Sortie | (voirhistorique de sortie) |
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Durée | 3 min 50 s(chanson) 4 min 22 s(vidéoclip) |
Langue | Anglais |
Genre | Pop électronique,Synthpop |
Format | Téléchargement,écoute libre |
Auteur-compositeur | Stefani Germanotta,Henry Walter,Andrew Wotman, Michael Polansky |
Producteur | Lady Gaga, Cirkut, Watt |
Label | Interscope |
Albums deLady Gaga
Chromatica (2020)Harlequin (2024)
Singles deLady Gaga
Die with a Smile
(2024)Abracadabra
(2025)
Clip vidéo
Disease (enfrançais :« Maladie ») est unechanson de l’autrice-compositrice-interprèteaméricaine,Lady Gaga. Elle sort le en tant que premierextrait de son septième[Note 1]album studio baptiséMayhem, commercialisé et distribué par lelabelInterscope.
Le titre marque le retour de Gaga dans une ambiance sombre et propre à ses débuts, après l’irruption de son opusjazzHarlequin (en) et sa participation à labande originale du filmJoker : Folie à deux, projets apparus plus tôt en 2024. Composée sur la base d’untempo cadencé, elle imbrique unemélodie exaltante et unrythme pulsant, tous deux influencés par une certaine variété demusique électronique orientée vers des styles comme l’industriel et latechno. Sur l’aspect textuel, elle traite du potentiel de l’amour quant à guérir l’état mental torturé d’un amant, explorant des thèmes comme ladépendance émotionnelle et la dynamique depouvoir dans une relation intime, le tout jumelé à desallusionsmédicales et desmétaphoresreligieuses.
La majorité descritiques lui accordent des évaluations positives, comparant le morceau aux premiers succès de Gaga, tant sur les sonoritésdance que pour les références textuelles. Commercialement, il rencontre un succès manifeste enEurope, se frayant principalement un chemin à travers lespalmarès de territoirescentraux etoccidentaux, tels que l’Irlande, lesPays-Bas, leRoyaume-Uni et laSuisse. En ce qui concerne le reste du monde, il trouve sa place dans les classementsaméricains,brésiliens,canadiens etjaponais. Dirigé par Tanu Muino (en), levidéoclip qui l’accompagne fait sa première à temps pour la période d’Halloween. On y trouve Gaga, confrontant ses propres craintes sous la forme de différents clones d’elle-même, essayant tant bien que mal de les surmonter. Comptabilisant à ce jour plus de dix millions de lectures surYouTube, il a été reçu favorablement par la sphère journalistique musicale et le grand public, qui a particulièrement apprécié son thème conducteur et les costumes arborés par Gaga.
C’est à l’aube du 3 septembre 2024, alors en déplacement aufestival international du film de Venise, que Lady Gaga transmet un communiqué annonçant que le premier extrait de son futur septième album studio verrait la lumière en octobre[1],[2]. Deux jours plus tard, lors d’un entretien pour le magazine américainVogue, le rédacteur Jonathan Van Meter déclare avoir écouté le morceau[3], le qualifiant comme étant « intense et inquiétant », ajoutant qu’il lui rappelle un « tube [de Gaga] à l'ancienne, tout aussi troublant que fédérateur »[4],[T 1]. À partir du 18 octobre 2024, une poignée de chansons issues des précédents albums de Gaga (à savoirDance in the Dark,I Like It Rough,Sinner’s Prayer,Electric Chapel,Artpop,Smile etEnigma) sont gratifiés d’une modification orthographique sur les plateformes de téléchargement en ligne[5], avec chaque première lettre désormais stylisée enminuscule, formant ainsi unanagramme du mot « disease »[6]. Il faudra attendre le 21 octobre pour qu’Universal Music partage finalement un lien de pré-sauvegarde, accompagné d’un logo et d’une date de sortie, maintenue au 25 octobre à6 h (heure française)[7],[8]. Par la même occasion, une ribambelle d’adresses informatiques temporaires semblables à des phrases sont découvertes[9]. Chaque adresse conduisait vers une page vierge incluant la même affirmation clignotant sur fond noir[10], la totalité des phrases constituant le refrain suivant :
« I could play the doctor,I can cure your disease /If you were a sinner,I could make you believe /Lay you down like 123,eyes roll back in ecstacy /I can smell your sickness,I can cure ya /Cure your disease[Note 2] »
Le 23 octobre 2024, un informateur anonyme suggère dans une rubrique du journal américainNew York Post que la chanson fait acte de « retour aux sources » pour Gaga, justifiant que lepaysage sonore deDisease est comparable à celui de l’albumBorn This Way (2011) et surenchérissant que le clip vidéo a été « soigneusement chorégraphié »[11].
