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Culture LGBT

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Pour un article plus général, voirLesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

Voguing au Drag on Ball 2018 de Berlin.

Laculture LGBT, aussi désignée commeculture homosexuelle,culture gay,culture gaie et lesbienne,culturequeer, ainsi qu'en utilisant dessigles étendus tels queculture LGBTQ+, est la culture partagée par lesminorités sexuelles et de genre, en particulier les personneslesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

Elle désigne à la fois les pratiques culturelles créées par les personnes LGBT dans une optique communautaire, telle que laball culture ou lalittérature lesbienne, mais aussi les productions artistiques qui ne sont pas conçues pour ce public mais y rencontrent une réception particulière. Cette particularité peut se manifester par une réceptivité très forte, par exemple concernant ledisco ou leconcours eurovision de la chanson, mais prend aussi la forme d'une réappropriation active de productions culturelles par le public LGBT afin d'en enrichir le sens.

Toutes les personnes LGBT ne s'identifient toutefois pas à la culture LGBT ; cela peut être dû à la distance géographique, à l'ignorance de l'existence de la sous-culture, à la peur de lastigmatisation sociale ou à la préférence de ne pas s'identifier aux sous-cultures ou communautés basées sur la sexualité ou le genre.

Définition

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Périmètre

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Le concept d' « arts homosexuels » peut être interprété de plusieurs manières[d 1].

La plus immédiate est la production d'artistes homo ou bisexuels, tels queMichel-Ange ouLéonard de Vinci ; néanmoins, cette circonscription n'est pas forcément la plus intéressante, car les relations amoureuses et érotiques de ces peintres n'a pas forcément d'influence sur leurs œuvres[d 1].

Les Baigneurs en plein air,Paul Cézanne, 1890,musée de l'Ermitage ; cette peinture est un exemple de la réappropriation d’œuvresa priori hétérosexuelles par un public gay pour en enrichir la signification.

La seconde consiste, en lien avec lecamp, à la réinterprétation active d’œuvres pas forcémenthomoérotiquesa priori pour leur donner cette nouvelle lecture, comme pourle Sommeil deGustave Courbet ouLes Baigneurs deCézanne[d 1]. Cette réappropriation peut aller jusqu'au travail dérivé, telle que l'art d'Hannah Höch, qui découpe des publicités pour produire une image avec un nouveau sens[d 1].

La troisième, enfin, consiste à en limiter le périmètre à la production d'artistes LGBTQI qui traite de manière implicite ou explicite d'homosexualité, de transidentité ou d'intersexuation[d 1].

Anne etMarine Rambach, créatrices deséditions gaies et lesbiennes soulignent la spécificité de la culture gaie et lesbienne :« parce qu'[elle] est excentrée, elle produit des objets fréquemment inclassables - en l'absence d'un rayon gai »[am 1].

Nuances et métonymies

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Suivant les auteurs et les époques, les appellations « culture LGBT », « culture homosexuelle », « culture gay », « culture gaie et lesbienne » et « culture queer » peuvent soit désigner la même chose, soit être porteuses de nuances.

Ainsi, l'appellation de la marche des fiertés de Paris est longtemps « marche des fiertés gaies et lesbiennes » alors que l'évènement inclut des associations trans telles que l'association du syndrome de Benjamin, et son renommage en « marche des fiertés LGBT » ne correspond pas à un changement de périmètre mais à une explicitation de ce qui était alors implicite[am 2]. Cettemétonymie est aussi à l'œuvre dans l'appellation « littérature lesbienne », qui inclut des autrices bisexuelles et pansexuelles[o 1].

Dans l'autre sens, l'usage d'une expression spécifique peut être porteuse d'une nuance : ainsi, l'expression « culture lesbienne » est parfois utilisée par des autrices pour souligner sa spécificité par rapport à une « culture LGBT » : c'est par exemple dans ce sens que l'utilise l'association lesbienneBagdam[o 2]. Anne et Marine Rambach parlent, encontexte français du début duXXIe siècle, du choix fondamental que doit effectuer toutelesbienne : s'impliquer dans la « culture lesbienne » et/ou dans la « culture gaie et lesbienne »[am 3]. D'une autre manière, « queer » peut être à la fois utilisé comme un synonyme de LGBT, comme l'écrit en 2013 la professeure de cinématographie Barbara Mennel sur « le cinéma queer (ou LGBT) » :« Queer en est venu à fonctionner comme une abréviation, un terme générique désignant toute une série d'identités sexuelles déviantes : gay, lesbienne, bisexuel, travesti, transgenre, transsexuel, intersexué, homme efféminé et femmebutch »[o 3]. Pour Joëlle Rouleau, elle-aussi professeure de cinématographie, au contraire,queer est porteur d'un sens spécifique de remise en question des normes, tandis que« la catégorie « LGBTQ+ » est un étau qui case, écrase et fige la complexité de l'identité culturellequeer sous une formepolitiquement correcte »[o 4].

Histoire

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De nombreuses personnalités historiques ont intégré la culture LGBT, notamment redécouvertes dans l'histoire de laSeconde Guerre mondiale, comme la fondatrice duEve's Hangout de New York,Eva Kotchever[1].

Les résistantes (Andrée Jacob[2],Yvonne Ziegler,Suzanne Leclézio,Marie-Thérèse Auffray[3]) et les résistants (Pierre Herbart,Roger Stéphane) sont aujourd'hui reconnus dans l'histoire contemporaine.

Il en est de même pour les combattants de laguerre d'Espagne, commeRafael Rodríguez Rapún, compagnon du poèteFederico García Lorca[4], ou le militaire américainWilliam Aalto[5].

Les artistes résistantesClaude Cahun etMarcel Moore sont aujourd'hui honorées[6], ainsi que le scientifiqueAlan Turing, héros de laSeconde Guerre mondiale[7].

Productions culturelles

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Littérature

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Article détaillé :Littérature LGBT.
Présentoire lié à lalittérature LGBT à la bibliothèque municipale deDorotea,Suède, en 2020

Lalittérature LGBT existe à la fois comme catégorie en tant que telle, mais aussi comme somme de littératures aux contours distincts : lalittérature lesbienne, lalittérature gay, lalittérature bisexuelle, et lalittérature trans.

Une constante de la littérature LGBT, en particulier en contexte de répression sociale, est l'utilisation de messages cachés afin de présenter l'homosexualité comme une interprétation possible mais non univoque du récit.

Si une grande partie de la littérature LGBT est publiée dans des canaux de diffusion généralistes, des institutions spécifiquement LGBT (maisons d'éditions, festivals, librairies) assure une grande partie de sa production et de sa commercialisation, en particulier quand elle s'inscrit profondément dans la culture LGBT.

Musique

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Article détaillé :Musique LGBT.

La musique LGBT regroupe diverses tendances. La plus évidente est la production musicale d'artistes LGBT parlant de sujets liés à la communauté : l'un des premiers exemples est le titreGlad to be gay deTom Robinson. la seconde correspond à la création de titres de soutiens aux luttes LGBT par des artistes cis et hétérosexuels, tels queLa Différence deLara Fabian ouMujer contra Mujer deMecano. La troisième en la réappropriation de chansons aux paroles conçues à l'origine pour un public hétérosexuel par le public gay, dont le travail d'interprétation en enrichit le sens, comme pourGimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) d'Abba.

Arts du spectacle

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Théâtre

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William Powell Frith, scène deLa Nuit des rois, peinture duXIXe siècle conservée à laWalker Art Gallery.
Article détaillé :Théâtre LGBT.

Dès leXVe siècle apparaît dans le théâtre occidental, une culture d'acteurs et d'actrices se travestissant pour jouer des personnages de l'autre sexe ; cela, en particulier enAngleterre en raison de l'interdiction de la profession d'acteur aux femmes ou en Espagne où, à l'inverse, de nombreuses actrices se travestissent en hommes[d 2]. Plusieurs auteurs, tels que le bisexuelWilliam Shakespeare, jouent de l'ambiguïté de ce travestissement, où le public peut voir un personnage féminin interagir avec un personnage masculin, ou deux hommes, dont l'un travesti, interagir entre eux[d 2].

