Uneculture archéologique est un ensemble d'artéfacts archéologiques, circonscrits à une période et à une zone géographique précises, et présentant une certaine unité de style, de méthode de fabrication, ou tout autre caractère permettant aux archéologues de les regrouper en un ensemble jugé cohérent auquel on puisse attribuer une dénomination.
En archéologie, par le mot « culture » on entend distinguer un groupe humain occupant un certain espace géographique pendant une période donnée et ayant produit des artéfacts archéologiques qui se ressemblent[1]. On s'appuie, pour ce faire, sur la répartition homogène dans cet espace géographique d'un certain nombre de types d'objets (formes de poteries, outils lithiques, art mobilier, architecture, pratiques funéraires, etc.)[2].
Une culture est généralement dite archéologique quand elle se réfère soit à un groupe humain préhistorique indéterminé, soit à un peuple historiquement identifié, mais dont la culture matérielle est mieux connue par ses vestiges que par les textes historiques existants. Les cultures matérielles produites par des peuples bien décrits par les textes historiques sont qualifiées de cultures historiques plutôt qu'archéologiques.
On donne souvent aux cultures archéologiques le nom du premier site sur lequel elles ont été mises en évidence. Ainsi, leChasséen tire son nom ducamp préhistorique de Chassey-le-Camp, en Saône-et-Loire, et laculture de Yangshao tire le sien d'un site près du village de Yangshao, dans le nord duHenan. De la même façon, laculture Clovis a été dénommée à partir du site deClovis, auNouveau-Mexique. Ces cultures s'étendent sur une aire géographique bien plus vaste que leur site d'identification initiale. Elles sont en constante redéfinition en fonction des fouilles réalisées au fil du temps. Certaines dénominations sont issues des rituels funéraires (culture Yamna), des styles décoratifs des poteries (Culture de la céramique cordée), ou des constructions notables (Culture nuragique).
Quand le peuple qui a produit une culture archéologique est identifié, par exemple grâce aux textes d'auteurs grecs, romains ou chinois, la culture prend alors le nom du peuple qui en est l'auteur. On peut par exemple citer la culture archéologique desScythes ou desSarmates. Il arrive parfois que les archéologues inventent un nom de peuple pour dénommer une culture dont on n'a aucune attestation écrite, par exemple lesOlmèques enMésoamérique ou lesAnasazis dans le Sud-Ouest desÉtats-Unis.
Dans le cas des assemblages matériels datés duPaléolithique, les préhistoriens emploient plutôt le terme d'industrie pour dénommer les différents stades d'évolution technique constatés dans la production d'outils lithiques. On parle ainsi par exemple d'industrie lithiqueacheuléenne oumoustérienne.
Une culture archéologique se manifeste par ses éléments matériels préservés. Les éléments périssables en sont perdus, de même que ses éléments non matériels, à l'exception des rites funéraires qui se déduisent en partie de l'étude des tombes.
L'un des principaux éléments matériels permettant de définir une culture, grosso modo à partir duNéolithique, sont lespoteries, qui peuvent se décliner selon une infinité de styles. Un grand nombre de cultures néolithiques ont été circonscrites et dénommées sur la base de leurcéramique.