Au début de laPremière Guerre mondiale,Guillaume II renouvelle sa fondation le. En sa qualité d’empereur allemand, il fait de la croix de fer un quasi-ordre allemand par le biais d’une pratique de distribution à grande échelle.
Avec sa quatrième fondation au début de laSeconde Guerre mondiale par le chanceliernational-socialisteAdolf Hitler, la croix de fer devient officiellement, le, une distinction allemande qui doit d’abord être décernée en quatre classes.
Comme laLégion d'honneur créée par Napoléon, la croix de fer, figurant depuis 1813 parmi les plus hautes distinctions militaires allemandes, pouvait être attribuée sans distinction de grade ou de catégorie sociale, ce qui contribua à sa popularité. Toutefois la majorité des récipiendaires appartient aucorps des officiers et aux classes les plus élevées de société. Au même niveau de prestige figurait seulement l'ordre « Pour le Mérite » (aux militaires jusqu'en 1918), mais qui ne fut attribué qu'aux seuls officiers, ainsi que l'ordre prussien de « l'Aigle noir », attribué rarement.
La croix de fer à ruban noir fut créée en 1813 après la campagne de Russie pour récompenser les soldats prussiens engagés dans la guerre contre l'empire français deNapoléon Bonaparte.
Pour lesnon-combattants il exista une version avec un ruban blanc (ainsi qu'en 1870 et en 1914). La croix de fer était alors ornée de feuilles de chêne au centre, du nombre « 1813 » dans le bas et les initiales deFrédéric-Guillaume (FW) dans le haut, le tout en relief.
La croix de fer a été rétablie une première fois le parGuillaumeIer pendant laguerre franco-allemande afin de récompenser la bravoure militaire. Le motif ornemental initial fut conservé au verso et au recto figuraient, toujours en relief, une couronne dans le haut, le nombre "1870" dans le bas et un "W" pourGuillaume (Wilhelm en allemand).
La croix de fer en 1870 pour la guerre franco-allemande
La croix de fer a été rétablie une seconde fois le parGuillaumeII pendant laPremière Guerre mondiale. Le motif ornemental initial fut conservé au verso et au recto figuraient, toujours en relief, une couronne dans le haut, le nombre « 1914 » dans le bas et un « W » pourGuillaume (Wilhelm en allemand). On instaura aussi la classe pour les non-combattants (les couleurs du ruban sont inversées). La décoration perdit un peu de son prestige lors de ce conflit car elle fut attribuée environ5 millions de fois pour la2e classe et 218 000 fois pour la première classe.
La croix de fer en 1914 pour la Première Guerre mondiale
Exemple de document (daté du) officialisant l'attribution d'une croix de fer de1re classe.
Au verso de la médaille ne figurait plus que le nombre « 1813 » dans le bas et au recto figuraient unecroix gammée au centre ainsi que le nombre 1939 dans le bas. Le ruban était à la couleur du Reich, noire, blanche et rouge. Du fait de cette utilisation intensive du régime hitlérien pendant de nombreuses années avec les symboles nazis, la croix de fer noire fait toujours partie de la liste des symboles régulièrement utilisés par les groupes néo-nazis.
L'attribution de la croix de fer « 1939 » ne sera pas limitée par l'âge ou le sexe, ni même par la nationalité.
La loi du sera modifiée à trois reprises par des ordonnances instituant quatre classes intermédiaires entre lacroix de chevalier de la croix de fer et la grand-croix :
croix de chevalier avec feuilles de chêne, le ;
croix de chevalier avec feuilles de chêne et glaives ; ainsi que
croix de chevalier avec feuilles de chêne, glaives et brillants, le ;
croix de chevalier avec feuilles de chêne et glaives en or et brillants, le.
La croix de chevalier de la croix de fer instaurée en 1939 pour la Seconde Guerre mondiale, avec ses classes instituées progressivement
Croix de chevalier de la croix de fer.
Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne.
Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives.
Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne, glaives et brillants.
Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives en or, et brillants.
Il était prévu d'ajouter une nouvelle dignité qui devait être créée par Hitler une fois que le conflit aurait été remporté par l'Allemagne : l’étoile de la grande croix de l'ordre de la croix de fer.
La loi du permit aux anciens combattants décorés de la croix de fer de la porter, avec le modèle 1813, des feuilles de chêne et non la croix gammée.
LaEhrenzeichen der Bundeswehr, médaille de l'armée allemande actuelle, reprend la forme de la croix pattée, mais comme la croix de fer est une décoration de période de guerre, aucune n'a été remise depuis mai 1945, ce qui n'a pas empêché qu'une polémique voie le jour en 2008, quand il fut question d'attribuer à nouveau la croix de fer « modernisée » aux unités ayant servi à l'étranger sous mandat de l'OTAN.
Ces deux maréchaux bénéficièrent « pour leurs mérites exceptionnels » d'une décoration de classe non prévue initialement et connue sous le nom deBlücherstern (« l'étoile de Blücher »), constituée d'une croix de fer fixée sur une étoile dorée à huit branches.
L'un des détenteurs les plus connus des croix de fer décernées entre 1914 et 1918 fut le soldatAdolf Hitler, titulaire de lacroix de fer « 1914 » de première classe.
