| Diocèse de Mende (la)Diœcesis Mimatensis | ||
Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat de Mende. | ||
| Informations générales | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Rite liturgique | romain | |
| Type de juridiction | diocèse | |
| Création | IIIe siècle | |
| Affiliation | Église catholique en France | |
| Province ecclésiastique | Montpellier | |
| Siège | Mende, France | |
| Titulaire actuel | Jean Pelletier | |
| Langue(s) liturgique(s) | français | |
| Calendrier | grégorien | |
| Statistiques | ||
| Paroisses | 135 | |
| Prêtres | 47 | |
| Diacres | 6 | |
| Religieux | 1 | |
| Religieuses | 51 | |
| Territoire | Lozère | |
| Superficie | 5 167 km2 | |
| Population totale | 76 075(2023) | |
| Population catholique | 50 245(2023) | |
| Pourcentage de catholiques | 66 % | |
| Site web | site officiel | |
Localisation du diocèse | ||
| (en) Notice surwww.catholic-hierarchy.org | ||
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Lediocèse de Mende (enlatin decurie :Diœcesis Mimatensis) relève depuis 2002 de laprovince ecclésiastique de Montpellier. Il recouvre l'intégralité du département de laLozère. Plusieurs prélats ont participé à son rayonnement et à son indépendance par rapport au pouvoir temporel, tels que les évêquesAldebert III du Tournel etGuillaume VI Durand. De ce diocèse sont originaires lebienheureuxUrbain V, avant-dernierpape français, qui rendit beaucoup à son Église d'origine, mais aussiGuillaume etFoulques de Villaret,grands maîtres de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Correspondant au département de la Lozère, le diocèse est faiblement peuplé, et majoritairement rural. Son histoire a été ponctuée par lesguerres de Religion, leprotestantisme étant très ancré dans le sud du diocèse (principalement dans lesCévennes). Elle a aussi été marquée par une formation importante et un grand élan missionnaire de la fin duXIXe siècle au milieu duXXe siècle.
Depuis 2009, du fait de la faible densité de population, le diocèse a été totalement réorganisé, tranchant avec l'histoire, pour ne diviser le territoire qu'en cinqparoisses, une par« bassin de vie ».
Depuis le, l'évêque du diocèse estJean Pelletier.

Le territoire du diocèse correspond aux limites administratives du département de la Lozère. Les limites de ce territoire ont changé seulement à laRévolution française. En effet, elles correspondaient au territoire duGévaudan qui, devenu Lozère, a été légèrement modifié. Au nord, le nouveau département concède la paroisse de Saugues et 14 paroisses environnantes à laHaute-Loire. À l'ouest, les paroisses d'Estables-d'Olt, le Gard et la Mélouse sont rattachées à l'Aveyron.A contrario le département est enrichi de plusieurs paroisses détachées dudiocèse d'Uzès autour deVillefort, et d'autres de celui d'Alais autour deMeyrueis[1].
Ce territoire est découpé en quatre régions naturelles très diverses. LaMargeride, au nord, est une région granitique boisée[2]. À l'ouest, l'Aubrac est un plateau basaltique, qui était boisé au Moyen Âge[2]. Au centre, lescausses sont des plateaux arides et calcaires[2]. Enfin au sud, lesCévennes sont boisées sur un terrain schisteux[2]. La constante entre ces régions est une altitude et un climat de moyenne montagne, qui a longtemps isolé les habitants de leurs voisins.
Sous l'Ancien Régime, le diocèse comptait environ 200paroisses[3] (il en est dénombré, par exemple, 193 en 1716), réparties en quatre archiprêtrés[N 1] :Javols,Saugues,Barjac et desCévennes[3].
Après laRévolution française, les paroisses ont sensiblement suivi les limites des communes. Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs ont été fusionnées[4], souvent en raison du dépeuplement du diocèse (en 1880 le diocèse comptait plus de 150 000 habitants, en 1951 il y avait un peu plus de 82 000 habitants, alors qu'en 1990 il y avait un peu plus de 70 000 habitants). À la fin duXXe siècle le découpage a été revu puis encore une fois en 2009 pour ne laisser que cinq paroisses pour couvrir le territoire[5].
Le département de laLozère est un territoire rural peu peuplé. Bien que les effectifs soient en déclin, une grande majorité (plus de 75 %) de la population reste de confession catholique.
| 1949 | 1969 | 1980 | 1990 | 2000 | 2004 |
|---|---|---|---|---|---|
| 80 000 | 70 000 | 63 300 | 63 000 | 61 000 | 58 000 |
À titre de comparaison, l'évolution de la population du département est la suivante :
| 1954 | 1968 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 |
|---|---|---|---|---|---|
| 82 391 | 77 258 | 74 294 | 72 825 | 73 509 | 76 806 |

La fondation du diocèse fut longtemps attribuée soit à Sévérien, soit àsaint Martial. En effet la tradition donne comme premier évêque duGévaudan saint Sévérien. Ce dernier aurait suivisaint Martial en Gaule et se serait fixé en pays gabale[6].
Cependant, il se pourrait que ce soit une mauvaise interprétation des textes qui ait fait confondreSévérien de Gabala (en Syrie) avec Sévérien du pays desGabales[6]. C'est pour cette raison que l'évêqueGabriel-Florent de Choiseul-Beaupré a déclassé saint Sévérien de la liste. Cette décision a été effectuée peu avant l'apparition de labête du Gévaudan, ce qui a conforté l'historien l'abbé Pourcher dans son idée que la bête est le « fléau envoyé de Dieu »[6].
Le premier évêque du diocèse à être connu par des écrits, futsaint Privat, ce qui n'exclut pas l'existence de prédécesseurs. Il en est devenu lesaint patron. Ce prélat, originaire d'Auvergne, aurait été envoyé parAustremoine au début duIIIe siècle. La capitale du Gévaudan était alorsAnderitum (aujourd'huiJavols). Le siège du diocèse se trouvait probablement dans la même ville. Au milieu duIIIe siècle, leGévaudan est assailli par lesVandales. Le peuple se réfugie dans la forteresse deGrèzes où il résiste deux ans au siège[7].
Privat lui, s'est retiré en ermite dans des grottes au-dessus de Mimate (Mende). Apprenant cela, Chrocus, chef des Vandales, le fait trouver, et le torture, espérant la réédition de la place contre la vie sauve de leur évêque[8]. SelonGrégoire de Tours, Privat aurait refusé de livrer son peuple, malgré tous les supplices barbares qu'on pourrait lui faire subir : « Le bon pasteur refusa de livrer ses brebis aux loups, et on voulut le contraindre de sacrifier * aux démons »[9].
Privat subit son martyre en refusant que son peuple ne se rende. LesAlamans auraient alors abandonné, laissant le prélat pour mort.Saint Ilpide aurait recueilli sa dépouille, pour l'enterrer au pied dumont Mimat[6]. C'est au-dessus de ce tombeau que se dresse désormais labasilique-cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat de Mende[6].

