ordre (Régime de Vichy), qui menace de la faire arrêter. LesEnfants d'Izieu sont déjà àDrancy[27].
Absente au moment de la rafle,Sabine Zlatin, désormais surnommée « la Dame d'Izieu », a consacré le reste de son existence à son combat pour la mémoire des enfants.
À la suite de l’émotion soulevée par leprocès de Klaus Barbie, dit le « Boucher de Lyon », en 1987, un mémorial est fondé à l’initiative de Sabine Zlatin et de la communauté juive de Lyon dans la maison et les dépendances de la maison pour enfants, sous le nom demusée-mémorial des enfants d’Izieu. Il est inauguré par le présidentFrançois Mitterrand le. Sabine Zlatin meurt le à l'âge de89 ans[35].
Benjamin Abraham, né le à Bruxelles en Belgique. Mort avec son ami Ezgül Çolak Öz, d'une chute d'un rocher le.
Suzanne Abraham, né le à Bruxelles en Belgique. Morte avec le frère du meilleur ami de son frère.
Alfred Adler, né en, à Paris, âgé de9 ans : à Izieu du au, avec son frère, Edmond. Il trouve refuge en Haute-Savoie[38]. Il survit à laShoah, vivant en France[39].
Edmond Adler, né en, à Paris, âgé de12 ans : à Izieu du au, avec son frère, Alfred. Il trouve refuge en Haute-Savoie[38]. Il survit lui aussi à la Shoah, vivant en France[39].
Oscar Adler[40], aucune information n'est connue sur son sort ultérieur.
Henry (Heinz) Alexander, né le, à Neustadt an der Weinstraße, (Allemagne), âgé de16 ans : à Izieu du au. Il va dans une autre maison de l'Œuvre de secours aux enfants[38]. Il témoigne qu'un Français de Metz a dénoncé le pensionnat[1]. Décédé à New York, en[41].
Hughette Allouch, née le, à Constantine (Algérie), âgée de9 ans : à Izieu, du au, avec sa sœur, Renée[39].
Renée Allouch, née le, à Constantine (Algérie), âgée de8 ans : à Izieu, du au, avec sa sœur, Hughette[39].
Violette Avidor (ou Victoria, Violette Avidor)[42], née le, à Marseille (Bouches-du-Rhône)[43] : à Izieu, du au[44],[40]. Arrêtée avec sa famille à Marseille, elle est déportée dans le convoino 74 du, ducamp de Drancy versAuschwitz, avec son frère Jacques, né le, à Marseille, sa sœur Claire, née le, à Marseille, et sa mère Ryfka (née Beraha), née le, à Constantinople (Turquie). La famille a pour dernière adresse : 19 rue Saint Saëns, à Marseille[33]. Violette et Ryfka Avidor sont mortes à Auschwitz, le[42].
Yvette Benguigui, née le, à Oran (Algérie), âgée de2 ans, arrivée à Izieu, le. Elle est placée dans la famille Héritier au village d'Izieu. Elle vit après la guerre à Nouméa (Nouvelle-Calédonie)[44].
Alec Bergman (ou Alex Bergman[40]), né le, à Liège (Belgique), âgé de12 ans : à Izieu du au. Retrouve sa famille[38]. Vit après la guerre en Belgique[45], à Liège. C'était un ami d'enfance deAlbert et Marcel Bulka[46].
Georges Broun, né le, à Paris, âgé de15 ans : à Izieu du au puis du au. Sa mère travaille à l'Œuvre de secours aux enfants à Chambéry, qu'elle quitte avant la rafle du. Il vit après la guerre en France[45]
Bernadette Byk, née le, à Chauny (Aisne), âgée de7 ans : à Izieu du au[45].
Georges Charbit, à Izieu du au. Mort en France en 1988[45].
Sauveur Choukroun, né le, à Alger (Algérie), âgé de13 ans : à Izieu du au[45].
