La lignée desdalaï-lamas (ou duDalaï-Lama) est la plus importante lignée de réincarnation (tulkou) postulée dans lebouddhisme tibétain et dans l'histoire duTibet.
Pour lui, le rôle politique des dalaï-lamas est dépassé et doit laisser place à la démocratie[7].
En, il annonce des discussions pour qu'un nouveau chef spirituel des Tibétains soit choisi de son vivant[8]. La réunion est reportée à la suite de la mort deKathok Getse Rinpoché[9].
Représentation deTchenrézi, nom tibétain deAvalokiteśvara, bodhisattva de la compassion dont le dalaï-lama est considéré comme l'une des émanations[10].
Dromtönpa est considéré comme l'une des pré-incarnations des dalaï-lamas, il fut prophétisé par leBouddha dans le Tantra deManjushri. "A la fin d'un cycle de 500 ans apparaitra au nord, au Pays des Neiges, un laïc qui sera source d'immenses bienfaits pour la tradition de l' Eveil [...] il construira un monastère sur un site nommé La Corne (Réting)."[11]
En 1642, Lobsang Gyatso, connu sous le nom de « le Grand Cinquième », est proclamé souverain du Tibet parGüshi Khan, chef des Mongolsqoshots basés dans le Kokonor (Qinghai) et ayant conquis le Tsaïdam et le Tibet septentrional[17]. Sous son règne, les dalaï-lamas reçoivent le pouvoir temporel sur le Tibet. Ils deviennent, avec lesrégents, les chefs dugouvernement tibétain.Lhassa devient la capitale du Tibet et lePotala est construit pour devenir la résidence du dalaï-lama et le siège de son gouvernement[18]. Selon Roland Barreaux, le règne du5e dalaï-lama a pour résultat l'unification du Tibet en unenation. Son pouvoir politique indépendant s'étend à toutes les anciennes provinces tibétaines, y compris leKham et l'Amdo[19]. Le régentSangye Gyatso cacha sa mort pendant14 ans aux Tibétains, aux princes mongols duKhanat qoshot (gouverné alors parDalaï Khan (1668 — 1697)) et à l'empereur de Chine (alorsKangxi (1661 – 1722)), lequel ne le pardonna ni au régent, ni au Tibet[20].
Intronisé en 1879, il règne de 1895 à 1933, à la suite du régent DemoIII qui exerce le pouvoir de 1886 à 1895. Vers 1898 (certaines sources donnent 1920), ilabolit la peine de mort, sauf en cas de haute trahison. En 1904, il fuit enMongolie puis dans l'Amdo devant l'irruption d'une force expéditionnaire britannique, avant de retrouver son trône en 1909 à la suite des accords passés par la Chine avec la Grande-Bretagne. En 1910, il fuit à nouveau Lhassa, cette fois-ci pour l'Inde britannique, devant les troupes envoyées par le gouvernement impérial. Il revient en 1913 à la faveur de la chute de l'empire Qing et de l'instauration de la république de Chine.
Proclamant ce qui est diversement interprété comme l'indépendance du Tibet ou la fin de la relation prêtre-protecteur entre le dalaï-lama et l'empereur, il entame une série de réformes visant à moderniser l'administration, la justice, l'enseignement et la médecine. Il crée également une armée tibétaine. Cependant, en 1926, face au mouvement de rejet chez les éléments conservateurs de l'élite tibétaine et aux revendications des jeunes officiers de l'armée, il met un terme à l'ensemble du programme. Le13e dalaï-lama dirige, de 1912 à 1933, unTibet indépendantde facto[28], sans toutefois lui obtenir de reconnaissance internationale (de jure) ni parvenir à en faire un État moderne[29].
Altan Khan choisit ce terme dont le sens est "rassemblement de grandes quantités d'eau collectées en masse", pour signifier que Sonam Gyatso était le chef de toutes les écoles du bouddhisme tibétain. Il souhaitait ainsi que son propre projet politique soit poursuivi par Sonam Gyatso[37].
Lama (bla ma), est un mot tibétain utilisé de façon honorifique pour désigner notamment les maîtres réincarnés du bouddhisme.
Certains auteurs ont traduit de façon approximative dalaï-lama par « Océan de Sagesse »[38].
Sur un plan spirituel, les dalaï-lamas sont considérés par les bouddhistes tibétains comme des émanations dubodhisattva de lacompassion («Chenrezig» en tibétain, «Avalokiteshvara» ensanskrit).Yumiko Ishihama a démontré en 1993 qu'il est fait référence à cette croyance dans la biographie du1er dalaï-lama écrite en 1494[39].
