Surnom | Dan Ar Braz |
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Nom de naissance | Daniel Le Bras |
Naissance | (76 ans) Quimper (France) |
Activité principale | Musicien,compositeur,parolier,chanteur |
Genre musical | Musique celtique,musique bretonne,rock celtique |
Instruments | Guitare électrique (Godin,Music Man),guitare acoustique,harmonica |
Années actives | Depuis lesannées 1960 |
Labels | Coop Breizh |
Site officiel | www.danarbraz.com |
Dan Ar Braz[ˈdãːnːarˈbrɑːs][1], nom de scène deDaniel Le Bras, né le àQuimper (Finistère), est unguitariste etauteur-compositeur-interprètefrançais.
De culturebretonne, la majeure partie de son œuvre relève de lamusique celtiqueélectrique. Dan Ar Braz accompagne dès la fin desannées 1960Alan Stivell, précurseur de lamusique bretonne moderne. Jusqu'en 1977, il est au côté duharpiste breton pour ses albums mais surtout sur scène, porté par la « vague » bretonne en France et à l'international. À l'époque où il joue avec les Anglais deFairport Convention dans lesannées 1970, il est considéré par le magazine britanniqueMelody Maker comme un des dix meilleurs guitaristes vivants au monde.
Après une période en solo, ponctuée d'albums plus intimistes et de concerts à l'étranger, il se lance dans l’aventure de l’Héritage des Celtes en1993, qui fédère de nombreux artistes européens. Cette réunion autour desmusiques celtiques rencontre un large succès populaire en France et une reconnaissance professionnelle, étant récompensée par deuxVictoires de la musique. En1996, il représente la France auconcours de l’Eurovision avec unechanson en breton.
Lorsqu'il met un terme à la réunioninterceltique, il se recentre sur la Bretagne et privilégie les collaborations avec ses amis :Carlos Núñez,Jean-Jacques Goldman,Jean-Félix Lalanne,Clarisse Lavanant, les sonneurs duBagad Kemper, etc.
La passion de la musique s'installe en lui très jeune, quand il emprunte la guitare de son père pour « gratouiller »[2]. Il écoute avec envie un groupe de garçons de son école Saint-Louis àChâteaulin — où il est pensionnaire — qui enchaîne des morceauxcountry sous le nom des Inutiles. Il a dix ans lorsqu'il entend avec émotion le son d'unecornemuse écossaise lors d'une promenade en bateau au large deBénodet. Il lui faut attendre sacommunion solennelle en 1962 pour obtenir l'achat de sa première guitare personnelle, unesemi-acoustique[3].
Âgé de quatorze ans, il prend trois cours de musique avec une Quimpéroise, souhaitant apprendreApache desShadows etSatisfaction[4]. Puis il arrête et progresse seul à l'oreille[2]. Son goût pour lerock lui fait écouter des artistes commeCliff Richard,les Shadows,Bob Dylan et un peu plus tard,The Jimi Hendrix Experience ou lesRolling Stones. Son père chante en loisirs et son frère aîné écoute surRadio Luxembourg le mouvement rock et folk desannées 1960[4]. Avec son grand frère Pierre, il découvre les disques de rock'n'roll, d'Elvis Presley àBuddy Holly, et il a la permission de l'accompagner dans certaines boites de nuit du Sud-Finistère[3]. Dans l'une d'elles,La Souricière àConcarneau, il voit en 1964 le groupe Les Jerrys en concert, avec lesquels il jouera plus tard[2]. Il se souvient également d'avoir été un assidu des premiers rangs de l'Odet Palace, salle quimpéroise mythique de l'époque, où il découvre aussi bien les Suédois desSpotnicks queSylvie Vartan etLes Chats sauvages dont il est grand fan[2].
Ses visites chez une tante parisienne lui permettent de découvrir les disques desGaleries Lafayettes et d'en rapporter en Bretagne afin de découvrir plus tôt que les autres des guitaristes majeurs commeBert Jansch,John Renbourn ouJohn Martyn[5]. Âgé de quinze ans, il souhaite apprendre tout ce qui tourne autour de la guitare :« À partir de là, je passe des heures à mettre les disques de 33 tours en 16 tours pour bosser, car ça allait très vite. »[6] Son apprentissage de la guitare se fait de manière empirique, dans les bals et dans les bars. Au lycée du Likès à Quimper, Dan Ar Braz connaît son premier groupe, où il assure la guitare rythmique sur le répertoire des Shadows. Mais il est plus tenté par le rock plus poussé :« Du coup, je passe à côté des Beatles, même si j'y reviendrai. Je trouve même les Stones trop gentils ! Je préfère lesPretty Things, plus brut de décoffrage, avec les cheveux plus long »[6]. Il s'engage dans un orchestre amateur, Les Rebelles, qui s'appelleront ensuite Les Mods, puis Les Donalds[7]. Le groupe se sépare à l'été 1965. Alors que deux musiciens des Donalds forment l'ossature des Cratères, Dan Ar Braz fait cavalier seul. C'est alors qu'il découvre le folk deDonovan et deBob Dylan, et se met à rêver d'Outre-Manche devant l'Île-Tudy[8].
Autodidacte, il se produit à dix-sept ans dans des orchestres de bals de la région avec un répertoire constitué des morceaux folk-rock deDonovan,Van Morrison ou encoreRory Gallagher. Le bigouden Henri Béchennec, alias Jack Thierry, lui fait faire son premier bal de noce en 1966, àPlomodiern[9]. Dan joue sur une guitare d'emprunt avant de racheter laFender Stratocaster datée de 1963 de Gabriel Hippolyte, soliste des Cratères, branchée sur unampliFender Super reverb[10]. Pour son jeu à la guitare électrique, il est attentif aux styles deHank Marvin des Shadows et des Pretty Things. Pour cela, côté son, il s'achète unechambre d'écho àlampes de marque Écholette, qui, en augmentant le volume, délivre unesaturation très riche enharmoniques et privilégie lesfréquenceshaut-médium. Il constitue ainsi un son immédiatement reconnaissable en plus de son toucher particulier[10].
Avec l'orchestre des Jerrys (dans lequelMichel Santangeli est batteur), il joue de tout pour accompagner les danses ce qui lui permet de s'ouvrir et de s'exprimer musicalement[n 1]. Seul, il monte sur les grandes scènes bigoudènes mais aussi dans les bars pour tester ses nouvelles compositions[3]. Lors de son premier festival de rock, àPont-l'Abbé en mars 1966, il interprèteLes Élucubrations d'Antoine, mais avec son look plutôtBCBG ce jour-là il est endéphasage avec l'interprète original. Pour lui, il était entre deux vies : une vie de bohème poussée par son âme de rocker avec un amour pour les riffs et une vie un peu embourgeoisée avec ses parents. Son père était carrossier et sa mère n'était pas très favorable à ce qu'il devienne musicien mais ne s'opposait pas à sa passion[11].
