La ville s'est constituée auMoyen Âge à partir de laville close située dans l'estuaire duMoros. Cet abri naturel a permis le développement du septième port de pêche français en tonnage débarqué et d'importants chantiers navals.
La ville est née dans l'ancienne île fortifiée, "Ville Close" rattachée au continent par un pont fortifié, et située au milieu de laria duMoros où s'est développé le port, principalement sur larive droite, même si des extensions urbaines existent sur la rive gauche — Le Passage-Lanriec, Le Cabellou. Le front de mer, situé plus à l'ouest, le long de l'océan Atlantique, est formé de plusieurs plages : plage des Dames, plage des Sables blancs, etc., C'est essentiellement une stationbalnéaire tout le long de lacorniche.
Vue générale aérienne.
La « Ville close » et ses remparts vue du Passage-Lanriec.
La commune,littorale et légèrementvallonnée, a des altitudes basses allant de0 mètre (côte) à106 mètres (au nord). La partie Nord est la plus élevée, la partie Sud-Ouest la plus basse. Le littoral est très découpé, avec du nord au sud l'anse Saint-Laurent (rive gauche, larive droite faisant partie de la commune deLa Forêt-Fouesnant) et l'Anse Saint-Jean, séparées par la Pointe de Stang Bihan, un espace boisé propriété duConservatoire du littoral, lesplages des Sables Blancs, de Cornouaille, des Dames, lapresqu'île de laVille close, l'anse de Kersaux, lapointe du Cabellou[4]. Concarneau est située sur le littoral de labaie de La Forêt.
Lors des marées devives-eaux, des vestiges d'une forêt engloutie (17 troncs de chêne) estimée dater d'entre5 000 et1 000 avant J.-C. affleurent devant la plage des Sables-Blancs[6].
La Ville close de Concarneau est régulièrement envahie par les eaux lors de marées à fort coefficients. Dans ce cadre, la porte aux vins de la cité dispose d'unbatardeau pour éviter d'inonder la ville, celui-ci peut néanmoins rompre lors de fort coups de vents[7].
Lors des grandes marées des 28 et, les vagues ont envahi la route de corniche, y rendant la circulation impossible, et la « Ville close » a été en partie envahie par la mer, lebatardeau de la Porte aux Vins ayant cédé ; d'autres secteurs sont menacés comme le port, et certains secteurs résidentiels du Cabellou et des Sables Blancs. Un exercice grandeur nature est prévu pour tester la réactivité des secours[9].
Le ruisseauMinaouët constitue la limite communale Sud ; le ruisseau de Saint-Jean coule depuis le nord vers la baie Saint-Jean, appendice de la baie de La Forêt. Le Val est en limite Est et le Saint-Laurent constitue la limite Ouest et une partie des limites au nord-ouest de la commune. D'une longueur de10 km, prend sa source dans la commune deMelgven et se jette dans laMer Celtique sur la commune[16].
On dénombre plusieurs stations de pompage, un réservoir et un château d'eau[4].
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de typeclimat océanique franc, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant lapériode 1971-2000[17]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon laclassification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[18]. Par ailleursMétéo-France publie en 2020 une nouvelle typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à unclimat océanique[19]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[20]. Elle est en outre dans lazone H2a au titre de laréglementation environnementale 2020 des constructions neuves[21],[22].
Le petit Bac traversier de Concarneau.Concarneau - le petit bac électrique "Le Vachic" accosté à son nouveau ponton, en arrière-plan.Le port de pêche.Le port au crépuscule.
Un petit bac fait la navette toute l'année dans le port entre le quartier du passage et la Ville Close, dont on dit que c'est « la plus petite croisière du monde ». La distance est de quelques dizaines de mètres, mais la traversée de l'estuaire du Moros est en fait d'environ 300 mètres, les deux appontements n'étant pas face à face. Le samedi, Concarneau a inauguré son tout nouveau petit bac électrique appeléLe Vachic, qui assure environ300 000 passages chaque année[26].
L'été, des « Vedettes de l'Odet » rejoignent lesîles Glénan et proposent des excursions vers la rivière de l'Odet, également surnommée « plus jolie rivière de France ».
De mai à octobre, la S.CSailcoop rejoint également lesîles Glénan avec son catamaran à voile Isabelle.
Les « Vedettes de l'Odet » et les « Croisières bleues » assurent la liaison Concarneau-Beg Meil : une balade commentée dans la baie permet de découvrir Concarneau côté mer.
LaSanta Maria propose des promenades et de la pêche en mer.
LePopoff propose également des sorties en mer à bord de vieux gréements.
La ligne de fret fut encore très active dans les années 1970 avec 76 000 tonnes transportées par an, avant de perdre des dessertes et de s'éteindre définitivement enseptembre 1998 avec un dernier trajet transportant du matériel pour GDF ; le dernier train de marée a roulé en 1974 et le dernier train de marchandises desservant la coopérativeEureden de Coat-Conq, a roulé en 2021[27].
Une navette en autocar est toujours assurée par le réseauTER Bretagne depuis la gare de Rosporden (Ligne 4 réseau Coralie). Le bâtiment voyageurs de la gare est toujours ouvert, il offre les services d'une boutique SNCF.
Lavoie verteno 7, allant deRoscoff à Concarneau viaMorlaix etCarhaix, emprunte dans sa partie Sud le tracé de l'ancienne voie ferrée allant de Rosporden à Concarneau ; elle a ouvert sur la totalité de ce parcours en 2016. Elle s'étend sur près de160 kilomètres dont 147 versRoscoff[28].
Lavéloroute 45 (véloroute littorale dite aussi V5 Bretagne), passe par Concarneau et dessert le bac entre la Ville Close et Lanriec.
Au, Concarneau est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à7 niveaux définie par l'Insee en 2022[29].Elle appartient à l'unité urbaine deConcarneau, une agglomération intra-départementale dont elle estville-centre[30],[31]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronne[Note 6],[31]. Cette aire, qui regroupe 58 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[32],[33].
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du, diteloi littoral[34]. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique dulittoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si leplan local d'urbanisme le prévoit[35].
Le nom de la localité est attesté sous les formesCuncheto en 1235-1239[37],Conc en 1279[38],Conca auXIIIe siècle[37],Chonc vers 1330[38],Conchet auXVe siècle[37],Conq etConcq en 1457[39],Concarneau en 1489[39].
Le premier élémentConc- est issu du latinconcha « coquillage, coquille », lui-même d'origine grecqueκόγχη /kónkē et qui a également donné le françaisconque qui qualifiait des ports dont l'anse abritée était une garantie de protection pour les navires[40],[41].Concha devientkonk en breton (anciennement graphiésconc ouconcq) « anse, abri, port, baie, petit golfe »[42],[43]. Ce terme désigne également une grande coquille selonGrégoire de Rostrenen[44], un coin ou une pointe selonLouis Le Pelletier[45].
Les formes anciennes montrent que l'adjonction du second élément-[c]arneau est tardive. Il s'agit du bretonKerneo, la « Cornouaille », dont la finale-eo a été rendue par la terminaison-eau en français. En breton moderne, le nom se noteKernev ouKerne[46],[47].
Ainsi,Concarneau signifie « havre ou anse en Cornouaille » et peut être comparé àKonk-Leon, la forme bretonne pourLe Conquet, dans le nord du département, et dont le sens est « havre ou anse situé dans lepays de Léon »[48]. Le toponyme correspond bien à la situation de la ville, bâtie originellement sur une île dans unaber.
Une autre théorie indique la fondation d'une ville parConcar, que l'on nommaConcar-Keronéos (Concar, fils d'Urbien). Le nom de la cité se transforma enConkernos, puis enConcarneau[49][réf. à confirmer].
Lanriec, ancienne commune rattachée à Concarneau en1959 est attestée sous les formesLan Rioc auXIe siècle,Lanriec vers 1330,Lanreuc en 1368, en 1405,Lanriec en 1535[50]. Il s'agit d'une formation toponymique bretonne enLann « ermitage » suivi deRiog, saint fondateur du lieu[50].
La ville de Concarneau est construite et se développe autour de laVille close. Des faubourgs se sont développés sur le continent autour de cette « île-cité ». Ce n'est que récemment dans l'histoire de Concarneau que la ville est sortie de ses remparts.
Les premières traces de civilisation à Concarneau n'ont pas été retrouvées dans laVille close mais autour de la baie[51]. La densité de l'habitat et les profonds remaniements de sols créés par les différentes constructions peuvent expliquer cette absence d'artéfacts.
Autour de Concarneau, desmégalithes attestent de la présence de civilisation auNéolithique, comme le dolmen de Keristin-Beuzec (ou de Keristin-ar-Hoat-Milieu), unesépulture en V duIVe millénaire av. J.-C.[52]. Ce monument, représentant de la transition entre lesdolmens à couloir et lesallées couvertes[53], a conservé tous ses piliers mais aucune table. Sa partie orientale est envahie par la végétation.
Un souterrain de l'âge du fer a été découvert à Stang-Vihan[54] (entre la plage des Sables Blancs et l'anse Saint-Laurent) en 1966 ; il est formé de quatre salles rectangulaires, sont les côtés mesurent entre 1,4 et 1,8 mètre, dont une seule a conservé sa voûte. La hauteur des salles est d'environ 1,5 mètre ; on y accédait par deux puits, découverts entièrement comblés. Des poteries, meules et objets divers, dont de nombreux tessons, y ont été découverts[55]. Des vestiges datant de l'âge du fer, notamment un enclos imposant de8 000 m2, daté deLa Tène finale, ont été découverts au niveau de la zone d'activités de Colguen en 2021 lors d'une fouille de sauvetage[56].
Un petit établissement thermal[57]gallo-romain a été mis au jour, dans les années 1964-1965, près du lieu-dit du Questel[58].
Unevoie peut-être d'époque romaine qui relie Concarneau à Carhaix, appelée « le chemin des Poissonniers », permet l'acheminement rapide (12 à 18 heures) en poisson frais et en coquillages de la capitale deOsismes[59].
