Eguisheim (en Alsacien, Egse ou Agsa) s'étend sur339 hectares et est située à 210 mètres d'altitude. Il s'appuie sur les collines peu pentues et bien exposées au soleil du Schlossberg qui ont permis la plantation devignes. Eguisheim se trouve à 5 km au sud-ouest deColmar et peut être rejoint par laroute nationale 83 en direction deRouffach.
Au, Eguisheim est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[17].Elle est située hors unité urbaine[18]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Colmar, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[18]. Cette aire, qui regroupe 95 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[19],[20].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (65,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (35,1 %), cultures permanentes (28,8 %), forêts (27,1 %), zones urbanisées (6,6 %), eaux continentales[Note 4] (1,8 %), zones agricoles hétérogènes (0,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,3 %)[21]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
La grand domaine antique s'étendant sur les communes d'Egisheim et d'Husseren se nommeraitExsa ouExa, laissant les variantes alsaciennesAgse ouEgse qui sont des surnoms que porte encore aujourd'hui la ville pour ses habitants[22].Die drei Hexe dénomment en allemand littéraire teinté d'alsatisme les trois châteaux longtemps en ruines ou en lambeaux sur les dites communes. Même s'il s'agit de la forme simplifiéedie drei egisheimer Schlösser, la traduction littérale deDrei Hexe en « Trois sorcières », a éveillé les supputations des nostalgiques de mondes infernaux.
Il semble que l'appellation gallo-romaineExsa caractérise un retrait, un retranchement, une mise en défense par rapport à la voie romaine de circulation commune. Ce préfixe qualifie ainsi les collines, les monts et le terroir du vaste domaine gallo-romain excentré.
Les cartulaires carolingiens vers 770 dénomment le domaineAginesheim. Pour certains toponymistes adeptes de l'influence anthroponymique, le nom propre d'origine germanique Agino,Egeno ouEgino serait très fréquent dans les anciens titres qui correspond à un certainEgino, un descendant du ducAldaric. Quant au suffixe-heim, il s’agit selon eux d’un vieux lexème germanique signifiant « maison, demeure », puis « village » par extension.
Une autre hypothèse suppose une adaptation d'un petit domaine appartenant à ce terroir excentré précédemment décrit, le diminutif deExsa,Exsina, lentement prononcéAgesina puis altéré enAgina. Le diminutif suggère qu'il s'agit d'un ancien écart du domaine.
Le suffixe-heim est assez banal pour désigner un domaine important, souvent royal, non seulement enAlsace, mais également enSouabe et dans touteAllemagne. Légèrement altéré en-hem sous sa formeflamande, on le trouve enBelgique et enNord-Pas-de-Calais. Il est même attesté jusqu’enGrande-Bretagne sous la forme-ham. Son origine peut aussi s'expliquer en langue gauloise, la forme-heim n'étant qu'une simple adaptation ou traduction en langue germanique. Ainsi la réunion avec le génitif saxon de dépendance expliqueAginasheim ou plus tardEginesheim puisEgisheim. L'hypothèse évolutive ne serait pas la même pourEginesberg altéré précocement enEgischberg puisEichberg, qui désigne la colline du grand cru local.
On note que l’orthographe initiale était en allemand « Egisheim », la lettre U ayant été intercalée pour « habiller » le toponyme à la française[Note 5], c'est donc une simple retouche provoquant la francisation phonétique.
Les châteaux cités seraient des anciennes places ou tours de surveillance de la plaine et du piémont local. Ils ne sont véritablement construits et érigés en pierre de taille qu'auXIIe siècle, ils se dénommaientcastel de Vaudémont ouburg de Weckmund,Wahlenburg ouWahlenbourg,Dagsbourg ouDabo, du nom de trois familles seigneuriales dominantes. La ville a longtemps appartenu aux Eguisheim-Dabo ; les Weckmund et les Wahlenbourg, plus modestes, qui reçoivent peut-être à rebours leur nom du château, sont des familles apparentées par mariage.
