Denis Kessler, né le àMulhouse et mort le àNeuilly-sur-Seine, est un économiste, chercheur et dirigeant d'entreprise français.
Il a été vice-président du principal syndicat patronal français, leMEDEF. Il est président-directeur général du groupeScor de 2002 à 2021 puis président du conseil d'administration de ce groupe, de 2021 à sa mort. En 2016, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques[1].
À cette époque, il adhère à l'UGE, l'Union des grandes écoles, un syndicat étudiant alors proche de l'Union des étudiants communistes, organisation duPCF[5].
Denis Kessler accède en 1990 à la présidence de laFédération française des sociétés d'assurances (FFSA), le principallobby des compagnies d'assurances. Comme son fondateurMax Hermant, il est alors plus un intellectuel patronal qu'un patron[9]. Il préside la FFSA de 1990 à 1997 et de 1998 au 4 novembre 2002. Il est membre de 1990 à 1996 puis vice-président de 1998 à 2001 du Comité européen des assurances (CEA)[10].
Ayant rencontréFrançois Ewald au début des années 1990, ils« posent ensemble les pierres angulaires d'une rénovation politico-idéologique du patronat. Leur innovation, c'est de penser le risque non plus comme une prérogative de l'entrepreneur justifiant le profit, mais en l'étendant à la société tout entière », une vision qui inspire largement les discours d'Ernest-Antoine Seillière distinguant« “riscophiles” et “riscophobes” »[11].
Denis Kessler est directeur général et membre du comité exécutif d'AXA en 1997 et 1998[10]. Il devientprésident-directeur général du groupeScor (réassurance) le 4 novembre 2002[12],[13] et conserve cette fonction jusqu'en 2021[14]. Du à sa mort, il en garde la présidence du conseil d'administration.
Membre de la Commission économique de la nation depuis 1984
Membre du Conseil national du crédit et président de son comité des usagers
Président du Reinsurance Advisory Board
Président du Global Reinsurance Forum
Administrateur de la banque Dexia (1999-2009), de Bolloré (1999-2013), deBNP Paribas (2000-21), d'INVESCO (depuis 2002), de Dassault AviationDassault Aviation (2003-14)[1],[10]
Membre de l’Association de Genève (Association internationale pour l’étude de l’économie de l’assurance) à partir de 1995, membre de son conseil d’administration depuis 2005
Global Counsellor du Conference Board - depuis novembre 2006
En2013, Denis Kessler a perçu 5,13 millions d'euros (+ 10 % par rapport à 2012) de rémunération pour sa fonction de PDG de Scor[15].
En 2020, sa rémunération, votée par les actionnaires à 78,04 %[16] contre 54,56 % en 2019[17], s'établit à 6 millions d'euros, dont 4 millions en actions[18]. Cette rémunération fait l'objet de sévères critiques depuis 2018 de la part dufond activiste Ciam, qui met en avant la baisse du cours de l'action de Scor, qui chute de 29,4 % en 2020[19],[20].
En mai 2021, la fortune professionnelle de Denis Kessler, comprenant essentiellement une participation de 0,88 % au capital de Scor, est estimée à 45 millions d'euros[21].
Denis Kessler meurt le àNeuilly-sur-Seine[22] à l'âge de 71 ans des suites d'une longue maladie. Son décès est annoncé officiellement le jour-même par un communiqué de presse publié par le groupe Scor[23],[24].
En septembre 2008, Denis Kessler est élu « Industry Personality of the Year 2008 » pour sa contribution au secteur de l'assurance et de la réassurance par le jury desWorldwide Reinsurance Awards, organisé par le magazineReactions[27].
En 2013, il est élu « Financier de l’année 2012 »[28] dans le cadre du prix organisé par l’ANDESE, Association nationale des docteurs ès sciences économiques et en sciences de gestion, et l’hebdomadaireInvestir-Journal des finances.
En juin 2013, il reçoit le titre deReinsurance CompanyCEO of the Year lors des « Reactions London Market Awards » organisés par le magazineReactions[29].
En janvier 2014, il est élu par les membres de l’International Insurance Society pour rejoindre l’« Insurance Hall of Fame »[30], considéré comme la distinction la plus prestigieuse du secteur de l’assurance.
Éditorialiste àChallenges[31], il est un adversaire du système de protection sociale « à la française » et se donne, en 2007, la mission d’influencer la politique du gouvernement, déclarant :
« Le modèle social français est le pur produit duConseil national de la Résistance. […] Il est grand temps de le réformer. […] La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement leProgramme du Conseil national de la Résistance[32] ! »
Il loue alors la nouvelle génération de dirigeants, incarnée selon lui parNicolas Sarkozy[32]. En 2012, il prône l'abolition de laloi des 35 heures, s'étant, dès le début, opposé aux deux lois Aubry[4], et, auparavant, à la loi Robien sur la réduction du temps de travail[5], loi des 35 heures dont il décrit les conséquences négatives pour l'économie française[33].
Avec Dimitri Germidis et Rachel Meghir, « Systèmes financiers et développement : quel rôle pour les secteurs financiers formel ou informel ? », OCDE, 1991[36]
↑a etbGérard Quenel, « Denis Kessler, de la recherche au CNRS à la direction du Medef (1976-1998), Essai d’explication sociologique d’une trajectoire »,Université Paris 1 Panthéon–Sorbonne, département de Science politique,(lire en ligne).