Les concepts porteurs exploités durant le cycle promotionnel ont pour objet l’horreur, lapsychose et ladystopie. Un des sites Internet créés à cet effet, gagadisease.com, expose de manière furtive uneimage animée dépeignant untéléviseur àtube cathodique placé dans un environnement lugubre, diffusant l’enregistrement vidéo d’une main griffue tentant d’attraper un objet s’apparentant à un membre avec de longues phalanges robotiques. La même image sera subséquemment utilisée sur la même page pour afficher des paroles de la chanson dans le téléviseur à mesure que la sortie approchait. En parallèle, il est dévoilé une affiche promotionnelle représentant la vue aérienne d’une route sur laquelle une femme à la chevelure brune est sur le point d’être renversée par une voiture blanche. Ce tableau n’est pas sans rappeler un accessoire porté cinq mois plus tôt par la chanteuse à l’occasion de l’avant-première dufilm sur la tournéeChromatica Ball àLos Angeles, événement durant lequel elle arborait une sculpture laquée en blanc en forme deportière, fabriquée à partir de réellespièces détachées[12], évoquant déjà l’idée d’unaccident de la route.
Co-écrite parCirkut,Andrew Watt, Lady Gaga et son compagnon, Michael Polansky,Disease est une chansonpop à caractèreobscure[13],[14], interprétée entièrement enanglais et longue d’une durée de trois minutes et cinquante secondes. Il s’agit de la troisième collaboration entre Gaga et Watt (aprèsSweet Sounds of Heaven etDie with a Smile) et de la seconde avec Polansky, qui apparaît à la composition de l’albumHarlequin (2024). Musicalement, elle est influencée par le genreélectronique[15], abritant un éventail de stylesindustriels pivotant vers ladance et latechno, mais aussi lerock gothique[14] et la musiquerage. Soninstrumentation comprend unrythme orchestré ausynthétiseur, desaccroches vocales désarticulées en « ah-ah », desmotifsgrunge joués à laguitare et des harmonies de voix filtrées, hachurées et superposées entre-elles, contribuant à son aspect globalement sinistre. Côté technique, elle se compose d’unemesure fréquenteà quatre temps, d’untempo modéré de 101pulsations par minute et d’unetonalité portée sur uneclef ensi mineur. Saforme structurelle est fondée sur unmodèle classique avec deuxcouplets singuliers et unrefrain. Au cours dupont, le morceau est réduit à de simples notes depiano et à lavoix de fausset de Gaga, avant que cette dernière ne laisse échapper un grognement féroce.
Le sujet d’inspiration derrière lesparoles gravite autour du rapport entre lepouvoir et lecontrôle exercé en société, avec une inclinaison lexicale rattachée au domaine de lamédecine[13],[15] et desmétaphores liées à laguérison divine, soulignant principalement l’idée que cette réparation est à la fois physique et spirituelle. Gaga y interprète un rôle ambigu d’héroïne manipulatrice, accentuant la complexité des relations où l’un des partenaires est profondément atteint et cherche désespérément une issue, tandis que l’autre détient un pouvoir démesuré sur sa guérison, agissant comme figure référente et offrant au patient une sorte de soulagement précaire, tout en se nourrissant de sa vulnérabilité. À noter que ces courants de pensée sont fréquents au sein de la discographie de la chanteuse, tout particulièrement sur les pièces musicalesBad Romance (2009) etThe Cure (2017).
Lecouplet d’introduction plante un décor sombre, où l’épuisement moral est illustré par l’absence de larmes (« There are no more tears to cry[Note 3] »). Gaga s’adresse à un individu en proie au désespoir, implorant pour sa survie (« I heard you begging for your life[Note 4] »). Par le vers « Running out of medicine / You’re worse than you’ve ever been »[Note 5], la chanteuse évoque la notion d’un mal profond, à la fois physique et affectif. Le ton général laisse envisager que la personne en question est victime d’une forme dedépendance spécifique ou d’une maladie analogique.Le pré-refrain met en lumière la souffrance intérieure (« Poison on the inside »[Note 6]) de cet individu, tandis que Gaga se positionne commesalvatrice (« I could be your antidote tonight »[Note 7]), ce qui établit une dynamique de pouvoir asymétrique : elle a la capacité d’apaiser la douleur de l'autre, renforçant l'idée d'une soumission émotionnelle. Un cas d’ambiguïté est toutefois à noter puisque l’idée de lamort plane toujours au-dessus (« Screamin' for me, baby / Like you’re gonna die »)[Note 8], ce qui peut suggérer que cette relation est dysfonctionnelle, bien que l’artiste propose une forme de délivrance temporaire dans son texte.