Plusieurs vestiges ou fossiles archéologiques mis au jour dans les couches de lehm du territoire communal, en particulier en novembre 1865 les restes d'un homme de typenéandertalien, selon son découvreur le docteur Faudel, prouvent que Eguisheim est occupé dès lePaléolithique[23]. Le premier peuplement de la région peut être attribué auxCro-Magnons. Plus tard, d'autrescivilisations sont venues marquer de leurs empreintes culturelles la région en apportant leurs artefacts et leurs coutumes mortuaires, comme semblent en témoigner les nombreusessépultures découvertes au siècle dernier. Le commerce des peuplesceltes de la tribu desLeuques, puis desRauraques et desSéquanes est attesté par des monnaies et des installations champêtres, les légionsromaines auraient érigé un camp à l'entrée duvillage. Plus tard, lesGallo-romains développent la culture de lavigne probablement sur les replats ou à proximité des habitats. La présence romaine sur les lieux est attestée par une tuile découverte en 1900 au pied de la colline du Schlossberg, portant la mentionPrima Legio Martia, unbataillon delégionnaires conduit par l'empereurDioclétien (284-305).
Le village d'Eguisheim vu depuis le sommet des Trois châteaux.
Du temps desMérovingiens, l'Alsace était gouvernée d'abord par des comtes, puis par des ducs. Le premier duc de la lignée légendaire desEtichonides,Etichon (ou Aldaric, ou Attic) est le plus connu d'entre eux. La tradition chrétienne alsacienne le désigne comme le père desainte Odile auVIIe siècle. C'est à cette époque que la vigne commence à recouvrir massivement les coteaux des collines bien exposées.Pépin le Bref met fin de manière violente à la souveraineté de cette lignée ducale érigée en véritabledynastie locale en 754 mais des rejetons présumés ou prétendants à l'héritage de cette lignée déchue et pourchassée à l'époque deCharlemagne réapparaissent mieux tolérés à la fin de l'époque carolingienne.
Après la lente dislocation de l'empire carolingien auxIXe et Xe siècles, les comtes d'Alsace et deSouabe prennent les rênes de la région. Vers l'an 1000, l'un de ces comtes,Hugues IV de Nordgau, après le décès de son neveuEberhard VI en 1027, se trouve investi duNordgau, auquel il ajoute le comté d'Eguisheim.
Cette famille liée auxdynasties les plus importantes, et par ailleurs ancienne prétendante cachée à l'héritage étichonide, compte dans ses rangs les comtes deMetz, les premiers empereurs duSaint-Empire romain germanique notamment à travers Adélaïde, mère deConrad II.
Hugues IV, comte d'Eguisheim s'est marié àHeilwige ducomté de Dabo (à l'époque Dachsbourg, ou Dagsburg en allemand, situé à 68 kilomètres à vol d'oiseau d'Eguisheim).Le couple aura neuf enfants. Brunon, le plus jeune des garçons, est formé à une carrière cléricale avant d'êtreévêque de Toul, et par la suite le papeLéon IX.
Listes des comtes de Dabo-Eguisheim
HuguesIer de Nordgau (? - 940), dit « Hugo von Hohenburg », comte deNordgau, comte de l'Ortenau et d'Aargau, comte d'Hohenberg, deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg) et d'Eguisheim. Il est le fils d'Eberhard III de Nordgau, comte deNordgau, et d'Arlinde/Adelinda d'Italie. Il épouse Hildegarde de Ferrette de qui il a, entre autres, Hugues qui suit.
Hugues d'Eguisheim[24] (vers 930 - vers 980), comte d'Eguisheim. On ne lui connait pas d'épouse ni de descendance.
Eberhard V de Nordgau (? - 1016), dit aussi « Eberhard d'Alsace », comte deNordgau et d'Eguisheim. Il est le fils d'Hugues II de Nordgau, comte deNordgau, et de Berlinda d'Ortenburg. Il épouse Berthe, fille de Richard de Metz, de qui il n'a pas d'enfant.
