Genre | opéra semiseria |
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Nbre d'actes | 2 actes |
Musique | Gaetano Donizetti |
Livret | anonyme |
Langue originale | italien |
Dates de composition | 1824 |
Création | Naples,Teatro Nuovo |
Versions successives
Personnages
Airs
Emilia di Liverpool est unopéra semiseria en 2 actes, musique deGaetano Donizetti, créé auTeatro Nuovo deNaples le. Une nouvelle version, dont le livret est révisé parGiuseppe Checcherini, est créée dans le même théâtre le sous le titreL'eremitaggio de Liwerpool [sic] (L'ermitage de Liverpool).
La composition d’Emilia di Liverpool se place en1824, alors que Donizetti, alors âgé de 26 ans, est arrivé àNaples depuis deux ans et vient de remporter un vrai succès àRome avecL'ajo nell'imbarazzo, créé le4 février.Francesco Tortoli, qui assure l'intérim de la direction des théâtres royaux de Naples après la démission deDomenico Barbaja en à la suite de son départ pourVienne, lui propose d'adapter cet ouvrage aux impératifs du Teatro Nuovo[1] et lui commande un nouvel opéra ; pour l'ensemble de ces prestations, Donizetti doit recevoir 300 ducats.
Le point de départ du nouvel ouvrage est le livret anonyme d'unopérasemiseria deVittorio Trento intituléEmilia di Laverpaut (créé auTeatro dei Fiorentini de Naples à l'été1817), lui-même tiré d'une pièce éponyme deStefano Scatizzi[2]. Ce livret est adapté par un auteur anonyme au genre léger ousemiseria en vigueur au Teatro Nuovo de Naples auquel l'ouvrage est destiné : cette adaptation conduit notamment à introduire le personnage comique de Don Romualdo, « noble napolitain », qui s'exprime dans la langue de son pays natal. En conséquence, le caractère de la pièce originale est complètement modifié, au prix d'un grand désordre dans la distribution.
Lors de la première, le,Emilia di Liverpool est fraîchement accueillie. Elle quitte l'affiche après seulement sept représentations[3]. Le critique duGiornale del Regno delle Due Sicilie reporte l'essentiel du blâme sur le livret : « Ne pouvant trouver la moindre passion au milieu de l'océan de paroles passionnées de ces maudits drames, les compositeurs sont forcés d'exploiter les situations fortes ou surprenantes du livret et de faire fond sur le contraste des caractères et les coïncidences, pour s'autoriser quelques effets d'ombre et de lumière permettant une certaine variété de la composition. C'est par exemple le cas de Donizetti, qui a composé la jolie musique d’Emilia di Liverpool. »[4]
Donizetti espère un moment que son œuvre sera produite àVienne. Le, il écrit àMercadante, qui s'y trouve avec Barbaja pour la saison d'opéras italiens, parmi lesquelsEmilia doit figurer : « Dans le second acte, j'ai introduit quelques nouveaux numéros que je vous recommande. Mais outre ceux-ci, je vous recommande tout l'opéra. Vous connaissez ma manière de composer, et vous savez bien où il faut introduire, de temps en temps, une altération de tempo. Faites au mieux, car je vous fais une confiance totale. Le rôle [Claudio] deLablache, queFioravanti a chanté, sera je le sais un peu inconfortable pour lui[5]. J'ai fait lespuntature[6] dans quelques cas, mais le plus souvent, le compositeur est le moins bien placé pour faire cela, parce que sa tête est pleine des idées originales. Entre vous deux, vous pouvez tout arranger. »[7] Rien ne permet cependant de croire qu’Emilia fut effectivement représentée à Vienne à cette époque.
En1828, Donizetti reprend son œuvre de manière beaucoup plus ample.Giuseppe Checcherini[8] se charge de réviser le livret. Il enlève une grande partie des additions de 1824 tout en conservant le déroulement de l'intrigue, change les noms de certains personnages et coupe dans les très abondants dialogues parlés. Donizetti supprime huit numéros et une partie d'un neuvième et en ajoute quatre. Lerondeau de Zobeida dansAlahor in Granata (1826) devient, après quelques modifications, la périlleusecabalette finale d'Emilia. L'ouvrage est créé au Teatro Nuovo de Naples le[9] sous le titreL'eremitaggio de Liwerpool, avecAnnetta Fischer dans le rôle d'Emilia. Malgré les révisions effectuées, il ne réussit pas et doit être retiré après six représentations.Emilia di Liverpool tombe alors dans un oubli total. Donizetti, comme à son habitude, en recycle certains passages dans d'autres ouvrages.
En1957, alors que la ville deLiverpool cherche à fêter dignement le750e anniversaire de la charte qui lui a été octroyée parJean sans Terre, leLiverpool Music Group découvre cet opéra[10] qui est exécuté en version de concert le, sous la direction deFritz Spiegl, le rôle d'Emilia étant chanté parDoreen Murray. Trois mois plus tard, le, une version abrégée, basée sur la révision de 1828, est retransmise par laBBC sous la direction deJohn Pritchard, avec une distribution entièrement renouvelée où la jeuneJoan Sutherland tient brillamment le rôle-titre.
