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| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré | 1998-2000Daft House àParis |
| Durée | 60:50 |
| Genre | Nu-disco,house,French touch,dance,dance-rock,electro |
| Producteur | Daft Punk |
| Label | Daft Life Ltd,Virgin,EMI |
| Critique |
Albums deDaft Punk
Homework
(1997)Alive 1997
(2001)
Singles
Discovery est le deuxièmealbum studio du groupe françaisDaft Punk, publié le par le labelVirgin Records. Cet album marque un changement de style, passant de lahouse de Chicago de leur premier album,Homework paru en 1997, à un style plus fortement inspiré dudisco, dupost-disco, dugarage house et duR&B.Thomas Bangalter décritDiscovery comme une exploration des structures des chansons, des formes musicales et de la nostalgie de l'enfance, par rapport à la musique électronique « brute » deHomework.
Discovery est enregistré au domicile de Thomas Bangalter àParis entre 1998 et 2000. Il comporte de nombreuxsamples, soit créés par Daft Punk, soit repris de chansons plus anciennes. Les artistesRomanthony,Todd Edwards etDJ Sneak ont apporté leur collaboration à plusieurs titres de l'album. Pour lesclips, Daft Punk développe un concept mêlant lascience-fiction et l'industrie du divertissement. Inspiré par son amour d'enfance pour lesanime japonais, le duo collabore avecLeiji Matsumoto pour produireInterstella 5555: The Story of the Secret Star System, un film d'animation utilisantDiscovery comme bande originale.
En marge de la sortie deDiscovery, Daft Punk adopte des costumes de robot. Ils ont également lancé Daft Club, un site Web qui propose des morceaux exclusifs.Discovery atteint les sommets dans plusieurs classements internationaux lors de sa sortie. Les critiques ont félicité Daft Punk pour avoir innové dans la musique house comme ils l'avaient fait avecHomework. Six singles sont extraits de cet album :One More Time, celui ayant obtenu le plus de succès, est devenu un tube de club.Discovery est reconnu pour avoir influencé la production de lapop au cours des décennies suivantes. En 2020, le magazineRolling Stone l'inclut au236e rang de sa liste des 500 plus grands albums de tous les temps.
Après la sortie de leur premier albumHomework,Thomas Bangalter etGuy-Manuel de Homem-Christo passent la majeure partie de l'année 1997 en tournée dans le cadre deDaftendirektour[1],[2]. Pendant la première moitié de l'année 1998, chaque membre du duo se concentre sur sonlabel — Roulé pour Bangalter,Crydamoure pour Homem-Cristo — tout en travaillant sur la collection de vidéosD.A.F.T. : A Story About Dogs, Androids, Firemen and Tomatoes. En 1999 et 2000, leur temps est partagé entre la production de musique pour leurs propres labels et l'enregistrement deDiscovery[1]. Bangalter note queHomework, leur précédent album, a influencé de nombreux autres artistes à imiter leur son, incitant le duo à poursuivre vers une direction différente pour mieux se distinguer et ainsi se réinventer[3],[4].

Discovery est enregistré dans le propre studio du duo,Daft House, situé au domicile de Bangalter àParis[5],[6]. Le duo commence à travailler sur l'album en 1998, et le produit sur une période de deux ans[7],[8]. Bangalter et Homem-Christo composent aussi bien ensemble que séparément, un processus similaire à celui de leur premier albumHomework[1].
PourDiscovery, Daft Punk utilise différentséchantillonneurs etsynthétiseurs, notamment l'Akai MPC, l'E-mu SP-1200, l'Oberheim DMX ou laboîte à rythmesLinnDrum[1]. Pour les vocodeurs, le groupe utilise unRoland SVC-350, et unDigiTech Vocalist. L'album a bénéficié, pendant sa production, de l'utilisation d'unordinateur avecAuto-Tune et une première version deLogic[1]. Chaque piste deDiscovery utilise unphaser différent. L'album estmasterisé par Nilesh Patel[5], qui avait également masteriséHomework[9].
L'un des premiers titres issus des sessions de production pourDiscovery,One More Time, est achevé en 1998 et reste« sur une étagère » jusqu'à sa sortie ensingle en 2000. Après avoir terminéToo Long au début de la production de l'album, les Daft Punk décident de ne« pas faire 14 autres morceaux de house », et il est donc entrepris d'incorporer des styles variés pour le disque[10],[11]. L'album comporte les contributions musicales deRomanthony,Todd Edwards etDJ Sneak. Homem-Christo note que Romanthony et Edwards sont deux des producteurs qui ont eu une grande influence sur Daft Punk[1]. Le duo avait voulu travailler avec eux surHomework, mais avait eu du mal à les convaincre car les Daft Punk étaient encore relativement inconnus à l'époque. DJ Sneak écrit les paroles deDigital Love et participe à la production de la chanson[7],[12].