Vient ensuite le refrain qui joue davantage sur les insinuations médicales. À ce stade, la chanteuse endosse le rôle de guérisseuse (« I could play the doctor / I can cure your disease »), suggérant qu’elle détient le pouvoir de libérer sa victime. Le terme « disease » (maladie) est utilisé de manière symbolique pour parler d’un mal-être passionnel ou religieux. Elle fait allusion à une transformation spirituelle avec la ligne « If you were a sinner / I could make you believe », où elle se présente non seulement comme une doctoresse, mais presque comme une figure divine capable de racheter les péchés. L’expression « Lay you down like 123 » sous-entend une facilité presque mécanique dans sa capacité à soulager son partenaire, tandis que « Eyes roll back with ecstasy » introduit un parallèle avec l’extase physique, créant une tension entre la douleur et le plaisir. Enfin, la ligne « I can smell your sickness » renforce l’idée que la maladie de cette tierce personne est omniprésente, mais qu’elle est la solution, avec l’emploi répété du verbe « cure » (soigner).
Le second couplet prospecte l’angoisse de cet individu en profondeur. Lorsque le vers « You’re so tortured when you sleep[Note 9] » est chanté, il est alors question dusommeil, qui est souvent associé à un état vulnérable où les peurs et traumatismes en suspens refont surface. « Plagued with all your memories[Note 10] » implique que la victime est hantée par son passé, incapable d’y échapper, même dans ses propres rêves. La phrase « You reach out and no one’s there[Note 11] » manifeste une solitude extrême et une incapacité à trouver du réconfort. La dernière ligne, soit « Like a God without a prayer[Note 12] », est particulièrement chargée de signification. En effet, elle donne à entendre que l’individu, bien qu’autrefois résistant, est maintenant impuissant face à ses propres démons, sans aucun support spirituel ou espoir de rédemption. Cela renforce l’idée que la chanteuse est bien la seule à pouvoir offrir cette émancipation finale. Un parallèle identique avait déjà été établi dans la chansonJudas (2011), lorsque Gaga revendiquait que les paroles avaient été écrites depuis le point de vue deMarie Madeleine, un personnage biblique.
Disponible entéléchargement légal et sur toutes lesplateformes d’écoute à partir du 25 octobre 2024, lesingle est immédiatementformaté et envoyé vers lesstations de radioaméricaines spécialisées dans la musique pop etgénéralistesitaliennes. Au même instant, plusieursécrans publicitaires sont acquis dans le quartier deTimes Square, àNew York, pour en assurer la promotion urbaine.
Le 13 novembre 2024, Lady Gaga annonce la parution d’une versionalternative de la chanson, sous-titréeThe Antidote Live, avec une sortie programmée à18 h le même jour sur la plupart des plateformes de téléchargement et à travers certaines stations de radio en Italie. En accompagnement, unmaxi numérique et une vidéo sont publiés simultanément dans le cadre de sa promotion. Tournée au sein dustudio d'enregistrement Woodshed àMalibu (Californie), elle met en scène Gaga, les cheveux teints d’une couleur bleu noir et les sourcils décolorés, interprétant le morceau tout en jouant dupiano à queue, épaulée par un musicien à laguitare acoustique et d’une bande sonore. Une nouvelle interprétation du titre, baptiséeThe Poison Live, fait son apparition le 20 novembre 2024. Alors que la première était plus douce et mélodique dans sa tournure, celle-ci présente la chanson de manière nettement plus agressive et rauque. Un maxi compilant toutes les versions existantes deDisease sort en parallèle avec un vidéoclip filmé au même endroit que la précédente édition alternative.
Périodique | Note |
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Clash[16] | 9/10 |
Evening Standard[17] | ![]() |
The Independent[18] | ![]() |
The Guardian[19] | ![]() |
Vidéo externe | |
![]() | Le clip deDisease surYouTube. |
Dirigé par la réalisatrice ukrainienne Tanu Muino (en) et filmé en partie dans unhôpital psychiatrique désaffecté àPasadena (Californie) pendant trois jours, levisuel accompagnantDisease est dévoilé le 30 octobre 2024 à2 h du matin, endouble programmation avec une performance scénique deDie with a Smile enregistrée auPark MGM deLas Vegas, pour coïncider avec la fête d’Halloween. Capturé au moyen d’unepellicule cinématographiqueKodak, il contient des séquences dansantes élaborées par la chorégraphe néo-zélandaiseParris Goebel et incorpore une multitude de pièces vestimentaires conçues par différents créateurs dont Peri Rosenzweig, Nick Royal,Charles de Vilmorin et la maisonComme des Garçons. Au préalable, une courtebande-annonce et unevidéokaraoké sont présentées le 22 et le 25 octobre 2024, respectivement. La première met en scène Lady Gaga, poursuivie par un mystérieux individu au volant d’une voiture dans un quartier résidentiel[28], tandis que la deuxième montre les paroles sur un ancien téléviseur qui multiple les problèmes de transmission à mesure que le rythme de la chanson s’intensifie.
