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La décadence est une notion historique à la lisière de l'idée de déclin, qui relève du champ naturel, et de celle de déchéance, qui relève du champ moral[1].
Si la décadence est pour Julien Freund une« catégorie essentielle de la perception »[2], elle est au contraire, d’aprèsPatrick Wotling, un simple« réflexe intellectuel, un jugement moral »[3].
Le thème de la décadence de Rome a étésous la république romaine même évoqué parCaton l'Ancien,Cicéron (O tempora, O mores) et, pour l'Empire, parJuvénal.
Il a été également traité parMontesquieu, qui énumère dix-sept causes de la chute de Rome.
Lacrise économique qui avait frappé Rome, et le discrédit de ses lois qui, bien acceptées au départ parce qu'elles apportaient lapaix romaine, furent contestées et combattues dès lors qu'elles ne visaient plus qu'à drainer le maximum de ressources sur une Rome devenue oisive, sans fournir de réel service aux populations en contrepartie[4].
Vers la fin duXIXe siècle,Paul Bourget importa en littérature la notion de décadence (Essais de psychologie contemporaine). Nietzsche s'en inspira pour l'appliquer auCas Wagner.
Edward Gibbon a consacré à la période un fameux livre d'Histoire sous forme de chronique à l'antique.
Plus récemment, Pierre Chaunu révèle le côté historiographique du concept : considérer que les Romains vivaient en décadence est parvenu rétrospectivement à la chute de l'Empire romain d'Occident, par le biais de l'influence des penseurs susdits.
Dans la pratique, le phénomène procède de la généralisation de la perception individuelle chagrinant la perte du « bon vieux temps », où des aînés se plaignent queles choses ne sont plus comme avant, et la vie ne continue pas moins à s'écouler ; cette perception comporte des périodes civilisées alternant avec d'autres qui le sont moins[5].
Plus inquiétant est le fait que plusieurs de ces doléances furent effectivement émises par des écrivains de civilisationseffectivement sur leur déclin, qui disparurent par la suite sans jamais retrouver leur splendeur passée[réf. nécessaire] . On peut citer à cet égard :
Lamentations des habitants de Sumer lors de son déclin[6]
Un exemple au sujet duquel on dispose de beaucoup de documents est celui de l'Empire ottoman, qui s'effondra en1918, mais dont les premiers signes de décadence avaient été observés dès la fin duXVIIIe siècle ; l'un des artisans de cette décadence de l'Empire (au profit d'unnationalisme égyptien) futMohamed Ali, lui-même très inspiré par l'action deNapoléon Bonaparte envers laSublime porte. Par ailleurs, la décadence de certainsempires industriels[7] oucoloniaux fournit également quelques objets d'étude.
Parfois le déclin semble fatal, ainsi deRuhrgas Essen, société qui - vivant du gaz de la Ruhr - était censée disparaître trente ans plus tard une fois ce gaz épuisé. Les compétences acquises restent cependant souvent utilisables ailleurs, et par exempleElf Aquitaine a survécu remarquablement à l'épuisement dugisement de gaz de Lacq qui avait motivé sa création. En 2013, nombre de pays pétroliers du Golfe se diversifient pour la même raison.
Un point commun à nombre d'empires en décadence semble être uneperte du sens du réel au profit de règles formelles qui finissent par ne plus être bien distinguées de la réalité.Lou Gerstner évoque le cas d'IBM, qu'il redressain extremis, dans son ouvrageJ'ai fait danser un éléphant.
La décadence dans la culture et la pensée politiques (XVIIIe – XXe siècle), en Espagne, En France et en Italie. Études réunies par Jean-Yves Frétigné etFrançois Jankowiak [actes du colloque tenu à l’École française de Rome les 20 et 21 juin 2003], Rome, École française de Rome (Collection de l’École française de Rome, t. 395), 2008, 360 p.