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Discothèque

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Pour les articles homonymes, voirDiscothèque (chanson),Night Club etBoîte.

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« Boîte de nuit » redirige ici. Pour le film, voirBoîte de nuit (film).

Vue de la piste de danse du Side Show en 2013, une discothèque située auCap (Afrique du Sud).

Unediscothèque — appelée aussiboîte de nuit (abrégé enboîte) ounightclub (abrégé enclub) — est un établissement de loisirs musical et dansant privé, généralementnocturne et réservé aux personnesmajeures.

Apparue dans lesannées 1960 et donnant naissance à de multiplessous-cultures, la discothèque se distingue généralement du simpledébit de boissons par la présence en plus d'un bar d'une ou plusieurs pistes dedanse et d'une cabine réservée auDJ permettant demixer un set en direct un ou plusieurs styles de musique par le biais d'un puissant système desonorisation, en lien avec une scénographiemultimédia (audiovisuelle et lumière) parfois associée à des effets spéciaux (machines fumigènesetc.).

Une discothèque peut également faire office desalle de concert. Lieu privé, elle dispose d'un service de sécurité qui en filtre l'accès. La plupart des discothèques répondent à desgenres musicaux spécifiques et ciblent certaines communautés, ou en dédient certains soirs à un thème musical particulier. Selon l'importance de l'établissement, plusieurs genres musicaux peuvent être diffusés simultanément sur des pistes de danse séparées (disco,rocketc.).

Étymologie

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Article détaillé :Sonothèque.

Le mot « discothèque » est attesté en français dès 1928, et signifie à cette époque un espace ou un meuble situé dans la maison où l'on range desdisques microsillons. L'établissement ou le local où l'on peut danser s'appelle un « dancing » dès les années 1920. Dans lesannées 1950, le mot discothèque englobe à la fois le meuble, mais aussi une boutique où l'on peut écouter des disques avant de les acheter, ainsi qu'un établissement de prêts de disques, un local au sein d'unestation de radio où sont rangés les disques, et, enfin, une boîte de nuit (1958). Cette dernière occurrence tend à s'imposer à partir des années 1970, en concurrence avec les anglicismesdancing etnightclub[1].

Histoire

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Articles détaillés :Bal,cabaret,guinguette etmusic-hall.

Prémices

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Toulouse-Lautrec,Au Bal du Moulin de la Galette (1889),Art Institute of Chicago.

En Europe, avant 1914, les lieux nocturnes réservés à la musique dansante sont codifiés à la fois par les mœurs, les usages, les coutumes et la législation. La séparation entre les sexes est telle qu'une femme ne peut entrer non accompagnée dans uncabaret, unmusic-hall ou uncafé-concert.On y sert[style à revoir] de la nourriture,on y est[style à revoir] placé, il y a une scène réservée aux musiciens et aux artistes performeurs pour les attractions, et enfin une piste de danse située entre les tables. L'entrée donne droit à un jeton. Ces lieux étaient très surveillés par des informateurs de police (vol,recel, prostitution,trafic de stupéfiants, etc.)[2]. L'une des plus anciennes salles de cette époque encore en activité estla Scala (Paris), ouverte en 1874.

AuxÉtats-Unis, entre 1900 et 1920, les ouvriers américains se réunissaient dans leshonky tonks ou lesjuke joints pour danser sur la musique qui était jouée soit aupiano ou par unjuke-box. LeWebster Hall situé àManhattan, toujours actif, est ouvert en 1886, d'abord comme lieu de socialisation, où sont organisés des soirées dansantes à thème, des bals de débutantes, des rencontres sportives et des réunions politiques. Pendant laprohibition américaine, lesspeakeasies, tels le21 Club, situés au sous-sol d'établissements respectables, constituent des lieux de plaisirs clandestins particulièrement prisés. Avec l'abrogation de la prohibition en, ils évoluent en dancings, par exemple à New York, leStork Club (1921),El Morocco (1931) ou encore leCopacabana (1940), accueillant desbig bands. ÀHarlem, leCotton Club et le Connie's Inn sont d'anciens lieux très connus avec leur clientèle composée principalement de blancs.

