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Effets spéciaux

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Pour les articles homonymes, voirSFX.

Leseffets spéciaux (souvent notés SFX, pourspecial effects, en anglais) sont des techniques utilisées aucinéma pour créer l’illusion d’actions et simuler des objets, des environnements, des personnages ou des phénomènes qui n’existent pas dans la réalité ou qui ne pourraient pas être filmés au moment du tournage mais qui ne sont pas obtenus par des moyens numériques. Ces derniers, totalement créés ou modifiant des images déjà obtenues en tournage normal, sont appelés deseffets visuels. On parle aussi detrucages, outruquages.

Principes

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Les effets spéciaux font appel à différents procédés liés à l’image et au son :synthèse d'image 3D,traitement numérique,maquettes,animationimage par image,pixilation,ralenti etaccéléré,maquillage,bruitage,capture de mouvement, etc. Ils peuvent être réalisés pendant letournage ou après (enpostproduction), ou par la combinaison des deux.

Les cinéastes utilisent les effets spéciaux pour des besoins divers :

  • pour reproduire une atmosphère (pluie, chute de neige, brume, etc.) ;
  • pour créer une réalité visuelle à partir d’éléments imaginaires (monstres, extraterrestres, soucoupes volantes, univers cosmique, etc.) ;
  • pour préserver l'intégrité des acteurs ou des décors (explosions, accidents,violences,catastrophe naturelle, scène d'action, etc.).

L’effet spécial doit paraître le plus réel possible. Son but est de s’effacer. Mieux : il a besoin du réel pour exister. Un film qui n’utiliserait que des effets spéciaux relèverait du « merveilleux » où tout est possible, comme dans lesdessins animés par exemple, et perdrait en réalisme auprès des spectateurs.

Histoire

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Les premières illusions visuelles remontent auxlanternes magiques et auxjouets optiques, mais c’est avec la naissance du cinéma que se sont véritablement développés les effets spéciaux.

Dans leseptième art, le premier effet spécial avecarrêt de caméra, et substitution d'une actrice par un mannequin, a lieu dans le film américainL'Exécution de Mary, reine des Écossais réalisé en 1895 parWilliam Heise et Alfred Clark[1]. En 1896,Louis Lumière réaliseDémolition d'un mur, où un groupe d'ouvriers démolit un mur qui à la fin s'effondre. Le contremaître n'est autre qu'Auguste Lumière dans une de ses apparitions devant la caméra de son frère. Cette « vue photographique animée », comme les Lumière appellent leurs films, a inspiré Louis pour prolonger le succès de la découverte qu'il fait lors d'une projection, en rembobinant le film sans éteindre la lanterne : le mur se redresse en une poussée miraculeuse. Lamarche arrière vient d'être inventée. Louis Lumière fait tourner plusieurs sujets spécialement pour les montrer au public en marche arrière, tel le sportif sautant de son plongeoir et revenant comme un oiseau se percher sur la planche.

Article connexe :Marche arrière (cinéma).

Le prestidigitateur françaisGeorges Méliès, pionnier du cinéma fantastique, est un des premiers à adapter au cinéma certaines techniques de lanterne magique, utilisant en particulier des effets de trompe-l'œil, dessurimpressions (on rembobine la pellicule et on enregistre d’autres images par-dessus les premières), desfondus d'ouverture, de fermeture, enchaînés. Il redécouvre aussi un procédé utilisé pour la première fois dans une production deThomas Edison : l’arrêt de caméra, qui avait permis àWilliam Heise de décapiter une reine dansL'Exécution de Mary, reine des Écossais : on arrête la caméra, et, sans la déplacer, sans changer son cadrage, on modifie un ou plusieurs éléments de la scène (apparition, disparition, ou substitution d’objets ou de personnages), on reprend le tournage, le tour est joué après un coup de ciseaux au négatif développé pour enlever les images surexposées dues à l'arrêt et au redémarrage de la caméra, et une soudure à l'acétone pour assembler les deux tronçons de pellicule.

Article connexe :Arrêt de caméra (cinéma).

Le succès de films commeLe Voyage dans la Lune (1902),Le Royaume des fées (1903) ou20 000 lieues sous les mers (1907) repose en grande partie sur l’utilisation de ces effets spéciaux.

En 1902 également, Méliès filme enplongée totale à 90° sur un comédien allongé sur le sol, se mouvant dans un décor lui aussi disposé à plat. Le personnage peut exécuter des acrobaties infaisables en vrai. C’est ainsi qu’il devient le premierHomme mouche marchant au plafond. Son compatrioteFerdinand Zecca lui emboîte aussitôt le pas, avec uneSoubrette ingénieuse qui accroche au mur des tableaux qu’elle va pendre en se déplaçant à genoux sur la paroi verticale. En 1907, l'EspagnolSegundo de Chomón, autre grand imitateur de Méliès, livre une bouffonnerie encore drôle aujourd’hui :Les Kiriki, acrobates japonais où toute une famille d’acrobates exécute d’invraisemblablesportés acrobatiques. Aux États-Unis, le comédienJames Stuart Blackton, inventeur en 1906 dudessin animé sur support photographique, adapte sa trouvaille de caméraimage par image aux objets en volume, avecL’Hôtel hanté, l’animation en volume étant un truquage exécuté directement sur leplateau de tournage

En 1914, l’invention durotoscope par les frèresDave etMax Fleischer, qui permet de transformer une scène filmée en un dessin animé, ouvre la voie à de nouvelles techniques de trucage, comme laretouche et le découpage d’images pour supprimer certains éléments ou en ajouter d'autres.

