Cet article concerne uneguerre en cours.
| Date | Depuis le (4 ans, 3 mois et 6 jours)[1] |
|---|---|
| Lieu | |
| Changements territoriaux | Dans leNord-Kivu : le M23 prend le contrôle des villes deBunagana,Kanyabayonga,Rutshuru etMasisi, ainsi que deGoma, la capitale provinciale Dans leSud-Kivu : Capture de la capitale provincialeBukavu, ainsi que deKalehe etWalungu |
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| inconnu |
Batailles
Leconflit du M23 est une insurrection armée débutée en par leMouvement du (M23) dans l'est de larépublique démocratique du Congo (RDC). C'est la phase actuelle desconflits qui déstabilisent la région du Kivu depuis 2004. Cette mutinerie fait suite à lapremière rébellion du M23, défaite en 2013 par les troupes gouvernementales et les soldats de laMONUSCO.
En, le Mouvement du 23 mars reprend les armes, invoquant le non-respect de l'accord de paix de 2013 par le gouvernement congolais, ainsi que la protection de la minoritétutsie du Kivu[note 4] contre les attaques des groupeshutus, notamment lesForces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)[note 5].
En, le M23 lance une offensive dans la province duNord-Kivu, affrontant lesForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), ses supplétifs (des groupes armés regroupés sous la bannièrewazalendo), et la MONUSCO, et, avec l'appui desForces rwandaises de défense (FRD), prend progressivement le contrôle de pans importants de la province. En, selon l'ONGInternational Crisis Group, la rébellion contrôlait environ la moitié du Nord-Kivu.
En, unaccord de cessez-le-feu est négocié, mais les affrontements reprennent en octobre, et s'intensifient à partir de décembre, à la suite de l'annulation du sommet de Luanda.
Début 2025, le M23 prend le contrôle deGoma etBukavu, les capitales provinciales du Nord-Kivu et duSud-Kivu, et poursuit son expansion territoriale, menant deux fronts dans l’est de la RDC : un au Nord-Kivu, où les rebelles tentent de progresser dans les territoires deLubero,Masisi etWalikale, un autre dans le Sud-Kivu où le M23 avance dans le sud de la province, en direction d'Uvira et Mwenga, où il fait face à une coalition loyaliste à Kinshasa, regroupant les FARDC, lesForces armées du Burundi et les miliceswazalendo.
Début, à la suite de la signature de l'accord de paix entre la république démocratique du Congo et le Rwanda, desnégociations entre le gouvernement congolais et l'Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) aboutissent le, àune déclaration de principe, établissant un cessez-le-feu et un cadre pour des discussions pacifiques. Malgré cet accord les affrontements entre les forces loyalistes et la rébellion persistent, et l'AFC/M23prends le contrôle d'Uvira en, se retirant un mois plus tard sous la pression desÉtats-Unis.
Le M23 et les autres groupes armés impliqués dans le conflit sont accusés de commettre diverses exactions contre les populations locales, incluant desviolences sexuelles, desmeurtres, desenlèvements et despillages. Les combats entraînent ledéplacement de millions de civils etexacerbent les tensions entre la république démocratique du Congo et le Rwanda.Kinshasa accuseKigali de soutenir le M23, tandis que Kigali accuse Kinshasa de soutenir lesForces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)[note 5]. Les deux pays, la RDC et le Rwanda, nient respectivement toute implication dans le soutien respectif aux M23 et aux FDLR. Cependant, depuis 2022, plusieurs rapports de l'ONU confirment le soutien du Rwanda au M23, et soulignent aussi une collusion entre l'armée congolaise et divers groupes armés, y compris les FDLR[note 5], dans le cadre de la lutte contre le M23.
De 2012 à 2013, lemouvement du 23 Mars (M23) mène unerébellion dans le nord-est de larépublique démocratique du Congo (RDC).
Cette rébellion est instiguée par des anciens membres duCongrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans lesForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC). Mécontents de leurs conditions, ils accusentKinshasa de ne pas respecter l'accord de paix du. Comme son prédécesseur (leCNDP deLaurent Nkunda), le M23, soutenu par leRwanda[18],[19],[20], va s'emparer de large pans du Nord-Kivu[18], etprendre le contrôle du chef lieu de la province,Goma, ce qui déclenche une forte mobilisation de lacommunauté internationale[21]. En, le soulèvement est vaincu par une campagne conjointe de l'armée congolaise et de laMONUSCO, laforce locale de maintien de la paix des Nations unies. Le M23 est en grande partie démantelé et ses combattants désarmés puis transférés dans des camps de réfugiés enOuganda et auRwanda[18]. Le, un accord de paix est signé àNairobi, mettant fin officiellement à la rébellion[22].
Malgré l'accord, les hostilités entre le M23 et la RDC se sont poursuivies. En 2017, le commandant du M23Sultani Makenga et 100 à 200 de ses partisans fuient l'Ouganda pour reprendre leur insurrection. Ils installent un camp aumont Mikeno dans la zone frontalière entre le Rwanda, l'Ouganda et la RDC[23],[24]. Le groupe reste ensuite discret, bien que certains membres sont soupçonnés d'avoir agi comme tueurs à gages pour « régler » des conflits dans leterritoire de Rutshuru[24].