L'acte le plus ancien dans lequel est fait mention de Concarneau est lecartulaire de l'abbaye de Landévennec. Cet acte écrit aux alentours de1050 ne cite pas directement Concarneau (ou tout autre nom désignant Concarneau), on y lit :Ego Gradlonus do sanclo Uuingualeo…, locum sancli Uuingualet in Buduc, V villas Traduit enMoi,Gradhlon, je donne àSaint-Guénolé, le lieu de Saint-Guénolé, en la paroisse de Beuzec, cinq maisons[60].
Saint Guénolé (461-532) est le fondateur de l'abbaye de Landévennec. À l'époque, la paroisse de Beuzec regroupe l'actuel quartier de Beuzec et l'îlot de Conq. Les maisons dont il est fait référence furent constituées enprieuré sur la partie la plus haute de l'île. Aujourd'hui on peut situer cet endroit sur la place Saint-Guénolé. Les moines de Landévennec vont donc construire leur prieuré, et aider au développement de la cité.
Selon d'autres sources, Concarneau aurait été fondée parConcar fils d'Urbien et petit-fils du roiJudicaël. Il aurait chassé lesPictes présents et se serait donc installé sur l'îlot rocheux de Concarneau. Concar baptise en 692 la villeConcar-Keroneos ouConkerneos qui se traduirait parConcar, fils d'Urbien. Concar meurt en 725. Concarneau est pris par les Francs en 799, mais reprise par les Bretons en 809[61].
La population a beaucoup augmenté. Une église est construite, la chapelle du prieuré étant devenue trop petite, cette église étant toujours dans la paroisse de Beuzec. Conc est chef-lieu d'une châtellenie ducale.
Leduc Jean II fait construire un auditoire pour la cour ducale et c'est probablement lui qui aurait fait construire la première enceinte murale en pierre entourant l'îlot, même s'il n'est pas possible de la dater avec précision, mais la période duXIIIe siècle ou début duXIVe siècle est la plus probable.AuXIIe siècle, seulement cinq villes de Bretagne (Rennes, Nantes,Vannes,Aleth etDinan) sont ceinturées par un mur en pierre, le plus souvent il s'agit des fortifications gallo-romaines.[réf. nécessaire] À cette époque il y a un sénéchal et les officiers ordinaires d'une justice, procureurs, sergents, notaires, etc. Une communauté constitué de bourgeois, de négociants et de pêcheurs vit dans la cité, protégée semble-t-il par un donjon ou une tour fortifiée.
L'îlot fortifié (actuelleVille Close) fut alors classé comme quatrième place forte de Bretagne. Bastion placé en avant-garde pour la défense du duché puis du royaume, la ville devint l'enjeu de nombreux combats et rivalités entre les Anglais et les Français, notamment pendant laguerre de Succession de Bretagne pendant laquelle les Anglais, venus au secours deJean de Montfort, investirent la ville. En 1373, après trente années d'occupation anglaise, leconnétableDu Guesclin, avec l'aide des troupes des ducs deRohan, de Maury, de Beaumanoir[64] et du sire deVaucouleurs[65], prend la ville pour le compte duroi de France Charles V, soutien deJeanne de Penthièvre[66]. Tous les Anglais furent passés au fil de l'épée, à l'exception du chef auquel« le connétable accorda mercy »[67].
En 1488, la Ville close, après ladéfaite de Saint-Aubin-du-Cormier, passe aux mains duroi de France Charles VIII, avant d'être reprise par les Bretons.« À ceste époque, cest endroit ainsy fortifié n'estoit qu'une retraicte à voleurs et gens de corde, comme il se voit paz expérience que si quelqu'un avoit assassiné son voisin ou faict quelque vol, ou ravy quelque fille ou femme, Concarneau estoit sa retraicte » écrit lechanoine Moreau. En 1489, levicomte de Rohan, aidé deJean IV de Rieux, assiège la ville, qui ne tarde pas à succomber, repassant momentanément sous contrôle français. Laduchesse Anne, tentant d'empêcher l'assujettissement du duché de Bretagne au royaume de France fait appel aux Anglais qui occupent la ville jusqu'en 1495.
Pendant lesguerres de la Ligue, le17 janvier 1576, trente gentilshommes du pays, commandés par messires de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, qui professaient lareligion réformée prirent par ruse la ville[68]. La garnison fut mise à mort et Louis de Lézonnet[69], le gouverneur de la ville, dut s'enfuir. Les réformés firent alors appel auxRochellois qui expédièrent une escadre commandée par Du Vigean[70]. Les habitants des paroisses voisines, commandés par de Pratmaria[71] et Jean de Tyvarlen[72] s'assemblent au son du tocsin et se dirigent vers Concarneau. On eût peine à les forcer sans Charles Le Bris, un marchand de Concarneau, qui poignarda dans leurs lits les sieurs de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, saisit les clefs qu'il avait autour des bras, et s'en fut ouvrir les portes de la ville. Lescalvinistes furent tous égorgés. Les vaisseaux de Du Vigean, arrivés trop tard, s'enfuirent en apprenant la chute de la place[73].
Louis de Lézonnet reprit le gouvernement de Concarneau ; de même que la majeure partie de la noblesse bretonne, il s'était d'abord rangé du côté desLigueurs, et fut l'un des premiers nobles bretons à se rallier auduc de Mercœur qui lui confia la défense de Concarneau, mais après la conversion duroi Henri IV au catholicisme en1593, ce dernier lui laissa le gouvernorat de Concarneau. Louis de Lézonnet meurt en 1595 des suites d'une blessure reçue« lors d'une entreprise contre la ville de Quimper (...) laissant pour successeur dans le commandement de la place de Concarneau un fils mineur sous la tutelle de Jean de Jegado son cousin »[74]. Concarneau devint une juridiction royale avecdroit de prévôté et fut une des42 villes de Bretagne qui députèrent désormais auxÉtats de la province.
Le5 mai 1597, Jean Jegado[75], seigneur de Kerollain, alors gouverneur de Concarneau pour le compte de son neveu Lézonnet[76], orphelin en bas âge, se rend àQuimper en compagnie de sept ou huit soldats armés, comme il en avait l'habitude, au moment même où des brigands dirigés parLa Fontenelle attaquent la ville. Il aida les Quimpérois à les repousser[77]
Plan duXVIIe siècle, avant les modifications de Vauban.Plan de Concarneau et de la « Ville close » auXVIIIe siècle.Carte de Cassini (1783) : Concarneau et ses environs.
Enjuillet 1619, leroi Louis XIII, mécontent des agissements du gouverneur de Concarneau, le sieur de Lézonnet, ordonna augouverneur de Bretagne, alorsCésar de Vendôme, d'aller prendre le contrôle de la ville, ce qui nécessita la levée d'une armée consistant« en trois cents chevaux des compagnies d'ordonnance et en trois cents suisses et quelques canons qui descendirent le long de la Loire et furent conduits par mer ; en six vingt soldats tirés des compagnies des gardes que le Roy donna à conduire au sieur de la Besne, l'un des capitaines des gardes de S. M. [Sa Majesté] et en quelques compagnies des régiments de Picardie, Navarre et Beaumont », lesquels embarquèrent àTours le29 juillet 1619 pour descendre laLoire, puis parvinrent par voie de terre jusqu'àQuimperlé où César de Vendôme les rejoignit pour entreprendre le siège de la ville, établissant son quartier général à Chef-du-Bois[78]. Le sieur de Lézonnet finit par capituler et se rendit, le gouvernorat de la ville fut alors attribué au sieur de l'Isle Rouhé[79].
« Conk, ou Conkerneau est une petite place d'environ 100 maisons (...). Elle est située en mer qui l'environne à l'Est par un canal communément appelé la Chambre, de 60 ou 80 piés de large et de profondeur de 20, en basse eau, de 40 ou 50 en aulte marée, et qui avance un quart de lieue plus outre et reçoit les ruisseaus d'eau douce de Fromeur et de Lisivi où l'on peut abbreuver les chevaux. Ce bras est celui qu'il faut passer en bateau, venant deKimperlé (...). Il y vient peu de vaisseaus, et la place, durant basse eau, est de 3 costés à sec ; mais en marée est de 3 costés environnée d'eau. Il n'y a que le canal, à l'Est, dit la Chambre, qui est toujours plein. À l'Ouest, c'est l'isthme ou terre qui n'a jamais d'eau, sinon par sous le pont levis et dans le fossé du dongeon. Il n'y a que du costé d'Ouest que la place tient à la terre ferme par une langue de terre (...). La ville est bien ceinte de murailles de larges pierres à gros grain, à tours, bastions et fers à cheval, et un gros dongeon qui, à la porte de terre, sert de réduit et de demeure au sieur du Puy Robin qui y commande à 20 hommes mal entretenus, sous le commandement du sieur de Rouet, du nom de la Béraudière[80], jeune cavalier qui a succédé à son père, le sieur de l'Isle de Rouet[81]. (...) La place est assez bonne, les murailles toutes àmâchicoulis (...). Unepoterne y donne entrée, du costé de l'Est, aux passagers du canal ; une autre, du costé de terre, opposite et à l'ouest, est toujours ouverte ; une troisième au nord, ditela porte des vins, est murée. (...) Il y a dans la place cisternes et puits d'eau douce et entre autres, un dans le dongeon ou réduit du gouverneur. (...) Laparoice est hors ville et s'appellesaint Busec. Dans la ville il y a trois églises : la grande chapelle deSaint Guennolé (...), bien jolie ; celle de Nostre Dame du Portail et l'Hospital de la Trinité. Lerecteur de Saint Busec est recteur de Conquerneau et y demeure[82] »
Lefort du Cabellou, construit en 1746, et l'un desblockhaus de la seconde guerre mondiale situé à proximité.
