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L'endurance est une forme decompétition desport automobile oumotocycliste destinée à tester la régularité des véhicules (durabilité de l'équipement et endurance des participants) dans un temps ou une distance donnée. Les épreuves d'endurance se distinguent des épreuves dites de « sprint », qui se tiennent sur des durées généralement inférieures à deux heures.
Les courses d'endurance sont à l'origine des compétitions ensports mécaniques, gage initialement de la fiabilité d'unconstructeur (et de sespneumatiques).
Les premièrescourses automobiles sont organisées sous la forme de raids de ville à ville, comme leParis-Rouen en. En a lieu enItalie, leTurin-Asti-Turin, puis en juin leParis-Bordeaux-Paris, et en novembre auxÉtats-Unis les frèresFrank etCharles Duryea remportent avecArthur White leconcours duChicago Times-Herald, un aller-retour de 87 km deChicago àEvanston en8 h 23, sur une voiture de leur conception dans la neige[1],[2]; l'année suivante J. Frank Duryea gagne encore le challenge duCosmopolitan (NY), en7 h 13 devant son frère[3]. Puis lacoupe automobile Gordon Bennett est l'un des premiers trophées décernés, à partir de 1900 : c'est un Prix international, disputé avec des équipes nationales. Ces courses se couraient sur des parcours routiers.
C'est aussi en 1900 que commence laCoppa Florio (vainqueurAlberto Franchetti, épreuve dépassant souvent les 500 kilomètres à partir de 1904), qui ne prendra ce nom qu'en 1905 avec son nouveau mécène,Vincenzo Florio. Organisée sur un circuit routier autour deBrescia, elle est ensuite coorganisée avec laTarga Florio (1906, dite « Tour de Sicile » en 1911 - vainqueurGiovanni Ernesto Ceirano - et 1912, alors de 1 000 kilomètres d'une seule traite), sur le circuit desMadonies à proximité dePalerme. Ces courses (longues et difficiles) étaient l'occasion de fiabiliser le matériel et d'améliorer les progrès techniques de l'industrie automobile naissante. En le concepteur automobile dePackardCharles Schmitt conduit une 24HP sur 1 000 miles en25 h 50[4].
Le second record du monde de distance sur 24 heures est établi le parCharles Wridgway; il est battu le de la même année parGuy Vaughn sur Decauville 40HP. Les 7 et à Grosse Pointe (MI),Charles Schmidt,Ed Roberts etS.D.Waldon parcourent 1 000 miles surPeerless Grey Wolf en29 h 53 min 37 s[5]. Le record des 1 000 miles est égalisé puis amélioré à trois reprises en 1905, parCharles Wridgway (qui effectue le même temps que Schmitt en 1904),Guy Vaughn, et enfinCharles Merz et F.W. « Jap » Clemens àIndianapolis[6]. La première course au monde d'une durée de 24 heures est organisée sur une piste ovale d'1 mile au Driving Park deColumbus (Ohio), les 3 et (vainqueurCharles Soules sur une Pope-Toledo, qui parcourt alors 1 333,3 km[7]). Les 13 et de la même année « Jap » Clemens et Charlie Mertz gagnent sur l'ancien fairground d'Indianapolis avec une National (1 762 km réalisés en 24 heures). En 1906, le premier grand prix de l'ACF se courant sur deux jours à toutes les caractéristiques d'une course d'endurance pour un temps de plus de 14 heures et plus de 1200 km de parcouru. En 1907, pas moins de dix courses de 24 heures se disputent déjà aux États-Unis[8]. Un nouveau record du monde spectaculaire sur 24 heures est établi enAngleterre au tout récentcircuit de Brooklands (le premier spécifique au seul sport automobile) les 28 et, onze jours après son inauguration (en deux fois douze heures sur deux jours, avec voitures fermées et surveillées la nuit entre20 h et8 h). Le piloteS. F. Edge, qui avait engagé dans cet effort troisNapiers 60HP six (qui ont toutes terminé les 24 heures) a parcouru 2 569 km, à107,25 km/h de moyenne[9],[10]. Faute de réglementation, les premières courses organisées sur ce circuit empruntent les règles descourses hippiques (George Duller était un ancienjockey), et laissent