Discovery, pour« découverte » en anglais, est reconnu comme unalbum concept[13],[14],[15]. Il est fortement lié aux souvenirs d'enfance des Daft Punk, incorporant leur amour ducinéma et despersonnages de fiction[6]. Thomas Bangalter précise que l'album traite des expériences du duo qui a grandi dans la décennie entre 1975 et 1985, plutôt que d'être un simple hommage à la musiquedisco puispop de cette période[1],[15]. Le disque est conçu pour refléter une attitude ludique, honnête et ouverte d'esprit à l'écoute de la musique, notamment le disco, l'électro, lerock, leheavy metal et lamusique classique[6]. Bangalter le compare à l'état d'enfance où l'on ne juge ni n'analyse la musique. Il note également que l'approche stylistique de l'album est en contraste avec celle de leur précédent album :« Homework […] était une façon de dire aux enfants du rock, genre la musique électronique est cool.Discovery, c'était l'inverse, c'était dire aux gamins de l'électronique : Le rock, c'est cool, tu vois ? »[16],[a]. Il précise queHomework était« un truc brut »[b] axé sur la production et la texture du son, alors que le but deDiscovery était d'explorer les structures des chansons et les nouvelles formes musicales : pour Bangalter, l'un des aspects intéressants de lahouse est d'inspirer les musiciens à utiliser des instruments pour des choses pour lesquels ils n'ont pas été conçus. Ce changement de son leur a été notamment inspiré parWindowlicker d'Aphex Twin[10],[6].
Discovery s'éloigne des précédents sonshouse de Daft Punk[17]. Dans sa critique pourAllMusic, John Bush écrit que les Daft Punk ont produit un son« plus glamour et plus pop » d'Eurodisco et deR&B en sur-embellissant leurs effets depitch-bend et devocodeur, y compris des boucles de divas, de guitares synthétiques et depiano électrique[18]. Keith Gwillim, deStylus Magazine, affirme qu'il s'agit d'un albumdisco qui s'appuie sur les éléments« dansants » et« saphiques » du genre, notamment ses voix traitées et ses solos de guitare« préfabriqués »[19]. D'autres critiques qualifient également l'album depost-disco[19]. Thomas Bangalter justifie cet éloignement par rapport àHomework, qu'il considère comme la preuve d'une ouverture d'esprit sans laquelle la musique électronique serait menacée par l'immobilisme :« La musique que nous avons jouée jusqu’à présent n’est pas la seule que nous aimons. Nos goûts musicaux sont très vastes. Un premier album, c’est fatalement réducteur. Un trompettiste de jazz n’écoute pas forcément que de la trompette et que du jazz. Il y a plein de choses dans l’art et la musique que nous aimons beaucoup et dont nos disques n’ont pas encore tenu compte »[20],[21].

De façon générale,Discovery mêle des rythmes d'électro-pop, defunk et derock progressif inspirés de ceux de la fin des années 1970 et du début des années 1980[6].
Le morceau d'ouverture de l'album,One More Time, présente un chant fortement auto-accordé et compressé deRomanthony[1]. Le morceau suivant,Aerodynamic, avec ungroove funk, s'interrompt pour unsolo de guitare électrique, et se termine par un segment électronique plus « spacieux »[22]. Ce solo, qui contient desarpèges de guitare, a été comparé par le magazine américainPulse ! aux sonorités du guitariste suédoisYngwie Malmsteen[22].Digital Love contient un solo exécuté par le duo à l'aide d'unpiano Wurlitzer, de synthétiseurs vintage et de séquenceurs musicaux[22]; il incorpore des éléments de pop[23], denew wave, dejazz, defunk et dedisco.Harder, Better, Faster, Stronger, le quatrième titre de l'album est une chanson à tendance pop et électro[24],[25]. Elle est suivie deCrescendolls, un morceau purementinstrumental.Nightvision est unmorceau d'ambiance.Superheroes se rapproche du minimalisme acide deHomework[24].High Life est construit sur unéchantillon vocal, et contient une section d'orgue.Something About Us est une chansondowntempo, avec des voix traitées numériquement par Daft Punk et des rythmeslounge[24].