Lefactionnalisme au sein du M23 complexifie la situation, puisque le mouvement s'est scindé en groupes rivaux, respectivement l'Alliance pour le salut du peuple dirigée parJean-Marie Runiga[note 6] et l'Armée révolutionnaire du Congo deBertrand Bisimwa[28],[29]. Le groupe de Makenga étaitde facto isolé des autres forces du M23 qui étaient encore principalement basées en Ouganda[24]. Des recherches ultérieures menées par leConseil de sécurité des Nations unies ont suggéré que la reprise des armes par Makenga avait amorcé le réarmement et la restauration progressifs du M23, l'Armée révolutionnaire du Congo de Bisimwa se joignant à ces efforts fin 2021 en réorganisant les combattants qu'il lui restait et en recrutant de nouveaux en coopération avec Makenga. Le quartier général du M23 restauré serait situé aumont Sabyinyo[29].
En novembre 2021, leMouvement du 23 mars (M23) lance plusieurs offensives mineures contre les positions desForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et des membres de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) près de la frontière entre larépublique démocratique du Congo (RDC), leRwanda et l'Ouganda[20],[23],[1]. Ces attaques donnent peu de résultats. Début 2022, un nombre croissant de combattants du M23 commencent à quitter leurs camps, et à retourner en RDC[18]. Le mouvement rebelle lance d'autres attaques entre décembre 2021 et février 2022, lesquelles sont repoussées[23],[29].
Les dirigeants du M23 font valoir que certaines parties de leur mouvement ont repris l'insurrection, car les conditions de l'accord de paix de 2013 n'étaient pas respectées par le gouvernement congolais[18],[20]. Les rebelles ont également fait valoir qu'ils cherchent à défendre la minoritétutsi du Kivu contre les attaques de combattantshutus tels que lesForces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)[30].
En, le M23 lance une offensive majeure dans leterritoire de Rutshuru, attaquant les villages de Tshanzu et Runyoni, d’anciens bastions du mouvement lors de lapremière rébellion du M23 (2012-2013)[31],[32],[20]. Le, les FARDC repoussent une attaque contreBunagana, mais le M23 capture plusieurs villages environnants, dont Mugingo, Gasiza, et Chengerero[31]. Un hélicoptère de laMONUSCO s’écrase à Tshanzu, tuant huitCasques bleus. Les FARDC accusent le M23 d’avoir abattu l’appareil[18],[24].
En, après des semaines de combats, alors que les affrontements dans le Rutshuru ont déplacé 46 000 habitants selon leHCR[33], le M23 proclame un cessez-le-feu unilatéral et se retire dans ses bases montagneuses[23],[24],[34]. Cependant, les tensions persistent, et le gouvernement congolais refusent toute négociation avec le groupe rebelle[24]. Fin avril, le gouvernement de la RDC et certains groupes rebelles tiennent des pourparlers de paix àNairobi[19], mais la factionBisimwa du M23 quitte les négociations[28] ou en est expulsée en raison des affrontements en cours au Nord-Kivu[19],[30].
Le, le M23 s’empare deBunagana, forçant les FARDC et les policiers congolais à se replier en Ouganda[35],[36],[37]. La chute de la ville provoque une crise diplomatique : la RDC suspend ses accords avec le Rwanda[38], accusé de soutenir militairement le M23. L’Ouganda, est accusé par des sources de sécurité[35] et des députés congolais de soutenir l'offensive rebelle. La RDC met fin à la coopération militaire avec l'Ouganda[39]. Le gouvernement ougandais interrompt l'opération Shujaa[38]. La MONUSCO réfute les affirmations d'un soutien ougandais au M23 et appelle au calme et à la coopération[40].
Fin juillet,des manifestations violentes éclatent à Goma et dans d'autres villes de l'est de la RDC. Des civils attaquent du personnel et des bâtiments de la MONUSCO qu'ils accusent d'inaction face aux rébellions régionales en cours. Des manifestants, des Casques bleus et des passants sont tués lors des affrontements[41].
Le 15 août, le premier contingent de maintien de la paix de laCommunauté d'Afrique de l'Est, composé desoldats burundais, arrive au Kivu[42].
En octobre 2022, le M23 reprend son avancée et capture les localitésRutshuru et Kiwanja[43]. En réponse à l'offensive, le gouvernement congolais ordonne à l'ambassadeur du Rwanda Vincent Karega de quitter le pays sous 48 heures[44]. Les combats s’accompagnent de violations des droits humains, culminant avec lemassacre de Kishishe en, où au moins 171 civils sont tués en représailles à des pertes subies face auxForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[45].

Début 2024, leMouvement du 23 mars (M23), soutenu par lesForces rwandaises de défense (FRD) selon plusieurs rapports de l'ONU, intensfie ses efforts pour encerclerGoma, la capitale provinciale. Ils attaquentSake, une localité stratégique située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest deGoma, dans le but de couper les axes d’approvisionnement de la ville. Les combats opposent les rebelles auxForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), aux miliceswazalendo et aux forces de laMission de la Communauté de développement d’Afrique australe en république démocratique du Congo (SAMIRDC), provoquant des déplacements massifs de population[46],[47], mais la rébellion échouent dans leurs tentatives de prendre le contrôle de la ville[48].
En, le M23 étend son emprise dans le Nord-Kivu. Après des combats contre les FARDC et les miliceswazalendo, il s’empare de plusieurs localités dans les territoires deRutshuru[49],[50],[51] etMasisi[52],[53],[54],[55]. Selon l’International Crisis Group, le mouvement contrôle alors près de la moitié du Nord-Kivu[56],[57].
En, après plusieurs jours de combats contre les FARDC et desmilices alliées le M23 prend le contrôle de lacité minière de Rubaya (Masisi)[58],[59],[60].
