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Les muscles superficiels du cou. Face latéraleLes muscles superficiels du cou. Face ventraleAnatomie du cou selon Léonard de Vinci
Schématiquement, on distingue deux parties dans le cou. La partie antérieure, appelée « gorge » dans le langage courant, est constituée de tissu mou et contient des éléments viscéraux digestifs, ventilatoires et phonatoires (une partie dupharynx et de l’œsophage, lelarynx, une partie de latrachée) et endocriniens (lathyroïde et lesparathyroïdes). Elle comporte également unegaine carotidienne qui contient les gros vaisseaux. La partie postérieure, ou « nuque » dans le langage courant, est constituée autour durachis et contient un élément viscéral nerveux (lamoelle épinière).
La région du cou est délimitée en bas par l'extrémité supérieure duthorax, avec en arrière le processus épineux de lavertèbre C7, latéralement les deuxarticulations acromio-claviculaires et en avant lesclavicules et le manubriumsternal. En haut, on délimite cette région par la limite inférieure de latête, constituée de la ligne nucale supérieure de l'os occipital en arrière, des processusmastoïdes desos temporaux latéralement, et de l'os hyoïde en avant.
Le squelette du cou est composé uniquement durachis cervical, en arrière, lui-même constitué de l'empilement des septvertèbres cervicales. Les deux premières, nomméesatlas (première) etaxis (seconde), ont une morphologie particulière qui permet une partie importante de la mobilité du cou. Le rachis forme le canal vertébral qui protège la partie cervicale de lamoelle épinière.
Il faut citer également l'os hyoïde situé à l'interface entre le cou et la tête, en avant, situé au-dessus du cartilage thyroïde. C'est le seul os du corps non articulé avec un autre.
Chaque artère subclavière chemine vers lemembre supérieur homolatéral, passant chacune au-dessus de la premièrecôte dans le défilé scalénique (pince desmuscles scalènes) puis sous laclavicule où elle devient l'artère axillaire vers le membre supérieur. Chacune donne des branches collatérales qui sont :
Chaque artère carotide commune se divise au niveau de C4 en carotidesexterne etinterne. L'artère carotide interne ne donne pas de collatérales dans le cou, pénètre dans le crâne et est à destination du cerveau. Quant à la carotide externe, elle donne plusieurs collatérales essentiellement à destination de laface :
Lesveines de drainage principales sont, de chaque côté, les veinessubclavière etjugulaire interne. Ces deux veines se rejoignent ensuite dans lethorax pour former, de chaque côté, letronc veineux brachiocéphalique. Plus bas, la réunion de ces deux éléments forme laveine cave supérieure qui se jette dans l'oreillette droite ducœur. La veine cave supérieure est latéralisée à droite durachis thoracique ; ceci explique que les troncs veineux brachiocéphaliques sus-jacents ne soient pas de la même taille : le gauche est plus grand et traverse la ligne médiane. Ceci explique aussi qu'une partie des afférences veineuses cervicales antérieures se jette uniquement dans le tronc veineux brachiocéphalique gauche.
Les veines jugulaires internes drainent la boîte crânienne, les orbites, la partie superficielle de la face, la langue, la partie haute et profonde de la portion cervicale antérieure. Les veines jugulaires internes émergent de la boîte crânienne ; elles reçoivent dans leur portion cervicale, de chaque côté :
Les veines subclavières drainent les membres supérieurs, les épaules, la partie superficielle et la région périvertébrale du cou, la région superficielle du crâne et la partie profonde de la face. Les veines subclavières naissent au niveau de la partie médiane de chaque clavicule et reçoivent, de chaque côté, les veines jugulairesexterne etantérieure.
Les troncs veineux brachiocéphaliques reçoivent, de chaque côté, les veines jugulaire interne et subclavière. Ils drainent également la nuque, en recevant de chaque côté les veinesvertébrale etjugulaire postérieure.
Enfin, la particularité du tronc veineux brachiocéphalique gauche fait qu'il reçoit directement une partie de la vascularisation de la thyroïde via lesveines thyroïdiennes inférieures.
Le système lymphatique comporte un réseau devaisseaux et deganglions qui drainent l'ensemble de la région cervicocéphalique à l'exception, notable, du système nerveux central.
Lepharynx est situé contre les premièresvertèbres cervicales en arrière, l'os sphénoïde en haut. Il est ouvert en avant, de haut en bas, sur lesfosses nasales, lacavité buccale et lelarynx, et en bas vers l'œsophage. Latéralement se trouvent des muscles liés à ladéglutition ou lamastication et la vascularisation de la tête. « L'appartenance » du pharynx à la tête ou au cou n'est pas définie. Pour schématiser on peut dire que la limite tête/cou est située au niveau de l'oropharynx, mais ceci n'est pas consensuel.