Voyager comporte des riffs de guitare, des synthés des années 1980 ressemblant à uneharpe, et uneligne de basse funky[26].Veridis Quo est une chanson baroque synthétisée « faux-orchestrale »[18]. Le titre du11e morceau de l'album,Veridis Quo, peut aussi être interprété comme l'homophone de « Very Disco » selon Angus Harrison deNoisey[26]. De même, il suffit de remettre les syllabes dans le bon ordre et on obtient « Discovery », le titre de l'album[25].Short Circuit est une chanson électro-R&B[27] avec desbreakbeats[28] et des motifs de batterie programmés[1].Face to Face est une chansondance-pop avec le chant de Todd Edwards, et est plus orientée pop que les autres morceaux deDiscovery[29],[27]. Dans le contexte de l'album, Bangalter note que le morceau précédent,Short Circuit représente l'acte de s'éteindre, et queFace to Face représente le fait de reprendre conscience et de faire face à la réalité[30].Too Long, le morceau conclusif de l'album, est une chanson électro-R&B de dix minutes au titre teinté d'auto-dérision[31],[25].
Une quantité importante d'échantillonnage est présente sur l'album. Plutôt que de créer une nouvelle musique en utilisant uniquement les échantillons, Daft Punk les travaille en écrivant et en interprétant des parties supplémentaires[32],[22]. Les notes de pochette deDiscovery précisent l'utilisation autorisée de samples pour quatre pistes de l'album : Une partie deI Love You More deGeorge Duke figure dansDigital Love ;Cola Bottle Baby d'Edwin Birdsong a été échantillonné pourHarder, Better, Faster, Stronger ; la chansonCan You Imagine desLittle Anthony and the Imperials est utilisée pourCrescendolls ;Who's Been Sleeping in My Bed deBarry Manilow est crédité pourSuperheroes[5]. En 2007 paraîtDiscovered: A Collection of Daft Funk Samples, un album réunissant les morceaux originels de ces échantillonnages[33],[34].
Il a été observé queOne More Time contient un échantillon de la chansonMore Spell on You d'Eddie Johns, bien qu'elle ne soit pas créditée dans les notes de pochette deDiscovery[35]. LeLos Angeles Times a confirmé ce fait après la séparation de Daft Punk et a découvert que Daft Punk payait des royalties pour l'échantillon deux fois par an au label GM Musipro[36].
Une communauté s'est formée sur Internet afin de rechercher les possibles échantillons utilisés par Daft Punk pour la conception de leurs morceaux présents sur cet album, commeBreak Down for Love du groupeTavares pourHigh live,Evil Woman d'Electric Light Orchestra pourFace to Face — pour laquelle Todd Edwards révèle l'utilisation de 70 samples —[37],The Ballad of Dorothy Parker dePrince pourShort Circuit,First Come, First Serve deRose Royce surToo Long,Get Down Saturday Night d'Oliver Cheatham surVoyager, ou encoreSupernature deCerrone pourVeridis Quo[4]. En 2000, Guy-Manuel de Homem-Christo prend contact avec Cerrone afin d'acquérir les droits pour sampler son morceau, une rencontre que ce dernier se remémore en 2020 :« Guyman est venu me voir, très gentil. Il souhaitait avec son duo acquérir les droits pour samplerSupernature. Nous étions respectueux de l’un et de l’autre, de manière très simple. Je garde un souvenir de quelqu’un de très modeste et de très gentil. J’étais surpris car il est venu avec un poster d'un concert que j’avais donné au début des années 1980 pour que je le lui dédicace »[38].
Cependant, Bangalter a déclaré que la moitié des échantillons qu'il avait vus répertoriés ne sont pas vrais. Il a également déclaré que l'échantillonnage qu'ils font est légitime, pas quelque chose qu'ils essaient de cacher[39]. Bangalter explique que les éléments nouvellement enregistrés ont été implémentés d'une manière qui équivalait à« créer de faux échantillons […] où les gens pensent qu'il y a des échantillons de disques disco ou de disques funk »[40],[c].
Sauf mention contraire, les crédits proviennent de la pochette du single sorti en[5] :
Interprètes[modifier |modifier le code]
| Équipe de production et artistique[modifier |modifier le code]
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| Image externe | |
| Pochette de l'albumDiscovery. | |
Daft Punk avait initialement prévu de sortir chaque chanson deDiscovery en tant que single, selon Orla Lee-Fisher, qui était responsable du marketing pourVirgin Records UK à l'époque, mais ce plan a finalement été mis de côté[41].One More Time sort en 2000, avant la sortie de l'album qui parait le[42], avec les singlesAerodynamic,Digital Love,Harder, Better, Faster, Stronger,Something About Us, etFace to Face lancés par la suite. La pochette de l'album est illustrée du logo Daft Punk réalisé en argent métallisé sur un fond noir[15],[6].