Quant au nombre de croix de fer décernées entre 1939 et 1945, on avance le nombre de :
env. 300 000 pour lacroix de fer de1re classe (dont une seule femme, leFlugkapitänHanna Reitsch) ;
7 313 pour lacroix de chevalier ;
883 pour lacroix de chevalier avec feuilles de chêne ;
159 pour lacroix de chevalier avec feuilles de chêne et glaives ;
27 pour lacroix de chevalier avec feuilles de chêne, glaives et brillants (la première fut décerné au pilote de chasseWerner Mölders en 1941 pour sa centième victoire) ;
1 (Hans-Ulrich Rudel, pilote deStuka) pour lacroix de chevalier avec feuilles de chêne et glaives en or, et brillants instituée par Hitler le comme la plus haute distinction de combat duTroisième Reich ; il prévoyait d'en attribuer douze au total[1] ;
1 (Hermann Göring) pour lagrand-croix de l'ordre de la croix de fer 1939 : rétablie parHitler le, pour récompenser Göring des actions de laLuftwaffe pendant labataille de France. LeReichsmarschall affecta de ne plus porter cette décoration après la débâcle de labataille d'Angleterre et du désastre deStalingrad. L'insigne original a disparu dans le bombardement de sa maison.
Pour les activités « derrière les lignes », comme les plans de guerre et l'effort de guerre, la médaille habituelle était laMédaille du mérite.
Décernées au début de la guerre lors de cérémonies particulières, ces distinctions sont décernées au cours de cérémonies routinières en 1944, si routinières que la propagande n'en fait plus état[2].
Titulaires de la croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne, glaives et brillants
Eddie Chapman (1914-1997) citoyen britannique, agent double, reçut la croix de fer pour actions de sabotage (simulées) sur le sol anglais. Il est le seul Anglais à avoir reçu cette distinction depuis la fin de laguerre franco-allemande de 1870.
Joan Pujol, dit Garbo, citoyen espagnol et agent duMI5 impliqué dans des actions de désinformation vis-à-vis de l'Allemagne au profit des Britanniques, a reçu la croix de fer le 29 juillet 1944 et également la médaille de l'ordre de l'Empire britannique le 25 novembre 1944 pour les services rendus à la cause alliée.
Ion Antonescu, dictateur roumain pendant la Seconde Guerre mondiale.
La croix de fer dans la culture populaire d'après-guerre
En 1977,Sam Peckinpah réalisa le filmCroix de fer, dont l'histoire raconte la fascination du capitaine Stransky envers cette décoration militaire. Celui-ci est prêt à sacrifier ses hommes pour obtenir la croix de fer de1re classe.
En dehors de l'armée allemande, la croix de fer a été adoptée comme signe de ralliement par beaucoup de gangs, chez certainsbikers, chez lesSkinheads néonazis et d'autres groupes fascinés par l'imagerie martiale germanique, dont aussi laSwastika nazie. D'autres prétendent la confondre avec lacroix de Malte. Ed Roth créa des accessoires pour bikers dérivés des trophées de la Seconde Guerre mondiale, qui incluent leStahlhelm.
Frank Wernitz :Das Eiserne Kreuz. 1813–1870 – 1914. Geschichte und Bedeutung einer Auszeichnung (=Kataloge des Bayerischen Armeemuseums Ingolstadt. Bd. 11). Mit Farbfotos von Georg Schnellnberger, 2 Bände, Verlag Militaria, Wien 2013,(ISBN978-3-902526-58-8). (englische Ausgabe 2013)
Band 1: Hauptband
Band 2: Typologie [unter Mitarbeit von Volker Simons]
Louis Schneider :Das Buch vom Eisernen Kreuze. Duncker, Berlin 1872[3].
Werner Otto Hütte :Die Geschichte des Eisernen Kreuzes und seine Bedeutung für das preußische und deutsche Auszeichnungswesen von 1813 bis zur Gegenwart. Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn, 1967 (Bonn, Phil. Fak., Diss. v. 20. Dez. 1967).
Jörg Nimmergut :Das Eiserne Kreuz 1813–1957. Geschichte des Auszeichnungswesens. Sonderausgabe. VDM Heinz Nickel, Zweibrücken 1997,(ISBN3-925480-07-2).
Jörg Nimmergut :Deutsche Orden und Ehrenzeichen bis 1945. Zentralstelle für Wissenschaftliche Ordenskunde, München 2001,(ISBN3-00-001396-2),
Band 2.Limburg – Reuss. S. 1007–1073,
Band 4.Württemberg II – Deutsches Reich. S. 2108–2131.
Stephen Thomas Previtera:The Iron Time. A History of the Iron Cross. Second edition. Winidore Press, Richmond VA 2007,(ISBN978-0-9673070-3-9).
Ralph Winkle:Der Dank des Vaterlandes. Eine Symbolgeschichte des Eisernen Kreuzes 1914 bis 1936.[4] Klartext, Essen 2007,(ISBN978-3-89861-610-2) (Zugleich: Tübingen, Univ., Diss., 2002/03).
Michael Autengruber(de):200 Jahre Eisernes Kreuz. Von den Befreiungskriegen bis zur Bundeswehr. In: Der Johanniterorden in Baden-Württemberg, Nr. 128, Dezember 2013, S. 13–17.
Harald Potempa(de) (Hrsg.):Das eiserne Kreuz. Zur Geschichte einer Auszeichnung. [Text-Bild-Tafeln der Sonderausstellung "Das Eiserne Kreuz – zur Geschichte einer Auszeichnung" im Luftwaffenmuseum der Bundeswehr, vom 12. Juni 2003 bis 4. Januar 2004] (=Luftwaffenmuseum: Sonderausstellung. H. 1). Luftwaffenmuseum, Berlin-Gatow 2003.
Jakub Szczepanski: Seide oder Kunststoff? Die Bänder des Eisernen Kreuzes II. Klasse gestiftet 1914 und 1939 In:Orden und Ehrenzeichen. Das Magazin für Freunde der Phaleristik, Hrsg.:Société allemande de phaléristique, Heft 134, 23. Jahrgang, Gäufelden 2021.(ISSN1438-3772). S. 222–226.