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Deutérium

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Hydrogène 2
Description de l'image Hydrogen-2.svg.

table

Général
NomDeutérium, hydrogène 2
Symbole2
1
H
1
Neutrons1
Protons1
Données physiques
Présence naturelle0.0145 %[1]
Demi-vieStable
Masse atomique2,01410177784(2)u
Spin1+
Excès d'énergie13 135,722 90 ± 0,000 02 keV[1]
Énergie de liaison parnucléon1 112 ± 0 kev[1]

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Ledeutérium, noté2H ouD, est l'isotope de l'hydrogène dont lenombre de masse est égal à 2 : sonnoyau atomique, appelédeuton oudeutéron, compte 1 proton et 1 neutron avec unspin 1+ pour unemasse atomique de 2,014 101 777 8 g/mol. Il est caractérisé par unexcès de masse de13 135,722 9 keV et uneénergie de liaison nucléaire parnucléon de1 112 keV[1]. Il s'agit d'unisotope stable[a] découvert en 1931 parHarold Clayton Urey,chimiste à l'université Columbia ; cette découverte lui valut leprix Nobel de chimie en 1934.

Tube à gaz au deutérium.

Différences entre protium et deutérium

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Molécule de dideutérium telle que l'on peut la trouver dans la nature.

Symbole chimique

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L'UICPA recommande de représenter le deutérium par le symbole2H afin de préserver l'homogénéité de ses dénominations, mais tolère le symbole D qui est largement utilisé[b]. La raison de cette tolérance serait à chercher dans le fait que, de tous les éléments chimiques, l'hydrogène est celui dontles isotopes ont des différences de masse relatives les plus élevées. Cela a des conséquences sur leurs propriétés physico-chimiques respectives. La masse atomique duprotium1H est ainsi de 1,007 825 032 14 u alors que celle du deutérium2H est de 2,014 101 777 99 u[2].

Abondance naturelle

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Le deutérium existe naturellement à l'état de traces : sonabondance (nombre d'atomes par rapport au protium) est de 0,002 25 %dans l'Univers et surJupiter etSaturne[3], mais de 0,0156 % sur Terre[4]. Il se trouve éventuellement sous forme dedideutérium D2, mais sa forme la plus fréquente dans l'Univers est de loin ledeutérure d'hydrogène (HD ou1H-2H), dans lequel un atome de deutérium est lié à un atome de protium par une liaison électronique simple[5].La proportion massique de deutérium dans l'eau pure à20 °C est voisine de 33,5 g/m3[6] et dans l'eau de mer de 32,4 g/m3 ; cela représente 4,8 × 1013 tonnes (48 000 milliards de tonnes) de deutérium — principalement sous forme de HDO et seulement rarement sous forme deD2O — dans l'ensemble des 1,4 × 1018 tonnes (1,4 milliard de milliards) d'eau des océans[réf. nécessaire].

La présence de deutérium sur Terre, dans le reste duSystème solaire et dans le spectre desétoiles est une donnée importante de lacosmologie physique, car les noyaux2H ne peuvent s'être formés aux abondances observées que lors de lanucléosynthèse primordiale[c]. La présence d'une fraction faible, mais constante, de deutérium partout où l'on trouve de l'hydrogène dans l'Univers (hormis dans les géantes gazeuses qui ont une concentration accrue en deutérium, mais dont la taille relative reste toutefois très petite par rapport à celle de l'Univers), est un argument en faveur de la théorie duBig Bang par rapport à lathéorie de l'état stationnaire : on pense que l'abondance relative du deutérium par rapport à l'hydrogène est demeurée essentiellement constante depuis lanucléosynthèse primordiale, il y a13,7 milliards d'années[7].

Le rapport d'abondance du deutérium par rapport au protium au début de l'histoire du Système solaire est estimé à 0,002 25 % lui aussi[8], les valeurs surVénus (1,6 %)[9],[10] et surMars (0,093 %)[11] sont respectivement 90 à115 fois et 5 à7 fois plus élevées que sur Terre, ce qui est interprété comme un vestige de la présence passée d'eau sur ces deux planètes[12].