En, le M23 prend le contrôle deKanyabayonga, une localité stratégique dans leterritoire de Lubero, donnant accès au nord de la province du Nord-Kivu, dont la voie principale permet de rejoindre les villes deLubero,Butembo etBéni au nord de la région, mais aussiGoma vers le sud[61],[62]. L'appui desForces rwandaises de défense (FRD) aurait été déterminant dans la victoire contre contre la coalition gouvernementale. Kaseghe, et Kirumba, tombent elles aussi aux mains du M23[61].
Le, alors que l'accord de cessez-le-feu négocié dans le cadre duprocessus de Luanda entre Kinshasa et Kigali, par l'entremise de l'Angola entre en vigueur[63],[64]. Après la signature du cessez-le-feu, une période de relative accalmie est constatée, mais les affrontements reprennent en octobre dans leterritoire de Lubero[65].

En, après des semaines d’affrontements intenses autour deSake[66],[67] et deKibumba[68], le M23 et lesForces rwandaise de défense (FRD) lancent une offensive décisive surGoma. Les combats, marqués par l’utilisation d’armes lourdes, de drones et de tactiques de guerre électronique, aboutissent à la prise de Goma dans la nuit du au[69]. L’Alliance fleuve Congo (AFC), une coalition anti-gouvernementale incluant le M23, revendique la capture de la ville et ordonne aux FARDC de se rendre[69].
La prise de Goma s’accompagne d’une crise humanitaire aiguë : des milliers de civils fuient vers les territoires voisins ou se réfugient dans des camps de fortune. Le M23 impose rapidement son administration sur la ville, démantelant les camps de déplacés installés en périphérie et forçant les populations à retourner dans leurs villages d’origine, souvent sous la menace[70],[71],[72].
En, leMouvement du 23 mars (M23) lance une offensive dans leterritoire de Walikale, et prend le contrôle deWalikale[73], une localité clé située sur laroute nationale 3 (RN3), qui relie le Nord-Kivu à d’autres provinces de l’est de la RDC[74],[73]. Cette avancée permet aux rebelles de menacer Pinga, une cité stratégique, et d’isoler davantage les forces loyalistes. Cependant, sous pression diplomatique, le M23 se retire le[75],[76].
Bien que ladéclaration de principes signée à Doha ait permis d'empêcher toute offensive majeure depuis sa signature et de geler les lignes de front, les combats ne cessent pas pour autant[77]. Des affrontements continuent d'opposer le M23 à divers groupeswazalendo, alliés des autorités congolaises[78].
En juillet, Les combattants du M23 traquent lesForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les localités duterritoire de Rutshuru[79],[80]. Cette situation entraîne une tension sécuritaire et humanitaire, résultant en l'exode de nombreux habitants[79],[81]. Les combattants du M23 sont accusés par leHaut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme d'avoir tués au moins 319 civils durant ces raids, entre le 9 et 21 juillet 2025[82],[83]. Ces accusations sont fermement démenties par le coordonnateur adjoint de l’AFC[84].
Les affrontements se poursuivent majoritairement dans les territoire deMasisi,Walikale etRutshuru, où le M23 et les FARDC se disputent le contrôle des villages stratégiques[85],[86],[87]. Malgré la signature le del'accord-cadre entre l'AFC/M23 et le gouvernement congolais à Doha[85], les combats se poursuivent, avec des gains territoriaux alternés entre le M23 et les forces loyalistes[88],[89],[90]. Ces combats aggravent la crise humanitaire, provoquant d’importants déplacements de population, notamment dans les territoires deMasisi[89],[91] etWalikale[92].
En, à la suite de laprise de Goma, leMouvement du 23 mars (M23) étend ses opérations vers leSud-Kivu, où il affronte lesForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et l'armée burundaise[93],[10]. Les rebelles attaquentKalehe-Centre et Ihusi, deux localités clés duterritoire de Kalehe, avant de progresser versBukavu, la capitale provinciale[94]. Lachute de Bukavu le[95], permet aux rebelles de contrôler les deux rives dulac Kivu, isolant davantage les forces loyalistes[96],[97].
Le M23 continue son expansion territoriale vers le sud de la province, en direction d'Uvira, et prend le controle deKamanyola etLuvungi (territoire de Walungu), deux localités situés sur laroute nationale 5 (RN5), qui relie Bukavu àUvira. Les rebelles affronte les FARDC et les miliceswazalendo, ainsi que les forces burundaises, qui tentent de contenir leur avancée[98],[99],[100]. En, Malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu et les efforts demédiation des États-unis et du Qatar (Processus de Doha), le M23 pénètre dans les territoires deMwenga,Walungu[101],[102] et d'Idjwi[103]. Une alliance avec le groupewazalendo Rushaba, et les miliciensTwirwaneho permet de faciliter la progression du M23 dans les hauts plateaux d'Uvira[104],[105].
A partir de, les hostilités reprennent dans les territoires deWalungu[106] etMwenga[107], où l'AFC/M23, allié au milicesTwirwaneho, affronte les forces gouvernementales, nottament dans le groupement de Mulamba, une zone, où la ligne de front était restée stable depuis, devient le théâtre d’une reprise des hostilités[108],[109]. Des affrontements sont également signalés dans le territoire deFizi, selon des sources sanitaires et locales[109].
En, la situation se dégrade dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), où la ville d’Uvira est placée en alerte face à la présence croissante des rebelles[110].
