Panneau indiquant « Drot » àBagas.Le Dropt à Eymet.
La rivière est documentée sous les formeslatinesDrotius (1168),Drucum (1554),Dirsus (1743)[2],Drogatus[3] (1844) etromanesDroth (1004),Drot (1053),Droz (1095)… C'est auXVIIIe siècle, qu'a été introduite la graphieDropt avec unp non étymologique (comme dansRupt), probablement unehypercorrection par un cartographe du roi. Représentant la France dans la seconde moitié duXVIIIe siècle, lacarte de Cassini noteDropt àQueyssel[4] alors qu'elle privilégie la formeDrot àMousthiers[5].
L'analyse des formes anciennes montre que le nom historique de la rivière est bien leDrot[6], d'une racine préceltique *dur- 'rivière'.
LeDictionnaire géographique et administratif de la France (édition de 1892) met en garde :« Aucune des anciennes formes latines :Drotius,Drucum ou françaises :Droth (1004),Drot (1053),Droz (1095), n’autorise lep dont on affuble souvent le nom de cette rivière en l’écrivantDropt ».
Le Drot àMonségur.Le confluent du Drot et de la Garonne àCaudrot.
Pour les besoins de l'agriculture, un aménagement du bassin a été réalisé avec création sur des affluents de lacs réservoirs d'une capacité totale de 15 100 000 m3. Ces réserves permettent également de soutenir lesétiages d'été et d'atténuer lescrues d'automne et de printemps.
L'organisme gestionnaire pour l'ensemble du bassin versant sur les trois départements est le syndicat mixte Épidropt, dont le siège social est implanté àAllemans-du-Dropt[21].
Le bassin hydrographique du Drot constitue un site important pour deux espèces animales[62] :
levison d'Europe, mammifère (mustélidé) dont la situation actuelle est extrêmement préoccupante (seuls 7 départements du Sud-Ouest semblent encore occupés par l'espèce) ;
letoxostome, poisson (cyprinidé) au statut coté « vulnérable » en France.
Le Drot matérialise duXIIIe siècle auXVe siècle la frontière - que l'historien Ch. Higounet a qualifiée de « frontière de tension » - entrefiefs des puissantscomtes de Toulouse et desducs d'Aquitaine - rois d'Angleterre. Les deux camps adoptent une stratégie de jalonnements frontaliers par la création de villes nouvelles sur le Drot, des « bastides » : bastides françaises deCastillonnès (1259),Villeréal (1267),Eymet (1270), bastides anglaises deMonségur (1265),Monpazier (1284).
Le Drot compte 66 barrages pour 75 moulins, dont certains fortifiés (moulin de Bagas). Les moulins encore en activité sont rares (trois ou quatre) : dépouillés de leurs machines, la plupart ont été transformés après restauration en résidences principales ou secondaires.
En aval d'Eymet, les barrages comportent desécluses, vestiges de l'époque où le Drot était navigable (le conventionnelJoseph Lakanal en fut maître d'œuvre pendant la période révolutionnaire). En effet le Drot fait partie desaffluents de laGaronne qui ont été contraints d'abandonner leurs activités commerciales navigables à cause de l'expansion deschemins de fer, tout comme laSave ou leTarn.
Élisée Cérou,Le Drot ou le Dropt ? Appellation d'origine ibérique, suivie d'un culte druidique de l'eau ?, dansLes cahiers du Groupe archéologique de Monpazier,no 12, 2003(lire en ligne)
Marie-Claude Jean,La vie en 1900 dans la vallée du Drot photographiée par Joseph Bugeau, GAHMS Les Éditions de l'Entre-deux-Mers, novembre 2020,(ISBN978-2-37157-043-6)
↑AuXIXe siècle, une lettre d'un particulier signale :« par suite d’importants dépôts de limons en Garonne au niveau de l’embouchure du Dropt, entre l’île de Gironde et Casseuil, le Drot prolonge son cours jusqu’à Caudrot au milieu des terres d’alluvions » (Archives Municipales de Bordeaux).