En 1960 auxÉtats-Unis apparaît le terme « théâtre homosexuel », pour désigner de manière péjorative le théâtre de Broadway et plus particulièrement les productions deTennessee Williams et d'Edward Albee ; en effet, la presse n'accepte alors que la représentation de personnages homosexuels malheureux et stéréotypés[d 2]. En parallèle de cette critique naît le théâtre gay et lesbien pensé comme tel, avec en 1958 la création duCaffe Cino (en) entièrement consacré à ce genre et ensuite rejoint par leThéâtre Rhinoceros de San Francisco et leWomen's Own World de New York[d 2]. Un développement parallèle a lieu enFrance, avec la première en 1949 deHaute Surveillance deJean Genet[d 2].

Dans les années 1980 et 1990,Holly Hughes (en) met en scène desrelations lesbiennes butch/fem où l'imagerie criminelle sert à représenter la répression pesant sur les représentations LGBT[d 2]. D'autres artistes poursuivent cette expérience duthéâtre total, tels queRon Athey etReza Abdoh (en), dont l'œuvre à tous les deux est marquée par lapandémie de SIDA[d 2].

Opéra

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La cantatriceMaria Callas en 1976 ; lesdivas de l'opéra sont parmi les premièresicônes gaies.

Le milieu de l'opéra est associé aux hommes homosexuels, que ce soit dans les faits mais aussi dans la représentation que s'en font les hétérosexuels ; pour le musicologuePhilippe Olivier, cette association prend sa source dans l'emploi de chanteurs castrats, dont le timbre de voix a ensuite été associé à celui de l'homosexualité[d 3].

L'appréciation du public homosexuel au début duXXIe siècle se porte sur les divas de l'opéra :Maria Callas,Joan Sutherland,Montserrat Caballé,Kathleen Ferrier,Elisabeth Schwarzkopf,Teresa Berganza,Renée Fleming ouCecilia Bartoli ; celles-ci sont autant appréciées pour leurs gens que leurs tenues et leurs gestuelles, tant à la ville que sur scène[d 3].

L'opéra est un lieu de valorisation de l'hédonisme, valorisé dans la culture gay : on va au spectacle car il nous procure du plaisir. Il est aussi un lieu de travestissement, tels que Chérubin dansLes Noces de Figaro ou Octavian duChevalier à la rose, mais aussi de représentation de l'expérience homosexuelle, soit de manière détournée où les passions, sentimentalités esthétiques et douleurs de personnages féminins font écho au ressenti des hommes gays du public, soit de manière directe :Eugène Onéguine,Peter Grimes,Billy Budd,Mort à Venise ouAcquittement pour Médée deRolf Liebermann[d 3].

Enfin, il est un lieu de sociabilité gay ; soit, dans sa fréquentation, plutôt pour les classes bourgeoises, soit, dans l'écoute de musique ou le visionnage de vidéo chez soi, seul ou groupe, comme une manière de se détacher de son milieu par les pratiques culturelles en écho à la séparation de la famille hétérosexuelle pour la personne queer[d 3].

Danse

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Vaslav Nijisnky dansLe Spectre de la Rose, 1911.
Articles connexes :Vogue (danse) etTango queer.

Au cours desXVIIIe et XIXe siècles, la perte de prestige de la danse dans la culture occidentale s'accompagne d'une association croissante entre celle-ci et l'homosexualité ; cette association est alimentée par des éléments réels, tels que des rapports de police ou des mémoires de l'époque, mais aussi par l'activité de danseurs, qui peuvent, commeAuguste Vestris, rechercher des amants parmi les danseurs plus jeunes ou au contraire chercher des soutiens financiers parmi les spectateurs plus âgés qui cherchent activement des relations avec les danseurs, comme c'est en particulier le cas à l'École impériale de ballet de Russie[d 4]. Ainsi,Vaslav Nijinski entretient une relation avec leprince Lvov, puis avecDiaghilev[d 4]. Le style de Nijinski, très androgyne, obtient un succès fulgurant et fige pendant longtemps l'image du danseur dans l'Occident[d 4].

Le thème de l'homosexualité n'est jamais explicité dans les ballets du début duXXe siècle, mais est tout de même suggéré : c'est en partie le cas dansLes Biches,le Train bleu oula Légende de Joseph[d 4].

Le Chant du compagnon errant deMaurice Béjart est l'un des premiers ballets à représenter une histoire d'amour entre hommes ; parmi les autres précurceurs, on peut citerAlvin Ailey,Bill T. Jones,Dominique Bagouet ouKarine Saporta[o 5].

Dans la fin des années 1980 se structure levoguing, une danse surtout présente dans lascène ball, essentiellement pratiqué par des femmes trans et des hommes homosexuels afro-américains parodiant les normes de genre, en particulier celles associées à l'industrie de la mode[o 6].

Cabaret

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Soa de Muse,drag queen finaliste deDrag race France et artiste de cabaret, notammentMadame Arthur.

EnFrance, et particulièrement àParis, la culture cabaret est intimement liée à la culture LGBT, qu'elle soit gaie, lesbienne, travestie ou trans[d 5]. Dès les années 1920, les cabarets, tels queLe Bœuf sur le toit, sont à la fois des lieux de spectacles où se produisent des artistes LGBT mais aussi des lieux de rencontres[d 5]. Dans les années 1950 et 1960, c'est leCarrousel qui devient le centre névralgique de la culture LGBT, où se produisent une vingtaine d'artistes transexuelles, en particulierCoccinelle[d 5].

Audiovisuel

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Télévision

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Il y a un essor de la visibilité lesbienne à la télévision depuis la sortie de la sérieXena la guerrière dans lesannées 1990[p 1].

En mars 2020,Atresmedia dévoile une série largement inspirée de la vie deCristina Ortiz Rodríguez intituléeVeneno et réalisée parJavier Calvo etJavier Ambrossi qui participe à la reconnaissance et l'acceptation de lacommunauté transgenre en Espagne[p 2].

Cinéma

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Le cinéaste italienPier Paolo Pasolini produit une œuvre dans laquelle se donne à voir ce que Frédéric Martel nomme « l'homosexualité noire » : la partie marginale, violente et à la dérive de l'homosexualité[o 5]. Il dénonce ainsi la marchandisation de la sexualité qu'il impute à la bourgeoisie et au capitalisme dansSalò ou les 120 Journées de Sodome (1976)[p 3], ou, au contraire, présente l'homosexualité comme déclencheur de la libération et de la révolution dansThéorème (1968)[o 7].

La multiplication des films traitant de l'homosexualité au tournant des années 1970 accompagne lalibération sexuelle des pays occidentaux :Love etMusic Lovers deKen Russell,Les Damnés etMort à Venise deLuchino Visconti,Le Droit du plus fort deRainer Werner Fassbinder ouSébastiane deDerek Jarman[o 5].

La réalisatrice italienne Luki Massa analyse l'ambiguité du rire dans le cinéma mettant en scène des lesbiennes : dans les productions destinées à un public hétérosexuel, le rire vient du fait que les personnages lesbiens sont montrés de manière ridicule afin de les rendre repoussant ; pourtant, en prenant l'exemple du film américain de 1968Faut-il tuer Sister George ?, elle remarque que le public lesbien duXXIe siècle y trouve une forme de représentation, où les phrases du personnage lesbien prennent une dimension ironique et puissante[o 8].

Arts plastiques

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Photographie

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De la correspondance privée à l'art
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L'artistelesbienneClaude Cahun réalise une série d'autoportraits ; ne les diffusant pas de son vivant mais les réservant à l'échange avec sa compagneSuzanne Malherbe, ce n'est que vers les années 1990 que ses photographies rencontrent leur public, devenant ainsi support d'identification aux lesbiennes, en particuliernon-binaires etbutchs[d 1].