En, des affrontements éclatent dans les territoiresKabare et deWalungu, entre l’AFC/M23 et leswazalendo[111],[112], dont le groupement de Karhongo Nyangezi, une zone stratégique reliantBukavu àUvira[112]. Selon le quotidienAfrica Intelligence, les deux camps exploitent lamédiation à Doha pour préparer une reprise des combats, révélant une logique de confrontation plutôt que de résolution pacifique[113].
En, les affrontements ont principalement lieu sur les hauts plateaux, dans les territoires deFizi et deMwenga[114],[115], La rébellion prend le contrôle de plusieurs villages[114], forçant les FARDC et l'armée burundaise à se replier[116]. Les affrontements provoquent d’importants déplacements de population dans les territoires deFizi[114],[117] etMwenga,[117].
En, l'AFC/M23 lance une nouvelle offensive dans le territoire de Mwenga, capturant plusieurs villages[118],[119],[120]. Les rebelles affrontent les FARDC, les miliceswazalendo et lesforces armées burundaises (FDNB), qui se replient vers le sud après la perte de Sange et Luberizi[118],[119],[120]. La progression des forces rebelles entraîne le déplacement de centaines de milliers de personnes à l’intérieur de la province du Sud-Kivu, ainsi que vers les pays frontaliers, où leBurundi subit un afflux important de réfugiés[121],[122],[123]. Le, Uvira passe sous contrôle de l'AFC/M23[124],[125],[126], abandonnée par les forces loyalistes[127],[128].Sous la pression desÉtats-Unis, l’AFC/M23 annonce son retrait de la ville le[129], effectue un désengagement partiel[130],[131], puis quitte la ville le[132]. Les FARDC et les miliceswazalendo reprennent le contrôle les 18–, mais la transition s’accompagne de pillages et d’un exode de civils de la communautéBanyamulenge par crainte de représailles[133],[134].
En 2022,Jason Stearns (en) fait valoir que la nouvelle offensive duM23 visait peut-être à imposer l'inclusion du groupe dans un programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR). Les tentatives précédentes du M23 pour faire partie de ce processus, y compris après l'accord de 2013, ont échoué en raison de la très forte opposition de la population congolaise. L'un des problèmes qui entravent toute tentative de démobilisation complète du M23 est le fait que plusieurs membres du groupe rebelle sont connus pour avoir commis diverscrimes de guerre au fil de leur implication dans des insurrections, avant même l'émergence du M23 lui-même. Cela rend leur intégration dans les forces de sécurité congolaises ou leur amnistie difficiles à justifier en RDC[135].
LeRwanda joue un rôle central dans le conflit actuel enrépublique démocratique du Congo (RDC). Malgré sa taille modeste comparée à celle de la RDC, le Rwanda cherche, selonJason Stearns (en), à projeter son influence dans cette région stratégique, invoquant des préoccupations sécuritaires et la protection des populations tutsi pour justifier ses interventions. Cependant, l'ampleur réelle des menaces sécuritaires et la sincérité de ces justifications sont sujettes à débat[136].
Les motivations du Rwanda dans ce conflit sont complexes. Sur le plan sécuritaire, le Rwanda perçoit la présence de groupes armés hostiles en RDC comme une menace existentielle, bien que les incursions significatives sur son territoire soient rares depuis 2001[136]. La protection des populations tutsi en RDC, souvent victimes de discriminations, est également citée, bien que des critiques soulignent que le Rwanda n'a pas toujours défendu cette communauté de manière cohérente[136].
Les intérêts économiques constituent un autre facteur clé. Le Rwanda bénéficie de l'exploitation des ressources minières de la RDC, notamment l'or, dont les exportations ont fortement augmenté depuis le début du conflit[136]. Cette manne financière profite à l'élite militaire rwandaise, renforçant ainsi les incitations à maintenir une présence dans l'est de la RDC[136].
La culture politique rwandaise, profondément marquée par legénocide des Tutsi de 1994, influence également la perception de la sécurité et la légitimité du régime en place. LeFront patriotique rwandais (FPR), au pouvoir, tire une grande part de sa légitimité de son rôle dans la fin du génocide et la stabilisation du pays. Cette légitimité est utilisée pour justifier des interventions en RDC, même si les bénéfices réels pour la sécurité régionale restent incertains[136].
En 2022,Bintou Keita, haut responsable de l'ONU pour la RDC, souligne que leMouvement du 23 mars (M23) opère davantage comme une armée conventionnelle que comme un groupe armé, avec des capacités dépassant celles de laMONUSCO[137]. Des chercheurs duConseil de sécurité des Nations unies,et le chercheur congolais Josaphat Musamba confirment la présence d'individus en uniforme rwandais parmi les rebelles, expliquant le professionnalisme accru des forces du M23[138].Jason Stearns (en), directeur du Groupe d'étude sur le Congo, évoque une implication rwandaise probable, bien que le M23 poursuive également ses propres objectifs[135]. En, un rapport de l'ONU fournit des preuves du soutien rwandais au M23, notamment des photos et vidéos de soldats rwandais sur le territoire congolais[139],[140]. Le 16 décembre 2022, un autre rapport confirme des interventions directes de l’armée rwandaise en RDC, pour venir en renfort au M23 et pour combattre lesForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[141], ce que nie le gouvernement rwandais. Les États-Unis suspendent leur aide au Rwanda en octobre 2023, invoquant le recrutement d'enfants-soldats[142].