Commencent à se dessiner les deux tendances musicales qui le caractérisent : rock et folk, acoustique et électrique. Rocker etfolk singer avec guitare etharmonica, il chante aussi ses propres titres, en français et en anglais. Il y évoque la Bretagne, l'amour, la solitude :« Ce sont des ballades, mon côté nostalgique, un peu mal à l'aise dans ma peau. Comment dire aux filles que j'ai envie de les aimer ? Oui, c'est aux filles que mes premières chansons s'adressent. »[6]. Dès l'automne 1967, au sein du groupe Les Kelts de l'accordéoniste duGuilvinec Lili Ronac'h, il écume les salles de bal du Sud-Finistère[12]. Lili est un « père protecteur et précurseur », bataillant pour le statut des musiciens[13]. N'en déplaise à ses parents, Dan quitte l'école hôtelière de Quimper vers laquelle on l'a orienté après deux ans d'étude et deux stages, un àMorgat et un àBénodet[4].
Il découvre le harpiste et chanteurAlan Stivell en 1966 lors dufestival de Cornouaille[14]. En1967, alors qu’il travaille comme serveur dans une salle de restaurant à Bénodet, Dan rencontre par hasard Alan Stivell qui vient jouer pour se faire un peu d'argent[n 2]. C'est la première rencontre mais dans la foulée, Dan part au service militaire. En parallèle de son service militaire, il continue d'animer les bals, avec les MK Gods de Brest, et il se fait embaucher par Stivell pour quelques concerts en Bretagne[13]. Celui-ci va le rebaptiser « Dan Ar Bras », qui deviendra en 1984 « Braz », Dan se rendant compte que les anglophones ne prononcent pas le « s ». Il accompagne occasionnellement Alan sur scène, avec le violoncelliste Henri Delagarde. C’est le début d’une collaboration qui durera une dizaine d’années.
Le répertoire d'Alan Stivell mélange musiques bretonnes, irlandaises et écossaises avec les musiquesfolk etrock. En cette fin des Sixties, Dan reste divisé entre deux guitares : l'acoustique et l'électrique[13]. Jusqu'alors, l'intérêt de Dan ne s’était pas encore porté vers la musique traditionnelle et celtique : il va alors découvrir un autre univers musical et comprendre les relations qui existent entre celui-ci et les mélodies de musiciens issus du folk et du rock qu'il apprécie[13]. Il se rend compte que ce qui était pour lui dubluesanglo-saxon a des origines celtiques (James Taylor,Bill Evans,John Martyn,The Byrds, etc.) et que la musique bretonne est du blues[15]. Dan Ar Braz reconnaît l’importance qu'a joué Alan Stivell dans son approche de la musique et dans sa propre évolution. Quand il commence à travailler ensemble, il se rend compte que sa technique est un peu limitée pour jouer la musique traditionnelle[15]. Alan lui permettra d'approcher à la guitare le jeu et la sonorité de la cornemuse. Il exprime également sa reconnaissance pour lui avoir fait découvrir« des trésors qui auraient pu disparaître si des gens comme lui ne s'étaient pas battus farouchement pour défendre cette culture superbe. »[15]
En parallèle, Dan forme un duo avec Serge Derrien, un guitariste de Quimper, et se font appeler « Serge et Dan ». Rejoints par Jean Nin, ils forment le groupe Mor (« mer » en breton) au destin éphémère. Ils jouent dans les cabarets et parfois en première partie d'Alan Stivell. Au casino de Bénodet, Gérard Bacquet, rédacteur en chef de la revueExtra, les entend. De fil en aiguille, ils enregistrent deux titres, dans le mythique studio duchâteau d'Hérouville (Val-d'Oise), qui se retrouvent sur l'albumPuissance 13 + 2 avec treize groupes français (dontMagma) et deux américains[16]. En 1973,Stations, seul album du groupe, reçoit un bon accueil[16], dont l’influence deStephen Stills est perceptible, source d'inspiration pour son jeuacoustique, notamment enopen-tuning. Dan est passionné tant par les sonorités rock de la guitare électrique que par la fluidité de l'acoustique. C'est ainsi qu'il jouera longtemps la chansonMerci, Monsieur Stephen Stills de sa composition[17]. Leur labelThélème sort la compilationMusic Is My Honey comptant sept autres groupes. Prenant conscience de la fragilité de sa situation, il préfère rester salarié dans la formation d'Alan Stivell, ce qui lui permet de profiter sereinement du plaisir d'être musicien.
La formation d'Alan Stivell va se roder sur les scènes deBretagne et d'Europe. C’est à cette époque que Dan prend conscience de ses racines bretonnes, de la réalité de lamusique celtique et qu’il élabore son jeu de guitare qui lui vaudra les éloges duMelody Maker.Gabriel Yacoub rejoint fin 1971 la formation puis la quitte à la fin de l'été 1973 pour former le groupe folkMalicorne. La Bretagne connaît un engouement après le concert du 28 février 1972 à l'Olympia de Paris. La musique celtique devient alors très populaire en France et à l'étranger. Dan est pris dans la vague. D'abord régionales, les tournées de la formation deviennent européennes, puis internationales avec l'Amérique du Nord et l'Australie. Dan travaille beaucoup la guitare, d'abord pour continuer à se mettre à niveau, puis, comme ce fut le cas durant toute sa carrière, pour combattre le manque de confiance qui souvent l'habite.
Parallèlement à l’activité de scène, Dan participe entre1971 et1977 à l’enregistrement de sept albums d'Alan Stivell, dont les emblématiquesRenaissance de la harpe celtique (1971),À l'Olympia (1972),Chemins de terre (1973) etE Dulenn - À Dublin (1975)[18]. En 1975, Dan et les autres musiciens de Stivell souhaitent enregistrer un disque. Ils forment alors le groupe Ys mais Alan l'apprend et cela ne lui plaît pas. Ils choisissent néanmoins de poursuivre leur voie seuls, à l'exception de Dan qui reste quelque temps encore aux côtés du harpiste.