Peu de temps avant la sortie de l'album, le groupe lanceDaft Club, un site Web qui propose en téléchargement des morceaux inédits, desremixes et des extraits live[25]. Chaque CD deDiscovery comprenait une carte de membreDaft Club portant un numéro unique qui permettait un accès personnalisé au site Web[1]. Bangalter déclare que c'était« notre façon de récompenser les personnes qui achètent le CD ». Le service fourni par le site prend fin en 2003 ; la plupart des morceaux sont ensuite compilés dans l'album de remixesDaft Club[43].
Les Daft Punk adoptent des costumes de robots pour préparer la sortie deDiscovery. Ils font réaliser des casques sur mesure, dessinés par les graphistes français Alex & Martin, puis réalisés par Tony Gardner, qu'ils rencontrent dans la banlieue deLos Angeles en 1999. Ce dernier conseille les deux musiciens sur leur tenue vestimentaire, leur démarche, leur allure et leur attitude, afin de leur façonner une nouvelle identité, en fonction de leur personnalité respective. Le duo ont en tête des références cinématographiques, commeLe Jour où la Terre s'arrêta,Phantom of the Paradise ou encoreStar Wars, et souhaitent se mettre en scène dans un univers descience-fiction mêlant vaisseaux spatiaux et combats intergalactiques[44]. Thomas Bangalter arbore une combinaison de couleur argent et Guy-Manuel de Homem-Christo une combinaison cuivre irisé et or, avec le motDiscovery en rouge sur le casque au niveau des yeux[45]. Afin de communiquer, sur les conseils de Tony Gardner, Bangalter pré-enregistre des mots qui s'affichent sur un écran le moment voulu tandis que Homem-Cristo utilise des images et des symboles affichés sur un autre écran[46].
Le groupe déclare à la presse qu'il travaillait dans son studio à9 h 9 le, lorsque leur échantillonneur a explosé. Ils doivent alors subir une chirurgie réparatrice et, en reprenant conscience, ont réalisé qu'ils étaient devenus des robots. Ils racontent désormais avoir unepuce implantée dans lecerveau et vivre à Robot Ville, un endroit où ils peuvent vivre une vie normale et faire de la musique[47],[48],[1]. Le duo explique :« Avec les casques de robots nous trouvons nos têtes plus belles que nos têtes humaines. Les robots sont beaucoup plus amusants que nous sur la couverture des magazines. Quelle est la part de calcul et celle de la pudeur ? Impossible de répondre. On est prêts à donner beaucoup de choses, beaucoup de nous, mais en musique, sans nécessairement payer de notre personne »[49]. Cette date symbolique est vue comme une référence àRevolution 909, le cinquième et dernier single extrait deHomework, peut-être aussi àRevolution 9, un assemblage expérimental de bandes sonores desBeatles réalisé en 1968, où une voix répète« number nine, number nine ». Enfin, ennumérologie, lechiffre 9 désigne l'altruisme, la compassion, l'élévation des consciences[46].

Les Daft Punk conçoivent leur création comme un« univers global » qui inclut la musique, leur amour du cinéma, de leurs personnages et le plaisir qu'apporte la création en général. Cette approche comprend la conception de leurs chansons, de leursclips et de leurs pochettes[50]. Les idées pour les vidéoclips de l'album se forment pendant les premières sessions d'enregistrement deDiscovery en 1999[43]. L'album devait à l'origine être accompagné d'« un film d'action en direct, chaque chanson faisant partie du film », selonTodd Edwards. Les Daft Punk évoquent l'idée d'unopéra rock à laWho et souhaitent en confier la réalisation àSpike Jonze, qui est à l'origine du clip deFresh, mais celui-ci réalise alorsDans la peau de John Malkovich[51].
Le groupe décide alors de se concentrer sur la production d'unanime[41]. Le concept de Daft Punk pour le film impliquait la fusion de lascience-fiction et de l'esthétique dumanga avec la culture de l'industrie du divertissement. Les membres du duo se souviennent avoir regardé desanime japonais lorsqu'ils étaient enfants, notammentAlbator,Goldorak etCandy Candy, dans l'émissionRécré A2, et sont sensibles à l'univers du filmPhantom of the Paradise, réalisé parBrian De Palma[52],[53]. Ces idées sont développées avec le réalisateur Cédric Hervet. Tous trois ont apporté l'album et l'histoire terminée à Tokyo dans l'espoir de créer le film avec leur héros d'enfance,Leiji Matsumoto, le créateur Albator[52],[50].
