En France, le pharmacien termine sa formation après soutenance d'unethèse d'exercice et proclamation duserment de Galien. Il obtient ainsi leDiplôme d'État de docteur en pharmacie lui permettant d'exercer sa profession dans un établissement autorisé à exercer la pharmacie (hôpital, officine, industrie...) en toute indépendance[1].
Lecaducée des pharmaciens correspond à la représentation du serpent d'Épidaure et de lacoupe d'Hygie. La symbolique en est la suivante : le serpent déverse sonpoison dans la coupe qui le transforme alors enremède. En France, l'utilisation de ce caducée est protégée par un dépôt à l'INPI[2].
Une grande partie de ses connaissances est commune auxmédecins. Ainsi, le pharmacien peut établir un plan depharmacothérapie, faire le suivi de lathérapie médicamenteuse,diagnostiquer les problèmes en lien avec le médicament ou encore interpréter les résultats d'analyses médicales.
Répartition des effectifs de pharmaciens inscrits a l'Ordre des pharmaciens en fonction de leurs activités
Intitulé
Effectifs
Section (principale)
Nombre de pharmaciens
% des inscrits à l'Ordre des Pharmaciens
Pharmaciens d'officine adjoints (salariés) en France métropolitaine (Corse incluse)
27 649
37,4 %
D
Pharmaciens d'officine titulaires (propriétaires) en France métropolitaine (Corse incluse)
25 518
34,6 %
A
Pharmaciens biologistes en France métropolitaine (Corse incluse)
06 851
09,3 %
G
Pharmaciens des établissements de santé en France métropolitaine (Corse incluse)
07 207
09,8 %
H
Pharmaciens de l'industrie en France métropolitaine (Corse incluse)
04 021
05,4 %
B
Pharmaciens d'Outre mer (tout type d'activités)
01 897
02,6 %
E
Pharmaciens de la distribution en gros en France métropolitaine (Corse incluse)
0687
00,9 %
C
Les trois quarts des pharmaciens inscrits à l'Ordre des pharmaciens (55 000 pharmaciens) exercent leurs fonctions en pharmacie de ville, soit en tant que pharmaciens titulaires (propriétaires de la pharmacie), soit en tant que pharmaciens adjoints (salariés). Il faut également noter que la plupart des pharmaciens de l'industrie et de l'enseignement/recherche ne sont pas inscrits à l'Ordre car cela n'est pas toujours nécessaire (voire autorisé) pour l'exercice de ces professions. Leur nombre est ainsi très largement sous-évalué si on ne regarde que les inscriptions à l'ordre dans ces catégories. De même, les pharmaciens exerçant dans l'Armée ne peuvent pas être inscrits à l'Ordre.
une pharmacie à usage intérieur (PUI) d'établissement de soins (hôpitaux, cliniques) (environ 10 %) ;
un laboratoire d'analyses médicales (environ 10 %) privé ou faisant partie d'un établissement de santé en tant quepharmacien-biologiste ;
l'industrie pharmaceutique (moins de 5 %) dans les domaines de la production, de la qualité, dumarketing, des affaires réglementaires, du développement, de la recherche, etc. ;
Certaines catégories de pharmaciens sont sous-évaluées dans cette analyse qui ne prend pas en compte les pharmaciens non inscrits à l'ordre, comme en industrie et en recherche.
Lepharmacien d'officine assume la responsabilité de tout ce qui est préparé et dispensé dans l'officine. Pour ce faire il supervise et assure la préparation et ladispensation desmédicaments ainsi que l'analyse, le contrôle, et la validation des ordonnances[4]. S'il estime qu'un ou plusieurs médicaments ne sont pas adaptés sur une prescription médicale, il peut refuser de les délivrer et doit prévenir le médecin prescripteur pour le notifier de ce refus. Le pharmacien peut également refuser de délivrer un médicament sans ordonnance ou de réaliser une préparation.
Il a d'autre part un rôle de conseil auprès de ses patients, ces conseils font partie des « soins pharmaceutiques ». Ce terme regroupe à la fois des aspects de conseils concernant une pathologie pour laquelle le patient vient directement à l'officine, sur l'observance de la prise des médicaments, sur le plan de prise du médicament, de recherche d'incompatibilité entre les médicaments prescrits et de déontologiques propres à l'activité du pharmacien d'officine.
Les délivrances de médicaments sont transcrits dans leDossier pharmaceutique du patient qui sera consultable par les autres confrères pharmaciens et par les médecins si le Dossier Médical Personnel est créé avec l'accord du patient.
Le pharmacien a aussi pour rôle d'orienter les patients vers les différents professionnels de santé si la médication dont il dispose n'est pas suffisante ou si le moindre doute existe sur la nature de la pathologie.
Le pharmacien d'officine est, en théorie et compte-tenu de son cursus,tenu de connaître[réf. souhaitée] leschampignons.
Enfin, le pharmacien participe à la permanence des soins, en assurant les gardes de nuit, dimanche et jours fériés.