Durant lesgrandes invasions, le diocèse devient une terrewisigothe pendant quelques années. Les chrétiens autochtones sont souvent persécutés, les Wisigoth étant chrétiens, maisariens[10]. Dans les années 510, le diocèse passe aux mains desFrancs[11]. Le Gévaudan est alors une zone frontalière entre le royaume franc d'Aquitaine et laSeptimanie wisigothique. C'est peut-être à cette époque que le diocèse devientsuffragant de l'archidiocèse de Bourges.
Jusqu'auXe siècle, la vie diocésaine n'est connue que par épisodes. Ainsi, par exemple, la liste des évêques n'est continue qu'à partir de Raymond en 1027. Ces premiers siècles voient l'apparition des premiers conflits entre lecomte ou vicomte du Gévaudan, détenteur du pouvoir temporel, et de l'évêque, détenteur du pouvoir spirituel. C'est ainsi que, vers 560-570 le premier évêque à se qualifier d'« évêque du Gévaudan » et non plus « évêque des Gabales », Parthenius, est connu pour ses démêlés avec le comte Paladius[12],[13].
Pour cette période, la liste des évêques mentionne trois prélats élevés au rang de saint :Hilaire,Ilère etFrézal. Par ailleurs, l'évêque deCavaillon auVIe siècle,Véran connu pour ses miracles aux environs deFontaine-de-Vaucluse, est originaire du diocèse de Mende, peut-être deBarjac[14] ou deLanuéjols[15].
En 951, l'évêqueÉtienne se présente comme évêque de Mende[16]. C'est la première mention du siège de l'évêché dans l'actuelle préfecture lozérienne[16].

En 1053, le nouvel évêque est issu d'une des grandes familles nobles duGévaudan,Aldebert III du Tournel[N 2],[17]. Cet évêque a grandement modifié les possessions du diocèse et surtout de l'évêque. Il commence par reprendre les droits du chapitre et de l'évêque, qu'avaient accaparés les seigneurs locaux de Canilhac, Cabrières et Dolan au nom ducomte de Barcelone, alors comte de Gévaudan[17]. À ce dernier, il rachète par ailleurs la seigneurie de la ville deMende et fait fortifier cette dernière.
En 1161, il se rend à la cour deLouis VII et lui rend hommage[17]. Cette visite fait suite à une grande correspondance avec l'administration royale et la requête auprès de la justice royale afin de régler les démêlés que l'évêque avait avec son frère. De Paris, il revient avec un document d'une importance capitale, unebulle d'or royale[17]. Cet acte, très rare[18], signé du sceau royal[17],[19] accorde à l'évêque Aldebert et à ses successeurs, à perpétuité, la puissance royale, et les pleins pouvoirs de justice sur les habitants du diocèse. Les évêques de Mende obtiennent ainsi lesdroits régaliens sur le diocèse. Pour autant, il se reconnaissent vassaux du roi de France.
L'année suivante, l'évêque accueille en sa cité de Mende lepapeAlexandre III et septcardinaux, alors en exil en France[20]. Aldebert marque également l'histoire par l'invention des reliques de saint Privat[17]. La sépulture du saint patron du diocèse avait été gardée secrète depuis leVIe siècle. Cependant, vers 1110, le dernier détenteur du secret meurt sans avoir transmis le secret du tombeau[17]. C'est en faisant creuser un puits dans le jardin de son palais épiscopal, vers 1170, que l'évêque retrouve les cryptes où le saint homme était enterré, relançant ainsi les pèlerinages[17].
Son successeur en 1188,Guillaume IV de Peyre, continue sa politique visant à acquérir la puissance temporelle dans son diocèse[21]. C'est peut-être lui qui décide de la construction duchâteau de Chanac pour contrer la puissance des rois d'Aragon, alors comte de Gévaudan[22],[23], dont il se dit par ailleurs cousin (« consanguineus »)[24],[25]. Ce château a servi de résidence d'été aux évêques jusqu'à laRévolution française.
À la fin duXIIIe siècle, l'évêqueOdilon de Mercœur accroît à son tour le pouvoir temporel des évêques[21]. En raison des abus dusénéchal deBeaucaire, il entame en 1269 un long procès devant leparlement de Paris qui se termine par l'acte de paréage de 1307[21],[N 3].

Le le baron du Tournel, et père de l'évêque Aldebert, Odilon GuérinI, donne auxHospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, une grande partie de ses terres situées sur lemont Lozère[26]. Il rend également hommage au prieur deSaint-Gilles pour ses château deMontialoux, Rocheblave et sa terre deLanuéjols[17]. L’acte est rédigé par le chancelier du comte de Toulouse, et authentifié par le sceau de Raymond de Toulouse[26].
Dès lors, l'ordre hospitalier acquiert un grand pouvoir dans le diocèse. Ils installent une commanderie au lieu-dit duGap-Francès (Mont Lozère)[26]. AuXVe siècle, le commandeur du Gap-Francès a droit d’entrée auxÉtats particuliers du Gévaudan, où il apparaît sous le nom de monsieur de Saint-Jean. Ils dominent une grande partie du Mont Lozère, terre d'estives pour de nombreux troupeaux duLanguedoc[26].
En 1291, une deuxième commanderie est fondée enGévaudan, après la donation de Richard de Grèzes de terres autour dePalhers. Lecommandeur de Palhers avait lui aussi sa place aux États du Gévaudan, et pouvait également exercer son droit de justice[26].
De nombreuses personnalités, issues des familles nobles, rejoignent l'Ordre en tant que moines. Ainsi, Foulques du Tournel est prieur de lalangue d'Aragon, et réalise des missions d'ambassades pour le roi d'Aragon[21].Guillaume de Villaret et son neveu[27]Foulques ont été successivement prieur de Saint-Gilles, l'une des deux abbayes principales de lalangue de Provence, puisgrands maîtres de l'Ordre[27],[28]. C'est Foulques de Villaret qui reçoit, le, la dévolution des biens de l'ordre du Temple[29]
La présence hospitalière enGévaudan disparaît à laRévolution française lorsque les deux commanderies et leurs terres sont vendues comme bien national[30].

Le, le chapitre cathédral élit comme nouvel évêque un juriste originaire de larégion bittéroise,Guillaume Durand, très proche de lacurie romaine[31]. Il reste dans les annales pour ses écrits en droit, leSpeculum judiciale et leRationale divinorum officiorum[31],[32]. Le premier de ces deux textes a été édité34 fois entre 1460 et la fin duXVIe siècle et eut un grand succès dans toute l'Europe occidentale[33].
Son neveu lui succède en1296, il se nomme lui aussiGuillaume Durand, et est, lui aussi, un fin juriste. Il reprend tout l'historique de la lutte de ses prédécesseurs pour l'acquisition du pouvoir temporel. Le procès commencé sous Odilon de Mercœur prend fin le par l'acte deparéage. Cet acte, divise le Gévaudan en trois parties : la terre de l'évêque, la terre du roi, et les terres communes appartenant aux barons. L'évêque hérite, en même temps, du titre de comte de Gévaudan[34]. C'est sous son épiscopat qu'à l'hiver 1307 sont expulsés les juifs du Gévaudan[31].
Guillaume Durand met ses talents de juriste au service du pape. Il est par labulle papaleFaciens misericordiam, dans la commission d'enquête préparatoire à l'instruction leprocès des Templiers[35],[36]. En parallèle, Guillaume Durand présente son rapport intituléTractatus de modo generalis concilii celebrandi[37], où il préconise une réforme de l'Église. Il en fait la lecture le lors duConcile de Vienne. Il remet en cause l'absolutisme de Rome[38]. Il prône en faveur du mariage des prêtres, de la gratuité des sacrements, et milite contre les fêtes religieuses qu'il juge trop licencieuses[39]. Cette requête n'est pas acceptée par l'Église, et certains craignent même qu'elle puisse provoquer un schisme. Il n'en est finalement rien, mais cette réforme est rejetée[35].

