Lacouronne de France est le symbole, physique ou non, de la souveraineté politique duroi sur leroyaume de France.
Comme dans tous les cas d'héritage et de succession[1], l'héritier du trône estroi de France à l'instant même de la mort de son prédécesseur[2], mais il n'est investi de la puissance royale qu'après avoir été coiffé de la couronne de France, au cours d'une cérémonie codifiée appelée lesacre.
Sous l'Ancien Régime, lorsqu'on parle du « domaine de la Couronne », le terme « Couronne » (avec une majuscule) est équivalent de celui d'« État » : il désigne lapersonnalité juridique du royaume, distincte de celle des rois. Les biens de la Couronne sont indisponibles, inaliénables et imprescriptibles. Ils ne sont propriété ni des souverains, ni de leur entourage.
Les rois de France ont considéré leur domaine d'Ile-de-France comme le domaine propre de la Couronne, bien transmissible avec elle. Lors de la succession royale de 1316 (effective en 1328 seulement à l'avènement dePhilippe de Valois), seules laNavarre et laChampagne, qui n'étaient pas des biens de la Couronne, ont fait l'objet d'une transaction. La Navarre -en tant que royaume indépendant- est retournée dans la descendance de lareine Jeanne (1271-1305), et la Champagne a été intégrée au domaine royal, en échange de compensations territoriales.
Au cours desXIIIe – XVIIIe siècles, cedomaine royal a été régulièrement augmenté, ne laissant à la veille de 1789, que quelques petits domaines féodaux possédés de manière suzeraine.
Palais de la Cité (Paris) : l'une des plus anciennes résidences royales jusqu'àCharles V. Les institutions royales de la Couronne, notamment la Justice royale, s'y sont maintenues jusqu'à laRévolution française et au-delà, jusqu'à nos jours. LaSainte-Chapelle y a été édifiée à l'époque oùsaint Louis y résidait (partie résidentielle détruite).
Hôtel Saint-Pol : Après l'invasion du palais de la Cité par les bourgeois d'Etienne Marcel en 1358, Charles V, alors dauphin, aurait décidé la création d'un nouvel hôtel princier dans l'est de Paris, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Paul, dans le Marais. Le roi, qui ne voulait plus résider au palais de la Cité, se trouvait déjà être logé à cet endroit car il était l'hôte de l'archevêque de Sens. Sous Charles V etCharles VI (1380-1422), l'hôtel Saint-Pol fut résidence royale : les cinq enfants du premier (qui furent baptisés à l'église Saint-Paul voisine) et six des douze enfants du second y naquirent. L'hôtel était également le siège du gouvernement : Charles V y installa les réunions duGrand Conseil et des maîtres des Requêtes alors que le reste de l'administration demeurait sur l'île de la Cité. La construction de l'hôtel Saint-Pol s'inscrit dans la politique menée par Charles V d'aménagement et de multiplication des résidences royales en Île-de-France (le Louvre, Vincennes, Beauté, Saint-Ouen, Saint-Germain-en-Laye, Creil, Montargis, Melun).
Château de Chambord : édifié parFrançoisIer. Il servit jusqu'à la Révolution de manière épisodique ou pour recevoir des hôtes de rang royal (roi Stanislas).
↑Ce qui fait dire que « le roi ne meurt pas », ou : « Le roi est mort, vive le roi ! »
↑Sur cette condition pour être dynaste, selon les orléanistes, d'une transmission continue de la nécessaire qualité de français, issue de l'adage latinNemo plus iuris ad alium transferre potest quam ipse habet (ce « principe de droit commun [selon lequel] personne ne peut transporter à autrui un droit qu'il n'a point. », disait Jean-Aimar Piganiol de La Force dans sonIntroduction à la description de la France et au droit public de ce royaume, Théodore Legras, éditeur, Paris, 1752, tome 1), voirPhilippe du Puy de Clinchamps,Le Royalisme, Puf, 1981 (épuisé) etLes Grandes Dynasties, PUF,coll. « Que sais-je ? » (no 1178), 1965 (épuisé),p. 55 (lire en ligne)(BNF32989067) ;Guy Coutant de Saisseval,La Légitimité monarchique en France, le droit royal historique, Paris, Éditions de la Seule France, 1959 ; Chantal de Badts de Cugnac et Guy Coutant de Saisseval,Le Petit Gotha, éditions Le Petit Gotha, 2002, nouvelle édition revue et augmentée : éd., 989 p.(ISBN2-9507974-3-1). Cf. également l'abbé de Margon (cité par Brigaud) : « Un Prince du Sang [expatrié] qui a perdu le droit de succéder à la Couronne, ne peut le transmettre à sa postérité », ses descendants étant, comme leur aïeul, « absolument pour toujours, indignes de la Couronne de France », termine Brigaud dans saConférence d'un Anglois et d'un Allemand sur les lettres de Filtz Moritz, Pierre Secret, 1722(BNF30161393)