Hugues d'Eguisheim[25] (vers 970 - 1046), comte d'Eguisheim, comte deNordgau sous le nom d'Hugues IV de Nordgau. Il est le fils d'Hugues II de Nordgau. Il épouse Heildwige/Hedwige (980 - 1046), comtesse deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg), fille de Louis de Dasbourg, de qui il a, entre autres, Gérard qui suit.
Gérard de Dasbourg (? - 1038), comte deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg) et d'Eguisheim. Il épouse Pétronice de Lorraine (ou Kuniza), on ne lui connait pas d'enfant.
HenriIer de Nordgau (1040 - 21/28 janvier 1065), comte deNordgau, d'Eguisheim et deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg). Il est le fils d'Hugues V de Dasbourg, comte deNordgau. Il épouse N... de Moha de qui il a Gérard II qui suit et AlbertIer qui suivra.
Gérard II de Dasbourg (? - après 1098), comte deNordgau, comte d'Eguisheim. Il épouse Richarda de qui il a Edwige (? - janvier 1126), dame d'Eguisheim, elle épouse Gérard de Vaudémont.
Hugues VII de Dasbourg[26] (vers 1097 - après 1137), comte d'Eguisheim et deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg). Il épouse Gertrude de Looz (1101 - ?), de qui il a :
Clémence (1125 - ?), qui épouse Henry de Salm (1105 - 1166).
Hugo VIII de Dasbourg[27] (vers 1125 - après 1178), comte deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg). Il épouse en 1143 Lutgardis (vers 1115 - 1162), fille de Berengar de Sulzbach et d'Adelheid de Diessen, de qui il a :
Hugues IX (? - 1172) ;
Albert II qui suit ;
Gertrude (1152 - ?), qui épouse Louis de Sarrewerden (? - 1185) ;
Lutgarde (1155 - 1200), qui épouse en 1170 Thierry deHochstaden (1150 - 22 janvier 1197).
Albert II de Dasbourg (? - 1212), comte deDabo (Dachsbourg ou Dagsburg). Il épouse Gertrud (? - 1225), fille d'Hermann III de Bade et de Marie de Bohême, de qui il a :
C'estEberhard, petit-fils d'Aldaric, troisièmeduc d'Alsace et neveu desainte Odile, qui construit le premier château d'Eguisheim. C'est autour de cechâteau que se développe levillage d'Eguisheim sous forme de résidence fortifiée, vers 720. En 727, il demandera àsaint Pirmin de devenir abbé de l'abbaye de Murbach qu'il venait de construire.
Eguisheim est le village natal supposé deBruno d'Eguisheim-Dagsbourg, ancien évêque deToul, qui devint pape sous le nom deLéon IX. Il devint d'abordévêque deToul, charge qu'il occupa entre 1026 à 1051. Il est né le 21 juin 1002, probablement au château du Haut-Eguisheim à 5 km de Colmar. Il était le fils deHugues IV d'Eguisheim et d'Hedwige du comté deDabo (Basse-Alsace, aujourd'hui enMoselle). Les ancêtres de Hugues IV descendaient directement desEtichonides. Selon certains historiens, Léon IX serait un lointain cousin desainte Odile.
Il existait à Eguisheim cinqcours colongères qui avaient pour noms : le Girsberger, le Kyburg ou Braunschweiger, le Catharinen, le Zorn ou Escher, et enfin le Keiserdinghof. Les autres cours relevaient de cette dernière. Était-ce la cour donnée à l'abbaye d'Ebersmunster par le ducEtichon, confirmée parCharlemagne en l'an 810, par les papesLucius III (1183) etHonorius III (1224), enlevée par l'évêque Werner pour être donnée à son frère le comte Radbot de Habsbourg ?
Cette cour possède une remarquable disposition architecturale comprenant des bâtiments avancés. Ils permettaient de stocker lesrécoltes et de lieu pour évaluer et administrer les biens. Cette cour était dès 1290 une propriété appartenant aucouvent desDominicains deColmar, qui est devenu aujourd'hui lemusée Unterlinden.