Après que Matsumoto a rejoint l'équipe en tant que superviseur visuel, Shinji Shimizu est contacté pour produire l'animation et Kazuhisa Takenouchi pour réaliser le film. Avec la coordination de la traduction de Tamiyuki « Spike » Sugiyama, la production commence en octobre 2000 et se termine en avril 2003, pour un coût estimé à4 millions de dollars, soit la totalité des recettes engendrées parHomework etDiscovery[52],[50],[51]. Les Daft Punk souhaitaient la réalisation d'un seul film d'animation mettant bout à bout tous les titres de l'album, mais pour des raisons commerciales, les chaînes musicales ne diffusent que trois clips. Le film sort en salles en mai 2003 en marge d'une présentation aufestival de Cannes[54].
Le résultat de cette collaboration est le film d'animationInterstella 5555: The Story of the Secret Star System, hommage à Albator, De Palma et, par sa thématiquespace opera, à2001, l'Odyssée de l'espace deStanley Kubrick, dont labande-son est constituée de l'intégralité des morceaux deDiscovery[52]. Le film s'axe principalement sur les thématiques de l'industrie du disque et dushow business[55],[56], en particulier l'exploitation et l'aliénation qu'ils peuvent engendrer[57]. Coloré et d'apparence naïve, il met en correspondance deux univers artistiques : celui des Daft Punk, en quête d'universalisme — faire danser la Terre entière —, de recherche du bonheur, de justice et de vérité, tout en rendant hommage à l'esthétisme nippon ; et celui de Matsumoto, inspiré par son séjour à Paris en 1955, où il visite lemusée du Louvre, s'inspire de l'univers de la chevalerie et du filmMarianne de ma jeunesse, l'œuvre deJulien Duvivier[58].
Le film raconte l'enlèvement d'un groupe de rock extraterrestre composé de quatre musiciens, Arpegius, Baryl, Oscar et Stella. Sur la planète du Peuple Bleu auquel ils appartiennent,One More Time est un immense tube. Earl de Darkwood, leur manager, les faits kidnapper pour tirer profit de leur gloire. Néanmoins intervient un super-héros, Shep, qui se déplace dans l'espace à bord d’un vaisseau en forme de guitare[59].
| Site | Note |
|---|---|
| Metacritic | (74/100)[60] |
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic | |
| Billboard | (90/100)[62] |
| Entertainment Weekly | (B)[63] |
| Stylus Magazine | (B+)[64] |
| New Musical Express | (9/10)[65] |
| Spin | (8/10)[66] |
| Pitchfork | (6.4/10)[67] |
| Q | |
| Rolling Stone | |
| Vibe | |
| Mixmag |
SurMetacritic,Discovery obtient une note moyenne de74⁄100, basée sur 19 critiques issues de la presse spécialisée[60]. John Bush, pour le site spécialiséAllMusic, estime queDiscovery est un album« bourré d'excellentes productions et de nombreux clins d'œil obligatoires aux rythmes préférés du duo des années 1970 et 1980. Abandonnant l'hystérieacid house hurlante de leurs premiers travaux, l'album évolue dans les mêmes cercles disco filtrés et doux que les succès dance européens (Music Sounds Better with You etGym Tonic qui ont été coproduits par Thomas Bangalter ». Bush juge que le duo« réalise un son digne des techniciens électro-pop d'antan, deGiorgio Moroder àTodd Rundgren en passant parSteve Miller. Daft Punk sont des producteurs si stellaires et méticuleux qu'ils font fonctionner n'importe quel son »[61].
Le magazine musical britanniqueQ écrit queDiscovery se montre vigoureux et innovant dans son exploration de« vieilles questions et d'idéaux dépassés », saluant l'album comme« un tour de force imposant et convaincant » qui« transcende l'étiquette de danse » sans manquer d'idées, d'humour ou de« brillance »[62].Q classeDiscovery comme étant l'un des 50 meilleurs albums de l'année 2001[71]. Alexis Bernier, pourLibération, estime que« s'amuser » est le maître-mot des Daft Punk,« sans se préoccuper de savoir qui d'autre cela fera rigoler ». Tentant d'imaginer la variété musicale du nouveau millénaire,« Paradoxalement, en guise de futurisme,Discovery est un album souvent régressif, qui revisite avec brio la musique de l'enfance, en l'occurrence pour les Daft celle des années 1980 »[72].