Les bodhisattvas choisissent, suivant la voie duMahayana, de renaître pour le bien de tous les êtres.
Du fait qu'ils incarnent lebodhisattva de la compassion, les Tibétains vénèrent les dalaï-lamas comme des dieux chargés de la représentation et de la protection du Tibet et du peuple tibétain.
Comme les dalaï-lamas constituent une lignée detulkus, maîtres réincarnés, ses moines et maîtres spirituels, dont souvent lepanchen-lama, doivent après le décès d'un dalaï-lama, engager une enquête pour rechercher saréincarnation. Des oracles, dont l'oracle de Nechung, oracle d'État duTibet, sont souvent consultés. Les enfants candidats sont interrogés pour rechercher des signes tels que la reconnaissance d'objets possédés par le précédent dalaï-lama. Le jeunetulku est alors amené dans un monastère pour y recevoir lesdharma (enseignements bouddhiques).
Le titre de cette lignée de tulkus fut donné par l'empereur mongolAltan Khan en traduction du nom du3e dalaï-lama,Sonam Gyatso. On dit que dès la seconde incarnation, l'enfant se souvenait de ses vies passées et des noms des dignitaires de l'entourage du premier dalaï-lama,Gendun Drup[41].
En tant que chef spirituel de la communauté bouddhiste tibétaine, le dalaï-lama représente toutes les écoles (non seulement celle des « gélugpa » à laquelle il appartient traditionnellement, mais aussi les écolesKagyüpa,Sakyapa etNyingmapa)[42].SelonMick Brown , l'autorité spirituelle du dalaï-lama était respectée par les écoles anciennes dubouddhisme tibétain (kagyu, nyingma et sakya), lesquelles reconnaissaient en lui le « de facto roi du Tibet »[43].
SelonArjia Rinpoché, si le dalaï-lama est le plus haut dignitaire sur le plan politique, en matière d'autorité religieuse lepanchen lama et lui sont de même niveau[44].
LeGaden Phodrang est unsystème de gouvernement dual bouddhiste, unissant fonction spirituelle et fonction temporelle et combinant religieux et laïcs (ou civils)[47],[48]. Cegouvernement bouddhiste est instauré en 1642 par l'abbé du monastère de Drépung,Lobsang Gyatso. Lesgelugpas, qui s'opposent auKarmapa (soutenu par le prince de Shigatse), font appel àGüshi Khan, chef de la tribu mongole des Qoshot. Celui-ci envahit le Tibet en 1640, détrône le roi Tsang et donne le pouvoir à Lobsang Gyatso, qui de simple moine devient, en tant que5e dalaï-lama, chef d'État[49],[50],[51],[52]. Il est le premier des dalaï-lamas à exercer un pouvoir temporel[53]. En 1645, il décide d’installer à Lhassa son gouvernement dans un bâtiment, lePotala, qu’il fait construire sur une colline où se trouvait un pavillon fondé par le roiSongtsen Gampo. Il édifie la partie blanche centrale, la partie rouge étant ajoutée parSangyé Gyatso en 1690. Le Potala devient le centre du pouvoir religieux et politique de la théocratie tibétaine[54].
Le6e dalaï-lama,Tsangyang Gyatso, fut intronisé fin 1697 au Potala. Il montra une indifférence à l'égard de ses devoirs religieux au point de renoncer à ses vœux monastiques, mais pas à ses fonctions temporelles[21].
Le dalaï-lama dirigeait tant les affaires religieuses que laïques, grâce à deux organes principaux du gouvernement : le Conseil religieux,yik-tsang, composé de quatre membres de la communauté monastique, et le Conseil des ministres,kashag, composé de quatre membres,shapé, dont trois laïcs et un religieux. Le premier ministre religieux,chikyap chempo, et le premier ministre laïc,lönchen, faisaient la liaison entre les Conseils et le dalaï-lama. L’ensemble des ministres du Conseil laïc contrôlait les affaires politiques, judiciaires, et fiscales du Tibet. Unministre des Affaires étrangères, placé sous la direction duchigye lönchen (premier ministre d’État), a été créé dans la première moitié duXXe siècle. Son rôle était consultatif. La politique extérieure a toujours été dirigée par le dalaï-lama ou le régent. Il existait une Assemblée nationale,tsongdu, se réunissant dans des circonstances graves, constituée d’une cinquantaine de personnalités de Lhassa, dont les abbés des grands monastères. Son rôle était consultatif. Dans les provinces, le gouvernement était représenté au milieu duXXe siècle par cinqchikyap pour l’U-Tsang (Lhassa etShigatse),Gartok (Tibet occidental),Kham (Chamdo, Tibet oriental),Chang (Nagchuka, Tibet du Nord) etLhoka (Lho-dzong, Tibet du Sud). Deschikyap dépendaient lesdzong-pön, commandants de forteresses, responsables du maintien de l’ordre et de l’impôt. Ils avaient une grande indépendance[56].