Montrer la marginalité
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Zanele Muholi exposant au festival international de cinéma LGBTSide by Side (en) deSaint-Pétersbourg.

La photographie est un média privilégié permettant de donner à voir les existences queers marginalisées, dans leur complexité et diversité ; c'est aussi une manière de revaloriser ces identités, par exemple avec des choix esthétisants tels que l'utilisation dunoir et blanc, afin de sortir de la représentation sensationnaliste telle qu'elle peut exister dans la presse[o 9]. En particulier, le choix d'avoir des modèles posant en regardant directement l'objectif permet de mettre le public de l'exposition et les modèles au même niveau[o 9]. C'est notamment le cas deZanele Muholi, qui photographie dansFaces and Phases, en 2006, des lesbiennes Noires d'Afrique du Sud ; elle fait le choix de représenter les professions de ses sujets, afin de montrer leur intégration dans la société sud-africaine[o 9], ou deMohamad Abdouni, dont la série Treat Me Like Your Mother de 2022 documente la communauté trans des années 1980 et 1990 de Beyrouth[o 10].

Cette tradition est très ancienne, puisque c'est déjà ce qu'avait produitBrassaï dans sa sérieParis la nuit de 1933, qui montre couples de femmes et lieux de sociabilité homosexuels[d 6].

Peinture

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Représentation de l'intimité féminine
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Louise Catherine Breslau,Gamines(1890).

La peintreLouise Catherine Breslau (1856-1927), représente sa compagneMadeleine Zillhardt (1863-1950) dans l'intimité, comme dansContre-jour (1883)[8]; son cercle amical féminin, comme dansPortrait des amies (1881), avecSophie Schaeppi etMaria Feller[9]; et peint des tableaux de couples féminins, commeGamines (1890)[p 4].

Représentations directes de l'homosexualité
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Dans ses peintures,Francis Bacon représente plusieurs aspects de l'homosexualité masculine : des amants ensemble, mais aussi une menace latente, l'angoisse et la solitude[o 5]. Dans un autre style,David Hockney représente lui une homosexualité heureuse et domestique[o 5].

Mode

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Article détaillé :Mode LGBT.
Kenzō Takada en 2017.

L'industrie de la mode, en particulier de lahaute-couture, est un domaine très fortement associé à l'homosexualité masculine en raison du grand nombre de couples d'hommes ou d'hommes gays :Giorgio Armani,Gianni Versace, le coupleDolce &Gabbana,Marc Jacobs, les jumeauxCaten, le coupleYves Saint-Laurent etPierre Bergé,Karl Lagerfeld,John Galliano,Jean-Paul Gaultier,Tom Ford,Thierry Mugler,Claude Montana,Stefano Pilati,Alexander Mc Queen,Jean-Claude Jitrois,Azzedine Alaïa, ouKenzo[o 11]. Pour le collectif français LGBTQ et féministedes Ailes sur un tracteur, cette prépondérance s'explique par la liberté associée à l'homosexualité : en se libérant des contraintes virilistes qui pèsent sur les hommes hétérosexuels, les créateurs homosexuels ont pu très tôt s'emparer des codes vestimentaires tant masculins et féminins, et ainsi avoir un plus grand panel de sources pour exprimer leur créativité[o 11]. Les journalistes de mode hétérosexuelles Anne Boulay etMarie Colmant avancent quant à elles un rapport particulier entre les créateurs gays et les femmes hétérosexuelles, empreint d'un rapport de séduction non-consommé qui amène les stylistes à avoir une compréhension fine de la féminité sensuelle et affirmée, souvent inspirée d'un rapport personnel avec une muse :Loulou de la Falaise pour Yves Saint Laurent,Farida Khelfa pour Azzedine Alaïa,Inès de la Fressange pour Karl Lagerfield ouFrédérique Lorca pour Jean-Paul Gauthier[d 7].

Costume pour femmes d'Yves Saint Laurent conservé auDe Young Museum de San Francisco.

Ce jeu avec la féminité met parfois ces mêmes journalistes mal à l'aise, par exemple lorsque Thierry Mugler fait défiler des femmes trans et des hommes travestis pour sa collection de prêt-à-porter féminin du début desannées 1990[d 7]. Elles avancent enfin qu'une autre des caractéristiques des créateurs de mode gays est le registre masculin-féminin etandrogyne, citant pêle-mêle lescostumes trois pièces d'Yves Saint Laurent desannées 1960, la mode japonaise asexuée des années 2000, le styleglam rock deDavie Bowie, le travail d'Hedi Slimane, ou les vêtements inspirés par le style deMarlène Dietrich ou deLeslie Winer (en)[d 7].

CollectionHouse of Pleasures de Jean-Paul Gaultier reprenant des codes de la marine et exposée auKunsthal.

L'influence créative ne s'exprime pas uniquement dans les grands noms, mais aussi dans la mode populaire : ainsi, lemarcel, d'abord vêtement de travail ouvrier, devient symbole iconographique gay, en particulier sous l'influence deJean Genet etTom of Finland, pour ensuite devenir emblème de virilité tant hétérosexuelle qu'homosexuelle lorsqueBruce Willis pose en marcel dans une publicité Calvin Klein dans les années 1990[d 7]. Plus généralement, de nombreux symboles vestimentaires de la masculinité, sont détournés dans une optique érotique tout au long duXXe siècle : le tricot de marin rayé, signature de Jean-Paul Gaultier ; lePerfecto, la casquette de cuir et lechaps ; les tatouages deHells Angels ; les tenue militaires ou le style baggy des rappeurs[d 7]. Ces détournements, qui ciblent souvent les groupes homophones ou perçus comme tels, ne font pas toujours l'unanimité, en particulier lorsqu'il s'agit de reprises d'iconographiesnazies[d 7].

La mannequinAndreja Pejić en 2013.

Plusieursfemmes trans comptent parmi les mannequins célèbres : la pionnière,April Ashley, qui est aussiintersexe, estoutée à son insu en 1961, ce qui met fin à sa carrière dans la mode[p 5]. En 2014, la mannequinAndreja Pejić, qui s'était faite connaître en tant que mannequin homme au physique androgyne, annonce sa transition de genre, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre sa carrière[p 6]. La présence de mannequins trans sur les podiums est beaucoup plus normalisée dans les années 2020, avec les carrières deHunter Schafer,Teddy Quinlivan (en),Hari Nef,Nathan Westling (en),Juliana Huxtable,Lea T,Carmen Carrera ouGeena Rocero[p 7].

Lanon-binarité et laqueerness s'exprime aussi dans lamode queer, c'est-à-dire les courants esthétiques visant à une utilisation de vêtements qui ne rentrent ni dans les normes de féminité de la mode, ni dans les normes de masculinité[p 8].

Art corporel

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À partir des années 1980 et 1990 se manifeste aux États-Unis une fierté queer au sein des artistes de l'art corporel ; c'est le cas notamment deRon Athey, qui s'inspire deSaint Sébastien dans sa performanceMartyrs and Saints, ou d'Annie Sprinkle qui met en vidéos une représentation de lapansexualité[d 8].

Certaines pratiques militantes sont pensées comme des productions d'art corporel : ainsi, en 1990, l'artisteDavid Wojnarowicz se coud la bouche dans une vidéo d'Act-Up,Silence = mort, qui dénonce la silenciation des militants contre le sida ;Catherine Opie, quant à elle, photographie son dos où a été scarifié un dessin d'enfant où deux petites filles se tiennent la main[d 8].