LeXIVe siècle voit la naissance à Grizac, non loin dePont-de-Montvert d'un homme dontPétrarque dira de lui qu'il était « sans pareil dans notre temps, et dont les pareils, en tous temps, sont trop rares »[40]. Cet homme est Guillaume de Grimoard, né vers 1310, et qui est élu pape le, et prend le nom d'Urbain V[41]. À partir de 1368, il transfère l'évêquePierre II à l'archevêché d'Avignon, et ne place personne à la tête du diocèse mendois. Il souhaite en effet affecter les revenus de l'église aux travaux de lacathédrale de Mende[42],[43]. Ces travaux avaient commencé sous l'épiscopat de Pierre II, dont la mission était de la « magnifier », avec un budget de 20 000 florins[44]. Le pape meurt le, sans que les travaux ne soient terminés[41]. Il faut alors deux siècles pour que l'on puisse considérer comme terminée la construction[41].
En ce siècle où un gévaudanais a gouverné l'Église, beaucoup de prélats se distinguent hors des frontières du diocèse. Plusieurs sont cardinaux, telRaymond de Canillac qui reçut le plus grand nombre de voix lors duconclave de 1362[45], avant que le choix ne se fixe sur Guillaume de Grimoard.Anglic de Grimoard, frère d'Urbain V, est lui aussi créé cardinal[46], de même queGuillaume Bragosse[47] et plus tardPierre Blavi[N 4].
À partir de la fin de ceXIVe siècle, les évêques sont de moins en moins originaires du diocèse ou alentour. Ils sont souvent en lutte avec les habitants mendois. Lechapitre des chanoines de la cathédrale est lui aussi composé de personnalité aux origines très diverses, et fréquemment liées à lapapauté d'Avignon[48]. Ainsi quatre cardinaux obtiennent une prébende directement du Pape :Jacques etArnaud de Via (neveux deJean XXII),Raymond de Got (neveu deClément V) etAnglic de Grimoard (frère d'Urbain V). Plusieurs autres chanoines de Mende, sont ensuite devenu évêques[48]. C'est le cas deNicola de Brancas, chanoine qui n'a jamais résidé à Mende etévêque de Marseille de 1445 à 1466.

En 1473, l'évêquePietro Riario est déjàcardinal et cumule de multiples fonctions : il est évêque de Trévise, Valence et Die, archevêque de Florence etpatriarche latin de Constantinople. Il est neveu du papeSixte IV. C'est le premier des quatre évêques mendois de lafamille de la Rovère, francisation du nom italienDella Rovere. À aucun moment, il ne se déplace à Mende, pas plus que ses deux successeurs,Jean de Petit etJulien de la Rovère.
Ce dernier, nommé en 1478, est aussi archevêque d'Avignon, et légat de son oncle le pape Sixte IV. Il laisse ses vicaires, dontFrançois Alamand, par ailleurs abbé commendataire dumonastère de Sainte-Enimie, administrer le diocèse[49]. Lorsque l'évêque devient pape sous le nom deJules II en décembre 1483, il nomme comme successeur son neveuClément de La Rovère[50].
À la différence de ses prédécesseurs, ce dernier se rend à Mende pour prendre possession de son diocèse, bien que deux ans après sa nomination. Son entrée dans la ville est difficile, les consuls ne voulant pas perdre leurs bénéfices. Il est créé cardinal par son oncle en 1503 et décide de retourner àRome, résignant en faveur de son frèreFrançois[51]. Il achève les travaux de lacathédrale, en commandant la construction d'un clocher pour remplacer celui en bois et la tour campanaire. Il décide de l'édifier à « sa hauteur » et en assume les frais. Les chanoines approuvent ce projet et l'imitent en bâtissant une seconde tour, néanmoins plus modeste, ce qui explique que la taille différente des clochers de la cathédrale : l'un à 84 m, et l'autre à 65 m. La construction commence en 1508 pour le grand clocher, et en 1509 pour le petit, pour s'achever en 1512[52].
François de La Rovère fait venir des cloches des fonderies deClermont-Ferrand et deLyon. Parmi celles-ci, on compte la « Non-Pareille », qui tient son nom du fait qu'elle serait « Non-Pareille des cloches de la christianité »[53],[54]. Elle arriva à Mende en 1516, en provenance de Lyon, le battant, lui, venant deLa Levade (aujourd'hui dans leGard)[54]. Cette cloche aux dimensions sans précédent pouvait être entendue à4 lieues à la ronde, soit 16 km.