La cour de Marbach se rattache à la donation du comte Albert (1092) et à celle faite avant lui, par d'autres membres de la famille d'Eguisheim, confirmée parInnocent III (1212) et mentionnée dans leschartes dePairis (1314, 1334). Cette anciennecour colongère appartenait à l'abbaye de Marbach de 1413 à 1590. Marbacherhof a ausiècle dernier été occupée par Gabriel Horber. Elle est actuellement occupée par un vigneron privé. On trouve sur lelinteau duportail la lettre M. Le domaine comporte également une cave volumineuse.
Le Keyserdinghof
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La Cour de Pairis (1160)
L'abbaye de Pairis fondée en 1138 possède cette cour dès 1160. Les moines de Pairis utilisent cette cour pour stocker lesrécoltes et de centre administratif et aussi pour gérer les biens et d'endroit pour régler les litiges qui interviennent la bonne marche de la communauté. En 1262, la cour est agrandie grâce à l'adjonction de la cour voisine que possédait Marmoutier et qui est donnée par le sire deRibeaupierre. Cette cour abrite à l'époque unechapelle dédiée àsaint Martin qui est détruite pendant laRévolution.
L'endettement d'Eguisheim au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 13], l'annuité de la dette[Note 14] et sa capacité de désendettement[Note 15] :
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[33]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[34].
En 2023, la commune comptait 1 729 habitants[Note 16], en évolution de +0,17 % par rapport à 2017 (Haut-Rhin : +0,88 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Les débuts de la viticulture dans laplaine d'Alsace datent de la période romaine, stimulés par la présence des garnisons deGermanie supérieure, dont leslégionnaires etauxiliaires étaient de gros consommateurs de cette denrée de luxe qu'était alors le vin.
AuXVe siècle, la plupart des cours européennes duNord de l'Europe achètent du vin d'Alsace. Celui d'Eguisheim part deColmar par l'Ill puis deStrasbourg par leRhin. La qualité du vin est telle qu'il supporte un transport enbarrique de plusieurs semaines et que des millésimes exceptionnels comme 1539 sont conservés pendant plusieurs décennies. Certains clos plus réputés que d'autres font leur apparition :Eichberg etPfersigberg à Eguisheim.
AuXIXe siècle, le vignoble alsacien atteint28 000 hectares, produisant en masse des vins courants et n'exportant plus ses produits. Puis vient une période tragique, oùoïdium,mildiou,phylloxéra mettent en cause son existence même. Le vignoble ne couvre plus que6 000 hectares en 1945, mais uniquement sur les meilleurs coteaux.Dès lors débute une révolution car Eguisheim, comme d'autres vignobles alsaciens, se lance dans une politique de vins de qualité : lescépages très productifs sont remplacés par des ceps sélectionnés.
Outre le niveau qualitatif requis, ces vins doivent refléter les caractéristiques liées à leur terroir ; leurs arômes complexes révèlent des particularités.
Leriesling y présente des arômes d'agrumes, principalement de citron et pamplemousse, plus ou moins exotiques selon la maturation, jusqu'aux arômes de banane et d'abricot en cas de surmaturation. Une pointe végétale est toujours présente. Au vieillissement, l'évolution tend vers des caractères de réglisse et vers une note minérale, sans excès. Au palais, une agréable amertume précède un final de zeste d'orange. L'acidité virile des rieslings de l'Eichberg est contrebalancée par beaucoup de charpente et de corps.
Lepinot gris génère des vins capiteux, corsés et étoffés, un peu arrondis, aux senteurs de miel, de fumé et de sous-bois. Ils évoluent admirablement.
Legewurztraminer donne naissance à des vins très amples, gras, marqués par une certaine fraîcheur. Ils exaltent des senteurs de rose avec une pointe végétale (cassis-menthe). Au vieillissement apparaît un caractère anisé.
Le riesling a des arômes de fruits à noyau (mirabelle, pêche, abricot) rehaussés par une pointe épicée (poivre, muscade), ce qui confère à ces vins une très grande finesse. Ces rieslings sont très riches et très typés mais plus minces que ceux de l'Eichberg.