Ezgül Çolak Öz, né le, frère Samuel. Il est mort ainsi que son meilleur ami Benjamin Abraham le, d'une chute d'un rocher.
Samuel Çolak Öz, né le à Ankara, en Turquie. Il a été tué avec la sœur de Benjamin Abraham, le, pas loin de la résidence d'Izieu, alors qu'il essayait de fuir les nazis.
René Wucher (ou René-Michel Wucher[55]), il vient juste d'arriver à la colonie, pour les vacances de Pâques, le dimanche de Pâques tombant le. Seul enfant non-juif présent à la colonie, il est âgé de8 ans[56]. Il est arrêté lors de la rafle du jeudi. Lors d'un arrêt à Brégnier-Cordon, village en contrebas d'Izieu[57], les Allemands le font descendre du camion, à la demande d'une tante[6],[55],[58],[28] qui travaille dans une confiserie située juste à l'endroit où le camion le transportant tombe en panne[59]. Il témoigne auprocès Barbie[60],[27],[61].
Majer Bulka (ou Marcel Bulka), né le, àKalisz (Pologne), âgé de13 ans et son frèreAlbert Bulka, né le, à Ougrée (province de Liège - Belgique), âgé de4 ans. Ils arrivent à Izieu le[45]. Ils sont tous deux déportés par le convoino 71, du, du camp de Drancy vers Auschwitz.
Arnold Hirsch, né le, à Argenschwang (Rhénanie-Palatinat - Allemagne), âgé de17 ans : arrive à Izieu, le[48]. Il est le cousin d'Edmond Egon Gamiel[65]. Il est déporté par le convoino 73, du, du camp de Drancy versKaunas/Reval. Son père Max, né le, à Argenschwang (Rhénanie-Palatinat - Allemagne) et sa mère Ida (née Harf), née le, à Seibersbach (Rhénanie-Palatinat - Allemagne)[33],[66]sont internés au camp des Milles (Aix-en-Provence - Bouches-du-Rhône), et sont déportés par le convoino 20, du, du camp de Drancy à Auschwitz[67]
Theodor Reis, né le, à Egelsbach (Hesse - Allemagne), âgé de16 ans. Il est interné aucamp de Gurs avec sa mère et sa grand-mère. Sa mère est Erna Reiss, née le, à Pfaffen-Beerfurth (Allemagne). Sa grand-mère est Johanna Reiss (née Volenberg), née le, à Pfaffen-Beerfurth (Allemagne)[33],[69]. Elles sont internées aucamp de Rivesaltes. Elles sont livrées à laGestapo par Vichy et déportées par le convoino 19, du, du camp de Drancy vers Auschwitz[65],[70]. Il est recueilli dans un foyer de Palavas-les-Flots. Lors de l'invasion de laZone libre, Theodor est transféré à Lodève, puis à Vic-sur-Cère et enfin à Penne-d'Agenais. Il arrive à Izieu au printemps 1943[67]. Il est déporté par le convoino 73, du, du camp de Drancy vers Kaunas/Reval.
Otto Wertheimer (alias[33] Wermet), né le, à Mannheim (Bade-Wurtemberg - Allemagne), âgé de12 ans. C'est un cousin de Fritz Loebmann. Il est déporté par le convoino 71, du, du camp de Drancy vers Auschwitz.
Paulette Pallarès, été 1943, cheftaine éclaireuse, monitrice, âgée de17 ans[75]. Elle est une voisine deSabine Zlatin à Montpellier. Paulette Pallarès Roche est née le à Narbonne et elle est morte le à Montpellier. Elle est reconnue comme uneJuste parmi les nations en 1996[78].
Renée Pallarès, été 1943, étudiante, venait d'avoir le baccalauréat, monitrice, âgée de19 ans[75]. Elle est une voisine deSabine Zlatin à Montpellier. Renée Pallarès Pariselle est née le à Narbonne et elle est morte le dans les Hautes-Pyrénées. Elle est reconnue comme une Juste parmi les nations en 1996[78].