dans le vocabulaire automobile des mots commepaddock[11]. Aux États-Unis, quatre courses internationales successives de 24 heures sont organisées, fin mai, deux fois fin juin, et au début juillet, pour l'année 1907, à Hamline (Minneapolis), Point Breeze (près dePhiladelphie),Grosse Pointe, et Maxwelton (près deSaint-Louis (Missouri)), avec des Mercedes et desDarracq notamment pour les deuxième et troisième épreuve[8], la deuxième citée étant gagnée parRalph Mulford, et la troisième parBob Burman. Puis la même année en aoûtMontague Roberts gagne les premières24 Heures de Brighton Beach àConey Island sur Thomas-Flyer 4-60[12]. Le, le Français expatriéMaurice Bernin et son compatriotePaul Lacroix remportent les 24 Heures de l'ovale en dur de Morris Park àNew York avec uneRenault 35/45CV, en une distance parcourue record de 1 736,5 km[13]. Mulphord cette fois associé àHarry Cobe s'impose à son tour aux 24 Heures deBrighton Beach en (George Robertson etFrank Lescault en novembre de la même année sur Simplex), puis en avecCyrus Patschke, encore deux fois sur Lozier[14],[15]. Entretemps, George Robertson etAl Poole ont remporté une autre édition des 24 Heures deBrighton Beach surSimplex 50HP le[16], et, le de la même année,Louis Raffalovich (un Français de29 ans d'origine russe, formé à la mécanique par l'atelier Renault, et lui aussi parti vivre à l'âge de19 ans aux États-Unis[17]) et son compatrioteCharles Basle ont quant à eux gagné les 24 Heures de New York surRenault 35CV surnommée « Agathe », en parcourant 1 690 km, toujours auBrighton Beach Motordrome[18], soit trois courses longues en trois mois sur New York. En 1910, la populaire épreuve de Brighton Beach organisée par la Motor Racing Association est reconduite en mai (vainqueurs Al Poole et Charles Basle sur Simplex)[19] et une dernière fois en août (remportée par Al Poole -troisième victoire- et Cyrus Pastschke, sur une Stearns 30-60)[20]. Pendant onze années, de 1911 à 1921, plus aucune course de 24 heures (« grinds » pour les anglo-saxons, traduisible par « broyage »), n'est disputée à travers le monde[21].


La première édition des24 Heures du Mans a lieu en 1923 (la même année que les6 Heures des Routes Pavées, vainqueurMaurice Rost), celle des24 Heures de Spa en 1924, celle des12 Heures de Saint-Sébastien (ou GP de Guipúzcoa) en 1925 (quatre éditions jusqu'en 1929, premiers vainqueursRené de Buck etPierre Decrose)[22], celle, unique, des 600 kilomètres de laCoupe Boillot en 1926, celle -aussi unique- des 24 Heures deMonza (ou GP d'Italia) en 1926 (vainqueursAndré Boillot etLuigi Tattini)[23], celles des 6 Heures deDijon en 1927 (vainqueurRaymond Leroy[24]) et 1928 (vainqueurRobert Laly[25]), celle des6 Heures de Brooklands en 1927 -grâce auEssex Motor Club (premier vainqueur George Duller)[26],[27]- pour trois saisons[28],[29], cédant le pas aux 2x12 Heures de Brooklands entre 1929 (premier vainqueurGiulio Ramponi) et 1931, au mois de mai[30]. En 1927 ont lieu également les premièresMille Miglia (1 618 km, vainqueursFerdinando Minoia etGiuseppe Morandi), et les24 Heures de Paris sur l'autodrome de Linas-Montlhéry (1 247,2 km parcourus par les vainqueurs Frank Clement et George Duller, devenues les 12 Heures de Paris avant-guerre)[31], puis en 1931 les 8 Heures d'Algérie, une édition unique remportée parRené Dreyfus etCarlo Castelbarco[32], en 1934 une autre édition unique, celle des 8 Heures de Montlhéry (vainqueurCharles Balester)[33], et en 1937 encore une autre épreuve isolée, cette fois celle des 12 Heures deDonington (vainqueurs lePrince Bira etHector G. Dobbs)[34]. Auparavant dès 1922, unBol d'or automobile de 24 heures pourvoiturettes fut aussi organisé àSaint-Germain-en-Laye (5 100 km, premier vainqueurAndré Morel) annuellement jusqu'à la guerre, avant une reprise de typeSport à Montlhéry jusqu'en 1955 (Marcel Contet premier vainqueur en SportsCars, en 1939).