Situé dans les sous-sols du Grunewald Hotel àLa Nouvelle-Orléans, ouvert en 1912, The Cave est considéré comme le premier nightclub américain.
Paris la nuit, dans un dancing de Montmartre, gravure deManuel Orazi, 1927.

Dans le Paris de l'entre-deux-guerres, la mode est d'abord aux dancings, irrigués par la musique américainejazz Nouvelle-Orléans etcharleston, etargentine, grâce à la vogue dutango. Des lieux ouvrent, appelés « boîtes de nuit », proposant restauration, concert et piste de danse, tels queLe Bœuf sur le toit, Le Grand Écart, d'autres évoluent commeMaxim's qui possède un premier étage dansant[3]. Dans les années 1930, la mode revient aux bals-guinguettes, le plus célèbre reste leBalajo, situérue de Lappe, mais on trouve aussi la Java, le dancing deLa Coupole, plus corseté, ou encoreLe Palace, ancien cinéma reconverti en music-hall àrevues, déclinant des thèmes où la clientèle devait venir déguisé[4]. Après guerre, les caveaux parisiens s'ouvrent aujazz dansant, celui dela Huchette est le plus ancien. Le terme « boîte de nuit » est utilisé dès les années 1930 par la presse parisienne.

Pour Peter Shapiro, auteur deTurn the Beat Around, les origines duclubbing contemporain remontent aux soirées clandestines organisées par laSwingjugendberlinoise et lesZazous parisiens dans les années 1941-1944 :« L’idée fondamentale de la discothèque, c’est un deejay jouant une suite spécifique de disques (et pas seulement ce qui est populaire) face à un public ciblé, ce qui était justement le cas chez ces jeunes gens, épris de jazz et de musique noire, habillés de façon capricieuse et exubérante, et qui se rassemblaient de façon clandestine pour écouter, autour d'ungramophone, les plus beaux vinyles swing qu’ils étaient parvenus à sauver de la barbarie nazie »[5].

Arrivée du disc jockey

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Article détaillé :Disc jockey.

Dans lesannées 1950 et même quelques années après, la plupart des bars et des clubs privés utilisaient desjuke-boxes ou faisaient chanter en direct desgroupes. EnAngleterre, dès 1946, des bals itinérants circulent à travers le pays et font danser les gens à partir de disques, de platines et de haut-parleurs.

En 1953, alors qu'elle travaillait au Whisky à Gogo àParis,Régine décide de peindre les lumières de toutes les couleurs, de les animer à la main, et de remplacer lejuke-box par un doubletourne-disque pouvant diffuser la musique de façon ininterrompue, et surtout sous son contrôle[6]. Régine a une prédilection pour lecha-cha-cha[7]. Le premier club officiel de l’histoire méconnue de la discothèque est en effet le Whisky à Gogo de Paris, fondé par Paul Pacini en 1947[6], suivi parChez Castel, qui parviennent alors à réunir une faune interlope, entre célébrités, créatures inverties, fêtards sans le sou et figures de la nuit[8].

De 1956 à 1962, Lucien Leibovitz, sans doute l’un des premiersdisc jockey ou « disquaire », mot employé à cette époque, est résident au Whisky à Gogo situé àCannes également ouvert par Pacini :« Lucien était ce que l’on nommait alors un « opérateur ». Le disc-jockey n’avait pas de statut. Il était habillé en blouse blanche avec un éclair sur la pochette marqué « opérateur » et son rôle était de passer des disques dans le club, qui était le premier night-club en France à utiliser le disque en remplacement d’un orchestre. Déjà, à cette époque, il disposait de deux platines [équipées d'uninverseur] et faisait des enchaînements entre les morceaux, si possible en gardant le même rythme »[8].

Explosion de la culture jeune

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Mayfair Ballroom and Concert Hall ouvert en 1961 àNewcastle upon Tyne,Royaume-Uni.