Sonam Gyatso se rendit enMongolie à l'invitation d'Altan Khan, prince des Toumets, souverain de la Mongolie, d'une partie nord de la Chine et de la région tibétaine duKokonor. La mort deKubilai Khan avait marqué la fin de larelation protecteur-lama unissant la cour mongole et les lama sakyapa du Tibet, et la Mongolie était retournée à son ancienne spiritualité animiste. Bien qu'Altan Khan se fut converti au bouddhisme récemment, l'invitation avait un but plus politique que spirituel. Altan Khan souhaitait utiliser la religion pour réunifier les tribus mongoles hétérogènes et savait que l'école gélugpa en opposition avec d'autres écoles bouddhistes plus anciennes manquait d'une protection militaire. La rencontre historique entre Sonam Gyatso et Altan Khan eut lieu en juin 1578. Altan Khan proclama le bouddhismereligion d'état de la Mongolie et déclara la reprise de larelation de protecteur à lama, et conféra le titre de dalaï-lama pour commémorer cette reprise et honorer Sonam Gyatso. Ce dernier étant la3e incarnation deGendun Drup et le3e abbé du monastère deDrépung, il fut déclaré3e dalaï-lama[57].
Le5e dalaï-lama, qui rendit visite à l'empereur Qing à Pékin, rétablit la relation deChö-yon (de chapelain à donateur). Cette relation fut interprétée de façon différente par les empereurs Qing et les Tibétains[59].
Pour le géographeLouis Grégoire (1876), le dalaï-lama était dépendant de l'empereur de la Chine et choisi par lesambans :
« Le souverain spirituel du Thibet est le Dalaï ou Talé-Lama ; c'est toujours un enfant, incarnation de Bouddha, choisi entre trois candidats, que présentent les grandes lamaseries, par les ambassadeurs de l'empereur de la Chine. Il délègue son autorité temporelle à un radjah, appeléNomekhan ouGyalbô, qui gouverne avec quatre ministres et seize mandarins, tous nommés par un diplôme impérial et révocables au gré de l'empereur. Quatre mille soldats chinois sont distribués dans les stations importantes, et des postillons chinois, espèces de gendarmes, font le service des postes. Quatre grandes principautés et plusieurs petites sont administrées directement par des agents chinois. Dans ces derniers temps, de vastes territoires, entièrement thibétains par la langue, les mœurs, la religion, ont été réunis au Ssé-tchouan et au Yun-nan. »
Selon l'exploratriceAlexandra David-Néel pour être intronisé, le dalaï-lama devait obligatoirement avoir été reconnu par le gouvernement chinois. Le jour de son accession, il devait se prosterner devant un portrait de l'empereur, faisant ainsi acte de vassal (il en était de même du panchen-lama siégeant à Shigatsé)[61].
Depuis son exil, le dalaï-lama est dénoncé systématiquement par le gouvernement chinois qui le qualifie d'« indépendantiste »[69]. Malgré cela, le dalaï-Lama persévère dans la voie de lanon-violence et demande à la Chine de négocier pour aboutir à un compromis politique. Le, il lance unappel à l'Organisation des Nations unies en faveur d'une restauration de l'indépendance duTibet. Puis, après l'ouverture deDeng Xiaoping qui déclara en 1979 qu'en dehors de l'indépendance tout sujet pouvait être discuté, le dalaï-lama opta pour lapolitique de la voie médiane, dans un intérêt mutuel pour les Tibétains et les Chinois[70]. Cette voie préconisée par le dalaï-lama dans ses négociations avec le gouvernement chinois propose de réunifier en une entité administrative autogérée démocratiquement les territoires tibétains morcelés en cinq zones rattachés à des provinces chinoises. Son objectif est de préserver la religion et la culture tibétaine permettant aux Tibétains de gérer leur développement socio-économique, laissant la Chine responsable de la défense et des affaires étrangères[71]. Toutefois, selon l'écrivain chinoisWang Lixiong, il n'a pas fait de promesse juridiquement contraignante sur ce point et peut donc se rabattre à tout instant sur une position appelant à l'indépendance[72]. Si des discussions entre des émissaires du dalaï-lama,Lodi Gyari etKelsang Gyaltsen, avec des représentants du gouvernement chinois débutèrent en 2002, aucune négociation directe entre le dalaï-lama, son gouvernement en exil et le gouvernement chinois n'a encore débuté[73].