En février 2024, l'ONU rapporte l'utilisation d'armes sophistiquées et de moyens aériens par l'armée rwandaise et le M23, suscitant des inquiétudes quant à une escalade du conflit[143]. En juillet 2024, un rapport de l'ONU estime que 3 000 à 4 000 militaires rwandais combattent aux côtés du M23, modifiant la dynamique du conflit et clouant au sol les moyens aériens des FARDC. Les chercheurs mandatés par le Conseil de sécurité affirment que l'armée rwandaise a pris le contrôle des opérations du M23, contribuant à une expansion territoriale significative, leur permettant d'encerclerGoma[144],[145].
En, le rapport semestriel d'experts mandaté par l'ONU, indique que lesForces rwandaises de défense (FRD) ont joué un rôle déterminant aux côtés duMouvement du 23 mars (M23) l'acquisition et le contrôle de nouveaux territoires, nottament lors de laprise des villes de Goma etBukavu en janvier et[146]. Des preuves tangibles, telles que des images, des vidéos et des témoignages, attestent de la participation directe des troupes rwandaises aux combats[146]. Les experts estiment qu'environ 6 000 soldats auraient été déployés dans les provinces duNord et duSud-Kivu avant l'avancée du M23, afin de renforcer la présence militaire rwandaise[147].Le rapport souligne que le Rwanda continue de piloter le commandement de l'AFC/M23[148], et a fourni à la rébellion une formation militaire ainsi que des équipements de pointe, incluant des systèmes de défense aérienne, leur conférant un avantage tactique significatif sur l'armée congolaise[147].
Selon le rapport, au 20 avril 2025, entre 1 000 et 1 500 soldats rwandais étaient toujours présents sur le territoire contrôlé par le M23, tandis que plusieurs milliers d'autres étaient positionnés le long de la lafrontière rwando-congolaise, prêts à être déployés[147].Kigali ne reconnaît pas explicitement sa présence militaire dans la région. Il justifie ses actions par des mesures défensives contre lesForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et la nécessité de maintenir une posture défensive à leurs frontières[149],[147],[146],Le porte-parole du gouvernement accuse le rapport de l'ONU de déformer les préoccupations sécuritaires duRwanda[146],[149].
L'Ouganda, qui est intervenu lors de lapremière guerre du Congo (1996-1997) etdeuxième guerre du Congo (1998-2003), joue un rôle ambigu dans le conflit en cours dans l'est de larépublique démocratique du Congo (RDC)[150]. Sa présence militaire, initiée par l'opérationShujaa contre lesForces démocratiques alliées (ADF), vise à sécuriser la frontière tout en protégeant ses intérêts économiques, notamment dans l'exploitation de l'or[150]. Cependant, des accusations de soutien au groupe rebelle M23, en permettant l'utilisation de son territoire comme base arrière, compliquent sa position[note 1]. Ces accusations ont été démentis par l'Ouganda[144].
À partir de, laMission de la Communauté de développement d’Afrique australe en république démocratique du Congo (SAMIDRC) est déployée par laCommunauté de développement d'Afrique australe (SADC) dans l’est de larépublique démocratique du Congo (RDC) afin de lutter contre l’instabilité et l’insécurité qui règnent dans la région[11],[12]. Le, Les chefs d’État de la SADC, actent la fin du mandat de la SAMIDRC, et le retrait progressif des forces déployées en RDC dans le cadre de ce mandat[12].
Pour faire face à l'expansion territoriale dans leNord-Kivu duMouvement du 23 mars (M23), le gouvernement congolais fait appel en 2022[151] à des sociétés de sécurité privées européennes pour renforcer ses capacités militaires, telles qu'Agemira, une compagnie situé en enBulgarie, mais fondée par le français,Olivier Bazin[152], et Ralf, dirigée par le franco-roumainHoratiu Potra[152]. Ces sociétés, composées principalement d'anciens militairesroumains, sont censés conseiller lesForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et participer à des missions de défense autour deGoma et d'autres zones stratégiques[153]. Leur rôle inclurait la formation des troupes locales, l'entretien des équipements militaires et la négociation de contrats d'armement. Le ministre rwandais des Affaires étrangères,Olivier Nduhungirehe, a dénoncé la présence de mercenaires dans l'est de la RDC. Les autorités congolaises admettent employer des sociétés militaires privées, mais uniquement comme instructeurs pour leur armée[154]. Lors de lachute de Goma en janvier 2025, les mercenaires trouvent refuge dans une base de l'ONU, puis sont transportés versKigali pour être rapatriés enRoumanie[151].
Depuis sa résurgence en 2021, leMouvement du 23 mars (M23) est accusé par différents rapports de l'ONU, deHuman Right Watch (HRW), et d'Amnesty International, d'avoir commis des viols, des agressions sexuelles et d'autres formes de violences sexuelles à l'encontre de femmes et de filles, notamment dans les zones qu'il contrôle. Le groupe armé est aussi soupçonné d'avoir exécuté sommairement des civils, souvent en représailles ou dans le cadre de campagnes de terreur. Il est entre autres accusé d'avoir perpétré lemassacre de Kishishe, en, faisant 171 morts[155], ce que dément le M23[156], alors queKigali accuse le gouvernement congolais d'avoir fabriqué le massacre[157]. Entre et, 8 exécutions sommaires et 14 cas deviol ont été documenté par HRW[158],[159]. L'ONG reçoit également des informations crédibles concernant plus d’une dizaine d’autres exécutions sommaires perpétrées par les forces du M23. Cependant, en raison des contraintes d’accès et de sécurité, l'organisation ne parvient pas à corroborer ces éléments de manière indépendante[159].