Lelarynx permet le passage de l'air vers lespoumons, mais est aussi le lieu de l'élaboration de lavoix. Il est situé superficiellement sous leplancher buccal et l'os hyoïde. Il est ouvert en arrière sur le laryngopharynx en bas sur latrachée. Il est constitué principalement des cartilagesthyroïde etcricoïde. En avant se situe laglande thyroïde.
Latrachée est un organe cervico-thoracique faisant partie des voies aériennes inférieures. Elle fait suite au larynx en haut et est ouverte en bas sur les 2bronches souches. Elle est constituée de cartilage et de tissu mou. En arrière se trouve l'œsophage.
L'œsophage est un organe cervico-thoraco-abdominal qui fait partie dutractus digestif. Il fait suite en haut au pharynx et s'ouvre en bas sur l'estomac. Sa partie cervicale est située en arrière de la trachée et en avant du rachis.
Les apex pleuropulmonaires, constitués de chaque côté par l'extrémité supérieure de laplèvre et dupoumon correspondant, font saillie à la base du cou, car ils dépassent le niveau des premières côtes. On peut donc considérer les plèvres et les poumons comme des organes cervico-thoraciques.
Laglande thyroïde est située en avant et sur les côtés de la jonction entre lelarynx et latrachée. On lui décrit deux lobes gauche et droit reliés par un isthme.
Les quatreglandes parathyroïdes sont situées en arrière de la thyroïde, sur les côtés du pharynx. On en décrit deux supérieures et deux inférieures.
Lamoelle épinière est un cordon entouré desméninges et contenu dans lecanal vertébral. La portion cervicale de la moelle épinière comporte huit segments qui donnent naissance à autant de racines nerveuses.
Lesnerfs cervicaux naissent de la réunion de leurs racines antérieure et postérieure issues de lamoelle épinière. La nomenclature veut que les nerfs cervicaux soient au nombre de huit paires, alors qu'il n'existe que septvertèbres cervicales. Ainsi la première paire de nerfs cervicaux émerge ducanal vertébral entre l'os occipital et l'atlas. Les autres nerfs émergent du canal vertébral par lesforamens intervertébraux, de telle sorte qu'un nerf donné n passe entre la vertèbre n-1 et la vertèbre n. Les huitièmes nerfs cervicaux émergent des foramens entre la septième vertèbre cervicale et la première vertèbre thoracique.
Lesplexus cervicaux gauche et droit, situés de chaque côté de la partie supérieure durachis, sont formés par l'anastomose des rameaux antérieurs des quatre premiers nerfs cervicaux homolatéraux. Avec les nerfs crâniensaccessoires ethypoglosses, ils sont responsables de l'innervation de la majorité de la musculature volontaire du cou, et dudiaphragme via les deuxnerfs phréniques, qui se prolongent dans le thorax.
Lesplexus brachiaux, situés au-dessus de la partie postérieure de chacune des premièrescôtes, sont formés de chaque côté par la réunion des rameaux antérieurs des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier nerf thoracique. Ils permettent chacun l'innervation dumembre supérieur homolatéral.
Les rameaux postérieurs des nerfs cervicaux participent à l'innervation somatique de la partie postérieure de la tête et du cou.
Les mouvements de rotation, flexion antéropostérieure et flexion latérale se font grâce :
à l'articulation occipito-atloïdienne, entre l'os occipital et la première vertèbre cervicale, constituée de deuxarticulations synoviales et qui autorise essentiellement un mouvement de flexion antérieure et postérieure, et pas ou peu de rotation ;
à l'articulation atloïdo-axoïdienne, entre les première et deuxième vertèbres cervicales, constituée de trois articulations synoviales et qui permet à elle seule une bonne part de la rotation du cou ;
à chacune des autresarticulations intervertébrales, entre deux vertèbres contiguës, constituée d'unesymphyse et de deux articulations synoviales et qui autorise des mouvements limités dans les trois directions.
Les viscères cervicaux, et en particulier lamoelle spinale située dans le canal vertébral, ainsi que les vaisseaux à destination de la tête, sont donc soumis à des contraintes mécaniques plus importantes qu'ailleurs, notamment en torsion.
Laphonation met en jeu l'ensemble de l'appareil respiratoire : la partie inférieure, pour contrôler le flux d'air ; lelarynx, pour la production de la plupart des sons ; lepharynx et labouche pour la modulation (articulation) ou la production de son ; l'ensemble des voies aériennes supérieures pour la résonance.