Lesidées protestantes pénètrent assez facilement dans le diocèse, principalement dans lesCévennes[55]. Une première série de guerres a lieu entre 1562 et 1570. Les prisonniers catholiques, clercs ou simples pratiquants, ont souvent la vie sauve contre rançons[55]. La prise de Chirac en 1562 est plus meurtrière, elle fait une centaine de victimes catholiques dont 22 prêtres[55].
Parmi les seigneurs du Gévaudan convertis à la religion réformée se trouve le baron de Peyre, François Astorg de Cardaillac. Ce dernier est présent àParis pour le mariage d'Henri de Navarre avecMarguerite de Valois[55]. Il est tué lanuit de la Saint-Barthélémy dans la chambre du roi[56].
Sa veuve, Marie de Crussol, engage alorsMatthieu Merle afin de venger la mort de son époux[57]. Ce dernier met le diocèse à feu et à sang. Il occupe tout d'abord la forteresse deGrèzes, puis, le 17 novembre 1573 s'empare de la ville duMalzieu enGévaudan, accompagné de 25 à30 soldats et y assassine 13 prêtres ainsi que le curé deRimeize[57]. Il enferme les habitants les plus notables dans la grande tour, et rançonne leur liberté[58].
La nuit deNoël 1579, profitant de lamesse de minuit et de la complicité du consul Bonicel, il rentre dans la ville avec ses troupes[57]. Ils se rendent alors dans la cathédrale où la population est réunie, et commencent le massacre. Les prêtres qui se sont réfugiés dans la crypte de saint Privat sont trouvés et égorgés[57]. Environ300 personnes, principalement catholiques, sont mortes cette nuit là[57].
Durant ce premier séjour à Mende, il détruit la « Non-Pareille », la faisant fondre pour construire descouleuvrines.Il perd pour un temps la ville. Il se rend alors àBédouès, où il attaque lacollégiale fondée parUrbain V et y tue les chanoines[59]. En1581, il redevient maître de Mende. Souhaitant réunir une grosse somme pour soutenir leprince de Condé, il rançonne les Mendois, les menaçant de détruire leur cathédrale. La population ne pouvant réunir la somme, il met sa menace à exécution. Cependant, désireux de protéger sa résidence, établie dans lepalais épiscopal mitoyen de la cathédrale, les clochers sont épargnés[57]. La même année, Merle quitte Mende, laissant ainsi les habitants dépourvus de cathédrale pour une vingtaine d'années.
Après le départ de Merle, ce sont les catholiques qui mettent à mal le pays. Les troupes duduc de Joyeuse détruisent le château des Peyre et la ville deMarvejols. Ce n'est qu'avec l'édit de Nantes que le calme revient.
ÀMarvejols, les 55 000 florins offerts par Henri IV permettent de reconstruire la ville et notamment la cathédrale au cours duXVIIe siècle[60]. Tandis que le nouvel évêque deMende,Adam de Heurtelou lance les travaux de réparation de la cathédrale qui est rebâtie « sans façon ni ornements », tout en respectant le plan original[61].
Entre 1645 et 1660, la ville de Mende est le théâtre de querelles entre deux factions rivales : les Marmaux et les Catharinaux, tous membres des consuls ou de la bourgeoisie, mais n'ayant pas le même avis sur l'importance du pouvoir épiscopal, les seconds y étant opposés[62]. L'évêquede Crusy de Marcillac est d'ailleurs la cible d'une tentative d'assassinat alors qu'il officie en la cathédrale de Mende en 1645, mais il s'en sort sans être blessé[62]. À la suite de plusieurs procès, c'est non sans mal que le royaume redonne à l'épiscopat son pouvoir temporel, le consul restant sous sa coupe[63]. En faveur de son diocèse, l'évêque offre de nouvelles orgues à la cathédrale ainsi qu'à l'église Saint-Jean-Baptiste de Chanac et fait également rénover lechâteau épiscopal de Chanac qui avait souffert des guerres de Religion.
Son successeur, l'ItalienHyacinthe Serroni, s'attache à l'éducation et construit le collège de Mende. Ce collège sert également deséminaire[64]. Il est nommé premier archevêque d'Albi, et est remplacé au siège de saint Privat parFrançois-Placide de Baudry de Piencourt qui fonde l'hôpital en remplacement des différentes maisons de soin, auquel il lègue tous ses biens[65]. Cet hôpital fut utilisé comme tel jusqu'en 1970, et est désormais une maison de retraite.
Jusqu'en 1676, le diocèse est rattaché la province ecclésiastique de Bourges, qui reprenait sensiblement les contours de l'Aquitaine première, créée par l'empereur ValentinienIer. À cette date, la province est scindée et la province d'Albi est formée. Le diocèse d'Albi est élevé enarchidiocèse en 1678. Cette province persiste jusqu'en 2002, date d'un nouveau découpage qui se base sur les régions administrative. Le diocèse fait depuis partie de laprovince ecclésiastique de Montpellier.
Le[66], sous l'épiscopat deFrançois Piencourt, le roiLouis XIV signe l'édit de Fontainebleau, révoquant ainsi l'édit de Nantes. De grands troubles se produisent alors dans le Languedoc.
Le, auPont-de-Montvert, une soixantaine d'hommes, armés de sabres et de faux, menés par le huguenotAbraham Mazel, pénètrent dans la ville en chantant un psaume, pensant délivrer sans combat les protestants détenus et torturés par l'abbéFrançois de Langlade du Chayla, inspecteur des missions des Cévennes pour le compte du marquis deBasville[67]. Alors qu'ils réclament la libération des prisonniers, un coup de feu blesse l'un d'entre eux. Ils enfoncent la porte de la maison de l'abbé[68], libèrent les prisonniers et mettent le feu au bâtiment. Du Chayla, qui tente de s'enfuir par une fenêtre, est rattrapé, tué, et son corps jeté dans le Tarn[69]. Le meurtre de l'abbé du Chayla[70] marque le début de la guerre des Cévennes[71].
Alors que les catholiques se montrent de plus en plus répressifs envers les protestants, ces derniers s'insurgent. Ils sont restés dans l'histoire sous le nom deCamisards, en référence à leur chemise blanche[67]. Durant trois ans les batailles se multiplient en Cévennes. En 1703, les troupes du Roi décident d'incendier les habitations des protestants, c'est le « Grand Brûlement des Cévennes »[72]. Près de 4 000 personnes seraient mortes au cours de ces affrontements, principalement du côté des protestants. La guerre des Cévennes s'arrête en 1704 après la reddition des derniers chefs camisards. Les troubles persistent cependant en Cévennes jusqu'en 1711[67].
Avec laconstitution civile du clergé,Étienne Nogaret est nommé évêque constitutionnel en 1791[1]. LeGévaudan disparaît, laissant place au département de la Lozère, et le diocèse est maintenu en suivant les nouvelles limites administratives. L'évêque jusqu'alors en place,Jean-Arnaud de Castellane ne démissionne pas, il se réfugie alors dans lechâteau de Chanac[1]. Pendant que l'évêque constitutionnel dénonce l'ancien faste des anciens évêques, l'évêque Castellane multiplie les mandements. Il appelle ainsi les Gévaudanais à se révolter contre les Révolutionnaires[1]. Les habitants sont d'ailleurs plutôt attachés à leur tradition catholique : « Sur les 29 000 habitants du district de Mende, à peine se trouve-t-il cent individus attachés au culte constitutionnel »[73].
Malgré un soutien du peuple, Jean-Arnaud de Castellane craint pour sa vie. Il s'enfuit pourParis où il est capturé et finalement exécuté le[1]. À chacune de ses sorties, son remplaçant, l'évêque constitutionnel Nogaret est chahuté, hué, et agressé physiquement. Il abdique le, alors que se met en place le culte de la « Déesse Raison »[1]. Jusqu'au concordat, le sort des catholique et la charge spirituelle du territoire est alors assurée parAbbon Bonnel[74].
À partir de 1792, une contre-Révolution se met en place, menée parMarc-Antoine Charrier. De nombreux combats ont alors lieu, principalement contre des gardes nationaux[1]. Charrier et ses troupes royalistes s'emparent de plusieurs villes dont Mende, Marvejols et Chanac[1]. Charrier est capturé, jugé et exécuté aux mois de juin et juillet 1793. Durant le procès de Charrier, la répression menée par les favorables à la Constitution fait rage. Contrairement aux ordres qui disaient de n'exécuter que les chefs, la tous les captifs sont jugés et une majorité sont exécutés, même des jeunes de moins de18 ans[1]. C'est le cas notamment d'une trentaine de personnes faites prisonnières dans la paroisse deLa Malène, connues depuis sous le nom de « martyrs de La Malène »[1].
L'an II, décret est ordonné de descendre toutes les cloches de la Lozère[1]. Les cloches sont alors fondues pour servir à la construction de canons. Le culte de la Déesse Raison est remplacé par celui de l'Être Suprême, mais ces cultes ont peu de succès enLozère[1]. Au moment duconcordat de 1801, le diocèse est maintenu et un nouvel évêque,Jean-Baptiste de Chabot est nommé. L'évêché voisin deViviers, lui, est supprimé. Son territoire est alors rattaché à celui de Mende. Le diocèse de Viviers est cependant rétablit en octobre 1822, suivant alors les limites du département de l'Ardèche.

En 1790, le petit séminaire de Chirac, fondé un siècle auparavant, ferme ses portes, puis est rétabli en1813[64]. Deux autres petits séminaires sont créés en 1873 àMende et celui de Chirac ferme alors ses portes l'année suivante[64].
Le grand séminaire, lui, se trouve à Mende dans le collège fondé par Hyacinthe Serroni. Entre 1852 et 1880, il est dirigé par des pèresjésuites[64]. Puis en 1881, c'estCharles de Ligonnès qui devient le supérieur du grand séminaire[75]. C'est lui qui fait bâtir un nouveau bâtiment pour le grand séminaire au-dessus du Lot et qui est inauguré le[75]. Quatre ans plus tard, du Pont de Ligonnès devient évêque de Rodez.
Le nombre de prêtres formés ne cesse d'augmenter durant ceXVIIIe siècle. Ainsi, en 1858, le diocèse compte 419 prêtres, dont une grande partie formés localement[64]. En 1909, ils sont plus de 400, soit plus d'un pour300 habitants. En 1880, l'évêque Julien Coste, commente cette profusion de vocations en disant qu'il pourrait fournir des prêtres à deux diocèses[75]. Avant laPremière Guerre mondiale, ce sont près de vingt prêtres qui sont ordonnés par an[64]. Si ce nombre baisse grandement durant l'entre-deux guerres et la Seconde Guerre mondiale, il est aussi haut de 1946 à 1949. Depuis, la formation est beaucoup moins nombreuses. Dans les années 1970, moins d'un prêtre par an été ordonné en moyenne[64].