En janvier 1976, la formation de Stivell change. Arrive notamment le violoniste Dave Swarbrick, en provenance du groupe folk-rock britanniqueFairport Convention. Le lien est créé. Plus tard, resté seul à la barre de Fairport Convention, Swabrick entraîne le guitariste de Stivell dans l'aventure : Dan devient alors l'un des rares musiciens français à avoir participé à un groupe anglais. En1976, Dan se retrouve donc projeté dans le monde musical anglo-saxon dont il rêvait et il s'installe dans une petite maison près d'Oxford :« Ma femme Zanou est venue me rejoindre, avec ma fille Yuna[n 3]. J'avais du temps. Je me suis mis à composer. On a tourné en Angleterre, en Allemagne, en Scandinavie. On a fait un paquet de concerts. Ça n'a pas duré très longtemps, mais ça a été très dense. Et puis le groupe s'est arrêté. »En février 1976, il fait la « une » du magazine britanniqueMelody Maker avec cette nouvelle formation[17]. Celui-ci le place désormais parmi les meilleurs guitaristes au monde[19]. Après les tournées enAngleterre et auxÉtats-Unis, il retrouve Stivell et participe à sa tournée en Australie.
Bien que cette expérience ne lui permette pas une pleine expression musicale, elle lui apporte d'autres expériences professionnelles et d'autres satisfactions, comme son amitié durable avec le bassisteDave Pegg et des rencontres (émaillées de sessions improvisées) avec des guitaristes rock commeRory Gallagher ouJohn McLaughlin[20].
Il retrouvera le groupe sur scène pour deux concerts de reformation les 14 août 1982 et 13 août 1983 à Cropredy (près deBanbury) dans l'Oxfordshire (Royaume-Uni) dont les enregistrements paraîtront plus tard sous la forme d’albums non officiels :A.T. 2 - The Reunion Concert (1 cassette, 1983),The Boot (2 cassettes, 1984) etA.T. 2 / The Boot (4 CD, 2000)[21].
Au printemps1977, Dan Ar Braz participe à la tournée triomphale d'Alan Stivell enAustralie[22], en ayant notamment dû, après le voyage, faire apprendre les morceaux aux musiciens sur place. Sentant en Alan un certain agacement à voir son guitariste se disperser, il choisit de se consacrer entièrement à ses projets. Il dit néanmoins avoir longtemps été « orphelin d’Alan » et « serait bien resté son guitariste à vie »[23]. Après avoir accompagnéJacques Higelin le temps de la tournée et de l'albumNo man's land, Dan commence sa carrière solo cette même année avec une nouvelle formation et son tout premier album à l'automne. Étant amoureux de son pays et de ses vieilles légendes, il enregistre et publie en 1976 l'album instrumentalDouar Nevez[n 4], qui est une suite musicale inspirée de la légende de la ville d'Ys[n 5], composé en partie en Angleterre et en partie en Bretagne[20]. En 1978, il enregistre et publie l'albumAllez dire à la ville dans lequel il chante en français des textes du poèteXavier Grall, issus du recueilLa Sône des pluies et des tombes, mis en musique folk-rock. Le journalisteJacques Vassal rapporte des critiques « de ses compatriotes » portant sur le chant uniquement en français (mais qui était une première pour le guitariste) et le choix du poète dont les prises de positions ne faisaient pas l'unanimité (Le Cheval couché en 1975)[20].
À l'automne1979, Dan publie son troisième album solo, l'instrumentalThe Earth's Lament (« La Complainte de la Terre ») dominé par son jeu de guitare et consacré à l'environnement après lenaufrage de l'Amoco Cadiz au large de la Bretagne. Le thème de ce nouveau voyage intérieur est à la fois enraciné et tourné vers une planète menacée avec un désir de fraternité entre ses habitants. Il y reprend également la chansonRain desBeatles et dédie son rock celtisantTo Rory à son ami irlandaisRory Gallagher[24]. Il approche ce dernier pour qu'il produise un nouvel album que Dan souhaite blues-rock. Rory accepte mais pas sa maison de disque qui bloque le projet[25]. Cette même année, accompagné deDave Evans etDuck Baker (en), il explore la musique irlandaise dans l'albumIrish reels, jigs, airs and hornpipes, enregistré avec Davey Graham, Dave Evans et Duck Baker, et produit parStefan Grossman[26]. Débutent alors pour lui une époque plus compliquée et un statut de leader qu'il ne désire pas vraiment[n 6].
De son propre aveu, lesannées 1980 sont des années difficiles, en partie dues à la désaffection du public pour le genre musical. Comme il est l'objet de nombreuses demandes de concerts acoustiques, Dan stoppe son groupe et honore ses contrats au début des années 1980[25]. Il se produit dans lespays celtiques, en Europe (Italie,Allemagne,Angleterre,Scandinavie,Danemark) et enAmérique du Nord, notamment en première partie du groupeMalicorne pendant sa tournée américaine à l'été 1984. Ces voyages renforcent son identité bretonne et lui permettent de faire des rencontres :Dónal Lunny,Elaine Morgan. Pendant cette période, Dan enregistre quatre albums solos :Acoustic (1981),Musique pour les silences à venir (1985),Septembre bleu (1988, avecÉric Serra) etSongs (1990, avec deux membres de Fairport Convention,Dave Pegg etMaartin Allcock). Il se produit aussi occasionnellement au sein du groupe Flying Mosquito, avec le batteur Gérard Macé, le bassiste Yann Honoré et le claviériste David Jarno, en reprenant un répertoire de classiques du rock anglo-américain[27].
En janvier 1991, Dan Ar Braz joue au théâtre de Quimper pour la sortie de son album dédié à la Bretagne,Borders of salt : Frontières de sel, enregistré à Dublin. Le programmateur dufestival de Cornouaille,Jakez Bernard, qui assiste au concert, le met à l'affiche en clôture du festival la même année[28]. Il s'y produit alors avec son mini groupe composé dePatrick Molard,Patrick Péron etJacques Pellen. LeBagad Kemper vient comme invité : c'est la genèse de l'Héritage des Celtes.1992 est une année d’intense activité discographique, épaulé par le Maartin Allcock (claviers, basse, mandoline) : le chanteur poursuit le travail amorcé en1979 sur les textes deXavier Grall en publiant l'album acoustiqueXavier Grall chanté par Dan Ar Braz,Ronan Le Bars apporte son concours aux deux autres albums sortis cette année-là,Rêves de Siam,bande originale du film d'Olivier Bourbeillon etLes Îles de la mémoire qui comprend des réenregistrements de certains morceaux des premiers albums.