Le fil conducteur du projet voit Gaga se confronter à différentes versions macabres et monstrueuses d’elle-même, une façon depersonnifier ses peurs les plus enfouies, alors qu’elle tente de reprendre contrôle dessus[29],[30]. Il s’agit en réalité d’une exploration du conflit interne et de la noirceur qui en découle, comme l’explique la chanteuse :
« Je réfléchis souvent à la relation que j’entretiens avec mes propres démons intérieurs. Il ne m’a jamais été facile d’admettre que le chaos et l’agitation m’attirent tout autant qu’ils m’oppressent et m’étouffent.
Disease vise à affronter cette peur, à me confronter à moi-même, à mes propres ténèbres, et à accepter que parfois, je ne peux ni vaincre ni fuir les parts de moi qui m’effraient. Je peux essayer de les ignorer, mais elles feront toujours partie de moi. Je peux courir sans relâche, mais tôt ou tard, je retrouverai cette facette de moi, même si ce n’est que pour un instant.
Je danse, je me métamorphose, je cours, je me purifie. Encore et encore, pour revenir toujours au même point. Cette pathologie est en quelque sorte magnifique, car elle m’appartient, et j’ai appris à la dompter. Je suis le chef d’orchestre de ma propre symphonie. Je suis chacun des acteurs dans les représentations qui forment mon art et ma vie. Aussi effrayantes soient les questions, les réponses sont en moi. Ce sont des parties essentielles et inextricables de moi qui me rendent unique. Je me sauve en continuant. Je me reconstruis, je suis forte et prête à affronter le défi[T 2]. »[31]
Fiche technique et crédits
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La vidéo commence dans la rue déserte d’un quartier résidentiel en plein jour. Une voiture blanche est immobilisée au centre de la chaussée et Gaga, les yeux rouges de sang, est au volant. Elle porte une longue robe en taffetas de soie noire, un masque avec fermeture éclair, des talons vertigineux et de longs ongles métalliques cloutés. Cette tenue rappelle lescostumes autrefois portés par lesmédecins de peste. Alors que la caméra recule, on la découvre également allongée sur le capot, interprétant le premier couplet avec le nez ensanglanté, vêtue d’une chemise de nuit fleurie. Une troisième version d’elle-même fait alors son apparition pour engager un combat violent avec la précédente. Contrastant avec ces scènes baignées de lumière, le deuxième refrain se déroule dans un lieu bien plus sombre, où la « véritable » Gaga, dissimulée dans l’ombre, assiste en spectatrice à une lutte entre deux autres personnalités vêtues de sous-vêtements blancs et couvertes de cicatrices. L’une d’elles est enchaînée à une barre de fer et marche au-dessus de l’autre. Durant le pont musical, l'extérieur initialement montré réapparaît, illustrant une étreinte entre la conductrice et une autre version de la chanteuse, portant une robe en maille dégradée, que la première rejette dans une mare de vomi noir. Celle-ci parvient à se libérer et continue sa fuite. La vidéo culmine sur un plan où cette dernière version est vue chantant et dansant entre deux maisons voisines dont les murs se referment lentement. Enfin, la version de Gaga précédemment cachée dans la pièce sombre quitte son refuge et rejoint la rue, avançant vers l’horizon[32],[33].
En France, la chaîneM6 Music le diffuse en journée avec une signaletique « Deconseillé aux moins de 10 ans » tandis queNRJ Hits le diffuse sans signalétique mais après 22h.
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Territoire | Date | Format | Version | Label | Source |
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![]() | Originale | Interscope | [34],[35] | ||
![]() | Radiodiffusion(spécialisationpop) | [87] | |||
![]() | Radiodiffusion(généraliste) | Universal | [88],[89] | ||
![]() |
| Alternative (The Antidote Live) | Interscope | [37],[36] | |
![]() | Radiodiffusion | Universal | [90] | ||
![]() |
| Alternative (The Poison Live) | Interscope |
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