Au sein d'une officine, il peut être :
propriétaire-titulaire, seul ou associé,
gérant (dans le cas d'une société ou en cas de décès du titulaire),
adjoint (anciennement assistant) ou bien adjoint-associé.
Lepharmacien hospitalier est un professionnel de santé, spécialiste des produits de santé. L´évolution des missions des pharmacies à usage intérieur (PUI) confie au pharmacien hospitalier différentes fonctions concernant les médicaments et les dispositifs médicaux parmi lesquels l'approvisionnement et la détention, la préparation de certains médicaments (nutrition parentérale, reconstitution centralisée des cytotoxiques (préparation des chimiothérapies), radiopharmaceutiques), et des dispositifs médicaux stériles (stérilisation), dispensation aux patients hospitalisés et ambulatoires, dosage de médicament et contrôle, vigilance et assurance qualité, formation et information des médecins et des patients .
L'accès à la profession se fait pour les établissements publics sur concours (concours national de praticien des hôpitaux publics de santé) pour la titularisation, l'Internat en pharmacie est obligatoire depuis 2016. Pour les établissements privés, l'internat est obligatoire mais le concours de praticien hospitalier n'est pas nécessaire. Au total, 9 ans d'études sont nécessaires pour devenir pharmacien hospitalier.Une sur-spécialisation est possible, ajoutant 1 an au parcours universitaire du futur pharmacien hospitalier. Il s'agit du DESC (diplôme d'études spécialisées complémentaire) de radiopharmacie et de radiobiologie permettant au pharmacien de délivrer les médicaments radio pharmaceutiques et de travailler dans les services de médecine nucléaire.
en France : 4 années de spécialisation eninternat debiologie médicale (accessibles également auxmédecins en France). Soit 9 à 10 ans d'études, le concours de l'internat étant présentable deux fois.
Toutes les étapes de la vie dumédicament, de sa conception à sa fabrication en passant par sa distribution et enfin à sa dispensation au patient dans les officines ou les hôpitaux, sont sous la responsabilité d’un pharmacien.
Lepharmacien industriel exerce ses compétences dans la totalité des secteurs de l'industrie pharmaceutique notamment en développement (galénique,chimie analytique…), en production comme en recherche, encontrôle de qualité (QC) etassurance qualité (QA) et au sein du département des affaires réglementaires. Il peut également s'occuper des essais cliniques, dumarketing et des ventes.
Depuis un peu plus d'une dizaine d'années, la formation de pharmacie peut se compléter par un diplôme d'ingénieurvia une passerelle. En fin de cinquième année de pharmacie pour Nancy et en fin de quatrième année pour Lyon, l'étudiant peut rejoindre certaines écoles d'ingénieur en deuxième année. Les deux années en école d'ingénieur valident la sixième année de pharmacie pour Nancy et la cinquième et sixième année pour Lyon afin de recevoir ainsi le double diplôme « pharmacien-ingénieur ».
L'initiateur de cette formation fut l'UFR de pharmacie de Nancy, avec l'ENSIC (École nationale supérieure des industries chimiques) dès 1992 puis l'ENSAIA (École Nationale Supérieure d'Agronomie et des Industries Alimentaires) début des années 2000. À l'Institut des sciences pharmaceutiques et biologiques de l'université Claude Bernard Lyon 1 (ISPB), cette filière s'est développée en créant des partenariats avec plusieurs écoles d'ingénieurs de la région Rhône-Alpes (CPE Lyon, ISARA, Polytech Lyon (ancien ISTIL), École des Mines de Saint-Étienne, École Nationale Supérieure de Génie Industriel (Grenoble)) ou à l'étranger (École Polytechnique de Montréal)[5]. Filière représenté par l'AELPI(Association des étudiants Lyonnais Pharmacien-Ingénieur)[6].
La filière pharmacien-ingénieur de Lyon se base sur le fonctionnement des écoles d'ingénieur et met en place un réseau alumni, des newsletters, des rencontres professionnels/étudiants sous l'impulsion de l'AELPI[6]. L'existence de ce réseau est justifiée par les nombreux débouchées dus à la filière.
Depuis plusieurs années, la majorité des UFR de pharmacie de France ou encore le Pharmacenter des universités de Bâle-Zürich (Suisse) ont souhaité signer des accords de partenariat avec l'École des Mines d'Albi (EMAC-ENSTIMAC) pour permettre la formation des pharmaciens-ingénieurs qui se destinent soit à la recherche et développement soit à la production. Le développement de cette formation à l'EMAC a été justifié par le fait que près d'un tiers des ingénieurs formés à l'École des Mines d'Albi travaille dans l'industrie pharmaceutique (une partie croissante d'entre eux travaille dans des cabinets de conseil/consultant/audit du secteur pharmaceutique), et que l'évolution accélérée de l'industrie pharmaceutique nécessite aujourd'hui des compétences complémentaires.