L'une des distances les plus communément usitées lors des compétitions d'endurance est celle de mille kilomètres (620 miles), soit environ six heures de course. Les distances supérieures se courent sur mille miles (1 600 kilomètres) ou une durée de douze ou vingt-quatre heures. Parfois une épreuve dite « Grand Prix de vitesse » peut aussi se dérouler comme une épreuve d'endurance, comme lors du troisièmeGrand Prix de Belgique 1931, disputé sur dix heures et 1 320,4 km, remporté par uneT 51[35].




Parmi les courses modernes les plus réputées, on trouve les 24 Heures du Mans, les12 Heures de Sebring (naissance en 1952, deux ans avant les éphémères 6 Heures GT deTorrey Pines qui auront lieu à trois reprises jusqu'en 1956[36]), et les24 Heures de Daytona (naissance en 1962 sur une durée de trois heures). Elles appartiennent soit auchampionnat du monde d'endurance FIA, soit auUnited SportsCar Championship. Le premier pilote à remporter les trois épreuves sur les durées de courses admises les plus élevés (une officieuse « triple couronne » d'endurance pour le monde anglo-saxon[37]) estHans Herrmann en 1970.Hurley Haywood a réussi à remporter dix courses lors de ces trois compétitions, suiventJacky Ickx etAl Holbert avec neuf réussites chacun. D'autres grands noms du sport automobile se sont imposés dans les trois après 1964[38], telsA. J. Foyt ouMauro Baldi. En Europe, outre les 24 Heures du Mans (32 fois, l'épreuve devenue la plus prestigieuse, remportée à neuf reprises parTom Kristensen), lecircuit du Nürburgring a accueilli durant 35 ans — et celui deMonza avec ses 1 000 kilomètres durant 27 — des compétitions durant les quarante années du championnat Sport mondial (sous diverses déclinaisons horaires, dont les 1 000 kilomètres), les 1 000 km deSpa ayant été admis 24 fois dans le calendrier. Jacky Ickx a inscrit 19 fois son nom dans les quatre épreuves européennes citées et les deux américaines (en répertoriant les 6 Heures deDaytona, seules organisées en l'année 1972), alors que Mauro Baldi l'a également remporté sur ces six circuits (à sept reprises en versions longues, et lors des 480 kilomètres du Nürburgring, des distances de moins de 500 km y étant seules admises durant trois ans) ; horsSebring,Derek Bell est quatorze fois vainqueur, etHenri Pescarolo huit (le Nürburgring de 1986 étant également raccourci); horsLe Mans,Brian Redman gagne treize fois les cinq autres épreuves. Outre les 31 victoires du constructeurPorsche au championnat, Ickx (1981 et 1982 / 1984), Bell (1985 et 1986 / 1983) etJean-Louis Schlesser (1989 et 1990 / 1988) ont été les trois pilotes double champion et vice-champion de celui-ci, à compter de 1981 (date de l'apparition d'un championnat individualisé) ;Bob Wollek est quant à lui le seul vainqueur d'unChampionnat d'Europe d'endurance, en 1983 (huit épreuves longues).
Durant lesannées 1950, enItalie, se disputent les 6 Heures (vainqueurGiovanni Bracco) puis les 12 Heures dePescara de 1951 à 1953[39], les 10 Heures deMessine entre 1952 (premiers vainqueursFranco Cornacchia etClemente Biondetti) et 1958[40], et les 6 Heures de Castelfusano (près deRome) en 1954 (vainqueurPiero Scotti)[41]. EnAngleterre, les 9 Heures deGoowood se déroulent entre 1952 (vainqueursPeter Collins etPat Griffith)[42] et 1955[43], avec une fin de course spécifiquement nocturne[44]. EnAfrique du Nord existent à l'époque les 12 Heures deCasablanca (1952 et 1953), alors qu'enAfrique du Sud les9 Heures de Kyalami (ou « 9 Heures de Johannesburg »[45]) apparaissent en 1958. En 1956 et 1957, la distance du Grand Prix de Suède est portée à 1 000 kilomètres àKristenstad pour être inclus en championnat du monde. En France, les12 Heures de Hyères apparaissent en 1951, les12 Heures de Reims en 1953 (enChampionnat du monde des voitures de sport en1964), les1 000 kilomètres de Paris en 1956 (en mondial en1962), les6 Heures du Castellet en 1970 (en mondial en1974), et les1 000 km de Dijon en1973 (en mondial la même année). En Belgique (où se disputent aussi les12 Heures de Huy entre 1954 et 1969), lors de la décennie suivante les24 Heures de Spa deTouring Cars sont incluses dans un éphémèreChampionnat du monde des voitures de tourisme 1987. En Amérique du Sud, les1 000 kilomètres de Buenos Aires s'imposent en championnat mondial dès leur création en1954, les 1 000 kilomètres deCaracas en 1957 (édition unique sous forme longue du Grand Prix duVenezuela), lesMil Milhas Brasileiras, toujours courus de nos jours, naissent quant à eux en 1954, et plusieurs épreuves plus ou moins suivies apparaissent ensuite au Brésil durant lesannées 1960 (1 000 kilomètres deBrazilia en 1963, 6 Heures deCuritiba en 1964, 12 Heures d'Interlagos en 1965, 1 000 kilomètres deGuanabara en 1966, 12 Heures dePorto Alegre en 1968...). Au Canada les 6 Heures deMosport GT apparaissent en 1965 (vainqueurs alors Eppie Wietzes et Craig Fisher). En Australie, les 12 Heures (1966 et 1967) puis 6 Heures (1968) deSurfers Paradise en GT sont remportées parJackie Stewart etAndy Buchanan dès la première organisation de la course[46], et laBathurst 1000 connait en 1973 sa distance longue définitive.