Entre pratiques et productions

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Détournements culturels

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Pour l'historienne de l'art Dawn Hoskin, la réinterprétation et la le détournement sont des pratiques centrales de l'art queer : elles permettent en effet à la fois de représenter les vies marginalisées, d'imaginer de nouvelles perspectives mais aussi de souligner à quel point l'histoire de l'art participe de l'invisibilisation des personnes LGBTQ+[aq 1]. Ainsi, Jean Fraser etMickalene Thomas reprennent toutes deuxLe Déjeuner sur l'herbe, la première pour représenter l'érotisme lesbien, la seconde pour dénoncer l'absence de corps noirs dans la peinture occidentale[aq 1]. PourSalman Toor (en), l'utilisation de collages permet de faire une synthèse de l'art occidental et sud-asiatique afin de représenter une identité complexe[aq 1]. Hoskin cite encoreKehinde Wiley etAthi-Patra Ruga (en) comme artistes représentatifs de cet aspect[aq 1].

Icônes gays

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Bannière Dykes For Madonna (littéralement : gouines pourMadonna) à lamarche des fiertés 1991 deSan Francisco, montrant l'importance de la chanteuse pour la communauté LGBT.
Article détaillé :Icône gay.

Parmi les caractéristiques constituant uneicône gay, on retrouve souvent le courage dans l'adversité et un désir de liberté, le sens du glamour, l'exubérance, la créativité, une forte personnalité, une fin tragique ou des formes d'androgynie. Ces icônes peuvent être de touteorientation sexuelle ougenre, et certaines se sont faites les porte-voix des revendications dumouvement LGBT.

Fanarts et fanfictions

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Article détaillé :Slash (fiction).

La frustration face à la rareté des personnages LGBT à la télévision, au cinéma et dans la littérature populaire amène à la production de détournements de ces médias, par l'objet de dessins, bandes-dessinées (fanarts) et histoires écrites (fanfictions)[p 9]. Si la création des fanarts et des fanfictions n'est pas exclusive à la communauté LGBT, elle a deux fonctions spécifiques pour les artistes LGBT : d'une part, elle permet la représentation de personnages LGBT comme personnages principaux, plutôt que comme des éléments secondaires ou accessoires des histoires ; de l'autre, elle apporte une lecture différente des œuvres, soulignant que ce qui est présenté comme de l'amitié entre deux hommes ou deux femmes et lu ainsi par un public hétérosexuel, peut tout aussi bien être compris comme de la romance pour un public LGBT[p 9].

Drag et travestissement

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Articles détaillés :Bal des travestis etDrag.
Bal des travestis,Russie, 1921.

Au cours duXIXe siècle et au début duXXe siècle se déroulent en Europe et en Amérique desbals des travestis (en) ; ce sont des évènements centraux de la vie gaie et lesbienne de l'époque, où les participants se travestissent.

D'abord clandestins, ils attirent de plus en plus de touristes, au point d'évoluer en véritables spectacles, les drag shows ou spectacles de drag, effectués par des artistes spécialisés, appelésdrag king oudrag queen.

De nombreux spectacles de drag mettent en scène des artistes chantant ou doublant (lip sync) des chansons tout en effectuant une pantomime ou une danse préparée. Les interprètes portent souvent des costumes ou un maquillage élaboré, et s'habillent parfois de façon à imiter diverses personnalités de la chanson ou dushow bizz de genre opposé. Certaines performances sont centrées autour de la thématique drag, comme Southern Decadence où la majorité des festivités sont dirigées par lesGrand Marshals (grand maréchaux) qui sont traditionnellementdes drag-queens[p 10].

Aux États-Unis et auMexique[u 1] émerge de la culture cabaret la culture drag, avec sesdrag queens[o 12] etdrag kings[u 2]. C'est en particulier l'aspect ironique au service de propos politiques qui se transmet du cabaret au drag[u 1].

Pratiques culturelles

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Sociabilités

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Homme de lacommunauté cuir à lamarche des fiertés de New York 2009 portant lecode foulard.

Cruising

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Article détaillé :drague gay.

L'une des formes les plus anciennes de la sociabilité et de ladrague gay est lecruising, c'est-à-dire la recherche de partenaires sexuels occasionnels. D'abord présente dans les lieux publics (jardins publics en particulier autour des quais, pissotières, plages, aires d'autoroute) mais aussi privés (salles de spectacles,saunas). Dans un souci d'efficacité, des codes sont utilisés pour communiquer simplement les pratiques sexuelles désirées, tels que lecode foulard.

Bars

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Articles détaillés :Bar gay etBar lesbien.

Dès leXVIIIe siècle apparaissent à Londres et Paris les premières formes du bar gay sous la forme de tavernes fréquentées par des hommes cherchant des relations sexuelles avec d'autres hommes[d 9]. Des bars gays et des bars lesbiens, identifiés comme tels, ouvrent en Amérique et Europe tout au long duXXe siècle ; ces bars sont les piliers à la fois de la sociabilité, de la culture et du militantisme LGBT. Ils font aussi l'objet d'une forte répression policière, dont l'une, en 1969 à New York, aboutit à une révolte de sa clientèle, lesémeutes de Stonewall[d 9].

Au cours duXXIe siècle, leur importance périclite, concurrencés par internet[p 11],[p 12].

Clubbing

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Photographie de deux hommes torses nus dansant ensemble. Le premier est penché vers l'arrière, criant de joie avec le bras en l'air. Le second lui caresse le ventre. À l'arrière plan, d'autres hommes torses tenus se tiennent debout, tenant des verres à la main
Club gay deFire Island, États-Unis, en 2010

Le journaliste etDJ Patrick Thévenin fait remonter les origines du clubbing gay àNew York dans le début des années 1970 : à la suite desémeutes de Stonewall, la communauté gay et Noire de la ville se retrouve dans deux clubs, leLoft et leParadise Garage, clubs spécialisés respectivement dans ledisco et legarage[d 10].

Bouleversement ensuite au cours des années 1980, où l'épidémie de Sida décime la communauté gay, contraignant leParadise Garage à la fermeture ; mais c'est en parallèle l'époque de l'ouverture du Sound Factory, fréquenté par des gays Noirs et Latinos et temple desclub kids, duvoguing et desdrag queens[d 10].

Petites annonces

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« À la recherche d’une relation remplie d’harmonie et de féminité, j’attends celle avec qui je partagerais le bonheur d’être à deux »« Les Bénines d’Apie, association non-mixte de randonnée, vous proposent pour l’été 1990 : du 4 juillet (au soir) au 10 juillet inclus : randonnée pédestre Crête des Vosges - niveau moyen (bonne marcheuse) »
Petites annonces parues dansLesbia Magazine[u 3].

Lespetites annonces permettent de rompre l'isolement et l'invisibilité de l'homosexualité avec une économie de moyens[d 11]. Si, dès les années 1970, en France, des magazines généralistes, en particulier Libération et le Nouvel Observateur, publient des annonces de rencontre homosexuelle, ce sont surtout les magazines LGBT, en particulierLesbia Magazine etGai Pied, qui donnent aux petites annonces gaies et lesbiennes leur heure de gloire[u 4],[d 11]. DansLesbia, celles-ci, concernent essentiellement des propositions de rencontre amoureuse, amicale ou de services[u 4]. Ces annonces sont révélatrices des exclusions existantes : pour les gays, cela vise souvent les folles, les efféminés, les pratiquants duSM, les barbus et les moustachus ; pour les lesbiennes, lesalcooliques, lesdépressives et lesbisexuelles[u 4],[d 11].

L'importance des petites annonces baisse drastiquement avec l'arrivée du minitel puis d'internet[d 11].

Minitel

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En France, dans les années 1980 et 1990 se développe leminitel, un réseau télématique proche d'internet. Lorsqu'un service de messagerie se met en place sur ce réseau, de nombreux gays le rejoignent, y voyant une occasion unique de drague alliant confidentialité, rapidité, multiplicité des contacts possibles et rupture de l'isolement[d 12]. Afin d'éviter la concurrence avec la presse papier, il est décidé en 1985 que seuls les services de presse, c'est-à-dire possédant un numéro decommission paritaire. Les journauxHomophonies,Samouraï etGI font des partenariats avec des sociétés de service cherchant à développer une activité sur minitel, tandis queGai Pied se lance en interne sur le réseau[d 12]. Le business model varie grandement entre les publications : pour Gai Pied, et encore plus pourGaie France, le minitel est le service rentable permettant d'éditer à presse ; pour d'autres, tels qu'Homophonies, les procès liés à la présence sur le réseau télématique se révèlent un gouffre financier ; enfin, des services vont jusqu'à créer des magazines à très faible tirage à seule fin de conserver leur numéro de commission paritaire[d 12].