À la fin duXIXe siècle et le début du suivant, plusieurs prêtres lozériens sont envoyés à travers le monde par lemissions catholiques. Les congrégations missionnaires se consacrent parfois chacune à un continent en priorité.
C'est majoritairement à destination de l'Asie que les Lozériens se dirigent[75]. Par l'intermédiaire desmissions étrangères de Paris, plusieurs prélats deviennentvicaires apostoliques. Ce poste équivaut à celui d'évêque, il est toujours adjoint d'unsiège titulaire. Ont été vicaires apostoliques en AsieAlexandre Chabanon,Augustin Tardieu etJean-Baptiste Chabalier enCochinchine[75]. Un grand nombre d'autres missionnaires prennent des postes dans les différents séminaires ouverts par la congrégation.
D'autres prêtres appartenant à une autre congrégation sont nommés en Asie, tel lejésuiteCharles-Louis Lavigne. EnOcéanie,Édouard Bresson est vicaire apostolique deNouméa pendant laSeconde Guerre mondiale[76],[75].
Dans le grand nord canadien, c'est la congrégation desOblats de Marie-Immaculée qui organise les missions. Parmi les oblats lozériens deux peuvent être cités en exemple :Jean-Baptiste Rouvière qui est assassiné alors qu'il était en mission auprès desEsquimaux, etJean-Antoine Trocellier,vicaire apostolique de Mackenzie[75].
Lespères blancs, eux se rendent en Afrique. Le LozérienJean-Baptiste Charbonier devient vicaire apostolique enTanzanie actuelle en 1887[75].
Dans la seconde partieXXe siècle, l'élan missionnaire n'a pas faibli. Ainsi, en 1984, on comptait 113 religieux originaires du diocèse répartis dans des missions dans le monde entier[75]. Parmi eux, deux prêtres du diocèse ont été évêques de la prélature d'Ayaviri auPérou :Louis Dalle[77] etFrançois d'Alteroche[75].
Le, laloi de séparation des Églises et de l'État est adoptée, mettant fin aurégime concordataire français. La Lozère reste très attachée à ses clochers et les inventaires sont très compliqués à réaliser, en raison de l'opposition du clergé et de la population. LaSemaine religieuse de Mende, journal édité par le diocèse, explique ainsi que neuf fois sur dix les inventaires suscitent l'opposition de la population[78],[79].
Celui qui eut lieu au village desHermaux montre les difficultés rencontrées par les autorités[79]. La première tentative a lieu le 6 mars 1906. L'église a été vidée et fermée, et son accès rendu impossible par l'accumulation d'objets encombrants (roues de char, pièces de bois, etc.) devant l'entrée. À l'arrivée de la gendarmerie, letocsin est sonné, la population se rassemble et chasse les autorités hors du village[80],[79].
Lorsque le percepteur revient chercher l'appui du maire le 5 avril, ce dernier le lui refuse. L'inventaire est à nouveau repoussé. Ce n'est qu'à la troisième tentative que l'inventaire peut se faire, le 21 novembre. Les autorités avaient alors le renfort de deux compagnies du15e de ligne deCastelnaudary, des dragons du17e de Béziers, et d'un détachement du2e de Montpellier. Le refus du curé d'ouvrir son église ne stoppa pas la réalisation de l'inventaire, les sapeurs se chargeant de dégager l'entrée[80],[79].
Le, un décret officialise la création ducamp de Rieucros[81], dans une propriété louée au Grand séminaire pour l'installation du camp[82]. Il a pour vocation première d'accueillir des anti-fascistes allemands, desRépublicains espagnols et des membres desBrigades internationales. Au début de novembre 1939, tous ces hommes sont transférés aucamp du Vernet. Dès lors le camp du Rieucros n'est plus réservé qu'aux femmes. Il ferme ses portes le.
Pendant la guerre, l'évêque estFrançois-Louis Auvity. Ce dernier ne cache pas son soutien aurégime de Vichy. Il publie le une lettre dansLa Quinzaine catholique du Gévaudan en faveur duService du travail obligatoire[83]. Il est arrêté après la libération. Il accepte de se retirer à l'abbaye de Bonnecombe (Aveyron). Il annonce son départ le, et résigne sa charge le[84],[85].
À l'inverse, quelques membres du clergé se sont engagés du côté de la Résistance, comme le chanoine Gabriel de Montgros, dit l'abbé Gabriel, ou le révérend père Adolphe Paloc[86],[87].

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, le déclin démographique a continué en Lozère, bien souvent lié à l'exode rural. Si la proportion de catholiques au sein de la population est restée sensiblement identique, leur nombre a donc baissé à mesure que la population a quitté le département.
Deux aumôneries à destination des jeunes se sont installées à Mende, une pour l'enseignement public et une pour l'enseignement privée. Des antennes dans les différentes paroisses ont également été créées. Une aumônerie des prisons a également vu le jour.
Face à la baisse de la population, et donc de pratiquants, MonseigneurFrançois Jacolin et l'équipe pastorale ont décidé, à la fin des années 2000, de réformer la carte des paroisses. Un choix drastique a été pris, et est en place depuis 2009, réduisant le nombre de paroisses à 5[88] : paroisse Saint-Jacques-deSaint-Chély-d'Apcher (en violet sur la carte ci-contre), paroisse Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus deLangogne (en orange), paroisse Saint-Privat deMende (en bleu), paroisse Saint-Frézal deMarvejols (en rouge) et paroisse Saint-Joseph deFlorac (en vert).

Dans sonHistoire des Francs,Grégoire de Tours élève saintPrivat de Mende au rang des grands saints des Gaules[N 5],[89],[90] avecDenis de Paris,Saturnin de Toulouse,Martial de Limoges,Martin de Tours,Ferréol de Vienne etJulien de Brioude. C'est autour de son ermitage sur les hauteurs de la ville, de la colline du Bourreau où il a subi son martyre, et dans l'église et plus tard la cathédrale érigée sur son tombeau, que se développe le pèlerinage qui a assuré la croissance de la ville de Mende.
Avec l'invention des reliques en 1170 parAldebert III du Tournel, qui remit les reliques du saint patron du diocèse en son tombeau original, le pèlerinage connaît un nouvel essor.
À partir de cette date, trois fêtes lui sont dédiées : le 21 août, date de la saint Privat, le3e dimanche aprèsPâques, pour commémorer l'invention de ses reliques en 1170, et le3e dimanche d'octobre célébrant le transfert de ses reliques en 1256.
Peu avant 1850, l'évêqueClaude-Jean-Joseph Brulley de La Brunière fait construire une église sur le site de l'ermitage. Une grotte est également percée sous la grotte du saint, afin d'y célébrer des messes en plein air. Un hôtel est aussi construit pour accueillir les pèlerins. La ferveur se maintient au début duXXe siècle, ainsi en 1913 il est dénombré plus de 13 000pèlerins[91]. Près d'un siècle plus tard, le nombre de pèlerins a fortement diminué, mais le pèlerinage continue d'être organisé chaque année au mois d'août.
Selon sa vie écrite par le troubadourBertran de Marseille, et la tradition du pays,Énimie serait la fille deClotaire II et donc la sœur deDagobert Ier[92]. Atteinte de la lèpre, elle aurait été guidée par un ange jusqu'à une source enGévaudan capable de la guérir.
C'est donc au bord de la fontaine de la Burle, dans lesgorges du Tarn qu'elle se serait installée. Un monastère pour les femmes est alors fondé. Tombé en désuétude, il est restauré en 951, et, placé sous la domination desaint Chaffre il devient un monastère pour les hommes.Le village prospère alors autour du tombeau de la sainte et du monastère.
Le pèlerinage a toujours lieu tous les ans le premier dimanche d'octobre.
Au milieu duXe siècle, l'évêque duPuy,Godescalc se rend en pèlerinage àSaint-Jacques-de-Compostelle[93]. Il initie ainsi laVia Podiensis. Cette dernière entre dans le diocèse de Mende en faisant étape àSaugues etChanaleilles (aujourd'hui toutes deux dans laHaute-Loire). Puis elle traverse laMargeride parSaint-Alban-sur-Limagnole avant de passer sur l'Aubrac en faisant étape àAumont-Aubrac,Malbouzon,Rieutort-d'Aubrac,Marchastel etNasbinals. L'étape suivante, le monastère-hôpital appelédomerie d'Aubrac, se situe dans l'ancienRouergue, l'actuel département de l'Aveyron.
La domerie est fondée à la suite du pèlerinage en 1120 d'un vicomte des Flandres du nom d'Adalard. Bien que située dans le Rouergue, la domerie a le soutien d'une partie de la noblesse du Gévaudan (principalement les familles de Peyre et Cénaret), et surtout, le prieur a droit d'entrée aux États particuliers du Gévaudan[94].