Le pinot-gris est capiteux, corsé, aux arômes insaisissables de miel, de noix, de cuir, avec une nuance moelleuse. Ce sont des vins de garde.
Le gewurztraminer est un vin chaleureux à dominante épicée, il présente des arômes de rose fanée. Son évolution dévoile des arômes de grillé et, en cas de surmaturation, d'abricot confit.
L'église d'Eguisheim deSaint-Pierre etSaint-Paul a été érigée en 1220 sur une ancienne fondationcarolingienne dont il ne subsiste plus que la base duclocher. Cetédificegothique ne comporte plus que quelques éléments romans qui correspondent à une certaine époque. La tour à quatre étages comporte des fenêtres ogivales géminées, caractéristiques de la période gothique. À l'intérieur de ce clocher se trouve un portail àsculptureromanespolychromes représentant dans letympan unChrist bénissant, entouré des saints apôtres Pierre et Paul. Sur le linteau est sculptée laparabole des sages et desVierges folles qui chacune de leur côté frappent à la porte duparadis (du côté des Vierges sages, le Christ les accueille alors que chez les Vierges folles la porte reste fermée)[39],[40].
Lacharpente duclocher date duXVIe siècle et soutient quatre cloches suspendues à des poutres. La construction a été faite de telle sorte que lesvibrations ne se propagent pas à lamaçonnerie.L'ancienne église d'Eguisheim, dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul, a été démolie en 1807. Il n'en reste plus que la tour romano-gothique avec un portail historié fort intéressant. Elle a cédé la place à une construction sans style, consacrée le 2 juillet 1809. On y voit encore une ancienne cuve romane que latradition locale veut faire remonter au temps deLéon IX.
L'orgue Callinet Frères, de 1839, a été reconstruit par Alfred Kern en 1962[41],[42],[43].
Le porche appartient à l'ancienne église d'Eguisheim dont lesmoulures sont de styleroman, tandis que les lignes architecturales sontgothiques. Le portail comporte de chaque côté quatre colonnes dont le haut deschapiteaux est sculpté. Vers le haut des chapiteaux on distingue untympan représentant leChrist bénissant laTerre et à ses côtés lesapôtres Pierre et Paul. La scène au-dessous représente laparabole des Viergessages et des Vierges folles. Les premières sont accueillies à la porte duparadis par le Christ, alors que les secondes frappent à la porte du paradis qui reste fermé.
À l'intérieur de l'égliseSaints-Pierre-et-Paul se trouve unestatue enbois polychrome d'uneVierge ouvrante duXIVe siècle (hauteur 119 cm). Cette Vierge à l'Enfant présente unvisage au doux sourire. Elle porte l'enfant comme pour le présenter à tous ceux qui passent. Un morceau de bois évidé qui se trouve sous lagorge de la statue pourrait avoir contenu desreliques. La plupart desVierges ouvrantes appartiennent à deux catégories : lespassionistes et lestrinitaires, représentantMarie commefille, commeépouse et commemère. Celle-ci est la seule qui existe enAlsace, et est différente puisque les peintures, duXVIIe siècle, représentent lesaint sacrement (classé M.H en 1978)[44].
Parmi les traditions portées à cetteparoisse, mentionnons les processions qui s'y faisaient autrefois. À la fête de laSaint Marc, la population d'Eguisheim se rendait aucouvent de Saint-Marc àGueberschwihr tout proche. Le jour de l'Invention de la croix, la procession se rendait jusqu'à la ville deSainte-Croix-en-Plaine et à la fête deSaint Urbain, les paroissiens allaient àcheval faire le tour de la banlieue. De là l'usage de porter encore aujourd'hui lebuste de saint Urbain à la procession du ban. Pendant la semaine desRogations, la procession se dirigeait en divers endroits : le lundi àHerrlisheim, le mardi àFeldkirch, le mercredi et le jour de l'Ascension autour d'Eguisheim. Le vendredi, les paroissiens faisaient le tour à cheval autour du ban. Le samedi des Rogations, lapopulation se rendait à l'abbaye de Marbach.