Alors qu'il existait unchampionnat du monde des voitures de sport de 1953 à 1992 (incorporant également descourses de côte au milieu desannées 1960, et même quelques épreuves éphémères malgré la notoriété du circuit, comme àHockenheim en 1985), aucun titre mondial spécifique aux courses longues ne fut décerné durant dix-neuf saisons avant le lancement en 2012 duchampionnat du monde d'endurance FIA par l'ACO et laFIA[47]. Dans l'intervalle furent reprises quelques épreuves longues dans lechampionnat FIA des voitures de sport (ISRS/SportsRacing World Cup, 1998-2003) puis tout spécifiquement pour composer en 2004 les Le Mans Endurance Series (LMES) (devenues Le Mans Series - LMS - en 2006, puisEuropean Le Mans Series - ELMS - en 2012) des voitures de sport, ainsi que pour une part des calendriers internationaux Grand Tourisme -alors séparés- desBPR Global GT Series (1994-1996) puis rarement -comme au Japon (Suzuka) ou en Belgique (Spa)- dans lechampionnat FIA GT, les épreuves étant désormais très majoritairement de quatre heures (1997-2009, devenuChampionnat du monde FIA GT1 de 2010 à 2012), tous essentiellement européens ; les Américains participent quant à eux à des championnats différents depuis la fin duXXe siècle, comme lesAmerican Le Mans Series (ALMS) créées en 1999, leGrand-Am créé en 2000, ou lesRolex Sports Car Series pour quelques courses longues. En 2014, les American Le Mans et Rolex Sports Car Series ont fusionné pour donner naissance à l'United SportsCar Championship (incluant désormais leNAEC). L'Asie organise de son côté lesAsian Le Mans Series depuis 2009, initialement de façon discontinue. Les24H Series sont quelques courses annuelles ouvertes aux équipes moins argentées, et depuis 2011 lesGT ont le championnat spécifique desBlancpain Endurance Series.

Les plus importantes courses, comme les24 Heures Moto ou leBol d'or enFrance font partie duChampionnat du monde d'endurance moto.
LeBol d'or est à l'origine des courses d'endurance motocycliste avec une création en 1922 par Eugène Mauve[48] sur un circuit situé àVaujours enÎle-de-France. Il s'agissait à l'origine d'une course mixte avec des autos et des motos[49]. Après avoir été organisée sur divers sites de la région parisienne cette course a pris domicile sur lecircuit Bugatti de 1971 à 1977, sur lecircuit Paul-Ricard de 1978 à 1999 et sur lecircuit de Nevers Magny-Cours depuis 2000.
La Coupe d'EnduranceFIM a été créée en 1960 et face à la popularité grandissante de ces compétitions cette coupe est devenue le Championnat d'Europe en 1976, puis leChampionnat du monde d'endurance moto en 1980.
Les24 Heures Camions sont la principalecourse de camions d'endurance en France.

Les24 Heures motonautiques de Rouen sont la principale course demotonautisme d'endurance en France. Les6 heures motonautiques de Paris, aujourd'hui disparues, étaient une autre course d'endurance motonautique réputée.