LaVille close, bardée de canons et decouleuvrines, continua à protéger le port. Dans un premier temps propriété deFouquet, Concarneau connût de nombreux changements puisque sa défense fut améliorée, des navires construits et de nombreux canons fondus pour armer la forteresse deBelle-Isle et pour aider leSurintendant des finances dans ses plans.Vers 1680,Vauban visite Concarneau et ordonne des travaux dans l'objectif d'améliorer le système de défense. Les toits des tours disparaissent permettant ainsi l'installation de l'artillerie sur des plates-formes. Ces travaux sont achevés en 1694, Vauban vient les inspecter le7 juin de la même année.
Jusqu'à laRévolution française, Concarneau compte, en plus de la garnison, une population de pêcheurs qui arment quelques dizaines de chaloupes. En 1665, le port abrite trois grands navires, six barques et41 chaloupes sardinières (la sardine était pêchée dans la baie, pressée, séché ou fumée, et expédiée ensuite par bateau versSaint-Malo,Nantes,La Rochelle, voireBordeaux et par charrette vers les villes de l'intérieur). Le port, en aval de la « Ville close », n'est alors qu'une vasière abritée par la masse des remparts de la « Ville close » où les chaloupes viennenthiverner, une digue sommaire protégeant toutefois les bateaux de lahoule venant du large. Il n'y avait aucun quai : pour décharger le poisson, il fallait sauter à l'eau le long de lagrève. LeMémoire de Concarneau du rend compte de la situation difficile des pêcheurs : le prix du baril derogue était fixé selon le bon plaisir desmareyeurs, oscillant entre 27 et60 livres, et les mareyeurs, coalisés, absorbent toute la pêche au prix de misère qu'ils imposent[83]
Concarneau était le siège d'une petitesénéchaussée dont le ressort s'étendait de la vallée de l'Odet jusqu'à l'anse de Belon ; elle avait pour principaux fiefsBodigno[84] et Le Mur, dans le quartier deFouesnant ; le Hénan, Coetconq et Kergunus, près dePont-Aven ; Coetcanton et Coetlorec, près deRosporden ; Trévalot et Tréanna, en direction deScaër[85].
Le décret de l'Assemblée nationale du16 août 1791 précise que hors la ville, les paroisses du district de Quimper sont réduites à 18. Parmi elles, « Beuzec-Conq, qui aura pour succursale Concarneau »[86]. Ce découpage ne fut que provisoire et non repris lors de la création des communes par le décret de laConvention nationale du10 brumaire an II (31 octobre 1793).
En 1807, plusieurs navires anglais mouillent dans l'archipel des Glénan et harcèlent la côte proche. Dans la nuit du22 au 23 janvier 1807, la batterie deBeg Meil est attaquée par une soixantaine d'Anglais. L'assaut provoque la mort du commandant du fort, mais les Anglais sont repoussés. En février, des chaloupes anglaises volent du bétail sur l'île Saint-Nicolas et en juilletLe Vétéran, armé de80 canons, commandé parJérôme Bonaparte, pourchassé dans la baie de la Forêt par l'escadre de l'amiral Keith, doit se réfugier à Concarneau. Enjanvier 1813, un navirecorsaire anglais, leStrennous, mouille aux Glénan et attaque des chaloupes de Concarneau[87].
Sous la Révolution française, en 1795, la flottille de pêche concarnoise compte300 chaloupes (en 1792Lesconil etLe Guilvinec n'avaient qu'unechaloupe,Sainte-Marine 3,Treffiagat etKérity 4 chacun, L'Île-Tudy 8, Concarneau 250 etDouarnenez 275 environ[88]). Concarneau fait aussi le commerce du vin, du blé et surtout du poisson, envoyé par charrette aux monastères et aux villes de l'intérieur du pays. Cette relative aisance est stoppée par lesguerres de l'Empire et le blocus des côtes.
À partir de 1851, les premièresconserveries, remplaçant progressivement les fritures et les presses à sardines[89], apparaissent. Elles sont spécialisées dans la mise en boite de sardines et de thon. Elles feront la fortune de quelques négociants et permettront une élévation du niveau de vie de la population. En 1877, la ville compte20 usines[90] dont l'usine Béziers[91] et en 190030 usines employant 2 000 ouvrières (qui portent la coiffepenn sardin) sur une population de 7 000 habitants. La conserverie Courtin est créée en 1883 au Moros par Achille et Camille Courtin[92]. À partir de 1902, la disparition des grands bancs de sardines plonge Concarneau dans la misère[93].
En 1866, sur 3 555 Concarnois, 850 vivent de la pêche de la sardine et 957 sont employés par l'une des quatorze conserveries de la ville[94]. En 1894, 21 conserveries sont recensées dans le canton de Concarneau, employant539 hommes et 1 325 femmes[95].
La pêche à la sardine, qui se pratique de mai à septembre sur des bateaux montés par trois ou quatre hommes, est ainsi décrite par Victor Pierre (1834-1906) dans un livre publié en 1867 :
« Il est six heures du soir : les pêcheurs reviennent, voiles déployées. La passe franchie, oncargue, et chaque bateau, à l'aide de rames, vient se ranger à sa place, dans un bassin réservé, le long du quai. Ils sont là, deux ou trois cents, les filets suspendus d'un mât à l'autre avec leslièges en l'air, pour sécher jusqu'au lendemain matin. Les femmes, les filles, les enfants, accourent avec des paniers. On jette les paniers dans le bateau ; les pêcheurs les remplissent de deux cents sardines chaque, les replongent dans l'eau pour les rafraîchir et les hissent sur le quai tout dégouttant. Pendant une heure ou deux, c'est un va-et-vient continu des bateaux à lafrégasse [usine de conserves] (...). Certains bateaux ont pêché sept, douze, quinze et jusqu'à vingt mille sardines (...). Sur la margelle du quai, de vieilles bonnes femmes s'agenouillent devant les bateaux et marmottent des prières. Les pêcheurs leur jettent quelques sardines et elles payent tout de suite en monnaie d'Avé, pour recommencer vite ailleurs[96]. »
Les aménagements portuaires restaient très sommaires à l'époque: les patrons-pêcheurs échouaient leurs bateaux sur le quai Nul pour profiter des retenues d'eau construites enpierres debout sur la grève Rödel afin de laver et trier les sardines avant de les ranger dans des paniers destinés aux conserveries ; d'autres accostaient dans le bassin de la demi-lune (situé côté ouest de la ria du Moros, juste en aval de la Ville close et comblé en 1935 lors des aménagements portuaires alors effectués).
Le travail dans les conserveries a été décrit en 1877 par Pierre-Frédéric Bainier :
« Aussitôt les poissons sont portés aux manufactures où l'on confit la sardine ; ils sont jetés sur une aire en ciment ou en asphalte et immédiatement décapités et vidés par des ouvriers. Ils sont ensuite plongés dans des tonneaux pleins desaumure où ils séjournent quelques heures ; on les retire pour les laver à grande eau, puis on les dispose sur des grils en fil de fer et on les sèche dans desétuves. Quand la dessiccation est opérée, on porte les grils dans des bassins remplis d'huile bouillante et on les y laisse pendant quelques minutes seulement. On met ensuite les sardines en boîte ; on les laisse égoutter, puis on remplit d'huile d'olive fraîche. On soude le couvercle de la boîte et celle-ci, hermétiquement fermée, est soumise à l'action de l'eau bouillante, afin de détruire tous les germes qui pourraient subsister dans la conserve[90]. »
Le premierchalutier à vapeur breton, leKerino, des "Chalutiers de l'Ouest", fut mis en service en 1899 àLorient. L'équipage voulut vendre sa pêche à des mareyeurs concarnois, mais il ne put la débarquer et dut reprendre le large sous les menaces et les huées des marins locaux. Un chalutier à vapeur, avec un équipage de 12 hommes, pêchait autant que 8dundees ayant en tout de 50 à 60 marins, ce qui explique que bon nombre de pêcheurs persistèrent longtemps à ne pas les voir d'un bon œil (en 1914 les chalutiers à vapeur étaient au nombre de 25 le long des côtes bretonnes)[97].
Laligne ferroviaire Rosporden - Concarneau construite par l'État, mais rétrocédée à laCompagnie d'Orléans, parvient à Concarneau en 1883, la gare terminus s'appelant pour cette raisonConcarneau-État elle se trouvait en fait sur le territoire de la commune de Beuzec-Conq). La construction en 1908 d'un chemin de fer à voie métrique, laligne de Quimperlé à Concarneau, ligne ferroviaire exploitée par la compagnie desChemins de fer départementaux du Finistère venant deQuimperlé viaPont-Aven,Trégunc etLanriec, entraîne la création de remblais allant jusqu'au quai Carnot, proche de la gare terminus, dénomméeConcarneau-ville, ainsi que la construction du quai du Lin. Jusque-là, le fond de la ria duMoros, en amont de la « Ville close », restait inexploité, formant à marée basse un vaste cloaque aux contours vaseux et marécageux, la mer inondant à marée haute les deux vastes zones humides de l'Anse du Roudouic et de l'Anse du Lin.
En 1868, la congrégation desFilles du Saint-Esprit achète une maison avec jardin dans le but d'y construire quatre classes et des dortoirs ; une chapelle est construite en 1880. Cette école fête en 2020 ses150 ans[99].
Gustave Flaubert séjourna à deux reprises à Concarneau, une première fois en 1847 (à son retour, il écrit un carnet de voyages :Par les champs et par les grèves), en compagnie deMaxime Du Camp, une seconde fois en 1875 (il commença alors l'écriture deLa Légende de saint Julien l'Hospitalier), en compagnie de Georges Pouchet, directeur de la Station marine, séjournant à chaque fois à l'Hôtel des Voyageurs.