L'opéra est à nouveau produit à Liverpool en2008 à l'initiative duEuropean Opera Centre de l'Université Hope, au moment où la ville devientcapitale européenne de la culture, dans le cadre duSt George's Hall nouvellement restauré, dans une version révisée par lemusicologue françaisGilles Rico qui s'est efforcé de combiner le meilleur des deux versions de 1824 et 1828 et de minimiser les dialogues parlés.
Rôle | Autre nom (version de 1828) | Type de voix | Interprètes lors de la première le (Chef d'orchestre : - ) |
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Emilia | soprano | Teresa Melas | |
Claudio di Liverpool,son père | baryton | Giuseppe Fioravanti | |
Federico | Colonello Tompson (alias Villars) | ténor | Domenico Zilioli |
Don Romualdo | Conte Asdrubale, noble napolitain | basse (basso buffo) | Carlo Casaccia |
Candida, sa fille | Candida, amie d'Emilia | mezzo-soprano | Francesca Checcherini |
Luigia | Bettina, nièce d'Asdrubale | soprano | Clementina Grossi |
Il conte | Giacomo | baryton | M. de Nicola |
Chœur de paysans. |
Emilia, fille de Claudio de Liverpool, s'est retirée dans un ermitage fondé dans la montagne après avoir été enlevée et abandonnée autrefois par un jeune officier, ce qui a causé la mort de sa mère, désespérée. Son père, capitaine de vaisseau, ruiné par une escroquerie, a disparu à l'étranger et on le croit mort. Elle passe son temps à aider les paysans pauvres et les voyageurs de passage.
Une voiture est renversée par un orage. Les passagers sont sauvés par des montagnards et un robuste marin barbu qui arrêtent les chevaux emballés et les conduisent à l'ermitage. Parmi les voyageurs se trouve Don Romualdo, noble napolitain ; sa fiancée, Luigia, avec son père, le Comte ; et son secrétaire, le jeune Federico.
Le marin révèle qu'il est Claudio, le père d'Emilia, de retour dans sa patrie après vingt années d'esclavage en Afrique. On apprend également que Federico n'est autre que le séducteur d'Emilia et qu'il a désormais le projet de prendre Luigia à Don Romualdo. Ce dernier n'est autre que le noble napolitain qu'Emilia devait épouser avant d'être séduite par Federico.
Emilia reconnaît Federico et s'évanouit. Quand elle revient à elle, elle reconnaît son père et se réconcilie avec lui. Claudio demande à Federico de lui rendre raison.
Claudio a invité Federico à le suivre dans la crypte où repose la mère d'Emilia pour y assouvir sa vengeance. Prévenue par son amie Candida, Emilia s'y rend pour empêcher le duel. Claudio révèle son identité à Federico mais il est empêché de le tuer par l'arrivée de sa fille. Federico se repent et révèle alors que les richesses dont la famille d'Emilia avait été injustement dépossédée lui sont rendues. Claudio pardonne à Federico qui obtient la main d'Emilia, tandis que Luigia obtient le pardon de Don Romualdo.
« Emilia est un ouvrage significatif dans l'œuvre de Donizetti en raison de ses éléments deRomantisme ; il renferme, outre une héroïne malheureuse, une scène d'orage et un épisode dans une crypte funéraire. Si, de nos jours, le mélodrame paraît puéril et si les épisodes bouffe semblent en définitive subvertir les ressorts dramatiques essentiels du Romantisme, la faute en est au vieux genre semiseria, dans lequel les interludes comiques ne parviennent jamais à former une extension cohérente des scènes sérieuses. »[11] (William Ashbrook)
Dates | Distribution (Emilia, Claudio, Federico, Don Romualdo) | Chef d'orchestre, Orchestre et chœur | Lieu, Théâtre | Metteur en scène |
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Vesselina Genchova Vassileva, Cozmin Sime, Bruno Comparetti, Vincenzo Taormina | Giovanni Pacor | Liverpool, St George's Hall | Ignacio Garcia |
Année | Distribution (Emilia, Candida, Villars, Asdrubale, Claudio) | Chef d'orchestre, Opéra et Orchestre | Label |
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1957 | Joan Sutherland, April Cantelo, William McAlpine, Hervey Alan, Denis Dowling | John Pritchard, Orchestre philharmonique royal de Liverpool, Singers of the Liverpool Music Group | CD Audio : Myto |
1986 | Yvonne Kenny, Anne Mason, Chris Merritt, Sesto Bruscantini, Geoffrey Dolton | David Parry, Philharmonia Orchestra, Geoffrey Mitchell Choir | CD Audio :Opera Rara OR-8 |