Aujourd'hui en Chine, le culte bouddhiste tibétain de l'écoleGelugpa est officiellement autorisé par le gouvernement central, même à Pékin dans le très ancientemple de Yonghe[77][réf. incomplète]. Cependant, selon leDrJohn Powers, un spécialiste de la religion et de la culture tibétaines à l'université nationale australienne, les moines tibétains sont contraints de dénoncer le dalaï-lama[78]. Des associations internationales dénoncent la répression visant la religion auTibet : mise enrésidence surveillée, en 1995, dupanchen-lama désigné par leXIVe dalaï-lama,Gedhun Choekyi Nyima[79], destruction en 2001 de l’institut bouddhiste deSerthar fondé parKhenpo Jigme Phuntsok, mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses[80] ou encore la condamnation à une peine de prison à vie deTenzin Delek Rinpoché en 2005[81].
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SelonDawa Norbu, au cours du conflit sino-tibétain postérieur à 1950, le14e dalaï-lama devint une représentation pan-tibétaine symbolisant les valeurs de laculture tibétaine et les aspirations dupeuple tibétain. Bien que les Tibétains à l'intérieur et à l'extérieur du Tibet perçoivent le dalaï-lama comme leur dirigeant légitime, cela ne signifie pas la restauration de l'« ancien régime » comme le soulignent à la fois les déclarations constitutionnelles du dalaï-lama et les aspirations politiques du peuple tibétain. Les projets deconstitution du dalaï-lama en exil reflètent la direction prise par la section politisée du peuple tibétain au Tibet. Comme le remarque Ronald Schwartz, les Tibétains associent à présent leurlutte pour l’indépendance avec des exigences de démocratie et de respect des droits de l’homme. Cela s'explique par le contexte moderne des Tibétains après 1959 au Tibet comme en exil. Au Tibet, les communistes ont propagé une idéologie égalitaire où l'équité et la liberté sont les nouveaux canons, bien que peu mis en pratique dans les régions des minorités. Cette contradiction est la base idéologique et politique de l'intelligentsia tibétaine contre la domination chinoise au Tibet. En exil, c'est principalement l'influence positive du fonctionnement de la démocratie indienne qui a suscité la diffusion de sentimentsdémocratiques chez les réfugiés tibétains en dépit d'un culte de la personnalité autour du dalaï-lama et de sa famille. Depuis 1951, il y a un fossé entre les aspirations réalistes des élites et les aspirations populaires pour l'indépendance. Ces idées sont réprimées par le régime communiste chinois au Tibet, mais à long terme, ce dernier ne peut résoudre la question tibétaine. Avec la globalisation de l'économie chinoise et l'émergence de la démocratie, la république populaire de Chine ne peut demeurer un bloc monolithique maoïste isolé. Dans cette situation, il est possible que seul le dalaï-lama puisse convaincre les masses tibétaines nationalistes d'accepter des solutions réalistes au conflit au Tibet[87].
Le dalaï-lama déclara à Goodman qu'il est possible qu'il soit le dernier, mais qu'il n'y a pas de prophétie claire à ce sujet. Il précise que le choix d'un dalaï-lama par le peuple tibétain est une question d'utilité de ce titre en tant qu'institution. Mais concernant sa propre renaissance, en tant que bouddhiste duMahayana, il ajoute« tant qu'il y aura de la souffrance dans le monde, je reviendrai »[90].
De son côté, le gouvernement chinois a déclaré que le prochain dalaï-lama naîtra en Chine et sera choisi par la Chine[91]. Le Dalaï-lama a cependant déclaré[92] :
« Si la situation présente du Tibet reste la même, je renaîtrai hors du Tibet, loin du contrôle des autorités chinoises. C'est logique. Le but même d'une réincarnation est de continuer le travail inachevé de l'incarnation précédente. Si donc la situation tibétaine n'est toujours pas résolue, il est logique que je renaisse en exil, pour continuer mon travail inachevé. »
Pour lui, le prochain dalaï-lama pourrait être une femme, voire un non-tibétain. Convaincu depuis longtemps des vertus de ladémocratie, il envisage que le prochain puisse être désigné par lui-même, ou une assemblée de lamas. Son successeur pourrait être leKarmapa actuel, pourtant chef d’une école bouddhiste tibétaine différente de la sienne, ou lePremier ministre tibétain, voire personne : si l’institution pose plus de problèmes qu’elle ne peut en résoudre, il a le pouvoir de l'abolir[93].
