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Conférence de Potsdam

52° 25′ 09″ nord, 13° 04′ 15″ est
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Pour les articles homonymes, voirPotsdam (homonymie).

Conférence de Potsdam
Image illustrative de l’article Conférence de Potsdam
Les acteurs de la conférence de Potsdam :Churchill,Truman,Staline, dans le jardin deCecilienhof.

TypeConférence diplomatique
PaysDrapeau de l'Allemagne occupéeAllemagne occupée
LocalisationPotsdam,château de Cecilienhof
Coordonnées52° 25′ 09″ nord, 13° 04′ 15″ est
Datedu au
Participant(s)
Drapeau de l'URSSJoseph Staline
Drapeau des États-UnisHarry S. Truman
Winston Churchill puisClement Attlee

Carte

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Laconférence de Potsdam est une conférence organisée par trois des puissancesalliées victorieuses de laSeconde Guerre mondiale pour fixer le sort des nations ennemies. LesÉtats-Unis sont représentés par le présidentHarry Truman[a], l'URSS par le secrétaire général et dirigeantJoseph Staline et leRoyaume-Uni par ses premiers ministres successifsWinston Churchill etClement Attlee[b].

Elle a débuté le et s'est terminée le au château deCecilienhof, près dePotsdam, dans la banlieue sud-ouest deBerlin (Potsdam avait été précédée desconférences interalliées deTéhéran en et deYalta en).

LeJapon continuant à combattre, cette conférence s'est déroulée avant même la fin de la guerre. Son but était de fixer le sort des puissances qui avaient été ou restaient ennemies des forces alliées. L'Allemagneavait capitulé depuis plus de deux mois, et la victoire était presque imminente sur le Japon qui venait de subir de lourdes pertes territoriales et militaires (le, un ultimatum est signifié à l'empire du Japon, au nom desÉtats-Unis, duRoyaume-Uni et de larépublique de Chine) et qui allait subirdeux largages successifs d'une bombe nucléaire américaine (le surHiroshima et le surNagasaki) et aussi devoir faire face à l’entrée en guerre de l'URSS le. Le, l'empereur du Japon,Hirohito,annonce à la population japonaise qu'il accepte les accords de Potsdam. Le, le Japonsigne sa capitulation, et les États-Unis peuvent négocier en position de force[1].

Il s'agit de la seule rencontre entre le président américain Harry S. Truman et Joseph Staline, dirigeant soviétique. L'accord de Potsdam a formellement été signé le.

Troisième Reich

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LeTroisième Reich est démantelé, la séparation entre l'Allemagne et l'Autriche exigée et les deux territoires divisés enquatre zones d'occupation.

L'Allemagne voit un déplacement vers l'ouest de sa frontière orientale, perdant environ 25 % de son territoire. LaPrusse-Orientale est attribuée à laPologne et à l'URSS. L'Allemagne perd également laHaute-Silésie, deuxième centre industriel du pays. Les Occidentaux acceptent la nouvellefrontière germano-polonaise, mais seulement de manière provisoire.

L'expulsion d'Europe de l'Est des populations ethniquement allemandes s'effectue dans le vide juridique de l'immédiataprès-guerre dans les territoires de la diaspora allemande. Elle est largement entamée de manière spontanée, les Allemands eux-mêmes fuyant devant l'Armée rouge, et elle est habituellement initiée par la nouvelle administration polonaise dans les anciens territoires allemands occupés à l'est de l'Oder et de la Neisse ou initiée par les populations locales. LaTchécoslovaquie entérine légalement cette expulsion ethnique. Dès le, jour de clôture de la conférence, lesdécrets Beneš retirent la citoyenneté tchécoslovaque aux ressortissants des minorités allemande ethongroise, entamant leur expulsion. Au total, plus de 11 millions d'Allemands ont été expulsés, 2 millions sont morts et 2,6 millions restaient dans les anciens territoires de peuplement allemand.