De 1870 à 1950 surtout, mais même ensuite, Concarneau accueille nombre de peintres (on parle du « groupe de Concarneau », qui est lors de laBelle Époque bien plus célèbre que l'École de Pont-Aven)[101], français et étrangers, attirés par le patrimoine architectural, la population ouvrière, paysanne et surtout maritime, la nombreuse flottille de pêche (au début duXXe siècle, le port a abrité parfois plus de 2 000 navires en saison de pêche de juin à octobre et jusqu'à650 thoniers), le pittoresque des costumes traditionnels[102].Charles Fromuth écrit en 1890 :« Quel fond j'ai trouvé, la Ville Close, un petit village entouré de fortifications racontant des siècles passés, couvert de lichens, de mousse, bien en place dans chaque crevasse… Je ne me fatigue jamais de l'étudier comme fond pour mon sujet, il me semble impérissable »[103].Sydney Lough Thompson écrit pour sa part :« Concarneau a un pittoresque irrésistible qui attire tous les artistes si fortement qu'elle est connue comme la ville des trente ateliers et des trente usines à sardines »[104]. Grâce à une pétition signée par de nombreux peintres, les remparts de la ville close sont sauvés de la vente et classés à l'inventaire des monuments historiques en 1899.
« La vogue artistique de Concarneau a coïncidé avec l'apogée de l'industrie sardinière. Des légions de peintres exultaient à la vue de ce port rutilant, de sa magnificence (...), du grouillement des chaloupe aux voiles brunes ou rouges, aux longs mâts entre lesquels flottaient selon le rite immémorial du séchage, des guirlandes de lièges et de souples tulles »[105].
L'accueil des touristes aisés, et en particulier des peintres, devient vers la fin duXIXe siècle une véritable industrie à Concarneau[106] : le « Grand Hôtel de Cornouaille », l'« Hôtel de France », l'« Hôtel des Voyageurs », l'« Hôtel du Commerce » (le peintre Charles Fromuth le fréquenta pendant plus de trente ans), l'« Atlantic Hôtel » surtout, ce dernier offrant une vue directe sur le port et un atelier de peintre, ayant été le plus fréquenté par les artistes, entre autres par Théophile Deyrolle, Fernand Le Gout-Gérard, Kouznetzoff, Achille Granchi-Taylor, Sydney Lough Thompson.
« Si l'académisme, lespeintres pompiers, est une des marques de reconnaissance attribuées à Concarneau, l'originalité de Concarneau est d'être le foyer pictural le plus international, le plus anglo-saxon, de Bretagne. L'accueil y est plus que sympathique, il est organisé. Des ateliers sont construits, les modèles sont faciles à trouver, et l'hôtellerie dévouée, certains menus sont même rédigés en anglais[107]. »
Le livre d'Henri Belbéoch :Les peintres de Concarneau[145] et le DVDConcarneau et ses peintres, une belle histoire d'amour permettent d'en savoir plus sur les peintres de Concarneau. D'autres livres sont cités dans la bibliographie consacrée à Concarneau à la fin de cet article.
Le9 septembre 1906, un canot automobile faisant le service entre Concarneau et Bénodet tombe en panne ; les quatre hommes à bord tentèrent de regagner Concarneau à l'aviron, mais leur canot coula. Un seul des hommes à bord parvint à s'accrocher à un rocher et à être secouru[146].
Le20 novembre 1940, ledundeethonierClaude-Anne, de Concarneau, est drossé à la côte près de Bénodet ; le bateau est perdu, mais les sept hommes à bord sont sauvés[147].
Ilfallut envoyer 483 soldats, gendarmes et policiers à Concarneau pour expulser, en vertu de laloi sur les congrégations, les six religieuses qui enseignaient dans les écoles catholiques de la ville[Quand ?][148].
Les difficultés économiques et sociales de la Belle Époque
Le brise lames « Quai nul ».Vue du port au retour de pêche (1913).La fête des Filets bleus (1912).Distribution de pain à Concarneau lors de la crise de la sardine (dessin du).
Vers 1900, le quartier de la Croix est la principale zone d'activité des pêcheurs qui, rentrant de mer, échouaient leurs barques sur le rivage proche, bordé de dunes et d'un embryon de mur, et devaient grimper péniblement le sable pour apporter rapidement leur poisson à la dizaine de conserveries qui s'alignaient sur le front de mer et se trouvaient ainsi tout près du lieu de débarquement, afin qu'il soit travaillé sans attendre. Près de 5 000 marins et mousses travaillaient alors sur les800 bateaux immatriculés à Concarneau[149]. La flottille concarnoise comptait alors une centaine dechaloupes ; pour faciliter leur mouillage, une jetée brise-lame fut construite entre 1882 et 1901, formant un port artificiel qui s'avéra peu efficace les jours de tempête, ce qui explique que les Concarnois le surnommèrent le « Quai nul ». Aujourd'hui ce petit port sert à l'école de voile concarnoise qui y amène ses élèves débutants pour leurs premières navigations[150]. En 1902, il existe à Concarneau et Beuzec-Conq 28 fabriques de conserves de poisson, occupant610 ouvriers, pour les seulsferblantiers[151].
En 1904, l'Emilija, untrois-mâts deRiga (Lettonie) [alors enRussie] s'échoua au sud de l'archipel des Glénan ; il contenait une cargaison de plus de 2 000 barils de ciment devenus inutilisables car ayant pris l'eau. La municipalité de Concarneau décida de les récupérer, ces cylindres de ciment durci formant un rempart providentiel contre la mer, et de s'en servir pour construire un mur de protection contre l'érosion marine, dénommé depuis le « Quai russe »[152].
Les conditions de vie étaient alors difficiles et l'alcoolisme sévissait, particulièrement dans les ports (la consommation d'alcool par habitant était vers 1900 dix fois plus élevée à Concarneau qu'auHuelgoat[153]) :
« Les pêcheurs deDouarnenez et Concarneau habitent presque tous dans de grands et nauséabondes casernes ouvrières (...). L'odeur de ces chambres, habitées souvent par quatre à six personnes, n'a pas d'équivalent. L'âcre saveur du poisson avancé domine. (...) L'alcoolisme dégrade les sardiniers ;eaux-de-vie de grains,tafias monstrueux, « gwin-ardent »,gouttes incendiaires (...). L'ingurgitation de ces mixtures nocives a donné aux hommes un teint qui tourne augarance, et à l'aubergine mûre quand ils sont vieux[154]. »
Entre 1880 et 1911, Concarneau connaît de nombreux conflits sociaux, exacerbés par la raréfaction de la sardine. En 1896-1897, la grève des ouvriers soudeurs, qui s'opposent à la mise en place de machines à sertir dans les usines, est soutenue par les marins-pêcheurs (3 600 marins sont en grève en juin 1897), qui protestent contre la baisse du prix d'achat de leurs sardines pêchées par les usiniers en raison de son abondance (en 1903, 35 usines fonctionnent employant près de 3 000 hommes, femmes et enfants[149]). Une nouvelle grève provoquée par le refus de la modernisation éclate en 1909, les ouvriers soudeurs brisant28 machines ; les usiniers décident alors lelock-out, qui vint à bout de ce mouvement social. La raréfaction des sardines entre 1902 et 1907, puis entre 1910 et 1912, porte un coup fatal à la pêche à la sardine et provoque une forte émigration (entre 1906 et 1911,744 habitants abandonnent les métiers de la mer, beaucoup partant vers les usines du nord de la France, les carrières deTrélazé ou vers les ateliers d'autres ports).
Le premierthonier construit à Concarneau,L'Avenir, le fut seulement en 1906. Son succès fit école et les marins concarnois allèrent acheter de vieuxdundees àFécamp ou àBoulogne pour se lancer dans la pêche au thon[155].
Lebureau de bienfaisance créé en 1880 tente d'aider les populations touchées par ces crises ; des souscriptions sont organisées, même au niveau national et les dons se multiplient. Dans le contexte d'une opposition entre républicains et catholiques, la « Fête des Filets bleus[Note 7]», créée en septembre 1905 sur une suggestion du maire et usinier Louis-Marie-Samuel de Billette de Villeroche a pour but de « soulager l'immense misère »[93], ses bénéfices servant à fonder un « fourneau économique » et à distribuer de la soupe aux enfants de la salle d'asile. L'Abri du marin ouvert en janvier 1901 auPassage-Lanriec parJacques de Thézac (et financé par une vente de charité organisée en août 1899 par la veuve de l'Amiral du Fretay) contribue à lutter contre l'ivrognerie qui sévit abondamment et vise à améliorer l'éducation morale et intellectuelle des marins. Un autre Abri du marin ouvre en novembre 1901 à Concarneau même sur une parcelle proche de la criée (il ferma en 1960 et sert désormais d'Auberge de jeunesse)[156]. La victoire aux élections municipales de février 1911 de la liste socialiste, dominée par les marins, est perçue comme la victoire des travailleurs contre la bourgeoisie locale (2 000 personnes chantentL'Internationale dans les rues de la ville pour fêter cette victoire, renouvelée lors des élections de 1912 et gage d'une politique sociale plus généreuse)[157].
Bateaux de pêche échoués sur le littoral (1901).
Bateaux sardiniers dans le port (1901).
Le déchargement des poissons (1901).
Les thons sont portés aux friteries de Concarneau (vers 1900).
Remplissage des paniers en sardines (1913).
On enlève les têtes des sardines (travail dans une conserverie) (1913).
Bateaux échoués près de la « Ville close » (1913).
Quartier des usines de conserves de sardines (1913).
Le bac de Concarneau en 1904.
Vue sur la digue, un jour de retour de pêche à la sardines.
Vieux loups de mer faisant une partie deVache à l'Abri du marin (vers 1910).
L'« ouvroir » du Passage-Lanriec en 1915 (photographie deJacques de Thézac).
L'Abri du marin du Passage-Lanriec en 2014.
La mairie de Concarneau en 1913.
La rue centrale en 1913.
L'« Union Sportive Beuzec-Concarnoise » (USBC) est fondée le11 mars 1911[158] et devint, après la fusion des deux communes en 1945, l'« Union Sportive Concarnoise » (USC).
