
Unechos (grec ancien :ἦχος,echos, « son », pl.grec ancien :ἦχοι,echoi) est, dans la théorie de lamusique byzantine, celui des huitmodes du système de l'octoechos dans lequel une composition doit être chantée. Chaque echos commande divers types de rythmes, de métriques, de chants et de styles d'exécution. Il s'apparente aumode duplain-chant, autab' andalou, aumaqam arabe ou audastgâh perse.
Le termeechos a acquis le sens demode très tôt dans le développement de la musique byzantine depuis a réforme de l'octoechos lors duconcilein Trullo de 692.
Fondamentalement, le termeechos désigne l'échelle musicale, c'est-à-dire l'arrangement des intervalles de notes, mais aussi un ensemble plus ou moins explicite de règles et de formules mélodiques, définissant ainsi des catégories de mélodies. Les mélodies sont donc arrangées ou composées pour un echos donné ; l'echos commande aussi le style de l'interprétation. Ces règles commandent une hiérarchie de degrés (ton, notes) ; certains degrés forment lescadences (ἑστώτες), notes autour desquelles se résout principalement la mélodie où sur laquelle la mélodie se termine généralement.
Ce n'est que très tardivement, depuis lesXIXe et XXe siècles, qu'a été établi une description systématique des echos, alors qu'on n'utilisait auparavant que des diagrammes, des descriptions imagées et des exemples. Une théorie détaillée du système des echos est encore à établir, comme c'est le cas pour les théories modales des musiques de nombreuses autres cultures.
Les premiers traités de musique byzantine ne spécifiaient que ledegré de base, c'est-à-dire la note à partir de laquelle se chantait l'échelle de l'echos, ainsi que sa position dans l'échelle d'ensemble des echos. La structure détaillé des echos n'était précisée que de façon très rudimentaire par des diagrammes dans la notation musicale byzantine, comportant desneumes. Il est pratiquement impossible de reconstituer les détails des intervalles musicaux et des structures mélodiques des echos à partir des traités antérieurs auXVIIIe siècle. En fait, seules des comparaisons systématiques assez récentes des echos avec lesmakamlar de la musique de courottomane, telles que celles deKyrillos Marmarinos, archevêque deTinos dans son manuscrit de 1747 et les réformes occidentalisantes de la notation byzantine deChrysanthos de Madytos (en) à la fin duXIXe siècle permettent de comprendre la structure des echos et de tenter la reconstitution des mélodies anciennes.
Alors que dans d'autres traditions musicales telles que celles de laMusique classique ottomane (en), la création de nouveaux modes par des maîtreséponymes conduisit à une prolifération de modes (makams,maqams), les echos ne sont pas attribués à un compositeur particulier ; ils sont considérés comme appartenant à l'héritage commun et anonyme duchant liturgique. Des compositions éponymes existent dans toute l'histoire du chant byzantin, mais elles sont simplement classées dans le système des echos.