Lagénération qui a 20 ans en 1960, vivant dans les centres urbains ou dans les périphéries, et qui a accès à la télévision et à la radio, va revendiquer son droit à des loisirs émancipateurs : le tournant s'observe lors des concerts, où, face à la scène sur laquelle joue des groupes de rock, le jeune public, au lieu de rester sagement assis, se lève, gesticule, crie, entre en transe. La télévision montre ces images, et les médias qualifie cette jeunesse deyéyés, puis deux nouvelles danses apparaissent, letwist et lejerk, premières formes de danse en solitaire, qui s'imposent au cours de la décennie suivante. En attendant, à New York, l'arrivée et le succès du twist accompagne l’émergence de la scène club qui, peu à peu, remplace les clubs jazz de la ville, comme principaux lieux de danse[9]. Fin 1964, l'émission américaineAmerican Bandstand qui programmait depuis 1957 des jeunes gens dansant sur de la musique rock en couple, s'ouvre à des compositions dansées en solo. En janvier 1965, la chaîne nationale américaineNBC lanceHullabaloo, une émission programmée l'après-midi, qui met en scène dans son générique des jeunes filles de toutes origines gesticulant et, pendant les lives, des filles postées sur des estrades, pratiquant lego-go dancing. La chaîne nationale française avecÂge tendre et tête de bois et la chaîne britanniqueBBC avecTop of the Pops, ouvrent également leurs antennes à des groupes de musiciens entourés de jeunes gens dansant[10].

À Paris, les salles de concert s'adaptent à ce besoin de liberté : en 1961, leGolf-Drouot, un ancienminigolf en salle, se reconvertit en salle de concert avec piste de danse centrale. Le 30 septembre 1965, James Arch ouvre leBus Palladium à Paris, une discothèque rock ouverte à tous[11].

En juin 1966, ouvre àSaint-Tropez, le Voom Voom club, grâce de nouveau à Pacini, qui fait appel pour une scénographie son et lumière novatrice àNicolas Schöffer, prend en résidence des disc-jockeys, et accueille des groupes de rock, surtout britanniques[10].

Ailleurs qu'en France, vers 1963, àLondres,Mark Birley (en), frère dumannequin fémininMaxime de la Falaise, ouvre une discothèque réservée uniquement à ses membres, leAnnabel's (en) surBerkeley Square[12]. Le twist a par ailleurs été important en Europe car il a aidé le rock’n’roll à pénétrer le grand public, quelque temps après avoir été adopté par lajet set, notamment dans les clubs sélect et prétentieux de Paris ou de Rome[9]. Une autre discothèque populaire ouvre àMunich en 1967, le Blow Up, ciblant une clientèle jeune désireuse de danser, lieu moins sélect qui fait bientôt fureur dans tout le pays[13]. À Paris, la première véritable discothèque populaire ouvre en 1969,boulevard de Bonne-Nouvelle, c'est Le Memphis, anciennement le Miami dancing, c'est un espace ouvert à tous, qui n'a rien à voir avec un club privé ou une salle de concert, on y vient pour danser jusqu'à 5 heures du matin[14]. Cependant, la première générationrock 'n' roll préférait les bars et tavernes à la fois rustiques et rudimentaires aux discothèques, et ces dernières n'atteignirent pas de popularité flagrante avant lesannées 1970 et l'émergence dudisco.

Fièvre des années 1970

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Jeunes gens dans une discothèque d'Allemagne de l'Est (1977), par Eugen Nosko (Deutsche Fotothek).