Propriétés physicochimiques et effets physiologiques

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Le deutérium gazeux (D2) est légèrement plusvisqueux que le protium (1H2)[13].

Au plan chimique, le deutérium présente uneffet isotopique significatif : il est un peu moins réactif que le protium et forme des liaisons (liaison covalente etliaison hydrogène) légèrement plus fortes. Absorber de l'eau lourde plutôt que de l'eau naturelle n'est pas sans conséquences sur l'organisme, des expériences sur des animaux de laboratoire indiquant que les effets les plus notables se manifestent en premier au niveau des cellules à division rapide, en affectant lesmitoses et accélérant ainsi la dégradation des tissus (voir « Eau lourde »).

Des problèmes digestifs commencent à surgir chez les animaux avec un taux de remplacement physiologique de l'ordre de 25 %, ainsi que des problèmes de stérilité dus au fait que lesméioses sont bloquées autant que les mitoses. On a observé que, dans ces conditions, les plantes cessent de croître et que les graines cessent de germer. À un taux de deutération voisin de 50 %, leseucaryotes sont atteints de lésions létales (chez les animaux, défaillances graves au niveau de l'intestin et des os, notamment) tandis que lesprocaryotes survivent dans l'eau lourde pure, affectés semble-t-il simplement par une croissance ralentie[14].

Caractéristiques

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Aux températures ordinaires, le deutérium est un gaz (HD ou D2). Il est très rare et difficile à exploiter. Samasse volumique est de 0,168 kg/m3 dans lesconditions standard etmasse atomique de 2,014 101 777 99 u.

Applications

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L'eau lourde peut être concentrée par l'homme. Elle sert principalement demodérateur des neutrons dans lesréacteurs nucléaires de type canadien (Candu), argentin (deuxréacteurs à eau lourde pressurisée conçus parSiemens) ou grenoblois (réacteur à haut flux ILL). Le deutérium présente unesection efficace de 0,53 mb auxneutrons thermiques[d] (formation detritium) et 7 × 10−3 mb auxneutrons rapides. Le principal « producteur » de deutérium (par enrichissement ou concentration de deutérium utilisé dans l'eau lourde comme absorbeur de neutrons dans certains types de réacteurs nucléaires) était leCanada jusqu'en 1997, date de la fermeture de sa dernière usine ; depuis, l'Inde aurait pris le relais, également dans le cadre de son industrie nucléaire[réf. nécessaire].

Le deutérium est et sera également utilisé dans les futurs réacteurs àfusion nucléaire contrôlée[réf. nécessaire], car il représente un des deux principaux éléments du combustible de la fusion, l'autre étant letritium. Le deutérium est par conséquent une matière nucléaire dont la détention est réglementée (Article R1333-1 du code de la défense).

Article détaillé :Contrôle des matières nucléaires.

Les solvants deutérés (solvant dans lesquelles les atomes deprotium sont remplacés par du deutérium) sont largement utilisés enRMN du proton, car ils présentent l'intérêt de ne pas apparaître sur le spectre ; en effet, la fréquence de résonance du deutérium est différente de celle du protium[pas clair].

Il a été proposé d'utiliser les rapports d'isotopes stables d'hydrogène (Delta D ou δD) pour retracer l'origine de la nourriture de certains animaux, et par exemple pour déterminer la provenance d'un poisson dans un bassin versant, ce qui présupposait une absence d'effetmétabolique outrophique sur le « Delta D » des tissus. une étude a montré (2011) que quatre poissons ayant grandi dans le même milieu présentaient néanmoins (selon leur taille et position trophique) des valeurs très différentes de δD (Selon les auteurs, l'explication pourrait être un effet métabolique et/ou un cumulatif du Delta D de l'eau ambiante sur l'H échangeable à chaque stade trophique). Cette expérience a montré qu'il fallait prendre en compte la taille et le type d'aliments consommés pour ainsi détecter l'origine des poissons[15].