Les pèlerinages locaux étaient très nombreux dans le diocèse. Certains perdurent jusqu'à nos jours.
Ainsi, dans leValdonnez, tous les ans un pèlerinage se rendait sur letruc de Balduc, à la chapelle Saint-Alban. La légende raconte qu'une fois la messe dite éclatait systématiquement un grand orage.
À quelques kilomètres à l'est, sur la commune deBalsièges, le pèlerinage de Saint-Chaoussou s'est maintenu jusqu'à aujourd'hui. Un ermitage similaire se trouve au roc Saint-Gervais au-dessus du village des Douzes (entreLe Rozier etMeyrueis) dans lesgorges de la Jonte. Ce lieu sert d'ailleurs de cimetière aux habitants du village[95].
Au nord du diocèse, sur la commune dePaulhac-en-Margeride, se trouvait une église dans un lieu escarpé, Notre-Dame-de-Beaulieu. Cette église était le lieu d'un important pèlerinage. La ferveur fut la plus importante durant les ravages de laBête du Gévaudan, surtout en l'année 1767.
Notre-Dame deQuézac a longtemps été l'un des plus gros pèlerinages du diocèse. C'est d'ailleurs pour cela que le papeUrbain V avait fait construireun pont sur leTarn afin de faciliter l'accès aux pèlerins[96].
Sainte Thècle est depuis longtemps vénérée dans le diocèse. Ainsi l'ancienne paroisse deRocles l'avait choisi comme sainte patronne[97]. À Mende, les cryptes sous la cathédrale lui sont dédiées[98]. Il existe une chapelle sur la commune deSaint-Bonnet-de-Chirac où un pèlerinage est organisé tous les ans avant le[99].