La drague gay devient l'un des services les plus répandus du minitel, au point que les messageries de drague hétérosexuelle se retrouvent en minorité et se retrouvent obligées de se définir spécifiquement comme hétéros[d 12]. Ce succès s'accompagne d'une forte présence publicitaire, par affiche et presse, qui banalise les termes d'« homo » ou de gay auprès du grand public[d 12].

Pour les lesbiennes, la situation est plus complexe : si une association communautaire, lesgoudous télématiques, voit le jour en 1985, la forte présence d'hommes hétérosexuelsfétichisant le lesbianisme faire fuir les lesbiennes des réseaux de rencontre[d 12].

Enfin, outre la drague, le minitel est aussi un réseau de travail du sexe, surnommé leminitel rose ; il s'y développe notamment des réseaux de prostitution de femmes trans[o 13].

Internet

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Article détaillé :LGBT sur Internet.

Dans les années 2020, internet joue un rôle central pour la communauté LGBTQ+, en particulier la jeunesse ; ainsi, les jeunes LGBTQ+ américains passent en moyenne45 minutes de plus par jour en ligne que les autres, et ils sont 50% à entretenir une amitié en ligne, contre 19% pour les autres[10]. Si près des deux tiers utilisent internet pour se connecter à d'autres personnes LGBTQ+ et qu'internet est vu pour la majorité d'entre eux comme un espace où il est possible d'être soi-même, ils sont aussi un tiers à y subir ducyberharcèlement, avec une proportion encore plus fortes pour lesjeunes trans ouracisés[10].

Ball culture

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Article détaillé :Ball culture.

Laball culture enfrançais :« culture ball », le système des maisons et d'autres termes associés décrivent un phénomène desous-cultureLGBT présent principalement auxÉtats-Unis dans lesquels des personnes« marchent » (c'est-à-dire entrent en compétition) pour untrophée et des prix lors d'événements désignés comme des« bals ». Les compétitions peuvent inclure de la danse, ou des catégories drag imitant d'autres genres et classes sociales. La plupart des personnes participant à la culture du bal appartiennent à des groupes structurés en« maisons » (house en anglais)[11],[o 14]. Cesballs, qui ont vu le jour à Harlem dans les années 1960, sont les héritiers des bals des travestis.

Sport

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Violette Morris en 1928, devant son magasin d'accessoires automobile parisien.
Articles détaillés :Personnes trans dans le sport,Homosexualité dans le football professionnel etGay Games.

Violette Morris est l'une des premières sportives ouvertement lesbiennes, active dans les années 1910 à 1930 en athlétisme, natation, football, vélo et sport automobile. Lafédération française sportive féminine refuse son inscription auxjeux olympiques d'été de 1928, alors qu'elle était alors favorite pour les épreuves féminines d'athlétisme, en raison de son lesbianisme et de ses vêtements masculins[p 13]. En 1930, elle effectue unemastectomie afin de ne plus être gênée par ses seins en conduisant[12]. Elle participe auxjeux olympiques d'été de 1936[p 13]. D'aprèsRaymond Ruffin, elle y est approchée par les dignitaires du nazisme, mais d'autres réfutent cette thèse ; elle devient toutefois une espionne à leur service durant laseconde guerre mondiale[p 13].

À la fin des années 1970, le joueur de baseball américainGlenn Burke fait son coming-out ; la direction de son club, lesDodgers lui offre 75 000 $ pour se marier, ce qu'il refuse[o 15]. Il met fin à sa carrière à27 ans, ne supportant plus la pression homophobe[o 15].

Plusieurs coming-out lesbiens ont lieu dans le tennis féminin au début des années 1980. D'abordBillie Jean King, outée par une de ses ex : elle y perd près de2 millions de dollar de revenus mais y gagne en notoriété[o 15]. PuisMartina Navratilova révèle son lesbianisme en interview ; elle devient une véritableicône lesbienne, les femmes homosexuelles d'Europe venant en masse assister à ses matchs[o 15].

Jeux vidéo

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Articles connexes :Représentation des genres dans les jeux vidéo etThèmes LGBT dans les jeux vidéo.

Les normes sociales dans l'univers dujeu vidéo diffèrent grandement d'un jeu à l'autre ; si l'ambiance peut être globalement très conservatrice et homophobe, que ce soit entre joueurs ou envers desstreameurs, il existe aussi des jeux, tels queSplatoon 3, où les joueurs et joueuses sont majoritairement queers[p 14]. Globalement, selon le streameur gayNewtiteuf, les jeux mignons et ne nécessitant pas de grosses interactions avec les autres joueurs, tels qu'Animal Crossing, vont être investis par le public LGBT, alors que les jeux populaires et compétitifs, tels queFIFA ouCall of Duty, encouragent la colère et l'irrespect, et donc les insultes, dont une bonne partie sont homophobes[p 14]. Cette ambiance amène les joueurs LGBT soit à quitter la partie, soit à ignorer les autres joueurs, en coupant le tchat ou l'audio du jeu[p 14]. Cette ambiance se retrouve aussi dans les forums de discussion autour des jeux vidéos[p 14]. En revanche, la modération de la plateforme de streamingTwitch est saluée pour sa capacité à lutter concrètement contre le harcèlement, ce qui a permis à l'association francophone Next Gaymer d'organiser un marathon de stream en faveur de l'associationSOS Homophobie[p 14].

Dans l'histoire du jeu vidéo, les contenus LGBT ont fait l'objet de contrôles et de régulations, illustrant généralement l'hétérosexisme, selon lequel l'hétérosexualité est normalisée, alors que l'homosexualité est sujette à de nouvellescensures ou ridiculisée. Les compagniesNintendo,Sega etMaxis ont régulé le contenu des jeux afin d'atténuer ou d'effacer le contenu de thème LGBT[p 15],[p 16],[p 17],[p 18]. Parfois, ce sont les personnages non joués qui sont homosexuels[u 5].

Parmi les jeux, ceux de simulation de vie proposent souvent la possibilité de créer des couples homosexuels aussi bien qu'hétérosexuels, et un personnage peut également être bisexuel ; un exemple de jeu de la sorte estLes Sims[u 5].

L'orientation et l'identité sexuelles ont eu un rôle important dans certains jeux vidéo, qui sont en voie d'accorder une meilleure visibilité aux identités LGBT[p 19],[p 20],[p 21]. Sur le blog d'Ubisoft, Lucien Scoulband, scénariste du jeuFar Cry 3: Blood Dragon et ouvertement homosexuel, a déclaré que les personnages ouvertement gays ou lesbiens n'apparaissaient dans les jeux vidéo que sous la forme de personnages optionnels, ou qui auraient été créés par choix du joueur, comme dans les jeuxMass Effect etDragon Age[p 22] ; le jeuDragon Age : Inquisition (2013) propose le personnage de Cremisius Aclassi, transexuel, traité avec dignité[p 23]. Une évolution se produit depuis plusieurs années et certains jeux offrent davantage de possibilités de représentations non dégradantes de personnages LGBTQI+ ; certains jeux indépendants sont notamment vecteurs de nouvelles représentations[p 24],[p 25].

Événements

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Article détaillé :Mois des fiertés LGBTQ.

Journée de visibilité

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Articles détaillés :Journée de la visibilité lesbienne,Journée de la bisexualité,Journée internationale de visibilité transgenre etJournée de la visibilité intersexe.
CampagneInvisibiliser c'est discriminer lancée en 2022 à l'occasion des40 ans de lajournée de visibilité lesbienne au Canada.