Pendant une courte période, au tout début desannées 1970, par les échanges entre les communautés venues deJamaïque et celles implantées àChicago etNew York, les principaux éléments modernes de la « culture dance » sont inventés : leDJing, lescratching, leremix, ledub, lemaxi single[9]. En, l'émissionSoul Train devient nationale et connaît un succès au-delà des communautés afro-américaines. Ladisco émerge de ce terreau, c'est au départ unesous-culture, très liée aux communautésgay,hispaniques,afroaméricaines,italoaméricaineetc., lesquelles vont se rencontrer sur le dancefloor, sans craindre d'être conspuées[15]. De son côté,DJ Kool Herc organise le 11 août 1973 en tant queMC unejam session dans une salle de loisirs sur Sedgwick Avenue en pleinBronx : breaking, scratching,breakdancing,rap, c'est le début historique de la culturehip-hop[16]. La disco est née àManhattan à une époque où la ville est ruinée, presque à l'abandon, avec des DJ commeDavid Mancuso et ses soiréesLove Saves the Day àThe Loft,Nicky Siano (en) à The Gallery,Frankie Knuckles auContinental Baths (en). D'autres DJ comme Francis Grasso invente lecalage tempo, Michael Cappello et Steve D'Acquisto exécutent des mixes de plusieurs dizaines de minutes. En 1974, Mancuso, Grasso, Knuckles, et une trentaine de DJ de la Côte est décident de constituer unmusic pool (en) : il s'agit d'un accord avec les studios et éditeurs de musique, qui leur envoient des morceaux en priorité. En retour, ces DJ s'engagent à faire graver leurs mixes, tandis que les stations radios prennent le relais. Venu duBronx, Knuckles mixe également au Loft, où il ramène son amiLarry Levan. La disco se démocratise intensément, et touche bientôt toutes les communautés.La Fièvre du samedi soir (1977), et son double-album du même nom (Saturday Night Fever) symbolise un phénomène devenu planétaire et en même temps le début de son déclin[17].

EnEurope, les boîtes de nuit se multiplient. En 1973, àIbiza, largement colonisé par les communautéshippies marquées par lepsychédélisme, une ferme est transformée ensuperclub par un entrepreneur espagnol, Ricardo Urgell : lePacha Club devient le premier d'une longue série. Le Chalet du lac deSaint-Mandé devient la plus grosse discothèque de France en 1975, décorée parPhilippe Starck. 1976-1977 représente un tournant pour les superclubs et ce qui préfigure lahouse music et lagarage house : ouverture duParadise Garage et duStudio 54 à New York, duWarehouse à Chicago (où officient Knuckles etRon Hardy), duPalace à Paris, de la Main bleue àMontreuil animée au départ par les communautés afro-antillaises. La dance, élaborée par les DJ, devient un véritable business. Le rythme s'accélère sous l'impulsion de machines de plus en plus performantes. Les morceaux se nourrissent alors de multiples influences grâce ausampling : soul,funk, rythmes latino, rock, musique électronique[17]...

Années 1980–1990

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C’est l’époque pendant laquelle le disco s'en retourne vers l’underground. Le disco fusionnr notamment avec lepunk rock, autre grand paria de la même époque, grâce à des groupes commeNew Order,Talking Heads ouGang of Four. Et puis, comme la mode du disco est définitivement révolue, le genre mute sous différentes formes, comme la house ou latechno, sans être enfermé dans des règles de genre trop restrictives[9]. L'ouverture du clubThe Haçienda àManchester en 1982 symbolise cette première tentative de fusion, en même temps qu'elle est une réponse de l'Europe à New York et aux superclubs américains[18].

Dans les années 1990, leclubbing ne connaît plus de frontières et devient la proie d'entreprises multinationales :Ministry of Sound (Londres) ouvre différents lieux, d'abord àSydney puisBerlin, déclinant sa formule. À Paris, ouvreLe Queen sur lesChamps-Élysées ; à Tokyo, ouvre leJuliana's (en) ; àLiverpool, le Cream ; ou encore àIbiza, le Pacha 2. LeBunker de Berlin devient l'un des temples de latechno hardcore.

En France, la premièrefree partyteknival se tient àBeauvais en 1993.

Évolutions depuis les années 2000

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DJ Spooky, auFestival du film de Sundance, en 2003.
Danseurs au club àGoa, enInde, en 2010.