Selon le rapport final du groupe d'experts sur larépublique démocratique du Congo (RDC) mandaté par l'ONU de, lors de leurs offensives, les troupes du M23 et desForces rwandaises de défense (FRD) prennent principalement pour cible des localités situées dans les bastions desForces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)[145] et desNyatura[160]. Lors de ces raids, les civils, principalement desHutu, perçus comme ayant collaboré avec l'ennemi, sont punis, sous forme d'exécutions, de tortures, de destructions de villages, de pillages ou de détentions arbitraires[161],[160]. Selon ce rapport, la rébellion est aussi accusée d'enrôler des enfants dans ses rangs, les enfants sont recrutés dans les zones de la république démocratique du Congo contrôlées par la rébellion, parfois de force, ainsi que dans des camps de réfugiés auRwanda et enOuganda[162].
Début 2025, le rapport annuel deHuman Rights Watch sur la situation en république démocratique du Congo accuse l'armée rwandaise et le M23 d'avoir commis de graves violations des lois de la guerre lors de leurs offensives près de Goma en 2024, notamment en ciblant des zones civiles[163].
Le 28 juillet 2025, leBureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH)[note 7] publie un rapport accusant le M23 d'avoir tué au moins 319 civils, dont 48 femmes et 19 enfants, en, dans l'est de la RDC[165]. Ce rapport, confirmé par leHaut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, indique que la plupart des victimes seraient des agriculteurs dans le groupement Binza,territoire de Rutshuru. Le conseil provincial de la jeunesse duNord-Kivu rapporte des chiffres similaires[165],[84].
Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l'Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), rejette ces allégations lors d'une conférence de presse àGoma, les qualifiant de « non factuelles » et dénonçant une tentative de diabolisation[84]. Il conteste la localisation des villages incriminés, les situant dans une zone inhabitée duparc national des Virunga, et remet en cause la crédibilité des sources du rapport, affirmant qu'elles ne résident pas dans la zone concernée[84]. L'AFC/M23 critique également la précipitation de la publication du rapport et questionne l'impartialité de laMONUSCO. Le mouvement suggère que certaines organisations humanitaires pourraient avoir un intérêt financier à dénoncer ses actions, la stabilisation des zones sous leur contrôle ayant réduit les financements liés aux déplacés internes[84].
En, certains membres desForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) sont accusés parHuman Rights Watch (HRW) de collaborer avec des groupes armés ayant formés une coalition patriotique contre leMouvement du 23 mars (M23), alors que ces derniers sont impliqués préalablement dans de graves exactions[158],[166].
Cette accusation est corroborée par le rapport final du groupe d'experts mandaté par l'ONU de, qui accuse larépublique démocratique du Congo (RDC), d'utiliser comme supplétifs des groupes armés regroupé sous la bannièrewazalendo, autrefois combattus par l'armée congolaise[167],[168], et qui sont accusés d'avoir contribué à perpétrer le conflit dans l'est du pays, et d'avoir commis par le passé de nombreuses exactions dans la région : recrutement d'enfants soldats[169], violences contre la population civile et les forces armées régulières[167],[170].
En, 84 soldats sont jugés en RDC pour des crimes contre des civils dans la province duSud-Kivu, incluant meurtres et viols. Le procès, tenu par un tribunal militaire àBukavu, fait suite à des exactions commises dans plusieurs villages desterritoires de Kabare etKalehe, alors que des rebelles du M23 menacent la région depuis laprise de Goma fin janvier. La partie civile a demandé la peine de mort pour tous les accusés, alors que la RDC a levé en mars un moratoire de plus de vingt ans sur la peine capitale, une décision critiquée par les défenseurs des droits humains[171].
Les actions militaires menées par desForces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et ses supplétifs causent parfois des pertes civiles, et peuvent soulever la question du respect du droit des conflits armés. Dans un rapport sur la situation en RDC,Human Rights Watch (HRW) indique que l'usage de tirs d'artillerie lourde sur Mweso lors des opérations militaires menées par les FARDC pour le contrôle de la localité en, ont entraîné la mort d'au moins 19 civils et fait plusieurs blessés dans la population. L'ONG dénonce également le placement de positions militaires à proximité de sites abritant des populations déplacées, exposant ces dernières à des risques élevés, ainsi que des attaques perpétrées par les FARDC et ses supplétifs contre des camps de déplacés, tuant et blessant des civils. Des événements qui selon HRW, prouvent l'implication des FARDC et deswazalendo dans« des violations crédibles du droit de la guerre »[163].
Leswazalendo, des groupes d'autodéfensecongolais, constitués de civils engagés pour la défense de leur pays, et de combattants de milices armés convertis en supplétifs de l'armée congolaise, dont lesForces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)[note 5], font l'objet de plusieurs accusations : exécutions extrajudiciaires, pillages, rackets[161], violences sexuelles[158],[159], et recrutement d'enfants soldats[162].
À partir de, des actes de violence et de pillage, des vols, des meurtres et des enlèvements perpétrés par deswazalendo, sont reportés dans la ville deGoma[172],[173], ces actes s'amplifient en avril, à la suite du repli des FARDC et de leur supplétifswazalendo dans la ville de Goma. Les soldats de l'armées régulières et la police sont eux aussi accusés par la population locale d'exactions et de plonger la ville dans un climat d'insécurité[174],[175].
Leswazalendo sont aussi soupçonnés d'enrôler des enfants dans leurs rangs, le rapport de l'ONU de fait mention de la présence d’enfants soldats aux alentours des Goma et deSaké, près des camps de déplacés notamment. Plusieurs groupes armés sont cités dans le document : le NDC-R/Guidon, l’APCLS, lesFDLR, l’UPCRL[162].
