Ladoctrine Hallstein désigne une doctrine de laRépublique fédérale d'Allemagne appliquée à partir de1955 qui consiste à prononcer la rupture des relations diplomatiques avec tout État qui reconnaîtrait laRépublique démocratique allemande[1].
Selon cette doctrine, baptisée du nom deWalter Hallstein, alors secrétaire d’État ouest-allemand aux affaires étrangères du chancelierKonrad Adenauer, la RFA se proclame la seule représentante légale de l'Allemagne. Ainsi,Bonn se borne à désigner la RDA comme la « zone soviétique d'occupation ». La RFA s'estime le seul État allemand légitime du fait qu'elle représente la majorité des Allemands, détient une grande partie du territoire allemand, et qu'elle est indépendante et démocratique, contrairement à la RDA.
En conséquence, la RFA annonce qu'elle rompra ses relations avec les États qui reconnaissent la RDA à part l'URSS. En représailles,Moscou empêche les pays duPacte de Varsovie de renouer des relations diplomatiques avec la RFA. Finalement, la reconnaissance mutuelle de la RFA et de la RDA au début des années 1970, mettant fin à la doctrine Hallstein, ouvre ainsi en Europe une courte ère de détente et de convergence entre l'Est et l'Ouest qui mène auxaccords d'Helsinki.
La doctrine, plutôt impopulaire chez les Alliés, est appliquée pour la première fois en1957. La RFA romptses relations avec laYougoslavie qui avaitreconnu la RDA.
La doctrine est appliquée également à l'encontre deCuba en1963. Mais elle perd vite sa pertinence dans un contexte de détente internationale, puis est finalement abandonnée à la fin desannées 1960 au profit de la politique d'ouverture vers l'Est, l'Ostpolitik deWilly Brandt.
On assiste à une politique similaire dans la confrontation entre larépublique populaire de Chine et larépublique de Chine (Taïwan) : tout État qui noue des relations diplomatiques avecPékin s'en voit aussitôt privé parTaipei, et réciproquement.