Les cinéastes de l'expressionnisme allemand ont rapidement adopté les effets spéciaux, qui ont donné leur identité à des films commeMetropolis deFritz Lang (1927) ouFaust deF. W. Murnau (1926).

Publicité pour le filmKing Kong en 1933, utilisant l'animation en volume.

En 1933, le filmKing Kong deCooper etSchoedsack a recours à deux types d’effets spéciaux : l’animation en volume et lasurimpression pour les plans larges, et la manipulation d’une marionnette pour les gros plans. Ce qui fait de ce film le pionnier de l’animatronique, une technique qui consiste à animer une créaturerobotisée pour lui donner une apparence de vie, et qui sera largement utilisée par la suite, notamment pour lesdinosaures deJurassic Park en 1993.

Dans les mêmes années, on utilise abondamment les décors peints intercalés entre la caméra et le décor principal (procédé dumatte painting), et l’utilisation de maquettes sur un plateau où existe conjointement un décor construit aux dimensions réelles sur lequel se raccorde la maquette, évitant une construction dispendieuse.

Incrustation d'une actrice en miniature dans le filmLes Sept Péchés capitaux en 1952.

Dans l’Homme invisible deJames Whale, réalisé en 1933, c’est le procédé ducache/contre-cache qui est utilisé pour masquer le comédien et rétablir les parties cachées du décor. Ces truquages étant difficiles à réussir (à cause des tirages intermédiaires faisant perdre de la qualité aux plans ainsi truqués), ledunning va les remplacer. Ce procédé, qui porte le nom de son inventeur américain, utilise deux pellicules chargées l’une contre l’autre dans la caméra deprise de vues : le négatif lui-même, qui donnera la scène enregistrée, et un positif du décor à ajouter, viré en couleur orange. Le personnage que l’on doit introduire dans ce décor est lui-même éclairé en lumière orange, et derrière lui le fond est au contraire éclairé en lumière bleue. Par soustraction chromatique, le fond bleu est remplacé par le décor filmé précédemment, devant lequel se meut le personnage. Ce procédé ne peut être employé que pour les films ennoir et blanc[2]. Cette technique donnera naissance à celle de l’incrustation, l’un des principaux progrès des effets spéciaux, mis au point d’abord enaudiovisuel.

Le grand virage de l'utilisation d'effets spéciaux dans la création cinématographique et audiovisuelle française remonte aux années 1980. En 1982, pour contrer la concurrence frontale des États-Unis, lePremier ministrePierre Mauroy lance un vaste Plan Recherche Image qui engage la France à devenir pionnière dans le domaine de la production audiovisuelle en utilisant les nouvelles techniques de l'image[3].

Un tournant a lieu lors du tournage deJurassic Park deSteven Spielberg en 1992. Le réalisateur remet en cause la technique dego motion de l'animateurPhil Tippett en raison de son manque de réalisme. L'animateurSteve Williams qui travaille au sein du studioILM, société d'effets spéciaux créée parGeorge Lucas, parvient à créer un tyrannosaurephotoréaliste enimage de synthèse 3D, si bien que Spielberg adopte ce type d'animation pour ses dinosaures en plan large, gardant des dinosauresanimatroniques pour les plans rapprochés[4].

Pour sa trilogie duSeigneur des Anneaux, le réalisateurPeter Jackson demande aux studios deWeta Digital de développer le logiciel de simulation de foule numériqueMassive en 1996 principalement pour les scènes de batailles.

Effets spéciaux mécaniques

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De nombreuses techniques inventées dans les années 1920-1930 sont toujours utilisées, comme les câbles pour simuler le déplacement dans les airs d’un personnage ou d’un objet, procédé que l’on emploie devant un écran noir qui masque en grande partie les câbles déployés. De nombreux films et séries télévisées s’appuient sur des maquettes manipulées par câbles, pour simuler des bâtiments, des véhicules et des vaisseaux spatiaux. Aujourd’hui, les câbles sont masqués partraitement numérique.

L’exemple le plus spectaculaire est2001, l'Odyssée de l'espace, deStanley Kubrick, qui imposera son modèle à une quantité de films et de séries télévisées, deCosmos 1999 àStar Wars. Pour mieux contrôler le mouvement des maquettes et de la caméra par ordinateur,John Dykstra développa le procédéDykstraflex à l’occasion du tournage deStar Wars, épisode IV : Un nouvel espoir. Il créera ensuite avecGeorge Lucas les studiosILM qui se doteront d’outils spéciaux pour pouvoir travailler sur les effets spéciaux après le tournage d’un film.