Le château fort passait pour être celui où est né le pape saintLéon IX de la famille des Eguisheim[46],[47]. Il adoptait un plan octogonal assez rare[48].
Lachapelle, construite entre 1888 et 1894 et située dans la cour duchâteau, repose sur les fondations dudonjon. Elle est édifiée dans le style néo-roman, et la statue de saint Léon se dresse sur la façade. La chapelle a été consacrée en 1894[49].
Cereliquaire, d'après lalégende, comprend unechâsse qui pourrait contenir une partie du crâne de saint Léon. Ces reliques étaient auparavant exposées à l'abbaye de Lucelle fondée en 1123 qui les avait reçues deRome. Pendant laRévolution, les reliques sont transférées à l'église deBouxwiller dans leSundgau. En 1869, elles sont reconnues comme de vraies reliques. En 1880, le curé d'Eguisheim, Andlauer, obtient l'autorisation de l'évêque de Strasbourg et une partie du crâne est transportée à Eguisheim le. À la fête de Saint-Léon en 1881, la châsse est exposée pour la première fois au public[50].
Il s'agit d'une fontaine de formeoctogonale qui est une des plus imposantes de la région Alsace. Le bétail venait s'y abreuver et les habitants y puiser l'eau pour des usages domestiques. Une statue de saint Léon est placée au sommet de cette fontaine. Financée par la famille Brucker, elle a été sculptée par un nommé Hugel deSélestat, placée en 1842 et bénie en 1880 parM. le chanoine Sattler[51].
Les trois tours qui se dressent au-dessus d'Éguisheim et deHusseren-les-Châteaux sont perchés sur un petit sommet qui culmine à 591 mètres à l'ouest de Husseren-les-Châteaux et d'Éguisheim[61],[62]. On peut rejoindre les trois tours des châteaux depuis le village d'Éguisheim en rejoignant la "Route des cinq châteaux" qu'il suffit de parcourir jusqu'au parking qui est bien signalé. À partir de cet endroit il faut marcher jusqu'au sommet qu'on rejoint en 10 minutes. On peut également rejoindre les trois châteaux en partant depuis Husseren les châteaux. En longeant le chemin derrière l'église, un chemin forestier permet de rejoindre le sommet en 30 minutes. Le sentier est très pentu. Il est donc déconseillé à ceux qui ne sont pas suffisamment entrainés.
Les trois châteaux sont appelés dans les anciens titres, leDagsbourg, leWahlenbourg et leWeckmund. Ce dernier a été érigé auXIIIe siècle et a probablement été construit par le ducUlrich de Vaudémont, petit-fils deGérard d'Alsace. Actuellement ils sont désignés sous le nom de Trois-Châteaux,die drei Exemer Schloesser. Le Wahlenburg, le plus ancien est connu depuis 1006. Il aurait fait l'objet d'un assaut dès 1026 par le duc de Souabe,Ernest II de Souabe. Le Dagsbourg était celui qui était le plus imposant des trois et le moins ancien. Les comtes d'Eguisheim sont les plus anciens seigneurs de la région. Descendants d'Etichon, ils ont dans leur lignée plusieurs maisons souveraines d'Europe.
Ce château,castrum Hegensheim, mentionnée pour la première fois dans laBulle de laRose d'or (1049) doit son origine selon la chronique d'Ebersmunster, au comteEberhard, le fondateur de l'abbaye de Marbach. On en attribue la fondation au comteHugues IV de Nordgau qui d'après Berler[63], y avait établi sa résidence, avec la comtesse Heilwige[Note 17]. Entre 1049 et 1054, Brunon d'Eguisheim le futur pape Léon IX aurait consacré unechapelle castrale qui était située dans l'enceinte même du château dédiée àsaint Pancrace.
Le Dagsbourg et le Wahlenbourg étaient entourés d'un fossé particulier. Le Weckmund, placé à l'avant-poste servait devigie et derempart aux deux autres auxquels il était relié par unpont-levis. À côté du Weckmund se trouvait une tour ronde, appelée Nellenbourg, que Billing nomme latour d'oubli ou laprison de laforteresse. Dans l'enceinte commune des Trois châteaux, il y avait unechapelle dédiée à Saint Pancrace et consacrée par le papeLéon IX. Toutes ces constructions, sauf la chapelle, furent ruinées en 1466, à l'occasion de la guerre que le meunier Hermann Klee suscita contre la ville deMulhouse.