En 2007, deux moines du monastère deTashilhunpo auTibet se seraient suicidés, à la suite d'une campagne d'exclusion menée par des officiels chinois[94]. Ces deux moines avaient participé à la reconnaissance du11epanchen-lama,Gendhun Choekyi Nyima, et pouvaient donc être appelés à reconnaître le prochain dalaï-lama[95],[96].
Interrogé en sur la possibilité qu'il puisse succéder au titre de Dalaï-lama,Orgyen Trinley Dorje a déclaré : « Si l'occasion m'en est donnée, je ferai de mon mieux », ajoutant : « le Dalaï-lama a été très efficace pour établir les fondations de la lutte des Tibétains en exil. C'est à la génération suivante de construire sur ces bases et d'aller de l'avant »[98].
En, Tenzin Gyatso a déclaré : « Si une majorité de Tibétains a le sentiment que l'institution du dalaï-lama n'a plus de sens, alors cette institution doit cesser d'exister, il n'y a aucun problème. », ajoutant en riant « Il semblerait que les Chinois soient plus inquiets pour cette institution que moi. »[99].
En, précisant ses précédentes déclarations quant au futur de l'institution, le dalaï-lama, annonce dans un document publié à l'issue d'un rassemblement de responsables des quatre écoles spirituelles du bouddhisme tibétain que « Lorsque j'approcherai de mes 90 ans, je consulterai les grands lamas des traditions bouddhiques tibétaines, les Tibétains et les autres adeptes du bouddhisme tibétain et procéderai à une réévaluation de l'institution du dalaï lama pour savoir si elle doit ou non être pérennisée. Ma décision sera prise sur cette base. En dehors de la réincarnation reconnue à travers ces méthodes légitimes, aucun candidat ne peut prétendre à une reconnaissance ou un agrément, s'il a été choisi pour des finalités politiques par qui que ce soit, y compris par ceux qui se trouvent dans la république populaire de Chine »[104]. Concernant la possibilité que le gouvernement chinois nomme son successeur, il déclare que « si le gouvernement chinois a l'intention de se charger de nommer ma réincarnation, il doit alors accepter la religion et le concept de vie future. Ils doivent aussi, en premier lieu, trouver les réincarnations de Mao Zedong et de Deng Xiaoping. Après, seulement, ils pourront trouver ma réincarnation »[105]. Deux jours plus tard, le gouvernement chinois prend position et déclare que « Le titre de dalaï lama est conféré par le gouvernement central et est illégal dans tout autre cas de figure »[106].
En, il affirme qu'il pourrait être le dernier dalaï-lama, et que nombre de jeunes moines bouddhistes, dont le karmapa, pourraient devenir les chefs spirituels du bouddhisme tibétain[107].
Le, il annonce officiellement qu'il sera le dernier de la lignée précisant que l'institution était principalement importante en raison de son pouvoir politique[108]. Le gouvernement chinois lui dénie le droit de prendre cette décision[109]. Cette déclaration aurait pour but de contrer le gouvernement chinois dans sa tentative de récupération de la fonction[110]. En 2015,Padma Choling, président du Comité permanent de l'Assemblée populaire de la région autonome du Tibet, affirme que les déclarations du dalaï lama suggérant qu'il n'aurait pas de successeur à sa mort sont un « blasphème contre le bouddhisme tibétain »[111].
Le 2 juillet 2025, il confirme finalement qu'un successeur assurera la continuité de sa fonction de chef spirituel de la communauté tibétaine[112].