Joshua Clover, journaliste pour le trimestriel américainSpin, qualifie le disco de« dernier triomphe » deDiscovery. Il estime que même si le disque« faiblit un peu » vers la fin, les chansons d'ouverture sont à égalité avec des albums tels queSign o' the Times dePrince (1987) etNevermind de Nirvana (1991)[66]. Le mensuel britanniqueMixmag qualifieDiscovery de« l'album pop non pop parfait » et déclare que Daft Punk a« modifié le cours de ladance pour la deuxième fois »[70].
Stephen Dalton, pour l'hebdomadaire britanniqueNME, trouve les idéespop art passionnantes et honore Daft Punk pour« avoir réinventé le milieu des années 80 comme l'ère pop la plus cool de tous les temps »[65]. DansEntertainment Weekly, Will Hermes écrit que« le montage des rythmes et la magie de l'égalisation impressionnent toujours », mais demande à Daft Punk« moins de comédie, plus d'extase ». Dalton applaudit :« C'est un enregistrement si léché, intense et éclatant d'idéespop art qu'il pourrait presque entrer à laTate Modern. La mission du duo parisien de reproduire et de célébrer les joies un peu ringardes de la disco-pop des années 80 est si obsessionnelle qu'ils sont devenus les cousins musicaux deJeff Koons, l'artiste über-kitsch qui gonfle avec amour des ornements inutiles à des dimensions immenses, les rendant ainsi étrangement beaux et réduisant à néant la tyrannie bourgeoisie du bon goût. Prétentieux ? Pas vraiment, juste français »[63],[73],[15].
Ben Ratliff, pour le bimensuel américainRolling Stone écrit que peu de chansons deDiscovery« tiennent la promesse deOne More Time ». Il trouve la plupart d'entre elles« confuses, non seulement dans le spectre entre sérieux et plaisanterie, mais aussi dans son sens d'identité »[68]. DansThe Guardian, Alexis Petridis estime que la tentative de Daft Punk de« sauver » d'anciennes références musicales ressemble àHomework, mais est moins cohérente et réussie[74]. Ryan Schreiber, critique pourPitchfork, trouve l'hybride« prog et disco […] relativement inoffensif » et dit que l'album n'est pas« censé être jugé sur ses paroles », qu'il estime banales[67]. Robert Christgau, pour l'hebdomadaire américainThe Village Voice, écrit facétieusement que l'album peut plaire aux jeunes amateurs de techno berlinoise et d'informatique, mais qu'il est trop« français » et« spirituel » pour les goûts américains[75].
L'album, en termes de ventes, a atteint la deuxième place au Royaume-Uni[76] et en France[77] et la23e place aux États-Unis[78]. L'album a également débuté à la deuxième place duCanadian Albums Chart, avec 13 850 exemplaires vendus dans le pays au cours de sa première semaine. Deux semaines après sa sortie,Virgin Records annonce queDiscovery s'est écoulé à 1,3 million d'exemplaires[79]. L'album a été certifié triple platine en France (en 2007) avec plus de 600 000 exemplaires vendus[80],[20]. Grâce à ses ventes,Discovery est certifié disque d'or par laRecording Industry Association of America (RIAA) le[81].
En mai 2013, l'album s'était vendu à 802 000 exemplaires aux États-Unis[82]. Le single phare de l'album,One More Time, a été son plus grand succès, atteignant la première place des charts français[83] et du BillboardHot Dance Club Songs. Le single a également culminé dans le top 10 de sept autres charts. Il est resté le single le plus populaire du groupe jusqu'à la sortie deGet Lucky en 2013. Le cinquième single de l'album,Face to Face, a atteint la première place du classementBillboard Hot Dance Club Songs en 2004.Discovery s'est vendu au total à 2,8 millions d'exemplaires[84],[20].
Daft Punk obtient deux nominations à la44e édition desGrammy Awards en[25].One More Time est nommé dans lacatégorie du meilleur enregistrement dance etShort Circuit est nommé dans celle de la meilleure prestation pop instrumentale, maisAll for you deJanet Jackson etReptile d'Eric Clapton remportent respectivement ces récompenses[85].
En2003, deux ans après la parution de l'album original, le groupe sort une compilation de remixes officiels :Daft Club. Ceux-ci était présents sur le site du même nom lancé à la sortie deDiscovery[43]. Y sont présents un remix de tous les morceaux sauf cinq[d] et inclut notamment les réinterprétations parThe Neptunes,Basement Jaxx,Demon ouGonzales mais également des artistes originaux : Daft Punk eux-mêmes etRomanthony[86].