Gabrielle Perrier (plus tard Madame Tardy)[79], institutrice[80]. Elle est originaire du village de Colomieu, à une vingtaine de kilomètres d'Izieu. Elle a21 ans et devient institutrice à Izieu, à la rentrée scolaire, le[15],[20]. Le, la veille de la rafle, Gabrielle Perrier prend congé de ses élèves et elle leur donne rendez-vous au retour des vacances de Pâques durant lesquelles elle se rend chez ses parents[81]. Elle témoigne au procès deKlaus Barbie[82].
Rachel Pludermacher, éducatrice, et son époux Serge Pludermacher, économe, éducateur. Le couple quitte Izieu au début de[11].
Sabine Zlatin, née le à Varsovie (Pologne), âgée de37 ans, est absente lors de la rafle. Elle témoigne comme victime au procès de Klaus Barbie en 1987.
Léon Reifman, âgé de30 ans, étudiant en médecine. Il est le fils de Moïse Reifman et d'Eva Reifman, le frère deSarah Levan-Reifman et l'oncle de Claude Levan-Reifman. Il est rescapé de la rafle.
Sarah Levan-Reifman (ou Suzanne Levan-Reifman) (née Brun), née le, à Sagani, âgée de36 ans. Elle est le médecin de l'établissement. Elle est la fille de Moïse Reifman et de Eva Reifman, la sœur deLéon Reifman et la mère de Claude Levan-Reifman. Elle est déportée par le convoino 71, du, du camp de Drancy vers Auschwitz.
Eva Reifman (née Levine), née le, à Barancia, âgée de61 ans, et son époux Moïse Reifman, né le, à Sagani, âgé de63 ans. Ce sont les parents deLéon Reifman et deSarah Levan-Reifman et les grands-parents de Claude Levan-Reifman. Le couple est déporté par le convoino 71, du, du camp de Drancy vers Auschwitz.
Témoignage de Léon Reifman, rescapé et témoin de la rafle :
« Je descendais les escaliers quand j'entendis ma sœur crier : « Les Allemands, les Allemands sont là ! Sauve-toi ! » J'ai sauté par la fenêtre et je me suis caché sous un buisson. J'entendis les enfants crier, terrorisés par les ordres des nazis. »
« Je me suis demandé où étaient les enfants arrivés avec nous. Dans le camp, il n'y avait pas d'enfant. Ceux qui étaient déjà là depuis longtemps, me dirent : « Tu vois cette cheminée qui ne s'arrête pas de fumer ? … Tu ne sens pas une odeur de chair cuite… ? » »
L'artiste allemandGunter Demnig a encastré dixStolpersteine en mémoire des enfants d'Izieu dans le sol des rues en Belgique et en France. On trouve quatre Stolpersteine :
Sept autres pierres de mémoire pour les enfants d’Izieu originaires d’Anvers — Hans Ament, Lucienne Friedler, Max Tetelbaum, Herman Tetelbaum, Paula Mermelstein, Marcel Mermelstein et Samuel Stern — sont toujours en attente de pose dans la ville d’Anvers[89].
Catherine ChaineLe voyage sans retour des enfants d'Izieu, Hors Série,Gallimard Jeunesse, 1994.(ISBN2070583139). Prix du meilleur livre jeunesse 1994[90].
↑Traduction :Télex du SS Obersturmführer Klaus Barbie, commandant de la police de sécurité et SD (KdS) à Lyon au commandant de la Police de sécurité en France Ref. : La maison des enfants juifs à Izieu – Ain, 6 avril 1944 : La maison des enfants juifs "Colonie Enfant" à Izieu–Ain a fait l'objet d'une descente de police ce matin. Un total de41 enfants, âgés de 3 à13 ans ont été arrêtés. Il a été possible aussi d'arrêter l'ensemble du personnel juif de10 personnes dont5 femmes. - (Document affiché dans la maison de laConférence de Wannsee, texte reproduit dansBiscarat 2014,p. 110).