Les « cinq D » sont mis en place par les pouvoirs d'occupation en coopération avec les nouvelles autorités allemandes : ledésarmement ou ladémilitarisation (mesures sur lesquelles on reviendra après l'échec de laCommunauté européenne de défense lors desaccords de Paris de1954-55) ; ladénazification ou la destruction de tout ce qui se rapporte aunazisme (programme, propagande, lois nazies), mise en place d'opposants au pouvoir nazi ou de représentants de larépublique de Weimar aux postes importants ; ladécartellisation des grandscartels fusionnés sous la tutelle nazie ; et ladémocratisation et ladécentralisation pour affaiblir le pouvoir allemand, très centralisé pendant le nazisme, en favorisant unerégionalisation qui serait moins encline à permettre un État autoritaire.

Dans le cadre de la dénazification, les occupants décident du jugement descriminels de guerre ; ce seront lesprocès de Nuremberg.

La question des réparations se heurte aux exigences de Staline, jugées excessives par les Occidentaux. Pour sortir de l'impasse, le secrétaire d'État américainJames Byrnes propose un compromis : la fixation du montant total serait confiée à la Conférence des ministres des Affaires étrangères (CMAE), et dans l'intervalle, il était admis que les Soviétiques pouvaient prélever ce qu'ils voulaient dans leur propre zone[2].

Italie

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L'Italie perd sescolonies africaines : l'Érythrée (administrée par les Britanniques, puis cédée à l'Éthiopie), laSomalie italienne (administrée par les Britanniques, puis de nouveau administrée par l'Italie sur mandat desNations unies de1950 à1960), laLibye italienne (occupée par le Royaume-Uni et la France, puis indépendante en1951) et l'Éthiopie (qui retrouve son indépendance). L'Albanie, occupée peu avant la guerre, retrouve son indépendance. Lescantons français annexés durant la guerre sont rétrocédés à la France.

Japon

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Articles détaillés :Bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki etOccupation du Japon.

Le, un ultimatum, la déclaration de Potsdam, est signifié à l'empire du Japon par le président américainHarry Truman, le premier ministre britanniqueWinston Churchill et le président chinoisTchang Kaï-chek[3],[4] (l'URSS n'en fait pas partie car le pays n'est pas encore en guerre contre le Japon) :« Nous appelons le gouvernement du Japon à prononcer aujourd'hui la capitulation sans conditions de toutes les forces armées japonaises. […] Sinon, le Japon subira une destruction rapide et totale »[5]. Le territoire du Japon est limité aux quatre îles principales et aux quelques petites îles limitrophes ; les gains territoriaux antérieurs à1937 (laCorée,Taïwan et leMandchoukouo) sont libérés de la tutelle nippone. La reddition complète des forces armées est exigée ainsi que l'abdication de l'empereurHirohito. Les Alliés prônent l'instauration de laliberté d'expression, de pensée et de religion.

Cet ultimatum ne mentionne pas l'arme nucléaire. Durant la conférence, Truman informe Staline de la nouvelle arme des États-Unis qui avait ététestée à peine quelques heures avant le début de la conférence. Staline connait déjà l'existence de la bombe nucléaire par ses espions au sein duprojet Manhattan. Ce message à Staline est souvent interprété par les historiens[Lesquels ?] de laNouvelle gauche comme le début de la « diplomatie atomique » en faisant des Américains les initiateurs de laguerre froide avec Truman désormais en position de force dans les négociations face à Staline, qui possède la plusgrande armée conventionnelle avec 6 millions de soldats, 300divisions, 23 300 tanks et 23 400 avions[6],[7].

Le, le premier ministre japonaisKantaro Suzuki prononce une déclaration indiquant qu'il entendait ignorer (mokusatsu 黙殺[5]) cet avertissement au motif qu'il n'était qu'une redite de l'ultimatum du Caire. Cette déclaration ambiguë, reprise dans les médias nippons dont l'Asahi Shinbun, était peut-être émise pour apaiser la faction belliciste de l'armée et de la marine mais était comprise par les Alliés comme la volonté du gouvernement japonais de rejeter toute idée de reddition. La première bombe atomique militaire est alors larguée surHiroshima le, puis la seconde le 9 surNagasaki, après un second ultimatum de Truman, resté sans réponse[8]. Entre-temps, le, conformément à un engagement pris en février 1945 à la conférence de Yalta, l'URSSdéclare la guerre au Japon, le troisième mois qui suit la capitulation allemande.