Jakez Bernard veut poursuivre la rencontre qui a eu lieu au festival de Quimper entre Dan et le bagad Kemper. Il est d'abord question d'un projet celtico-africain mais il paraît compliqué. Ils pensent ensuite aux Irlandais. Là-bas, le musicien folk et producteurDonal Lunny sert de contremaître au travail de Dan Ar Braz en Bretagne. À l'occasion du70eFestival de Cornouaille àQuimper en1993, Dan Ar Braz se voit donc offrir carte blanche pour créer le spectacle intituléL'Héritage des Celtes, qu'il donne en concert de clôture, entouré de 75 musiciens dont les chanteusesElaine Morgan etKaren Matheson (du groupeCapercaillie), le Shotts Pipe Band deGlasgow et leBagad Kemper ainsi qu'Alan Stivell. Huit mille personnes découvrent avec enthousiasme cet événement[29]. Au dires des protagonistes de ce spectacle, c'est une surprise et l'envie commune de prolonger cette réunion festive. Avant le véritable lancement du concept de L'Héritage des Celtes, Dan publie - en compagnie dePatrick Molard - un « dernier » album solo en 1994,Theme for the Green Lands, dont plusieurs titres phares seront repris par l'Héritage. « Il fallait faire une cuisine celtique pour tous les goûts, et donc pas trop pimentée. À partir de quelques morceaux que j'avais déjà écrits auparavant et d'autres créés pour l'occasion, je me suis appliqué à construire un répertoire qui soit plaisant, populaire sans être populiste » explique Dan Ar Braz[30].
Les producteurs décident rapidement d'immortaliser cette création en enregistrant en avril 1994 un album austudio Windmill Lane de Dublin (dans lequel sont passés les albums deDire Straits ou lesStones), bénéficiant de la contribution du groupe irlandaisU2. Le concert au festival desTombées de la nuit de Rennes en juillet 1994 confirme l'idée de poursuivre le projet[29] et la maison de disqueSony Music s'y intéresse, Olivier Montfort et ses collaborateurs ayant senti la vague bretonne arriver :« En rencontrant Dan, je me suis dit : il a le potentiel pour toucher le grand public. Il a une histoire personnelle riche, une identité, il défend une culture, des valeurs[31] ».
L'album studioHéritage des Celtes sort donc le 4 novembre 1994 sous le nom de Dan Ar Braz et le labelColumbia. La concrétisation du projet, aidé par la major, va participer en ce milieu des années 1990 au nouvel engouement du public pour lesmusiques celtiques, commencé quelque temps plus tôt avec le groupeAr Re Yaouank (plus tourné vers le public desfestoù-noz) etAlan Stivell avec sondisque d'orAgain paru en 1993 par Sony, auquel son ancien guitariste a participé[32]. Aidé par les différents artistes qu’il a fédérés autour de ce projet, Dan Ar Braz a l'ambition de présenter la richesse de la musique celtique dans toute sa diversité. Outre les artistes déjà cités, on retrouve égalementGilles Servat,Nollaig Casey,Yann-Fañch Kemener,Didier Squiban,Donald Shaw et bien d'autres. L’intention est d'assumer, au travers de la musique, l’héritage de la culturecelte. Y sont représentés les pays et régions qui revendiquent cet héritage : laBretagne, l’Irlande, l’Écosse, lePays de Galles, laCornouaille britannique, l’Île de Man et aussi lesAsturies et laGalice[33].
L'album reprendBorders of Salt, chanson-titre d'un précédent album solo de Dan sorti sans grand succès en 1991 qui deviendra emblématique de la formation. 35 000 exemplaires sont vendus en l'espace d'un mois, avant d'être distribué dans une dizaine de pays, dont les États-Unis et le Japon[29]. Sésame d'une tournée, c'est lors de la deuxième soirée au festival de Cornouaille en juillet 1995 que l'ensemble reçoit devant 9 000 spectateur son premier disque d'or pour les 100 000 exemplaires vendus[34], dépassant par la suite les 200 000 albums vendus.
En 1995 sort l’album liveEn concert comprenant de nouveaux titres. Celui-ci dépasse également les 100 000 exemplaires et la cassette vidéo atteint les 20 000 exemplaires[35]. Deux ans plus tard, en 1997, un nouvel opus studio paraît,Finisterres, dans lequel la Galice apporte sa colloration celte grâce à lagaïta deCarlos Núñez. Ces deux albums sont récompensés auxVictoires de la musique. En tournée française, Dan Ar Braz et les 70 musiciens remplissent leZénith de Paris les 16 et 17 mars 1998. Sorti la même année, le double album liveZénith rendra compte de ces deux concerts. En mai 1999 sort l’album liveBretagnes à Bercy, enregistrement du concert unique àParis-Bercy donné majoritairement par L'Héritage des Celtes, rejoint sur scène par Alan Stivell,Tri Yann,Gilles Servat,Armens.Jean-Jacques Goldman etMichael Jones participent à la chansonLeft in Peace[36].
En août 2000, L'Héritage est invité auFestival interceltique de Lorient : c’est à cette occasion émouvante que Dan Ar Braz annonce l'arrêt de l'aventure, la fatigue de la scène et du statut de leader se faisant sentir. La mobilisation des nombreux artistes de l’Héritage s'est également révélée complexe, du fait des carrières respectives et des emplois du temps de chacun. Néanmoins, cette deuxième vague de la musique celtique semble plus durable, il convient de noter le succès de lafête de la Saint-Patrick dans le monde et de l’exportation duFestival interceltique de Lorient.
En 2002, Dan Ar Braz et une bonne partie de l'équipe de l'Héritage des Celtes donnent toutefois deux concerts auStade de France, à l'occasion de laFête de la Saint-Patrick : laNuit Celtique (sortie en DVD) attire en deux soirées plus de 90 000 spectateurs, réunissant plus de 600 artistes et notamment, l'Héritage,Carlos Núñez,Denez Prigent,Didier Squiban,Gilles Le Bigot,Ronan Le Bars, leBagad Kemper. La deuxième partie consacre les retrouvailles - le temps d'une soirée - du public avec l'Héritage des Celtes, puisque Gilles Servat, Elaine Morgan et Dan Ar Braz font un triomphe avec un concert emblématique, traduisant la capacité des musiquesbretonne etceltique à attirer sur Paris un public nombreux lors d’événements d'une telle ampleur.
Fort de cette expérience extraordinaire et après plus de deux millions d'albums vendus[37], Dan reprend son chemin musical en solo. À travers sa guitare, il invite à une promenade solitaire sur les rives de la Bretagne en proposant ses compositions instrumentales sur l'albumLa mémoire des volets blancs en2001. Cette œuvre testamentaire introspective, très personnelle voire nostalgique, est enregistrée à Dublin et forme une sorte de trilogie avec les albumsMusiques pour les silences à venir etSeptembre bleu, sortis précédemment[38]. L'album se vend à plus de 50 000 exemplaires[25].