Dans lesannées 1980, laFrance compte officiellement 4 000[19] à 6 000 discothèques, puis environ 2 500 vingt ans plus tard, période durant laquelle se produit toujours une forte chute[20]. Depuis 2004, il est estimé approximativement un nombre de 30 à 50 fermetures annuelles par Ludovic Rambaud, un tempsrédacteur en chef deDJ Mag[20]. Rien qu'entre 2008 et 2010, 800 discothèques françaises disparaissent[21]. À la fin des années 2010, la France compte officiellement 1 500 discothèques ou boite de nuit[21]. En parallèle, quelques lieux hybrides sont apparus, mélangeant bar ou restaurant avec une ambiance musicale marquée[20]. Plusieurs paramètres sont accusés de ces fermetures tels l'apparition d'internet avec sa simple diffusion de musique, la baisse du pouvoir d'achat, l'interdiction de fumer ou simplement un changement dans les comportements des jeunes[20].

Suivant les types de musiques jouées, la clientèle est très différente. La clientèle techno ou house peut par exemple se rendre en discothèque que pour y écouter un genre musical précis ou un artiste précis ouDJ particulier. Ces derniers se produisant rarement dans d'autres lieux (tels que salles de concert), la discothèque devient donc dans ce cas là l'équivalent d'une salle de concert où l'on va autant pour danser que pour écouter des morceaux de musique spécifiques et qui ne se diffusent pas dans les circuits traditionnels et populaires.

À partir de 2020, lapandémie de Covid-19 entraine la fermeture temporaire des discothèques dans la plupart des pays du monde[22].

Caractéristiques

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Performance artistique en discothèque avec des costumes de l'artiste Beo Beyond (années 2010).

Une discothèque est un lieu où l'on peut danser, écouter de la musique, rencontrer des gens, consommer desboissons (souventalcoolisées) et parfois dessnacks. L'état d'ivresse, l'agressivité manifeste et la consommation de substancespsychotropes y sont en principe interdits. Un service de sécurité assure l'intendance (voir ci-dessous). On y trouve des vestiaires et des sanitaires, parfois surveillés par un personnel qui peut être rémunéré par le client en échange de services. La discothèque peut disposer de salons privés, d'uncarré VIP réservé à des invités ou clients privilégiés. Depuis que l'interdiction de fumer du tabac par combustion s'est généralisée, on y trouve unfumoir. En termes d'animations, interviennent parfois desdanseurs et danseuses professionnels ou d'autres formes d'expressionsartistiques. Par exemple, des soiréessexy show ouchippendales sont parfois organisées dans certaines discothèques, dont l'origine est la pratique dugo-go dancing. Des élections demiss ouboy, des soirées à thème (mousse, déguisée, etc.), desDJ prestigieux ou des groupes de musiciens peuvent y être invités pour des performances ou sessions en direct. Certains établissements prévoient uncode vestimentaire, d'autre non. Une certaine clientèle adopte un code vestimentaire assez radical appelé leclubwear. L'accès au lieu se fait alors à la discrétion duphysionomiste.

Fonctions officielles et officieuses

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Une discothèque, tout comme le dancing et le bal d'autrefois, outre sa fonction première qui reste distractive (danser et boire en musique), constitue un lieu de socialisation, de rencontre entre les personnes, au-delà des genres, origines et milieux sociaux. Elle reste encore un lieu deséduction et de rencontres, mais cette particularité se perd au fil des années[réf. nécessaire][Où ?].

Par exemple, lesslows ou « quart d'heure américain » ont aujourd'hui totalement disparu de la plupart des discothèques. En 1969,Je t'aime… moi non plus, chanté parJane Birkin et le compositeurSerge Gainsbourg, s'était classé au sommet des hit-parades occidentaux[23],[24].

Depuis le début des années2000, l'essor d'internet et dessites de rencontres en ligne, ainsi que la généralisation dutéléphone portable, contribuent sans doute à reléguer cette fonction de socialisation amoureuse au second plan.

Sécurité

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En France, une discothèque est classée commeétablissement recevant du public, répondant au type P. Elles sont de fait, d'un point de vue juridique, soumises aux lois relatives à la sécurité du 7 juillet 1983. Les discothèques sont alors contrôlées pour leur niveau de sécurité tous les deux ou trois ans, en fonction de leur capacité d'accueil.

Rôle du videur

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Article détaillé :Videur.

