Le Comité d’actionantibolchévique est fondé par Louis-Charles Lecoc et Jean Gontier de Vassé ; ils proposent en la présidence à l'écrivain de marinePaul Chack, qui l'accepte[1]. Le CAA se fait connaître publiquement peu après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagnenazie, en vue d'apporter son soutien à cette dernière, par des appels publiés dans la presse, en juillet. Ils affirment suivre l'action du maréchal Pétain[2].
Le CAA siège au 14,avenue de l'Opéra à Paris. Il édite toute une série d'opuscules dans lesquels l'anticommunisme se mêle à unantisémitisme forcené. En, Chack se vante de la publication de 3 200 000 tracts :Le parti des traîtres (100 000),La révolution socialiste (511 000),Le parti communiste et les colonies françaises (100 000),Le parti communiste et la défense nationale (100 000),Le communisme, exploitation juive (200 000),Staline, tu as trahi le prolétariat (500 000),Vingt-cinq ans de bolchevisme (2 000 000). etc. Et de brochures contenant de nombreuses photographies commeLe paradis des soviets, diffusée à 140 000 exemplaires[5]. Il travaille de concert avec un Centre d'études antibolcheviques, animé par Lecoq et Chaumet à partir de 1942 et installé au 21,rue La Boétie, dans le même immeuble que l'Institut d'étude des questions juives[6].
Il organise par ailleurs plusieurs campagnes et expositions sur les mêmes thèmes. Une exposition d'affiches itinérante à travers les principales villes françaises est ainsi organisée à partir de mars1942, intitulée « Le Bolchevisme contre l'Europe ». Sa propagande caricaturale reste l'un des exemples type de lacollaboration.
Le CAA a cherché également à recruter[8]. Il n'a compté qu'environ un millier de membres (dont bon nombre appartiennent aussi à d’autres organisations de la Collaboration). Ses membres sont invités à pratiquer une activité de propagande mais aussi à détecter les communistes, les« enjuivés », les anglophiles, les adversaires de la Révolution nationale et à se mettre en relation aussi bien avec les autorités françaises que les autorités allemandes[9].
Président :Paul Chack, officier de marine, écrivain, président de l’Association des écrivains combattants et du Cercle aryen, fusillé pour collaboration en 1945
Adjoint : Louis-Charles Lecoconnier (dit « Lecoc »), avocat parisien, ancien membre duParti social français, responsable de la propagande, secrétaire général de l'expositionLe bolchevisme contre l'Europe, directeur général du Centre d'études antibolcheviques, lié à l'Institut d'étude des questions juives[10].
Jean Gontier dit Gontier de Vassé, secrétaire général, ancien inspecteur général pour l'Afrique du Nord des automobiles Delage dans l'entre-deux-guerres[11], ancien combattant des deux guerres, il s'est mis au service de la propagande allemande, relatant en 1940-1941 dans un livre, dans des conférences, à la radio et au cinéma, son emprisonnement par le Royaume-Uni au lendemain de Dunkerque et son refus de s'engager pour de Gaulle[12]. Il a participé à des émissions théâtrales à la radio en 1941[13] et a été nommé administrateur d'un« bien juif » en[14]. Il est condamné à 5 ans de prison à la Libération[15]
↑Dominique Rossignol,Histoire de la propagande en France de 1940 à 1944, Presses Universitaires de France, 1991, Collectif,L'antisémitisme de plume, op. cit.
↑Les démêlés judiciaires avec l'ancien propriétaire juif de l'immeuble confié à Gontier et que ce-dernier a voulu vendre sont cités dans Philippe Fabre,Le Conseil d'État et Vichy: le contentieux de l'antisémitisme, Publications de la Sorbonne, 2001
↑Revue d'histoire de la Shoah, N° 179, 2003,p. 132
↑Pierre-André Taguieff, Annick Duraffour,Céline, la race, le Juif, Fayard, 2017