Soldats blessés hospitalisés dans l'hôpital 22bis de Concarneau (usine Gujan-Mestras).
La chapelle-hôpital de la Trinité, située dans laVille close, fut victime d'un incendie en 1917, mais une riche américaine, Katerine Wylie[159] finança sa reconstruction en 1924 comme hôpital-dispensaire[160] ; le bâtiment devint par la suite une maternité jusqu'à la construction de la maternité du Porzou au début de la décennie 1970.
L'église Saint-Cœur-de-Marie, destyle romano-byzantin, inspirée de labasilique Sainte-Sophie de Constantinople, est construite par l'architecte diocésainCharles Chaussepied à la demande du curé de Concarneau en raison de l'essor démographique que connaît la ville à l'époque (elle passe de 6 500 habitants en 1886 à plus de 8 000 en 1906). Le chantier commence en 1912, est interrompu par la Première Guerre mondiale, reprend ensuite. Capable d'accueillir 2 500 personnes, l'église est inaugurée en 1922, mais n'est pas encore totalement achevée et elle ne reçut ses premiers fidèles qu'en 1929.
Latempête de 1987 fragilise l'édifice, qui était déjà en mauvais état, et qui dut être fermé au culte, les cérémonies religieuses se déroulant dans un ancien cinéma, le « Vox ». En dépit de l'opposition de l'« Association des Amis de l'église », la démolition de l'église commence en novembre 1994 pour s'achever le 19 janvier 1995, seule la tour-clocher étant préservée. Une nouvelle église, dédiée à saint Guénolé, est consacrée en septembre 1996[161].
Après laPremière Guerre mondiale, les petits bateaux de pêche cèdent la place auxpinasses montées. Le moteur supplante peu à peu la voile. La pêche auchalut se pratique alors toute l'année. À partir de 1925, l'arrière-port est aménagé, avec la création du quai d'Aiguillon et, perpendiculairement à celui-ci, du quai de la Criée créant un vaste terre-plein gagné sur l'estran marécageux. La nouvelle criée, remplaçant celle de la Croix, est construite en 1938 et desservie par un embranchement ferroviaire facilitant le travail desmareyeurs. Le quai Pénéroff, dans l'avant-port, est également construit pendant la décennie 1930 et devient le lieu d'accostage privilégié desthoniers. Sur la rive gauche de la ria du Moros (qui fait alors partie de la commune deLanriec), des travaux d'aménagement sont également effectués pendant la décennie 1930, en particulier l'aménagement de l'anse du Roudouic en 1936-1967.
ManifestationCGTU des ouvriers du bâtiment en 1929.
Bateaux de pêche échoués sur la grève (1930).
Le patronage catholique « L'Hermine Concarnoise » ouvre au début de la décennie 1920. Lesannées 1920 sont aussi marquées par les salons de l'Union Artistique des Amis de Concarneau qui sont un temps fort des saisons estivales.
Paul Nédellec décrit ainsi le port de Concarneau en 1936 :
« [Les pêcheurs] livraient une chasse active à la sardine saisonnière, et leur port, où les fritures étaient plus nombreuses que partout ailleurs, entretenait une nuée d'ouvriers et d'ouvrières et attirait, durant l'été, la majeure partie des chaloupes aux flancs creux de la Cornouaille maritime. Concarneau était la ville des filets bleus, celle où le poisson se payait le plus cher ; aussi l'aisance y abondait-elle. Chaque jour, il fallait voir les groupes animés de gentilles sardinières, la coiffe au vent et le rire aux lèvres, se presser le long des quais où les matelots s'activaient à la rentrée de la pêche. (...) Depuis quelques années, les filets bleus ont déserté Concarneau : une pêche, qui fut naguère plus heureuse, et qui demande plus de courage et d'efforts, les a remplacés. (...) À la bonne saison, une multitude de bateaux, thonniers(sic) (thoniers) etsardiniers, couvrent de leurs voiles aux bigarrures diverses ce coin d'océan (...) Les chaloupes sardinières aux moteurs ronronnants glissent sur le flot tranquille (...), les thonniers(sic), plus massifs, promènent lentement sur la mer la riche armature de leurs coques solides et de leurs triangulaires voilures(...) Le jour où le thon est signalé sur les côtes atlantiques, les superbesdundees gréés de neuf (...) s'en vont vers la haute mer, leurs grandes lignes pendantes basculant dans le roulis. Car le germon et le thon rouge se pêchent à la volée, à l'allure rapide du navire qui vole à toutes voiles (...). Souvent hélas ! il faut voguer longtemps, courir la mer vide, sous un soleil de feu qui détériore les prises ou, en cas d'ouragan, fuir sous la rafale qui décime souvent cette population héroïque de pêcheurs désargentés. (...)[163] »
En 1930, sept employés, dont plusieurs Concarnois[166] de l'entreprisehavraise « La Langouste française » assurent le gardiennage de la pêcherie de l'Île de Saint-Paul dans l'Océan Indien et y restent sans ravitaillement, livrés à eux-mêmes, pendant neuf mois ; trois d'entre eux périrent victimes duscorbut, un quatrième disparut en mer, les trois autres survécurent. Une association « Faire vivre le souvenir des oubliés de Saint-Paul » perpétue leur souvenir[167].
Le28 septembre 1940, quatre aviateurs anglais de la42e escadrille de laRoyal Air Force qui étaient à bord d'unBristol Beaufort sont abattus au-dessus de la baie de Concarneau ; l'un d'entre eux, le lieutenant John R. Bendell, pilote, a sa tombe dans le cimetière de Lanriec (deux autres aviateurs sont inhumés àTrégunc : les sergents Woolnaught et Macnaughton, et un autre, Charles Masson, àFouesnant)[168].
François Péron, un marin-pêcheur deSaint-Guénolé, arrêté en novembre 1940 par une patrouille allemande au café de l'Océan à Saint-Guénolé, victime de son insolence, fut fusillé le auchâteau de Keriolet ; ce fut le premier fusillé de la région de Concarneau[169].
La ville est aussi le théâtre d'un naufrage, celui duPietro Orseolo, un cargo italien de6 344 tonneaux, transportant des conserves provenant du port de Concarneau, ainsi qu'une cargaison de matériels divers à destination duJapon. Dans les cales, se trouvaient des centaines de fraiseuses, des étaux-limeurs, des barres d'acier-nikel, du gas-oil, et même plusieurs véhicules blindés[170]. Mouillé dans l'anse du Cabellou en baie de Concarneau, il fut attaqué le par une vingtaine d'avions anglais et, tentant de s'échapper, coula au nord de l'île de Penfret[171].
Le29 juin 1943, les chalutiers à voileFleur de Lisieux etPierre Marcel rentrent à Concarneau en ayant à leur bord quatre aviateurs américains recueillis en mer la veille, à quatorze mille marins à l'ouest de l'archipel des Glénan. Ils sont confiés à la police locale. Le30 août 1943, le cadavre d'un aviateur anglais est découvert à Lanriec. Le14 mars 1944, le chalutier à vapeurTer, de Concarneau, appartenant à l'armement Boutet, est coulé sur ses lieux de pêche à environ 40 km au large dePenmarch par un avion de nationalité inconnue ; une bombe tombée sur le poste avant du chalutier tue quatre hommes et sur les dix survivants, six périssent sur le radeau de survie avant de pouvoir être secourus par un autre chalutier de Concarneau,La Flandre[172].
Des bateaux de pêche assurèrent au départ du port de Concarneau le transbordement derésistants à bord de sous-marins anglais au large desGlénan : ce fut le cas par exemple le28 novembre 1941 pour leVeac'h Vad, deSaint-Guénolé dont le patron était Sébastien Briec[173], qui assura le transport de quatre résistants dontPaul Vourc'h.
Pendant l'année 1943, plusieurs réseaux de résistance se créent à Concarneau, l'unLibération-Nord, est animé par le docteur Pierre Nicolas, Pierre Coroller, Jeanne Le Bastard, Louis Le Bourhis ; un autre, legroupe Vengeance, animé par Georges Martin, Louis Krebs et Albert Gloaguen ; un autre est leréseau FTPF formé initialement parHenri Joncourt, Marcel Lancien, Pierre Le Rose et Baptiste Pascal[175].
Yves Daoudal[176], fusillé le5 avril 1944 auMont Valérien, Alfred Le Ray et Georges Beaujean, deux Concarnois âgés tous les deux de20 ans, fusillés le25 juin 1944 à Kerguérizit (enMelgven)[177], Henri Cevaer[178].
Le, le capitaine allemand Otto, à la tête des800 soldats de la garnison de Concarneau, organise la défense de la ville. Le8 août 1944, les civils reçoivent l'ordre d'évacuer la ville, ce que fait environ le tiers des habitants. L'attaque d'un convoi allemand par une trentaine de résistants du réseau Vengeance lors de l'embuscade de Kernaourlan (enNizon le7 août 1944, qui fait une quarantaine de morts côté allemand et provoque la mort du résistant Yves Berth, entraîne une violente réaction des Allemands qui prennent alors deux résistants (Joseph Pézennec et Joseph Limbourg[179]) en otages pour s'en servir de boucliers humains avant de les tuer (leurs corps furent retrouvés à la Pointe du Cabellou par la suite). Le9 août 1944, le capitaine Otto reçoit l'ordre de faire sauter le port de Concarneau ; il décrète l'état de siège le13 août 1944. Le14 août 1944, les compagnies de résistance de Rosporden, de Pont-Aven et les deux de Concarneau font mouvement vers la ville ; elles sont dirigées par le commandant Rincazaux et Jean Le Bourhis, instituteur àTrégunc et comprennent desrésistants FTP commandés par Yves Furic, une trentaine de résistantsrospordinois du bataillon FFI du capitaine Mercier, d'autres dugroupe Vengeance commandés par Bertrand Le Barillec, et des résistants du réseauLibération-Nord avec la 1re compagnie (Nerzic) et la 2e compagnie (Martin)[180] et à leur tête le maire deLanriec,Louis Krebs (qui avait succédé au docteur Pierre Nicolas) et qui fut assassiné le24 août 1944 par les troupes allemandes. Le commandant Rincazaux, dirigeant des FFI du secteur, fait une offre de reddition à la garnison allemande, mais leur chef répond qu'il ne traitera pas avec des troupes irrégulières[175].