Officiellement, le diocèse de Mende reconnaît unbienheureux, unesainte et septsaints[100] :
Chronologiquement, le premier de ces saints est le saint patron du diocèse,Privat de Mende. Il fut envoyé parAustremoine,évêque de Clermont et fut évêque de Mende durant les invasions vandales, sous les règnes de Valérien et Gallien. Il subit le martyre sur les hauteurs de Mende. À la suite de cela, les troupes vandales auraient épargné le peuple. Il est fêté le[100].
Vient ensuite,saint Ilpide, contemporain de Privat. Il était païen avant sa conversion auprès de l'évêque Privat. C'est lui qui aurait recueilli le corps de ce dernier après son martyre, et l'aurait enseveli là où se dresse maintenant la cathédrale. Il aurait également enseveli saintJulien de Brioude[100]. Il aurait à son tour subit le martyre. Il est également vénéré dans le diocèse du Puy. Il est fêté le[100].
AuIXe siècle, l'évêque du diocèse étaitFirmin, mais on ne sait où se situait le siège de l'évêché. Les actes de sa vie sont peu connus, mais son tombeau aurait été retrouvé en 1956 dans l'église deBanassac. C'est ce choix de sépulture qui vient étayer la théorie que le siège de l'évêché s'était fixé durant un temps à Banassac-La Canourgue. Il est fêté le[100].
Le saint suivant est également vénéré dans leVaucluse et lesHautes-Alpes, et est connu sous le nom deVéran de Cavaillon. Sa vie est entourée de légende. Né dans leValdonnez ou àBarjac, il est ordonné prêtre en 540, puis devient évêque de Cavaillon en 568[101]. Il aurait accompli plusieurs miracles dans la région deFontaine-de-Vaucluse, débarrassant notamment laSorgue duCoulobre. Il est fêté le[100].
Durant ce mêmeVIe siècle, naquit versJavolsLouvent ou Lupien. Il était abbé du monastère de Saint-Privat situé sur les hauteurs deMende. Le comte de Gévaudan, Innocent, l'accuse d'avoir prononcé des propos injurieux à l'encontre de la reineBrunehilde. Il se rend donc à la cour de la reine, où il est lavé de ces accusations. Alors qu'il traverse la Champagne, sur le chemin du retour, il est décapité par des hommes du comte. Reconnu martyr, il est fêté le[100].
Toujours auVIe siècle, l'un des évêques du diocèse futIlère ou Hilaire, qui participe auconcile de Clermont en novembre 535. Il aurait fait construire le monastère de Burlatis (Sainte-Enimie) et aurait résisté d'abord à la percée wisigothe enGévaudan, puis à l'incursion des Francs. Il tint contre ses derniers un siège depuis le château duCastel Merlet au-dessus deLa Malène dans lesgorges du Tarn. Il est fait mention d'un second saint Ilère, évêque de Mende, contemporain de sainte Énimie, mais son historicité est remise en cause[102]. Il est fêté le[100].
La seule sainte du diocèse aurait vécu auVIIe siècle. Supposée fille du roiClotaire II, et sœur deDagobert Ier,Énimie était donc une princesse mérovingienne. Atteinte de la lèpre, elle aurait suivi un ange jusqu'à une source miraculeuse à Burlatis dans lesgorges du Tarn. Sa vie est remplie de miracles et de légendes, de sa guérison à sa lutte épique contre le démon appelédrac[92]. Elle est fêtée le[100].
L'un des évêques les plus marquants du diocèse estFrézal, sur le siège de saint Privat auIXe siècle. Très aimé de ses contemporains, il aurait mis fin, après des siècles de lutte de la part de ses prédécesseurs, aux cultes païens qui persistaient autour dulac de Saint-Andéol. Il aurait élu résidence àLa Canourgue, où il aurait sa sépulture dans la chapelle qui porte son nom. En 828, il est assassiné, la tête tranché, par son propre neveu, Bucilinus, appelé à lui succéder à l'épiscopat. Le neveu serait mort le même jour, comme puni de son crime[103]. Il est fêté le4 septembre[100].
Enfin, Guillaume de Grimoard, plus connu sous le nom du papeUrbain V a étébéatifié en 1870 parPie IX[104]. C'est d'ailleurs le seul despapes d'Avignon à avoir été béatifié. Né auchâteau de Grizac, versle Pont-de-Montvert, il fut moine profès, abbé de Saint-Germain d'Auxerre, puis de Saint-Victor de Marseille. Il devint pape en septembre 1362. Son pontificat fut marqué par une grande volonté de ramener la papauté dans la ville éternelle deRome, ce qui ne fut possible que sous le pontificat de son successeur. Il est l'avant-dernier pape français. Il était traditionnellement fêté le (jour de sa mort) depuis le calendrier liturgique dePaul VI qui le considère comme saint bien qu'il ne le soit pas officiellement. Cependant, depuis leconcile Vatican II, sa fête a été déplacée au, jour de son couronnement[105].
Mises à part labasilique-cathédrale de Mende (gothique) et l'église de Bédouès (néo-gothique), l'ensemble du patrimoine du diocèse est destyle roman. L'architecture et la pierre employée varient cependant beaucoup en fonction des régions naturelles du diocèse. Ainsi, les églises de laMargeride et de l'Aubrac sont souvent en granite, avec unclocher-mur imposant. Les églises de Margeride étaient fréquemment peintes, ce que l'on retrouve aussi dans la vallée du Lot.
Les églises desCévennes sont généralement plus petites et enschiste. Elles ont souvent été transformées en templeprotestant avant de revenir, parfois, dans le giron catholique. L'un des exemples les plus caractérisants est l'église Notre-Dame-de-Valfrancesque appelée aussi temple de la Boissonade puisque l'édifice est protestant depuis 1832[106]. Cette église serait la plus ancienne du département encore debout[107]. Elle est classée au titre desmonuments historiques depuis 1929[108].
Ce sont au total 41 églises du diocèse qui sont protégées au titre des monuments historiques, auxquelles il faut ajouter 4 chapelles (Saint-Frézal àLa Canourgue, Notre-Dame-de-Cénaret àMas-Saint-Chély, Les Beaumes et La Madeleine àPied-de-Borne), mais aussi la cathédrale.
Si la grande majorité des églises a été construite sous l'Ancien Régime, des églises ont été reconstruites et de nouveaux édifices ont été construits auXIXe siècle. C'est le cas par exemple à Mende de la chapelle de l'Ermitage (vers 1850) et de l'église du Carmel (1883) ou encore de l'église deSaint-Germain-du-Teil (1880).
Le diocèse compte cinq anciennes collégiales (Notre-Dame de Quézac,Notre-Dame de la Carce à Marvejols,Saint-Hippolyte au Malzieu,Saint-Martin à La Canourgue, etBédouès) ainsi qu'une basilique mineure, la cathédrale ayant été érigée à ce rang en 1874 par le papePie IX[109],[110],[111].
La tradition avait conservé saint Sévérien comme premier évêque de Mende. Son nom a été effacé parGabriel de Choiseul-Beaupré car il s'agirait d'une confusion avecSévérien de Gabala. Toujours est-il que l'un des premiers à être considéré comme l'évêque du diocèse estsaint Privat, le saint patron du diocèse[6].
Parmi ces évêques, plusieurs sont originaires du diocèse. Les familles barroniales que sont la maison de Peyre (AldebertIer,Aldebert II,Guillaume IV etAldebert IV) et celle du Tournel (Aldebert III) ont apporté outre des évêques, plusieurs vicaires généraux[112]. La famille Lordet deChirac fournit deux évêques :Albert et son neveuGuillaume[112]. Si l'on ne connaît son lieu de naissanceÉtienne III d'Auriac est dit originaire du Gévaudan[23]. Les chevaliers pariers deLa Garde-Guérin ont donné à l'Église de MendePons de La Garde, neveu deGaucelin qui fut lui évêque de Lodève puis Maguelone[112]. Mende n'est pas en reste, avec l'évêqueBompar Virgile[112]. Enfin, auXXe siècle, un nouvel évêque lozérien est nommé au siège de saint Privat,René Boudon[113].Paul Bertrand, qui fut évêque de Mende 1989 à 2001 estévêque émérite. Le, le papeLéon XIV nommeJean Pelletier comme évêque du diocèse[114].
Sous l'Ancien Régime, le territoire du diocèse possède six chapitres : celui de la cathédrale et les collégiales de Bédouès, Marvejols, Quézac, Saugues et du Malzieu[115],
Il est également divisé en quatre archiprêtrés : Saugues, Javols, Barjac et Cévennes. Chaque archiprêtrés est divisé en paroisses. Au début duXVIIIe siècle on dénombre 200 paroisses réparties ainsi : 57 pour Saugues au nord-est, 57 pour Javols à l'ouest, 42 pour Barjac au centre, également 42 pour les Cévennes et enfin les paroisses de Mende et son annexe duChastel-Nouvel qui ne sont pas rattachées à un archiprêtré[115].
Durant le concordat, le nombre de paroisses est réduit à 151. mais une cinquantaine d'années plus tard, il s'élève à 215[75]. Ces paroisses appartiennent à desdoyennés eux-mêmes réparties entre les trois archiprêtrés. Ces nouveaux archiprêtrés correspondent sensiblement aux arrondissements alors en place (Marvejols, Mende et Florac).
Après leconcile Vatican II, les archiprêtrés sont supprimés et le diocèse est divisé en six zones : Florac, Langogne, Marvejols, Mende et Saint-Chély-d'Apcher[116],[75]. Le nombre de paroisses diminue progressivement : 138 en 1968, 133 en 1984[75].
Les zones sont elles-mêmes divisées en secteurs, parfois nommés communautés pastorales et qui reprennent sensiblement les contours des doyennés[75]. Ces secteurs suivent plus ou moins les contours des cantons. La répartition se fait ainsi :
La zone de Florac regroupeLe Collet-de-Dèze,Florac,Meyrueis etSainte-Enimie[117]. La zone de Langogne a aussi quatre secteurs :Châteauneuf-de-Randon,Grandrieu,Langogne etVillefort[118]. La zone de Marvejols possède seulement trois secteurs :La Canourgue,Marvejols etLe Massegros[119]. La zone de Mende regroupe six secteurs du cœur du diocèse :Bagnols-les-Bains,Le Bleymard,Chanac,Mende,Rieutort-de-Randon etValdonnez (canton de Mende-Sud)[120]. Enfin, la zone de Saint-Chély-d'Apcher compte également six secteurs :Aumont-Aubrac,Fournels,Le Malzieu-Ville,Nasbinals,Saint-Alban-sur-Limagnole etSaint-Chély-d'Apcher[121].