Antideutérium

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Unantideutéron est l'équivalent enantimatière du deutéron (hydron du deutérium), composé d'unantiproton et d'unantineutron. L'antideutéron a été produit pour la première fois en 1965 par leProton Synchrotron auCERN[16] et par lesynchrotron à gradient alterné aulaboratoire national de Brookhaven[17]. Un atome entier, avec unpositon rattaché au noyau, devrait être appeléantideutérium mais, en 2005, l'antideutérium n'a pas encore été créé. Le symbole proposé pour l'antideutérium estD[18].

Dans la culture populaire

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  • Le deutérium est amplement mis en avant dans les jeux en ligneOGame et Xspace où il est utilisé dans les processus de recherche, mais aussi comme carburant et source d'énergie (via des centrales à fusion).
  • Dans l'univers deWarhammer 40,000, certaines armes utilisent le deutérium.
  • Dans l'univers deStar Trek, le deutérium est utilisé dans le système de propulsion des astronefs.
  • Dans l'univers deStargate SG-1, le deutérium, extrait de l'eau lourde, est utilisé pour alimenter une centrale à fusion contrôlée sur la planète Euronda.
  • Dans l'univers deHalo, le deutérium est utilisé pour carburer les vaisseaux humains dans l'espace normal. Il sert aussi à auto-détruire le vaisseau en saturant la chambre à fusion avec le deutérium.
  • Dans le jeu vidéoDeuteros: The Next Millennium, édité par Activision en 1991, et sorti sur Amiga et Atari ST, le joueur va extraire différents minerais dont du deutérium pour partir à la conquête spatiale.
  • Dans le jeu vidéoNo Man's Sky, le deutérium doit être raffiné à partir de tritium et de dihydrogène ; il sert à fabriquer quelques technologies.

Notes et références

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Notes

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  1. En plus du deutérium, les quatre autres atomes stables ayant un nombre impair à la fois de protons et de neutrons sont lelithium 6, lebore 10, l'azote 14 et letantale 180m.
  2. Quand dans uneformule chimique ou tout autre contexte on utilise le symbole D, alors H devient le symbole duprotium et non plus celui de l'élément chimiquehydrogène. On note par exemple « HDO » la formule de l'eau semi-lourde.
  3. Le deutérium peut également être formé par des radioactivités exotiques, intermédiaires entre laradioactivité α et lafission spontanée, et qu'on appelle laradioactivité de clusters.
  4. On trouve aussi 0,3 mb aux neutrons thermiques.