En 2003, il publieÀ toi et ceux, un album qui comprend des textes écrits par lui-même ainsi que par ses amisClarisse Lavanant etJean-Jacques Goldman. Une tournée suivra entre 2004 et 2005, comptant une vingtaine de dates à travers la France dont Paris (La Cigale), Clermont-Ferrand, Nantes, Amiens, Rennes, Lille et Quimper.
En mars 2006 sort un coffret CD et DVD intituléFrontières de sel qui fait partie de la collection « Horizons celtiques », à laquelle appartenait déjà la compilationCeltiques sortie en 2003. En inédits, ce coffret propose des images du dernier concert enregistré à Quimper et cinq titres audio live.
Enregistré à Bruxelles, un nouvel album intituléLes Perches du Nil sort le chezSony Music lors de laNuit de la Saint-Patrick à Bercy, où il interprète la chansonLe nom du vent écrite par Christian Lemoine[39]. Dans une interview[40], Dan Ar Braz explique que l'inspiration de cet album lui est venue après avoir vu le film documentaireLe Cauchemar de Darwin d'Hubert Sauper. Il marie ses influences folk-rock à des instruments deworld music. À nouveau,Clarisse Lavanant signe une partie des textes, en plus des trois écrits par Dan et les deux textes deMelaine Favennec datant de l'albumBorders of salt : Frontières de sel (Regarde autour etDe la lune à la lune).Guizmo du groupeTryo (Pleure) et la camerounaiseSally Nyolo (Terres vertes unies vertes) sont les invités de cet album ouvert aux influences africaines. C'est son dernier album avec la « major » Sony, qui lui rend son contrat. Pas surpris, l'artiste estime que l'aventure avec le label a atteint ses limites en le poussant« dans une prison dorée, un placard de rangement au rayon celtique »[25]. Dan Ar Braz tient à rester un musicien libre, veut privilégier son plaisir.
AvecClarisse Lavanant, il enregistre en 2009Comptines celtiques et d'ailleurs, un album pour enfants comprenant des chansons aux harmonies celtes. Dan les interprète en 2010 sur la scène duFestival interceltique de Lorient lors d'un « Concert pour Celtes en devenir ». En 2011, le labelL'OZ Production publieBretagnes, ici, ailleurs, là-bas, une compilation de ses trois derniers albums. Toujours en 2011, il se lance dans une tournée en duo avecClarisse Lavanant qui propose un voyage musical au cœur de leurs créations mais aussi autour de la poésie deGlenmor, deXavier Grall et deYouenn Gwernig.
Le 17 mars 2012, Dan Ar Braz fête la Saint-Patrick auZénith de Nantes aux côtés du sonneur galicienCarlos Núñez. C'est une étape nantaise dans une tournée de dix concerts[41].
Le projet initial du guitariste est de réinterpréter à sa façon les musiques qui composaient son univers adolescent pour en faire sa « Cornwall Soundtrack ». Mais les instrumentaux à la guitare qu'il finalise en vue d'un album plutôt nostalgique lui donnent finalement envie d'exprimer des choses différentes qui se sont réveillées en lui[42]. Il se questionne sur ce qu'il ressent au fond de lui dans cette Bretagne au quotidien dont il est le plus souvent fier et projette un idéal pour la société (union des territoires), pour les différentes « tribus » qui la compose (fraternité)[43].
L'albumCelebration sort le 20 juin 2012, composé de treize nouvelles chansons pour célébrer la Bretagne[41]. La première représentation du nouveau projet musical a lieu le 11 août 2012 lors duFestival interceltique de Lorient sur le port de pêche[44].Alan Stivell rejoint la formation sur le classiqueBorders of Salt[45]. La grande formation bretonne se compose duBagad Kemper (au complet ou mini-formation), deClarisse Lavanant et Morwenn Le Normand au chant,Ronan Le Bars aux uilleann pipes, cornemuse et whistles,David Er Porh aux guitares, Patrick Péron aux claviers, Stéphane Rama à la basse etPatrick Boileau à la batterie.
Le « Celebration Tour » se poursuit jusqu'en novembre 2012 en Bretagne (championnat des sonneurs,Saint-Quay-Portrieux,Fouesnant,Trégunc,Quiberon)[46] et il reprend au début de 2013, programmé lors du spectacle « Nuit de la Bretagne », réunissant des artistes bretons ayant marqué l'année 2012, auZénith de Nantes puis en avril auZénith de Caen et auZénith de Lille[47]. Il passe parHendaye,Équeurdreville,Changé,Juvisy-sur-Orge et se produit jusqu'en Allemagne, àSarrebruck. À l'occasion du90e anniversaire du festival de Cornouaille et du20e anniversaire de la création de l'Héritage des Celtes, Dan Ar Braz donne le 27 juillet 2013 à Quimper une soirée exceptionnelle avec la participation d'invités tels queGilles Servat,Karen Matheson etDonald Shaw du groupeCapercaillie[48],[49]. Ce concert aboutit au CD liveCélébration d'un héritage.
Le 24 mars 2015, Dan publie l'album instrumentalCornouailles Soundtrack, une bande-son colorée et habitée, accompagné d'un nouveau spectacle où la guitare de Dan « donne de la voix » mais de manière intimiste, sans démonstration. C'est, en quelque sorte, une conclusion à la trilogie d'albums instrumentaux, réédités pour l'occasion parCoop Breizh[50].
En 2017, après 15 ans de complicité artistique, le duo formé par Dan Ar Braz et Clarisse Lavanant sortHarmonie, un album réunissant 19 titres en français et en breton — des reprises et des créations dont les paroles sont signées Clarisse et la musique Dan — fruit des tournées du duo avec des chansons communes commencées en juillet 2011[51].
Le 25 mars 2019, Dan annonce qu'il est sur le point d'enregistrer les premières prises de guitare de son nouvel album et en dévoile le titre :Dan Ar Dañs[52]. L'album sort le 7 février 2020 chez Hent Glaz Productions/Paker Prod.
Dan donne le 8 août 2024 un concert gratuit àConcarneau à l'occasion dufestival des Filets Bleus[n 7],[53].
En 1978, Dan Ar Braz réalise avec d'autres chanteurs et musiciens, bretons ou non, un disque collectif sur la marée noire de l'Amoco Cadiz. Le produit de la vente de ce disque est intégralement reversé à la Société pour l'Étude et la Protection de la Nature en Bretagne[54].