Si l'on en croit une vieillelégende, les Trois-Châteaux seraient l'un une source defeu, l'autre une source d'eau, et le troisième une mine d'or. Ailleurs on affirmait que les trois tours servaient decadran solaire aux travailleurs de laplaine. À onze heures, l'ombre du château couvrait complètement la façade du Dagsbourg, à midi celle du Wahlenbourg, à une heure celle du Weckmund. À trois heures les Trois-Châteaux projetaient leur ombre tout droit devant eux sur la déclivité de la montagne.
C'est dans le château (Castrum Egisheimiensis) qui est mentionné la première fois dans "la Bulle de la Rose" en 1049 que serait venue au monde Bruno d'Eguisheim, fils du comteHugues IV d'Eguisheim etHeilwige du comté de Dabo.
Vestiges du château d'Eguisheim - Porte d'entrée du Wahlenbourg.Le donjon du Weckmund en travaux.
Eberhard était le petit-fils d'Etichon et le fils d'Adalbert. De ce dernier sortirent les deux branches desLuitfridigènes qui furent les comtes duSundgau et desEberhardigènes, les comtes deNordgau. L'un de ceux-ci,Eberhard IV, fondateur de l'abbaye d'Altorf, eut plusieurs enfants, entre autresAdalbert I, souche de la maison deLorraine, etHugues III chef de la lignée Eguisheim-Dagsbourg. Son filsHugues IV avait épouséHeilwige, fille et héritière du comteLouis de Dabo. C'est de ce mariage que naquit celui qui devint le papeLéon IX. Les Eguisheim s'allièrent par la descendance féminine avec les comtes deVaudémont et les comtes deMetz. Un petit neveu de Léon IX, le comteHugues VI, fut surnommé le petit soldat deSaint Pierre,indefessus miles S.Petri, à cause du zèle qu'il déploya pour défendre la cause deGrégoire VII contre l'antipapeGuibert. Il fut assassiné par trahison dans le lit de l'évêque Othon, avec lequel il venait de se réconcilier àHaselach. Le dernier qui porta le titre de comte d'Eguisheim, futUlrich de Vaudémont, petit-fils deGérard d'Alsace et petit neveu de Léon IX. Il fonda l'abbaye de Pairis et mourut sans enfants en 1144. Sa sœur Stéphanie ayant épousé le comteFrédéricIer de Ferrette, et c'est ainsi qu'une partie du comté d'Eguisheim passa aux Ferrette, de même qu'un mariage devait un siècle plus tard amener le domaine des Ferrette dans la maison desHabsbourg-Autriche.
Le donjon du château de WahlenbourgPorte de la partie haute du Wahlenbourg permettant d'accéder au logis seigneurial
Les trois châteaux furent plusieurs fois ravagés et réparés. Le premier des trois édifices est détruit une première fois en 1026 au cours d'un assaut du duc Ernest de Souabe. Il fera l'objet d'une nouvelle attaque dès 1144 et une troisième fois en 1198. En 1298, le village d'Eguisheim assiste impuissant au siège de l'empereurAdolphe de Nassau, mais résiste néanmoins. Devant tant de vaillance les troupes de Adolphe de Nassau levèrent le siège. C'est à la suite de ces attaques que le village fut entouré d'une muraille, octogonale comme celle du château sousRodolphe de Habsbourg. Le château et le village sont de nouveau pillés entre 1370 et 1380 par lesAnglais, puis en 1444 par lesArmagnacs conduits par ledauphin de France, le futurLouis XI.
