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Coulissier

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La profession decoulissier était une profession parallèle à celle desagents de change de laBourse de Paris, qui a fait ses premières armes hors dupalais Brongniart, à laPetite Bourse. Les coulissiers sont devenus des courtiers en valeurs mobilières, dotés d’une chambre syndicale officialisée. Cette profession a disparu lors de la création du marché unique de la bourse en1961.

Histoire

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Les coulissiers étaient des courtiers officieux qui avaient émergé, après la création parNapoléon en 1805, d'un monopole des membres : laCompagnie des agents de change. Leurs spécialités successives consistaient en la négociation de valeurs étrangères, de la rente publique, et les opérations ayant lieu en dehors des heures officielles de la Bourse. Plusieurs d'entre eux étaient des banquiers prestigieux qui ne souhaitaient pas acheter une charge d'agent de change et qui disposaient d'un carnet d'adresses international. Le coulissier, comme l'agent de change, faisait appel à desremisiers pour démarcher la clientèle.

DansL'Argent,Émile Zola indique que les coulissiers sont assis en arc de cercle autour de l'horloge, sous les arcades, en haut des marches duPalais Brongniart. Lemarché à terme de la corbeille et celui ducomptant sont à l'intérieur duPalais Brongniart. Les commerces, banques, médias et restaurants disposés tout autour de la place, sillonnée par les fiacres desremisiers[1], vrombissent de rumeurs et négociations. Plus bas, après les marches, ont lieu dans le square laBourse des pieds humides, où sont échangées, sans protection de la pluie, des actions de sociétés en faillite, pour quelques francs.

Les coulissiers ont permis à la place de Paris de devenir une référence internationale dans la deuxième partie duXIXe siècle. Le stock de titres étrangers détenus par les Français joue en effet un rôle très important dans ce boom actionnarial de laBelle Époque, passant de 10 milliards de francs à la fin duSecond Empire, en1870, à 43 milliards de francs à la veille de laPremière Guerre mondiale, en1913[2]. La capitalisation totale des valeurs étrangères à Paris atteint même 71 milliards. L'écart entre les deux grandeurs indique que c'est dans l'épargne de toute l'Europe que les émetteurs étrangers puisent à laBourse de Paris, où les coulissiers réalisent 60 % des opérations dès1893[3].

La tenue des coulissiers à l'extérieur duPalais Brongniart a perduré jusqu'à la fin desannées 1930, même si leur nouvelle appellation de « courtiers en valeurs mobilières » pouvait leur donner plus de considération. La profession, qui comptait beaucoup deJuifs, a souffert dès le début de l'Occupation, les Allemands mettant leurs charges sous séquestre, ou les fermant, tout simplement. Puis, en 1942, les autorités allemandes, voulant contrôler encore plus la fortune française et les transactions, vont amener à la création de laSociété interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (SICOVAM) et à la transformation des coulissiers en « courtiers en valeurs mobilières », dotés d’une chambre syndicale officialisée. Leurs négociations deviennent elles aussi officielles, à l’exception de leur "marché hors-cote" (ancêtre dumarché libre), et leurs tarifs de courtage réglementés. Malgré tout, lesagents de change maintiennent leur pression, et obtiennent gain de cause en 1961, avec la création dumarché unique. C’est donc la disparition de l’ancienne "coulisse", qui se trouve fondue dans le"Parquet".

Quelques lieux successifs investis par les coulissiers

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Bibliographie

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  • "Mémoires d'un coulissier", parErnest Feydeau, ouvrage de souvenirs paru en 1873, dont s'est inspiré le romancierÉmile Zola pourL'Argent[11].
  • AlfredColling,La Prodigieuse Histoire de la Bourse, Société d'Éditions Économiques et Financières,
  • Xavier Dupont,Salut la Compagnie ! : Mémoires d'un agent de change, Paris,Albin Michel,. Xavier Dupont y décrit le quotidien de la profession de coulissier à la fin des années 1950 et le déroulement de la réforme de 1961 ayant permis à certains anciens coulissiers de deveniragents de change par regroupement des deux professions.

Articles connexes

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Notes et références

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  1. L'Argent, par Émile Zola, édition de Philippe Hamon et Marie-France Azéma, dossier financier par Bernard Cieutat, Le livre de poche.
  2. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva,p. 50,La Découverte2011.
  3. Histoire de la Bourse, par Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva,p. 57,La Découverte2011.
  4. Colling 1949,p. 193.
  5. Colling 1949,p. 196.
  6. Colling 1949,p. 199.
  7. Colling 1949,p. 290.
  8. a etbColling 1949,p. 300.
  9. Colling 1949,p. 301.
  10. Colling 1949,p. 318.
  11. "Rothschild: histoire d'un capitalisme familial", parJean Bouvier, page 152[1].
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