En 1996, il représente la France auConcours Eurovision de la chanson avec le titreDiwanit Bugale, titre lancinant plutôt éloigné de l'image habituelle de la musique celtique. La chanson en breton, coécrite avecGweltaz Ar Fur, évoque les écoles en langue bretonneDiwan. La chanson sera reprise surFinisterres parElaine Morgan,Karen Matheson et Gilles Servat. Les jurys européens ne lui offrent que la19e place sur 23 pays, « un vote sanction contre la France », après les 146 essais nucléaires entre 1975 et 1996 dans lePacifique sud, se mettant à dos la communauté internationale[55]. Mais cette représentation bretonne pour la France sera aussi « un joli pied de nez quand on sait que la France avait tout fait pour détruire la langue bretonne »[56].
En 1999, il participe au rassemblement desEnfoirés, qui a pour but de collecter des fonds au profit desRestos du cœur. Il joue notammentC'est déjà ça accompagné d'un bagad,Zazie,Renaud etCoumba Gawlo Seck[57].En 2001, il participe à quelques dates de la tournéeL'Odyssée des Enfoirés, à Brest par exemple, mais n'est pas présent lors de l'enregistrement du spectacle[58].
En 2000, il participe à l'enregistrement d'Excalibur, la légende des Celtes d'Alan Simon avec des artistes tels queTri Yann,Roger Hodgson,Gildas Arzel,Fairport Convention,Gabriel Yacoub etDidier Lockwood.
En 2005, il participe au concert « 2000 enfants » auLiberté de Rennes organisé par l'Orchestre des Jeunes de Haute Bretagne et les enfants de la région, avecYves Duteil. L'école de musique dupays de Locminé porte son nom. Depuis 1996, il est parrain de l'association « Céline et Stéphane - Leucémie espoir », basée à Quimper, qui lutte contre lesleucémies[56] : il se produit bénévolement plusieurs fois, àPlabennec en 2003-2004, àPlougonvelin en 2009[59]. Il s'investit aussi pour lutter contre lamucoviscidose, en agissant auprès de l'association sportiveLa Pierre Le Bigaut dont il est l'un des parrains depuis la fin des années 1990[60] : il assiste à la plupart des courses, il offre sa guitareYamaha et participe à la soirée « Guitare Breizh Inspiration » en 2001[61] ce qui aboutit l'année suivante à l'enregistrement deUn souffle pour la vie, il se produit sur scène à d'autres reprises, comme lors d'une soirée celtique en 2006 et avec Breizharock en 2015.
En 2007, il est à l'affiche de laNuit de la Saint-Patrick, àParis-Bercy, en compagnie deKaren Matheson. En 2008 il enregistre le titreAn dro en compagnie deRed Cardell qui paraît surLe Banquet de cristal, l'album des quinze ans du groupe quimpérois, puis participe à la tournée en compagnie du trio et des nombreux invités (Jimme O'Neil,Gérard Blanchard,Thomas Fersen,Stéphane Mellino...) et enregistre le titreGare de Guer qui paraît en 2009 sur le liveLa Fête au village[62]. En 2010, après avoir participé au premier projetAutour de la guitare deJean-Félix Lalanne en 2000, il rejoint ses amis guitaristes bretons pour l'album et la tournéeAutour de la guitare celtique[63].
Le 16 février 2012, Dan Ar Braz participe au concert exceptionnel donné par son ancien complice Alan Stivell à l'Olympia deParis en compagnie de la chanteuseNolwenn Leroy et du bagad bretonQuic-en-Groigne[64]. Le 24 juillet 2012, il participe, en invité surprise et en voisin, au concert donné authéâtre de Cornouaille àQuimper par le nouveau groupeGabriel & Marie de Malicorne formé par son ancien compliceGabriel Yacoub, qu'il rejoint sur le titrePierre de Grenoble / Schiarazzula Marazzula, plus de 38 ans après avoir enregistré ce titre sur l'albumPierre de Grenoble du coupleGabriel etMarie Yacoub.
En parallèle de la tournéeCelebration, Dan Ar Braz se produit avec d'autres artistes, ainsi en novembre 2012 àPorcieu-Amblagnieu (Isère) aux côtés du bagad Avel Mor deRoanne, deCarlos Núñez et deMichael Jones lors d'une soirée celtique et bretonne[n 8], et toujours en duo avecClarisse Lavanant, en Bretagne du printemps 2012 à début 2013, puis en région parisienne en mars.
En 2015, il rend hommage à son amiRory Gallagher, vingt ans après sa disparition, en rejoignant sur plusieurs dates la tournée « Band of friends » constituée par ses anciens musiciens (Gerry Mc Avoy, Ted Mc Kena et Marcel Scherpenzee)[65]. Alors qu'il démarre une tournée plus intimiste, il se produit à partir d'octobre dans les Zéniths de France avec le spectacle « Autour de la Guitare 2015 » deJean-Felix Lalanne (avecRobben Ford,Larry Carlton,Christopher Cross,Johnny Clegg,Paul Personne,Axel Bauer,Norbert Nono Krief,Michael Jones)[66]. Après avoir célébré les trente ans de l'orchestre des Jeunes de Haute-Bretagne à l'opéra de Rennes les 11 et 12 juin et auChâteau de Suscinio[67] il partage son répertoire avec l'Orchestre symphonique de Bretagne les 17 et 18 décembre 2015 authéâtre national de Bretagne[68].
Par deux fois, il sera récompensé auxVictoires de la musique :
En 2001, Dan Ar Braz reçoit de l’Institut culturel de Bretagne, àLanderneau, le collier de l'Ordre de l'Hermine qui récompense les personnalités qui œuvrent pour le rayonnement de laBretagne.
Il obtient le grand prix de laSacem en 2004 dans la catégorie musique traditionnelle[69] et leGrand prix du disque du Télégramme en 2018 pour l'albumHarmonie avec Clarisse Lavanant[70].
Dan Ar Braz choisit comme trame onirique de son premier albumDouar Nevez la légende de la ville d'Ys et se positionne donc avant que l'on ne parle de Bretagne. Il permet de découvrir les deux facettes de l'artiste, acoustique (Naissance de Dahud,Morvac'h,L'appel du Sage) et électrique (Fin du Voyage,Submersion de la Ville). Cela est le cas pour l'album suivant,Allez dire à la ville, dans lequel il habille en musique quelques textes du poète bretonXavier Grall, découvert en 1977. D'autres adaptations suivent sur l'albumAcoustic en 1981 et il les reprend avec quelques inédits sur un album qui leur est entièrement consacré, plutôt folk, en 1992.The Earth's Lament possède une approche très rock des morceaux, dans la composition et l'instrumentation (voix, guitares, basse, batterie). Ses premiers albums sont marqués par la rythmique deMichel Santangeli, les cornemuses dePatrick Molard et les sons de synthétiseurs deBenoît Widemann, accompagnant la présence vocale et guitaristique de Dan Ar Braz, qui sait être à la fois puissante et profonde mais aussi plus effacée tout en restant spontanée et sincère. Des titres de ces trois albums sont repris en 1992 dans l'album instrumentalLes Îles de la Mémoire avec trois inédits.