↑(en)Samten G. Karmay, Religion and Politics: commentary,Tibet writes, 7 septembre 2008 :« However, in 1642 the Tsang Desi’s government was toppled by the combined forces of Tibetans and Mongols at the instigation of the Gelug sect which effectively empowered the Fifth Dalai Lama (1617-1685), as the head of state. He had been, until 1642, merely the abbot of Drepung Monastery. A new era of theocracy was ushered in with the total supremacy of the clergy and the subordination of laymen to it. »
↑René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, pages 656-657 :« Tséwang Rabdan vit ces changements d’un mauvais œil. [...] Vers juin 1717 il envoya au Tibet une armée commandée par son frère Tséreng Dondoub qui, de Khotan, par une marche d’une audace inouïe à travers le Kouen-lun et les hauts plateaux désertiques, marcha droit sur le district de Nagtchou-dzong[...] Latsang réussit jusqu’en octobre à arrêter l’ennemi à un défilé entre Nagtchoudzong et le Tongri-nor, sans doute au pas de Chang-chong-la ; à la fin il dut battre en retraite sur Lhassa, suivi à la piste par l’armée de Tséreng Dondoub. Le 2 décembre 1717, une trahison ouvrit à ce dernier les portes de Lhassa. Pendant trois jours les troupes djoungares massacrèrent tous les tenants, réels ou supposés, du parti chinois. Latsang khan qui avait cherché à défendre le Potala, fut tué dans sa fuite. Le Potala même, le sanctuaire des sanctuaires, fut livré au pillage. Courant s’étonne de voir les Djoungar, pourtant pieux lamaïstes, dévaliser ainsi la ville sainte de leur religion pour orner de ses dépouilles les lamaseries de Kouldja, leur capitale ».
« « Lobzang Khan died while escaping northwards. The Zungars imprisoned his Dalai Lama, Yeshi Gyatso. Thus endend the influence of the Khoshot Mongols in Tibet » »
.
↑Wang Jiawei et Nyima Gyaincain,Le statut du Tibet de Chine dans l'histoire, 2003, 367 pages,p. 68-69.
↑(en)Max Gordon Oidtmann(en) sous la supervision deMark C. Elliott, « Patrons and Priests in Amdo Tibet 1791-1911 », surDissertation reviews,« Image: Finding of a Dalai Lama, Harvard Art Museums, Arthur M. Sackler Museum, Bequest of the Hofer Collection of the Arts of Asia, 1985.863.5. The album is undated. It likely depicts the identification of the ninth Dalai Lama in 1808. »,« The recognition process, he finds, was significantly altered by the Manchu ambans and held, not at the Jokhang, but at the Potala Palace in front of an image of the Qianlong emperor ».
↑Samten G. Karmay, Religion and Politics: commentary,Tibet writes, 7 septembre 2008 :« However, in 1642 the Tsang Desi’s government was toppled by the combined forces of Tibetans and Mongols at the instigation of the Gelug sect which effectively empowered the Fifth Dalai Lama (1617-1685), as the head of state. He had been, until 1642, merely the abbot of Drepung Monastery. A new era of theocracy was ushered in with the total supremacy of the clergy and the subordination of laymen to it. »
↑Roland Barraux,Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Éditions Albin Michel, 1993. Réedité en 2002, Albin Michel,(ISBN2-226-13317-8).
↑Alexandra David-Néel,Le vieux Tibet face à la Chine nouvelle, Plon, 1953, chap. I, Coup d'œil d'ensemble sur la situation (réédition de 1999, inGrand Tibet et Vaste Chine,p. 961-1110,(ISBN2-259-19169-X)),p. 965.
↑(en)Hong Xiaoyong, China Did Well by Tibet [archive],The Straits Times (Singapour), 23 avril 2008, reproduit sur le siteAsiaoneNews :« The Dalai Lama sent a telegram to Chairman Mao Zedong to express his support for the agreement and his determination to implement it ».
↑La visite du Dalaï-Lama à Washington provoque la colère de Pékin,Le Monde du 17.10.07 :« Le geste le plus significatif est intervenu mercredi au Capitole. George W. Bush a remis la médaille d'or du Congrès, la récompense civile la plus prestigieuse, au chef de l'Église tibétaine, lors d'une cérémonie solennelle. »
↑Audrey Garric,Le Dalaï-lama renonce à son rôle politique mais pas à son influence,,« Mais en 1990, par souci d'amorcer une démocratisation du régime, il cesse de nommer les membres du cabinet, désignés depuis par le Parlement. Puis, en 2001, il décide de modifier la Constitution : le gouvernement sera dirigé par un premier ministre, élu par les Tibétains en exil, soit près de 150 000 personnes – vote auquel ne participent pas les 6 millions de Tibétains de Chine. Le rôle politique du Dalaï-lama se voit alors restreint à des fonctions honorifiques, telles qu'un rôle de représentation sur la scène internationale ou la nomination de trois des quarante-trois députés du Parlement. ».
↑« Le dalaï-lama confirme qu’un successeur assurera la continuité de sa fonction de chef spirituel de la communauté tibétaine »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le)