En 1982 a lieu la premièrejournée de visibilité lesbienne au Canada à Vancouver, Calgary, Montréal et Toronto. La visibilité, d'abord pensée comme une manière dont les différents groupes lesbiens militants peuvent échanger, prend un sens plus politique au fil des années 1980, permettant d'être à la fois outil permettant lecoming in, moyen d'action pour toucher les lesbiennes isolées, et technique de lutte contre l'effacement des lesbiennes[13]. Le Canada est alors le seul pays à organiser une journée de visibilité lesbienne, avant une interruption entre 1992 et 2005.

Parallèlement se développe à la fin des années 1990 un renouveau du militantisme LGBT via la visibilité : une journée de la visibilité lesbienne est ainsi créée le 26 août 1996 au Brésil, et cette date devient celle de la majorité des journées de la visibilité lesbienne dans le monde[p 26],[p 27].

En 1999 est créé aux États-Unis lajournée de la bisexualité, avec pour objectif de lutter contre l'occultation de la bisexualité.4 ans plus tard a lieu la premièrejournée de la visibilité intersexe, à l'origine plutôt pensée comme évènement militant en faveur desdroits des personnes intersexes, pour ensuite se diversifier et participer à la visibilisation des parcours de vie intersexes[p 28],[p 29].

Enfin est créé en 2009 lajournée internationale de visibilité transgenre ; ici, le but n'est pas uniquement de rendre visible la transidentité, mais plutôt de mettre en avant une partie de l'expérience trans qui était alors invisible : en effet, le seul évènement spécifiquement trans qui existait jusqu'alors, lajournée du souvenir trans, créée en 1999, parle uniquement de la violence transphobe et plus particulièrement d'assassinats ; le but de la journée de visibilité transgenre est au contraire de parler des expériences positives liées à la transidentité[p 30].

Marche des fiertés

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Article détaillé :Marche des fiertés.
Marche des fiertés d'Istanbul de 2011 à laplace Taksim.

À la suite desémeutes de Stonewall, quatremarches des fiertés sont organisées en 1970 à New York, San Francisco et Chicago et Los Angeles ; ces manifestations commémorent la révolte des clientes et clients du Stonewall Inn face aux harcèlement policier et sont porteuses de visibilité, de fierté, de joie et de revendication politique pour lemouvement LGBT[am 2]. C'est cette joie qui fait de la marche des fiertés un évènement festif, plein de danse et de ce qu'Anne etMarine Rambach nomment la« réjouissante obsénité d'être heureux quand on est discriminé ». De quelques centaines de participants à l'origine, ces marches, qui se propagent dans de nombreux pays réunissent de plus en plus de monde, au point de parfois devenir le plus grand évènement politique et culturel de leur pays, comme peut l'être lamarche des fiertés de Reykjavik pour l'Islande[o 16].

Évènement principal de la culture et de la militance LGBT, la marche des fiertés est aussi l'objet de débats, parfois virulents, au sein de la communauté LGBT, portant notamment sur la présence du travestissement[am 2], de la nudité[am 2] et des tenues cuir[p 31], de policiers défilant en uniforme[p 32], de personnalités politiques, de marques commerciales en particulier d'alcool ou de companies aériennes exécutant des reconduites à la frontières de personnes LGBT[p 33], mais aussi sur l'ambiance de la marche, jugée trop festive, trop commerciale, ou trop militante[am 2].

Festivals

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Article connexe :Festival de cinéma LGBT.

Concours de beauté

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Jazell Barbie Royale, gagnante en 2016 du concours de beauté pour drag queensMiss Continental (en) et, en 2019, deMiss International Queen (en), concours pour femmes trans.

Il existe de nombreux concours de beauté LGBT, avec chacun des règles spécifiques concernant qui peut y concourir :Mister Gay Monde, pour les hommes homosexuels, et visant spécifiquement ceux prêt à s'engager médiatiquement pour les droits LGBT ; de nombreuxconcours de beauté drag (en), très majoritairement pour drag queens mais aussi pour drag kings - ces concours pouvant parfois avoir des règles spécifiques interdisant aux personnes trans d'y participer ; des concours spécifiquement pour les personnes trans, tels queMiss International Queen (en) pour les femmes ; enfin, des concours spécifiques à certaines sous-cultures , tels que la communauté queer, avecInternational Mr. Leather (en) etInternational Ms. Leather (en).

Tourisme

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Letourisme gay prend plusieurs formes : historiquement, il s'agit de lieux de vacances spécifiquement investis par les personnes LGBT, en particulier les hommes gays, notamment pour y faire des rencontres ; c'est ainsi le cas desplages homosexuelles, qui existent dès leXIXe siècle.

Au cours des années 1990 se développe une offre touristique de niche visant spécifiquement les personnes LGBT, en particulier descroisières (en), des hôtels ou des clubs de vacances : outre les rencontres, ces lieux et services visent avant tout à assurer la sécurité de leurs clientes et clients.

Enfin, le tourisme LGBT devient une stratégie assumée par des offices du tourisme de villes, régions et pays : la ville de Paris publie ainsi son guide duParis LGBTQI, tandis que lamarche des fiertés de Reykjavik est le plus grand évènement touristique d'Islande[14].

Sexualités

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Aspects

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Un message codé à déchiffrer

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Fresque deKeith Haring, Amsterdam.

Dans les sociétés et les époques homophobes, l'art n'explicite pas les relations homosexuelles, mais les offre comme une lecture possible.

Ainsi, les plasticiensRobert Rauschenberg etJasper Johns, au moment où ils étaient ensemble, laissaient dans leurs œuvres des messages codés représentant l'homosexualité, déchiffrables uniquement par un public averti[d 1]. Cette pratique est illustrée dans le filmPortrait de la jeune fille en feu, où Héloïse commande un portrait où elle utilise son doigt comme marque-page du livre qu'elle tient, représentation codée de sa liaison avec Camille. La peintreRomaine Brooks utilise une technique similaire, en reprenant les codes visuels dudandy pour proposer des portraits valorisant de lesbiennes et du lesbianisme[d 1].

Une autre forme de message codé, pour l'historienne de l'art lesbienneÉlisabeth Lebovici, consiste en l'utilisation, parJean Cocteau etKeith Haring, de la figuration à une époque où l'abstraction est le langage artistique dominant ; il s'agit selon elle d'une manière de représenter la marginalité accompagnant l'expérience homosexuelle[d 1].

C'est aussi le cas dans lalittérature LGBT d'Afrique francophone de la fin du20e et du début duXXIe siècle : dansLalana, l'écrivaine malgacheMichèle Rakotoson raconte l'histoire d'un adolescent homosexuel mourant dusida et de son ami, et joue sur l'ambiguité du terme « ami » pour laisser la possibilité d'une lecture romantique de leur relation à l'appréciation du lecteur[o 17]. DansC'est le soleil qui m'a brûlée, l'autrice camerounaiseCalixthe Beyala passe par la réincarnation d'un homme mort en une femme pour donner à lire une relation possiblement lesbienne[u 6].

Le décodage des allusions semées dans les écrits littéraires est une activité desociabilité homosexuelle des classes supérieures en elle-même :Frédéric Martel cite en exempleHenri de Montherlant qui, lorsqu'il parle de « cueilleuses de branches » dans ses romans, idésigne en réalité des jeunes hommes arabes[o 5].

Identité(s)

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Rapport à l'humour

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L'artiste et professeur d'études cinématographiques queer Joëlle Rouleau note que le rapport à l'humour est complexe pour les personnes queers ; elle cite notamment le paradoxe de la très forte dimension humoristique et d'autodérision qui est intégrante aux spectacles de drag, et, en même temps, l'éloignement des personnes queers et en particulier lesbienne du public de stand-up[o 4].

