Daniel Defoe est probablement né Fore Street à Londres, dans la paroisse deSt. Giles duborough Cripplegate[4]. La famille de Daniel Defoe[5] est originaire desFlandres. Son père, James, qui tient une boutique de chandelles dans le quartier populaire deCripplegate, est unprotestant, membre d'une églisepuritaine, lespresbytériens. En 1673, il confie l’éducation de son fils au révérendCharles Morton(en), qui dirige près de Londres une institution privée à Newington Green, académie dissidente qui le prépare à la carrière de ministre presbytérien[6].
Entrepreneur à partir de 1682, Daniel Defoe s'occupe de diverses affaires pendant vingt ans : commerce (bonneterie de gros, tuilerie), spéculation, politique. Il fait faillite à plusieurs reprises, ce qui lui vaut plusieurs séjours en prison, comme laprison de la Fleet le 29 octobre 1692 après une faillite retentissante (17 000 livres de dettes)[7].
Appartenant au parti deswhigs et desnon-conformistes, il combat dans plusieurs pamphlets virulents le gouvernement impopulaire deJacques II d'Angleterre, et prépare de tout son pouvoir laGlorieuse Révolution de[8]. Il jouit de quelque faveur auprès deGuillaume III d’Orange, et obtient alors des emplois lucratifs. Il propose àRobert Harley, comte d’Oxford et speaker de lachambre des Communes, un projet de services secrets, l’ébauche d’une police politique qui donnerait au gouvernement un état de l’opinion publique.
Sous le règne de la reineAnne, il est condamné en aupilori et à la prison pour avoir écritLe plus court chemin pour en finir avec les dissidents, unpamphlet contre l’intolérance de l’Église anglicane[9],[10]. Il publie, depuis laprison de Newgate, laWeekly Review, une revue d'actualité qui a une grande diffusion, entre et et finit par être éditée trois fois par semaine dès[11].
Mémorial réalisé par Samuel Horner et érigé en l'honneur de Defoe grâce à une souscription du journalChristian World aucimetière de Bunhill Fields deLondres où il fut inhumé.
Une fois que Defoe a retrouvé sa liberté, Harley l'envoie dans tout le pays durant l’été 1704 sous le pseudonyme d’Alexander Goldsmith. Deux années plus tard, le même Harley lui confie la tâche capitale de travailler à l’union de l’Écosse et de l’Angleterre. Il s’agissait de se rendre àÉdimbourg pour préparer les négociations pour l’union des parlementaires anglais et écossais. Defoe, presbytérien comme beaucoup d’Écossais, devient rapidement un « ami de l’Écosse » et réussit dans cette mission. D’autres missions lui seront confiées par la suite en tant qu’agent secret. Il organise l’infiltration réussie desjacobites, les partisans desStuarts, qui conspirent pour la restauration de cette maison. C’est lui également qui avertit en1717 le ministre Charles Townshend, de l’imminence d’une insurrection dans laquelle est impliquée laSuède. Des pamphlets lui ayant attiré de nouveau la disgrâce, il fut alors dégoûté de la politique et ne s’occupa plus que de littérature.
Son roman le plus célèbre,Robinson Crusoé (), raconte la survie d'un naufragé dans une île déserte. Il se serait inspiré de l'aventure d'Alexandre Selkirk, un marin écossais qui aurait débarqué sur l'île inhabitée deMás a Tierra (archipel Juan Fernández) où il a survécu de à[12]. D'autres sources évoquent l'histoire d'Henry Pitman comme inspiration pour le récit[13].
Il publie dans les quinze dernières années de sa vie plusieurs ouvrages originaux qui obtiennent pour la plupart beaucoup de succès :L'Instituteur de famille,, qui a connu une vingtaine d’éditions ; laVie et les Aventures de Robinson Crusoé, ; laVie du capitaine Singleton ;Histoire de Duncan Campbell, — deMoll Flanders, — ducolonel Jack, — deRoxana ;Mémoires d’un cavalier,- ;Histoire politique du Diable, ;Système de magie,.
Ses nombreux livres sont des témoignages précieux sur le développement économique, social, démographique et culturel de l'Angleterre et l'Écosse du tournant desannées 1700.
Robinson Crusoé a été traduit dans un grand nombre de langues. La première traduction française, parThémiseul de Saint-Hyacinthe etJustus van Effen, paraît dès. La plus fidèle traduction française reste probablement celle deMmeAmable Tastu, publiée en. C'est celle dePétrus Borel qui connaît, jusqu'en 2020, le plus grand nombre de rééditions.
Essais sur divers projets –An Essay upon Projects,1695 ou1697 : très en avance sur son époque, D. Defoe y prônait l’éducation « des femmes et des filles » ;
L'Anglais bien né –The True-born Englishman,1701 : pamphlet ;
Robinson Crusoé –The Life and Strange Surprizing Adventures of Robinson Crusoe, of York, Mariner (Robinson Crusoe),1719 : le roman s'inspire de la vie d'un marin écossais,Alexandre Selkirk, abandonné à sa demande sur une île déserte (Archipel Juan Fernández) au large duChili, en1705 (ce qui avait alors suscité une vive indignation enGrande-Bretagne) ;
Satan's Devices; Or, The Political History of the Devil, Ancient and Modern, 1726 ; réédition, Davies & Eldridge, 1829, dessins de G.M. Brighty, gravures de T. Wallis
Robinson Crusoé, éditions illustrées :
par Newell Coners Wyeth, Cosmopolitan, 1920, 14 ill.[réf. nécessaire] ;
Histoire générale des plus fameux pyrates –A General History of the Pyrates,1724-1728 : signé ducapitaine Charles Johnson, cet ouvrage est fréquemment attribué à Defoe. Il rassemble trente-huit récits prétendument historiques sur la piraterie dont un sur la République deLibertalia. Des recherches historiques menées au début des années 2000 laissent cependant supposer que l'auteur serait plutôt le journaliste anglaisNathaniel Mist(en), bien qu'une contribution de Defoe ne soit pas à exclure[16].
↑C'est le nom qui apparaît dans uneillustration etune page de l'édition française publiée en 1836 par Borel et Varenne. Le nom est aussi écritDe-Foe sur le monument du cimetière de Bunhill Fields.
↑Daniel de Foë (trad. Pétrus Borel),Robinson Crusoé, Paris, Francisque Borel et Alexandre Varenne,(lire en ligne), pages iii et iv
↑Jean Béranger,Les hommes de lettres et la politique en Angleterre de la révolution de 1688 à la mort de George Ier, Faculté des lettres et sciences humaines,,p. 28.
DanielDefoe,Histoire des pirates anglois depuis leur etablissement dans l'ile de la Providence, jusqu'à present, contenant toutes leurs avantures, pirateries, meurtres, cruautéz & excés : Avec la vie & avantures des deux femmes pirates Marie Read & Anne Bonny, et un extrait des loix, & des ordonnances concernant la piraterie, Utrecht, Jacques Broedelet,, 315 p.(lire en ligne)