En2007, dans le cadre de leur tournéeAlive, de nombreux morceaux de l'album sont réutilisés et remaniés par le groupe. Faisant essentiellement dumashup de leurs titres[87], Daft Punk assemble et remixe en direct une grande partie de l'albumDiscovery avec leurs productions d'Homework,Human After All et même quelques morceaux en dehors de la discographie du groupe[88],[89]. Un des concerts donnés sera enregistré et sorti en CD. Le morceauAround the World / Harder, Better, Faster, Stronger sera même décliné en single[90].
Outre ces morceaux officiels, l'album continue d'être remixé par d'autres artistes après la sortie deDaft Club.Harder, Better, Faster, Stronger est ainsi repris parPhilippe Uminski en 2004[91], remixé parDiplo en 2008[92] et parDillon Francis en 2014[93]. En 2013, le groupePentatonix rend hommage à Daft Punk en réinterprétanta cappella une partie de leur discographie, dont trois des titres deDiscovery :One More Time,Harder, Better, Faster, Stronger etDigital Love[94].Overwerk fait de même en 2016 où il inclut et remixe de nombreux morceaux de l'album dans un hommage au groupe[95]. On compte également des remixes n'ayant jamais été publiés,Harder, Better, Faster, Stronger parDeadmau5 en 2007[96],One More Time parSébastien Léger en 2009[97] ou parZedd en 2015 qui précise d'ailleurs qu'il n'a jamais eu l'autorisation du groupe de le sortir[98].
La chansonHarder, Better, Faster, Stronger a fait l'objet de deux réappropriations surYouTube en 2007, l'une intituléeDaft Hands, dans laquelle Austin Hall mime avec ses doigts l'ensemble des paroles[99]. Sa vidéo est visionnée 68 millions de fois et lui a permis d'être invité dans l'émissionThe Ellen DeGeneres Show. L'autre, intituléeDaft Bodies, montre deux jeunes filles en sous-vêtements et portant un casque, danser au rythme de cette chanson[100].
Plusieurs artistes ontéchantillonnéDiscovery. Lesingle deKanye WestStronger, paru en 2007, contient un sample deHarder, Better, Faster, Stronger. Daft Punk interprèteStronger avec Kanye West auxGrammy Awards 2008[101]. La chansonSummertime deWiley, en 2008, contient un échantillon deAerodynamic[102] etMadeon inclut le morceau dans son titrePop Culture en 2011[103].Veridis Quo est samplé dansDream Big, le single deJazmine Sullivan, paru en 2009, et dans la chansonCoco Loco deMaluma en 2023[104],[105].One More Time est également échantillonné en 2022 dans le singleCirco Loco deDrake et21 Savage[106].
En 2020, Alexis Petridis reconsidère sa critique parue dansThe Guardian, analysant l'influence deDiscovery sur la production de lamusique pop au cours des années suivantes. Il écrit :« Daft Punk était incroyablement prémonitoire : jouezDiscovery aujourd'hui et cela sonne tout à fait contemporain. Ma critique, en revanche, n'a pas si bien vieilli »[107],[e]. En 2021,Pitchfork inclutDiscovery dans sa liste de notes de critiques qu'ils« changeraient s'ils le pouvaient », augmentant sa note de 6,4 à 10 sur 10. Noah Yoo écrit :« Si les notes sont censées indiquer la longévité ou l'impact d'une œuvre, la critique originale est invalidée avec le recul historique. Le deuxième album de Daft Punk,Discovery, est la pièce maîtresse de leur carrière, un album qui a transcendé les racinesclub des robots et a résonné à travers les décennies qui ont suivi »[108],[f].
En 2005,Pitchfork classeDiscovery au douzième rang des 100 meilleurs albums de la période 2000-2004[109]. Le même média le nomme troisième meilleur album des années 2000 ; le douzième meilleur selonRhapsody et le quatrième meilleur d'aprèsResident Advisor[110],[111],[112]. En 2012, le magazineRolling Stone classeDiscovery au huitième rang des trente meilleurs albums d'electro et l'inclut au236e rang de sa liste des « 500 plus grands albums de tous les temps » en 2020[113],[114]. En 2023, le magazine britanniqueGQ considèreDiscovery comme le sixième meilleur album électronique de tous les temps[115]. En 2024,Apple Music classeDiscovery à la23e place de sa liste des « 100 meilleurs albums »[116].