Références

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  1. abc etd(en) « Live Chart of Nuclides:2
    1
    H
    1
     », surwww-nds.iaea.org,AIEA,(consulté le)
    .
  2. (en) G. Audi et A. H. Wapstra, « The 1995 update to the atomic mass evaluation »,Nuclear Physics A,vol. 595,‎,p. 409-480.
  3. Plus précisément (0,225 ± 0,035) × 10−4, voir(en) E.Lellouch, B.Bézard, T.Fouchet et H.Feuchtgruber, « The deuterium abundance in Jupiter and Saturn from ISO-SWS observations »,Astronomy & Astrophysics,vol. 370,no 2,‎,p. 610–622(ISSN 0004-6361 et1432-0746,DOI 10.1051/0004-6361:20010259).
  4. Soit 1,56 × 10−4 ou156ppm, voir(en) R.Hagemann, G.Nief et E.Roth, « Absolute isotopic scale for deuterium analysis of natural waters. Absolute D/H ratio for SMOW »,Tellus,vol. 22,no 6,‎,p. 712–715(DOI 10.1111/j.2153-3490.1970.tb00540.x).
  5. (en)IUPAC Commission on Nomenclature of Inorganic Chemistry (en), « Names for Muonium and Hydrogen Atoms and their Ions »,Pure and Applied Chemistry,vol. 73,‎,p. 377-380(DOI 10.1351/pac200173020377,lire en ligne[PDF]).
  6. (fr + en) « Les combustibles », surITER(consulté le).
  7. (en)Lawrence M. Krauss & Robert J. Scherrer « The End of Cosmology? »,Scientific American, mars 2008.
  8. Plus précisément (0,225 ± 0,035) × 10−4, voir(en) FranckHersant, DanielGautier et Jean‐MarcHure, « A Two‐dimensional Model for the Primordial Nebula Constrained by D/H Measurements in the Solar System: Implications for the Formation of Giant Planets »,The Astrophysical Journal,vol. 554,no 1,‎,p. 391–407(ISSN 0004-637X et1538-4357,DOI 10.1086/321355).
  9. (160 ± 20) × 10−4, voir(en) David C.Catling et James F.Kasting,Atmospheric evolution on inhabited and lifeless worlds, Cambridge university press,(ISBN 978-0-521-84412-3).
  10. (en) T. M., J. H.Hoffman, R. R.Hodges et A. J.Watson, « Venus Was Wet: A Measurement of the Ratio of Deuterium to Hydrogen »,Science,vol. 216,no 4546,‎,p. 630–633(ISSN 0036-8075 et1095-9203,DOI 10.1126/science.216.4546.630).
  11. (9,3 ± 1,7) × 10−4, voir(en) P. R.Mahaffy, P. G.Conrad etMSL Science Team, « Volatile and Isotopic Imprints of Ancient Mars »,Elements,vol. 11,no 1,‎1er février 2015,p. 51–56(ISSN 1811-5209 et1811-5217,DOI 10.2113/gselements.11.1.51).
  12. Thérèse Encrenaz et James Lequeux,L'exploration des planètes : De Galilée à nos jours... et au-delà, Paris,Belin,coll. « Pour la science »,, 223 p.(ISBN 978-2-7011-6195-2),chap. 10 (« Les enjeux de la planétologie d'aujourd'hui »),p. 185.
  13. (en) David R. Lide,CRC Handbook of Chemistry and Physics, Internet Version 2005,.
  14. (en) D. J. Kushner, Alison Baker, and T. G. Dunstall, « Pharmacological uses and perspectives of heavy water and deuterated compounds »,Can. J. Physiol. Pharmacol.,vol. 77,no 2,‎,p. 79–88(PMID 10535697,DOI 10.1139/cjpp-77-2-79).
  15. Soto D.X, Wassenaar L.I, Hobson K.A, Catalan J & Trudel M (2011)Effects of size and diet on stable hydrogen isotope values (δD) in fish : implications for tracing origins of individuals and their food sources.Canadian Journal Of Fisheries & Aquatic Sciences, 68(11), 2011-2019. doi:10.1139/f2011-112
  16. (en) Massam, T, Th.Muller, B.Righini, M.Schneegans et A.Zichichi, « Experimental observation of antideuteron production »,Il Nuovo Cimento,vol. 39,‎,p. 10–14(DOI 10.1007/BF02814251,Bibcode 1965NCimS..39...10M)
  17. (en) Dorfan, D. E, J.Eades, L. M.Lederman, W.Lee et C. C.Ting, « Observation of Antideuterons »,Phys. Rev. Lett.,vol. 14,no 24,‎,p. 1003–1006(DOI 10.1103/PhysRevLett.14.1003,Bibcode 1965PhRvL..14.1003D)
  18. (en) PChardonnet, JeanOrloff et PierreSalati, « The production of anti-matter in our galaxy »,Physics Letters B,vol. 409,‎,p. 313–320(DOI 10.1016/S0370-2693(97)00870-8,Bibcode 1997PhLB..409..313C,arXiv astro-ph/9705110)

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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