En 1466 lors de laguerre des Six Deniers, le Wahlenbourg et le Weckmund sont détruits par lesmilices deTurckheim etKaysersberg. Un meunier avait à cette époque réclamé son dû à la ville de Mulhouse. Il vint se plaindre auprès de Pierre de Réguisheim. Ce dernier alerta la noblesse alsacienne et emprisonna des ressortissants de Mulhouse. En signe de représailles, les bourgeois de cette ville, aidés des gens de Kaysersberg et de Turckheim vinrent mettre le siège aux châteaux qu'ils incendièrent. Le château était occupé alors par Pierre de Régisheim. Le Haut-Eguisheim ne s'en relèvera jamais. Le Dagsbourg est abandonné deux siècles plus tard.
Lesarmes d'Eguisheim seblasonnent ainsi : « De gueules à Saint Pierre de carnation, vêtu d'argent, le manteau d'or, tenant de sa dextre une clef renversée de sable et de sa senestre un livre fermé du même, sur une terrasse de sinople. »
Le blason représente le portrait desaint Pierre qui tient de sa main droite une clef de sable et sur la main gauche un livre fermé.
Anonyme: Eguisheim: patrie de Saint-Léon. La ville et son église, Alsace, France. Riquewihr, La petite imprimerie, 1991, 16 pages
Brucker, Pierre Paul:Le Château d'Eguisheim, berceau du pape Léon IX - Le Roux F.X., Paris/retaux, Strasbourg, 1893, 95 pages
Comité d'Organisation, CCLE (Éditeur scientifique): Eguisheim, 2 février 1945 cinquante ans plus tard - Commémoration du cinquantenaire de la libération d'Eguisheim., Eguisheim, CCLE, 1995 - Vidéocassette VHS Secam
Fleck, Philippe:Saint-Léon IX, voyageur de Dieu, Éditions Coprur, Strasbourg, 2002(ISBN2-84208-095-5)
Muller, Claude:Eguisheim à l'époque contemporaine: 1870-1992, Éditions Coprur, Strasbourg, 1992, 423 pages - Monographies des communes alsaciennes
Pierrot, Bernard: «Eguisheim et Wettolsheim, possessions du prince-évêque de Strasbourg en 1578»,Au pied des trois châteaux, 1990, pp. 33-53
Risacher, Bertrand:Les Châteaux forts d'Eguisheim du Haut Mundat duIXe siècle au milieu duXVe siècle. Mémoire de maîtrise, Strasbourg, 1993, 292 pages - Plans + illustrations
Schikele, M., curé de Sainte-Madeleine à Strasbourg : Egisheim, Sutter & Cie, Rixheim, 1892, 17 p. (extrait de laRevue catholique d'Alsace)
↑Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
↑Le nom de la ville d’Haguenau a subi la même adaptation. En revanche,Fegersheim etGimbrett n’ont pas changé d’orthographe.
↑La « section de fonctionnement » est constituée des dépenses courantes et récurrentes nécessaires au bon fonctionnement des services municipaux et à la mise en œuvre des actions décidées par les élus, mais sans influence sur la consistance dupatrimoine de la commune.
↑Les « charges de personnel » regroupent les frais derémunération des employés par la commune.
↑Les « dépenses d’équipement » servent à financer des projets d’envergure ayant pour objet d’augmenter la valeur dupatrimoine de la commune et d’améliorer la qualité des équipements municipaux, voire d’en créer de nouveaux.
↑Les « remboursements d'emprunts » représentent les sommes affectées par la commune au remboursement du capital de la dette.
↑L'« encours de la dette » représente la somme que la commune doit auxbanques au de l'année considérée
↑L'« annuité de ladette » équivaut à la somme des intérêts d'emprunts de la commune et du montant de remboursement du capital au cours de l'année
↑La « capacité dedésendettement » est basée sur le ratio suivant défini par la formule :ratio =encours de la dette⁄capacité d'autofinancement. Ce ratio montre, à un instant donné, le nombre d'années qui seraient nécessaires au remboursement des dettes en considérant les ressources d'Eguisheim.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Eric Boës, "La Préhistoire et la Société d'histoire naturelle de Colmar. Hommage à Charles-Frédéric Faudel 1826-1893".Annuaire de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Colmar, 1993,p. 139-150.