La discothèque est un lieu propice aux échauffourées : les boissons, les possibles rivalités amoureuses ou entre bandes, les trafics possibles, la foule, l'atmosphère festive favorisent la survenance de bousculades voire de violences. Un membre important du personnel de discothèque est le videur (également assimilé aux fonctions de portier ou physionomiste) dont la fonction est d'assurer la tranquillité et la bonne réputation de l'établissement. Sa fonction consiste à empêcher d'entrer (par exemple si le nombre maximal de personnes autorisées à l'intérieur est atteint) ou à obliger à sortir les individus indésirables, soit par leur comportement, soit par leur réputation ou leur apparence (les discothèques pouvant imposer une certainetenue : on parle de « tenue correcte exigée »). Quand la persuasion ne suffit pas, le videur doit employer des moyens plus radicaux faisant appel à ses capacités physiques et de combativité, tout en privilégiant la discrétion. Le personnel de sécurité est aussi formé en principe à venir en aide aux clients victimes de malaise. Undéfibrillateur doit être présent à l'intérieur des locaux, ainsi que desextincteurs, accessibles et en état de fonctionnement.

Incidents et drames

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Voir la catégorie :Incendie d'une discothèque.

L'histoire des lieux dansants, très ancienne, est jalonnée de drames, en particulier d'incendies.

L'une des premières catastrophes moderne lié au concept de discothèque, reste en France,l'incendie du dancing « le 5-7 » àSaint-Laurent-du-Pont, en Isère, survenu la nuit de la Toussaint 1970, qui fait 146 morts, des jeunes âgés de 16 à 25 ans. L'établissement avait été mis en service peu de temps auparavant et ne répondait pas aux normes de sécurité. Il flamba en quelques minutes, et les jeunes victimes restèrent pour la plupart coincées derrière les tourniquets d'entrée qui empêchaient la resquille, ainsi que derrière les portes de secours qui avaient été verrouillées. Ce drame provoque une énorme émotion en France et à l'étranger. Des centaines de discothèques sont fermées et de nouvelles règles très strictes sont imposées en matière de sécurité aux établissements recevant du public. Un mémorial se dresse aujourd'hui à l'endroit du drame. Derrière la stèle où sont inscrits les noms des victimes, les restes des deux tourniquets autrefois situés à l'entrée avant le drame sont exposés à la demande des familles touchées par cette catastrophe.

Pandémie de Covid-19

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En France et dans d'autres pays, au cours de lapandémie de Covid-19 en 2020 et 2021, les discothèques sont considérés comme des lieux propices à la contamination et pour cette raison, ce sont les établissements qui sont fermés pendant la plus longue période, devant lesrestaurants et lesbars[25].

Piqûre sauvage

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Article détaillé :Piqûre sauvage.
Article connexe :Soumission chimique.

Identifié en 2021, le phénomène des piqûres sauvages (également appelé agression à la piqûre, agression à la seringue ou encore piqûres en boîtes de nuit) est initialement signalé auRoyaume-Uni et enIrlande où des personnes, généralement des jeunes femmes, ont été victimes d'uneinjection subreptice de produits non identifiés, supposément dessédatifs, généralement dans un environnement bondé tel que la piste de danse d'une boîte de nuit[26],[27]. Certaines victimes ont présenté des symptômes tels qu'une sédation et uneamnésie typiques desdrogues du viol[28]. Aucun résultattoxicologique vérifié n'a été publié montrant la présence d'agents incapacitants connus chez les victimes présumées. La prévalence de cas réels est inconnue et a été controversée, certains experts exprimant des doutes quant à la facilité avec laquelle de telles injections pourraient être effectuées sans que cela soit immédiatement évident pour la victime[29],[30].

Géographie

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Il existe de nombreux discothèques disparues ou encore actives dans divers pays comme l'Allemagne, laBelgique, leCanada, l'Espagne, lesÉtats-Unis,Israël, l'Italie, lesPays-Bas et leRoyaume-Uni.

En 2020, laFrance et àParis compte entre1 500 discothèques ou boîtes de nuit[19], contre 4 000 quarante ans plus tôt[31].