Styles

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Kitsch

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Le sociologue de l'art Pascal Le Brun-Cordier analyse un double lien entre la culture LGBT et lekitsch[d 13]. D'une part, une appréciation au premier degré, en particulier dans le phénomène desicônes gays, dans laromance à l'eau de rose et dans certaines imageries pornographiques et érotiques ; cette appréciation relève de la fonction de la culture LGBT comme construction d'un monde idéalisé, sans négativité et en particulier sansLGBTphobies[d 13]. De l'autre, le kitsch est aussi apprécié au second degré, avec une dimension ludique et ironique, par le détournement et l'appropriation de la ringardise, du mauvais goût et de laculture populaire[d 13].

Ces deux dimensions peuvent cohabiter dans les mêmes productions culturelles, par exemple dans l'esthétique des photographies dePierre et Gilles[u 7], les filmsFlaming Creatures deJack Smith,Pink Narcissus deJames Bidgood,Querelle deRainer Werner Fassbinder,Priscilla, folle du désertStephan Elliott,Ma vie en rose d'Alain Berliner et, plus généralement, les filmographies d'Almodovar, deJohn Waters et dePhilippe Barassat, mais aussi dans les évènements culturels, tels que les tournées d'ex-vedettes dans les bars et clubs queers où le plaisir nostalgique, premier degré, se mêle à la distanciation ironique d'une situation apparaissant comme ridicule[d 13].

Le Brun-Cordier analyse ce jeu avec le bon goût par la position particulière du sujet LGBT, qui fait l'expérience, par son existence-même, que les normes sociales de l'hétérosexualité et de lacisidentité ne sont pas naturelles mais relatives ; dès lors, la sensibilité à la déconstruction des normes se retrouve dans d'autres domaines, c'est-à-dire, pour le kitsch, des normes esthétiques et de bon goût[d 13].

Camp

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Article détaillé :Camp (style).

Esthétiques

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LaGrèce antique

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Article connexe :Antiquité dans la culture contemporaine.

Comme pour la littérature, les arts plastiques LGBT se réapproprient des esthétiques anciennes afin d'en enrichir le sens : ainsi, les photographesPierre et Gilles utilisent les canons de la Grèce antique, les réappropriant dans une esthétique homosexuelle[d 1]. Dans leParis de laBelle-Époque,Natalie Clifford Barney organise des fêtes lesbiennes où les participantes se vêtent de toges pour imiterSappho[o 18].

Saint-Sébastien

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Cette section est un extrait deRéception gaie de Saint Sébastien.[modifier].
Saint Sébastien, peinture de 1615 parGuido Reni et conservée auPalazzo Rosso.

Saint Sébastien a une place particulière dans la culture LGBT au sein de laquelle il a le statut d'icône gay. Cela s'explique en notamment par l'érotisme avec lequel sonmartyre est peint, en particulier parGuido Reni : corps nu érotisé, abandon au regard et aux flèches, mise en valeur du sexe, conotation sado-masochiste et représentation détournée de lasodomie. Cette esthétique évolue en fonction des époques, prenant un aspect d'idéal viril à la Renaissance et aux œuvres plus tardives qui s'y réfèrent, puis passant à une présentation décadente et androgyne à la fin duXIXe siècle et embrassant enfin lecamp au cours duxxe siècle.

Cette identification permet à de nombreux artistes gays de représenter le désir homosexuel tout en échappant à la censure. Le martyre du saint et sa solitude résonnent avec plusieurs expériences homosexuelles. D'une part, l'homophobie,intériorisée ou sociale, renvoie à la faute et au châtiment ; cette interprétation perd en force dans les années 1970, où lemilitantisme LGBT valorise la lutte plutôt que l'acceptation passive. D'autre part, l'affection du corps du saint, à travers les flèches, sert de support à la représentation de l'expérience dusida.

L'esthétique virile

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Dans les années 1980 se cristallise une esthétique gay dominante : un homme musclé âgé de 25 à40 ans, portant un jeanLevi's 501, une boucle d'oreille à droite, unt-shirt moulant ou unmarcel blanc et desrangers[o 5]. Cette esthétique découle en partie des représentations deTom of Finland, mais surtout deFire Island, des photographies dePierre et Gilles ouBruce Weber et des films pornographiques, en particulier les tenues de l'acteurJeff Stryker ou des productions desstudios Falcon[o 5].

Cette esthétique, critiquée dès son émergence, diffère de l'esthétique de l'artiste finnois dans le sens où elle ne coexiste plus avec d'autres représentations de l'homosexuel, mais les écrase et marginalise[o 5].

la réhabilitation d'arts décriés car populaires ou pornographiques

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Articles détaillés :pornographie gay,pornographie lesbienne etPornographie transgenre.

La seconde moitié duXXe siècle voit le passage d’œuvres pornographiques gay du statut honteux à la valorisation officielle et muséale : cela peut se faire sans volonté particulière de l'artiste, comme c'est le cas pour les dessins deTom of Finland, ou par un travail conscient et revendiqué des artistes, comme l'esthétisation des pratiques sado-masochistes dans les photographies deRobert Mapplethorpe ou les sculptures deJean-Michel Othoniel[d 1].

La situation est plus complexe pour les pornographieslesbiennes ettransgenre, car la grande majorité des productions sont destinés à un public masculin, cisgenre et hétérosexuel, et non pas aux principales intéressées. Il existe toutefois des productions par les personnes LGBT pour les personnes LGBT, telles que celles deTristan Taormino ouBuck Angel.

Cultures spécifiques

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Tribus et identité

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Article détaillé :Tribu LGBT.
Lors de cettemarche des fiertés en 2009 à New York, le jeune hommeblond du milieu peut être considéré comme untwink, à la différence de l'homme à sa droite, plus âgé, corpulent et poilu, plus proche dubear.

Plusieurs sous-groupes ou sous-cultures[15], dites« tribu » existent, tels lestwinks, lesours, lesloutres[16], etc.[17]. Ces sous-cultures se basent souvent sur l'apparence physique ; ainsi les twinks sontjeunes,minces, imberbes et considérés commebeaux[17],[18],[19] quand les bears sont davantage caractérisés comme étant ensurpoids etfort velus[20], mais elles peuvent aussi reposer sur lamasculinité ou le degré desex appeal de leurs membres[20]. Nombre d'entre elles se basent sur un vocabulaireanimalier[20].

Tous les homosexuels ne se reconnaissent pas, ou ne se revendiquent pas nécessairement, d'une tribu[20].

Chez les lesbiennes, on parle moins de tribu que d'identité ou de rôle, dont les plus fréquentes sont lesbutch et lesfem.

Culture lesbienne

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Article détaillé :Culture lesbienne.

Laculture lesbienne est la culture partagée par les lesbiennes et les personnes dont les expériences de vie sont proches de celles des lesbiennes. Elle est caractérisée par un échappement auregard masculin, en particulier dans lalittérature, à la lutte contre l'invisibilisation des lesbiennes et à des échanges avec la culture LGBT.

Fonctions

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Combler l'absence historique et mythologique

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Ria Brodell (en) dédicassantButch Heroes en 2017

PourAnne etMarine Rambach, la fonction de la culture gaie et lesbienne est de combler le vide laissé par le manque de modèles que peuvent avoir les homosexuels, en particulier dans l'enfance[am 4]. Elles citent notamment, dans laculture LGBT française, l'invocation d'ailleurs mythifiées, qui seraient forcément meilleurs que ce qui se passe en France, tels queSan Francisco, Miami et saWhite Party, Amsterdam et sa tolérance, la Thaïlande et son acceptation de la transidentité, Londres, ou New York[am 4].