Depuis la reprise des activités militaires duMouvement du 23 mars (M23) en 2021, la violence contre la communauté tutsie congolaise a augmenté[176],[note 4]. Cette communauté fait face à des préjugés persistants, des attaques ciblées et de la discrimination[178]. De nombreux Congolais associent les Tutsi à la rébellion du M23, dont le leadership est majoritairement issu de cette communauté[176],[177], et les accusent de servir les intérêts duRwanda[179]. Certains vont jusqu’à nier leur nationalitécongolaise, les présentant comme des Rwandais[180].
La défense des communautés tutsie congolaise (Nord-Kivu), etbanyamulenge, une minoritéTutsi congolaise concentré dans leSud-Kivu, est l’une des revendications centrales du M23[181],[182]. Le Mouvement du 23 mars affirme que ces groupes subissent une discrimination systémique, allant jusqu’à évoquer un « génocide silencieux »[181],[182]. Ces allégations s’inscrivent dans un contexte historique complexe : des rapports desNations unies et des organisations de défense des droits humains documentent depuis des décennies des violences, des discriminations et des privations de nationalité ciblant les communautés tutsies et banyamulenge en RDC, notamment sous le régime deMobutu et lors de conflits ultérieurs[181],[183]. Cependant, le gouvernement congolais, tout en reconnaissant l’existence de tensions intercommunautaires, conteste l’ampleur de ces persécutions et accuse le M23 d’exploiter ces revendications pour justifier son insurrection, notamment en instrumentalisant les richesses minières de la région[181],[177]. Par ailleurs, des voix au sein même des communautés banyamulenge et tutsies rejettent les méthodes du M23, craignant que son action ne renforce les stéréotypes et les violences à leur encontre[181].
En, une délégationBanyamulenge rencontre des officiels américains, dontMassad Boulos, conseiller Afrique de la Maison-Blanche, ainsi que des représentants dudépartement d'État et desNations unies[184]. Leur message vise à dénoncer les discriminations et les attaques subies par leur communauté, ainsi que les discours remettant en cause leur citoyenneté congolaise[184]. Ils se distancient des positions de l'AFC/M23 et de Kigali, rejetant toute association avec eux, et prônent un soutien aux institutions congolaises[184]. Cette position est également présentée en en Europe, notamment auQuai d'Orsay, auministère des affaires étrangères belge, et auprès de plusieurs députés européens[184]. Cependant, cette prise de position ne fait pas consensus au sein de la communauté Banyamulenge[184]. Certains membres soutiennent l'AFC/M23 et contestent la légitimité de la délégation dirigée parEnock Ruberangabo Sebineza. Des associations Banyamulenge en Europe accusent cette délégation de mener une campagne de désinformation et demandent à l'Union européenne de ne pas leur accorder de tribune[184], les accusant de parler sans mandat au nom de la communauté Banyamulenge[185].
Le, le général-major Sylvain Ekenge, porte parole de l'armée congolaise, est suspendu pour avoir tenu des propos descriminatoire à l'encontre de la communauté tutsie sur les antennes de laRadio-Télévision nationale congolaise (RTNC)[186].
Depuis 2022, des initiatives diplomatiques sont initiées afin de désescalader les tensions dans l'est de la RDC :
Leprocessus de Luanda est une série de négociations et d’accords diplomatiques initiés à partir de 2022 sous l’égide de l’Angola, pour résoudre les tensions et conflits, et promouvoir la paix et la sécurité dans l'est de larépublique démocratique du Congo (RDC), en particulier face à la résurgence du groupe rebelleMouvement du 23 mars (M23) et auxtensions entre la RDC et le Rwanda.
Plusieurs sommets et réunions ont été organisés àLuanda, sous la médiation du présidentangolaisJoão Lourenço, désigné comme facilitateur par l’Union Africaine[191], réunissant les dirigeants des deux pays et des représentants de diverses organisations régionales[192]. Ces rencontres ont abouti à des engagements de désescalade, des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu, et des appels au retrait des groupes armés[193], notamment le M23, des zones occupées[194]. Cependant, le M23 et l'Alliance fleuve Congo (AFC), la vitrine politique du M23, non présent lors des négociations, ont souvent rejeté ces accords[194],[64]. Des initiatives politiques et militaires ont été harmonisées pour stabiliser l'est de la RDC, incluant des plans de neutralisation desForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de désengagement des forces en conflit[195],[196]. Malgré ces efforts, des désaccords persistants et des sanctions internationales ont compliqué les négociations[197].
Le, lors d'un sommet conjoint de laCommunauté d'Afrique de l'Est (EAC) et de la SADC, la fusion du processus de Luanda avec le processus de Nairobi est décidée[198]. Le, l'Angola annonce mettre fin à sa médiation, après plusieurs échecs notables[187].
Le, un sommet régional extraordinaire se tient àDar es Salam, enTanzanie, réunissant pour la première fois les membres de laCommunauté d'Afrique de l'Est (EAC) et de laCommunauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour aborder la situation sécuritaire dans l'est de larépublique démocratique du Congo (RDC)[199],[198]. Les présidents rwandaisPaul Kagame et congolaisFélix Tshisekedi ont participé à la rencontre, ce dernier par vidéoconférence[198]. A l'issue du sommet, les dirigeants ont appelés à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, et ont demandé aux chefs des forces de défense de se réunir sous cinq jours pour élaborer un plan de sécurisation pour Goma, et fournir des directives techniques sur la cessation des hostilités[198]. Dans un communiqué commun, ils ont insistés sur l’importance de l'aide humanitaire, notamment le rapatriement des défunts et l'évacuation des blessés, et plaidé pour l'ouverture de couloirs humanitaires[198]. Les participants ont aussi réaffirmé leur soutien à la RDC pour préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale, mais sans faire explicitement référence au Rwanda[198]. Ils ont plaidés pour la fusion des processus de paix de Nairobi et deLuanda, et ont exhortés Kinshasa et Kigali à reprendre les discussions, insistant aussi pour que le gouvernement congolais mette en œuvre le plan de neutralisation desForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[198].
