De haut en bas et de gauche à droite : panorama sur le centre-ville de Constanța, Musée d'histoire et d'archéologie (ancienne mairie),Casino de Constanța, Port de pêche et de plaisance et Cathédraleorthodoxe Saints-Pierre-et-Paul.
La municipalité de Constanța compte une population de 251 917 habitants en janvier 2023[1] (la cinquième du pays par le nombre d'habitants), mais l'agglomération compte environ 450 000 habitants avec les communes limitrophes sur une superficie de 1 013,5 km2, soit la seconde agglomération du pays aprèsBucarest.
Le nom deConstantiana lui a été donné par l'empereur romainConstantin Ier (274-337) en hommage à sa sœur Constantia. Auparavant la cité se nommait engrec ancienTomis ou Tomes signifiant« tranché », qui selon les archéologues et historiens Theodor Capidan, George Vâlsan et Adrian Rădulescu aurait désigné la forme du port antique, aujourd'hui enfoui sous la gare maritime moderne, qui tranchait la ligne côtière, à l'ouest de ce qui était alors la presqu'île de Tomis. Sur les portulans (livres d’instructions nautiques)génois duXIVe siècle, la cité apparaît sous le double nom de« Constanza » ou« Tomi ». Son nomroumain est Constanța prononcé « konˈstánt͡sa », son nomgrecΚωνστάντζα /Konstantsa,turcKöstence (prononcé Queustendjé),aroumainCustantsa,bulgareКюстѐнджа (Kioustendja) etarménienԿոնստանցա (Konstanc’a).
Lamythologie grecque relie le nom antiqueTomis à deux légendes. La première est celle deJason et desArgonautes, qui, s'enfuyant deColchide (l'actuelleGéorgie) avec latoison d'or, et avecMédée etAbsyrte, enfants du roiÉétès, auraient été poursuivis par la flotte de ce dernier. Sur le point d'être rattrapés, les Argonautes auraient mouillé ici, tué et tranché Absyrte en morceaux et dispersé ceux-ci afin de retarder Éétès, obligé de les rechercher et de les ramasser pour donner des funérailles honorables à son fils[2],[3]. Une seconde légende rapportée parCassiodore etJordanès relie le nom antique de la ville àTomyris, reine desMassagètes[4].
Constanța en 1893 (carte du Service hydrographique de la Marine française).Quartier balnéaire deMamaia.Port de Constanța.La mer Noire gelée en hiver autour ducasino de Constanța.
En l'an311, lorsque l'empereurromainGalère décrète la liberté de religion pour leschrétiens, la ville est élevée au rang de métropole de la Scythie mineure (patrie deJean Cassien), avec 14 évêchés. On y parle et écrit alors autant legrec que lelatin.
En raison de sonpassé ottoman, la ville abrite près d'un quart de lapopulation musulmane de Roumanie — 14 557 des 64 337 musulmans de Roumanie (soit 23 %) vivent à Constanța[26] —, ainsi que la plus grande mosquée du pays, bâtie en1911 par le roiCarolIer.
Constanța est le premierport de Roumanie, avec des terminaux pétroliers et à conteneurs. La ville a une importante industrie, mais vit aussi du tourisme estival. Beaucoup d'industries pétrolières et d'entreprises d'import-export se situent à Constanța du fait de ses installations portuaires. Dans le port, lamarine militaire roumaine a un arsenal. Au nord de la ville se trouve unebase militaire terrestre et aérienne, intégrée aupacte de Varsovie jusqu'en 1989, puis à l'OTAN depuis le déploiement de laMission Aigle en 2003 : 1 000 soldats occidentaux, dont750 français, y ont été déployés[28],[29].
Vue satellite de Constanța et de son port en 2001.
L'aéroport international Mihail-Kogălniceanu (Aeroportul Internațional Mihail Kogălniceanu Constanța) est situé à une vingtaine de km de Constanța (code AITA : CND). Il s’agit d’un aéroport vétuste avec un nombre de connexions aériennes internationales nettement inférieur à celui des autres grandes villes roumaines.
Sous le mandat du maire controversé Radu Mazăre élu en2000 et qui a enchaîné quatre mandats, le transport urbain a suivi une évolution à l'envers des politiques européennes privilégiant les transports électriques et par rail (trolleys ettrams) : à Constanța, les transports électriques ont été supprimés (on a même enlevé lesrails des trams) et remplacés par desbus àénergies fossiles, comme on le faisaitaux États-Unis et enFrance dans les années 1950 et 1960, lorsque le pétrole était abondant et bon marché.
Constanța est l'extrémité orientale de l'itinéraire européenE 60 au départ de Brest (France) via Nantes, Mulhouse, Zurich, Salzbourg, Vienne, Bratislava, Budapest, Bucarest.
Le tourisme estival se développe autour des plages, des monuments de toutes époques, depuis la Halleromaine auxmosaïques, jusqu'auCasino « art nouveau » à la grande baie vitrée en forme de coquille Saint-Jacques (aujourd'hui en ruines).
Depuis 2020, grâce aux fonds européens, un agrandissement de plusieurs hectares des plages entre de nouvelles digues a été réalisé.
Enfin, depuis 2018 la ville accueille chaque été le festival international demusique électroniqueNeversea[30].
Universités et institutions culturelles ou scientifiques
Constanța comprend près de cinq cents centres d'enseignement. Les élèves peuvent suivre comme LV3 des cours de russe, ukrainien, grec ou turc du fait de la présence des minoritéslipovènes,helléniques,turques,bulgares outatars et, au choix en LV2, l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien ou le chinois ; pour leshumanités classiques, ils peuvent y apprendre le latin, le grec ancien et l'hébreu, mais ces filières sont en voie de disparition.
↑Virtualtourist.com,The Ancient City of Tomis[1] consulté le 16 novembre 2008.
↑Francis Vian, « Poésie et géographie : les retours des Argonautes »,Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 131-1, 1987,p. 249-262 (en ligne).
↑Jordanès,Origine et actions des Goths, chap. 10 -[2].
↑Octavian Iliescu, « Contributions à l'histoire des colonies génoises en Roumanie auxXIIIe et XVe siècles »,Revue Roumaine d'Histoire,no 28,,p. 25-52.
↑Adolphe Joanne,Voyage en Orient, volumes 1, Ixelles Lez Bruxelles : Delevingue et Callewaert, 1850, p. 22 (lire en ligne).
↑« Nicolae Ceaușescu » in :Membrii CC al PCR 1945-1989, dicționar, éd. Consiliul Național pentru Studirea Arhivelor Securității, editură Enciclopedică, Bucarest 2004 -[5], p. 140.
↑« Le Club au pays des Soviets » inIl était une fois le Club Méditerranée -[6]