Les voies aérodigestives supérieures forment un carrefour, car la voie ventilatoire principale (nez -pharynx -larynx) croise la voie digestive (bouche -pharynx -œsophage). L'immense majorité du temps, c'est laventilation qui a lieu. Ceci permet de renouveler le contenu enoxygène etdioxyde de carbone dusang au niveau desalvéoles pulmonaires. Pour ce faire, l'air passe entre le nez (ou la bouche) et le larynx via le pharynx.
Ladéglutition désigne le passage dubol alimentaire de la cavité buccale vers l'œsophage. Lorsque le bol passe de la bouche au pharynx, il se produit une occlusion réflexe de l'orifice entre le pharynx et le larynx. En effet, on a en même temps une ascension du larynx et un mouvement postérieur de la langue. Ces 2 déplacements ont pour effet de comprimer l'épiglotte. Et schématiquement, par la bascule vers le bas de son extrémité libre postérieure, l'épiglotte va fermer l'orifice supérieur du larynx, obligeant ainsi le bol alimentaire à se diriger vers l'œsophage.
Laglande thyroïde sécrète lathyronine et la tri-iodothyorxine sous l'influence de lathyréostimuline, hormonehypophysaire. Ces 2 molécules ont un rôle similaire : elles favorisent lemétabolisme cellulaire global ; elles permettent le bon fonctionnement, le développement et la croissance desorganes en général.
La glande thyroïde sécrète également lacalcitonine en fonction de lacalcémie ; une hausse du taux stimule la production, et une baisse l'arrête. Cette hormone a un rôle accessoire dans le métabolisme ducalcium. Elle agit au niveau de l'os en stimulant la consommation de calcium, ce qui a pour effet de baisser la calcémie.
Lesglandes parathyroïdes synthétisent laparathormone, qui a un rôle important dans le métabolisme calcique. Cette molécule est sécrétée selon le niveau de calcémie ; en cas d'hypocalcémie, elle est stimulée ; en cas d'hypercalcémie, elle est inhibée. Elle agit au niveau de l'os en augmentant la résorption, ce qui libère du calcium ; elle favorise, au niveau desreins, la réabsorption de calcium ; enfin, elle augmente le taux devitamine D active, ce qui induit l'augmentation de l'absorption du calcium, au niveau de l'intestin. La parathormone a donc pour effet d'augmenter la calcémie, rôle antagoniste de la calcitonine.
La moelle épinière cervicale permet la communication entre l'encéphale et la portion distale de la moelle et joue un rôle dans la motricité réflexe du cou et des membres supérieurs.
Les principaux symptômes de la région sont : lacervicalgie, douleur du cou ; ladysphagie, difficulté à déglutir ; ladysphonie, difficulté à parler ; ladysarthrie, difficulté à articuler ; ladyspnée, difficulté à respirer ; l'odynophagie, douleur à la déglutition.
Cette partie du corps, parce qu’elle est très exposées ausoleil compte aussi parmi celles qui sont vulnérables aucarcinome épidermoïde, l'une des formes plus fréquente decancer de la peau chez les personnes à peau blanche[1].
Comme ailleurs, le cou peut être le siège deplaie,contusion,fracture,entorse,luxation. Cependant ces lésions sont plus souvent vitales du fait de la relative facilité d'accès des viscères et des gros vaisseaux, ainsi que leur importance vitale. Ceci est illustré dans le cas de lastrangulation ou encore de lapendaison.
Le cou apparaît dans plusieurs lignées de tétrapodes amniotes. La première vertèbre des poissonssarcoptérygiens, immobilisée sur le crâne, ressemble aux suivantes mais dès les premiers tétrapodes, la tête se mobilise sur la colonne et la première vertèbre porte à sa face antérieure une ou deux dépressions pour lescondyles occipitaux. Avec la différenciation du cou chez les amniotes, lesvertèbres cervicales (notamment la première d'entre elles, l'atlas) se spécialisent et permettent la mobilité de la tête par rapport au tronc. Lessquamates, lescrocodiliens et lesamphibiens n'ont pas de cou. Ce cou n'est cependant pas l'apanage des seuls mammifères (qui sont les seuls à avoir un cou constitué du nombre constant de sept vertèbres cervicales quelle que soit la longueur du cou de l'animal, aussi bien chez un petit rongeur que chez la girafe[2]) puisque les tortues et les oiseaux en possèdent parfois de fort longs, tout comme les grands reptiles de l'ère secondaire (dinosaures, ptérosaures)[3].