Alors que la délégation rwandaise considère que le sommet à répondu à ces attentes, il a suscité des réactions mitigées en RDC. Le gouvernement congolais appréciant l'engagement des dirigeants en faveur de l'intégrité territoriale du pays. Cependant, l'absence de condamnation explicite du Rwanda dans le communiqué final a été critiquée par une partie de la classe politique, qui dénonce le soutien du Rwanda auMouvement du 23 mars (M23)[200]. Par ailleurs, un dialogue incluant les rebelles du M23 reste pour beaucoup hors de question[200].
LesÉtats-Unis joue un rôle actif dans la recherche d’une solution au conflit dans l’est de larépublique démocratique du Congo (RDC).Ils ont déjà tenté de résoudre la crise, comme en avec des promesses de mesures concrètes pour réduire les tensions duRwanda et de la RDC. Cependant, ces tentatives n’ont pas abouti à des résultats tangibles sur le terrain[201].
En 2025, les États-Unis ont intensifié leurs efforts en organisant des pourparlers entre la RDC et le Rwanda, qui aboutissent le, à la signature d'un accord de paix, àWashington, par les deux pays. Cet accord, supervisé par le secrétaire d’État américainMarco Rubio, est signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays[201]. L’accord prévoit le désengagement des forces armées, la protection des civils, le retour des personnes déplacées et des réfugiés, ainsi qu’un mécanisme de suivi pour en assurer le respect. Il est fondé sur l’engagement de mettre fin au soutien auxForces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et aux milices associées[201],[202].
Leprocessus de Doha, initié en sous la médiation duQatar àDoha, vise à résoudre le conflit dans l'est de larépublique démocratique du Congo (RDC) entre le gouvernement congolais et l'Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23)[190]. Ces négociations sont marquées par des tensions, et des accrochages sur le terrain, notamment dans la province duSud-Kivu[203]. Un point de blocage notable concerne l'insistance de l'AFC/M23 pour que son cas soit traité séparément du différend entre la RDC et leRwanda, ce queKinshasa conteste[204]. Plusieurs réunions entre les belligérants ont lieu à Doha, mais les négociations produisent peu de résultats concrets[205], malgré la pression diplomatique et économique exercée par lesÉtats-Unis sur les deux parties[204], qui négocie parallèlement unaccord de paix entre la RDC et le Rwanda, dans leconflit qui oppose les deux pays.
Début, à la suite de la signature àWashington de l'accord de paix entre la république démocratique du Congo et le Rwanda, un nouveau cycle de négociations à Doha est engagé[206]. Elles aboutissent le, à unedéclaration de principes, établissant un cessez-le-feu permanent et un cadre pour des discussions pacifiques[207],[208]. L'accord prévoit des mesures de confiance, la protection des civils, et la restauration de l'autorité de l'État, avec des négociations pour un accord de paix global devant commencer avant le 8 août 2025[208].
À partir de, à la suite de plusieurs rounds de négociations, une série d’accords est signé à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Un premier accord, conclu début,porte sur un mécanisme d’échange de prisonniers[209], mais sa mise en œuvre est bloquée en raison de désaccords persistants : Kinshasa refuse d’inclure dans les libérations des détenus soupçonnés decrimes de guerre, ce qui paralyse le processus[210],[211]. En, le gouvernement congolais et l'AFC/M23, signent unaccord établissant un mécanisme conjoint de surveillance et de vérification du cessez-le-feu dans l’est de la RDC[212],[213],[214]. Enfin, le, unaccord-cadre est signé entre les bélligérants. Ce texte, bien que non contraignant, établit une feuille de route pour des négociations ultérieures pour un accord de paix global, structurées autour de huit protocoles clés, incluant notamment la réintégration des groupes armés, la restauration de l’autorité de l’État et la consolidation d’un cessez-le-feu permanent[215].
Le, leConseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité une résolution exigeant la cessation immédiate des hostilités par leMouvement du 23 mars (M23) et le retrait desforces rwandaises de larépublique démocratique du Congo (RDC). Le Conseil condamne fermement ces actions et demande le démantèlement des administrations parallèles illégitimes établies par le M23. Le Conseil appelle également à la reprise des pourparlers diplomatiques entre la RDC et leRwanda, conformément auxprocessus de Luanda et de Nairobi, et condamne l'exploitation illicite des ressources naturelles dans l'est de la RDC, exhortant les entreprises minières à adopter le Mécanisme régional de certification. Enfin, il demande l'ouverture de couloirs humanitaires et insiste sur le respect du mandat de laMONUSCO, exigeant la cessation des hostilités contre les soldats de la paix[216]. Cette résolution condamne pour la première fois de manière explicite le Rwanda pour son soutien aux rebelles du M23[217].
Le 14 octobre 2024, une enquête est ouverte par le procureur de laCour pénale internationale (CPI)Karim Khan, sur lescrimes de guerre commis depuis dans la province duNord-Kivu, dans l'est duterritoire congolais. tous les auteurs de crimes présumés seront visés par cette enquête[218].
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