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Conférence d'Algésiras

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Pour les articles homonymes, voirAlgésiras (homonymie).

Acte d'Algésiras
Description de cette image, également commentée ci-après
La conférence d'Algésiras.
Acte général
de la conférence internationale d'Algeciras
Signature7 avril 1906
Lieu de signatureAlgésiras,Espagne
PartiesDrapeau de l'AllemagneAllemagne
Drapeau de l'Autriche-HongrieAutriche-Hongrie
Drapeau de la BelgiqueBelgique
Drapeau de l'EspagneEspagne
Drapeau des États-UnisÉtats-Unis
Drapeau de la FranceFrance
Drapeau du Royaume-UniRoyaume-Uni
Drapeau de l'ItalieItalie
Drapeau du MarocEmpire chérifien
Drapeau des Pays-BasPays-Bas
Drapeau du PortugalPortugal
Drapeau de l'Empire russeRussie
Drapeau de la SuèdeSuède
Languefrançais

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Séance d'ouverture de la conférence d'Algésiras (dessin dePaul Carrey).
Arrivée de la délégation marocaine à Algésiras.

Laconférence d'Algésiras[1] (ou d'Algeciras), donnant lieu aux accords d'Algésiras, est uneconférence internationale relative à l'Empire chérifien (Maroc), dans la ville d'Algésiras enEspagne, du au, sous l'égide desÉtats-Unis.

Produit d'une confrontation diplomatique entre laFrance et l'Allemagne, elle réunit, outre lesÉtats-Unis et leMaroc, onze puissances européennes : l'Allemagne etses alliées, l'Autriche-Hongrie et leroyaume d'Italie ; la France etson alliée, laRussie, ainsi que leRoyaume-Uni, avec lequel la France entretient uneEntente cordiale ; leroyaume d'Espagne,celui de Portugal, ainsi que laBelgique, lesPays-Bas et laSuède.

La conférence a pour seul but de décider ce qui devait être fait en ce qui concerne le Maroc, l'un des rares pays africains qui n'a pas été colonisé par une puissance européenne[2].

L'acte final de la conférence place le Maroc sous observation des grandes puissances européennes, sous couvert de réforme, de modernité et d’internationalisation de l’économie marocaine.

Première crise marocaine (1905)

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Article détaillé :Crise de Tanger.

Cette conférence se tient après des années de rivalités (depuis la fin duXIXe siècle) à propos du territoire marocain. En 1901, l'assassinat d'un négociant français sur la côte marocaine qualifié d'acte sauvage entraîne donc l'intervention du ministre français des Affaires étrangèresThéophile Delcassé. Un accord est conclu, qui autorise laFrance à« aider » l'administration marocaine dans les régions incontrôlées du Maroc oriental. Profitant de l'accord, le nouveau gouverneur général de l'Algérie Jonnart ordonne au colonelLyautey, alors responsable du Sud-Oranais, de« pacifier » la frontière algéro-marocaine. Dès 1905, Lyautey n'hésite plus à pénétrer au Maroc, et lance de longues reconnaissances atteignant laMoulouya.

Or, laFrance n'est pas la seule à s'intéresser auMaroc : l'Espagne, leRoyaume-Uni, et l'Allemagne ayant aussi des visées sur leRoyaume chérifien. En renonçant à toute visée sur l'Égypte, la France s'assure la neutralité britannique. L'Espagne, qui espère beaucoup, temporise et fait traîner les négociations en longueur. L'accord franco-britannique du ne laisse à l'Espagne que la portion congrue. Delcassé pense cependant avoir réglé la question marocaine.

En 1905, le diplomate françaisGeorges Saint-René Taillandier part àFès rencontrer le sultanAbd al-Aziz et lui proposer l'aide de conseillers militaires et financiers afin de rétablir l'ordre dans un royaume qui en a bien besoin. Abd al-Aziz, bien qu'intéressé par les propositions de grands travaux et de réformes proposés, se doute que l'indépendance de son pays ne tardera pas à être remise en question. Ne pouvant plus s'appuyer sur le Royaume-Uni, il se tourne vers l'Allemagne, seule capable de contrecarrer les ambitions françaises, qui s'inquiète parallèlement de l'alliance en formation entre la France et le Royaume-Uni et cherche un moyen de l'ébranler.