Le double diplôme dedocteur en pharmacie et d'ingénieur, obtenu en fin de cursus donne à ce type de pharmacien la compétence pour travailler dans tous les domaines de l'industrie pharmaceutique ou biopharmaceutique (production, qualité…), mais aussi dans d'autres secteurs aussi importants que l'environnement, l'industrie chimique ou l'agroalimentaire, par exemple.
Lepharmacien inspecteur de santé publique exerce notamment ses compétences au sein du ministère chargé de la Santé, desAgences régionales de santé et de l'ANSM (anciennement Afssaps). Recrutés sur concours au niveau national, les Pharmaciens inspecteurs, ont généralement exercé une activité professionnelle dans différents secteurs (officine, industrie, hôpital, biologie) avant d’être formés à l’École des hautes études en santé publique à Rennes. Le pharmacien inspecteur de santé publique, fonctionnaire d’État assermenté, est chargé de contrôler la qualité des produits de santé et des pratiques de certains professionnels de la santé, en collaboration éventuelle avec des inspecteurs de l’ANSM, des médecins inspecteurs de santé publique, des vétérinaires inspecteurs, des ingénieurs de génie sanitaire ou des inspecteurs de la répression des fraudes.
Leur mission est de conseiller et accompagner les assurés et les professionnels de santé sur la réglementation médico-sociale[7], le bon usage des soins et des médicaments, et la prise en charge des affections de longue durée.
Analyser et contrôler les demandes de prestations des patients et les activités des professionnels de santé.
Contrôler la bonne application de la réglementation et des pratiques médicales.
Cette section adopte un point de vue régional ou culturel particulier et doit êtreinternationalisée (mai 2019).
Afin d'assurer la sécurité de la délivrance des médicaments (validation de l'ordonnance, vérification des effets indésirables, des contre-indications, adaptation des posologies), de certifier la non-contrefaçon des médicaments délivrés et d'assurer un rôle de service public (prévention, garde), de nombreux pays européens ont accordé unmonopole de ladispensation desmédicaments aux pharmaciens[4]. Ce monopole impose de nombreuses règles et oblige à satisfaire à uncode de déontologie[8]. Il est cependant remis en cause par des plaintes d'organismesfinanciers qui souhaitent la libéralisation du marché du médicament en Europe. Un jugement sur ces thèmes a été rendu par laCJUE en faveur des pharmaciens d'officine allemands et italiens en[9].
Pour obtenir lediplôme d'État de docteur en pharmacie enFrance, il faut actuellement réussir leconcours du Parcours d'Accès Santé Spécifique (le PASS) regroupant médecine, pharmacie, odontologie et sage-femme dans uneUFR de médecine et de pharmacie. La durée de la formation est de 3 ans pour le premier cycle, 2 ans pour le deuxième cycle puis selon la voie choisie, un troisième cycle de 1 an (sixième année) pour la filière industrie/recherche et officine menant au diplôme de docteur en pharmacie, ou de 4 ans pour ceux qui choisissent une spécialisation par la voie de l'internat en Pharmacie, soit au total 6 ou 9 ans. Ce parcours est sanctionné par une thèse d'exercice. L'internat en pharmacie, accessible après concours, permet notamment aux pharmaciens de travailler à l'hôpital enpharmacie hospitalière ou dans leslaboratoires de biologie médicale. Le diplôme d'État de Docteur en Pharmacie, ou équivalent européen ou canadien, est obligatoire pour pouvoir exercer en tant que pharmacien, que ce soit comme titulaire d'une officine ou tout autre type d'exercice. Pour exercer à l'hôpital public en tant que senior, il est nécessaire de passer, parfois après un exercice de quelques années en tant qu'assistant, le concours national depraticien des établissements de santé.
Les étudiants suisses suivent un cursus de 5 ans. Les 3 premières années amènent à l'obtention d'unbaccalauréat universitaire en sciences pharmaceutiques. L'obtention de ce titre permet d'être admis à un programme demaster de 2 ans (maîtrise universitaire en pharmacie), dont un est effectué en officine en tant que stagiaire. Ce master donne accès à l'examen fédéral qui permet d'acquérir le diplôme fédéral de pharmacien, nécessaire à la pratique en officine, en hôpital ou en industrie[11].
À la suite de l'accord bilatéral sur la circulation des personnes entre la Suisse et l'Union Européenne, les ressortissants de l'UE porteurs de diplômes équivalents au diplôme fédéral de pharmacien peuvent demander la reconnaissance de leur titre. Ainsi,de nombreux[Combien ?] pharmaciens français et allemands exercent dans les zones frontalières : cantons de Genève, de Vaud, de Bâle, etc.
↑Mathieu Guerriaud, « Le monopole pharmaceutique français »,Les cahiers de droit de la santé, LEH « Hors Série : Le monopole pharmaceutique et son avenir »,,p. 11-30(ISSN1774-9832,lire en ligne).