À partir de 2009, pour faire face à la baisse du nombre de pratiquants, et au manque de curés et de diacres, les subdivisions du diocèse sont entièrement revues pour se limiter à cinq paroisses. Disparaissent ainsi les notions de zone et de secteur. Lesmesses ont ainsi lieu de manière alternative entre les différents clochers, un pour chaque ancienne paroisse.
La paroisse Saint-Jacques a son siège àSaint-Chély-d'Apcher (église paroissiale Saint-Hilaire). Elle compte quatre curésin solidum et un prêtre associé[122]. Elle regroupe 52 clochers (répartis sur 46 communes) du nord ouest du diocèse, qui appartenaient auparavant à la zone pastorale deSaint-Chély-d'Apcher[122].
La paroisse Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus a son siège àLangogne (église paroissiale Saint-Gervais-Saint-Protais). Elle compte quatre curésin solidum, un prêtre associé et un diacre[123]. Elle regroupe 37 clochers de l'est du diocèse, qui appartenaient auparavant à la zone de Langogne. Parmi ces églises, quatre appartiennent audiocèse voisin de Viviers : Le Plagnal, Laveyrune et Lespéron et Saint-Alban-de-la-Montagne[123],[124].
La paroisse Saint-Privat a son siège àMende (Basilique-Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat). Elle compte trois curésin solidum, huit prêtres associés et quatre diacres[125]. Elle compte 33 clochers du centre du diocèse, qui appartenaient auparavant à la zone pastorale de Mende[125]. En plus de ces clochers, à Mende, des messes sont données régulièrement dans les églises, couvents ou chapelles de la ville (qui n'apparaissent pas dans le décompte des clochers).
La paroisse Saint-Frézal a son siège àMarvejols (église Notre-Dame-de-la-Carce). Elle compte quatre curésin solidum, cinq prêtres associés et deux diacres[126]. Elle regroupe 37 clochers (répartis sur 24 communes) du sud ouest du diocèse, qui appartenaient auparavant à la zone paroissiale deMarvejols[126].
Enfin, la paroisse Saint-Joseph a son siège àFlorac (église Saint-Martin). Elle compte trois curésin solidum et trois prêtres associés[127]. Elle regroupe 34 clochers du sud du diocèse, qui appartenaient auparavant à la zone paroissiale deFlorac. À ces clochers, il faut ajouter six anciennes paroisses (Le Collet-de-Dèze,Saint-Hilaire-de-Lavit,Saint-Julien-des-Points,Saint-Martin-de-Boubaux,Saint-Privat-de-Vallongue etVialas) qui sont desservies par lediocèse de Nîmes et deux (Le Rozier etLe Truel) qui sont desservies par lediocèse de Rodez et Vabres[127].
Outre l'évêque, l'administration du diocèse se répartit en un vicaire général, un chancelier, un responsable des actes de catholicité, un archiviste diocésain, un économe diocésain, un official et un responsable des legs[128].
Cinq conseils s'assurent d'administrer la vie du diocèse : le conseil épiscopal, le conseil presbytéral, le collège des consulteurs, le conseil diocésain pour les affaires économiques et le conseil diocésain des pastorale[128].
Le diocèse assure plusieurs missions, par le biais de différents services : Services pastoraux (catéchèse et catéchuménat, formation permanente, pastorale de la santé, pastorale de la solidarité, aumôneries, communication, pèlerinages...), des Services généraux et administratifs (économat, archives...).
Plusieurs journaux ont été fondés par des habitants du diocèse[129]. Ainsi, l'abbéAlexis Solanet était au début duXXe siècle le directeur de laSemaine religieuse de Mende. LaCroix de Lozère a disparu à la fin de laSeconde Guerre mondiale, cédant la place àLozère nouvelle[129]. De plus, le diocèse édite une revue mensuelle intituléeÉglise en Lozère[130].
Par ailleurs, le diocèse bénéficie d'une radio localeRCF Lozère, décrochage duréseau RCF[131].
Le diocèse possède aussi un site internet :www.diocese-mende.fr permettant de communiquer sur tout ce qui se vit au sein du diocèse et de donner des renseignements sur tout type d'informations liées à la vie de l'Église locale de Lozère.
Le diocèse assure la tutelle de l'enseignement catholique dans le département de laLozère par le biais de la direction diocésaine de l'enseignement catholique, au moyen de39 établissement répartis sur tout le département[132]. La répartition se fait en vingt-huit écoles primaires, six collèges et cinq lycées dont quatre d'enseignement général et professionnel, les lycées Saint-Pierre-Saint-Paul àLangogne, Saint-Joseph àMarvejols, Notre-Dame àMende et Sacré-Cœur àSaint-Chély-d'Apcher et un lycée agricole, le lycée Terre Nouvelle àMarvejols. Ces structures, qui disposent de 15 internats, accueillent environ 6 000 élèves chaque année[132].
Sous l'Ancien Régime, le diocèse était riche en communautés religieuses, bien que leur rayonnement fut principalement local.Ainsi, se trouvaient cinq monastères pour les hommes. Le premier, chronologiquement, est lemonastère de Sainte-Enimie, fondé auVIe siècle. Relevé auXe siècle, il a été placé sous la protection de l'abbaye Saint-Chaffre. Il a été désaffecté à partir de 1790[133].
Lemonastère de La Canourgue passe pour être aussi ancien. Il a été placé sous la protection de l'abbaye Saint-Victor de Marseille par l'évêqueAldebertIer de Peyre. L'église, aujourd'hui église paroissiale, a été en partie détruite en 1670 du fait de l'effondrement du clocher. Il a lui aussi été abandonné peu avant laRévolution française.
AuXe siècle, le comte du Gévaudan permet au moines de l'abbaye de Saint-Chaffre de bâtir lemonastère de Langogne.
Les deux derniers sont construits au siècle suivant, à l'initiative de l'évêqueAldebertIer de Peyre. Lemonastère Saint-Sauveur-de-Chirac, fondé conjointement par le baron de Peyre, frère de l'évêque, est placé dès sa fondation sous la protection de l'abbaye Saint-Victor de Marseille. C'est dans ce monastère que le futur pape Urbain V fait une partie de son noviciat. D'abordbénédictin, le monastère appartient auxjésuites auXVIe siècle. Il est vendu comme bien national à laRévolution française. Lemonastère du Rozier est de la même époque. En plus de l'évêque, les seigneurs de Canilhac ont beaucoup aidé à sa fondation. Un des membres de la famille, Pons, étéabbé d'Aniane, abbaye bénédictine sous laquelle le monastère plaça sa protection.
De plus, de nombreux moines du diocèse rejoignaient ladomerie d'Aubrac, à la frontière entre leRouergue et le Gévaudan. La domerie recevait de nombreux dons des barons de Cénaret et de Peyre, et le dom avait droit d'entrée aux États particuliers du Gévaudan.
À cette liste de monastères, il faut ajouter deux abbayes pour les femmes. La plus ancienne est l'abbaye de Mercoire, abbayecistercienne fondée auXIIe siècle par la maison de Randon. Elle n'était rattachée à aucune maison mère, mais était liée à l'abbaye masculine de Mazan en Vivarais. Elle est dissoute en 1792, et les bâtiments sont toujours visibles. L'autre était l'abbaye du Chambon, abbaye bénédictine fondée auXIIIe siècle par la maison de Peyre sur ses terres. Elle disparaît en 1792[134], le bâtiment est aujourd'hui en ruines.
Neuf communautés existent encore dans le diocèse. Si toutes suivent des règles de vie consacrée, il y a peu de couvent. Parmi ses communautés, deux ne sont pas rattachées à un lieu précis, mais sont constituées d'un regroupement de plusieurs communautés du diocèse : l'institut Saint-Joseph et la Sainte-Famille.
Quatre communautés se trouvent àMende : les sœurs de l'adoration de Picpus (couvent de l'adoration), le couvent Carmel[N 6],[135], la communauté religieuse des Servantes des pauvres deJeanne Delanoue[N 7] et les servantes du Sacré-Cœur.
Les autres se situent àMarvejols (communauté des dominicaines Notre-Dame-du-Rosaire),Saint-Chély-d'Apcher (communauté des frères du Sacré-Cœur) etVillefort (communauté jésuite de la Viale). Enfin, lesursulines de l'Union romaine, sont divisées en deux communautés Sainte-Angèle, basées l'une àChirac et l'autre àIspagnac.
Ne sont pas répertoriés ici les ecclésiastiques qui ont fait leur carrière exclusivement au sein du diocèse de Mende.




Plusieurs grandes abbayes ont été administrées par des personnes originaires du diocèse de Mende. On retrouve ainsi les abbés suivantes :
Les abbesses originaires du Gévaudan, l'ont souvent été dans des abbayes des diocèses limitrophes :
Par ailleurs, Jourdaine de Villaret, sœur du grand-maître hospitalierGuillaume de Villaret fut la première prieure du prieuré de Fieux àIssendolus dans leQuercy[162].

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Les saints et bienheureux dudiocèse de Mende | |
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