Le, l'empereur allemandGuillaume II débarque àTanger, traverse la ville à cheval, rencontre Abd al-Aziz et prononce un discours souvent présenté comme incendiaire,« le coup de Tanger ». En réalité, il déclarait ceci :« J'espère que, sous la souveraineté chérifienne, un Maroc libre restera ouvert à la concurrence pacifique de toutes les nations, sans monopole et sans annexion, sur un pied d'égalité absolue. Ma visite à Tanger a pour but de faire savoir que je suis décidé à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauvegarder efficacement les intérêts de l'Allemagne au Maroc. »

Devant les inquiétudes de l'état-major, le président du conseil de la France,Maurice Rouvier, préfère négocier, et Delcassé démissionne. Contrairement à ce que l'Allemagne espérait, le Royaume-Uni soutient la France, et les alliés de l'Allemagne montrent qu'ils n'ont pas l'intention d'entrer en guerre. La France et l'Allemagne se mettent d'accord sur l'organisation d'une conférence internationale sur leMaroc qui se tiendra àAlgésiras six mois plus tard, une perte de crédibilité importante pour les Allemands, qui ont menacé de faire la guerre avant de diminuer considérablement leurs prétentions[3].

Liste des délégués plénipotentiaires

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Caricature deMoloch représentant les principaux délégués européens. De gauche à droite :Almodóvar (en) (Espagne),Révoil (France),Visconti-Venosta (Italie),Radowitz (Allemagne) etNicolson (Grande-Bretagne).
Allemagne
Autriche-Hongrie
Belgique
Espagne
États-Unis
France
Grande-Bretagne
Italie
Maroc
Pays-Bas
Portugal
Russie
Suède

La conférence

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La conférence rassemble douze pays européens, en plus du représentant du sultan marocain, le futurGrand VizirMohammed el Mokri, mais c'est le président américain,Theodore Roosevelt, qui est choisi comme médiateur. C'est la seconde intervention des États-Unis en politique étrangère au niveau mondial, après leur médiation entre la Russie et le Japon lors du traité de Portsmouth en 1905, ce qui est en totale rupture avec ladoctrine Monroe.

La conférence s'ouvre àAlgésiras le. Un droit de regard est reconnu à l'Allemagne sur les affaires marocaines. Toutefois la France et l'Espagne obtiennent des droits particuliers sur les affaires marocaines, en raison des intérêts liant ces pays (Acte final de la conférence d'Algésiras,). Concrètement, ces deux pays se voient confier la police des ports et le droit de créer une banque d'État internationale.

Suites

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L’Allemagne essaie, de son côté, ensuite de préserver ses intérêts au Maroc, mais après l'échec ducoup d'Agadir en juillet 1911, elle abandonne ses ambitions sur le Maroc. La France, en novembre 1911, accepte de lui céder des territoires auCongo et auCameroun en échange de son accord à l'instauration d'unprotectorat français sur le Maroc.

La pénétration économique européenne s’intensifie à tel point que le sultanMoulay Hafid, frère de Moulay Abd al-Aziz, est contraint de signer, le, le traité deprotectorat nommé « traité de Fès ». Comme conséquence, l’Espagne acquiert une influence au nord et au sud du Maroc, tandis qu'à la France échoit principalement la région centrale du pays et que la ville deTanger est déclarée « ville internationale ». Ainsi, au Maroc sous protectorat, le général françaisLyautey est chargé de diriger les affaires étrangères, de contrôler la défense du pays et d’initier des réformes intérieures.

Duché d'Algésiras

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Un titre deDuc d'Algésiras (es) sera créé par le Roi d'EspagneAlphonse XIII le, en remerciement des services rendus lors de la conférence par le principal négociateur espagnol,Juan Manuel Sánchez y Gutiérrez de Castro (en),duc d'Almodóvar (en) par mariage. Celui-ci étant mort entre-temps, le titre sera attribué à Isabel Gutiérrez de Castro y Cossío, sa mère.

Références

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  1. « Conférence d'Algésiras (- », surwww.larousse.fr/encyclopedie (Encyclopédie Larousse en ligne),Larousse(consulté le).
  2. (en) « La conférence d'Algésiras de 1906 »0
  3. Henry Kissinger,Diplomacy,p. 189 et suivantes.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Gustave Wolfrom,Le Maroc : ce qu'il faut en connaître. Ouvrage suivi d'un compte rendu de la conférence d'Algésiras, Paris : A. Challamel, 1906.[1]

Liens externes

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v ·m
Antiquité
De laconquête arabo-musulmane à lafondation du premier État au Maroc
Conflitfatimido-cordouan
etinvasions zénètes
Dynasties berbères (1060–1554)
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Protectorat européen (1912–1956)
Époque moderne (depuis 1956)
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