Certains titres de l'album sont par ailleurs inclus dans des classements qui leur sont propres.One More Time est ainsi reconnu parmi les meilleures chansons desannées 2000,5e selonPitchfork[117],33e selonRolling Stone[118], qui le classe également307e detous les temps en 2010. Il est également désigné meilleur titredance parMixmag[119], et meilleur morceau deFrench touch parThe Guardian[120].Harder, Better, Faster, Stronger est reconnue139e meilleure chanson desannées 2000 parPitchfork[117].
Discovery, par son éclectisme, a inspiré plusieurs groupes électro français et étrangers.Pedro Winter, patron du labelEd Banger Records et ancien manager des Daft Punk, explique :« Tous les artistes que je signe les réclament en influence, comme ils citentPrince etSuicide. Leur attitude par rapport aux médias, on peut en rigoler, mais musicalement, ils demeurent une influence. Ils ont donné envie aux producteurs d'écrire des morceaux très différents, de ne pas s'enfermer dans un genre, d'être libres ». Winter citeWaters of Nazareth etD.A.N.C.E., deux titres très différents composés parJustice, pour expliquer l'influence deDiscovery sur ce groupe[121].
Le groupe belgeSoulwax estime que les Daft Punk ont démocratisé ladance :« Les Daft font partie de ces artistes qui transcendent leur genre. Quand on parle deBob Marley, on ne pense pas qu'aureggae, et quand on cite lesBeatles, on ne pense pas qu'à lapop. Ce que les Daft ont fait avec la dance, c'est introduire cette musique de Chicago dans d'autres cercles, comme avecStardust et leurMusic Sounds Better with You. Ils ont fait passer une musique d'initiés dans le grand public, tout en restant anonymes. Les Daft sont devenus la norme en matière dedance music exigeante, fun et commerciale. C'est une attitude qu'on aime en général dans la musique, mais aussi dans l'art, faire quelque chose de populiste et pas populaire »[122]. Cette analyse est notamment partagée parPharrell Williams[123] ou Ben Cardew, qui a écrit un livre sur l'album[124]. Ce dernier précise que ce fut particulièrement le cas aux États-Unis, notamment en raison de son côtésoft rock[125].
L'album est cité par certains comme leur premier intérêt pour la musique électronique, commeAvicii[125],Zedd[126],Baauer ouA-Trak :« Je n’écoutais pas beaucoup de musique électronique à l’époque, et je pense que, jusqu’alors, la plupart des albums de ce genre étaient fermés sur eux-mêmes et les règles de leur genre. J'étais impressionné… L’album était explosif, euphorique, et plein d’imagination »[127],[g]. De nombreux autres citentDiscovery — et Daft Punk d'une manière générale — comme une influence majeure dans leur carrière, à l'instar deDisclosure[128],Alison Wonderland[126],Porter Robinson[129],Ratatat,Skrillex,Madeon ou encoreTame Impala[127].
Toutes les chansons sont écrites et composées parThomas Bangalter etGuy-Manuel de Homem-Christo.
| No | Titre | Auteur | Chant | Durée | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1. | One More Time | Bangalter, de Homem-Christo,Anthony Moore | Romanthony | 5:20 | |||||
| 2. | Aerodynamic | 3:27 | |||||||
| 3. | Digital Love | Bangalter, de Homem-Christo,DJ Sneak,George Duke | Daft Punk | 4:58 | |||||
| 4. | Harder, Better, Faster, Stronger | Bangalter, de Homem-Christo,Edwin Birdsong | Daft Punk | 3:45 | |||||
| 5. | Crescendolls | Bangalter, de Homem-Christo, Dwight Brewster, Aleta Jennings | 3:31 | ||||||
| 6. | Nightvision | 1:44 | |||||||
| 7. | Superheroes | Bangalter, de Homem-Christo,Barry Manilow, Marty Panzer | 3:57 | ||||||
| 8. | High Life | 3:22 | |||||||
| 9. | Something About Us | Daft Punk | 3:51 | ||||||
| 10. | Voyager | 3:47 | |||||||
| 11. | Veridis Quo | 5:44 | |||||||
| 12. | Short Circuit | 3:26 | |||||||
| 13. | Face to Face | Bangalter, de Homem-Christo, Todd Edwards | Todd Edwards | 3:58 | |||||
| 14. | Too Long | Bangalter, de Homem-Christo, Anthony Moore | Romanthony | 10:00 | |||||
| 60:50 | |||||||||
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| Liste des titres | |
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| Albums studio etsingles |
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