Notes et références

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  1. « Discothèque », définitions du CNRTL.
  2. Colette,L'Envers du music-hall, Flammarion, 1913.
  3. F. de Miomandre (1932),pp. 15, 17.
  4. Florence Tamagne,Le Crime du Palace, Paris, Payot, 2017,pp. 61-63.
  5. Peter Shapiro,Turn the Beat Around, cité par Jean-Yves Leloup, dansTrax, juin 2006.
  6. a etbSophie Delassein, « Whisky à gogo : Régine, reine de la nuit »,L'Obs,no 3120,‎,p. 120-124(ISSN 0029-4713).
  7. Régine,Moi, mes histoires, Paris, Éditions du Rocher, 2006, préface.
  8. a etbLeloup (2008), entretien avec Frédéric Leibovitz publié dansTsugi.
  9. abc etdInterview : Peter Shapiro, aux origines du clubbing, parJean-Yves Leloup, dansGlobal Techno, 16 octobre 2008.
  10. a etbFrancesco Guzzetti (2017), « Yéyé Style ».
  11. « Le Bus Palladium, vies et mort d'un club rock », France Culture,1er mai 2022.
  12. (en)« Why there'll always be an Annabel's »,The Telegraph, 2O janvier 2015.
  13. (de) Mirko Hecktor, Moritz von Uslar,Patti Smith, Andreas Neumeister,Mjunik Disco – from 1949 to now, Munich, Blumenbar Verlag, 2008,pp. 212, 225.
  14. Villa Schweppes, site officiel.
  15. Albert Goldman,Disco, New York, Hawthorn Books, 1978 — introduction.
  16. (en) Tukufu Zuberi, « Birthplace of Hip Hop », dansHistory Detectives, saison 6, épisode 11, New York City, sur le site de PBS —présentation en ligne.
  17. a etb(en) Tim Lawrence,« Disco and the Queering of the Dance Floor », dansCultural Studies, 25, 2, 2011,pp. 230–243.
  18. Charlotte Brunel, « Culture Club, la nuit affole la mode : L'Haçienda… nuits électriques »,L'Express Styles,no supplément à L'Express n° 3253,‎ 6 au 12 novembre 2013,p. 115
  19. a etbManon Adoue, « Boîtes de nuit : la fin d'une époque »,La Dépêche,‎(lire en ligneAccès payant, consulté le).
  20. abc etdRaphaël Richard,DJ made in France, Rosières-en-Haye,Camion Blanc,, 329 p.(ISBN 978-2-35779-340-8),p. 298 et sv.
  21. a etbBoîtes de nuit : la fin d'une époque,La Dépêche, 11 janvier 2020.
  22. « Discothèques fermées à cause du Covid-19 : alors, quand est-ce qu’on danse ?»,Le Parisien, 6 mars 2021.
  23. (fr)Top France, cliquer sur les onglets «1969» et «06/09/1969».
  24. (en) Archive Chart [archive].UK Singles Chart. The Official Charts Company, 11 October 1969 #277.
  25. « La fermeture des discothèques est pour l’instant justifiée car ces établissements présentent des risques particuliers »,Le Conseil d'Etat, 21 mai 2021.
  26. Ng K. Needle Spiking: What is it and why is it happening? The Independent, 21 October 2021
  27. Brown L, Rahman-Jones I. Injection spiking: How likely is it? BBC News, 22 October 2021
  28. Specia M, Kwai I. ‘Needle Spiking’ of Women in Britain Stirs Alarm Over New Kind of Assault. The New York Times, 25 October 2021
  29. Gallagher C. Gardaí investigate claim woman ‘spiked’ in nightclub with needle. The Irish Times, 27 October 2021
  30. Francis E. Reports of ‘needle spiking’ in Britain drive young women, students to boycott bars. The Washington Post, 29 October 2021
  31. Amandine Hirou, « Les lieux oubliés (1/5) : A Mimizan, que sont devenues les folles nuits du Roxy ? », surL'Express,(consulté le).

Annexes

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Bibliographie

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Vidéographie

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Articles connexes

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Liens externes

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