Son jeu enpicking s'illustre dansAcoustic (1981) et sa voix est mise en valeur dans des chansons intimistes commeLes Marins,Hope's in you etLes Déments.Theme for the Green Lands (1994) met lui en valeur ses guitares et la cornemuse (écossaise ou irlandaise), ce qui donne lieu à des ambiances rock celtique, avec la présence des futurs titres phares de l'Héritage des Celtes commeGreen Lands etThe Broken Prayer. Ce dernier commence comme une gwerz ou un cantique et s'achève de manière hard-rock non conventionnelle[71]. Il dédie deux morceaux au sonneur écossais Bob Brown qui fut le professeur de Patrick Molard : l'arrangement du traditionnelAbercairney Highlanders et la composition deThe Piper's Glade.
L'Héritage des Celtes présente une symphonie composée de mélodies bretonnes, de suites écossaises, de reels irlandais, aux arrangements rock ou folk. Pour certains morceaux, Dan s'est inspiré de musiques traditionnelles bretonnes. Ainsi,Ar Baz Valan lui sert de point de départ pour le fameuxBorders of Salt[72] et la chanson en anglaisEliziza est à mettre en parallèle avec la gwerzEliz Iza, chantée en breton sous le nomEnez eusa en concert en 1995. Dan Ar Braz se positionne en simple serviteur de cette musique parmi les autres instrumentistes réunis, tout comme le bagad Kemper et le pipe band Shotts qui ne sont pas dans la démonstration ostentatoire. Les chansons louvoient entre harmonies vocales lyriques entraînantes et charmantes ballades plus calmes. Les caractéristiques musicales et techniques se retrouvent sur l'albumÀ Toi et Ceux en 2003, plus axé sur la Bretagne (danses bretonnes rock et chansons qui font voyager vers l'Ouest, musiciens celtes et bagadoù).
Trois albums instrumentaux sont consacrés à des musiques plus contemplatives ou mélancoliques.Musiques pour les silences à venir est tourné vers la mer et la contemplation des paysages, aspect renforcé dansSeptembre Bleu qui fait part d'une certaine simplicité, dans les compositions, les arrangements jusqu'à la pochette. Son albumLa Mémoire des Volets Blancs présente une facette autobiographique de l'artiste, qui emploie un propos soft en finesse, à un débit donnant l'impression d'être constamment entre le thème mélodique et le solo.Faces of Spain parle du moment où il a découvert son langage et sa raison d'être grâce à un « guitarrista » sur une plage d'Espagne.Kervel etCourse Amère sont respectivement dédiées à son père et à un ami disparus.Le Mur de Pierres est plus strictement adressé à l'enfance, aux enfants, ses propres enfants. Il compose l'instrumentalGwerz Rory, un nouvel hommage, aprèsTo Rory en 1979, àRory Gallagher, célèbre guitariste irlandais qu'il a côtoyé : rencontré àMontreux (Suisse) en 1974 en jouant avec Stivell, il partage la scène avec lui deux fois à Quimper en 1982 et 1984 ainsi qu'en 1994, pour la dernière fois, au festival Interceltique de Lorient[73].A Long Way est un hommage cette fois aux dulcinées qui ont croisé sa route.L'Ouest Perdu mentionne ses tournées où, entouré par la mer, il finissait par perdre ses repères, avec des solos émouvants de Dan et de Richie Buckley au ténor, tout comme au soprano sur le tout aussi tristeKervel.
L'album de chansonsSongs est dans la même démarche de simplicité au calme de la mer. Le thème des îles est présent avec des reprises qui appartiennent au mouvement folk (The Island,Isle of Islay deDonovan,Rising for the Moon deFairport Convention) mais l'album est plus particulièrement dédié à sa mère (She's Gone,A long way leads to you Annie,A heart needs a home de Richard Thompson).Frontières De Sel est dans la lignée d'un folk celtique très acoustique, dans lequel les chansons montrent son attachement à sa terre (Borders Of Salt), sa culture (Stand Up Becassine) avec une ouverture à son environnement (Regarde Autour) et au monde (Burkina Faso).
Il a exprimé à plusieurs reprises son attachement pour des causes qui touchent à l'environnement :Les Lamentations de la Mer au sujet des fuites de pétrole,Public Inquiry qui est un hommage « bluesy » aux évènements de Plogoff,L'Aurore, le Nucléaire et le Crépuscule, etc.
Plusieurs morceaux concrétisent un de ses objectifs qui est de faire sonner son instrument comme une cornemuse :Isle of Islay,Musique pour les silences à venir,Mort et immersion de Malguen, etc. Cela est perceptible dès son premier album avec le groupe Mor, sur le premier morceauGavotte par exemple où le son de distorsion de la guitare rappel celui du biniou breton.
Il a joué d'abord sur une guitare électriqueEgmond, puis en tant que folk-singer sur une acoustiqueFramus, et uneFavino dès le groupe Mor. Avec Stivell, il développe son son sur uneFender Stratocaster puis uneGibson SG Standard, branchées sur un premier stack 2 corpsMarshall 100W. Il choisitGuild en acoustique et en 12 cordes. L'étape Fairport Convention est marquée par saGibson L6S (24 cases) sur un combo Hinsley (préampli à lampes etampli).
Découvertes lors de tournées, il choisit en 1979 une guitare originale du luthier danoisMörch, dont la corne supérieure est ornée d'une volute, rappelant le triskell. En 1980, il achète une première guitare acoustiquePavy, de petite taille telle uneMartin 15. Il en aura trois au total et en garde une jusqu'à aujourd'hui. Didier Pavy ayant arrêté, il demande à Alain Queguiner de lui réaliser un modèle identique en 1981. En 1985, le luthier Guy Oudenot ne pouvant restaurer sa Mörch, il lui réalise un modèle similaire, avec un kit de micros EMG. De la signature Oudenot, il possède également une double manche et une éléctro-acoustique. En ce qui concerne les effets, Dan possède au début des années 1980 des mini pédales à mémoireIbanez, puis le premier pédalier multi-effetBoss ME 10 qu'il complète au début des années 1990 par un module synthéRoland GR 50 (puis multi effets) et un capteur GK2.