Un détachement américain formé de 15 chars, commandé par le colonel Brown, arrive le16 août 1944 ; ils prennent position dans les champs du Colguen et tirent leurs premières salves contre la garnison allemande. Le 17 août, les Allemands coulent deux bateaux de leur flottille dans l'arrière-port et, afin d'éviter la destruction de la ville par des bombardements des chars américains, les résistants commencent ce jour-là vers 14 heures des combats de rues pour la libération de la ville, qui provoquent la mort de Robert Le Mao[181] à Beuzec-Conq, y compris dans le centre de la ville, mais ils doivent se replier le soir ; le même jour, le capitaine Otto et une partie des troupes allemandes se rendent le18 août 1944, le capitaine de corvette allemand Notholt prend la tête du reste des troupes occupantes. Dès le20 août 1944, les troupes américaines partent en direction de lapoche de Lorient, laissant les résistants achever la libération de la ville[182]. Les Allemands commencent à évacuer le22 août 1944, les derniers quittant le poste de Kerviniou, situé à l'entrée de la presqu'île du Cabellou, le24 août 1944, s'enfuyant par la mer en direction de la poche de Lorient[183].
Un billet de banque « Billet de 20 francs Pêcheur » a représenté un pêcheur de Concarneau, avec en arrière-plan la Ville close ; il a été imprimé entre 1942 et 1950.
Le19 septembre 1945, la commune deBeuzec-Conq, qui compte 4 155 habitants, est rattachée à celle de Concarneau[184]. En 1959, la commune deLanriec, qui comptait 3 079 habitants au recensement de1954, est également rattachée[185].
En 1949, est fondé le « Club cycliste Concarnois » (CCC).
Après la Deuxième Guerre mondiale, les chalutiers en bois sont progressivement remplacés par des chalutiers en acier (appelésmalamoks enPays Bigouden). En 1968,135 chalutiers (sans compter les nombreux petits bateaux pratiquant la pêche côtière), presque tous en acier, immatriculés dans le quartier maritime de Concarneau, débarquent régulièrement leur pêche à Concarneau. Les conserveries de sardines, maquereaux et thons étaient alors nombreuses, une quarantaine environ. José Le Goff recense à Concarneau même les usines Béziers (en Ville close), Provost-Barbe, Teyssonneau, Billette de Villeroche, De Servigny, Palmer (fermée en décembre 1965), Tertrais (devenue ensuiteSaupiquet), Azemor-Farman,Chancerelle,Amieux, Ramel (devenue ensuite Compagnie générale), Courtin Frères, Bouvais-Flon, Rödel, Leroy, Ravilly (devenue ensuite Conserverie de Cornouaille, puis Pêcheurs de France), Le Touze Frères, Conserverie océane, Graciet,Fleury Michon, Balestrié ; en plus quatre usines se trouvaient au Passage en Lanriec : Delory, Vermillard,Gonidec,Cassegrain ; l'usine Delorme-Ravallec se trouvait à laPointe de Trévignon, l'usine Madimpex àTrégunc et cette liste reste incomplète). Le même auteur recense environ80mareyeurs à l'époque et trois fabriques de boîtes de conserves (Chatelard, Carnaud, Boîtes métalliques d'Arvor)[186].
La pêche authon tropical dands leGolfe de Guinée se développe à partir de la décennie 1950 et dans la décennie 1970 la majorité de la flotte française de thon tropical (principalement laCobrecaf) est concarnoise ; dans les années 1980 le thon tropical est aussi pêché dans l'Océan Indien, autour desSeychelles, ce qui suscite aussi l'essor de laconstruction navale concarnoise (chantier Jacques Piriou) avec la construction de thoniers congélateurs[187].
Les industries portuaires se déplacent progressivement côté Passage-Lanriec, sur la rive gauche, avec la construction des trois premiers garages duslipway en 1946, trois autres étant construits en 1960, permettant l'essor de la construction et de la réparation navale. Un élévateur à bateaux y est construit entre 1978 et 1980.
La voie ferrée Rosporden-Concarneau est fermée au trafic voyageurs le4 octobre 1959 et totalement désaffectée. La gare est toutefois toujours ouverte et des autocars SNCFTER Bretagne assurent des navettes jusqu'à la gare de Rosporden.
La démolition le25 mars 1966 du petit pont en pierres sur le Moros, qui permettait au chemin de fer à voie métrique de franchir la ria, permit un agrandissement et un aménagement de l'arrière-port vers l'amont de la ria du Moros.
Deux remorqueurs portuaires ont porté le même nom : leCdt Van der Kemp I[Note 9] (à partir de 1962) et leCdt Van der Kemp II(à partir de 1987) et ont été en service jusqu'en 2021 et remplacés par le remorqueurLe Moros[188].
Le, quatre bateaux de pêche de Concarneau (lePerle d'Arvor, leTourville, leBerceau de Moïse, l'Alain-Yvon) et un autre deux jours plus tard (lePierre-Nelly) disparurent lors d'une terrible tempête ; ces naufrages firent en tout 46 victimes (et même 64 victimes si l'on y ajoute les marins-pêcheurs duTendre Berçeuse deDouarnenez et duLilas Blanc deLesconil, également victimes de cette tempête)[189].
Dans la nuit du 25 au, leSaphir, un chalutier flambant neuf, se retourna dans le sud de l'Irlande ; le naufrage fit 9 rescapés, recueillis grelottant sur des bateaux pneumatiques, et un disparu[190]. Le, le chalutier concarnois l'Adamastor sombra corps et biens ; l'épave n'a jamais été retrouvée[191].
À Concarneau, 24 conserveries existaient encore en 1952 ; la moitié d'entre elles ferment entre 1952 et 1965 ; en 1972, elles ne sont plus que trois[193].
Les années 1973-1978 sont marquées par une nouvelle crise de la pêche avec l'épuisement des fonds marins et la concurrence des autres pays communautaires. La partie du port de pêche située en aval de la « Ville close » est transformée enport de plaisance.
En 1975 Concarneau possédait encore 87 chalutiers semi-industriels ; il en reste trois en 2014. Il y avait environ 200 dockers et trieuses professionnelles. Il ne reste pratiquement plus rien[194].
Le début de la décennie 2020 voit un grave déclin de la flotte thonière concarnoise, qui frappe les trois armements subsistant : Via Ocean (anciennementSaupiquet et désormais contrôlé par le groupe italienBolton) cesse son activité début 2024, la CFTO (Compagnie française du thon océanique, issue de la fusion en 2011 de la Cobrecaf avecChevannes Merceron Ballery) est contrôlée depuis 2016 par des capitaux néerlandais et laSapmer, le 3e armement concarnois, a vendu entre 2021 et 2023 six de ses bateaux à des armements étrangers et privilégie désormais sa base deLa Réunion pour ses trois thoniers encore possédés[187].
En 2023, seulement 3 044 tonnes de poissons pour une valeur de 20 030 000 euros ont été débarquées à Concarneau[197]
La création d'un établissement de thalassothérapie
Concarneau et les autres communes de laBaie de La Forêt sont confrontées, surtout depuis les années 2000, à des échouages massifs d'algues vertes, même si la situation s'améliore dans la décennie 2020.
Des travaux de modernisation du port et de la criée de Concarneau sont entrepris entre 2020 et 2023 ; ces travaux vont aussi permettre d'installer des pontons destinés à accueillir des bateaux pratiquant lacourse au large ; l'arrivée deFrançois Gabart est prévue[199].
Concarneau reste un port à activités multiples : construction et réparation navales avec lesChantiers Piriou, pêche, plaisance, course au large. En raison du changement de l'entreprise chargée du remorquage portuaire, deux nouveaux remorqueurs, leToulonnais V et lePortzic, remplacent début 2021, à l'occasion de l'arrivée d'un nouveau concessionnaire pour la gestion du port, lesVan der Kemp I etII[Note 10], les deux remorqueurs historiques de Concarneau[200].
La commune actuelle est née du rattachement le19 septembre 1945 de la commune deBeuzec-Conq qui comptait 4 155 habitants[184] et du rattachement en 1959 de la commune deLanriec, qui comptait 3 079 habitants en 1954[185].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[207],[Note 15].
En 2023, la commune comptait 20 845 habitants[Note 16], en évolution de +9,42 % par rapport à 2017 (Finistère : +2,69 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Jusqu'en 1936 : somme des populations de Concarneau, Beuzec-Conq et Lanriec, en 1946 et 1954 : somme des populations de Concarneau et Lanriec (population sans doubles comptes de 1962 à 1999)
Courbe d'évolution démographique de Concarneau dans ses limites actuelles depuis 1790
Chiffres tenant compte de la population respective des communes de Concarneau, Beuzec-Conq et Lanriec avant leur fusion.
La population de la commune est relativement âgée.En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à30 ans s'élève à 24,7 %, soit en dessous de la moyenne départementale (32,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à60 ans est de 39,2 % la même année, alors qu'il est de 29,8 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 8 973 hommes pour 10 529 femmes, soit un taux de 53,99 % de femmes, largement supérieur au taux départemental (51,41 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[215]
Hommes
Classe d’âge
Femmes
1,0
90 ou +
2,6
9,9
75-89 ans
14,7
23,8
60-74 ans
25,7
23,1
45-59 ans
21,2
15,1
30-44 ans
13,0
14,2
15-29 ans
11,1
12,8
0-14 ans
11,7
Pyramide des âges du département duFinistère en 2022 en pourcentage[216]
Concarneau - Suivez les poissons bleus pour visiter la ville.