L'historienne de l'art Dawn Hoskin classe le travail de plusieurs artistes dans ce courant :Joan E. Biren (en),Derek Jarman,Giuseppe Campuzano etCarlos Motta (en)[aq 2]. Elle note que ces initiatives sont à l'intersectioon du militantisme, de l'histoire et de la création artistique, citant le travail d'« archéologie queer » dePauline Boudry et Renate Lorenz, la sérieButch Heroes deRia Brodell (en), le travail d'Emmanuel Cooper (en), leMuseo Travesti del Peru (es), le Queer Archives Institute de Karol Radziszewski et le Museum of Trans Hirstory and Art[aq 2].

Le refuge secret

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Phidias montrant la frise duParthénon à ses amis, peinture de 1868 parLawrence Alma-Tadema conservée à laBirmingham Museum and Art Gallery. PourFrédéric Martel, cette peinture peut représenter un couple homosexuel.

PourFrédéric Martel, la culture homosexuelle a d'abord comme fonction de donner à voir et à exister l'histoire secrète de l'homosexualité, l'art permettant d'exprimer de montrer ce que la société rend invisible[o 5]. En effet, durant toute la première moitié duXXe siècle, les cercles militants et de socialité homosexuelle sont aussi des cercles littéraires tels que le salon parisien de l'écrivaine lesbienneNatalie Clifford Barney ou le groupe deMagnus Hirschfeld[o 5].

Symboles

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Article détaillé :Symboles LGBT.

Drapeaux

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Il y a tout d'abord la réappropriation militante des symboles utilisés comme les homosexuels par lesystème de marquage nazi des prisonniers, en particulier letriangle rose pour les hommes homosexuels et letriangle noir des « asociaux » qui pouvait marquer à la fois les gays et les lesbiennes.

La seconde catégorie correspond au drapeau LGBT oudrapeau arc-en-ciel, qui représente l'ensemble de la communauté LGBT+. Celui-ci évolue tout du long desXXe et XXIe siècles afin d'inclure plus explicitement les sous-communautés les plus marginalisées au sein des LGBT+.

  • Différentes versions dudrapeau arc-en-ciel LGBT
  • Design original de Gilbert Baker, 1978.
    Design original de Gilbert Baker, 1978.
  • Redesign de 1979, le plus commun.
    Redesign de 1979, le plus commun.
  • Version créée en 2017 par l'entreprise de marketing Tierney à la demande de la ville de Philadelphie afin de valoriser les communautés afro-américaines LGBT.
    Version créée en 2017 par l'entreprise de marketing Tierney à la demande de la ville de Philadelphie afin de valoriser les communautés afro-américaines LGBT.
  • Version de 2018 créée par le designer Daniel Quasar reprenant les couleurs du drapeau de Philadelphie ainsi que celles du drapeau trans.
    Version de 2018 créée par le designer Daniel Quasar reprenant les couleurs du drapeau de Philadelphie ainsi que celles du drapeau trans.
  • Création de 2021 du militant intersexe Valentino Vecchietti, qui ajoute le symbole intersexe au drapeau de Daniel Quasar.
    Création de 2021 du militant intersexe Valentino Vecchietti, qui ajoute le symbole intersexe au drapeau de Daniel Quasar.

Enfin, chaque communauté et/ou sous-culture développe ses propres symboles, qui peuvent être des drapeaux, mais aussi des fleurs, telles que les violettes pour les lesbiennes et bisexuelles, ou des représentations figuratives ou stylisées, tels que deux symboles de mars enlacés pour les gays ou la labrys pour les lesbiennes. Comme pour le drapeau arc-en-ciel, les drapeaux spécifiques peuvent évoluer avec le temps.

Ces symboles peuvent être utilisés dans des marches des fiertés, mais aussi en devanture de commerces ou intégrés à la tenue vestimentaire. L'utilisation de couleurs du drapeau peut être utilisé dans les œuvres audiovisuelles pour indiquer l'orientation sexuelle d'un personnage : ainsi dans les séries téléviséesCrazy ex-Girlfriend etLoki, les coming-out bisexuels se font dans un éclairage bleu, violet et rose, aussi appelébisexual lighting[p 34].

Couleurs

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Silence = Death, compagne d'ACT UP utilisant letriangle rose.

Lerose est une couleur fortement associée au milieu homosexuel ; dans la langue anglaise, de nombreuses expressions utilisent pink pour dire LGBT, comme dans pink vote (vote des électeurs LGBT), pink marketing (marché LGBT oupink washing ; cela se retrouve aussi dans d'autres langues, par calque, comme danscapitalisme rose[d 14]. L'utilisation de cette couleur, en particulier durose shocking, est une manière de retourner le stigmate, puisque le rose est associé à la féminité et que les homosexuels hommes sont considérés comme efféminés et ce de manière péjorative[d 14].

Intermédiaire entre le rose féminin et le bleu masculin, lemauve et ses autres nuances,violet,lavande etlilas, est aussi associé à l'homosexualité et plus particulièrement le lesbianisme, mais aussi à lanon-binarité pour lequel il se retrouve d'ailleurs sur les drapeaux bisexuels, non-binaires etfluide de genre[d 15]. Cette association se retrouve particulièrement dans les fleurs :Oscar Wilde et les dandys esthètes homosexuel de la fin duXIXe siècle anglais se retrouvent désignés comme lespansies tandis que laviolette est associée aux lesbiennes :Sappho et sa compagne s'en couvraient la tête, la poétesseRenée Vivien est surnommée la Muse aux violettes et la pièceLa Prisonnière d'Édouard Bourdet met en scène des échanges de bouquets de violettes comme symbole de l'amour lesbien[d 15]. Ces nuances se retrouvent dans les noms d'organisations, telles que le parti politique françaisLes Mauves ou l'organisation lesbienne féministeLavender Menace[d 15].

Levert, et plus particulièrement l'œillet vert, est associé à Oscar Wilde depuis sa publication dePen, Pencil, and Poison: a Study in Green : ses amis assistent aux premières de ses pièces avec un œillet vert et lorsqueRobert Hichens publie un roman parodique sur l'auteur irlandais, il le nommeThe Green Carnation[d 16]. Parmétonymie, l'expression « œillet vert » se met en France, jusqu'au milieu duXXe siècle, à désigner l'homosexualité masculine[d 16].

Références

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Ouvrages

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  • Autres ouvrages
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  3. BarbaraMennel,« Introduction », dansLe cinéma queer : écolières, vampires et cowboys gays,(ISBN 978-2-85181-813-3 et2-85181-813-9,OCLC 865471634).
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Publications universitaires

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  6. Nathalie Etoké, « Écriture du corps féminin dans la littérature de l'Afrique francophone : taxonomie, enjeux et défis »,CODESTRIA bulletin,nos 3 et 4,‎,p. 46
  7. Tiphaine-AnnabelleBesnard, « Pierre et Gilles : un art fantasque (« kitsch » ?) pour une Antiquité fantasmée », surAntiquipop | L'Antiquité dans la culture populaire contemporaine(consulté le).

Presse

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Autres références

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  12. JeanCocteau,Histoires de ma vie, A. Michel,(ISBN 2-226-00153-0,978-2-226-00153-5 et2-85956-501-9,OCLC 1506092).
  13. Les Biennes du Québec,Cahier de programmation de la Journée d’Inter-Actions Lesbiennes : Visibles pour se rejoindre, Montréal,.
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  17. a etb« Ours, twink, loutre: la communauté gay se divise en tribus », surBlick,(consulté le)
  18. « Is ‘twink’ a slur? The hard truth. », surQueerty,(consulté le)
  19. PhilippeLépine et Gabrielle Morin-Lefebvre et PhilippeLépine, « Comprendre le langage sexuel LGBTQ2S+ », surJournal Métro,(consulté le)
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Bibliographie

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Généraliste

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Télévision

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Cinéma

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Photographie

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  • RégisSchlagdenhauffen,Ils s'aiment: un siècle de photographies d'hommes amoureux, 1850-1950 collection Hugh Nini & Neal Treadwell, les Arènes 5 continents,(ISBN 979-10-375-0255-1)

Voir aussi

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Articles connexes

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Bases de données

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Documentaires

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