Dornac se spécialise dans le portrait de personnalités photographiées dans leurs espaces privés, à leur domicile ou sur leurs lieux de travail (l'exception seraPaul Verlaine photographié au café François Ier en mai 1892 devant un verre d'absinthe[2],[3]). Il est l'auteur d'une série de plus de 400 clichés réalisés de 1887 à 1917 intituléeNos contemporains chez eux. Parmi les célébrités desXIXe et XXe siècles (écrivains, artistes, auteurs dramatiques et comédiens, musiciens, scientifiques, hommes politiques, journalistes), il photographieSarah Bernhardt,Paul Claudel,Georges Clemenceau,Gustave Eiffel,Alain-Fournier,Charles Gounod,Francis Jammes,Jules Janssen,Gabriel Lippmann,Pierre Loti,Stéphane Mallarmé,Auguste Rodin,Théo Van Rysselberghe,Séverine,Paul Verlaine,Émile Zola…[4] ; ces photographies sont commercialisées sous forme de tirages ou d'albums (Dornac fait imprimer au dos de chaque photographie l'avertissement suivant :« [cette galerie] [...] la première du genre, est la seule judicieusement établie et d’un caractère vraiment artistique et documentaire. Aussi croyons-nous devoir mettre en garde les Amateurs contre des productions similaires faites sans goût ni souci d’art et de vérité que notre succès a suscitées »). Cette série a pu avoir une influence sur la mise en scène des pratiques du portrait de l'universitaire ou du scientifique[5]. En février 1896, l’hebdomadaire ottomanServet-i Fünun propose une collection de photographies de ses contemporains ottomans et reprend le titre « Nos contemporains chez eux » dans la légende écrite en français avec une traduction en turc[6].
De nombreux portraits réalisés par Dornac ont été reproduits soit directement soit interprétés en gravure sur bois dans des périodiques illustrés de l’époque[7], en particulier dansLe Monde illustré entre 1890 et 1900.
Une partie de son œuvre, soit environ 200 épreuves, a été dispersée lors d'unevente aux enchères publiques par l'étude Piasa à l'hôtel Drouot à Paris le[10],[11] ; deux autres ventes ont lieu le[12],[13] et le[14].
↑Elizabeth Emery, « Verlaine en vitrine : la mise en scèned’un « poète maudit » pourNos Contemporains chez eux »,Société des études romantiques et dix-neuviémistes,,p. 1-19(lire en ligne[PDF]).
↑MarionLagrange, « Les représentations des universitaires bordelais et la temporalité de la figure du savant (1880-1960) »,Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale,no 292,(lire en ligne, consulté le).
↑Photographies, collection Paul Marsan dit Dornac, lots no. 1 à 158, "Nos contemporains chez eux", 3e vente, Edmond Bénard, lots no. 159 à 199, "ateliers d'artistes" ; 2ème partie, photographies anciennes, modernes et contemporaines, lots no. 200 à 276 (catalogue de vente,Paris, Hôtel Drouot, PIASA), Paris, F. Bourgeois,, 77 p..
Elizabeth Emery,Le Photojournalisme et la naissance des maisons-musées d’écrivains en France (1881-1914), Grenoble, Les Éditions de l’Université Savoie Mont Blanc, 2016,pp. 103-174 (Présentation en ligne).
Marie Mallard,Étude de la série de Dornac "Nos contemporains chez eux", 1887–1917. Personnalités et espaces en représentation, mémoire de maîtrise en Histoire de l'art, Université Paris 4, 2 vol. (94-56 f., 162 f. de pl.), 1999.