LeFestival des Filets bleus est une fête traditionnelle de Bretagne qui se déroule tous les ans, pendant plusieurs jours aux alentours du 15 août et attire entre 50 000 et 100 000 spectateurs. Lors de la journée de clôture, l'avant dernier dimanche d'août, le festival propose un Grand Défilé de Cercles et de Bagadous avec des chars (2 000 participants), des spectacles sur scènes, le Triomphe des Sonneurs et la Danse des Mille, un Fest Noz et un grand feu d'artifice tiré sur la mer. Cette fête a été créée en 1905 pour venir en aide aux marins pêcheurs lorsque les sardines ont quitté les côtes bretonnes.
le lycée Pierre-Guéguin (public) : les effectifs pour l'année scolaire 2009-2010 sont de560 élèves (390 au LGT et 170 au LP) ;
le lycée Saint-Joseph (privé) : les effectifs pour l'année scolaire 2012-2013 sont de791 élèves (461 élèves en section générale et technologique et330 élèves en section professionnelle).
Plusieurs médecins (généralistes et spécialistes), dentistes et sages-femmes exercent. L'hôpital du Porzou se situe sur la commune. Après la fermeture des urgences de nuit en 2008, un dispositif de remplacement des unités terrestres par des hélicoptères est mis en place en 2011[220].
L'US Concarneau, club de football créé en 1911, dont l'équipe première est surnommée "Les Thoniers",est, depuis 1983, présidée par des membres de la famille Piriou (Guy Piriou a été président de l'USC entre 1983 et 1993 ; son nom a été donné au nouveau stade inauguré en 1988 ; Michel Piriou lui a succédé ; Jacques Piriou est le président depuis 2003) et en partie financée par l'entreprise Piriou. Le club accède à la2e division et au professionnalisme en 2023, mais cette accession l'oblige à faire des travaux importants de mise aux normes de son stade, ce qui va le contraindre à jouer ses matches "à domicile" à Brest et Lorient[221].
En 2012, 8 000 tonnes de poissons ont été vendues à lacriée de Concarneau, les cinq principales espèces de poissons vendues ont été l'églefin (891 tonnes), lemerlu (623 tonnes), lasardine (568 tonnes), labaudroie (541 tonnes) et lalangoustine (492 tonnes). Le thon est débarqué dans les ports tropicaux précités[228].
La pêche côtière représente en 2013 45 % des apports contre 32 % pendant la décennie 2000.
Les hauturiers débarquentbaudroies,cabillauds,limandes,soles, sous la criée. Au milieu de la nuit, les dockers et mareyeurs (environ 1 000 personnes en 2010) travaillent pour approvisionner les étals des poissonniers.
La criée de Concarneau reste attractive, y compris pour des pêcheurs d'autres ports comme celui deLoctudy, car les prix d'achat du poisson y sont souvent plus élevés[231].
La construction navale joue aujourd'hui un rôle important. Les chantiers Piriou construisent de nombreux navires de pêche et de commerce (bateaux d'assistance pour les plates-formes pétrolières, bateaux à passagers…). Le chantier JFA est quant à lui placé sur le marché de la plaisance haut de gamme.
Le tourisme représente une activité importante surtout de début juin à fin septembre. Le port de plaisance est d'ailleurs le point de départ vers l'archipel des Glénan et, durant la saison estivale, les vedettes de l'Odet effectuent des liaisons régulières entre l'île principale de Saint-Nicolas et le continent. Grâce à laVille Close et un littoral de toute beauté parsemé de plages de sable blanc, la station touristique de Concarneau est aujourd'hui une des places fortes dutourisme en Bretagne.
Le port de plaisance de Concarneau, géré par la ville, accueille près de 25 000 plaisanciers par an. Il dispose de767 emplacements en tout. L'avant-port situé entre la capitainerie (Maison du port) et la Ville Close accueille291 places sur pontons. Une cinquantaine de places supplémentaires sont disponibles dans l'arrière-port. Environ350 places de mouillages s'étalent entre la presqu'île du Cabellou et l'anse de Kersaux[232]. Le port de plaisance étant généralement saturé, la question de son extension sur une partie du port de pêche se pose[233].
Un projet de création d'unethalassothérapie existe depuis 2005 en arrière de la plage des Sables Blancs ; à cet effet, la ville vend cette année-là 27 500 m2 à la sociétéEiffage. Si des immeubles de logements ont bien été construits et vendus à des particuliers, le projet de thalassothérapie reste pour l'instant enlisé et est source de polémiques[234].
Au-delà de ses activités traditionnelles (pêche, commerce, construction et réparation navale, plaisance), le port de Concarneau a diversifié ses activités dans les domaines de la course au large et de la recherche scientifique et de l'exploration, comme l'illustrent ces bateaux qui seront basés à Concarneau :
LeWhy not,goélette en aluminium à voiles du programme scientifiqueUnder the pole (mise à l'eau programmée en 2023 ; construit par le chantier Piriou) ;
Le catamaran électrique à foils (un navire de plaisance propulsé par deux moteurs électriques) de l'entreprise MerConcept ;
LeNomade des mers, catamaran ambassadeur dans le monde entier deslow-technologies (programmeLow-tech Lab)[235].
C'est de Concarneau que Victor Rault est parti le sur leCaptain Darwin pour refaire en quatre ans le voyagedu naturalisteCharles Darwin et comparer l'évolution de labiodiversité à presque deux siècles d'intervalle[236].
Le port de pêche et la ville close vus depuis la route menant au Passage Lanriec ; au premier plan, les bâtiments industriels de la construction et réparation navale.
La plupart des entreprises concarnoises ont des activités liées au port, la principale étant legroupe Piriou, spécialisé dans la construction et la réparation navale.
L'adhésion à la charteYa d'ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 28 juin2012.
À la rentrée 2012-2013, plus de10 enfants de Concarneau sont scolarisés à Trégunc à l'école Diwan.
À la rentrée2017,96 élèves étaient scolarisés dans les filières bilingues publiques et catholiques (soit 6,7 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[237].
L'ancienne chapelle de l'hôpital de la Trinité duXVe siècle.
La place Saint-Guénolé qui présente une belle fontaine aux crocodiles : celle-ci se trouvait sur la place d'Armes depuis 1855 avant d'être installée sur la place Saint-Guénolé un siècle plus tard.
La porte du Vin, ainsi appelée car les navires bordelais y déchargeaient leur vin et autres marchandises.
La porte du Passage, vaste brèche pratiquée dans la muraille en 1785.
Les maisons en granit de la rue Vauban. Elles ont un pignon de pierre, un rez-de-chaussée en échoppe, une cheminée latérale et au grenier une lucarne qui permettait l'aération des filets de pêche.
La chapelle du Rosaire ou du Portal date duXVe siècle. Sous l'Ancien Régime, la chapelle abritait les assemblées municipales. Elle fut transformée en caserne, puis en coopérative de patrons-pêcheurs. Maintenant, elle est intégrée au musée de la Pêche.
Lemusée de la Pêche, dévoile les pratiques de l'activité maritime et présente une riche collection de bateaux (dont lechalutierHémérica), d'objets du quotidien et de maquettes. Il a accueilli 42 480 visiteurs en 2019[239].
LeMarinarium. C'est la vitrine du Station marine[240] (laStation marine de Concarneau fondée en1859, par l'embryologisteVictor Coste a fêté ses150 ans en 2011, ce qui en fait la plus ancienne au monde encore en activité). Il permet de découvrir l'importance des océans et leur extraordinaire biodiversité, l'univers du plancton, l'immense richesse du littoral, la protection et la gestion des ressources marines. Il abrite dans ses 10 grands aquarium (dont un grand bassin de120 000 litres) une bonne partie de la faune locale : éponges, coraux, gorgones, turbots, raies, balistes… En 2003, le musée a accueilli 13 600 visiteurs. Il a plus de 15 000 visiteurs en 2014 et plus de 30 000 en 2019[239].
Lanouvelle église Saint-Guénolé. Elle a été consacrée en 1996 en remplacement de l'église Saint-Cœur-de-Marie rasée car celle-ci fut déclarée dangereuse après la tempête de 1987. L'édifice qui domine le quai Pierre-Guéguen est construit enbéton ciré, zinc, métal et verre. Le porche est orné d'une mosaïque monumentales deJean Bazaine.
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. C'est un édifice datant duXVIe siècle. La chapelle est construite face à la mer. Son clocher a été refait après l'ouragan de 1987. À l'extérieur, une stèle en forme de menhir commémore le souvenir des marins disparus en mer.
Le parc du manoir du Moros fut totalement dévasté par l'ouragan de 1987 ; il a été totalement redessiné et replanté depuis ; il présente notamment une belle collection de plantes de bruyères ; camélias, azalées, rhododendrons, hortensias...
Le manoir du Moros et sa cour intérieure.
Le manoir du Moros : la façade orientale vue de la cour intérieure.
Le manoir du Moros : façade occidentale, côté Moros.
Le manoir du Moros et son pigeonnier.
Le Moros vu depuis la terrasse du manoir du Moros.
La « Taverne des Korrigans », installée dans une ancienne maison construite en 1695 par Paul Chacun, avec sa façade triangulaire, fut probablement l'une des premières maisons construites face à la « Ville Close » et la seule à avoir été conservée. Elle doit pour partie sa célébrité aux fresques murales peintes par Robert Le Baccon en 1944-1945. L'endroit devint un lieu célèbre des nuits concarnoises, tenu longtemps par « Guitte », en fait Marguerite Guézennec, jusqu'en 1996[241].