Il présente surMusiques pour les silences à venir une acoustiqueTakamine à cordesnylon. Pour le premier album de l'Héritage des Celtes, ses nouvelles guitares électriques aux microshumbuckersSeymour Duncan sont des Starfield de modèles Cabriolet (à manche érable) et Altaïr American Custom. Unampli de puissance Chevin Research A 500 est utilisé sur deux enceintes de 250 watts fabriquées parPadrig Sicard et son set d'effets est composé de pédales Roland et d'un rack Digitech GSP 2101. Au moment de l'Eurovision, Dan fait l'acquisition de guitaresGodin TC1 et ST1 et opte sur scène pour deux combos à lampes Fender Blues Deville, qu'il revend l'année suivante pour acheter deux combosPeavey Delta blues et deux baffles Peavey Blue Marvel 15. Il s'accompagne d'un Boss GT5, puis du GT6 en 2003. En 1998, il présente une nouvelle Godin TC1 au FIL et en 1999, un nouvel ampli Peavey Classic 50 pour la Saint-Patrick à Bercy.
En 2000, il est subjugué par sa nouvelleMusic Man Axis Sport (microsDiMarzio Custom)[74]. Charmé par les sons cristallins et ronds à la fois par lesustain naturel, Dan acquiert aussitôt une seconde Music Man (Silhouette Special), qu'il joue sur de nouveaux amplis Peavey (Classic 3O et HP 12"). En 2001, la famille s'agrandit par une Silhouette (doubles micros) et une Axis Super Sport avec deux MM 90. En acoustique, il possède par la suite deuxSanta Cruz (en) et trois Lowden (6 cordes, 12 cordes et nylon)[75]. Depuis les années 1990, ses problèmes au côté droit (dystonie,hernie cervicale) l'amènent à être exigent sur la taille de la caisse. Il possède les pédaliers Tone Lab LE et ST[63]. En 2010, il fait confectionner par Boucher une six cordes et une douze cordes[63]. En 2011, attiré par le modèleLâg Tramontane,Michel Lâg Chavarria lui conçoit une guitare sur-mesure[76]. Cette même année, il est endossé par les cordesElixir Strings et devient ambassadeur de la marque, en jouant principalement sur du Phosphore Bronze Nanowebtirant 12-53[77].
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | Intro | |
2. | Retour de guerre | |
3. | Naissance de Dahud | |
4. | Mort et immersion de Malguen / Fin du voyage | |
5. | Naissance de la ville | |
6. | Morvac'h (Cheval de la mer) | |
7. | Orgies nocturnes | |
8. | L'ennui du roi | |
9. | Les forces du mal | |
10. | L'appel du sage | |
11. | Submersion de la ville | |
12. | Douar nevez (Terre nouvelle) |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | Allez dire à la ville | |
2. | Suite écossaise | |
3. | L'amour kerne | |
4. | Les oiseaux et les électrons de Brenilis | |
5. | Dimanche après-midi | |
6. | Toi, fils de roi, fils de rien (Tu lis ton ascendance) | |
7. | Farewell Bob Brown | |
8. | Requiem pour le jet | |
9. | Les saisons | |
10. | L'amour, le nucléaire et le crépuscule | |
11. | Plainte de Yann Vari Perrot |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | Rain | |
2. | To Rory | |
3. | Back to life | |
4. | The piper's glade | |
5. | Menez du | |
6. | Wild hopes | |
7. | Birds and boats | |
8. | The Earth's lament |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | No one (For Michou) | |
2. | Vers le sîles | |
3. | Wild hopes | |
4. | Naissance de la ville | |
5. | The eath’s lament | |
6. | L’ennui du roi | |
7. | Anne de Bretagne | |
8. | Naissance de Dahud | |
9. | Fom dawn till dusk (De l’aurore au crépuscule) | |
10. | Ten Years already (Dix années déjà) | |
11. | The island near the sun |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | Faces of Spain | |
2. | Course amère | |
3. | L'Ouest perdu | |
4. | La mémoire des volets blancs | |
5. | Le mur de pierres | |
6. | La route des presqu'îles | |
7. | Gwerz, Rory | |
8. | A long way | |
9. | Kervel (stories from the shores) | |
10. | Fenêtre sur mer | |
11. | Au Nord vers une autre lumière | |
12. | Silent heart in the fall |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | Belong | 3:47 |
2. | La trace du souvenir | 3:14 |
3. | Celebration | 5:18 |
4. | Land | 3:43 |
5. | Bro yaouank hon bugale | 4:09 |
6. | Cornwall attitude | 3:13 |
7. | Rock around the loch | 3:51 |
8. | Goodnight god | 4:14 |
9. | Amazing grace | 4:43 |
10. | Enez Imma | 4:23 |
11. | Delphine in the sky | 3:29 |
12. | Juste un rêve | 3:10 |
13. | J'avais cinq enfants | 8:17 |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | Wood on the sand | |
2. | Moon river | |
3. | The girl from the other side of the mountain | |
4. | La plage de Kermyl | |
5. | It’s for you to | |
6. | O Shenandoah | |
7. | Ar menuizar | |
8. | The soul bridge | |
9. | Avec le temps | |
10. | Le hasard | |
11. | None of these words | |
12. | Flakes of peace | |
13. | May peace find you | |
14. | Il voyage en solitaire | |
15. | Theme for a victory |
No | Titre | Durée |
---|---|---|
1. | La fin de la terre | |
2. | Harmonie | |
3. | Va bro garet | |
4. | J'ai tant besoin de toit | |
5. | Juste avant | |
6. | Danse la vie | |
7. | Ce mal qui vient | |
8. | Passeur de vie | |
9. | Le grand voyage | |
10. | Quoi qu'il passe | |
11. | On revient toujours | |
12. | Un dimanche au grand air | |
13. | Kornioù bro | |
14. | Pleure | |
15. | C'était toi | |
16. | Chacal des mers | |
17. | La route à l'envers | |
18. | Burkina Faso | |
19. | Kae da nijal |
CD 1
CD 2
CD 1 :
Armens
Gilles Servat
Alan Stivell
Tri Yann
CD 2 :
Dan Ar Braz et l'Héritage des Celtes
Dan Ar Braz et l'Héritage des Celtes avec Alan Stivell
Dan Ar Braz et l'Héritage des Celtes avec Gilles Servat, Alan Stivell, Tri Yann, Armens
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