
Denis de Sallo, Sieur de la Coudraye, né le près deSainte-Hermine et mort le àParis, est le fondateur duJournal des savants, le premier périodique littéraire et scientifique d'Europe.
Nommé conseiller auParlement de Paris en 1653, c'est sous le pseudonyme de son valet de chambre, « le sieur d'Hédouville », qu'il fait paraître le premier numéro duJournal des sçavans, le. L'accueil réservé à cette publication, qui est aussitôt imitée par laRoyal Society deLondres, lui montre qu'il avait vu juste et que l'ère de la correspondance manuelle, seul moyen pour les savants de communiquer entre eux jusque-là, serait bientôt révolue.Colbert, qui avait patronné l'entreprise, eut sans doute lui aussi tout lieu d'être satisfait.
Denis de Sallo n'avait toutefois pas prévu que les critiques acerbes qu'il se permettait parfois à l'égard de ses pairs allait provoquer des réactions tout aussi vives. L'historien de la littératureIsaac D'Israeli rapporte queMénage, dont un ouvrage sur le droit avait suscité les railleries duJournal, s'insurgea contre une telle diffamation entre confrères[1]. D'Israeli raconte encore que Denis de Sallo aurait eu la témérité de défendre l'Église gallicane et se serait ainsi attiré les foudres d'un nonce du pape. Toujours est-il que la publication duJournal est interrompue pendant quelques mois après la sortie de son13e numéro. Denis de Sallo est remercié et remplacé par l'abbéJean Gallois, dont la docilité et la neutralité des propos auront à leur tour le don de fomenter l'ire des lecteurs.
Voltaire, qui eut lieu, lui aussi, de se plaindre des gazettes, rédige ainsi la notice de Denis de Sallo dans sonSiècle de Louis XIV :
« Sallo (Denys de), né en 1626, conseiller au parlement de Paris, inventeur des journaux.Bayle perfectionna ce genre, déshonoré ensuite par quelques journaux que publièrent à l’envi des libraires avides, et que des écrivains obscurs remplirent d’extraits infidèles, d’inepties, et de mensonges. Enfin on est parvenu jusqu’à faire un trafic public d’éloges et de censures, surtout dans des feuilles périodiques ; et la littérature a éprouvé le plus grand avilissement par ces infâmes manèges[2]. »
Denis de Sallo est par ailleurs l'auteur d'un ouvrage intituléDes Légats, traité sommaire fait au sujet de la légation du cardinal Chisi qui doit venir en France en exécution du Traité de Pise, paru en 1665.