La statue d'Abraham Duquesne : cette statue fut commandée par le comte de Chauveau,conseiller général et époux de la princesse Zénaïde Narischkine Youssoupov, qui désirait la placer dans la cour d'honneur du château de Keriolet où celle-ci l'installe effectivement après le décès du comte de Chauveau survenu le. Après la mort de la princesse, qui légua son château au département du Finistère, la statue fut déplacée au carrefour des routes de Trégunc et Melgven, situé près de la maison de garde du domaine du Moros. En 1964, la construction du grand pont du Moros nécessita à nouveau son déménagement à son emplacement actuel au Passage, face à la « Ville Close ».
La tombe de l'abbé Félix Forvielle[Note 17], précepteur à Concarneau, qui mourut en 1890 à la suite d'une agression consécutive à une beuverie, fait l'objet d'une dévotion populaire de la part de ceux qui veulent mener à bien un projet. Mais certains préfèrent invoquer l'abbé Gossin[Note 18], ancien recteur de Concarneau, dont la tombe se trouve à proximité[242].
LeMarche Avec, une réplique d'uncotre sardinier concarnois en bois des années 1920, a été construit au début de la décennie 1990. Cevieux gréement est devenu l'emblème de la ville, mais il nécessite en 2024 d'importants travaux de restauration au chantier des Charpentiers de Cornouaille, à Tréboul[243].
Jörg Bong (pseudonyme Jean-Luc Bannalec) a écrit le roman policierBretonische Verhältnisse – Ein Fall für Kommissar Dupin (Un été à Pont-Aven) publié en 2012 et tiré à plus de 500 000 exemplaires qui a pour cadre Concarneau etPont-Aven[245]. Un téléfilm allemand tiré du roman est tourné au mois de septembre 2013 entre Concarneau et Pont-Aven[246].
Germain Le Merdy a entrepris la restauration et la numérisation de 500 photographies sur plaques de verre et plus de10 000 négatifs laissés par son grand-père et son père (tous deux dénommés Louis Le Merdy), photographes à Concarneau[250].
↑Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
↑Population concernée, pourcentage de la population totale concernée, superficie du bâti exposé, bâti de plain-pied exposé, et part des entreprises situées en zone inondable.
↑L'Observatoire National des Risques Naturels a été créé en France en 2012, à la suite des conséquences catastrophiques de latempête Xynthia de 2010.
↑Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
↑Cette tempête dura quatre jours et cinq nuits, frappant principalement la côte atlantique française ; 27thoniers disparurent, partis principalement des ports bretons dePort-Louis,Groix,Étel,Douarnenez et Concarneau, provoquant la mort de 207 marins dont 47 duquartier maritime de Concarneau.
↑Raoul Van der Kemp, né en 1883 et décédé en mai 1961, futcapitaine au long cours, puis vice-président de la Chambre de commerce de Quimper et du Sud-Finistère.
↑François Campion, maire élu en mai 1912 est suspendu par le préfet puis révoqué par le gouvernement le.
↑Robert Jan, maire 1945-1947 puis réélu en mars 1977, démissionne en février 1980.
↑Joseph Argouarc'h, maire de 1980 à 1983, meurt en 1997.
↑Gilbert Le Bris, maire 1983-2008 est né le 3 mars 1949 à Concarneau.
↑Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations de référence postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population de référence publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑Félix Forvielle, né le àMontenay (Mayenne), décédé le à Concarneau.
↑Blandine Le Cain, « Submersion marine : notre classement des communes bretonnes les plus exposées »,JournalLe Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑« À Concarneau, un exercice grandeur nature en vue »,JournalLe Télégramme,, page 4.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Olivier Desveaux, « Micro-traversées de Cornouaille : à Concarneau, ils sont 300 000 à passer le bac chaque année »,JournalLe Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑Henri Guillou, « Le chemin des Poissonniers. Considérations inédites sur un itinéraire ancien »,Bulletin de la Société archéologique du Finistère,t. CXXIII,,p. 175-193.
↑Le premier assaut fut repoussé par les Anglais, et le retour de la mer obligea les assaillants à se retirer. Le deuxième eut le même insuccès, la mer en étant toujours la cause. Mais la palabre continuelle entre assiégeants et assiégés finit par convaincre les habitants que les troupes du roi de France n'en voulaient qu'aux Anglais et que leurs vies seraient sauves et leurs biens respectés. Dès lors, ils n'aidèrent plus à la défense et laissèrent les Saxons se débrouiller tout seuls. Du Guesclin se mit lui-même à la tête de la troisième attaque et emporta la place.
↑L'un des officiers s'approcha du soldat de garde, se fit abaisser le pont-levis en exhibant des paperasses que, lorsque le portier fut tout près, il laissa, semble-t-il, tomber par mégarde à terre. Le portier se baissa pour les ramasser et l'autre profita de ce moment pour l'abattre et appela ses compagnons.
↑« Loys Le Prestre, sieur de Lézonnet, capitaine des ville et chafteau de Concq » (Toussaint Chauvelain et Charles Antoine Bourdot de Richebourg,Nouveau coutumier général, ou Corps des coutumes générales et particulières de France et des provinces connues sous le nom de Gaules, tome 4, 1724, consultablehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65518671/f479.image.r=L%C3%A9zonnet.langFR). Le château de Lézonnet se trouvait dans la paroisse deLoyat (actuel département duMorbihan).
↑Machine qui consiste en un long madrier de bois, dont l'une des extrémités est calée dans le trou d'un mur avec lequel on comprime les sardines dans les barils en appuyant fortement sur l'autre extrémité, préalablement lestée, du madrier ; l'eau et l'huile en excédent s'échappent alors par les trous percés dans le fond du baril ; cette technique permettait au poisson de se conserver pendant environ quatre mois, donc de supporter de longs voyages, en facilitant donc la commercialisation, voirhttp://filetsbleus.free.fr/retros/sardinespressees.htm.
↑Madeleine de Moulins, « À Trégunc, l'emblématique conserverie Courtin fête ses 130 ans »,JournalLe Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑a etbFichou, Jean-Christophe, « La crise sardinière de 1902-1913 au cœur des affrontements religieux en Bretagne »,Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest,(lire en ligne).
↑Paulette Le Corre, "L'agglomération concarnoise" DES, Université de Rennes, 1965.
↑Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 U Parquet, grèves 1892-1896, cité par Jean-Christophe Fichou,L'hygiène urbaine dans les cités sardinières, in "Conserveries en Bretagne", sous la direction de Marie Rouzeau, éditions Coop Breizh, 2007,(ISBN978-2-84346-317-4).
↑Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012,(ISBN978-2-918135-37-1).
↑Katerine Wylie était la sœur d'un soldat américain, le sergent James Hopkins, qui fut hospitalisé dans la villa des Haudriettes, qui appartenait à la famille Toiray, qui avait été transformée en centre de rééducation pendant la Première guerre mondiale.
↑Julien Le Huludut, Victor Brunou, Pierre Quillivic, Louis Herlédan, Emmanuel Puloch, François Ramamongi (unmalgache) et Louise Brunou, cette dernière, enceinte, accoucha d'une fille, Paule Brunou, qui décéda âgée de deux mois.
↑La Libération du Finistère : Concarneau. Louis Lozach : « Concarneau s'est libérée toute seule », Supplément à Ouest-France du 9 septembre 1994, Ouest-France,.
↑Bruno Jonin et Paul Marc, "Mémoires englouties. Plongées. Histoires sur les épaves du Finistère", ASEB éditions, 1995,(ISBN2-9508434-0-9).
↑Éric Rondel,La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011,(ISBN9-782364-28007-6).
↑Sébastien Briec, né le àBrest, marin-pêcheur de Saint-Guénolé. Son fils, Sébastien Briec également, né le et mort en octobre 2014, qui était mousse à bord du bateau de son père et fut également résistant, a raconté les faits lors d'une interview dans le journalLe Télégramme publié en 2001 et partiellement repris dans le même journal en date du.
↑Joseph Limbourg, né le au Passage-Lanriec et Joseph Pézennec, né le au même endroit, tous les deux employés d'usine, résistants, furent faits prisonniers près du pont du Moros.
↑La Défense : organe de la Section française du Secours rouge international, « O combien de marins... », surGallica,(consulté le).
↑Roger Herisset, « Les vanniers en basse Cornouaille : des paniers pour les pêcheurs et les conserveries » 6 p.Ar Menno 143, novembre - décembre 2004.
↑Jean-Christophe Fichou,L'hygiène urbaine dans les cités sardinières, in "Conserveries en Bretagne", sous la direction de Marie Rouzeau, éditions Coop Breizh, 2007,(ISBN978-2-84346-317-4).
↑Didier Déniel, ‘'Ces ports bretons qui font face au déclin, JournalLe Télégramme n° du 14 septembre 2014.
↑Olivier Scaglia, « Ce qu'il faut retenir de la cérémonie des vœux de la chambre de commerce de Quimper »,JournalLe Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑Guirec Flécher, « Jacques Piriou : saga familiale à l'US Concarneau »,JournalLe Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑Les chalutiers industriels hauturiers sont des bateaux de 30 à38 mètres avec un équipage de 9 ou 10 marins, pratiquant des marées de huit à quatorze jours.
↑Les chalutiers artisans sont des bateaux de 16 à24 mètres avec un équipage de 5 à 7 marins.
↑Les chalutiers de pêche côtière sont des bateaux de 9 à16 mètres avec un équipage de 1 à 4 marins, rentrant chaque jour au port ou partant au plus pour des marées de 96 heures, pêchant à quelquesmilles nautiques du port et ramenant deslangoustines, des crustacés, desbars de ligne ou deslieus.
↑Les bolincheurs sont des bateaux de 12 à15 mètres avec un équipage de 7 à 8 marins, pêchant principalement la sardine.
↑Les thoniers senneurs congélateurs sont des bateaux de 51 à107 mètres avec un équipage de 12 marins, pouvant passer jusqu'à3 mois en mer.
↑Administrator, « Le port de pêche », surconcarneau.fr(consulté le).
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Jean-Yves Le Lan et Michel Briant :Le Concarneau d'autrefois, Groix, Groix Editions & Diffusion, 2018,108 p.(ISBN978-237419-055-6)
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