Fred Astaire danse sur les murs et au plafond, passant de l’un à l’autre, dansRoyal Wedding.

Des moyens mécaniques importants, voire géants, permettent des effets spéciaux impressionnants. Employés dès les débuts de l’industrie du cinéma, ils mettent en place une machinerie que l’on connaissait déjà au théâtre auXIXe siècle : le tangage des vaisseaux, les personnages marchant du sol au plafond d’un décor intégré dans un carcan cylindrique qui peut tourner sur son axe, tandis que la caméra (et son cadreur), solidaire du carcan, l’accompagne dans son mouvement de rotation.

Pour2001, l'Odyssée de l'espace, Stanley Kubrick fait construire une grande roue qui permet à une figurante supposée en apesanteur, de « monter au plafond » pour aller servir des petits déjeuners à l’équipage d’une navette en route vers la Lune. Sur le plan de la même démesure, une partie du pont duTitanic dans le film réalisé parJames Cameron, était un décor inclinable grâce à de puissants vérins hydrauliques construit en studio. Le bassin censé représenter l’océan où se débattent les naufragés, contenait plusieurs centaines de mètres cubes d’eau[5].

Un autre moyen de représenter des personnages imaginaires consiste à utiliser des marionnettes. Elles sont la marque de fabrique de spécialistes commeJim Henson etFrank Oz (créateurs duMuppet Show) qui ont notamment donné vie aux personnages deDark Crystal ainsi qu’àYoda dansl'Empire contre-attaque. Les marionnettes, dont chaque mouvement était initialement commandé manuellement (au moyen de fils, de câbles ou de moteurs électriques), sont maintenant également contrôlées par ordinateur.

Enfin, lemaquillage (dit FX) et la création de costumes originaux sont généralement associés aux effets spéciaux. En effet, s'ils sont au début du cinéma simplement utilisés afin de permettre aux acteurs de changer de rôle et de cacher leur imperfections, ces derniers ont permis la mise en place et la création de personnages figurant parmi les plus célèbres et les plus indétrônables de l'histoire du7e art. Il serait judicieux de citer Nosferatu (Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau, 1922) ou encore Frankenstein (La fiancée de Frankenstein de James Whale, 1935 ), qui encore aujourd'hui restent des emblèmes du cinéma d'horreur et qui plus est, du cinéma d'horreur muet.

Effets spéciaux numériques

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Article détaillé :Effets spéciaux numériques.

Au début des années 1980, les progrès desordinateurs ont permis aux réalisateurs d’envisager de nouvelles productions à partir d’images calculées et d’images de synthèse. Les premiers mélanges d’images filmées et d’images numériques ont été réalisés dansTron (Steven Lisberger, 1982) et dansThe Last Starfighter (Nick Castle, 1984). À partir de ce moment, on ne parle plus d'effets spéciaux mais d'effets visuels.

Peu à peu, la meilleure qualité des logiciels et la formidable montée en puissance de calcul des machines ont permis de réaliser de véritables trucages numériques, comme lemorphing, utilisé notamment pour la transformation de Fin Raziel dansWillow (Ron Howard, 1988), ou l’animation 3D, qui permet de personnifier l'« Australien », le couteau qui obéit à Louison (Dominique Pinon) dansDelicatessen (Jean-Pierre Jeunet etMarc Caro, 1991).

Le numérique s’est progressivement emparé des productions dans les années 1990. Les studios spécialisés se sont multipliés, tels la maison Duboi (Alien, la résurrection) ou encore la Buf Compagnie (Matrix Reloaded,Harry Potter et la Coupe de feu,Spider-Man 3). Plus récemment, certains réalisateurs cherchent à échapper au tout numérique, commePeter Jackson dans la trilogie duSeigneur des anneaux, qui mélange maquillage, traitement numérique et trucages analogiques, ou encore Christopher Nolan sur l'ensemble de ses films qui favorise les trucages autant que possible.

Aux États-Unis, certains professionnels de l'audiovisuel appellent souvent les effets spéciaux numériques « effets visuels » (visual effects). Les effets spéciaux mécaniques eux restent des « effets spéciaux » (special effects) afin de les différencier plus facilement.

De nombreux effets spéciaux numériques nécessitent un tournage devant fond bleu ou fond vert pour effectuer uneincrustation.

En 2025,Christian Clavier compare les trucages deMéliès aux usages actuels de l’IA dans les effets visuels[6].

Notes et références

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  1. (en) Anthony Slide,The New Historical Dictionary of the American Film Industry, Routledge,,p. 192.
  2. MauriceLe Boterf (préf. Orson Welles),Les Truquages au cinéma, Paris,Prisma,, 253 p.,p. 178-179.
  3. Hamus-Vallée 2018,p. 9.
  4. Hamus-Vallée 2018,p. 58.
  5. Ed W. Marsh,« Titanic », James Cameron, le livre du film, 84,, 178 p.(ISBN 978-2-277-25036-4).
  6. LéaVertigo, « Quand Méliès rencontre l’IA », surDuanju,(consulté le)

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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