Le, la donne géopolitique avait changé avec les deux explosions atomiques,Douglas MacArthur refuse le principe d'une occupation conjointe du Japon avec les Soviétiques.

L'abdication de l'empereur n'est alors plus exigée par les Alliés. Certains historiens, comme Jacques R. Pauwels, prétendent que cette clause n'avait été introduite que pour rendre l'ultimatum de Potsdam inacceptable alors que le Japon exsangue et dont la population civile avait été martyrisée par lesbombes incendiaires (notamment celles lâchées surTokyo en) était prêt à se rendre, ce qui permettrait aux Américains d'utiliser l'arme atomique et montrer leur puissance face aux Soviétiques[9].

Indochine française

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Concernant l'Indochine française, intégralement contrôlée par les Japonais depuis lecoup de force du, les Alliés décident, sans consulter la France, de confier le rétablissement de l'ordre auRoyaume-Uni et à larépublique de Chine, les Britanniques devant administrer le sud et les Chinois le nord, les zones d'influence étant délimitées par le16e parallèle[10]. Cette division devait être toute provisoire et sans réelle signification internationale, mais elle n'allait pas moins contribuer à créer deux États de fait fort distincts[11]. Toutefois, après des négociations, la France réinvestit l'Indochine à la fin de l'année 1945. Legénéral de Gaulle nomme l'amiralGeorges Thierry d'Argenlieu haut commissaire et commandant en chef en Indochine.

Pologne

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Les frontières de la Pologne en 1945.
Article détaillé :Discussions des Alliés sur la question polonaise.

LeGouvernement provisoire d'unité nationale était reconnu par les gouvernements britannique et américain le, avant même l'ouverture de la conférence[2]. La frontière ouest est provisoirement déterminée par laligne Oder-Neisse. Laville libre de Dantzig est placée sous administration polonaise.

Tchécoslovaquie

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L'expulsion des Allemands des Sudètes est décidée lors de la conférence de Potsdam, en raison du rôle que la minorité allemande avait joué lors de l'occupation de la Tchécoslovaquie[12].

Notes et références

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Notes

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  1. Franklin Delano Roosevelt est mort le 12 avril 1945.
  2. Winston Churchill est battu lors desélections générales britanniques le.

Références

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  1. Et, selon certains historiens, les États-Unis ne manquèrent pas de le faire sentir à Staline. VoirIan Grey,Stalin, Man of History, chap.La trahison de Potsdam et la fin de la Grande Alliance.
  2. a etbGeorges-Henri Soutou,La Guerre de cinquante ans. Les relations Est-Ouest 1943-1990, Fayard, 2001,p. 95-98.
  3. « Potsdam Declaration | The Bombing of Hiroshima and Nagasaki | Historical Documents », suratomicarchive.com(consulté le).
  4. (en) « Potsdam Declaration | Definition, Terms, & Facts », surEncyclopedia Britannica(consulté le).
  5. a etbJulienAbadie, « «Mokusatsu», l’erreur de traduction qui a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale », surSlate.fr,(consulté le).
  6. André Kaspi,Américains. Les États-Unis de 1945 à nos jours,Éditions Points,,p. 87.
  7. (en) Albert Loren Weeks,Stalin's Other War, Rowman & Littlefield Publishers,,p. 113.
  8. .https://www.pbs.org/wgbh/americanexperience/features/primary-resources/truman-hiroshima/.
  9. Jacques R. Pauwels,Le mythe de la bonne guerre. Les États-Unis et la Seconde Guerre mondiale, EPO/Éditions Aden, Berchem [Antwerp], Belgium, 2005.
  10. Jean Sainteny,Indochine 1945-1947, Amiot-Dumont, 1953, page 49.
  11. François Joyaux,Nouvelle histoire de l'Indochine française, Perrin 2022,p. 315.
  12. Alain Slivinský,Les Allemands des Sudètes et les Décrets du président Benes, radio.cz, 31 mai 2004

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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